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15 septembre 2015

PMU, DSK et vérité

France Info a fait un papier à propos de la visite de Dominique Strauss-Kahn à la Comète, largement repris par la presse, ce matin. Disons que c'est un tissus d'inexactitudes. Je ne vais pas relever point par point, d'autant que la bière a coulé sous les ponts, depuis. Un certains nombre de précisions s'imposeraient pourtant, comme le fait que la Comète n'est pas un PMU.

Je croyais avoir lu le pire dans l'article de BFMTV, plus précisément dans son titre qui conchie les PMU et ses clients.

Mais la palme revient à Libération, qui conchier également les PMU et la proche banlieue en parlant de la déchéance de DSK qui, après le Sofitel et le Carlton, finit dans un rade pourri du Kremlin-Bicêtre.

Surtout, un de leurs journalistes faisait mardi dernier, le lendemain de notre soirée, un billet en expliquant que les blogs sont morts (cela fait dix ans que des andouilles se font mousser sur ce thème). Et Libération finit son article en lui donnant raison (sur le thème : DSK parle aux blogueurs et il faut une semaine pour qu'on en parle).

Libération pourrait nous expliquer, alors, pourquoi un machin de blogueurs fait "le buzz" ce matin et pourquoi la presse met une semaine à en parler alors que des billets de blog étaient sortis dès le lendemain.

Je vais donner un élément de réponse à cet honorable papier : ce ne sont pas les blogs politiques qui sont mort mais les journaux politiques. A quand le prochain plan social, chez Libération ?

Quant au Lab d'Europe 1, il a encore montré ce qu'il savait faire : être le premier à reprendre une non information d'un confrère.

Bravo, les gars !

18 mars 2015

Le Figaro et l'information en continu

Je suis abonné aux alertes du Figaro. Il y a eu cette après-midi l'attaque d'un musée en Tunisie. Ces braves gens du Figaro m'envoient un premier mail à 13h59 pour m'informer de l'attaque et de la mort de 8 touristes et un deuxième (illustration du haut) à 15h35 pour dire que les otages ont été libérés. Le troisième (illustration du bas) arrive 39 minutes plus tard pour dire que 17 touristes étaient morts.

Première question : en quoi est-ce utile d'envoyer l'information ? Certes, l'événement est important (mais on ne connait pas les causes de la prise d'otage) mais le direct est-il nécessaire ?

Deuxième question : pourquoi avoir émis les deux premiers messages avec une information fausse (surtout le premier) ? Pourquoi ne pas attendre une confirmation.

Troisième question : il y a eu un incendie dans la tour à côté de celle où je bosse, ce matin. C'est idiot mais l'information m'est plus utile que l'autre que j'aurais découvert ce soir... J'aurais pu aller à la fenêtre (je ne travaille pas du bon côté) et regarder l'intervention. Pourquoi ne pas avoir émis d'alerte ?

J'ai la réponse à se dernière question : je suis le seul intéressé.

10 octobre 2014

Ebola, bah !

L’information qui fait la une de l’actualité, à l’heure où je vous parle, est qu’une dame hospitalisée n’a pas le virus Ebola. Je vais, à mon tour, donner une information : il est environ 18 heures et je vais aller au bistro. J’ai reçu un mail d’alertes du Figaro. Ce truc est le seul machin d’information auquel je suis abonné. Ce n’est pas pour être informé mais pour me moquer du Figaro. J’espère d’ailleurs qu’ils ne vont pas m’envoyer un mail à chaque fois qu’une personne hospitalisée n’a pas Ebola.

J’avais reçu une alerte du Figaro, dans la journée, pour dire qu’une petite dame hospitalisé avait peut-être Ebola. Une collègue à moi vient d’éternuer. Elle a peut-être éternué.

Je vais vous dire ce que je pense d’Ebola, tiens ! Les blogueurs politiques ne disent pas assez ce qu’il pense des virus. C’est un virus méchant. Il mérite une baffe. Il a fait environ 3 000 morts dans toute l’Afrique alors que l’alcool fait 60 000 morts en France tous les ans. Je préfère donc que l’on parle d’Ebola que de cirrhoses, de cancers et de maladies cardiovasculaires. C’est meilleur pour le moral.

Savez-vous que Ebola Gay est la variante du virus Ebola pour les homosexuels ? Il détonne beaucoup plus. Cette plaisanterie tourne dans Twitter depuis plusieurs jours mais je tiens à signaler que je suis le premier à l’avoir faite. C’est le principal inconvénient de Twitter. Des millions d’imbéciles sortent des jeux de mot en étant persuadés être les premiers. Il suffit de leur prouver qu’ils ne sont pas les premiers et ils ont honte.

Ah ! Je vois une lectrice dans le fond à gauche qui se dit « ah mais il est gonflé, le gros, de plaisanter et surtout de relativiser. »


Je ne relativise pas. Je fais confiance dans ce qu’on appelle les autorités sanitaires pour prendre en compte les mesures qui pourraient nous éviter de voir des millions de mort. Déjà, en 1347, au 3000ème mort de la fameuse peste noire qui a dévasté la moitié de la population européenne, un blogueur un peu con disait : ce n’est pas grave, vous verrez, un jour, on aura plus de mort par an dans des accidents de la route, rien qu’en France.

04 septembre 2014

Le coup de grâce ou la faute politique ?

Madame Bovary se demandant ce qu'elle vient foutre dans cette galère.
Le jour de sa sortie, le livre de Valérie Trierweiler fait encore la une de l’actualité. Il est qualifié de « livre de rupture dévastateur » par la presse. Dans ma TL, une majorité de twittos condamnent ce livre et son auteur, assez violemment. C’est le cas, d’ailleurs, de celui qui est l’auteur du tweet que je mets en illustration de ce billet. Néanmoins, il prend, ici, la peine de préciser que François Hollande est « un sale type ».

Je trouve amusant que l’on puisse dénoncer un livre et tirer des conclusions de son contenu, d’autant qu’il ne l’a probablement pas lu… C’est une espèce de paradoxe de la vie politique française. Pour résumer, tout le monde dit que la vie privée des politiques de nous regarde pas mais on ne parle que de ça, moi le premier d’ailleurs, vu que je me fous totalement de ce que peut faire pépère dans le privé, voire comment il appelle les pauvres, mais je suis au troisième ou quatrième billet sur le sujet…

Avant de défendre son ex, Ségolène Royal a déclaré : « Je n'alimenterai en aucune façon ce débat. » puis : « il faut avoir une certaine dignité de la fonction politique que l'on exerce et ne pas s'en laisser dévier. »

Je vais citer, là, immédiatement, pour vous faire plaisir, les trois premiers paragraphes d’un article des Echos. Tenez-vous prêts.

« Selon le baromètre Ifop pour Paris Match publié mercredi 3 septembre, la cote de popularité du président de la République s’établit à 19% en septembre. C’est le dernier sondage qui montre, une fois encore, la désaffection des Français pour ce président qu’ils ont élu à 51,7 % des voix en 2012.

Le passage de quelques chaînes traditionnelles à un grand nombre de chaînes et l’émergence grandissante des chaînes d’infos en continu ont favorisé une concurrence accrue de l’information, et donc une surenchère permanente qui les a fait s’orienter vers une zone grise, plus nuageuse, où les frontières de la vie privée sont parfois franchies.

A n'en pas douter, la publication du livre de l’ex Première Dame de France, en alimentant la machine médiatique, va accompagner, si ce n'est amplifier le mouvement de désacralisation de la fonction présidentielle. Malgré sa forte impopularité, le président de la République avait gardé jusqu’alors une image personnelle relativement bonne : sympathique, intègre et proche des gens. Le livre ne peut qu’entacher gravement et durablement cette image. »

Vous pouvez lire la suite. J’aurais d’ailleurs pu tout citer. L’article montre comment François Hollande a accumulé les erreurs de communication depuis le début. Voilà comment un twittos arrive à dire que le président de la République est un sale type. Vous pouvez lire. D’ailleurs, il est aussi disponible dans Le Figaro, c’est étrange…

Je ne vais citer une autre partie, la conclusion : « De son absence totale de maitrise du temps jusqu’à la multiplication répétée d’erreurs de communication en passant par la dramatique mise en scène de son action politique, l’opinion publique ne retiendra de lui que l’image d’un président impuissant. Ajoutez à cela le livre déconstruisant le seul élément positif attribué par l’opinion à son image et vous obtenez une situation inédite : jamais un président n’a paru aussi éloigné des Français et de leurs préoccupations. A vouloir apparaître comme l’anti-sarkozy absolu, il a fini assimilé à un René Coty molettiste. »

Parlera-t-on un jour du « François Hollande vallsiste » ?

Avec cette histoire de « président normal », François Hollande a voulu désacraliser la fonction présidentielle et force est de constater qu’il a réussi au-delà de ses espérances.

Je suis évidemment convaincu de la bonne foi de François Hollande, je ne le crois pas capable, par exemple, de tenir les propose que rapporte son ex de manière méprisante. Il n’empêche que le mal est fait. Que restera-t-il de cette histoire ? Ce qu’il y a de sûr, c’est que Valérie Trierweiler conservera l’image d’une femme antipathique, celle qu’elle a toujours eue. Elle a voulu se venger, elle a probablement raté son coup puisqu’elle risque de prendre des baffes dans tous les sens.

Pour ce qui concerne François Hollande, je ne sais pas si les dommages seront terribles dans la mesure où il est déjà au fond du trou. Il reste une petite vingtaine de pourcents de braves gens qui lui font confiance et ils ne sont pas intéressés par ce genre de bordel mais uniquement par la politique menée. Je les connais bien, j’en fais partie. D’ailleurs, un sondage IFOP pour Paris Mach, sorti hier, disait que les français étaient de plus en plus nombreux à penser que la droite ne ferait pas mieux si elle était au pouvoir. La déprime se stabilise…

Un autre article du Figaro part de ce thème : il ne faut pas raisonner en termes de popularité dans la mesure où elle est au plus bas. Lisez-le aussi, je vais en citer des extraits.

« Or, l'homme qui exerce le pouvoir est depuis devenu un homme ordinaire, recherchant avant tout le lien affectif, la proximité avec ses compatriotes, la sympathie du public: toutes les mises en scène des enfants et des femmes des hommes de pouvoir vont dans ce sens.

Ce qui me frappe, c'est qu'on assiste à une rupture. Jusqu'ici, ce système fonctionnait car il était sous contrôle. Là, François Hollande semble être dépassé par la machine médiatique et la communication présidentielle est juste mobilisée pour tenter d'éteindre l'incendie. »

Ce n’est pas pour se faire du bien, mais à l’occasion du précédent quinquennat, c’était déjà le cas… Rappelez-vous les interventions désastreuses des proches de Nicolas Sarkozy, les éléments de langage sortis par l’UMP qui nous faisaient tant rigoler dans les blogs… D’ailleurs (selon TNS Sofres, cette fois), si François Hollande a obtenu un record d’impopularité, en juin (16% d’opinions positives), Nicolas Sarkozy avait aussi atteint des planchers (certes supérieurs, à 20%). Jacques Chirac était tombé à ce faible niveau (16%) également, à une époque où Twitter n’existait pas et où l’information était traitée différemment et où la conjoncture économique était plus favorable, avec une nouvelle période de baisse du chômage.

Le journaliste pose la question : « Alors que le président accumule les crises (politique, diplomatique avec la Russie, économique), ce nouveau camouflet peut-il être tourné à son avantage? Peut-il utiliser cette publication pour regagner la sympathie des Français ? » La personne interviewée répond : « A mon avis, François Hollande a surtout intérêt à baisser la tête, laisser passer l'orage et montrer qu'il se bat pour la France. Plus que jamais, la séparation entre vie privée et vie publique doit être claire et sans faille. Tout ce qu'il dira sur Valérie Trierweiler le desservira ; il doit montrer qu'il ne se préoccupe même pas du dérisoire, des règlements de compte, et que seul importe son combat pour notre pays. »

Alors, François Hollande peut-il rebondir. La réponse est assurément positive… En politique tout peut arriver. Enfin d’article, l’interviewé démontre que François Hollande n’a probablement pas perdu la majorité de son électorat. De toute manière, seule la situation économique en fin de quinquennat devrait jouer, sauf crise diplomatique infernale… et nous n’en sommes pas loin.

On devrait faire un sondage auprès des électeurs de François Hollande. Pensez-vous qu’à part ces deux mots utilisés par Valérie Trierweiler pour montre que François Hollande méprise les pauvres, ce livre a-t-il le moindre intérêt ? On pourrait alors faire un deuxième sondage : pépère méprise-t-il réellement les pauvres ? J’ignore le résultat.

Continuons les questions de ce sondage… Ne croyez-vous pas que toutes ces histoires commencent à nous les brouter sérieusement ? Ne pensez-vous qu’il y a plus important ? Ne croyez-vous pas que François Hollande est la victime de tout ce pataquès et qu’il mérite un brin d’empathie ?

Ce livre sera oublié dans trois jours. Mme @Valtrier en vendra 20 ou 50000 exemplaires, essentiellement à des journalistes politiques et à quelques vieilles réactionnaires voulant un élément de plus les confortant que François Hollande est un salopard… Il laissera néanmoins des traces.

Une des questions que l’on pourrait poser est : n’estimez-vous pas que ce livre est une grave attaque contre les institutions, une déstabilisation de la Cinquième République ?

C’est ce qu’exprimer Renaud Dély, dans le Nouvel Obs.

« Et une menace pour nos institutions puisqu’il s’attaque à un de ses piliers, la fonction présidentielle, garantie de stabilité, qui perdurera après le passage de François Hollande à l’Elysée.

En agissant de la sorte, Valérie Trierweiler piège les commentateurs, contraints de se pencher sur ces secrets d’alcôve qui auraient dû le rester, et pollue un peu plus le débat public, qui n’avait pas besoin de ça. Puisque nous ne pouvons-nous forcer à regarder ailleurs, dépêchons nous d’oublier ce que nous aurons lu, et entendu. Car la démocratie ne repose pas uniquement sur la transparence la plus absolue, combat nécessaire et quotidien, pour connaître le ressort des décisions des responsables publics, elle exige aussi un droit à l’ignorance quant à l’intimité de ces mêmes responsables. »

A défaut d’y croire réellement, j’espère que cette histoire agira comme un vaccin auprès des Français et auprès d’une presse complètement à la dérive, forcée de parler de sujets sans le moindre intérêt (la crise en Ukraine n’occupe que la cinquième place de Google News, après le livre, l’ado qui avoue le meurtre de sa sœur, l’audition d’un type dans une affaire de Nicolas Sarkozy, le redressement judiciaire d’une société, la SNCM, qui n’en finit pas de se redresser). La presse va perdre ses moyens financiers. Amen.

Alors je laisse la conclusion à Renaud Dély.

« Au passage, en participant à la démolition de François Hollande, et en se détruisant elle-même, Valérie Trierweiler rehausse un peu plus la stature de son ancienne rivale. Mue par la vengeance et la rage d’être trompée, la "femme blessée" l’était moins lorsqu’elle était elle-même la maîtresse d’un François Hollande alors en couple avec Ségolène Royal, laquelle ne s’était pas abaissée à réagir publiquement de la sorte.

Sans doute, l’appât du gain, et un contrat de 500.000 euros, suffisait-il à justifier cette oeuvre de démolition. Cela peut se comprendre. On est loin des états d’âme d’Emma Bovary, qui elle n'avait rien touché. »


Pendant ce temps, une nouvelle affaire menace Nicolas Sarkozy. Ca n’est pas une consolation. C’est la vie politique en France.

26 août 2014

Le remaniement et les guignols de la presse en ligne

Depuis ce matin, je suis l'actualité en diagonale. Tous les journaux font croire qu'ils ont plus d'informations que leurs concurrents. Depuis, une demi-heure, j'attends de voir précisément la composition du nouveau gouvernement et je regarde la une de Google News. La dernière fois, c'était le Parisien qui était en tête et faisait croire que l'annonce est en cours (d'autres journaux l'ont fait avant lui). Bande de guignols.

Néanmoins, je vais leur expliquer : ça ne sert à rien. Les gens qui cherchent de l'information en direct sont des zappeurs et ne regardent pas la publicité. Votre chiffre d'affaire sera donc nul.

Le type qui veut connaître immédiatement le gouvernement regardera une chaîne d'information en continu ou suivra l'annonce sur le site de l'Elysée. 

Troisièmement (j'ai oublié de numéroter les deux premiers, tant pis), les types qui veulent l'information iront sous Twitter. A noter d'ailleurs qu'une partie des clowns qui veulent l'information immédiatement, c'est uniquement pour pouvoir la balancer dans Twitter, ce qui est franchement ridicule. J'en connais certains qui ont déjà des tweets tout fait pour être les premiers à balancer une fine analyse dont tout le se fout.

Enfin, il y a un seul type qui serait intéressé pour avoir l'information rapidement avec une raison valable : moi, pour pouvoir faire un billet de blog avant d'aller au bistro à 18h30.

C'est raté.

30 juillet 2014

CSA : rater l'occasion de se taire...

J’ai critiqué cette décision mais le CSA a refusé la diffusion gratuite sur la TNT de trois nouvelles chaînes, dont LCI. L’ami Grandludo relève que la droite critique cette décision alors que six des neuf membres du CSA ont été nommés par la droite. Le CSA a évidemment montré son indépendance avec cette décision, ce que souligne son patron dont je serai bien incapable d’écrire le nom sans me tromper.

Eric Ciotti a parlé de « motivations politiciennes d'une institution (le CSA, ndlr) très proche du pouvoir ». Un député UMP parle d’une « décision politique scandaleuse » et dit qu’Olivier Schrameck est aux ordres. Tiens ! J’ai réussi à l’écrire.  Le secrétaire général de l’UMP en charge des médias a dit que BFMTV a fait pression sur le gouvernement pour obtenir cette décision.

D’ailleurs, le Parti de Gauche, toujours lui, fidèle à sa volonté de taper sur le gouvernement, en la personne de Raquel Garrido se demande : « Et si le gouvernement avait joué avec LCI pour que BFM baisse d'un ton? »

C’est évidemment grotesque. Le CSA aurait autorisé la diffusion de LCI en gratuit, les mêmes auraient critiqué la décision en disant qu’elle est politique et vise à faire de la concurrence à BFM TV qui est très critique envers le gouvernement, notamment certains chroniqueurs !  D’ailleurs, il me semble que BFM TV emploie Guillaume Peltier.

A noter que plusieurs députés socialistes ont également critiqué cette décision, sans y voir d’intervention politique. Tout le monde la critiquant, cette mesure est vraisemblablement bonne. Pour ma part, je la critique pour une autre raison : à l’heure d’internet, c’est délirant d’interdire la diffusion d’un truc sur un média alors qu’il pourra l’être gratuitement ailleurs…

A noter qu’à l’heure où je parle, cette information fait toujours la une de Google News ce qui laisse penser d’ailleurs qu’un renouvellement des médias en questions serait le bienvenu : l’information essentielle de la journée est, selon eux, qu’il n’y aura pas de changement…

Le premier article est au sujet des syndicats qui dénoncent la décision : « Le CSA porte la lourde responsabilité des conséquences sociales catastrophiques qu'il va déclencher pour les salariés de LCI. » J’adore quand un groupe de syndicats critique les organismes nationaux de régulation des machins privés. Comme s’ils marchaient sur la tête.  La société des journalistes de TF1 refuse « qu'une autorité administrative indépendante fonde des choix aussi lourds de conséquence sur le droit à l'information en se basant uniquement sur des critères économiques. » Je suis d’accord.

Il n’empêche qu’en cas de décision inverse, les journalistes de BFM TV auraient pu déclarer la même chose.

Ainsi, Nonce Paolini a annoncé la fermeture de la chaîne à la fin de l’année, mettant la décision sur le dos du CSA qui sera responsable de la mise au chômage de 250 personnes. Il va bientôt nous expliquer que des mauvais choix de TF1 n’y sont pour rien… Je lui rappelle que son groupe emploie plus de 3400 personnes et, malgré les difficultés de LCI, a réalisé près de 140 millions de bénéfices en 2012.


Toujours est-il que beaucoup de commentateurs ont encore manqué l’occasion de la fermer, notamment au Parti de Gauche et à l’UMP.

30 avril 2014

France 2, les européennes et la censure

France 2 a refusé de diffuser le débat entre les chefs de file des partis européens le 15 mai contrairement à toutes les autres chaînes du service public des autres pays de l’Union. C’est scandaleux. Il y a un tas de raisons de le diffuser.

« Les éditorialistes se préparent sans doute déjà, pour le soir des résultats des élections européennes le 25 mai, à commenter l'ampleur de l'abstention et le succès annoncé des populistes hostiles à la construction de l'Europe. »

Voila ! France 2 préfère le spectacle à l’information.

Cette chaîne, propriété de l'Etat c'est moi, avait déjà répondu aux exigences de Marine Le Pen qui refusait d'avoir Martin Schulz en face d'elle au cours de l'émission DPDA.

Vous z’aussi, blogueurs politiques, protestez sur votre blog !

22 avril 2014

La vanité dans l'actualité

Mon confrère Sarkofrance s’en prend au verbiage en politique. A peu près en même temps, la consœur RosaElle évoque la vanité du discours politique. Ils ont raison. C’est ce que j’appelle parfois le manque de fond. Cela étant, n’est-ce pas l’essence des blogs politiques ?

Tiens ! Mon dernier billet. Je prends des propos de Laurent Fabius à propos du travail le dimanche et je pousse ma gueulante, sans approfondir, sans même rappeler l’histoire récente, ces conflits avec les grandes surfaces, ce décret de 15 mois, jugé illégal…

Sarkofrance nous dit : « Il faut se forcer à lire plus loin, plus en détail. Se remettre à l’ouvrage. Plonger dans les sites parlementaires pour lire des textes de loi. Oublier les émissions d’information. » C’est aussi la réflexion que je me faisais en me forçant à regarder le direct de la libération des otages. A aucun moment, un journaliste n’a rappelé pourquoi ils étaient otages, ce qui se passe en Syrie, l’origine du conflit, les soutiens de chacun,…

Plonger dans les sites parlementaires pour lire des textes de loi ? Je le fais mais la plupart sont incompréhensibles pour les non juristes. Pour faire court, un texte de loi est là pour modifier un Code, comme le Code civil, le Code du travail… Pour comprendre une loi, il faut donc se référer au code correspondant…

C’est le boulot de la presse, de faire ça, de nous expliquer le tout. Pourtant, c’est plus vendeur, pour la presse de titrer sur un raccourci de Laurent Fabius que de nous expliquer, tout simplement, pourquoi Laurent Fabius veut ajuster la loi Maillé. Tiens ! Allez la lire pour comprendre ce que je voulais dire au paragraphe précédent.

Rosa, elle, s’en prend à la vanité de la parole politique. Elle a raison. Je ne l’aurais pas exprimé ainsi, mais le personnel politique n’est plus crédible. Tiens ! Laurent Fabius, Ministre des affaires étrangères vient nous parler d’ouverture des commerces le dimanche. On croit rêver.

C’est même pire. David revient sur l’affaire Morelle et du cirage des pompes au château. « Le gouvernement demande 50 milliards d'euros d'économie supplémentaire. Et en même temps nos élites semblent ignorer le souci quotidien de leurs compatriotes. Pire, les images d'un cireur de chaussures de collaborateurs vient rappeler qu'une certaine aristocratie existe toujours. » Comment pouvait-il, Aquilino, ne pas se rendre compte des problèmes d’image que ça pouvait donner ? Comment peut-on s’imaginer que la parole du politique puisse rester crédible ?

Juan a raison, il faut qu’on travaille nous-mêmes les dossiers, ce que je fais à l’occasion. Mais nous ne sommes que des blogueurs. Mes billets d’humeur sont bien plus lus que tous les billets vaguement sérieux que je peux faire.

La vanité a deux significations : l’orgueil et la futilité.

Lequel s’applique aux blogs ?

20 avril 2014

Ces chaînes d'information en continu

Le retour des otages est évidemment une bonne nouvelle et je suis content pour eux et leurs proches. Toujours est-il que je lisais une dépêche d'information qui disait : ils vont arriver à 9 heures. Il était 9 heures. J'ai donc décidé de regarder BFMTV ce qui est presque une première pour moi. Précisément, c'est la première fois que je regarde volontairement un direct. Généralement, quand il se passe quelque chose, je suis soit au bureau, soit au bistro. 

Ils étaient arrivés à 8h52. Quand j'ai allumé la télé, il ne se passait rien. Surtout que j'ai mis le temps. J'ai commencé à regarder sur l'iPad mais l'image s'est coupée. J'ai donc allumé la télé mais je ne trouvais plus comment changer de chaîne. Je suis un gars qui ne change jamais de chaine. Je ne regarde que France 2, pour le tour de France et pour les grandes cérémonies nationales : le 11 novembre et le 14 juillet. J'en conclus donc que cela fait cinq mois que je n'avais pas allumé la télé. 

J'ai réussi vers 9H05. Je vous raconte en direct comment je regarde la télé en direct. C'est fort non... 

Toujours est-il qu'il ne se passait rien. Les ex-otages étaient en train de retrouver leurs familles avec François Hollande et Laurent Fabius. Pépère avait l'air de s'impatienter de prier tout le monde de ce bouger le cul pour aller au salon VIP. Pendant ce temps là, les journalistes comblaient. Ils doivent avoir quelques phrases toutes prêtes en stock, du genre : "l'émotion est visiblement palpable" ou tout ce genre de truc pas vraiment en français.  

Finalement, ils ont décidé de faire le discours avant d'aller au salon VIP. Pépère a parlé puis un des otages mais je n'ai pas écouté ce qu'ils disaient, j'étais en train de jouer à Jelly Flash dans Facebook. C'est quand j'ai eu fini que les discours finissaient. C'est malin.  

C'est un jour de joie pour la France parce que la France est fière d'avoir de tels compatriotes. Heureusement qu'il y a les rediffusions pour que je puisse suivre. C'est pépère qui a dit ça. Ca doit bien faire une demi heure que ça dure. La chaîne continue à faire du remplissage en attendant que les ex otages sortent du salon VIP et se cassent de Villacoublay. Elle ferait mieux de passer un film de cul. Je suppose que l'émission va s'arrêter sur une image de la voiture du Président qui s'éloigne. Depuis, elle alterne les rediffusions, les commentaires de journalistes, les interviews des collègues qui sont contents et émus et les interviews d'experts. Il y a des experts en tout. Un dimanche de Pâques. Quand je pense que j'ai failli rester sur France 2 avec les émissions religieuses. J'aurais loupé cela. 

Il y a des experts en otages, en diplomatie, en otages libérés, en otages libérés le dimanche matin, peut-être, en reprise du travail après avoir été otage, en émotion des familles qui récupèrent des proches restés dix mois en otage.  

Là, en direct, nous avons un expert en otages de 23 ans cadets de la bande, petits frères des autres, qui devraient aller bien et se reposer.   

Heureusement qu'il y a Ulysse Gosset. Je le croise souvent dans Twitter mais on ne se followe pas. J'ai l'impression d'avoir un copain dans le poste. Lui, il semble expert en tout. En fait, quand la chaîne n'a pas trouvé un expert, elle pose les questions à Ulysse Gosset. 

Là, ils interrogent des copains de ce plus jeune qui ont fait la route depuis Marseille... et ont assisté à la cérémonie devant les portes de l'aéroport en la regardant sur leurs smartphones. Ils auraient pu rester à Marseille...  

Ca commence à gaver. Je vais prendre ma douche. J'en étais où ? Ah oui. Je me demande comment ils ont trouvé autant de monde un dimanche matin. Ou alors, ce sont des mauvais catholiques qui ont trouvé un prétexte pour ne pas aller à la messe de Pâques. Actuellement, il y en a un beau, d'expert. Il parle des collègues des journalistes qui regardaient tous les jours les chaises vides en espérant qu'ils allaient revenir. Ils sont payés double, le dimanche ? 

Ils repassent le discours de pépère. Comment il fait pour avoir toujours la cravate de travers. Ca fait deux ans qu'on se pose la question. Les journalistes n'en parlent même plus alors qu'ils cherchent des conneries à raconter. J'ai l'impression que je suis le seul à suivre cette émission mais c'est pour pouvoir raconter des conneries dans mon blog. 

Il est 10 heures. BFM envoie un jingle. Un journaliste, un neuf ?, nous raconte le direct qu'on a vu en direct et que je raconte en différé. Retour au direct. Le journaliste interviewe une journaliste qui interviewe un collègue d'un des otages. Qui n'a rien à dire vu que tout le monde se doute un peu de l'émotion de la famille et tout ça. Quand j'ai vu le jingle, je croyais que c'était fini et que j'allais pouvoir publier le billet et vaquer. 

Je préviens la direction de BFM télé que j'ai mes habitudes, le dimanche matin. Je vais prendre un café à la Comète à 12h15 puis je vais prendre l'apéro avec le vieux Jacques et Patrice à l'Amandine. Je vais avoir du mal à tenir si vous ne changez pas de sujet.  

Je rêve ou Fabius faisait le con pendant le discours de Pépère ? Je n'avais pas vu lors des rediffusions précédentes. Tiens. il y a trois des quatre otages qui sont habillés à l'identique, sauf un qui n'a pas de veste. Ils ont fait les soldes en Turquie ?  

Ah ! BFM a réussi à avoir en ligne un ancien otage. Jean-Louis Normandin. Il est président d'Otages du Monde. C'est indiqué à l'écran. Il avait été otage au Liban. Il raconte ce que l'on ressent en étant libéré. Il dit qu'on est ému. Heureusement qu'il donne son avis, lui. On ne savait pas que c'était émouvant.  

10h30 ! Je vaquais à autre chose. Ils ont quitté la base. On a donc un caméraman qui suit la voiture des otages... 

10h55 ! Je vaquais toujours. Ils arrivent au Val-de-Grâce. 25 un dimanche matin...  

Tiens ! Il y a de la publicité. 

Ca reprend.  

Une journaliste semble "envoyée spéciale" à l'hôpital. Elle nous explique qu'elle a vu rentrer une voiture avec les vitres teintées mais qu'elle n'a pas vu qui était dedans... 

Je viens de perdre deux heures. J'abandonne. 

30 mars 2014

La saucisse et Ruquier

C’est qui le trou du cul avec des grosses lunettes, chez Ruquier ? J’allume la télé par hasard à l’instant en voyant un truc dans Twitter. Je n’avais pas envie d’acheter une pizza comme tous les samedis. Je me suis cuit une saucisse de Morteau. Je vous résume : vous épluchez les pommes de terre et les mettez dans l’eau. Quand c’est presque cuit, vous ajoutez la saucisse et vous poussez le gaz. Vous ajoutez un peu de matière grasse, pas trop et quelques échalotes hachées finement et vous regardez Ruquier. Quand ça commence à vous faire chier, il ne faut que cinq ou dix minutes, vous allez gouter au cas où les patates seraient trop cuites et vous en profitez pour manger une partie de la saucisse puisque vous en aurez profité pour la couper en rondelle parce que vous avez peur qu’elle ne soit pas assez cuite.

Maintenant, il y a un vieux con chez Ruquier qui prétend qu’il prétend avoir inventé la musique au cinéma.

Ils parlent de Johnny Hallyday. J’en profite pour manger un morceau de ma saucisse de Morteaux. Je rappelle la recette : vous coupez les pommes de terre en lamelles pas trop fines. Vous coupez la Morteau en lamelle pas trop fines. Vous avez eu de l’entrainement en coupant les patates. Vous me collez ça dans une cocotte en couvrant largement de flotte. Comme Ruquier n’a pas encore commencé à raconter des conneries, vous prenez un oignon, vous le hachez finement et vous le rajouter dans la cocotte.

Ruquier a commencé. Vous constatez qu’Aymeric Caron a une coiffure ridicule alors que Lelouche est poivre et sel. Vous vous rappelez donc que vous avez oublié d’ajouter du poivre dans votre cocotte. Vous faites. Vous réparez l’erreur. N’oubliez de touiller un peu, sinon, ça va attacher. Il faut surveiller votre cocotte. Il faut, justement, détecter le moment où l’eau s’est évaporée. N’hésitez pas ajouter un peu de matière grasse, une goutte d’huile, pas beaucoup. Vous touillez un peu, vous surveillez délicatement. De toute manière, l’émission de Ruquier n’a aucun intérêt.

Caron donne son avis sur un film que vous ne verrez jamais et dont vous n’avez rien à cirer. Deux nouveaux clochards arrivent chez Ruquier. Les réalisateurs d’un machin passé à la télé. Dont Mathieu Kassovitz. Vous commencez à déprimer. Avec Lelouche et Kassocial à la télé, je comprends. Tournez donc votre saucisse en cuisine avant que ça attache. Revenez devant la télé, il y a un vieux con qui demande si Caron a aimé.

Notez dans un coin : Caron est votre nouvelle conscience intellectuelle. C’est un con comme vous et moi, mais, au moins, il passe chez Ruquier. Il est aussi peu baisable que Zemmour mais il est mieux coiffé et probablement moins réac si j’en crois ce que j’entends.

Vous prenez une assiette et y glissez délicatement vos patates qui commencent à peine à roussir et la Morteau.  C’est qui la rouquine qui semble être une grosse cochonne, chez Ruquier ?


Et vous éteignez la télé. En principe, il n’y a pas d’invité politique ce soir à cause des élections demain.

13 mars 2014

Affaire Sarkobira : la responsabilité des médias !

Patron de presse ayant reçu sa subvention selon Bosch
Je n’ai pas suivi l’actualité aujourd’hui. En milieu d’après midi, j’ai consulté rapidement Google News. L’article en une reprenait tous ce qu’avaient dit les dirigeants socialistes (et on en a besoin) comme méchanceté sur Nicolas Sarkozy, comme moi, dans mon billet de ce matin. J’en ai d’ailleurs été amusé… Ce soir, le deuxième article en une est du point et est titré : « Maître Herzog a été écouté par 'ricochet', c'est totalement illégal ! »

Un gamin trois de ans pourrait argumenter : « ben heu la ligne étant anonyme (ou à un faux nom), les policiers ne pouvaient pas savoir à parti, comment savoir que c’était l’avocat ».  Un gamin de quatre ans lui répondrait facilement qu’il est reconnaissable. Celui de cinq dirait : « ah mais ce n’est pas le numéro de l’avocat donc c’est quelqu’un qui se fait passer pour l’avocat ». Et ainsi de suite… Je répondrais : si les écoutes d’une conversation d’un avocat avec son client sont illégales, pourquoi, alors, avoir utilisé un téléphone anonyme ? En gros : ils se foutent de notre gueule.

Le problème est qu’on se fout de la légalité de l’écoute. Quand je dis « nous », c’est le grand public, les zozos qui lisent les journaux. Je comprends que les avocats et les juristes puissent s’émouvoir mais cela commence à me les briser sérieusement. Deux questions se posent : Nicolas Sarkozy a-t-il oui ou non touché du pognon illégalement en 2004 et a-t-il été informé illégalement par un magistrat du déroulement de l’enquête ? La question du dysfonctionnement de la justice n’est pas la légalité d’une écoute d’un téléphone anonyme mais le fait de savoir si un magistrat peut librement diffuser des informations sur une affaire qu’il ne gère pas moyennant un avantage quelconque.

Le Point aurait pu trouver un autre titre plus neutre et Google News aurait pu éviter de mettre ça en une.

Les médias ont une grande part de responsabilité dans cette affaire. L’UMP a déclenché un contrefeu alors qu’ils étaient victimes de scandales et la presse va dans son sens parce que c’est plus vendeur qu’une énième affaire scabreuse concernant un politicien.

La démocratie va mal, dans ce pays, et les médias sont fautifs. Néanmoins, je ne détiens pas la vérité. Je ne peux à moi tout seul décréter quelle information est importante et doit être mise en avant.

Je comprends les rédacteurs en chef des journaux, magazines,… et de leurs sites web : ils ont besoin de vendre. Ils peuvent donc mettre en avant des trucs qui leur rapportent de l’argent, ne serait-ce que par la publicité affichée sur un site web. Je ne peux pas dire ce qui est important mais je peux dire que les entreprises privées (ou publiques, d’ailleurs, France Info et France 2 n’étaient pas mal, ce matin….) ne diffusent pas l’information en fonction de leur importance mais en fonction de sa capacité à rapporter de l’oseille.

Ca ne date pas d’hier et c’est un thème récurrent chez les observateurs de la vie politique tels que les twittos et les blogueurs. Il n’empêche que ça me casse les couilles.

Ca fait une semaine (ou plus) que l’UMP est empêtrée dans une série de scandales au sujet de son financement et ça fait le sixième jour consécutif que la presse fait ses unes sur des conneries.

Et des crétins vont encore dire que les médias sont à la solde de la gauche.

Toujours est-il que s’ils ne savent pas exercer leurs missions d’information, je ne vois pas pourquoi ils continueraient à recevoir des subventions de l’Etat.

Je propose au gouvernement de mettre franchement le sujet sur la table. Pourquoi financer une profession devenue quasiment inutile puisqu’il n’y a plus de travail de journalisme derrière ? Des sites web reprennent des dépêches AFP qu’ils diffusent sur leur site web…

Ou alors, comme ils se livrent fréquemment à des sondages en ligne complètement ridicules, je leur propose de poser la question : nos impôts doivent-ils continuer à finir dans la poche de patrons de presse ? Oui ou non.

Arrêtons de les financer !

08 mars 2014

La trop grosse affaire

Au lendemain de la nouvelle affaire qui éclabousse Nicolas Sarkozy, le Nouvel Obs fait le tour de la presse pour recueillir l’avis des éditorialistes. La plupart sont évidemment indignés mais Le Figaro reste fidèle. Il semble voir une manœuvre du pouvoir socialiste pour affaiblir l’ancien président de la République.

Du coup, je suis allé faire le tour des blogs de droite. Si certains en rigolent, beaucoup n’échappent pas à cette ligne : c’est la gauche qui utilise la justice pour détruire le seul concurrent valable pour 2017.

Les blogueurs de gauche, par contre, sont étrangement muets, comme si l’affaire leur échappait, comme si elle était trop grosse et qu’ils ne savaient pas par quel bout la prendre. Pour tout vous dire, dans la bonne de copains, j’ai l’impression d’être le seul à en avoir fait un billet (et encore, c’est uniquement parce qu’on m’a transmis le lien vers l’article du Monde dès sa mise en ligne, je ne vois pas trop ce que je pourrais ajouter).

Authueil, blogueur de droite mais beaucoup plus distant que la plupart, tire de cette affaire une première leçon. Il parle d’un séisme démocratique, voire d’un double séisme : l’affaire en elle-même mais aussi le trafic d’influence supposé.

Il ne peut néanmoins pas ne pas se montrer surpris que toutes ces affaires sortent en même temps, à quelques semaines des municipales. « Mais au final, ce qui pose question, c'est que ces affaires soient sorties. Il ne faut pas se leurrer, que ce soit pour Copé, Buisson ou Sarkozy, C'est arrivé dans les mains de la presse par porteur spécial, comme d'habitude. Si c'est la même source qui a réussi le triplé, je lui tire mon chapeau. Tout cela à trois semaines des élections municipales. Cela fait longtemps que l'on n’avait pas vu une barbouzerie politique aussi superbement bien menée ! J'ai quand même quelques doutes sur une coordination, mais si c'est une coïncidence, elle fait drôlement mal, à la droite, mais aussi à la classe politique dans son ensemble. » Pour tout vous dire, je ne crois pas particulièrement à une barbouzerie, prenant les cabinets ministériels et les satellites du PS pour des amateurs…

Il n’empêche qu’on en a vu de belles, en uns semaine, entre les histoires de Jean-François Copé, celles de Patrick Buisson et celles de Nicolas Sarkozy.

C’est néanmoins un autre passage du billet d’Authueil qui attire mon attention. En l’occurrence, l’ex risque de tomber pour une faute relativement mineure (le trafic d’influence) malgré tout ce qui lui est reproché. A juste titre, il le compare à Al Capone, tombé pour une vague histoire de fraude fiscale. Nicolas Sarkozy est accusé d’un tas de trucs, comme le financement occulte d’une campagne électorale, mais pourrait très bien se faire avoir parce qu’il a été voir des potes à Monaco pour essayer de recaser un magistrat qui lui a rendu service…

Le traitement de toutes ces affaires a un côté surréaliste. La presse fait plus de unes au sujet de François Hollande qui a été surpris par un média parce qu’il allait voir sa copine en mobylette après le bal qu’au sujet de tous les dossiers entourant l’ex. C’est un peu comme si je comparais une pintade rôtie aux choux avec les cinq victoires de Bernard Hinault dans le tour de France. Ca n’a strictement rien à voir. Pourtant, ces cinq victoires font de lui un grand champion mais je mange plus souvent de la pintade rôtie aux choux qu’il ne gagne cinq fois le tour.

L’histoire de François Hollande ne nous regarde pas. Elle est strictement privée. Il n'a rien fait d'illégal. S’il a profité de sa position, c’est, peut-être, dans le pouvoir de séduction qu’elle confère. Mais on a beau tourner l’anecdote dans sa tête, elle n’a aucun intérêt. Le gars, il a fini sa journée de boulot et va voir sa grosse en scooter. C’est assez rigolo de voir la manière avec laquelle il se fait prendre. Les conséquences sont graves. Son ex en prend plein dans la tronche mais ça ne nous regarde pas. On peut faire un tas de billets pour plaindre Valérie Trierweiler mais ce sont bien ses histoires à elle. Nous sommes le 8 mars, c’est la journée de la femme. Ou plutôt, c’était. C’est devenu la journée des droits des femmes. Le progrès… Toujours est-il que @Valtrier a le droit qu’on lui foute la paix.

Nicolas Sarkozy est dans l’ombre des affaires depuis 20 ans. Il était ministre du budget et directeur de campagne d’Edouard Balladur, soupçonné dans l’affaire Karachi pour une histoire de financement de campagne. Elle s’est terminée avec une grosse dizaine de morts. Nicolas Sarkozy a été impliqué dans l’affaire Bettencourt. Il est maintenant suivi par la justice pour le financement de sa campagne de 2007. En marge, on suspecte un magistrat de lui avoir donné des renseignements sur le processus judiciaire qui le concerne avec, en ligne de mire, un truc de trafic d’influence. J’en oublie.

Je vous le dis : François Hollande ferait mieux de faire des magouilles que d’aller baiser en casque.

Les éditorialistes et les blogueurs de droite sont d’accord pour accuser la justice de favoriser la gauche alors que le fond de l’affaire est que des magistrats semblent avoir favorisé un ancien président de droite. Que l’affaire éclate montre que la justice est indépendante. Elle est indépendante vis-à-vis d’elle-même, d’ailleurs, puisque les magistrats se soupçonnent entre eux.

Ils sont mesquins.


16 février 2014

L'information

Il y a un nouveau sondage rigolo à propos de la popularité de Christiane Taubira. « Selon un sondage exclusif BVA pour «le Parisien» - «Aujourd'hui en France» à paraître ce dimanche, 59% des Français ont une mauvaise opinion de la ministre de la Justice, Christiane Taubira. En revanche, 82% des sympathisants de gauche en ont une bonne opinion (contre seulement 8% des sympathisants de droite). » La différence de perception entre la droite et la gauche est délirante.  C’est la suite qui est rigolote !

« La majorité des personnes interrogées (59%) la trouve mauvaise garde des Sceaux, contre 39%. Les Français sont aussi 54% à penser qu’elle est « moins bonne » que ses prédécesseurs, lorsque Nicolas Sarkozy était président de la République, contre 40% la trouvant meilleure (mais 87% des sympathisants de gauche). »

Je vous passe la première partie : je n’ai absolument pas les moyens de juger si elle est bonne garde des Sceaux ou pas et je ne vois pas comment peuvent juger les Français. Toujours est-il que j’aimerais bien que le Parisien fasse un sondage : connaissez-vous le nom du prédécesseur de Madame Taubira ?

Je suis désolé pour Michel Mercier, mais il n’aura pas laissé une grande trace dans l’histoire du Ministère de la Justice et dans la mémoire populaire. Il est président du Conseil Général du Rhône, aussi… Le seul département qui va disparaître, avec la réforme territoriale et la communauté urbaine de Lyon qui va prendre le dessus. C’est d’ailleurs tout à son honneur d’avoir accepté.

Faisons un autre sondage… Mesdames, Messieurs, trouvez-vous que Christiane Taubira est une meilleur ministre de la justice que Rachida Dati ? On pourrait d’ailleurs vérifier auparavant s’ils se rappellent qu’elle a été garde des Sceaux…

Je suis parfois sidéré de voir à quel point les gens ne connaissent pas les personnalités politiques. Mercredi soir, j’étais avec une jeune femme d’une trentaine d’années qui bosse depuis quatre ans dans le quartier et qui vient parfois à la Comète. On parlait de blogs et j’énumérais les personnalités politiques qui sont venues nous voir, vers 2010, quand nous avions lancé une série de rencontres. Corinne Lepage. Elle connaît de nom. Jean-Paul Huchon. Elle sait de qui il s’agit. Elle ne savait pas de quelle commune il avait été le maire mais je me demande bien pourquoi je le sais… Julien Dray. Inconnu au bataillon. Jean-Luc Laurent. Elle connaît ! Il faut dire que c’est le maire du Kremlin-Bicêtre. Elle ne connaissait pas son parti politique, celui dont il est le président, le MRC. Elle connaissait Jean-Pierre Chevènement, qui n’est pas venu à la Comète mais qui est le vice-président de ce parti. Elle ne savait pas que Jean-Luc Laurent était député. Elle connaît Jean-Marc Nicolle, du même parti (mais il n’a pas été invité par les blogueurs), sans savoir qu’il était conseiller régional. Je lui ai parlé d’Alain Desmarrest. Elle ne connaît pas : vous non plus mais ce n’est pas grave. C’est le conseiller général, client du bistro (mais elle ne peut pas le savoir sauf qu’elle le croise probablement plusieurs fois par mois). Elle ne connaît pas Victorin Lurel. Il est venu à la Comète avant d’être Ministre des DOM/TOM. Il était président du Conseil Régional (de mémoire) de Guadeloupe. C’est surtout le fait qu’elle ne connaisse pas Julien Dray qui m’a sidéré.

Revenons à nos gardes des sceaux. Vous n’aviez peut-être pas vu que j’ai oublié Michèle Alliot-Marie. Elle est plus connue. Elle a passé un peu plus d’un an au ministère en question. Quelles traces a-t-elle laissées ?

Que le Parisien fasse des sondages pour intéresser ses lecteurs et vendre du papier est une chose mais que l’information figure en tête de Google News est délirant. Figurez-vous que j’ai fait la démarche d’aller cherche l’information politique dont on parlait ce matin pour en faire un billet. Vous allez voir où je veux en venir : j’étais sûr de trouver un truc sans le moindre intérêt. J’ai gagné. C’est une des facettes de Stopbashing.org. Je voudrais aussi que les internautes contributeurs y mettent de l’information qui me semble plus importante, à savoir, pour ce qui nous concerne, ce qu’a fait Mme Taubira au Ministère de la Justice…

Il se passe pourtant un tas de chose au gouvernement. En fin de semaine, par exemple, il a été annoncé :
-         une rénovation de Vigipirate,
-         la validation par le Conseil Constitutionnel de l’interdiction du cumul des mandats,
-         une nouvelle loi pour interdire un truc OGM,
-         des mesures pour valoriser le savoir faire des artisans,
-         une rénovation des baux commerciaux pour favoriser le commerce de proximité,
-         des mesures pour améliorer le droit de préemption des locaux commerciaux,
-         des mesures pour lutter contre le vol dans les exploitations agricoles,
-         la création de groupes de travail pour facilité le boulot des policiers municipaux,
-         des mesures pour relancer le fret ferroviaire,
-         dans le cadre du voyage présidentiel aux Etats-Unis, des mesures pour favoriser la coopération des universités,…

Ainsi, le gouvernement bosse. Qu’on soit d’accord ou pas avec ses actions est une chose. Mais il est usant de ne voir qu’une information frivole abordée dans la presse. En tant que blogueurs, nous sommes souvent plus ou moins obligés de rebondir sur la une de l’actualité d’autant que je viens de citer une dizaine de mesures mais je serais bien incapable d’écrire plus de trois lignes sur la plupart (sur les locaux commerciaux, je pourrais). Il faut dire que, individuellement, on s’en fout un peu…

Je le vois avec le compteur de visites de mon blog. Dès que j’évoque un sujet sérieux, sérieusement ou pas, je fais un bide. Tous les blogueurs connaissent le phénomène. Je vais donc continuer à faire des billets légers dans mon blog, parler de tout et de rien.

Si Stopbashing peut aider les gens à trouver une autre actualité, tant mieux ! C’est aussi le but…

Dans le sondage, on a aussi : « Son image personnelle est mitigée : 68% des sondés voient en Christiane Taubira une femme « ayant des convictions profondes » (68%), « courageuse » (61%) et « solide, ayant de l’autorité » (59%). Ils ne sont qu’une minorité à la trouver « incontrôlable » (45%), « sectaire » (45%), « trop laxiste » (43%) et « démagogique » (43%). Mais, dans le même temps, ils sont aussi une majorité à la trouver « orgueilleuse » (60%) et « agressive » (55%) et, surtout, ils ne sont qu’une minorité à la trouver « compétente » (41%), « charismatique » (38%) et « sympathique » (38%). »

Faisons un sondage. Combien de Français savent ce que veut dire sectaire ? C’est un terme souvent utilisé : comment 45% des Français peuvent la décrire comme étant sectaires ? Parce qu’ils ne supportent pas les idées différentes des leurs ? Bravo.

Y compris Google News, je suis allé voir quels sujets de politique nationale sont mis en avant par 14 sites d’information grand public (presse nationale et régionale). 7 sont basés sur des sondages (Le Parisien, Google News et l’Express, la popularité de Christiane Taubira ; Sud Ouest : la confiance en Pôle Emploi ; les DNA : un sondage sur Sarkozy ; Libération et le Télégramme : la popularité de François Hollande).

La moitié des sites d’information font leur une de l’actualité politique nationale sur des sondages. Moi aussi, d’ailleurs.

Trois évoquent la réponse d’Aurélie Filippetti au Medef à propos des intermittents (Le Figaro, Le Point et Le Monde). Deux parlent de la disparition des archives de Claude Guéant (Ouest-France et le Nouvel Obs). Ces sujets n’ont strictement aucun intérêt pour le grand public, je suppose. C’est du ressort de la polémique à deux balles.

Il nous reste La Croix : le gouvernement s’engage à ne pas geler le salaire des fonctionnaires. Comme si une promesse était réellement importante, à part pour étouffer les rumeurs idiotes de la semaine.


Seule La Montagne évoque réellement l’actualité politique avec les OGM ! Dans un article que l’on pourrait résumer en deux lignes.