En salle

07 mai 2014

Un fait divers, une loi...


La gauche me désespère ! Je vous passe les copains qui, à l'occasion de ce deuxième anniversaire, auraient voulu que tous les engagements soient "faits" en 2012 et qui voudraient des résultats immédiats, tel Sarkozy qui vitupérait dans tous les sens, voilà une ministre qui demande la modification d'une loi suite à un fait divers. 

Qu'elle se taise !

Lamentable Mariani, pauvre Cambadélis

L’ami Bembelly s’émeut du tweet ignoble de Thierry Mariani. FCB profite de ce tweet pour montrer la bêtise de certains commentateurs UMP. Et le PS, Jean-Christophe Cambadélis en tête, rebondit sur cette histoire pour hurler et exiger que Mariani retire ses propos et que l’UMP le désavoue.

Je rappelle l’histoire. « Le groupe extrémiste Boko Haram a revendiqué le rapt de plus de 200 lycéennes mi-avril dans le nord-est du Nigeria, promettant de traiter les jeunes filles en "esclaves", de les "vendre" et de les "marier" de force. » Du coup, Mariani a tweeté : « #Nigeria.L'enlèvement par secte #BokoHaram rappelle que l'Afrique n'a pas attendu l'Occident pour pratiquer l'esclavage  #Déculpabilisation. »

Il aurait tweeté  « L’enlèvement rappelle que les Africains sont tous des sauvages, ils ont inventé l’esclavage et ça commence à me casser les couilles, toutes ces lois mémorielles qui visent à nous culpabiliser. » que ça n’aurait pas été plus ignoble.

Je propose de condamner l’homo sapiens de la belle époque qui a probablement fait des saloperies avec son confrère néandertalien, prostitué son épouse, par exemple, pour se payer des bières si la fermentation des céréales existait probablement déjà en ces temps-là.

Je l’ai dit plusieurs fois dans ce blog : je n’ai pas les lois mémorielles mais j’aime encore moins le négationnisme. Il n’empêche que prétendre qu’elles sont faites pour nous nous culpabiliser est médiocre. Comparer l’industrialisation de l’esclavage faite par nos ancêtres à cet acte débile est grotesque. Ne pas exprimer un peu de commisération pour des peuples opprimés par des espèces de terroristes est nul.

Mariani mérite un profond mépris.

Néanmoins, c’est bien pour réagir aux propos de Cambadélis et des autres types du Parti Socialistes, probablement attendus par Bembelly, que je fais ce billet car mon billet d’hier soir était pour évoquer le traitement des élections européennes par les partis politiques et celui de ce matin pour me moquer de la riposte par les cadres de l’UMP.

Ceux du PS sont aussi nuls.

Nous avons une élection majeure dans deux semaines et que voit-on en une de la presse : le patron du PS qui charge un glandu. Il ne pourrait pas laisser les seconds couteaux et arrêter de participer à un buzz qui ne sera en aucun cas bénéfique pour le PS ?

Le PS ne pourrait pas, plutôt, se mettre à soutenir le gouvernement, comme en rappelant tout ce qui a été fait en deux ans, à l’occasion de cet anniversaire ?

Est-ce qu'on ne pourrait pas sortir de ce niveau de médiocrité ? Ignorer les gens comme Mariani ?

Déculpabiliser ? Il est dans une cours d'école, lui ? On y est bien : nos ancêtres ont fait des bêtises mais comme d'autres en ont fait avant, les leurs ne sont pas graves...

Bravo mon gars...

Pas facile de s'opposer, François !

Depuis que je tiens un blog, j’ai connu trois présidents, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande. A chaque fois qu’ils font une intervention importante, je guette les réactions de la majorité et de l’opposition. La majorité est assez facile à suivre. « Le président a tenu un discours de vérité. » « Le président a montré le cap pour un redressement dans la justice. » Des trucs comme ça, quoi ! Facile. Le rôle de l’opposition est plus délicat mais je trouve que la gauche était meilleure que la droite ne l’est aujourd’hui. Il faut dire qu’elle avait plus d’entrainement !

Toujours est-il que je trouve nos amis de l’UDI et de l’UMP ont été absolument nuls après l’interview de pépère, hier ! On a même vu Jean-François Copé exiger un referendum.

Ce matin, c’est Jean-François Fillon qui était l’invité de Jean-Jacques Bourdin, je crois (ou alors c’est Bourdin qui tweete n’importe quoi pour faire croire qu’il reçoit Fillon…), je n’ai pas écouté. Il a deux angles d’attaques : le plan d’économie est insuffisant et le report de l’élection régionale, le totalitarisme et tout ça.

C’est de bonne guerre, il faut faire du bruit mais je ne crois pas que les électeurs soient dupes.

A propos du plan d’économie, il est facile de leur rétorquer qu’ils n’avaient qu’à le faire quand ils étaient au pouvoir. Ils n’ont pas eu les couilles et ont fait n’importe quoi. Ce sont des mauvais gestionnaires.

A propos du report de l’élection régionale, il est probable que tout le monde s’en foute. Je me rappelle que la droite avait reporté l’élection municipale d’un an pour éviter qu’elle se passe en 2007, la même année que l’élection présidentielle. La gauche aurait pu gueuler au scandale, crier à la manipulation. Tiens ! On aurait pu dire qu’on avait une bonne dynamique pour les municipales car on était dans l’opposition, cette bonne dynamique aurait pu se répercuter jusqu’à la présidentielle. Non ! Il était évident que les deux élections ne pouvaient pas avoir lieu la même année.

Quelques années plus tard, la droite a fait une réforme territoriale et a ajouté, dans cette réforme, le rapprochement de l’élection régionale en 2014 au lieu de 2016. C’était un pur scandale : la gauche était très majoritaire dans les régions et la droite lui raccourcissait le mandat et la droite faisait en sorte que trois élections se déroulent la même année. Non ! On a gueulé contre la réforme territoriale qui était mauvaise, on n’a pas gueulé sur les détails. Arrivé au pouvoir, on a annulé cette réforme territoriale (la droite n’a pas vraiment gueulé sur le fond tellement elle était nulle) et on a repoussé d’un an l’élection. Hier, François Hollande a déclaré qu’on pouvait envisager d’ajouter encore un an de manière à pouvoir faire la vraie réforme territoriale avant. L’élection serait donc en 2016, soit à la date à laquelle elle aurait du être : 6 ans après 2010 !

Ainsi, la droite s’oppose sur des bricoles mais pas sur le fond : elle n’a rien. Tout le monde voit que des économies sont nécessaires : la gauche de la gauche en voudrait moins et la droite en voudrait plus mais la droite a eu l’occasion de faire. Tout le monde sait qu’une vaste réforme territoriale est nécessaire (mais n’est pas d’accord sur le fond) et la droite avait loupé la sienne.

Je ne sais pas l’impact des jacassements de l’UMP sur l’électorat…

Hier, on voyait beaucoup d’articles de presse sur le thème « François Hollande » arrivera-t-il à sauver son quinquennat ? L’ami Grandludo comparait les propos de François Hollande et de Nicolas Sarkozy, hier. Hollande : « Parlez de la France, aimez la France, faites vivre la France, vous êtes la France ». Sarkozy : « la France, tu l’aimes ou tu la quittes ».

Je ne sais pas ce qu’on retiendra du quinquennat de François Hollande dans quelques années. Je sais ce qu’on retiendra de ses prédécesseurs.

Mais je vais revenir sur François Hollande et quelques-uns de ses engagements. Au hasard, les dix premiers.

Engagement 1 : la création de la Banque Publique d’Investissement a été faite. Les autres volets de l’engagement seront couverts par la loi de décentralisation.

Engagement 2 : les produits d’épargne ont été adaptés pour permettre le financement des petites entreprises. La BPI leur permettra d’avoir un interlocuteur unique par région. Le crédit d’impôt recherche a été adapté pour elles. Leur accès aux commandes publiques est en cours. Le choc de simplification leur sera bénéfique.

Engagement 3 : le CICE et le pacte de compétitivité permettent la réduction des charges des entreprises qui produisent en France. Des taux d’imposition différents entre les entreprises ont été mis en œuvre selon leur taille. Des programmes et des outils de relocalisation ont été développés.

Engagement 4 : des plans ont été mis en place pour soutenir le numérique (comme les 34 projets…).

Engagement 5 : une directive européenne est en cours pour définir les services d’intérêt généraux. La loi « Hamon » apporte de la sécurité aux consommateurs.

Engagement 6 : les intérêts des marins et agriculteurs français en Europe ont été préservés.

Engagement 7 : avec la loi bancaire, les dépôts des clients ne peuvent plus être utilisés pour des activités spéculatives et imposent aux entreprises de prouver que les activités de leurs filiales dans les paradis fiscaux sont conformes. La taxe sur les transactions financières est active.

Engagement 8 : les frais bancaires ont été plafonnés et la loi « Hamon » renforce le contrôle des prêts à la consommation.

Engagement 9 : l’équilibre budgétaire sera établi en fin de mandat. Les niches fiscales sont progressivement limées.

Engagement 10 : la RGPP a été stoppée. Les fonctionnaires aux plus bas salaires sont progressivement augmentés.

L’opposition n’est pas quelque chose de facile. Pourtant, il y a du fond : la gauche avait un projet et le met en œuvre progressivement. Vous pouvez lire le bilan sur le site de l’Elysée. La droite n’a jamais eu de projets (autres que de revenir sur les 35 heures, n’oublions pas…).

Peut-être qu’on retiendra de François Hollande que c’est le président de la République qui a fait le plus de réformes ?

Pas facile (bis) de s’opposer. Alors, il faut crier !

Ainsi, François Fillon dit : François Hollande échouera au sujet du chômage, comme s’il le souhaitait.

Tout ce qu’on sait, maintenant, c’est qu’il y a eu un million de chômeurs de plus lorsque François Fillon était premier ministre.

Pas facile (ter) de s’opposer. C’était mieux avant…

06 mai 2014

Vendre la soupe à Schulz

Prendre une baffe aux municipales : fait. Changer de gouvernement : fait. Prononcer un discours de politique générale : fait. S’exprimer sur BFM : fait. Et si on passait aux Européennes ?

J’ai essayé de vendre la soupe à Schulz (Tiens ! J’ai trouvé un titre pour mon billet), dans mon blog, mais ça ne prend. La seule certitude est que la gauche devrait prendre une grosse claque en France et probablement au niveau Européen, d’ailleurs. La gauche n’a pas eu un nombre significatif d’élus depuis plus de dix ans.

Je trouve que le Parti Socialiste est complètement mou du genou, dans cette campagne, et je ne suis pas loin de penser que les militants sont d’accord avec moi.

D’une manière générale, c’est le bordel. Vous connaissez Farid Ghehiouèche ? Non ? Ah merde ! C’est le chef de file de la liste « Cannabis sans frontière stop la prohibition » en Île-de-France. Si ! Ca existe. On a aussi la liste : « Une France royale au cœur de l’Europe ». L’ami Koltchak est-il sur la liste ? Et « Citoyens du vote blanc » ! On a aussi. « Île de France Décroissance ». « Parti européen ». « Europe citoyenne » (c’est Corine Lepage, dites donc !). « Espéranto langue commune équitable pour l'Europe ». « Debout la France, ni système, ni extrêmes » (ça doit être le truc de Nicolas Dupont Aignan. « Démocratie réelle ». « Union populaire républicaine ». « Force Vie » (ça, vous connaissez, c’est Christine Boutin). « Parti fédéraliste européen ». « Pour une Europe libre ». « Le réveil citoyen ». « Féministes pour une Europe solidaire ». « Prenons nos affaires en mains ». « Europe solidaire ». « Ensemble pour une Europe équitable ». « Communistes » (mais pas le PCF, hein !). « « Alliance écologiste indépendante » (c’est pas le machin de Waechter, ça ? Ben, non… C’est un autre truc, si j’ai bien compris). « L'Europe de Marrakech à Istanbul » (en passant Reykjavik et Bangui, j’espère !)

Si si, on a tout ça en Île-de-France. Je connais un lascar qui pourrait tenir un blog pour dénoncer les noms de partis ridicules. 31 listes. C’est n’importe quoi…

Rassurez-vous, on a aussi les listes normales, du PS, de l’UMP, des centristes, des cocos, des écolos et du FN. Elles ont souvent des noms grotesques, aussi. Tiens, le machin avec le Modem et l’UDI : « Les Européens ». L’UMP : « Pour la France, agir en Europe ». Pour le FN : « Non à Bruxelles, Oui à la France ! ». Les socialos ne sont pas en reste (on va mettre Pervenche à l’amende mais il me semble que je l’ai déjà faite) : « Choisir notre Europe ».

Seuls les écolos et le Front de Gauche s’en sortent bien : leurs listes ont le nom de leur parti !

J’ai oublié « Parti pirate » et « Nouvelle donne » mais ils ont toute ma sympathie pour une raison personnelle. Je crois bien que j'ai cité tout le monde. Et je n'invente rien.

Youhou, les copains lecteurs qui veulent voter socialiste ! N’oubliez pas de noter le nom de la liste : CHOISIR NOTRE EUROPE. Notez aussi le nom de la chef pour vérifier le bulletin : PERVENCHE BERES.

Faut que j'arrête de crier, moi.

Ah non !

Je n'avais pas que mon président qui passait à la radio, ce matin, j'avais également mon député maire. A la même heure. C'est Jean-Luc Laurent, le président du MRC. C'était rigolo, j'ai pu suivre les deux LT en même temps. Je ne savais pas que j'avais autant d'abonnés du MRC, moi ! Presque aussi fous que les supporters de François Hollande.

Figurez-vous que le président du parti de Jean-Pierre Chevènement appelle à l'abstention pour ces élections. De la part d'un élu de la République, je ne trouve pas ça génial. D'un autre côté, il aurait pu monter une liste. Ca aurait fait 32 en Île-de-France...

Réélection

« Ce n'est pas mon élection ou ma réélection qui me préoccupe, c'est l'avenir de la France. » François Hollande a également déclaré ça, ce matin, ce qui est tout à son honneur. 

Il empêche que s'il ne réussit pas à sauver la France, il ne sera pas réélu. J'aimerais donc qu'il pense un peu plus à sa réélection ce qui nécessiterait aussi de mener une politique plaisant plus à sa gauche. 

J'en parlais récemment avec un commentateur de Sarkofrance qui disait qu'il en avait marre de voir des politiciens qui ne pensaient qu'à leur élection ou réélection. Je ne suis pas d'accord. Mitterrand, Chirac et de Gaulle étaient d'excellents présidents : ils ont été réélus. Contrairement à Sarkozy et Giscard. 

En outre, j'aimerais bien que François Hollande pense à sa réélection : cela nous éviterait le retour d'une droite que l'on connait trop bien. 

Les régionales en 2016 : c'est normal

Je vois Twitter en émoi à cause de l'annonce du report des régionales à 2016. François Hollande est accusé de tripatouillage. 

Or, les dernières régionales ont eu lieu en 1998, 2004 et 2010. Cette élection a lieu tous les six ans. Il est normal que les prochaines se déroulent en 2016. 

Le tripatouillage avait été fait par la droite à l'occasion de sa réforme territoriale foireuse faite sans concertation. 

#etpaf 

Bon anniversaire, Monsieur le Président !

« En 2012, si j’ai gagné, ce n’est pas parce que j’avais un programme étincelant, c’est sans doute parce que mon prédécesseur avait échoué, c’est parce que les Français savaient bien quelle était l’ampleur de la crise. » Je crois que c’est cette phrase qui marquera l’interview de François Hollande par Jean-Jacques Bourdin, ce matin. Je ne l’ai pas écouté, j’étais dans les transports en commun, c’est donc dans Twitter que j’ai pu suivre mais comme je suis surtout abonné à des supporters du président, je ne sais pas si ma TL était vraiment objective…

Voila, c’est dit : il a été élu pour virer cette droite incompétente qui a foutu la France dans la merde.

« Est-ce que j'ai dissimulé la gravité de la crise ? Non, je l'avais évoquée pendant la campagne présidentielle. Est-ce que je n'ai pas suffisamment dit au lendemain de l'élection que la situation que j'avais trouvée était grave ? Oui, je ne l'ai pas suffisamment dit. » Il a aussi rappelé à une auditrice que la France était au bord du bilan en 2012.

Il a dit, aussi : « Comment voulez-vous qu’à la fin du mandat, si j’ai échoué sur la croissance, échoué sur le chômage, échoué sur le redressement du pays, je puisse dire "j’ai la solution pour la suite" ? » C’est aussi une belle critique de son prédécesseur qui n’aurait jamais du se représenter.

A propos de sa vie privée : « Jamais je n'ai été dans une forme de vulgarité ou de grossièreté. » Ah ! Hé hé… Encore une allusion…

A propos de son soi-disant amateurisme : « Amateurisme quand il s’est agi de sortir de la crise de la zone euro ? Amateurisme quand il s’est agi d’intervenir au Mali quand personne ne le faisait et que le terrorisme était en train de gagner la partie ? Amateurisme quand il s’est agi d’aller en Centrafrique pour éviter un génocide ? Amateurisme sur la crise syrienne quand j’ai été le seul chef d’Etat occidental à dire "Attention, ce qu’on est en train de laisser faire, c’est un massacre" ? Je préfère prendre mes responsabilités et être jugé sur mes résultats. »

Pour le reste, pas trop de surprise à part le possible report des élections régionales qui serait rendu nécessaire par la réforme territoriale et qui, n’en doutons pas, sera bien critiqué !

Selon Twitter, les échanges avec les auditeurs ont été grotesques. Je cite un tweet de mémoire : « #BourdinPR : M. Le Président, j’ai une lessive de coton à faire, je mets sur 30 ou 40. » Le comble du ridicule a été atteint quand on a su qu’une des auditrices était une élue UMP de Meaux, donc a priori une proche de Jean-François Copé.

Deux ans

Avant cette interview, je lisais différents articles de presse qui tiraient un bilan de ces deux ans. Généralement, les éditorialistes notent deux énormes bordels : Cahuzac et Léonarda, une communication qui ne passe pas, l’étrange promesse d’inversion de la courbe qu’on a entendue pendant longtemps, le débat sur le mariage pour tous qui a trop duré,…

Je vais ajouter trois points qui me sont restés en travers de la gorge. Les deux premiers sont l’augmentation de la TVA et la réforme des retraites. On s’était battus contre quand Nicolas Sarkozy était au pouvoir et il aurait fallu les défendre maintenant. Le troisième est la réforme territoriale et la décentralisation, notamment pour ce qui concerne la métropole du Grand Paris, qui me parait être un gros bricolage. On aimerait voir clairement où l’on va…

Pour le reste, je n’ai pas le courage de mon confrère Sarkofrance qui se livre à un abécédaire complet… On y retiendra des points positifs et des points négatifs et chacun partagera ou non son avis. Je vais simplement prendre un exemple pour rigoler. « La suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires dès l'été 2012, mesure macro-économiquement désastreuse, provoque une petite secousse, entre 3 et 4 milliards d'euros en jeu. » Quand la défiscalisation a été mise en œuvre, on disait, à gauche, que c’était une mesure macro-économiquement désastreuse.

Ce que je retiens de ces deux ans de « blogage de gouvernement », c’est l’impatience de tous, de la mienne, des twittos, des réseaux sociaux, des journalistes,… Je retiens aussi la nullité de certains médias, débordés par l’évolution de l’actualité (chaînes d’information en contenu, chasse au tweet, à la rapidité,…),… Ce qui m’amusait beaucoup quand la droite était au pouvoir.

Je retiens aussi un tas de mesures qu’il fallait prendre et qui ont été prises.

On a un président qui se bat.

La vie continue. L’OCDE prévoit des chiffres légèrement moins bons que prévus pour 2014 et 2015. En plus, ils disent : « Dans le contexte d’une reprise toujours fragile, les pouvoirs publics ont de la marge pour laisser jouer les stabilisateurs automatiques. »

Ce qui veut dire : pas trop de rigueur, hein !

05 mai 2014

Putain, deux ans !

« Les prestations sociales et les prélèvements ont permis l'an passé de diviser par près de deux l'écart entre le niveau de vie des 20% de Français les plus aisés et des 20% les plus modestes, selon l'Insee. » selon La Tribune, relevé par Captain Haka pour Stopbashing. Les « transferts augmentent d'environ 55% le niveau de vie des 20% les plus modestes et réduisent de 20% celui des 20% les plus aisés. »

Certes tout n’est pas rose mais entendre à longueur de journée que le gouvernement ne fait rien est usant. Le gouvernement et le président ont un problème de communication évident. François Hollande va tenter d’éteindre l’incendie en passant chez Bourdin, demain.

Dans le JDD, le président a déclaré, hier : « On est entré dans la deuxième phase du quinquennat, le redressement n'est pas terminé, mais le retournement économique arrive ». Je fais encore partie des braves gens qui lui font confiance mais à forcer d’annoncer des retournements, des inversions,… on va finir par se lasser. Il faudrait qu’ils arrivent réellement.

L’ami Sarkofrance a fait un billet ce week-end pour comparer le positionnement de ce que l’on pourrait appeler les deux gauches : la vraie et la mienne, en citant deux blogs, Babordages et le mien, ou, plus précisément, deux billets (cliquez ici pour voir celui de mes confrères). Les débats sont assez violents, en commentaire, mais m’ont vite lassé (un type qui me dit que je fais de la rhétorique ne me donne pas l’envie de parler avec lui). Je ne vais citer qu’une phrase du billet de Sarkofrance.

« A quoi bon gouverner si c'est pour dérouler le tapis-rouge à la grande dérégulation ? »

La grande dérégulation ? Est-ce une nouvelle menace ? Moi, ce qui m’intéresse c’est le redémarrage de l’économie. Je l’attends, comme tout le monde. Je crois qu’elle passe aussi par la compétitivité des entreprises mais on va me dire que je dis des gros mots. On va me brandir un magistral TINA qui ne veut rien dire d’autre que « ferme ta gueule tu n’es pas de gauche. »

Ce qui m’intéresse, aussi, c’est la redistribution, la matière avec laquelle les richesses produites sont réparties entre les citoyens. Seul l’impôt peut réellement avoir un impact. Le gouvernement a modifié les règles fiscales. Ca marche. Voir l’article de la Tribune que j’ai mis en lien.

Enfin, Tebruc nous présentait récemment ce qu’était le New Deal. C’est un utile rappel.

Aujourd’hui, sur Stopbashing, il nous rappelle ce que la gauche a fait en deux ans. C’est utile également.

04 mai 2014

Journalisme d'investigation


La politique fait un nouveau pas en avant.  Heureusement, je ne connais personne qui bosse à France Dimanche et dont la réputation de sobriété n'est pas à toute épreuve. 

02 mai 2014

Où va la gauche ?

Récemment, mon confrère Sarkofrance faisait un billet avec pour titre « le risque de disparition de la gauche. » Le titre, les propos et les commentaires sont étranges. Tout tient dans une définition de la gauche que chacun pourrait imaginer. J’imagine d’ailleurs qu’un trotskiste pensera qu’un militant du PCF est une crevure de droite. D’un autre côté, il m’arrive, essentiellement par provocation, de me qualifier de plus gauchistes que des lascars authentifiés de la vraie gauche. Par exemple, j’arriverais à me réjouir si les allocations familiales étaient supprimées. Soutenir la famille est un truc de droite. Le truc de gauche étant de fournir les moyens aux familles de survivre…

Le billet de l’ami tient en trois points.

Le premier : peu importe les étiquettes.
Le deuxième : la droite est pire que le PS donc le PS est à gauche mais ce n’est pas un motif de satisfaction.
Le troisième est plus significatif : pour lui, être de gauche, c’est être antilibéral.

Peu importe les étiquettes, disais-je, mais la droite française ne peut pas être qualifiée de libérale vu qu’elle a augmenté la dépense publique et est particulièrement interventionniste. Probablement plus qu’à gauche. Peu importe les étiquettes mais les mots ont un sens.

La question est donc : comment s’en sortir ?

Tout d’abord, l’ennemi n’est pas le libéralisme. Il faut changer de discours. S’il y a un ennemi, c’est le capitalisme financier. Il faut arrêter de délirer. Si un type monte sa boite et gagne du pognon avec, c’est très bien, et plus particulièrement s’il emploie du personnel et le paie correctement… Ca commence à déconner au moment où il vend sa boite pour en faire une plus-value, ce qui n’est plus un revenu du travail mais du capital. C’est mal. Mettons nous ça bien dans le crâne, à coup de marteaux, s’il faut.

Parmi les commentaires, nous avons ceci, de l’ami Stef : « Libéraliser est la preuve du manque de courage politique. En l’absence de solutions, on préfère enlever des règles, faute de pouvoir réguler, voire limiter le problème. »  La première partie ne veut rien dire. La deuxième est d’une logique qui m’échappe. Et si enlever des règles était la solution ? D’ailleurs la deuxième partie ne veut rien dire : enlever des règles faute de réguler…

Un commentateur tente de définir brièvement la gauche : « Voili voilou, pourquoi, les combats justes sont indispensables, quoiqu’il en coûte. » C’est quoi un combat juste ? C’est quoi un combat tout court, d’ailleurs ? Commenter les blogs ?

Un autre est drôle : « Les différentes parties socialistes ont tout bonnement perdu leurs crédibilités des qu’ils ce sont ralliés au marché, le dogme néolibéral. » L’économie marché devient subitement néolibérale ? Je suppose que le gaillard n’achète pas ses… achats en fonction du prix du marché ? Un peu plus loin : « Des mouvement de droites nationalistes réclamant le retour de la souveraineté nationale vont progresser…puis un jour…je vous laisse finir l’histoire. Tout cela uniquement par un autisme effarant des partis traditionalistes. » Bouh ! Godwin n’est pas loin. Toujours est-il que l’autisme ne serait que du côté des partis qui arrivent à se faire élire !

Je ne vais pas passer tous les commentaires en revue mais citer uniquement l’ami RVA : « Désolé, mais je suis têtu : le FDG se marginalise tout seul avec son discours "violent", dru et cru. C’est un problème aussi simple que ça. »

Le problème n’est pas aussi simple que cela, on le comprend en lisant les commentaires suivants : les zozos nient cette marginalisation. Le principe de la démocratie (et donc de la politique) est de partager des idées avec des électeurs pour se faire élire.

C’est ce qu’a réussi François Hollande. A ce rythme, il risque de ne pas être réélu en 2017, on est d’accord, mais s’il tient une politique plus à gauche, il est à peu près sûr, aussi, de ne pas l’être.

Quand la gauche aura changé son rapport au libéralisme, on y verra peut-être plus clair. De même que le jour où elle aura changé son rapport avec l'opprimé... Celui qu'elle doit défendre. Et elle aura changé le jour où elle aura intégré l'électoralisme qui n'est pas :

"Faites ce que je dis, les gens voteront pour vous".