En salle

13 mai 2014

LO se paye le Parti de Gauche

Un parti de bourgeois nationalistes, xénophobes,...Telle est la présentation du Parti de Gauche faite par Lutte Ouvrière. 

C'est à lire sur Le Lab. 

C'est bien l'idée que je m'en fais même si, politiquement, ma proximité avec LO est assez... lointaine. 

C'est à mourir de rire. Outre le fait que j'ai toujours considéré que le PG est un parti de bobos (au vu des militants ou sympathisants que je connais : tous. Je préfère assumer ma position de socialo, je ai pas à vouloir faire le bonheur des gens malgré eux), les volets "racistes", "nationalistes" et "xénophobes" m'amusent beaucoup. 

Ça me rappelle un récent billet de Gauche de Combat, rebondissant sur Bembelly, où il se vantait d'avoir des origines étrangères, d'être un produit de l'immigration. Moi pas. Mon père, pendant ses heures perdues entre deux chimios, faisait de la généalogie. Je suis 100% breton ! Pur beurre. Demi-sel. Il est remonté jusqu'à 1605 sur la plus ancienne branche. Vu que je suis particulièrement frisé, je n'exclus pas la possibilité qu'une lointaine ancêtre ait pu coucher avec un aïeul de Bembelly pendant que son mari était au bistro. 

La différence entre une andouille telle que GdC et moi, mais aussi entre l'ami Bembelly et moi, est que je m'en fous comme de la première fois où j'ai bu une bière sans mousse, à la guerre comme à la guerre. 

De mon temps, le communisme était internationaliste. Mais je m'égare. 

Je me demande si Gauche de Combat n'essaie pas de prendre Bembelly comme alibi nègre. C'est mal. Bembelly a d'autres défauts : il est Lyonnais, par exemple. 

Gauche de Combat aurait les mêmes luttes que Nadine Morano ? Il a forcément un ami noir. Moi, j'en ai quatre même si Gildan est un pâlichon. 

Si je trouve une liste LO pour les européennes, je vote pour elle. Je prends peu de risques. 


L’UMP et l’hymne à Dupont-Lajoie

On se demande si la droite est bête ou si elle a une volonté désespérée de faire diversion avant les élections européennes. Voilà qu’ils nous ont sorti une malheureuse histoire de Christiane Taubira qui ne chante pas la Marseillaise. La gauche est venue à la rescousse, notamment Benoît Hamon, hier matin. Je suis d’accord avec lui : sauf pour faire le con dans les blogs, je ne chante pas la Marseillaise. Je l’écoute et, dans les moments un peu solennels, je me recueille.

Sauf si mon verre est vide et le loufiat passe à côté. Il faut gérer les priorités.

Evidemment, les rézossocios de gauche ont trouvé des vidéos montrant que des personnalités de droite dont le président du présidium du soviet suprême, Nicolas Sarkozy, qui ont osé ne pas chanter la Marseillaise. J’imagine le président de la République – quel qu’il soit – chanter à tue-tête pendant la cérémonie du 11 novembre pendant que les cœurs de l’armée rouge jouent notre hymne national…

Tout cela est grotesque. Tiens ! Ne voila-t-il pas Marine Le Pen qui avoue qu’elle ne connaît pas les paroles de la Marseillaise… Moi-même, je dois reconnaître… Vraiment grotesque. On a souvent des polémiques sur les joueurs de foot de l’équipe nationale qui ne chante pas. Ils ne sont pas payés pour chanter – on a Twin Twin et Mireille Mathieu pour cela – mais pour taper dans un ballon ou sur la tronche de leur voisin.

Mais Christiane Taubira est une cible toute trouvée, depuis le début du quinquennat. Normal, c’est une femme, petite et noire. Bouh ! On pourrait se demander s’il n’y a pas un fond de délit faciès derrière tout ça. Ou de misogynie. Ou de nanopabulophobie. Ou de racisme. En fait, non. On ne se demande pas : il y a.

Dans la mesure où la droite n’a aucune intérêt électoral, pour les européennes, à taper sur Madame Taubira, il ne peut s’agir que de diversion.

Aucun intérêt électoral ?

Les électeurs de l’UMP iront voter pour l’UMP. Dire « ouh là là c’est mal, en plus les ministres socialistes, surtout les petites, les femmes et les noirs, ne chantent pas la Marseillaise, ce sont des mauvaise patriotes, vous devriez voter pour nous pour changer ça et sauver la patrie » n’est pas sérieux.

Ca ne va pas attirer un seul électeur ni même en repousser un du PS.

De la diversion ?

La plupart des partis politiques ont un projet. Il est souvent hors des clous car il concerne plus les institutions que ce pourquoi est fait le Parlement européen : voter des directives. Mais il existe. Le Parti Socialiste Européen a un projet. Les blogueurs socialistes peuvent en parler. C’est le cas par exemple de mon confrère Cyril même s’il est mal rasé. Il va même plus loin puisque le titre de son billet est : « Une Marseillaise pour éclipser l'Hymne à la Joie ? »

C’est de la diversion.

Je vais vous dire pourquoi, le temps de changer de section, en vous dévoilant, devant vos yeux certes cernés mais aussi ébahis le programme de l’UMP et du PPE pour les européennes.

Changement de section !

Voila le programme de la droite conservatrice majoritaire depuis 15 ans en Europe (voire depuis l’origine…) : continuer comme avant. Ne rien changer et virer François Hollande.

Belle ambition, hein !

Les électeurs devraient se renseigner avant de glisser un bulletin dans l’urne…

12 mai 2014

Les partis politiques et Twitter

Depuis le début le la soirée, je suis le meeting du PS à Rezé (où habitent les parents de blogueurs dégénérés mais la question n'est pas là) pour les européennes, dans Twitter, avec le compte du Parti Socialiste et celui qu'ils ont créé pour les européennes. 


Le compte du PS a moins de 100000 abonnés, celui pour les européennes en a moins de la la moitié de moi (4700 de mémoire). 

Je ne vais pas être méchant, je suppose que ce sont des copains à moi qui sont au bout. Il empêche que tout cela frise le ridicule. 

Je fais le job, je RT les tweets qui me paraissent pertinents et tout ça. Il n'empêche, Jean-Christophe si tu m'entends, que la stratégie me parait à revoir. D'autant que 90% des abonnés au compte sont des supporters convaincus et que les 10% en plus sont des opposants qui sont abonnés pour se tenir au courant. 

Le côté positif est que les autres formations politiques sont pires que nous, probablement. 

Solidarité avec Christiane Taubira

Pourquoi je ne chante jamais La Marseillaise ?



Tiens ! Mon trajet en ascenseur dure 9 secondes...

L'Europe, hop, hop !

Les élections Européennes sont dans deux semaines et j’espère qu’on va commencer à en parler sérieusement. Les blogs commencent à frétiller mais pas nécessairement dans le bon sens. On pourrait faire un tour d’horizon mais j’ai la flemme. Ou alors rapidement. Les blogs réacs sont contre l’Europe et s’en foutent comme de la première culote de Mme Le Pen. Les blogs UMP et centristes sont assez peu nombreux et préfèrent polémique sur le thème « oh la la il faut que Mme Taubira démission elle prend la Marseillaise pour un karaoké. » Les blogs verts sont aussi inexistants, on ne trouve pas grand-chose à propos de l’Europe. Les blogs de la gauche de la gauche ne sont pas encore lancés, visiblement. Il reste quelques blogs socialistes, pro gouvernementaux ou pas, qui en parlent vaguement.

Je dois avouer que je n’ai pas lu les propositions des écolos et des centristes, qui, comme la plupart des socialos, sont des vrais partisans de la construction européenne. Je suppose que leurs projets contiennent des choses intéressantes, comme celui du PS (ou du PSE) mais qui est un peu abstrait.

L’UMP a un projet : virer Hollande. Ce n’est pas le sujet de l’élection.

Je n’ai pas lu le projet du FN mais on entend assez Marine Le Pen, reine des médias. Je n’ai pas réussi à trouver un projet à part celui d’arriver en tête. Elle veut aussi casser l’Europe mais ce n’est pas le sujet de l’élection.

A la gauche de la gauche, on veut réorienter la construction européenne mais ce n’est pas, non plus, le sujet de l’élection.

On a ainsi une majorité des partis politiques qui voudraient que l’on vote pour autre chose, comme si c’était un referendum. Ils sont populistes et antidémocratiques. Nananère. Cela étant, c’est de bonne guerre. D’une part, il faut bien aller à la soupe et pouvoir faire salarier un maximum de membre des partis par l’Europe. D’autre part, pour foutre la merde, autant avoir beaucoup de députés.

Des perspectives !

Hier, à la gare, je papotais avec ma copine Fabienne qui était venue conduire sa fille au car. Elle est militant socialo au patelin. Elle n’était pas optimiste pour les élections. J’ai réussi à la faire rigoler en lui disant : rassure-toi, il serait improbable que les socialistes fassent moins qu’en 2009.

C’est vrai, quoi ! Les sondages nous prédisent le FN en tête, suivi de l’UMP, suivie du PS. Mais on n’en sait rien. Les sondés reçoivent un coup de fil : « Allo, bonjour M’sieur ! Z’allez voter pour qui : le PS, le FN, l’UMP, l’Alliance machin, le Front de Gauche, les zécolos,… ? » « Heu,… Font chier, je vais voter FN, nananère. ».

En 2009, les sondages à quinze jours du vote étaient assez fiables sauf pour ce qui concerne la répartition des votes au sein de la gauche, notamment entre le PS et EELV. Il n’y a pas de mal à se faire du bien : ces deux partis avaient piqué des voix au reste de la gauche dans la dernière ligne droite (ce qui n’empêche pas le PS d’avoir pris une baffe). C’est relativement logique : je ne vois pas pourquoi des gens hostiles à l’Europe se déplaceraient pour voter…

C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai du mal à croire à un très bon résultat du FN (on lui promet quand même trois fois plus que la dernière fois et le double de son meilleur résultat historique). D’ailleurs, le FN a toujours fait près de deux fois moins de voix aux européennes par rapport à la présidentielle précédente. En 2004, les sondages étaient très optimistes pour ce parti.

Ainsi, tout est possible ! Je ne dis pas ça pour me faire du bien et je n’oublie pas que les sondages des dernières européennes étaient particulièrement fiables… sauf pour le PS qui s’est pris une magistrale branlée. Je dis ça du haut de mon blog zinfluent avec ses 800 visiteurs par jour, surtout quand je diffuse des photos de gros nichons : il faut donner un coup de fouet dans la dernière ligne droite.

Mon confrère Ben évoque un autre sondage qui montre que les Français ne connaissent rien à l’Europe (du moins, dans la composition du Parlement) et qui pensent à 80% qu’une Europe à gauche pourrait effectivement leur apporter du changement. Il conclut : « Aux 40 % qui pensent qu’elle ne changerait « probablement pas », j’ai envie de leur dire : et si vous faisiez le pari que cela aurait un impact, même si vous n’y croyez qu’à 10 % ? Et si vous laissiez sa chance à Martin Schulz ? Ça vaut le coup de tenter, non ? » C’est bien dommage que les électeurs ne lisent ni son blog ni le sien.

Toujours est-il que la campagne a à peine commencé. Je n’ai pas souvenir d’une élection, par le passé, dont on a aussi peu parlé à l’avance. Tout se fera dans les prochains jours.

On peut imaginer plein de choses.
Petit 1 : que les électeurs potentiels du Front National n’en aient finalement rien à cirer. Ils ne croient pas à l’Europe et n’en veulent pas. Pourquoi iraient-ils voter ?
Petit 2 : que les électeurs de la droite traditionnelle soient exaspérées par l’UMP qui n’offre aucune perspective. Le seul projet est de virer Hollande. Les électeurs ne sont pas cons et savent que ce n’est pas l’enjeu. Certains pourraient se dire : et si on votait pour les centristes ?
Petit 3 : que les écolos exaspèrent les gens de plus de plus.
Petit 4 : que les 18 ou 20% de gens qui font encore confiance à Hollande et au gouvernement se mobilisent en se disant : faites pas chier, c’est nous qu’on a gagné les dernières élections.
Petit 5 : que les indécis votent pour une liste tirée au sort parmi toutes les petites listes, par rejet des partis traditionnels.
Petit 6 : que les vieilles filles trouvent Martin Schulz très joli.
Petit 7 : que les électeurs du Front de Gauche finissent par être remontés contre Jean-Luc Mélenchon.

Tiens ! Je viens de faire un sondage avec moi-même pour estimer le résultat des élections :

PS
19
UDI
18
UMP
17
Front National
16
Ecolos
10
Front de Gauche
10
Autres
10

Ceci nous ferait un total des voix de gauche de l’ordre de 43 ou 44%. Dans la norme… Le PS ne ferait que deux points de plus que ce que donnent les sondages. J’ai mis l’UDI en deuxième pour faire chier l’UMP et le FN. Inversons-les. Le FN ferait un score historique. L’UMP aurait 4 ou 5 point de moins que ce qui est prévu par les sondages. J’ai mis des bons scores pour les écolos et le Front de Gauche pour leur faire plaisir.

Recommençons :

PS
17
19
UMP
21
19
FN
22
18
UDI
9
12
Ecolos
9
8
Front de Gauche
8
7
Autres
14
17

Dans la deuxième colonne, le dernier sondage. Dans la dernière, en bougeant juste un peu.

Tout est possible. Le pire aussi, d’ailleurs.

On y va !

Donnons une majorité à Martin Schulz ne serait-ce que pour sortir de 15 ans de droite...
 

11 mai 2014

Conchita : générique de James Bond ou musique d'ascenseur ?

Le concours de l'Eurovision est une grande mascarade. Conchita Wurst a assurément une belle voix et Twin Twin n'avait assurément rien à faire dans ce bazar mais le morceau de Twin Twin pourrait très bien finir comme tube de l'été et sera assurément plus écouté en France que celui de Conchita, voire dans l'Europe entière.

S'ils travaillent un petit peu (la musique, plus que les paroles, qu'ils sortent de ce côté disco), les garçons de Twin Twin ont une chance de faire une petite carrière et d'occuper le devant de la scène pendant quelques années auprès des jeunes, beaucoup plus que Stromaë, qui finira par ne plus être à la mode voire passer pour délicieusement ringard, ce qui dissuadera les programmateur de le faire passer... Comme tous les chanteurs français, il finira par écluser les salles des fêtes des communes de 5000 habitants où se déplaceront quelques gonzesses quadragénaires se rappelant leur trentaine quand elles mouillaient copieusement en écoutant ce garçon... Twin Twin attirera les jeunes. Ils finiront au chômage mais auront bien rigoler.

Revenons à Conchita.

Le personnage est assurément ridicule. Evidemment, à gauche, on est là pour défendre les LGBT, les transgenres donc, et tout ça. Je vais me faire mal voir, donc. Pourtant, je défends : Conchita fait ce qu'elle veut ou qu'il veut. Je ne vais pas lapider, hein ! Il n'empêche que le personnage est ridicule. Je sens bien le gauchiste qui va m'expliquer que c'est un symbole. On ne sait pas de quoi. Ah ben tu te rends pas compte elle représente un pays où il y a encore plus de fachos qu'en France. Ah bon !

Promis, l'an prochain, j'apprends à chanter, je me plante une plume dans le cul et je représente la France. Après tout, ceux qui nous expliquent que l'élection est aussi politique anéantissent les effort de Conchita pour bien chanter. Conchita a l'air d'une poule de luxe, j'aurai l'air d'une grosse dinde. On sera quittes.

Sa chanson est assurément très belle. Elooooody nous expliquait hier qu'il avait une « voix qui aurait tout à fait pu trouver sa place dans la comédie musicale Cats ou en générique de James Bond. » J'ai vu cette allusion à James Bond plusieurs fois dans Twitter. Je me demande si ceux qui y font allusion se rendent compte de ce qu'ils disent : ce chanteur est bon pour faire des génériques de James Bond.

Dans l'échelle, au dessus, vous avez des musiques pour être chantées place de la Nation, le 14 juillet, et au dessous, la musique de supermarché. Pour la retraite, généralement, ils finissent en musique d'ascenseur. Faut bien vivre. J'imagine Conchita Wurt place de la Concorde remplaçant Mireille Mathieu pour chanter pour l'élection de Jean-François Copé en 2032.

Des gens sous le charme vont acheter l'album de Conchita Wurt, se rendre compte que toutes les chanson sont identiques ou qu'une seule est valable – je ne sais pas, je n'ai pas écouté sauf le truc d'hier – retireront prochainement toutes les autres de leur play liste et, après l'été, la retireront en préparant la rentrée.

Vous pouvez me citer plusieurs chanteurs ou chanteuses de génériques de James Bond (à part Duran Duran et celles qui avaient déjà leur carrière derrière elles) ?

Par contre, je peux vous citer plusieurs groupes qui ont marqué mes vingt ans.

10 mai 2014

10 mai

33 ans après avoir quitté l'Elysée, Giscard continue à raconter des conneries.

Chirac devrait être moins performant.

De Gaulle et Mitterrand nous ont évité le pire. 

Pompidou a été beaucoup plus sérieux. 

Le rapport McKinsey

On parle beaucoup du rapport McKinsey dans le milieu économique. Dans le billet que j'évoquais hier, mon confrère Sarkofrance parlait des Echos, il y a aussi, par exemple, un article dans les pages économie du Figaro. Les journalistes semblent ne pas avoir lu totalement les articles : ils parlent essentiellement de mesures complémentaires qui occupent quatre pages sur 56. Ils zappent complètement le principal : les grandes réformes que l'Etat doit mener autour de trois axes : la mobilité des actifs, la formation initiale et la baisse du coup du travail.

Le manque de mobilité des actifs

Selon le rapport, malgré un fort taux de chômage, beaucoup d'offres d'emploi sont difficiles à satisfaire faute de main d’œuvre compétente et disponible. 400 000 tentatives de recrutement seraient abandonnées chaque année. Le rapport pointe directement les politiques de l'emploi et note que la France a des très mauvaises performances dans ce domaine par rapport aux autres pays.

Il met aussi en avant un droit du travail trop contraignant pour les entreprises pour ajuster ses effectifs (toujours le même dogme : c'est trop dur de licencier).

Ce qu'ils proposent

Petit 1 : réformer totalement le service public de l'emploi et le régionaliser. Il faut le moderniser. La création de Pôle Emploi (ils ne disent pas que c'est un fiasco mais c'est bien ce qui en ressort) n'a pas été suffisante, il faut moderniser, sortir du parcours identique quelle que soit la catégorie professionnelle ou le type de chômeur.

Petit 2 : renforcer la « flexsécurité » (mot horrible). Il faut sécuriser non plus les emplois mais les personnes et faciliter les plans sociaux... mais considérer la formation et la recherche d'emploi comme des activités à part entière. Il faut mettre des sanctions pour les types qui refusent des emplois ou des formations (ça vire franchement sarkozyste). Les aides publiques à l'emploi doivent être mobilisées uniquement vers les métiers d'avenir.

Petit 3 : travailler sur l'emploi des séniors et ses spécificités (formation tout au long de la vie, développement du temps partiels pour les plus âgés).

Mon avis

Le manque de mobilité est un sujet à développer. Il est évident que, sauf exception, on ne peut plus avoir le même métier pendant toute une carrière professionnelle. Il faut que les acteurs publics (syndicats, politiciens,...) le disent. On l'a vu par exemple au cours des dernières années avec Florange, Gandrange,... : faire croire à des ouvriers que leur avenir professionnel passe par la production d'acier est de la folie.

Le service public de l'emploi doit agir en amont au niveau des reconversions professionnelles, en collaboration avec les entreprises, plutôt que de constater, a posteriori, des plans de licenciements.

Mais ils revient bien aux entreprises, si elles veulent diminuer leurs effectifs, de préparer les reconversions, par des formations, des aides aux mutations géographiques (y compris pour la famille,...).

Le truc des sanctions est une belle connerie (le type qui refuse du boulot finira par perdre ses droits, de toute manière) et parfaitement démagogique.

L'emploi des jeunes

L'écart entre les compétences disponibles chez les jeunes sortant de l'école et les besoins des entreprises est abyssal ce qui est nié par les responsables d'organismes d'enseignement qui défendent leurs paroisses mais compte tenu de l'évolution des technologies, cet écart risque d'augmenter.

Ceci est valable de BAC – 8 à BAC + 8...

Ce qu'ils proposent

Petit 1 : renforcer la concertation entre les acteurs pour adapter les formations aux besoins.

N.B. : je vous conseille le graphique page 22 qui montre le niveau de chômage en fonction de la durée des études et de la filière professionnelle. Il vaut mieux être toubib que couturière, c'est évident, mais il vaut mieux aussi être toubib que sociologue.

La concertation devrait permettre de mieux décider les filières à développer (quel que soit le niveau de formation) ou à diminuer.

Petit 2 : améliorer l'orientation des jeunes.
Petit 2 bis : faire pareil avec la formation en continu.
Petit 2 ter (plus ou moins exprimé) : il faudrait un service spécial pour les jeunes qui sortent d'études.

Mon avis

Contrairement à la section précédente, le rapport est imprécis voire bon à jeter à la poubelle. Je le cite : « Renforcer les compétences qu’exigent ces métiers de demain constitue donc un impératif absolu et pressant pour créer des emplois à forte valeur ajoutée et accélérer la transition de la France vers une économie du savoir. » C'est très vrai mais tous les jeunes ne pourront pas être orientés vers des métiers à forte valeur ajoutée et nul ne peut prévoir quels sont les métiers de demain. Pire ! Si on met en place une formation pour les métiers de demain, quand les jeunes en sortiront, il est probable que les métiers en question soient ceux d'avant hier. En outre, il est probable que les enseignants ou formateurs ne puissent pas être formés aux métiers de demain...

On a l'impression que ce chapitre a été mis là pour faire joli. Je vais faire des propositions :
  • limiter l'accès aux filières sans débouché. C'est ballot mais il y a trop de gens qui vont en fac d'histoire, de psycho, de géographie, de sociologie,... Où il n'y a pas de travail à par dans l'enseignement des matières en question. A la limite, l'entrée dans ces filières devrait se faire sur concours mais je sens que je vais me faire mal voir. Pourtant, si l'enseignement est le seul débouché, le concours d'entrée dans la fonction publique pourrait se faire avant les études,...
  • développer les services pour les lascars entre 20 et 25 ans (voir le petit 2 ter, ci-dessus). Par exemple, on pourrait avoir une « école de la deuxième chance » proposant des formations, éventuellement en apprentissage et surtout un accompagnement plus personnalisé (je dis ça au hasard mais je vois bien les jeunes autour de moi qui cherchent du boulot : le chômage ou la condamnation à un boulot de merde à vie semble être la norme parce qu'ils ont merdé dans leurs études),
  • permettre aux jeunes avec un emploi peu qualifié qui bossent de manière stable depuis trois ans d'avoir une formation longue en conservant un revenu équivalent à son salaire.

Le coût du travail trop élevé

Le rapport constate que le SMIC est un des plus élevé d'Europe par rapport au salaire moyen et qu'il a beaucoup plus augmenté que ce dernier.

Ce qu'ils proposent

Petit 1 : réduire le coût du travail sur les bas salaires sans réduire les revenus (réduire la fiscalité, donc).

Petit 2 : créer un sous SMIC (ce n'est pas dit comme ça) et favoriser les dispositifs de retour à l'emploi (à la mode Sarkozy de la chose, of course).

Petit 3 : lier l'évolution du coût salarial à la productivité et décentraliser les décisions, le dialogue,...

Mon avis

Je suis favorable à la réduction des cotisations sur les bas salaires mais en prenant bien garde aux effets de seuil. Il faudrait mettre des cotisations « progressives », comme il est fait, par exemple, pour l'impôt sur le revenu, un système de tranches, quoi...

Néanmoins, il ne faut pas se voiler la face : ça ne créera directement aucun emploi. Le patron qui pourra se payer trois employés pour le prix de deux ne prendra pas un troisième pour autant s'il n'arrive pas à générer une activité supplémentaire.

Pour le reste, il est temps que le patronat considère le SMIC pour ce qu'il est : un salaire minimum. Il peut déjà le détourner partiellement par les stages. Il est grotesque et grossier de vouloir créer un salaire intermédiaire, voire de le négocier par branche. Les branches peuvent, par contre, négocier des salaires minimums pour elles, éventuellement par type de poste, de formation, mais supérieurs au SMIC et indexés sur ce dernier. Il va falloir leur faire rentrer ça dans le crâne...

Les mesures complémentaires

Dans les quatre pages dont je parlais, il y a un tas de mesures orientées pour certains secteurs : la distribution, le service, la santé, la construction,...

Certaines sont de bon sens et sont d'ailleurs dans les projets du gouvernement.

D'autres sont probablement contre-productives et inacceptables. On sent encore le patronat tenter de recaser ses vieilles recettes, comme l'ouverture des commerces le dimanche et assouplir la durée du travail pour les cadres. Inacceptables ont voit facilement pourquoi. Contre-productives, moins.

Prenons cette durée de travail pour les cadres. Ils proposent de le faire dans la recherche, le conseil et la technologie. Pour la recherche, je ne sais pas. Pour le conseil et la technologie, par contre, c'est ou c'était mon job : tout le monde est cadre... Ce sont des secteurs qui fonctionnent bien et qui recrutent, où l'on fait appel à de la sous-traitance,... Si les cadres (donc tout le monde) se mettent à travailler plus dans les secteurs susceptibles de recruter, ils recruteront moins...

Ils estiment que l'on pourrait ainsi créer un million d'emplois. Néanmoins, si on cumule le nombre de postes par mesure, on arrive à la moitié ! Les chiffres relèvent pour la plupart du grand guignol, dans tout ce rapport. Par ailleurs, prendre ces mesures seraient renoncer à une partie de notre modèle : pour 500 000 emplois potentiel, le jeu n'en vaut certainement pas la chandelle. Sans compter les dommages collatéraux.

Conclusion

Je ne veux pas condamner le rapport : je ne sais pas qui l'a commandé et une grande partie est très intéressante. Il n'empêche que les articles de presse qui en parlent semble s'appuyer sur les à-côtés pour vendre une soupe de libéralisation supplémentaire.

C'est mal.

Par contre, j'ai rarement vu un rapport aussi mal ficelé, le tout pour passer des heures sur un billet de blog qui n'aura finalement aucun intérêt... 

Et la partie qui me parait utile est également de la soupe...

09 mai 2014

Les étiquettes devant les yeux

« Le jour où le Parti Communiste Français redeviendra ce qu'il était du temps de Marchais, je militerai pour lui. » ai-je écrit dans mon billet hier, ce à quoi a répondu un sympathique commentateur : « Heu ? Stalinien ? Collectiviste ? Marxiste-Léniniste ? Révolutionnaire ?… ». Je lui ai rétorqué de manière un peu laconique car un billet s'impose.

Je faisais référence au temps où le Parti Communiste faisait plus de 15% des voix car il s'adressait réellement à ceux qu'il prétend défendre. Ou à l'époque où il acceptait de travailler avec les autres partis de gauche... Mon commentateur croit-il vraiment que l'électeur s'intéresse vraiment à ce genre d'étiquettes ?

D'ailleurs ces étiquettes ont-elles un sens, encore, aujourd'hui ? Est-il possible d'imaginer que les ouvriers représentent maintenant une très faible partie de la population ? Est-ce raisonnable de penser que les salariés de grandes entreprises sont maintenant relativement peu nombreux, que les salariés des petites boites sont plus individualistes et moins susceptibles de voter à gauche, que les salariés des grosses boites ne croient pas à une augmentation du SMIC qui les feraient, d'ailleurs, devenir smicard eux-mêmes, que les chômeurs croient qu'en luttant contre les entreprises, ils vont gagner un travail ?

Le Parti Communiste Français a fait un premier tournant au début des années 80. Est-ce avant la présidentielle de 1981, lors de leur présence au gouvernement ? Je ne sais pas. Il est amusant, d'ailleurs, de noter que le Front National tient aujourd'hui un discours proche de celui du PC des années 1970, quand il luttait contre les salariés venus de l'immigration qui provoquaient un dumping social et prenaient le travail des Français... Le PCF a alors adhéré à plein de causes magnifiques, que je défends aujourd'hui : la lutte contre le racisme, pour le féminisme, l'égalité, et tout ça.

Le Parti Communiste Français a fait une deuxième mutation, peut-être à l'occasion de la création du Front de Gauche, en passant à « l'écosocialisme », ce qui ne veut pas dire grand chose, mais en se mettant à dos les ouvriers car l'écologie est assez peu compatible avec l'industrie, par nature polluante. Le PCF a fait peur aux ouvriers. Je note d'ailleurs avec amusement, qu'ils parlent maintenant de transition énergétique, formule popularisée par le projet de François Hollande, pour montrer qu'on y va piano...

Cette manie de coller des étiquettes et ces erreurs de positionnement « électoraliste » me fatiguent comme toutes les erreurs d'analyse. Tiens ! Un sondage à propos des européennes circulait hier ou avant-hier (je l'avais cité dans un billet). Dans les réseaux sociaux de gens revendiqués de gauche, on ironisait beaucoup sur la catastrophe annoncé pour le PS vu qu'il était donné à 17,5%. Ce score est mauvais. Il n'empêche qu'il est de un point de plus que celui de la dernière fois... Ce sont les verts qui subiraient une déroute quand au Front de Gauche, il est incapable de « capitaliser » sur le mécontentement envers le PS.

Cette bataille d'étiquette me rappelle ceux qui insistent sur la différence entre le socialisme, la social-démocratie et le social-libéralisme, le tout en pianotant sur des smartphones ou des ordinateurs à bas coûts tout droit issus de la mondialisation et de l'économie de marché.

Dans son billet du matin, l'ami Sarkofrance parle d'un rapport du cabinet Aufondducouloiràdroite, citant les Echose qui titre : « l'étude conforte l'objectif du Medef ». Ce rapport est a priori d'inspiration libérale (encore que, dans leur soif d'étiquettes, les gauchistes collent ce mot partout) mais mon confrère le défend face aux Echos qui ont omis de citer les mesures qui n'étaient « franchement droitières ».

Cette fois, ce sont les Echos qui se collent à l'exercice des étiquettes, voulant absolument qualifier ce rapport de machin Libéral fait pour le MEDEF, alors que le rapport prône aussi l'augmentation des dépenses de l'Etat pour la formation et pour l'emploi... Sans oublier certaines mesures de ce rapport qui pourraient figurer au programme du Front de Gauche, comme l'accélération de la rénovation thermique des bâtiments...

L'important, avec les étiquettes, est de ne pas se les mettre devant les yeux...

08 mai 2014

Debout, les batavos-sceptiques !

Les amis tauliers des blogs Sarkofrance et Politeeks sont déçus par François Hollande, ce qui peut se comprendre. Appelons-les BS, pour batavo-sceptiques, à ne pas confondre avec BS qui signifie Hollandais infecté.

Ils ont une dernière marotte, depuis quelques jours, comparer Hollande à son prédécesseur. Un de ces jours, ils vont dire : c'est pareil.

Je leur rappelle pour commencer que les deux hommes sont différents. Un va faire une déclaration d'amour devant les caméras à Disneyland pour que le monde entier le sache, l'autre se fait piquer par un journaliste quand il va voir sa meuf en mobylette. Je vous passe les autres détails.

Par exemple, Hollande n'a pas reçu Kadhafi en grandes pompes en l'Elysée, c'est un de ses conseiller qui s'est cirer ses pompes à l'Elysée et il a été viré dans les 48 heures.

Ils vont me répondre : ah mais oui mais ils mènent la même politique.

Non. Arrêtons les conneries. STOP ! Arrêtez de parler de bêtises comme le socialisme de l'offre ou de machin comme ça. Si Hollande creusait la dette pour faire une politique de relance, on pourrait dire qu'il fait comme Sarkozy. On a vu ce que cela a donné : 600 milliards de dette en plus et un million de chômeurs.

Arrêtez aussi de suivre comme des ânes ceux que vous appelez les éditocrates quand ils disent que François Hollande a fait un virage libéral alors que vous avez fait campagne pour un type qui a promis la réduction des déficits (engagement 9) et la diminution des cotisations des entreprises (engagement 3).

L'ami Sarkofrance milite maintenant pour le FdG. Je lui propose de répéter trois fois cette phrase « l'ami Sarkofrance milite maintenant pour le Front de Gauche » et d'analyser ensuite pourquoi le peuple fuit ce parti composé de braves gens bien éloignés du peuple mais qui veut faire son bonheur malgré lui et tente de le convaincre par des moyens affreusement populistes, ce qui n'est pas grave en politique, mais en répétant : nous sommes le peuple.

Le jour où le Parti Communiste Français redeviendra ce qu'il était du temps de Marchais, je militerai pour lui.

L'ami Politeeks milite maintenant pour Nouvelle Donne, le nouveau parti de Pierre Larrouturou. Je militerais bien pour eux, aussi, Pierrot m'est fort sympathique et c'est un défenseur de la réduction du temps de travail. Tiens ! La RTT, le dernier machin à avoir créé des emplois en France, c'était une belle idée, non. Un truc bien de gauche, hein ! Accompagné d'une réduction des cotisations pour les entreprises...

Je veux bien lire leur programme pour les européennes (pdf), mais ça commence par des conneries.

« Face à une Europe à 28 inefficace et pas démocratique
La réponse de Nouvelle Donne :
Créer une Zone d’Action à quelques pays, partageant les mêmes objectifs »

Ils peuvent expliquer ce que cela veut dire. La zone euro, ce n'est pas quelques pays ? Ou alors on sort de l'Euro ? Ce sont qui les pays ? L'Allemagne, alors que nous n'avons pas la même notion de ce que devrait être la monnaie... ?

« Face aux dégâts de l’austérité
La réponse de Nouvelle Donne :
Refinancer la « vieille dette » des Etats à 1%
Doter l’Union européenne de nouvelles ressources propres
Récupérer l’argent de la fraude et de l’évasion fiscale »

Refinancer la vieille dette, je veux bien, mais si Madame Merkel ne veut pas, on fait quoi ? Des nouvelles ressources propres ? Soit... En augmentant les impôts ? Récupérer l'argent de la fraude et de l'évasion fiscale, oui ! Comment ?

« Face à la course au moins-disant social
La réponse de Nouvelle Donne :
Négocier un Traité social
Instaurer un salaire anti-dumping »

Très bien ! Mme Merkel va immédiatement accepter de faire un traité social, c'est sûr !

« Face au blocage monétaire et au risque de déflation
La réponse de Nouvelle Donne :
Lancer l’euro-franc, une monnaie supplémentaire de pouvoir d’achat émise par la Banque de
France »

Très bien ! Vous payez comment aujourd'hui, en euro-francs ou en euro-euros ? Pourquoi ? Ben ce n'est pas le même prix. Donc on sort de l'Euro ?

On crée une monnaie spécifiquement française dans un programme pour une élection européenne ? Ca n'a aucun sens. De qui se moque-t-on ?

Moi, je ne me moque pas. Je caricature. J'approuve totalement le fond des idées. Mais électoralement, ça ne tient pas la route et leurs idées sont irréalistes. Par exemple, ils veulent arrêter les négociations pour le traité transatlantique mais réguler le commerce mondial autoritairement en instaurant des taxes à l'entrée de l'Europe pour les produits importés de pays qui ne respectent pas certaines normes ? Et si les autres pays font pareil ? Tiens ! Et si les Etats-Unis interdisent les exportations venant de pays qui n'autorisent pas les OGM, on perd un marché ?

Je ne vais pas disséquer le programme du Front de Gauche. Je suis probablement d'accord avec une grande partie, sur le fond, point par point, mais son application serait évidemment une catastrophe pour l'économie.

Et un parti qui veut : « une Europe du développement humain soutenable » et qui ose l'écrire dans un programme sans même se rendre compte que ça ne veut rien dire ne mérite aucun soutien. Ils écrivent aussi qu'ils veulent « créer des emplois qualifiés, sécurisés, bien rémunérés » sans même imaginer que chaque guignol qui se présente à une élection dirait exactement la même chose. On ne peut pas faire de la politique avec des gens qui ne se rendent même pas compte qu'ils prennent les gens pour des cons et que les gens le savent. 8% dans les dernierssondages.

C'est pour ce genre de raisons que je ne suis pas batavo-sceptique.

François Hollande avait 60 engagements. Il les tient progressivement. Il croyait que la reprise viendrait fin 2013. Tout le monde croyais que la reprise viendrait fin 2013, y compris les économistes.

Il est toujours bien facile d'être dans l'opposition à défendre des positions qui ne passeront jamais parce que les électeurs n'en veulent pas, parce que nous avons 28 pays dans l'Europe,...

Relisez les engagements 3 et 9, pour la peine.