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10 novembre 2014

L'affaire Fillon Jouyet pour les nuls

Quand l'affaire Bygmalion a éclaté, M'sieur Fillon a eu peur que ça éclabousse son parti politique et l'oblige à raquer et que M'sieur Sarkozy puisse récupérer les rênes avant que la vérité soit faite. Du coup, il a été voir M'sieur Jouyet qui bosse avec Monsieur François Hollande, président de la République, co-prince d'Andorre et chanoine de mes deux. M'sieur Jouillet et M'sieur Fillon sont copains, vus qu'ils ont bossé ensemble. M'sieur Jouillet et M'sieur Hollande sont copains, vus qu'ils ont bossé ensemble.

Ils en ont profité pour déjeuner ensemble, ce qui est normal, après tout, mais on arrivera bien à trouver un blogueur de la vraie de gauche expliquer que cela prouve la collusion et Mâame Le Pen dire « ah la la UMPS ». M'sieur Fillon, il a dit : dis-donc, JP, faudrait qu'vous vous en occupiez, hein ! Allez lire les détails ici.

M'sieur Jouyet, bien embêté, a été voir son chef, sa magnificence François Hollande, et lui a dit : « heu, qu'est-ce qu'on fait ? ». L'autre lui a répondu : « laisse tomber ces conneries, tu reprends une bière ? »

Ceci nous prouve que l'UMP n'hésitait pas à intervenir dans les affaires de justice ce que se refuse à faire la gauche actuelle. Et hop !

Mais M'sieur Jouyet a fait la connerie de raconter ça pour rigoler à des journalistes qui ont enregistré la conversation puis fait un livre. Alors M'sieur Fillon n'est pas content. M'sieur Jouyet pour ne pas embêter son copain Fillon, y dit qu'c'est pas vrai, nananère. Mais, au cours du week-end, cela va trop loin, il finit par dire : « bon ben basta y m'a réellement dit ça, Fanch. »

Les journalistes font rien qu'à dire que François Fillon est définitivement grillé ce qui est drôle tant il est évident que tout cela sera oublié dans deux jours.

Ce qu'il y a de bien, à l'UMP, c'est qu'on trouve un tas de cours sur pattes, tel Bruno Le Maire, qui exige la démission de M'sieur Jouyet sans se rendre compte à quel point il passe pour ridicule. Le lascar veut être chef de parti et il s'entraîne à ressembler à M'sieur Copé. Un de ces jours il va nous dire qu'il est profondément choqué... Dites, M'sieur L'M'aire, il ne vous a pas échappé que tant de bêtise à grillé Jeff. Z'auriez du dire : j'en ai rien à cirer, il faut que justice se fasse, l'gars Fillon disait p't'tre ça pour déconner.

Il n'empêche que ce qu'il y a de bien aussi parmi les leftblogs, dans la branche blogueurs de gouvernement, car on trouve tout dans les leftblogs, c'est un peu comme la Samaritaine quand elle n'est pas fermée, des blogueurs qui demandent aussi à ce que Jouyet soit viré.



21 septembre 2014

Sauvons Fillon

Alors qu’Alain Juppé s’énerve de toutes les questions qu’on lui pose sur Nicolas Sarkozy depuis les annonces de ce dernier qui font la une de la presse, François Fillon est obligé de se battre pour exister et de ne pas être éclipsé par les deux autres. D’autres tentent bien de ne pas laisser leur chance sur le côté de la route, comme Bruno Le Maire mais cette période ressemble bien à la primaire avant la primaire alors que nous sommes uniquement dans une phase de préparation de congrès.

Si Nicolas Sarkozy remporte la présidence de l’UMP, c’en est fait des autres puisqu’il pourra occuper tout l’espace médiatique.

Nous allons donc nous intéresser à François Fillon puisqu’il y est largement le mieux coiffé, même si Alain Juppé a un certain handicap en la matière.

Que peut faire François Fillon ?


Je suis sérieux, là ! C’est l’objet de mon billet : sauvons François Fillon.  

Allez nombreux l'écouter lors du barbecue de Domont (notre illustration). 

09 septembre 2014

Du mouvement à l'UMP ?

Nicolas Sarkozy a pris sa décision, il parait. Il sera candidat à la présidence de l’UMP. Les autres candidats, comme Hervé Mariton et Bruno Le Maire, peuvent aller se rhabiller. C’est con : j’étais près à soutenir M. Mariton, non pas parce qu’il ne dit pas que des conneries quand il n’est pas dans son rôle d’affreux réactionnaire mais parce qu’il est abonné à mon compte Twitter. C’est le seul cadre de l’UMP. Par contre, j’ai Alain Lambert et François Bayrou, en stock, mais pour Lambert, c’est pour raconter des conneries. Mais je suis hors sujet.

Il parait que Nicolas Sarkozy va changer le nom du parti, y remettre de l’ordre, rétablir les comptes et tout ça. En fait, il va en faire une machine à gagner la présidentielle. La primaire ne va être qu’une formalité, pense-t-il, mais il faut toujours se méfier avec ce genre de pronostic !

Libération fait sa une sur le retour aux affaires de Nicolas Sarkozy, avec la dernière qui vient d’éclore, sans compter le sondage a priori bidon pour faire croire qu’il est le seul à pouvoir battre Marine Le Pen au second tour… Jean-François Copé vient d’annoncer son ralliement ou, plutôt, d’appeler ses supporters de soutenir l’ancien président.  Je ne sais pas si c’est une bonne nouvelle pour ce dernier.

Pendant deux ans, on va assister à un combat entre François Fillon et Nicolas Sarkozy. Je ne crois pas qu’Alain Juppé ira jusqu’au bout.

Quant à Bruno Lemaire et Hervé Mariton, ils semblent bien s’amuser. Bruno Le Maire a écrit dans un bouquin en 2004 : « Je me laissais envahir par la chaleur du bain, la lumière de la lagune qui venait flotter sur les glaces de la porte, le savon de thé vert, et la main de Pauline qui me caressait doucement le sexe. » Mon follower a déclaré récemment : « Moi, dans mes livres, je ne raconte pas comment ma femme me caresse le sexe. Je présente un réel projet. »

C’est dommage : il vendrait plus.




27 août 2014

François Fillon dévoile son programme : du lourd !

Ce matin, il tenait une réunion politique, visiblement. Son discours est "livetweeté". Avec ce tweet, par exemple, nous voyons qu'il ne compte pas sur les voix des fonctionnaires !

Il est néanmoins fidèle à lui-même ! Par exemple, comme quand il était premier ministre, il veut réduire les effectifs de la fonction publique de 20% sans préciser comment : quels sont les fonctionnaires qui vont être supprimés et comment va-t-il faire pour enlever 20% de salariés en claquant des doigts ? Un plan social ? 

Je vais lui souffler une bricole : "acquis sociaux actualisés". Si on les modifie, ils ne seront plus des acquis.

Avec mon grand coeur, je vais l'aider à diffuser son programme.


Voila ! Ca commence bien. C'est pourquoi il a pris la tête du parti avec deux jeunes premiers.


Avec cinq ans le même premier ministre ?
Oui, éduquer les enfants, mettre les gens en sécurité,... avec 20% de fonctionnaires en moins...
Ah ! Ensemble, tout est possible !
... dit le gars qui était ministre quand la droite a inscrit le principe de précaution dans la constitution.
Pas facile de faire campagne quand on a été cinq ans premier ministre...
Et vice versa...
Ah ! L'Etat ne peut pas tout ?
Ben pourquoi t'as rien fait ?
Voila... Un million de chômeurs en plus, 600 milliards de dette. Ce pauvre Hollande n'arrive pas à changer encore plus la donne.
Le coup du "j'ai changé" ?
Ah ! C'est nouveau ! Pourquoi avoir fait le contraire ?
Il aura du mal à nous faire oublier ce qu'il a fait...
Ouf ! J'ai eu peur qu'il oublie...
Avec 20% de fonctionnaires en moins ? Je sais : je me répète.
Oui, faire faire le travail par des experts et pas par des militants...

C'est trop beau. Le tout pour préparer un congrès...

09 juillet 2014

UMP : le naufrage continue

« Faisons peut-être confiance à la jeune génération pour reconstruire l’UMP. C’était la proposition de François Fillon: qu’il y ait un président qui prépare un projet, qui tourne la page du passé, on a commencé avec l’audit hier soir, qui reconstruise, qui prépare les primaires. » Voila ce qu’a déclaré Eric Ciotti et c’était un peu le sens de mon billet d’hier bien que je n’ai pas grand-chose à cirer de ce parti. Il a surtout lancé des salves contre Jean-François Copé et l’a appelé à un peu plus de décence et en le désignant explicitement comme étant le responsable du bordel à l’UMP.

Ce matin, c’est Rachida Dati qui s’est énervée dans Twitter contre François Fillon et Alain Juppé suite aux révélations la concernant parue dans le Canard Enchaîné. Depuis, c’est Nadine Morano qui s’y colle : « L'Ump c'est comme la déculottée du Brésil sauf que c'est nous qui marquons contre notre propre camp. Une gaulliste écœurée. » « Pourquoi cible-t-on Rachida Dati aujourd'hui? On observe une charge contre les soutiens de N Sarkozy » « A l'UMP, nous avons besoin d'un ordre du jour pas uniquement concentré sur les problèmes internes. »

Rachida Dati et Nadine Morano, des « créations » de Nicolas Sarkozy, se rendent-elles compte qu’elles sont foutues si Jean-François Copé et l’ancien président ne peuvent pas revenir ? Et qu'ils ne reviendront pas.

Nous pouvons les féliciter pour leur soutien inconditionnel mais, à un moment, il faut se rendre compte que couler avec le navire ne sert pas à grand-chose.

27 mai 2014

Explosion rue de Vaugirard

Il y a un blogueur UMP qui m’a fait rire ce matin en disant que l’affaire de l’UMP est sortie hier pour masquer la défaite du PS aux européennes. Comme si l’UMP avait gagné une victoire. J’ai vu aussi des twittos de gauche gueuler contre les socialos qui se moquaient des déboires de l’UMP.

Disons-le franchement : je me moque de ce que je veux et je ne considère ni mes tweets ni mes billets comme suffisamment importants pour m’éviter de dire des bêtises.

La situation à l’UMP me fait aussi rigoler mais, paradoxalement, elle ne me réjouit pas. Le départ de Jean-François Copé va permettre à ce parti de se remettre en ordre de marche avec un scénario proche de ce que j’avais imaginé ce qui n’était d’ailleurs pas compliqué. Jean-François Copé va vite sombrer dans les oubliettes, entrainant avec lui Nicolas Sarkozy, et François Fillon pourra revenir sauf si Alain Juppé décide d’être candidat (il est probablement celui qui a le plus de chance de l’emporter mais aurait près de 80 ans à la fin d’un mandat).

Essayons de prévoir la suite : Jean-Pierre Raffarin va faire le ménage pour empêcher ceux qui continuent à soutenir Copé de donner leur avis tout en préparant sa candidature à la présidence du Sénat. Pendant ce temps, Alain Juppé jouera au vieux sage, rassurant les militants, et François Fillon renforcera son réseau de partisans, les rats n’allant pas tarder à quitter le navire. Ces braves gens ne manqueront pas d’aller draguer les centristes car ils en auront besoin pour gagner en 2017, notamment pour éviter la concurrence au premier tour.

Il reste quelques détails à régler. Tiens ! Christian Jacob ! Comment le faire quitter la présidence du groupe UMP à l’Assemblée ? Il va falloir trouver quelqu’un avec beaucoup de pogne pour maîtriser tout le monde.

Il n’est pas non plus exclu que le congrès de l’UMP aboutisse à une dissolution du parti et à la création d’un nouveau mouvement. L’UMP est en plaine faillite morale, sans projet, sans rien, avec seulement des soupçons de grosse triche pour le financement d’une campagne.

Ce midi, la presse regorge de titres de type : « cette matinée où l’UMP a explosé ».

Jérôme Lavrilleux va servir de fusible mais ça ne suffira pas.

Si j'étais militant UMP, je penserais à ces années de gâchis. Mais je ne suis que sympathisant du PS. J'espère qu'il saura éviter ce gâchis.


07 mai 2014

Pas facile de s'opposer, François !

Depuis que je tiens un blog, j’ai connu trois présidents, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande. A chaque fois qu’ils font une intervention importante, je guette les réactions de la majorité et de l’opposition. La majorité est assez facile à suivre. « Le président a tenu un discours de vérité. » « Le président a montré le cap pour un redressement dans la justice. » Des trucs comme ça, quoi ! Facile. Le rôle de l’opposition est plus délicat mais je trouve que la gauche était meilleure que la droite ne l’est aujourd’hui. Il faut dire qu’elle avait plus d’entrainement !

Toujours est-il que je trouve nos amis de l’UDI et de l’UMP ont été absolument nuls après l’interview de pépère, hier ! On a même vu Jean-François Copé exiger un referendum.

Ce matin, c’est Jean-François Fillon qui était l’invité de Jean-Jacques Bourdin, je crois (ou alors c’est Bourdin qui tweete n’importe quoi pour faire croire qu’il reçoit Fillon…), je n’ai pas écouté. Il a deux angles d’attaques : le plan d’économie est insuffisant et le report de l’élection régionale, le totalitarisme et tout ça.

C’est de bonne guerre, il faut faire du bruit mais je ne crois pas que les électeurs soient dupes.

A propos du plan d’économie, il est facile de leur rétorquer qu’ils n’avaient qu’à le faire quand ils étaient au pouvoir. Ils n’ont pas eu les couilles et ont fait n’importe quoi. Ce sont des mauvais gestionnaires.

A propos du report de l’élection régionale, il est probable que tout le monde s’en foute. Je me rappelle que la droite avait reporté l’élection municipale d’un an pour éviter qu’elle se passe en 2007, la même année que l’élection présidentielle. La gauche aurait pu gueuler au scandale, crier à la manipulation. Tiens ! On aurait pu dire qu’on avait une bonne dynamique pour les municipales car on était dans l’opposition, cette bonne dynamique aurait pu se répercuter jusqu’à la présidentielle. Non ! Il était évident que les deux élections ne pouvaient pas avoir lieu la même année.

Quelques années plus tard, la droite a fait une réforme territoriale et a ajouté, dans cette réforme, le rapprochement de l’élection régionale en 2014 au lieu de 2016. C’était un pur scandale : la gauche était très majoritaire dans les régions et la droite lui raccourcissait le mandat et la droite faisait en sorte que trois élections se déroulent la même année. Non ! On a gueulé contre la réforme territoriale qui était mauvaise, on n’a pas gueulé sur les détails. Arrivé au pouvoir, on a annulé cette réforme territoriale (la droite n’a pas vraiment gueulé sur le fond tellement elle était nulle) et on a repoussé d’un an l’élection. Hier, François Hollande a déclaré qu’on pouvait envisager d’ajouter encore un an de manière à pouvoir faire la vraie réforme territoriale avant. L’élection serait donc en 2016, soit à la date à laquelle elle aurait du être : 6 ans après 2010 !

Ainsi, la droite s’oppose sur des bricoles mais pas sur le fond : elle n’a rien. Tout le monde voit que des économies sont nécessaires : la gauche de la gauche en voudrait moins et la droite en voudrait plus mais la droite a eu l’occasion de faire. Tout le monde sait qu’une vaste réforme territoriale est nécessaire (mais n’est pas d’accord sur le fond) et la droite avait loupé la sienne.

Je ne sais pas l’impact des jacassements de l’UMP sur l’électorat…

Hier, on voyait beaucoup d’articles de presse sur le thème « François Hollande » arrivera-t-il à sauver son quinquennat ? L’ami Grandludo comparait les propos de François Hollande et de Nicolas Sarkozy, hier. Hollande : « Parlez de la France, aimez la France, faites vivre la France, vous êtes la France ». Sarkozy : « la France, tu l’aimes ou tu la quittes ».

Je ne sais pas ce qu’on retiendra du quinquennat de François Hollande dans quelques années. Je sais ce qu’on retiendra de ses prédécesseurs.

Mais je vais revenir sur François Hollande et quelques-uns de ses engagements. Au hasard, les dix premiers.

Engagement 1 : la création de la Banque Publique d’Investissement a été faite. Les autres volets de l’engagement seront couverts par la loi de décentralisation.

Engagement 2 : les produits d’épargne ont été adaptés pour permettre le financement des petites entreprises. La BPI leur permettra d’avoir un interlocuteur unique par région. Le crédit d’impôt recherche a été adapté pour elles. Leur accès aux commandes publiques est en cours. Le choc de simplification leur sera bénéfique.

Engagement 3 : le CICE et le pacte de compétitivité permettent la réduction des charges des entreprises qui produisent en France. Des taux d’imposition différents entre les entreprises ont été mis en œuvre selon leur taille. Des programmes et des outils de relocalisation ont été développés.

Engagement 4 : des plans ont été mis en place pour soutenir le numérique (comme les 34 projets…).

Engagement 5 : une directive européenne est en cours pour définir les services d’intérêt généraux. La loi « Hamon » apporte de la sécurité aux consommateurs.

Engagement 6 : les intérêts des marins et agriculteurs français en Europe ont été préservés.

Engagement 7 : avec la loi bancaire, les dépôts des clients ne peuvent plus être utilisés pour des activités spéculatives et imposent aux entreprises de prouver que les activités de leurs filiales dans les paradis fiscaux sont conformes. La taxe sur les transactions financières est active.

Engagement 8 : les frais bancaires ont été plafonnés et la loi « Hamon » renforce le contrôle des prêts à la consommation.

Engagement 9 : l’équilibre budgétaire sera établi en fin de mandat. Les niches fiscales sont progressivement limées.

Engagement 10 : la RGPP a été stoppée. Les fonctionnaires aux plus bas salaires sont progressivement augmentés.

L’opposition n’est pas quelque chose de facile. Pourtant, il y a du fond : la gauche avait un projet et le met en œuvre progressivement. Vous pouvez lire le bilan sur le site de l’Elysée. La droite n’a jamais eu de projets (autres que de revenir sur les 35 heures, n’oublions pas…).

Peut-être qu’on retiendra de François Hollande que c’est le président de la République qui a fait le plus de réformes ?

Pas facile (bis) de s’opposer. Alors, il faut crier !

Ainsi, François Fillon dit : François Hollande échouera au sujet du chômage, comme s’il le souhaitait.

Tout ce qu’on sait, maintenant, c’est qu’il y a eu un million de chômeurs de plus lorsque François Fillon était premier ministre.

Pas facile (ter) de s’opposer. C’était mieux avant…

21 mars 2014

UMP : l'autre scénario

[Fiction] Quand il eut lu la tribune de Nicolas Sarkozy, Alain Juppé pris immédiatement la décision et sut, par instinct, qu’elle était bonne. Il prit son téléphone et appela François Fillon : « Allo, François, ça va ? Ta femme, les enfants ? » « Oui oui et toi, la campagne pour la mairie se passe bien ? » « La routine. Bon, trêve de babillage. Tu as lu la tribune de l’autre gougnafier ? Ca ne peut plus durer, il est en train de nous mettre hors circuit pour vingt ans, sans compter ton rival, l’autre tartiflette, qui accumule les bourdes. » « Ah ça ! Tu n’avais qu’à me soutenir… » « C’est malin… Bon, voila ce que je te propose… »

Il appela son secrétariat puis passa deux autres coups de téléphone puis se rendit directement à l’aéroport. Dans son pied-à-terre parisien, il travailla longuement.

A 8 heures du matin, il retrouva Michèle Alliot-Marie, François Fillon et Jean-Pierre Raffarin devant le siège de l’UMP. Ensemble, ils se rendirent directement dans le bureau de Jean-François Copé dont ils forcèrent la porte. Alain Juppé s’assit directement dans le fauteuil du Président. Il sourit et dit : « Pauvre Jeff, il n’est pas près de profiter de son fauteuil à nouveau. » En même temps, les deux anciens premiers ministres dirent : « Bon, tu nous expliques ? »

« OK ! Asseyez-vous. Nicolas, qui a sut mener la droite à une belle victoire, par le passé, vient de commettre une lourde erreur. Sa tribune est ridicule, ses comparaisons de la justice et de la police avec la Stasi sont pitoyables. Je comprends son sentiment mais il risque de continuer tant qu’il aura ses casseroles. Il aurait du garder un silence complet et revenir mi 2016. Il aurait eu un boulevard pour être notre candidat. »

François Fillon était au courant depuis l’appel téléphonique de la veille. Les deux autres étaient subjugués. Ils se doutaient bien que s’ils avaient envahi le bureau du président de l’Union pour un Mouvement Populaire, ce n’était pas pour jouer aux billes mais pour le renverser. Par contre, la stratégie d’Alain Juppé devenait claire. Amusé de leur regard, ce dernier continua.

« Oui, vous avez bien compris. Je propose de torpiller Nicolas Sarkozy. Il restera un ami et je l’appellerai pour lui expliquer. La primaire de 2016 lui reste ouverte mais tant qu’il est empêtré dans des affaires judiciaires qui pourraient être très graves, le parti ne sera plus solidaire. Si on est dans ce bureau, maintenant, c’est parce que cette stratégie doit s’accompagner d’un grand changement du parti qui, même si nous tenterons de limiter la casse, commencera par ce qui passera aux yeux du grand public, comme un putsch. »

Michèle Alliot-Marie qui n’avait rien dit jusqu’alors pris la parole : « Alain, je suppose que tu vas nous exposer la suite et que nous aurions l’occasion d’en discuter mais j’ai deux questions à te poser. Avant cela, je tiens à préciser que je partage ton analyse : il n’y a pas d’autre choix que de larguer Jeff et Nico. La première question : pourquoi nous trois ? La deuxième question : pourquoi aujourd’hui, l’avant-veille d’une élection majeure dans laquelle tu es largement impliqué ? »

« Pourquoi maintenant ? Pour qu’on ne parle que de nous demain, samedi et dimanche soir. Si l’UMP remporte une victoire même relative, on ne pourra plus le faire. Enfin, le signal passé pourrait être très positif pour les électeurs si on leur montre qu’il y a quelqu’un à la barre. Tu veux d’autres raisons ? J’en ai besoin pour Bordeaux ! Oh ! Pas la municipale, je ne suis pas inquiet mais pour communauté urbaine. J’ai besoin de montrer que je peux être un chef qui agit. Alors, pourquoi vous trois ? François, c’est évident. Tout le monde sait qu’il a la volonté d’être le candidat en 2017 et il est le dernier chef de la majorité, quand nous étions dans la majorité. Toi et Jean-Pierre, c’est une question d’image auprès des militants. Désolé mais vous êtes, avec moi, les deux derniers vieux crabes de la chiraquie. François, je te laisse expliquer mieux pourquoi j’ai fait appel à toi. »

« T’es gonflé ! Ha ha ! Voila, Alain a très bien compris ma stratégie. J’allais quitter le parti pour en fonder un autre. A vue de nez, la moitié des cadres m’auraient suivi. Peu importe les militants, dans un premier temps. Ils auraient fini par nous rejoindre mais il fallait qu’on développe une offre politique auparavant qui dépasse le vieux : il faut supprimer les 35 heures. L’opération aurait probablement marché. Beaucoup de gens ne supportent plus Jean-François et l’image du parti est mauvaise. Mais, en partant, c’est ma propre image qui aurait pris un coup dans l’aile. Je serais passé pour un diviseur. Alain, tu as compris comment, au fait ? »

« Mettons cela sur le compte de l’instinct. Tu aurais probablement attendu le lendemain du second tour mais tu n’avais pas d’autre choix que de te désolidariser de Nicolas et de l’UMP à cause de toutes ces attaques contre la justice. Tu serais peut-être passé pour le neuneu de service mais tu serais passé pour une espèce de sauveur des valeurs de la République. Mais, comme toujours, tu hésitais. Et il y a toujours un risque, si je puis dire, que l’UMP sorte renforcée de l’élection. C’est aussi pour ça, Michèle, que j’ai décidé d’agir maintenant. Et Jean-Pierre, tu n’as encore rien dit, même pas une de tes conneries habituelles, tu en penses quoi ? »

« Rien. Je crois que vous avez raison. Le chemin de la reconquête passe par la rénovation de l’appareil ».

« Stop ! Alain, continue à nous présenter ton projet. »

« OK… Jean-François et moi allons émettre simultanément deux communiqués de presse  annonçant la vérité, à savoir, pour ma part, que je lui ai demandé de démissionner, de même que Luc et Laurent [NDLR : vice-présidents de l’UMP], et de nommer, auparavant Marc-Philippe [NDLR : cherchez pas, c’est Daubresse, il est un des trois secrétaires généraux du parti] secrétaire général par intérim. Lui, dira en plus qu’il nous demande, à tous les trois, Michèle, Jean-Pierre et moi, d’organiser rapidement un congrès en vue de trouver une nouvelle direction au parti et préparant les prochaines échéances, à savoir les européennes, les régionales et les départementales, puis, la primaire, et l’organisation du parti à l’issue de cette primaire. François émettra un communiqué pour dire « qu’il prend acte et se félicite » tout en annonçant qu’il ne sera pas candidat pour la nouvelle direction du parti. J’aurai annoncé, pour ma part, que je serai candidat. »

« Mouarf ! Tu es sûr de gagner. »

« Je crois, oui, Jean-Pierre. Marc-Philippe fera un communiqué plus solennel expliquant qu’il se met immédiatement au travail pour se mettre en ordre de bataille pour le second tour et pour l’organisation de ce congrès. Sur le thème : je comprends l’importance de la mission qui m’est confiée. »

« Et les raisons annoncées ? »

« J’y viens, Jean-Pierre, arrête de m’interrompre. On va dire la vérité : l’UMP est dans la tourmente et n’a pas réussi à se donner une ligne politique rassembleuse. Jean-François a décidé de soutenir Nicolas Sarkozy alors qu’une stricte neutralité se serait imposée, du genre : « j’ai confiance dans la justice de ce pays ». Je serai grandiloquent, du genre : le parti que j’ai contribué à créer pour soutenir Jacques Chirac ne rempli plus ses missions. J’ai proposé à Jean-François d’en quitter la tête et de nommer une direction temporaire pour permettre de rebattre les cartes, après avoir demandé à François de ne pas être candidat, ce qu’ils ont accepté tous les deux. »

« Mais vous les publiez quand ? »

« Toujours pressée, Michèle ! Dans l'heure. Ils sont prêts. Dans ma sacoche. »

La porte du bureau s’est alors ouverte. Jean-François Copé est entré. Il avait été prévenu par son secrétariat qu’il avait quatre invités surprise. Dans le couloir, il avait imaginé plusieurs scénarios mais quand il vit Alain Juppé assis à place, il comprit immédiatement qu’il n’y en avait plusieurs.

Il n’eut qu’une question : « quand ? »

28 janvier 2014

Inversons la courbe cette année, alors !

Certains la qualifiait d’objectif, l’autre de pari. Toujours est-il que c’est raté : l’inversion de la courbe du chômage n’était pas au rendez-vous en 2013. On a seulement une « diminution de l’augmentation » du chômage. Il faut positiver. Michel Sapin et François Hollande parlent de stabilisation. L’inversion est bien réelle pour les jeunes, depuis 8 mois, et même pour les moins de 50 ans mais reste préoccupante pour les plus de 50 ans.

Au premier trimestre, le nombre de chômeurs augmentait de 33000 par mois. Il augmente maintenant de 2500. Ce n’est pas génial mais c’est une amélioration. On se console comme on peut.

Que lit-on dans la presse ?

TF1 nous sort cette magnifique courbe. Je la recopie ici pour faire joli mais aussi parce que j’ai encore entendu des blogueurs de droite dire que la gauche ne peut plus faire le coup de l’héritage. Je ne vais pourtant pas me privé. Le seul a avoir réussi une inversion de la courbe est bien Nicolas Sarkozy… Le chômage galope en France parce que notre industrie est dans un piteux état et, sans la moindre vergogne, je vais dater cela de 2002. Attention ! Je ne fais pas « que » le coup de l’héritage. La droite pourra me répondre que c’est de la faute aux 35 heures. Je propose de remonter directement jusqu’à la dernière guerre et dire que c’est de la faute aux nazis, histoire de vérifier assez rapidement la loi de Godwin.

Je donne cette date parce que la rumeur a couru, ce matin, qu’un ancien conseiller de Gerhard Schröder allait entrer au service de François Hollande : « Peter Hartz, ancien membre du directoire du constructeur automobile Volkswagen, avait été chargé en 2002 par M. Schröder de présenter une série de réformes du marché du travail allemand. Son fameux « Agenda 2010 » avait profondément remanié l'Etat-providence allemand pour remettre au travail une Allemagne plombée par le chômage. »

Cela a été démenti, ce matin, mais des lascars de gauche, attention la vraie, hein !, on commencé à se foutre de la gueule de Sarkofrance et moi, ce matin, en disant que nous allions devoir ramer pour continuer à faire du blogage du gouvernement (même si Sarkofrance prend plus régulièrement ses distances que moi). L’industrie allemande est pourtant bien un exemple mais pas son marché du travail ! A quoi bon gagner un maximum de pognon si c’est pour battre des records de pauvreté.

Il se trouve que la gauche allemande a fait ses réformes de droite à un moment où la droite était au pouvoir chez nous et n’a rien fait. Du coup, la gauche française est emmerdée maintenant et la droite allemande gagne les élections.

2002 est décidément une date clé dans la politique (d’autant que c’est l’année où nous avons commencé à avoir des euros dans nos poches).

Au secours, la droite revient !

Je retiens quelques propos, ce matin. Jean-François Copé a demandé la démission de Michel Sapin. Ce dernier lui a répondu que c’est le degré zéro de la politique, ce en quoi il a raison. Cela montre surtout que l’UMP n’a strictement rien à proposer…

Tiens ! Une devinette. Qui a dit : « L'augmentation du chômage en décembre met donc fin à ce sketch grossier, rejoué tous les mois depuis un an, d'une hypothétique inversion de la courbe du chômage. Tant que la politique économique de la France restera la même, c'est à dire l'eurostérité couplée à un ultra-libéralisme débridé, ni la croissance ni le chômage ne s'amélioreront. » ?

Non ! Ce n’est pas Jean-Luc Mélenchon. C’est Marine Le Pen. Je le relançais un éternel débat, hier, sur le thème : comment faire baisser le Front National ? Tant que les militants de gauche n’auront pas compris que Marine Le Pen a changé son discours et même si le reste n’a pas changé, le dossier n’avancera pas. Ne vous voilez pas la face. Le Front National sera prochainement le premier parti politique de France : « des médias s'interrogeront sur cette "lepenisation des esprits". Le Front de gauche criera au complot médiatique, la gauche se demandera ce qu'elle a raté. La droite réfléchira à son avenir fusionné. »

Et ça ? « Il est indécent également de se féliciter du recul du chômage des jeunes, car cela veut dire que celui de toutes les autres catégories - en particulier de longue durée - progresse plus fortement que la moyenne. » C’est Robert Rochefort, du Modem… Les jeunes, vous savez pour qui ne pas voter…

Hervé Morin est interviewé par les Echos : « Je défends l’idée d’un vrai choc de compétitivité, autour d’une politique libérale qui dit aux Français : c’est par l’amélioration des conditions de production que l’on fera la meilleure des politiques sociales, c’est-à-dire le retour au plein-emploi ! » « D’abord, première mesure, il faut le passage à 39 heures payées 35 ! » « Enfin, redonnons plus de souplesse aux entreprises avec la mise en place d’un contrat de travail unique. Pour que les entreprises n’aient plus peur d’embaucher, il faut aussi qu’elles puissent licencier : faisons un contrat dans lequel les conditions de rupture soient connues au moment de l’embauche. »

Je note les propos de Monsieur Morin parce que c’est à peu près le seul à proposer quelque chose même s’il dit trois belles conneries. La première : on sait que le retour au plein-emploi n’est pas possible. La deuxième : le passage au 39 payées 35 est immoral, ridicule et inacceptable. Surtout, il créera un effet d’aubaine pour le patronat qui pourra produire autant pour moins cher avec 10% de salariés en moins. La troisième : une évolution importante du droit du travail a déjà été faite l’an dernier et le CDD ne disparaitra jamais : comment faire face à un congé maternité, par exemple ? Que fera-t-il de l’intérim, de l’autoentreprenariat,… ?

Un sondage est sorti hier à propos des Européennes. Des listes soutenues par l’UDI et le Modem arriveraient en quatrième position (derrière, dans l’ordre, le FN, l’UMP et le PS). Hervé Morin est en campagne. Le ton est donné : libéralisme. Le seul à oser est bien lui. François Fillon, par exemple, donnait une longue interview au Figaro, dimanche. Il ne dit rien, n’annonce rien, ne propose rien, à part une hausse de la TVA et une diminution de la progressivité de l’impôt sur le revenu. Les mêmes recettes appliquées par l’UMP depuis 2002…

Et au gouvernement ?

François Hollande a lancé son pacte de responsabilité. Quatre chantiers sont lancés :
-         la diminution des prélèvements sur les entreprises,
-         la fiscalité des entreprises avec les assises de la fiscalité des entreprises,
-         la simplification,
-         les contreparties nécessaires.

Les élections européennes approchent, donc. Les Français et les Allemands montrent qu’ils veulent continuer à travailler ensemble (l’actualité nationale est trop chaude pour que l’information soit en une de la presse mais il y avait un Conseil économique et financier franco-allemand ; l’amélioration des relations est nette).

Le travail doit continuer, chacun a ses sujets de prédilection (je compte beaucoup, par exemple, sur la réforme territoriale).

Et dans les blogs ?

Ils semblent étrangement muets. Le yakofaucon semble avoir disparu.

Mais au moins, on apprend que Philippe Katerine sortira bientôt un album.

09 novembre 2013

Les portiques en toc

François Fillon a défendu hier l’écotaxe et les conditions d’attribution du marché. Serait-ce un signe qui ne trompe pas tant il est évident que ce marché est mauvais : la collecte de l’impôt est attribué à une société privée étrangère avec un taux de « bénéfice » incroyable. Aucun impôt ne coûte aussi cher. Le procureur de la République de Nanterre a décidé d’ouvrir une enquête tant ce truc est suspect. J’ignore jusqu’où cela ira. Le marché a-t-il été attribué de manière illégale ou peu respectueuse de nos principes ?

Ainsi, le montage juridique et financier est tout simplement grotesque. Mais je trouve qu’on ne parle pas assez du volet technique à la base de tout (puisqu’il implique des moyens techniques considérables).

Tous les poids lourds sont équipés d’un mouchard et probablement de moyens de localisation type GPS voire de moyens de communication par réseau téléphonique mobile (ne me dites pas qu’une majorité de routiers n’ont pas de téléphone portable). Il me paraitrait donc assez facile d’imaginer un moyen technique assez simple pour envoyer un SMS quand le camion entre dans une zone taxée ou en sort.

Partant de là, vous mettez trois informaticiens autour d’une table avec un lascar comme moi pour faire la synthèse (on ne dirait pas mais en dehors des heures de blogage, j’ai aussi un métier) en commençant par un « état de l’art » des moyens électroniques embarqués dans les camions et l’évolution probable des marchés (nous étions en 2009 et tout va très vite). Ensuite, ils auraient pu imaginer les moyens de les interconnecter, d’aller voir l’Europe pour qu’elle fasse bouger les industriels pour qu’ils en sortent des normes d’interopérabilité (ben oui, je ne sais pas si on peut connecter un mouchard à un iPhone…). Enfin, il ne restait plus qu’à imaginer les spécifications générales d’une application sur smartphone puis le logiciel d’un serveur qui aurait pu se connecter aux machins des impôts pour collecter les taxes…

Cette étude préalable aurait coûté au maximum 500 000 euros et encore, uniquement parce qu’il aurait fallu me payer à manger. Voire quelques putes noires pour rester dans les sujets chauds de la semaine dans les blogs politiques.

Mon document de synthèse sous le bras, j’aurais été voir le législateur et je lui aurais dit : « voilà ce que je peux faire, mon canard. » Il aurait été voir ses copains députés et sénateurs et aurait dit : « hé ho les gars, vous savez ce qu’on pourrait branler pour faire cette taxe écologique. »

Ensuite, vous m’auriez filé un million pour que je fasse l’application et le serveur et un autre million pour la mise en production, l’interconnexion avec les impôts et tout ça. Là-dessus, un type de l’opposition aurait à juste titre porté l’affaire devant le Conseil Constitutionnel : « Dites, M’sieur Debré, z’avez vu ce qu’ils font, un machin pour fliquer tous les camions et savoir exactement où ils vont, ce qu’ils font. » « Ah oui, tiens ! ». Du coup, j’aurais récupéré un autre million pour certifier que mon application ne fournisse des informations que lorsque le camion est dans une zone taxable.

Nous en étions donc arrivés à 3,5 millions (en plus des équipements à la charge des transporteurs routiers). Vous rajoutez deux ou trois millions par an parce qu’il faut bien faire fonctionner les serveurs informatiques et payer du personnel à les surveiller. Nous serions bien loin des 17 ou 18 millions par mois… Et des 800 milliards dus à un industriel étranger si tout cela capotait. Nous aurions même pu faire un système européen à très faible coût.

En outre, je ne comprends rien à cette histoire de portique. Qu’est-ce qui empêche un poids lourd de prendre la sortie juste avant puis d’entrer à nouveau sur la voix ?

D’ailleurs, penons une carte de Bretagne. Dans le sens est-ouest il y a trois routes principales : celle au sud, celle au nord et celle au centre qui passe boire un coup à Loudéac. Je ne vois pas pourquoi le transport serait payant par les routes sud et nord et pas celle centrale. L’industriel qui bosse à la pointe est de la Bretagne a trois solutions pour aller à l’est. Je ne vois pas pourquoi une serait gratuite (à part par le fait que ça avantage l’industriel de Loudéac qui paiera moins de taxes pour exporter qu’un industriel de Lamballe, l’autre grande ville ce cette circonscription chère à M. Le Fur).

C’est ainsi que l’usine à gaz technologique, financière, industrielle, législative est aussi une usine à gaz fonctionnelle. Ce qu’il faut c’est taxer le transport des marchandises pour répondre aux contraintes environnementales (il n’est pas logique que les producteurs de lait bretons envoient leur fromage se faire vieillir dans les Alpes pour revenir en Bretagne ensuite pour se faire manger. Le fromage, pas les producteurs). Ainsi, la nouvelle taxe revient à faire payer l’usage des routes ce qui est contraire à nos esprits bretons et est très mal vécu par la population.

S’ensuit la problématique de la Bretagne : elle est au bout de tout. Si elle veut vendre des produits, elle est obligée de les transporter. Un industriel de Brest n’aura pas d’autre choix que de faire 200 kilomètres pour changer de région. La Bretagne est la seule région dans ce cas (ce qui ne veut pas dire que les autres régions n’ont pas leurs particularités : si un type du sud-ouest qui produit du confit de canard veut l’écouler à Paris, il faudra aussi qu’il le transporte. Mais au moins, il pourra aussi l’écouler à Madrid).

Quelque chose me dit que même si l’objectif de cette taxe est louable (dissuader le transport de marchandise pour favoriser une production proche du lieu de consommation), ce n’est pas avec ce genre de système que l’on fera progresser l’écologie…

Quel que soit le côté que l’on regarde : cette taxe est nulle. Elle a été imaginée dans des cabinets ministériels par des lascars sans la moindre jugeote et validée par des élus du même métal.

On se retrouve dans un traquenard avec ces 800 millions… Il y a deux solutions : soit la justice arrive à prouver un délit et dans ce cas Ecomouv s’assoit sur le pognon, soit on continue à détruire des portiques, comme ça Ecomouv ne sera pas prêt pour appliquer cette taxe…

Dans l’attente, il serait bien que les élus se mettent autour d’une table pour réparer leurs conneries successives et la position de François Fillon est surprenante. On ne dit pas « le système est très bien » mais « oups effectivement on n’avait pas vu les effets pervers. »

Et on se met au boulot !

Il n’empêche que s’enfoncer dans ses erreurs et vouloir appliquer quoiqu’il arrive une taxe uniquement parce qu’on a un contrat avec une société privée étrangère est complètement con. On négocie. On leur file 100 millions et on leur rembourse le pognon déjà dépensé pour les portiques et le reste du bazar.


Et on oublie cette triste histoire sauf sur le seul volet intéressant : cette droite incompétente qui a ruiné la France avec ce genre de décisions emblématiques.

17 septembre 2013

François Fillon et Marine Le Pen main dans la main

Suivre la politique n’est pas toujours facile. D’un côté, François Fillon persiste et signe dans ses propos sur le Front National. De l’autre côté, Marine Le Pen semble dire à peu près la même chose que « nous » en ayant des propos mesuré. Elle a déclaré ce matin à la télé que le bijoutier n’était pas en état de légitime défense et devrait être jugé mais que les jurys prendraient probablement en compte l’exaspération et tout ça.

François Fillon attise le feu pendant que Marine Le Pen semble calmer le jeu, continuant sa stratégie de dédiabolisation. Comme si elle voulait montrer un positionne raisonnable. Clairement, les deux se rapprochent.

L’ancien premier ministre a déclaré : « Je prends un risque, je le prends en connaissance de cause. J'accepte d'être minoritaire dans mon parti si c'est le cas. » « Je veux qu'on arrête de caricaturer, stigmatiser, exclure des électeurs qui sont des Français. Je ne condamnerai jamais un Français qui vote pour un autre Français. »

Je disais ce matin qu’il avait d’ores et déjà conquis la réacosphère, qui semble si puissante et si désireuse d’avoir une droite forte. Je ne sais pas comment elle va réagir aux propos de Marine Le Pen qui semblent aller à l’encontre de ce que disaient nos braves blogueurs…

El Fredo continue l’analyse des propos de François Fillon. Son billet est intéressant (lisez-le…). L’ex. dirait le contraire des autres responsables du parti pour apparaître un recours : il ne s’adresse pas aux électeurs mais à la base du parti. A la limite, il n’a rien à cirer du parti et pourrait partir en solo. J’en rajoute une couche : et si c’était une solution pour torpiller le retour de Nicolas Sarkozy ?

« La presse juge sévèrement le volte-face de François Fillon sur le FN » titre le Nouvel Obs. Est-ce bien à la presse de juger.

Il n’y a plus qu’une feuille de papier à cigarettes entre Marine Le Pen et François Fillon qui semble soutenu par les militants mais pas les cadres et c’est justement ce qu’aiment bien les électeurs : envoyer bouler les cadres parisien.

François Fillon est-il en train de faire un rapt sur l’UMP, avec le soutien tacite de Marine Le Pen qui aura besoin des voix de l’UMP pour conquérir des municipalités ?

François Fillon, le FN et les réseaux sociaux

Ça ne doit pas être facile tous les jours d'être cadre à l'UMP quand il faut se positionner par rapport au Front National. C'est un sujet qui revient sur le tapis périodiquement et François Fillon l'a remis en avant en disant qu'il fallait voter moins le moins sectaire. Il joue directement sa carte pour 2017 et dit des grosses bêtises.


Il banalise le vote FN ce dont je me fous mais il vient de dire aux électeurs qu'ils peuvent voter pour les autres dès le départ. En outre, la question d'un duel entre le PS et le FN pourrait bien ne pas se poser. La seule question qui se posera est de savoir quel comportement adopter en cas de triangulaires si le FN est en tête et le PS va gagner grâce à cette triangulaire. Faut-il proposer au FN la fusion des listes pour permettre de faire gagner le FN ? Ou si l'UMP est en tête, faut-il ouvrir la liste au FN ? Bon courage.

Les militants semblent largement favorables à des rapprochements. Je me demande sincèrement d'où vient cette position tant il me partait évident que la droite traditionnelle à toutes les cartes en main pour s'en tirer honorablement à ces municipales. Se fâcher avec les centristes me paraît une mauvaise idée. Les élections se gagnent au centre.

François Fillon joue sa carte pour 2016. C'est amusant. Pendant 5 ou 6 ans, il nous est apparu comme une espèce de rempart face à Nicolas Sarkozy. Maintenant, il se laisse aller. L'Amiral nous rappelait hier sa proximité avec les nouvelles positions du Front National. Ce qu’il y a de con, à gauche, c’est qu’on a tellement tendance à rechercher la bête immonde. François Fillon serait-il redevenu cette espèce de Gaulliste social et souverainiste. Il est intéressant ce billet de l’Amiral. En gros, il pense que Jean-François Copé est plus dangereux pour son camp – la droite de la droite, on va dire – que François Fillon. C’est un peu la réflexion que je me faisais depuis trois ou quatre semaines. A l’inverse, évidemment. La président de l’UMP voulait incarner la droite décomplexée, il y a un an, mais depuis quelques temps, il tient des positions qui me semblent beaucoup plus nette, notamment quand on commençait à évoquer une intervention en Syrie. Et c’est François Fillon qui semble avoir fait un virage à droite. D’ailleurs c’est lui se fait taper dessus par Alain Juppé.

Qu’ils fassent ce qu’ils veulent.

Il semble y avoir parfois des poussées réactionnaires en France. Il y en a eu une grosse lors des manifs contre le mariage pour tous et il y en a une autre ce week-end avec cette histoire de page Facebook. J’en ai beaucoup parlé. Une longue visite dans la réacosphère, hier, m’a assez réjoui. Ces braves réacs se plaignent : on leur a volé leur page Facebook en luttant contre, voire en diffusant des fausses informations qui ont permis aux médias de titrer sur le doute. D’une part, ce ne sont pas des fausses informations (le succès de cette page est sans précédent et il était très légitime de penser à des achats de likes). D’autre part, c’est de bonne guerre. Il faut communiquer… Ne faites pas n’importe quoi avec les réseaux sociaux, braves gens…

Comme le rappelle l’ami Seb, un type se fait buter et des centaines de milliers cliquent sur « j’aime ». L’Amiral, dans un autre billet, nous explique qu’on se plante sur notre interprétation. Cette manie de voir tout blanc ou tout noir. L’Amiral nous voit construire des raisonnements branlants pour démontrer que les gens se trompent. Ne voit-il pas qu’il construit lui-même un raisonnement branlant ? On sait parfaitement pourquoi les gens ont cliqué, du moins la plupart. Parce qu’ils ont vu dans ce bijoutier une victime et que ça en est une : il s’est fait braquer.

Ceci nous amène à un autre blogueur réac, dont je parlais hier dans mon annexe : il est persuadé qu’on ne voit pas la réalité. Il est persuadé aussi que l’on défend un délinquant, ce qui me permet de dire qu’il ne voit pas la réalité. C’est étrange. Il arrive à se persuader tout seul de conneries diverses ce qui lui fait perdre ses capacités de jugement. D’ailleurs, l’an dernier, il soutenait Jean-François Copé.

En matière d’élection, il n’y a qu’une seule vérité. Le verdict donné par les urnes. Et nous savons que Marine Le Pen a recueilli plus de six millions de voix au premier tour. Nous savons que « nous » avons failli perdre cette élection à cause de la ligne très droitière de Nicolas Sarkozy alors que le sentiment de rejet contre ce dernier nous laissait espérer une victoire facile.

Mais n’oublions pas que c’est peut-être, aussi, cette ligne très droitière qui l’a fait perdre. Le candidat de la droite traditionnelle a recueilli 6 points de moins qu’à l’élection précédente alors que le candidat du Front National a fait huit points de plus… Il n’était plus crédible.

Alain Juppé a taclé François Fillon. « C’est incompréhensible de la part d’un homme politique réfléchi qui a toujours affirmé de fortes convictions républicaines et exprimé une sensibilité que je qualifierai de modérée et, disons… gaulliste-sociale. Philippe Séguin n’était-il pas sa référence ? » Il a rappelé trois raisons pour refuser tout accord avec le FN : l’incompatibilité des valeurs, l’aberration du programme économique et la stratégie du FN qui ne cherche pas d’accord mais veut couler l’UMP. Cette dernière raison est très bonne mais ne me regarde pas. Les deux premières me rappellent pourquoi il faut continuer à lutter contre le FN…

François Bayrou a taclé François Fillon. « Jusqu'à maintenant, il avait soutenu le contraire et nous étions, de ce point de vue-là, sur la même ligne. Il était un proche de Philippe Séguin, c'est-à-dire de ceux qui pensaient qu'il ne faut rien céder, rien compromettre, rien accepter lorsque l'essentiel est en jeu. » « Je pense qu'il y a toute une partie du monde politique qui s'apprêtait à dire que ceux qui vont dans le sens du Front national ont raison. [Or] les idées du Front national sont profondément dangereuses. » François Bayrou a prévu qu'il y aurait « des conséquences de première grandeur » au changement de pied de François Fillon. « Ce n'est pas un événement politique secondaire ».

Jean-Pierre Raffarin a taclé François Fillon. « Alerte rouge. Le vote FN est une ligne de fracture pour l'UMP. C'est notre pacte fondateur qui est en cause. »


Je ne sais pas où cela ira, électoralement. Ces braves gens vont probablement se déchirer. Nous autres, nous ne sommes que dans les blogs. Les blogs de droite engagés donnent raison à François Fillon. Je ne sais pas quel intérêt il faut accorder aux réseaux sociaux mais ce qu’il y a de sûr, c’est que la réacosphère est forte, l’affaire de la page Facebook l’a prouvé.

L’ami Romain revient sur un article d’Atlantico qui constate cette force de la réacosphère et le fait que beaucoup d’organisations politiques la délaissent. Je vais donner ma façon de penser : ils sont tous très forts pour sortir une petite phrase dans Twitter mais ce sont bien les « actes anonymes », comme cette page Facebook, qui font la force du web social. Et j’ai toujours rêvé que les blogs, dans leur ensemble, avec leurs centaines de tauliers anonymes, donnent tu poids au web.

Ce n’est surement pas ce qu’il recherchait mais François Fillon s’est trouvé un allié de poids : la réacosphère, ce machin qui fait un peu de bruit mais qui est le seul lieu où l’internaute puisse trouver de l’information ou de l’analyse, au détour d’un lien sur une page Facebook ou dans un tweet, bien loin d’une information officielle.

Cela étant, c’est rigolo. Le Parti Socialiste doit se défendre contre sa droite et sa gauche et voila l’UMP qui est obligée de se défendre de ses deux côtés, aussi, suite à des propos de François Fillon. Alain Juppé parle de valeurs. Mais de quelles valeurs veut-il parler alors que centaine de milliers de braves gens cliquent sur le bouton « j’aime » d’une page défendant un type qui vient de tuer. Et Jean-Pierre Raffarin parle de pacte fondateur…

Il en pense quoi, l’internaute ?

09 septembre 2013

François Fillon et le Front National

Ce qui se passe à droite est stupéfiant. J’évoquais ce matin les internautes mais les cadres des principaux partis semblent avoir complètement changé d’attitude en quelques semaines. Je citais Jean-François Copé, récemment, qui me parait être un des rares, à droite, à avoir une position correcte vis-à-vis de la Syrie, défendant François Hollande. A contrario, c’est François Fillon qui semble avoir pété une Durit, ce week-end, en approuvant la possibilité de voter pour le Front National face au Parti Socialiste, aux municipales.

Certes, il ne l’a pas exactement formulé ainsi mais le changement de position est flagrant.

Le plus surprenant que Jean-Louis Borloo semble exactement sur la même ligne alors que, en même temps, il tente un rapprochement avec le Modem de François Bayrou. Jean-Louis Borloo ne se rend pas compte qu’il a boulevard pour son parti en vue des prochaines Européennes et qu’il pourrait dépasser l’UMP, voire obtenir le meilleur score. Je rappelle que le FN fait toujours un score dérisoire à ces élections et qu’il y a très souvent une formation politique qu’on ne voit pas venir qui lamine les gros partis. L’UMP en a fait les frais en 1999 et le PS plusieurs fois (de mémoire 1994 et 2009).

Les propos de François Fillon et les réactions du personnel politique font la une de Google News depuis ce matin. Chacun dit ce qu’il veut.

Au moment de la bataille entre François Fillon et Jean-François Copé, j’estimais que le positionnement du premier était le meilleur et celui du deuxième le pire. J’utilise ses qualificatifs en fonction de ce que je pense connaître des réactions des électeurs pour le reste, je m’en fous… Pour moi, le meilleur candidat pour l’UMP est évidemment celui qui la fait perdre, position que j’estimais tenue par Jean-François Copé mais que j’estime maintenant tenue par François Fillon qui me parait faire des gaffes.

Je suis donc très surpris par le positionnement de chacun, y compris celui d’Henri Guaïno, c’est vous dire ?

Dans une interview à je ne sais plus quel canard, Alain Juppé est revenu plus ou moins sur ses positions émises la semaine dernière à propos de la Syrie (elles m’avaient énervé) et est très clair vis-à-vis du FN.

Et donc, Jean-François Copé, depuis quelques semaines, remonte dans mon estime. C’est grave, docteur ?

Quant aux positions du Parti Socialiste, je pense qu'elles devraient être revues. Il faut arrêter de rappeler aux lecteurs qu'il ne faut pas voter pour le FN parce que c'est le mal. L'électeur comprend très bien qu'il faut alors adopter un vote par principe...