Depuis que je tiens un blog, j’ai connu trois présidents,
Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande. A chaque fois qu’ils font
une intervention importante, je guette les réactions de la majorité et de l’opposition.
La majorité est assez facile à suivre. «
Le président
a tenu un discours de vérité. » «
Le
président a montré le cap pour un redressement dans la justice. »
Des trucs comme ça, quoi ! Facile. Le rôle de l’opposition est plus
délicat mais je trouve que la gauche était meilleure que la droite ne l’est
aujourd’hui. Il faut dire qu’elle avait plus d’entrainement !
Toujours est-il que je trouve nos amis de l’UDI et de l’UMP ont
été absolument nuls après l’interview de pépère, hier ! On a même vu
Jean-François Copé exiger un referendum.
Ce matin, c’est Jean-François Fillon qui était l’invité de
Jean-Jacques Bourdin, je crois (ou alors c’est Bourdin qui tweete n’importe
quoi pour faire croire qu’il reçoit Fillon…), je n’ai pas écouté. Il a deux
angles d’attaques : le plan d’économie est insuffisant et le report de l’élection
régionale, le totalitarisme et tout ça.
C’est de bonne guerre, il faut faire du bruit mais je ne
crois pas que les électeurs soient dupes.
A propos du plan d’économie, il est facile de leur rétorquer
qu’ils n’avaient qu’à le faire quand ils étaient au pouvoir. Ils n’ont pas eu
les couilles et ont fait n’importe quoi. Ce sont des mauvais gestionnaires.
A propos du report de l’élection régionale, il est probable
que tout le monde s’en foute. Je me rappelle que la droite avait reporté l’élection
municipale d’un an pour éviter qu’elle se passe en 2007, la même année que l’élection
présidentielle. La gauche aurait pu gueuler au scandale, crier à la
manipulation. Tiens ! On aurait pu dire qu’on avait une bonne dynamique pour
les municipales car on était dans l’opposition, cette bonne dynamique aurait pu
se répercuter jusqu’à la présidentielle. Non ! Il était évident que les
deux élections ne pouvaient pas avoir lieu la même année.
Quelques années plus tard, la droite a fait une réforme
territoriale et a ajouté, dans cette réforme, le rapprochement de l’élection
régionale en 2014 au lieu de 2016. C’était un pur scandale : la gauche
était très majoritaire dans les régions et la droite lui raccourcissait le
mandat et la droite faisait en sorte que trois élections se déroulent la même
année. Non ! On a gueulé contre la réforme territoriale qui était
mauvaise, on n’a pas gueulé sur les détails. Arrivé au pouvoir, on a annulé
cette réforme territoriale (la droite n’a pas vraiment gueulé sur le fond
tellement elle était nulle) et on a repoussé d’un an l’élection. Hier, François
Hollande a déclaré qu’on pouvait envisager d’ajouter encore un an de manière à
pouvoir faire la vraie réforme territoriale avant. L’élection serait donc en
2016, soit à la date à laquelle elle aurait du être : 6 ans après 2010 !
Ainsi, la droite s’oppose sur des bricoles mais pas sur le
fond : elle n’a rien. Tout le monde voit que des économies sont
nécessaires : la gauche de la gauche en voudrait moins et la droite en
voudrait plus mais la droite a eu l’occasion de faire. Tout le monde sait qu’une
vaste réforme territoriale est nécessaire (mais n’est pas d’accord sur le fond)
et la droite avait loupé la sienne.
Je ne sais pas l’impact des jacassements de l’UMP sur l’électorat…
Hier, on voyait beaucoup d’articles de presse sur le thème « François
Hollande » arrivera-t-il à sauver son quinquennat ?
L’ami
Grandludo comparait les propos de François Hollande et de Nicolas Sarkozy,
hier. Hollande : «
Parlez de la France,
aimez la France, faites vivre la France, vous êtes la France ».
Sarkozy : «
la France, tu l’aimes ou tu la
quittes ».
Je ne sais pas ce qu’on retiendra du quinquennat de François
Hollande dans quelques années. Je sais ce qu’on retiendra de ses prédécesseurs.
Mais je vais revenir sur François Hollande et quelques-uns
de ses engagements. Au hasard, les dix premiers.
Engagement 1 : la création de la Banque Publique d’Investissement
a été faite. Les autres volets de l’engagement seront couverts par la loi de
décentralisation.
Engagement 2 : les produits d’épargne ont été
adaptés pour permettre le financement des petites entreprises. La BPI leur permettra
d’avoir un interlocuteur unique par région. Le crédit d’impôt recherche a été
adapté pour elles. Leur accès aux commandes publiques est en cours. Le choc de
simplification leur sera bénéfique.
Engagement 3 : le CICE et le pacte de compétitivité
permettent la réduction des charges des entreprises qui produisent en France. Des
taux d’imposition différents entre les entreprises ont été mis en œuvre selon
leur taille. Des programmes et des outils de relocalisation ont été développés.
Engagement 4 : des plans ont été mis en place pour
soutenir le numérique (comme les 34 projets…).
Engagement 5 : une directive européenne est en cours
pour définir les services d’intérêt généraux. La loi « Hamon » apporte
de la sécurité aux consommateurs.
Engagement 6 : les intérêts des marins et agriculteurs
français en Europe ont été préservés.
Engagement 7 : avec la loi bancaire, les dépôts des
clients ne peuvent plus être utilisés pour des activités spéculatives et
imposent aux entreprises de prouver que les activités de leurs filiales dans
les paradis fiscaux sont conformes. La taxe sur les transactions financières est
active.
Engagement 8 : les frais bancaires ont été plafonnés
et la loi « Hamon » renforce le contrôle des prêts à la consommation.
Engagement 9 : l’équilibre budgétaire sera établi en
fin de mandat. Les niches fiscales sont progressivement limées.
Engagement 10 : la RGPP a été stoppée. Les
fonctionnaires aux plus bas salaires sont progressivement augmentés.
L’opposition n’est pas quelque chose de facile. Pourtant, il
y a du fond : la gauche avait un projet et le met en œuvre progressivement.
Vous pouvez lire le bilan sur
le
site de l’Elysée. La droite n’a jamais eu de projets (autres que de revenir
sur les 35 heures, n’oublions pas…).
Peut-être qu’on retiendra de François Hollande que c’est le
président de la République qui a fait le plus de réformes ?
Pas facile (bis) de s’opposer. Alors, il faut crier !
Ainsi, François Fillon dit : François Hollande
échouera
au sujet du chômage, comme s’il le souhaitait.
Tout ce qu’on sait, maintenant, c’est qu’il y a eu un
million de chômeurs de plus lorsque François Fillon était premier ministre.
Pas facile (ter) de s’opposer. C’était mieux avant…