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10 juin 2015

Au boulot ! [Santé !]

Autre Comète
Tous les soirs ou presque, je fais la fermeture de la Comète. Il y a toujours un flottement, vers la fin, quand le serveur voit qu’il peut peut-être commencer à « rentrer la terrasse » et le moment où il se décide puis tout se précipite, s’il n’y a plus de client ailleurs qu’au comptoir. Je ne sais pas combien il y a de chaises, empilées par 4, et de tables, avec leurs lourds pieds en fonte. Une belle corvée. Un fois que c’est terminé, il faut balayer, rabattre les cloisons,… Puis entamer les comptes de la journée. Compter les tickets restaurants, faire une télécollecte, compter les espèces, vérifier la caisse par rapport à ce qui a été enregistré aux caisses,…

Au début, je me disais que c’était vraiment pénible puis je me suis habitué. Les serveurs aussi, je suppose. Pourvu qu’ils aient fini avant le dernier métro, le temps de boire une bière entre eux, avec moi.

Un jour, j’en parlais avec l’ancienne patronne. Elle m’a répondu : « tu sais, ce n’est pas vraiment le plus pénible ». J’ai répondu : « je sais, j’ai compris, c’est bien plus pénible de sortir la terrasse que de la rentrée. » Elle était « scotchée » de voir que j’avais compris aussi ce volet de leur travail mais elle a fini par comprendre que je connaissais aussi bien le métier qu’eux, sans jamais l’avoir pratiqué. Je ne dis pas cela uniquement pour me vanter mais j’aime me mettre au comptoir d’un bistro inconnu et observer, avec du recul, ce que font très peu de gens qui s’imaginent souvent qu’ils pourraient faire le boulot. Pas moi. Je ne supporterai pas le stress quotidien pour gérer les emmerdes comme le cuisinier qui se blesse à 11h50, qu’il faut amener à l’hôpital tout en assurant le service aux clients. Par contre, j’ai un don. Par exemple, je repère immédiatement, sans chercher à le faire, les erreurs des serveurs, comme ceux qui servent un plat du jour au comptoir sans amener une corbeille de pain ou un café sans le machin avec les sucres. Pires ! Ces erreurs me font mal car j’aime les affaires bien rodées, qui marchent, presque au pas, comme si la troupe de serveurs était une armée bien entrainée. Par contre, je ne fais jamais de réflexion ; je ne rentre pas dans la gestion du commerce même s’il m’arrive parfois de servir de confident au patron, par exemple à la fermeture, lorsque les autres clients sont trop ivres pour jouer le rôle.

Alors pourquoi est-il plus pénible de « sortir » les terrasses que de les rentrer, notamment dans les grandes brasseries, où la terrasse n’est pas fermée, outre le fait de commencer la journée par un effort physique ? Parce que vous ne savez pas si c’est utile, parce que cela prend plus de temps, parce que vous travaillez sans faire de chiffre d’affaire,… Pire, s’il pleut ou s’il vente, vous savez que ce n’est pas utile, mais il faut bien que vous sortiez les tables et les chaises de la boutique pour y faire de la place et qu’il est nécessaire de bien présenter pour que le commerce n’ait pas l’air d’être à l’abandon. Ou, s’il fait beau, vous sortez votre mobilier, mettez les nappes, les couverts,… parfois dans le vent, les serviettes s’envolent… et il vous faut tout rentrer en vitesse à la première alerte météo.

Mais revenons à mon boulot.

Hier soir, on parlait de la nouvelle loi Macron et un copain socialiste ironisait : « chic ! je suis patron, je vais pouvoir licencier qui je veux sans verser plus d’un mois de salaire. » Je voulais répondre : « mais non, tu n’es pas patron. Tu n’es qu’un salarié protégé dans une grosse entreprise et tu passes tes heures de loisir à dire à ton patron ce qu’il devrait faire. »

Mais j’ai fermé ma gueule.

En France, surtout si on est de gauche, il est interdit de réfléchir, de constater qu’on va vers la fin du salariat et que ce ne sont pas que les salariés qu’il faut défendre. Je suis fatigué d’entendre cet argument : « en France, on en fait plus pour les entreprises que pour les salariés. » Et si on arrêter d’opposer les uns et les autres ?

Je connais un bistro où la cuisinière est tombée malade. En fait, on n’a jamais su c’était un cancer ou une dépression. D’ailleurs, on n’avait pas à le savoir. Le patron ne pouvait évidemment pas la virer mais il fallait bien qu’il la remplace mais il ne pouvait pas embaucher car si la cuisinière revenait il aurait eu trop de personnel.

C’est après la fermeture que je discutais avec mon pote socialiste. Alors je lui ai répondu qu’il faisait chier, que les loufiats entamaient leur 12ème heure de travail de la journée. Ben oui, pour commencer à 12h et faire le service du soir, il faut bosser plus de 12 heures (moins une pause) tout en passant une partie de l’après-midi à glander. Cinq jours par semaines.

Personne, à gauche, ne va gueuler au sujet du temps de travail dans les bistros… Et je ne parle pas de ceux qui font de la restauration de 12h à 15h et qui vont donc employer de salariés quatre ou cinq heures par jour, cinq jours par semaine…

La gauche devrait se pencher sur ces sujets, l’évolution de la structure du marché du travail, les contraintes différentes par profession, l’augmentation de la productivité qui permet de réduire le temps de travail pour la production, donc le nombre d’heures travaillées,…

Dans mon bistro préféré, il y a un type qui vient sortir la terrasse et faire le ménage vers cinq heures du matin, jusqu’à l’arrivée du serveur qui fait l’ouverture, à 7h. Il n’est pas salarié. Il est « à son compte », je crois (ce n’est pas mon problème, je n’ai pas à poser la question). Sept jours par semaine. 365 jours par an moins les jours fériés quand il n’y a pas de marché. Et les lascars qui viennent faire les carreaux, le samedi matin, parce que c’est la période de la semaine où il y a le moins de client. On a sympathisé : j’arrive pour l’apéro quand ils partent. Notre « bonjour au revoir » est un rituel.


Tant de questions… Mais c’est plus facile de sodomiser les brachycères cyclorrhaphes.

06 avril 2015

Faut-il réformer le contrat de travail ?

Faut-il réformer le droit du travail pour les PME ? C'est une question qui agite le gouvernement et qui devrait faire parler pendant les prochains mois. Plus exactement comment faire évoluer le contrat de travail pour que les PME n'aient plus peur d'évoluer ? En ce lundi de Pâques, tentons de résoudre la quadrature du cercle...

Première question : pourquoi les PME ?

Les grandes entreprises ont beaucoup plus de facilité à reconvertir les salariés en cas d'évolution de l'activité économique et ont des structures RH adaptées. De fait, elles ne recourent au licenciement que lorsqu'elles sont en difficulté ou sont rachetées par des actionnaires indélicats. Ainsi, la difficulté à virer des salariés n'est pas réellement un frein à l'embauche.

Elles ont en outre beaucoup plus de facilité à mettre en œuvre des solutions alternatives comme le recours à la sous-traitance en cas de surcharge ponctuelle de travail.

Les petites entreprises, quant à elles, ne sont pas assujetties au droit du travail, dans les faits. Un brave gauchiste défenseur des acquis sociaux aura du mal à le croire mais le salarié d'une petite boite auquel le patron dit « tire-toi, de toute manière je vais arrêter de te payer » aura tout intérêt à le faire pour éviter de se faire blacklister dans le secteur, d'autant qu'il a peu de recours possible. En plus, il le dira pas comme ça. Il est paternaliste. Il dira : « tu comprends, j'ai du mal à trouver de nouveaux clients, la situation est difficile, tu pourrais beaucoup m'aider en cherchant du travail ailleurs. ».

Deuxième question : que faire ?

Je n'ai pas la solution. Mais, avec tous les chômeurs qu'on a sur les bras, il n'est pas inutile de se poser la question : et si les difficulté de licenciement n'étaient pas réellement un frein à l'embauche ? Cette question fera crier les gens de gauche, probablement à juste titre, mais ils se trompent de sujet : nous sommes là pour sécuriser les carrières des braves gens, pas pour mettre des barrière dans les roues des entreprises.

Dans mon métier, l'informatique, on fait beaucoup appel à la sous-traitance parce qu'on a une activé assez variable. Du coup, on fait appel à des SSII qui sont des PME spécialisées dans l'informatique. Elles mettent du personnel à disposition moyennant une facturation à la journée. Cela existe depuis des années. Je faisais d'ailleurs moi-même de 1987 à 2008. Mais, de plus en plus, le personnel mis à disposition n'est plus salarié de la SSII, il est à son compte, quel que soit son statut (autoentrepreneur, travailleur indépendant,...). Cela lui permet de gagner plus d'argent quand tout va bien et à son employeur de prendre moins de risque.

Cela n'est pas trop grave : nous sommes dans un secteur qui embauche, en général (malgré des fluctuations).

Ma crainte est que ce mode de fonctionnement s'étende à de nombreux secteurs. J'en ai d'ailleurs déjà fait des billets, sur le thème : « vers la fin du salariat ».

On aura beau gueuler dans les blogs gauchistes, c'est ainsi.

Troisième question : et alors ?

Il ne faut reculer devant rien. Je crois beaucoup à un nouveau type de contrat de travail dont les droits du salarié irait croissant dans le temps mais avec des contraintes plus fortes pour l'employeur. Du genre : l'employeur peut licencier quand il veut à condition de verser en indemnité l'équivalent de la moitié des salaires versés depuis l'embauche, plafonnés à deux ans. Je donne des taux et durée au hasard mais c'est le contraire même de la "rupture conventionnelle" mise en place par Nicolas Sarkozy qui fait croire au salarié qu'il est demandeur...

Enfin, un truc comme ça, quoi. Ca tient en trois lignes, ça fait chuter la notion même de CDD et tous les abus qui vont avec, ça annule les primes de précarité et autres machins,...

Cela reste à fignoler. Mais on ne doit omettre aucune piste.

10 mai 2014

Le rapport McKinsey

On parle beaucoup du rapport McKinsey dans le milieu économique. Dans le billet que j'évoquais hier, mon confrère Sarkofrance parlait des Echos, il y a aussi, par exemple, un article dans les pages économie du Figaro. Les journalistes semblent ne pas avoir lu totalement les articles : ils parlent essentiellement de mesures complémentaires qui occupent quatre pages sur 56. Ils zappent complètement le principal : les grandes réformes que l'Etat doit mener autour de trois axes : la mobilité des actifs, la formation initiale et la baisse du coup du travail.

Le manque de mobilité des actifs

Selon le rapport, malgré un fort taux de chômage, beaucoup d'offres d'emploi sont difficiles à satisfaire faute de main d’œuvre compétente et disponible. 400 000 tentatives de recrutement seraient abandonnées chaque année. Le rapport pointe directement les politiques de l'emploi et note que la France a des très mauvaises performances dans ce domaine par rapport aux autres pays.

Il met aussi en avant un droit du travail trop contraignant pour les entreprises pour ajuster ses effectifs (toujours le même dogme : c'est trop dur de licencier).

Ce qu'ils proposent

Petit 1 : réformer totalement le service public de l'emploi et le régionaliser. Il faut le moderniser. La création de Pôle Emploi (ils ne disent pas que c'est un fiasco mais c'est bien ce qui en ressort) n'a pas été suffisante, il faut moderniser, sortir du parcours identique quelle que soit la catégorie professionnelle ou le type de chômeur.

Petit 2 : renforcer la « flexsécurité » (mot horrible). Il faut sécuriser non plus les emplois mais les personnes et faciliter les plans sociaux... mais considérer la formation et la recherche d'emploi comme des activités à part entière. Il faut mettre des sanctions pour les types qui refusent des emplois ou des formations (ça vire franchement sarkozyste). Les aides publiques à l'emploi doivent être mobilisées uniquement vers les métiers d'avenir.

Petit 3 : travailler sur l'emploi des séniors et ses spécificités (formation tout au long de la vie, développement du temps partiels pour les plus âgés).

Mon avis

Le manque de mobilité est un sujet à développer. Il est évident que, sauf exception, on ne peut plus avoir le même métier pendant toute une carrière professionnelle. Il faut que les acteurs publics (syndicats, politiciens,...) le disent. On l'a vu par exemple au cours des dernières années avec Florange, Gandrange,... : faire croire à des ouvriers que leur avenir professionnel passe par la production d'acier est de la folie.

Le service public de l'emploi doit agir en amont au niveau des reconversions professionnelles, en collaboration avec les entreprises, plutôt que de constater, a posteriori, des plans de licenciements.

Mais ils revient bien aux entreprises, si elles veulent diminuer leurs effectifs, de préparer les reconversions, par des formations, des aides aux mutations géographiques (y compris pour la famille,...).

Le truc des sanctions est une belle connerie (le type qui refuse du boulot finira par perdre ses droits, de toute manière) et parfaitement démagogique.

L'emploi des jeunes

L'écart entre les compétences disponibles chez les jeunes sortant de l'école et les besoins des entreprises est abyssal ce qui est nié par les responsables d'organismes d'enseignement qui défendent leurs paroisses mais compte tenu de l'évolution des technologies, cet écart risque d'augmenter.

Ceci est valable de BAC – 8 à BAC + 8...

Ce qu'ils proposent

Petit 1 : renforcer la concertation entre les acteurs pour adapter les formations aux besoins.

N.B. : je vous conseille le graphique page 22 qui montre le niveau de chômage en fonction de la durée des études et de la filière professionnelle. Il vaut mieux être toubib que couturière, c'est évident, mais il vaut mieux aussi être toubib que sociologue.

La concertation devrait permettre de mieux décider les filières à développer (quel que soit le niveau de formation) ou à diminuer.

Petit 2 : améliorer l'orientation des jeunes.
Petit 2 bis : faire pareil avec la formation en continu.
Petit 2 ter (plus ou moins exprimé) : il faudrait un service spécial pour les jeunes qui sortent d'études.

Mon avis

Contrairement à la section précédente, le rapport est imprécis voire bon à jeter à la poubelle. Je le cite : « Renforcer les compétences qu’exigent ces métiers de demain constitue donc un impératif absolu et pressant pour créer des emplois à forte valeur ajoutée et accélérer la transition de la France vers une économie du savoir. » C'est très vrai mais tous les jeunes ne pourront pas être orientés vers des métiers à forte valeur ajoutée et nul ne peut prévoir quels sont les métiers de demain. Pire ! Si on met en place une formation pour les métiers de demain, quand les jeunes en sortiront, il est probable que les métiers en question soient ceux d'avant hier. En outre, il est probable que les enseignants ou formateurs ne puissent pas être formés aux métiers de demain...

On a l'impression que ce chapitre a été mis là pour faire joli. Je vais faire des propositions :
  • limiter l'accès aux filières sans débouché. C'est ballot mais il y a trop de gens qui vont en fac d'histoire, de psycho, de géographie, de sociologie,... Où il n'y a pas de travail à par dans l'enseignement des matières en question. A la limite, l'entrée dans ces filières devrait se faire sur concours mais je sens que je vais me faire mal voir. Pourtant, si l'enseignement est le seul débouché, le concours d'entrée dans la fonction publique pourrait se faire avant les études,...
  • développer les services pour les lascars entre 20 et 25 ans (voir le petit 2 ter, ci-dessus). Par exemple, on pourrait avoir une « école de la deuxième chance » proposant des formations, éventuellement en apprentissage et surtout un accompagnement plus personnalisé (je dis ça au hasard mais je vois bien les jeunes autour de moi qui cherchent du boulot : le chômage ou la condamnation à un boulot de merde à vie semble être la norme parce qu'ils ont merdé dans leurs études),
  • permettre aux jeunes avec un emploi peu qualifié qui bossent de manière stable depuis trois ans d'avoir une formation longue en conservant un revenu équivalent à son salaire.

Le coût du travail trop élevé

Le rapport constate que le SMIC est un des plus élevé d'Europe par rapport au salaire moyen et qu'il a beaucoup plus augmenté que ce dernier.

Ce qu'ils proposent

Petit 1 : réduire le coût du travail sur les bas salaires sans réduire les revenus (réduire la fiscalité, donc).

Petit 2 : créer un sous SMIC (ce n'est pas dit comme ça) et favoriser les dispositifs de retour à l'emploi (à la mode Sarkozy de la chose, of course).

Petit 3 : lier l'évolution du coût salarial à la productivité et décentraliser les décisions, le dialogue,...

Mon avis

Je suis favorable à la réduction des cotisations sur les bas salaires mais en prenant bien garde aux effets de seuil. Il faudrait mettre des cotisations « progressives », comme il est fait, par exemple, pour l'impôt sur le revenu, un système de tranches, quoi...

Néanmoins, il ne faut pas se voiler la face : ça ne créera directement aucun emploi. Le patron qui pourra se payer trois employés pour le prix de deux ne prendra pas un troisième pour autant s'il n'arrive pas à générer une activité supplémentaire.

Pour le reste, il est temps que le patronat considère le SMIC pour ce qu'il est : un salaire minimum. Il peut déjà le détourner partiellement par les stages. Il est grotesque et grossier de vouloir créer un salaire intermédiaire, voire de le négocier par branche. Les branches peuvent, par contre, négocier des salaires minimums pour elles, éventuellement par type de poste, de formation, mais supérieurs au SMIC et indexés sur ce dernier. Il va falloir leur faire rentrer ça dans le crâne...

Les mesures complémentaires

Dans les quatre pages dont je parlais, il y a un tas de mesures orientées pour certains secteurs : la distribution, le service, la santé, la construction,...

Certaines sont de bon sens et sont d'ailleurs dans les projets du gouvernement.

D'autres sont probablement contre-productives et inacceptables. On sent encore le patronat tenter de recaser ses vieilles recettes, comme l'ouverture des commerces le dimanche et assouplir la durée du travail pour les cadres. Inacceptables ont voit facilement pourquoi. Contre-productives, moins.

Prenons cette durée de travail pour les cadres. Ils proposent de le faire dans la recherche, le conseil et la technologie. Pour la recherche, je ne sais pas. Pour le conseil et la technologie, par contre, c'est ou c'était mon job : tout le monde est cadre... Ce sont des secteurs qui fonctionnent bien et qui recrutent, où l'on fait appel à de la sous-traitance,... Si les cadres (donc tout le monde) se mettent à travailler plus dans les secteurs susceptibles de recruter, ils recruteront moins...

Ils estiment que l'on pourrait ainsi créer un million d'emplois. Néanmoins, si on cumule le nombre de postes par mesure, on arrive à la moitié ! Les chiffres relèvent pour la plupart du grand guignol, dans tout ce rapport. Par ailleurs, prendre ces mesures seraient renoncer à une partie de notre modèle : pour 500 000 emplois potentiel, le jeu n'en vaut certainement pas la chandelle. Sans compter les dommages collatéraux.

Conclusion

Je ne veux pas condamner le rapport : je ne sais pas qui l'a commandé et une grande partie est très intéressante. Il n'empêche que les articles de presse qui en parlent semble s'appuyer sur les à-côtés pour vendre une soupe de libéralisation supplémentaire.

C'est mal.

Par contre, j'ai rarement vu un rapport aussi mal ficelé, le tout pour passer des heures sur un billet de blog qui n'aura finalement aucun intérêt... 

Et la partie qui me parait utile est également de la soupe...

21 février 2014

Réformer le travail et l'entreprise ?

Hier, je ronchonnais contre une tribune d’élus socialistes dont Jean-Marie Le Guen, en mode « yakafocon » mais sans donner de précision sur ce qu’il fallait réellement faire. On nous parle de réformes du monde du travail, de contreparties à une baisse des cotisations,… Mais très peu d’axes de travail sont mis sur la table. Je vais faire le job mais c’est bien pour rendre service. Je précise à d’éventuels détracteurs que ce ne sont que des idées de bases de négociation, pas un projet politique… Je précise à mes lecteurs que ce billet est le plus long de l'histoire de ce blog. Ils ne sont pas obligés de lire : je n'ai pas fait exprès de l'écrire.

Petit 1 : moduler l’impôt sur les sociétés en fonction du nombre d’employés

Ca ne doit pas être trop compliqué à mettre en place. Il faut quelques mathématiciens pour trouver. Vous prenez le bénéfice (celui qu’il faut taxer) d’un côté et le chiffre d’affaire par salarié de l’autre. Moins ce dernier est important, moins le bénéfice sera taxé.

Et hop !

Petit 2 : simplifier l’organisation des entreprises

En 2006, j’étais salarié de la filiale à 100% d’un groupe de 1000 employés. Nous étions une vingtaine. Un jour, j’ai appris par la presse que la filiale avait été vendue. C’est malin. Il faut que cela devienne impossible. Les entreprises doivent fusionner avec leurs filiales pour arrêter de pouvoir faire ce genre de manipulation financière. Hop ! Je vends une boite, j’en achète une autre,…

Cette mesure n’est pas bien méchante, surtout qu’avec le petit 1, elles devraient s’en sortir. Les libéraux qui pourraient me répondre que la stratégie de l’entreprise ne regarde pas les salariés sont invités à réfléchir deux fois. La filiale où j’étais à été vendue par une entreprise dont j’avais participé avec mon capital à la création. Je voulais bosser pour cette boite pour la développer, pas pour l’autre boite qui m’a d’ailleurs positionné dans une situation de précarité avec son mode de fonctionnement qui ne me satisfaisait pas.

On ne joue pas avec les salariés. D’autant qu’ils sont quand même à la base des revenus des entreprises.

Petit 3 : les cotisations chômage à la carte

On nous dit que les entreprises veulent licencier plus facilement. Soit ! Créons d’autres statuts de salariés. En contrepartie, les entreprises qui les emploient paieraient des cotisations en fonction du degré de précarité. Un emploi à vie ? Hop ! Un degré de cotisation très faible (pas nul, toute boite peut faire faillite dans 20 ans, rien n’est à vie… mais on revient à la base : l’assurance chômage reste une assurance pas un moyen de gérer une crise économique). Une possibilité de licencier en quelques jours ? Hop ! Des cotisations multipliées par cinq pour la tranche de salaire inférieure à deux fois le SMIC.

Après avoir fait ronchonner les libéraux, j’aurais probablement fait ronchonner les gauchistes. Tant pis. Dans une négociation, il en faut pour tous.

Petit 4 : un éclatement de la branche famille de la sécurité sociale

On supprime les cotisations sur la famille mais on oblige les entreprises à réserver une part de la masse salariale pour un versement en fonction du nombre de gosses des employés. Ca parait con mais à la réflexion, ça fonctionne très bien : les gens seraient incités à faire des gamins mais les entreprises ne paieraient pas plus cher, globalement, selon que leurs salariés aient peu ou beaucoup de mômes.

Les allocations familiales ayant été supprimées, l’ensemble des prestations qui ne sont pas liées à la famille seront supprimées ou transférées dans le giron de l’Etat ou des collectivités locales, ce qui concerne essentiellement l’aide au logement.

Celles liées à la famille, comme le RSA, l’allocation rentrée scolaire, l’allocation pour adultes ou enfants handicapées et tout ça seront fusionnées dans un machin simple et compréhensible payé avec une augmentation de la CSG. On appellera ça le Revenu Minimum (sans Insertion, qui n’est qu’une connerie destinée à faire joli pour faire plaisir à la droite) calculé sur le minimum qu’il faut pour vivre en fonction d’un tas de paramètres (lieu de résidence, handicap, nombre d’enfants). Les prestations seront dégressives en fonction des autres revenus du ménage tout en évitant les effets de seuil qui pourraient défavoriser tel ou tel… Par exemple, comme cela remplacera le RSA, il ne faut pas que le RM dissuade de travailler (un type qui touche 500 euros de prestation et trouve un boulot à mi-temps pour 500 euros, ne doit pas perdre les 500 premiers euros mais une cinquantaine ou une centaine seulement, par exemple).

Voir le petit 6 qui renvoie sur le petit 7 et le petit 8 pour une autre nouvelle mission des CAF.

Le RM sera nommé le Complément Universel de Logistique.

Petit 5 : réforme de l’impôt sur le revenu

L’impôt sur le revenu sera considérablement augmenté y compris pour ceux qui ont les revenus les plus bas (avec une mesure d’augmentation des prestations pour qu’ils ne soient pas pénalisés). La CSG ne sera plus déductible en partie des revenus imposables. En contrepartie, la CSG sera considérée comme une avance sur paiement de l’impôt sur le revenu et donc déduite du montant à payer.

Mine de rien, je viens de rendre la CSG progressive, de la remettre dans le giron de l’impôt sur le revenu et de populariser le prélèvement à la source.

C’est une première étape. Vous me direz que ça n’a rien à voir avec le sujet qui nous concerne : ben si, il faut bien financer le petit 4 qui vise à mettre de l’ordre dans un bordel sans nom.

Je viens aussi de résoudre une partie du problème lié à la fusion CSG – IR : l’année blanche. La CSG est payée au fur et à mesure, l’IR l’année suivante. La fusion obligerait à avoir une année blanche. Là, ça reste un peu le bordel mais c’est bien la CSG de l’année des revenus qui serait déduite.

Petit 6 : destruction de Pôle Emploi

Ce machin est une invention de la droite qui a fusionné l’ANPE et les ASSEDIC qui avaient pourtant deux missions bien différentes. Voir les petit 7 et petit 8 pour leurs remplacements.

Petit 7 : les missions des ASSEDIC

Voir le petit 4. Dans les paramètres qui composent le CUL, on rajoutera des composantes en fonction des années de travail, des revenus des années et des mois précédents. Bref ! De quoi remplacer les allocations chômages. Le paiement sera assuré en fonction des cotisations des salariés et des entreprises. Le versement sera intégré au CUL mais sur une base totalement différente qui sera définie par négociation annuelle entre les partenaires sociaux et les parlementaires.

Petit 8 : les missions de l’ANPE

Elles seront transférées aux régions en même temps que la formation professionnelle qui devront créer des services spéciaux pour gérer tout ça. Le financement sera pour partie assuré par l’Etat en fonction du nombre de chômeurs de la région (en gros) et la gestion sera conjointe entre les régions et les partenaires sociaux qui détermineront, région par région, les cotisations des entreprises pour la formation.

Les agents de l’ANPE qui n’arrêtent pas d’être baladés auront une prime conséquente de compensation.

Les machins régionaux seront indépendants entre eux et l’Etat n’aura aucune tutelle sur eux mis à part la loi qui confiera les missions aux régions et aux partenaires sociaux.

T’as vu ça ? Je viens de régionaliser la représentativité syndicale et l’intervention économique de l’Etat dans le travail.

Il nous faudra trouver un nom pour ces agences régionales. On verra plus tard. On fera dans le grand art, si possible. Les Agences Régionales pour le Travail, tiens.

Petit 9 : le BITE

Ce matin, j’arrive pour prendre mon café à la Comète. Le bistro était fermé, il y avait plein de policiers et de monde en civil. Entre nous, c’est bien la première fois qu’un flic m’interdit de rentrer au bistro. Un matin, c’est con… Comme d’autres bistros de Bicêtre y sont passés hier, je n’étais pas inquiet : vaste opération concertée avec l’URSSAF, les services d’hygiène,…

Toutes les missions de recouvrement des cotisations et de contrôle du travail et des entreprises seront fusionnées au sein du Bureau d’Intervention pour le Travail et l’Entreprise. Ils assureront les missions actuelles d’un tas de services, tels que l’inspection du travail, les services vétérinaires, … Bref, tous les machins chargés de contrôler les entreprises, d’assister les salariés,… Ils seront directement rattachés à un ministre dédié et les budgets seront considérablement augmentés.

En effet, M’sieur Gattaz, il veut libéraliser les entreprises, on va aller dans son sens mais il est primordial de renforcer énormément les instances de contrôles. Vous vous rappelez du coup de la viande de cheval dans les lasagnes ? Les libéraux, ils veulent pouvoir acheter leur viande sur les marchés financiers sans s’occuper de la provenance pour faire des économies. Je dis : chiche ! Mais les entreprises doivent pouvoir être contrôlées en conséquence.

Elles veulent pouvoir avoir du personnel en fonction de leur activité ! D’accord. Mais elles doivent accepter que des organismes contrôlent que le personnel est bien géré conformément à la loi.

Petit 10 : la création de contrats de travail de très courte durée

Amis gauchistes, ne commencez pas à hurler. Cela existe déjà. Tiens ! Je parlais hier des intermittents. Il y a aussi tous les lascars en intérim ou les machins comme les bureaux de placement pour les bistros qui trouvent des loufiats en remplacement pour une journée ou deux. Et tous les braves gens, obligés de se mettre en statut d’auto-entrepreneurs pour avoir des revenus, vous y pensez, hein ? Ca permet aux entreprises d’être moins emmerdées et de payer moins cher…

Il faut réformer tout ça, tout remettre à plat.

Le BITE (voir point 9) mettra en place des serveurs web qui permettront aux entreprises de déclarer rapidement un travailleur si elles le souhaitent. Elles auront à saisir, avant le début du travail, outre son identifiant, le numéro de sécu (ou autre) de l’employé, les horaires prévisionnels de travail, le salaire brut horaire,…

Les cotisations salariales sur le travail payées par l’employeur seront proportionnelles au degré de précarité, ce qui encouragera les employeurs à changer de fonctionnement.

Petit 11 : auto-entrepreneurs

J’en parlais dans le petit 10. Ce statut est à la fois très bien puisqu’il permet aux braves gens de développer une activité et une belle saloperie puisqu’il permet aux entreprises de faire appel à des faux salariés.

Il sera supprimé et remplacé par un statut spécial pour les très petites entreprises, qui pourra regrouper les travailleurs indépendants, les artisans et un tas de trucs, les entreprises individuelles et tout ça. Y compris les bistros, tiens ! Et les taxis… Il faudra lui trouver un nom. Je propose Société EXigüe mais Entreprenante. C’est un abus de langage puisque ce n’est pas une société.

Il y a un tas de trucs à prévoir et je n’y connais rien mais le principe est la création facile d’un statut permettant d’exercer en son nom une activité rémunérée non salariée, éventuellement avec des employés, en simplifiant la fiscalité et en permettant de vérifier que le travail effectué soit bien soumis à la réglementation en vigueur.

La fiscalité doit porter sur la TVA et la marge, alors associée à un revenu du travail, donc sujet à cotisation salariale, patronale, CSG et imposition sur le revenu.

On appelle ça une simplification : la multiplication des régimes sera arrêtée et toutes les démarches seront faites par internet. Le statut n’aura de particulier par rapport à d’autres statuts qu’un seul fait : l’entreprise n’est pas une personne morale mais une personne physique.

Petit 12 : fusion des cotisations

Nos fiches de paye font plusieurs pages. C’est le bordel. Les prélèvements obligatoires pour la sécurité sociale et autres machins comme la formation, le logement et que sais-je ? seront fusionnés en une seule ligne avec un pourcentage unique pour tout le monde (un pour les cotisations salariales et un pour les cotisations patronales, en fait). Et basta. Néanmoins, le détail par branche du montant payé sera rappelé sur la fiche de paye de manière claire mais sur une autre page. Nous aurons donc : en faut, le montant brut, ensuite les cotisations salariales et patronales, ensuite la CSG, ensuite les autres trucs (retraites complémentaires,…).

Les pourcentages uniques seront la somme de pourcentages indépendants (retraite, santé, famille) fixés par la loi ou les partenaires sociaux.

Petit 13 : suppression des œuvres sociales

Je plaisante ! Ou presque.

J’y reviendrai.

Petit 14 : torpillage des CE et des DP

Je plaisante aussi. Mais les CE recouvrent deux activités : la représentation et la défense des salariés et les œuvres sociales de l’entreprise. Ces activités n’ont pas être mélangées. Nous avons d’un autre côté les délégués du personnel mais personne, à part les salariés qui sont élus (dont moi, d’ailleurs), ne voit la différence entre les deux (il a fallu que je sois élu pour qu’on m’explique) et la plupart des gens assimilent les CE aux œuvres sociales de l’entreprise, à savoir les petits avantages dont ils bénéficient. Par ailleurs, les CE des très grandes entreprises sont souvent sous les feux de l’actualité pour des avantages considérables dont ils bénéficient.

Les CE et DP seront donc supprimés au profit de deux nouveaux machins :
-         la représentativité des salariés, leur défense, les machins du CHSCT et tous ces trucs,
-         les œuvres sociales.

Vite ! Trouvons deux acronymes. D’un côté : Comité de Représentation des Employés. De l’autre : Terrain d’Intérêt Neutre. Vous pensez que ça ne veut rien dire. Et bien si ! Le TIN sera conjointement géré par le CRE et la direction. Seul le CRE sera élu par le personnel.

Les élections pour les CRE auront lieu tous les ans, à la même date pour toutes les entreprises et étalées sur trois jours, permettant ainsi aux organisations syndicales et aux médias de faire des campagnes nationales en plus de la campagne au niveau de chaque entreprise, ce qui incitera les gens à voter et améliorera la représentativité des syndicats.

Il n’y aura aucune heure de délégation pour le TIN (voir le point 13, que je n’ai pas encore développé, elles deviendront inutiles) et les heures de délégations pour les CRE seront limitées au temps effectivement nécessaire pour faire le boulot de représentation ou d’assistance des salariés. Par exemple, je suis DP et n’ai rien à foutre en dehors des réunions parce que les salariés de la boite n’ont pas de problème, je ne vais pas prendre les jours de délégations. Un peu de sérieux. Les CRE n’auront aucun budget mais auront accès à certaines ressources de l’entreprise (photocopies,…).

Petit 13 : suppression des œuvres sociales

J’avais promis d’y revenir. Les entreprises donnent certains avantages à leurs salariés (subventions du CE, cantine ou ticket restaurant, remboursement de frais de transports,…). De fait, certains employés bénéficient de sérieux avantages par rapport à d’autres ce qui crée un clivage dans la société, notamment entre les salariés des grandes boites et les salariés des petites boites, en plus du clivage par rapport à la sécurité de l’emploi et de la protection par une représentation du personnel.

Parenthèse : il faudrait faire une étude pour savoir les différences lors des élections entre les choix des salariés des petites boites et ceux des grosses. Et si la gauche s’occupait un peu plus des salariés des petites boites ?

Solution : tous ces machins seront inscrits sur la fiche de paye et considérés comme du salaire brut, soumis, donc, à une fiscalité normale. Il n’y a pas de raison. Vous n’y avez jamais pensé lorsque vous avez acheté un billet pour un concert par l’intermédiaire du CE parce qu’il vous en rembourse cinquante pourcent mais c’est bel et bien un niche fiscale. Et paf !

Les CE sont devenus des gigantesques centrales d’achat ou des entreprises commerciales de loisir et les cantines ont disparu au profit de Restaurants Inter Entreprises gérées par des multinationales. On est bien loin du temps où la cantine était mise en place pour s’assurer que le salarié était nourri correctement…

Ca n’a plus rien de gauche.

Petit 15 : les intermittents du spectacle

Vous vous attendiez à voir le petit 14 mais je vous rappelle que je l’ai traité avant le petit 13.

Le statut sera supprimé au profit du SEXE (voir le petit 11). Le CUL (voir le petit 4 rectifié par le petit 7) sera modifié pour permettre aux salariés qui peuvent justifier de bosser dans le domaine de la culture de toucher le pognon avec un plus faible nombre d’heures travaillées dans l’année.

En fait, ça ne changera rien pour les intermittents qui bossent réellement dans le domaine de la culture, notamment la culture populaire. Cela changera pour les utilisateurs des intermittents.

Vous verrez pourquoi à l’occasion du petit 16.

Petit 16 : la TVA

La TVA sur les achats de prestation ne sera plus déductible. Hop ! Ca découragera les entreprises de faire appel à des travailleurs précaires, via l’intérim et les nombreux statuts (fusionnés, voir le petit 11). Ca, c’est de la TVA sociale !

Tant qu’à faire : la TVA sur les produits achetés à l’étranger ne sera plus déductible non plus (ça va être plus difficile à faire passer et il faudra étudier les conséquences, les solutions de contournement,…).

Le petit 16 (la première partie) découragera l’appel à la sous-traitance qui, dans de nombreux domaines, n’est qu’un prétexte pour tirer les coûts vers le bas en rémunérant moins le travail. C’est mal.

Même dans mon domaine, c’est terrible. Les entreprises font appel à des sociétés de services informatiques qui font elles-mêmes appel à des travailleurs indépendants. Certains sont contents parce qu’ils touchent plus de pognon, d’autres sont frustrés parce qu’ils sont en plus grande précarité.

Des exceptions pourront être trouvées par négociation, par la loi ou, ultérieurement, par le BITE (par exemple, de la sous-traitance pourra être tolérée si la société retenue a elle-même un faible taux de sous-traitance).

Cette mesure aura le bonheur de contribuer à l’arrêt de montages financiers délirants.

Petit 17 - Refonte de la fiscalité sur les amortissements et locations

Je dois avouer que je n’y comprends rien mais je trouve totalement délirant qu’une entreprise gagne plus de pognon en louant ses bâtiments, par exemple, qu’en en étant propriétaire. Il faudrait trouver quelque chose, comme ne pas pouvoir déclarer son loyer dans le compte de résultats avant impôt ou un truc comme ça ou modifier les règles d’amortissement…

Petit 18 – La culture

On a parlé des intermittents défendus farouchement par une partie de la gauche qui oublie que les intermittents sont employés par des entreprises gigantesque en majorité ou pour leur gloire. À votre avis, quel est le statut des lascars qui installent les salons, genre salons de l'auto ? Pourtant, ils travaillent toujours pour les mêmes boîtes, spécialisées dans l'organisation des salons.

Et on justifie ça par la culture et le défense de salariés protégés.

Par contre, tout un pan de la culture est oublié : ceux qui voudraient vivre de leurs créations, écrivains, peintres,...

Il faudra les inclure - je ne sais pas comment - aux machins qui permettent d'avoir de l'aide, par exemple en tenant compte, à la place des heures de travail, des revenus de créations dans les machins pour avoir droit d'avoir des aides (les créations devenant donc fiscalisées normalement, pour celles qui rapportent).

Et cela sera l’occasion de discuter l’exception culturelle à la Française qui me semble parfois avoir une légère tendance à profiter surtout aux entreprises multinationales ou aux chanteurs et acteurs très populaires… Je me suis toujours demandé en quoi c’était de gauche.

Petit 19 - les indicateurs de chômage et de pauvreté

On a beaucoup de chômeurs que les Allemands. Ah merde. Oui mais ils ont beaucoup plus de pauvres, y compris parmi les travailleurs.

Par ailleurs, je parlais ce matin des chiffres de chômage : l'OCDE donne des tendances différentes de celles du gouvernement.

C'est le bordel. Et pourtant, on s'en fout. Qu'un type soit au chômage n'est pas très grave s'il a des revenus. Et qu'un type bosse 30 heures par semaine au SMIC est plus dérangeant s'il veut en faire plus.

Il faudrait trouver un indicateur plus significatif de l'état de santé de l'économie par rapport à ces aspects.  J'entends les contradicteurs : ah ah vous voulez minimiser l'impact du chômage ! Pas du tout. Ou du moins, je n'ai jamais changé d'envie. Ce qui m'importe est le partage des richesses. Le meilleur moyen de les partager est de partager le travail ce qui provoque mécaniquement une baisse du chômage. On peut ne pas être d'accord. Si on est à gauche de la gauche, on dira que le meilleur moyen de partager les richesses est de diminuer la part de la production de richesses qui va au travail. Si on est de droite, on dira qu'il faut travailler plus pour produire plus de richesses. Chacun aura son avis. Tous faux. Sinon, on n'aurait plus de pauvreté et de chômage. Le tout est une question d'équilibre.

Toujours est-il que le travail n'est pas un but en soi et que le progrès technologique permet de travailler moins pour produire autant. Ça vaut pour tous les domaines. Bientôt, une femme passera moins d'une journée à la maternité pour un accouchement ! Son travail n'aura pas été diminué... Celui du personnel médical, si !

Cela ne nous éloigne pas de l'objet du billet. Le jour où M. Gattaz aura changé de parfum, je changerai de bistro. M. Gattaz veut des contreparties : on arrêtera d'emmerder le patronat en le pointant du doigt pour non création d'emploi le jour où il aura admis que demander une baisse des cotisations ne fait qu'exonérer les systèmes financiers de nous avoir amené là.

Les entreprises doivent participer à la redistribution et peuvent elles-mêmes  proposer des réformes qui n'aillent pas que dans le sens de leurs propres profits immédiats.

Petit 20 – Arrêter les billets de blog trop long.

Ceci aurait du être mon billet d’hier soir, puis celui de ce matin, puis celui de ce midi, … Mais tant qu’à faire, j’ai rajouté couche sur couche. Ca me fait rigoler de faire des billets très long avec du contenu et des histoires de cul à l’occasion. Ca change des éternels billets d’humeur.

Conclusion

Bof. Il en faut pour tout le monde. Il faut de la diminution de cotisation, parait-il. Elle ne pourra avoir lieu avec une diminution des prestations, sauf à la marge. Tous les plans de la droite ne font que des économies de principes. Par exemple, ils proposent de supprimer une partie de l’AME (ils vont laisser les gens crever ? Ils ont oublié…). Ce machin coûte 800 millions. S’ils économisent 200 (ce qui est un leurre : on ne va pas licencier les infirmières et les urgentistes ! Tiens ! J’ai oublié de réformer la santé…), on sera bien loin des 50 milliards « officiellement nécessaires ».

Petit 21 – Réformer la santé

Réparons un oubli.

21a : la santé sera coupée en deux branches distinctes : l’assurance maladie d’un côté et l’hôpital de l’autre.
21b : je me fous de l’organisation des hôpitaux mais le financement doit être assuré par la solidarité nationale donc par l’impôt et le budget de l’état, l’assurance maladie et le remboursement dans les cliniques privées pouvant continuer à être gérés par les partenaires sociaux.
22c : les hôpitaux auront des subventions en fonction du nombre de toubibs, d’infirmières,… pour faire leur boulot correctement. Il n’y aura plus de facturation à l’acte ou des machins comme ça. Il revient aux toubibs et au personnel hospitalier de se débarrasser des couillons qui leur donne trop de travail pour des trucs qui relèvent de la médecine de ville.

Conclusion

Il faut donc faire des réformes, la première étant celle du statut des salariés pour enlever un certain type de précarité et inciter les entreprises à n’utiliser que des salariés. Quand tout le monde sera clair et net, on pourra commencer par détricoter quelques trucs contraignants du droit du travail.

M’sieur Gattaz, s’il veut qu’on diminue les cotisations, il n’a qu’à faire en sorte que la solidarité nationale ait moins de boulot.

01 août 2013

Licenciés au comptoir

Tous les midis, je mange dans une très grande brasserie, perdue au milieu des tours de la Défense. Avec une amie qui bosse dans le quartier, nous nous mettons au bout du comptoir, où l’ambiance est assez familiale. Ce midi, 6 ouvriers et leur chef sont arrivés et se sont mis à côté de nous. Ils sont parlé de choses et d’autres et le chef à pris la parole.

« Bon, les gars ! Je voulais vous voir ce midi parce que vous allez recevoir, demain, un recommandé pour vous dire qu’une procédure de licenciement économique va être engagée à partir du 14 septembre. » Ca semble étrange mais je ne connais pas les procédures… « Je n’ai pas le choix, c’est comme l’autre fois, je ne sais si le boulot va repartir. »

Les gars n’ont pas bronché, comme si c’était une sorte de routine. Le type a donné quelques explications. Ils ont réglé quelques détails administratifs (je suppose que la boite ferme demain pour les vacances, il faut rembourser les frais et tout ça…). Et ils ont continué à discuté, comme si de rien était, comme s’ils ne venaient pas d’apprendre leur licenciement.

Je suppose qu’ils vivent ça en permanence, que leur patron leur envoie périodiquement un recommandé, qu’ils pensent que c’est normal.

Fumiers de patrons… Ce n’est pas la peine d’avoir un droit du travail, ils arrivent à le contourner.

Au moment des débats sur l’ANI, cette réforme du droit du travail suite à des négociations, un truc m’avait frappé chez les opposants de gauche. L’ANI concerne essentiellement les salariés des grandes boites. Combien trouve-t-on de salariés qui ne sont pas concernés, de ces gars ou de ces filles qui bossent dans une petite boite, presque corvéables à merci, écartés du droit du travail mais respectant le patron parce qu’ils leur file du boulot ?

Combien ?

02 avril 2013

14ème semaine

La fin de ce week-end de trois jours qui suit une interview du Président de la République sonne un peu comme une nouvelle rentrée surtout que la semaine dernière n'avait pas été folichonne. Voyons voir comment ça recommence ?

Tout d'abord, NKM. Je ne vais pas me taper toutes les personnalités de droite, ce matin, mais il me semble qu'elle a perdu gros en tapant Anne Hidalgo sous la ceinture. D’ailleurs Anne Hidalgo a porté plainte. Revenons à gauche. 

La taxe à 75%. Faites la une bonne fois pour toutes. Ça commence à faire brouillon. Hier, on disait que les clubs de foot ne seraient pas concernés. Aujourd'hui, Matignon annonce le contraire. Ça fait un peu trop longtemps que ça dure. Il n'empêche qu'elle revient maintenant à taxer les entreprises qui versent des trop gros salaires. Taxer celles qui en versent des trop petits ne me paraîtrait pas ridicule. 

Réforme du droit du travail. Laissez donc les députés faire leur boulot. Le dialogue social dans la constitution, c'est bien joli, mais ça ressemble un peu à un gadget tant que la représentativité des syndicats est aussi fumeuse.

Réforme des retraites. Pendant celle faite par la droite, je disais que c'était une connerie de faire travailler les gens plus longtemps. Je ne vais pas changer d'avis parce que la gauche est au pouvoir. Par ailleurs, j'ai entendu parler de désindexation : ça revient à une baisse des pensions. Il y a trois moyens de rééquilibrer les retraites : n'oublions pas le troisième, une augmentation des cotisations ou une autre source de financement. Par ailleurs, le gouvernement a mis en place une commission pour travailler sur le sujet. Pourquoi François Hollande et Jean-Marc Ayrault font-ils des annonces avant la fin des travaux ? 

Allocations familiales : je veux bien qu'on diminue les allocs pour ceux qui sont plein de pognon mais tant qu'à faire une réforme, ne pourrait-on pas envisager de les financer par autre chose que le travail qui a déjà bien du mal à financer les retraites ?

Remaniement. On lit par ci ou par là qu'il faudrait faire le ménage. Ce n'est pas le moment. 

Manif pour tous : j'ai vu un excellent article dans le Monde.fr, hier matin (l'article est du 28 ou 29), à propos du nombre de participants. Je résume : les réseaux sociaux étaient déchainés pour nous donner une impression de masse mais la manif aurait été beaucoup plus calme que ce qu'on a pu lire. Je vais même rajouter une théorie personnelle. Pendant ces grands mouvements de foule, la 3G ne passe pas (même le téléphone passe très mal). Une partie des publications faites en direct l'a donc été d'en dehors de la manif. J’ai vu un autre article montrant que les rues étaient loin d’être pleine de monde…

Feu : Cécile Duflot a fait de la publicité pour les détecteurs de fumée suite aux deux incendies de ce week end. Est-ce que ça ne fait pas un peu bricolage ?

Municipales à Paris : pouvez-vous arrêter de nous les gonfler avec des sondages donnant l'impression que c'est une élection qui se joue entre Anne Hidalgo ou qui serait « uninominale à deux tours » ? C'est beaucoup plus compliqué que ça avec les élections par arrondissement. 

05 mars 2013

La démocratie sociale ne doit pas marcher sur la tête

La situation est complexe. Aujourd'hui, on a la première manifestation "de gauche" contre une loi nulle issu d'un accord parfaitement légitime voulu par celui qui a été élu par cette gauche. Si la loi, mauvaise, ne passe pas, le patronat ne voudra plus négocier et les syndicats perdront encore une partie de leur légitimité. Seule l'Assemblée Nationale aura la possibilité d'agir sur le droit du travail et prendra l'habitude de passer par la force, comme pour la réforme des retraites en 2010.

C'est ubuesque.

Si j'étais vous, je n'irais pas manifester.

Le plus drôle est que certains points qui sont signalés comme très positifs par la plupart des acteurs me paraissent particulièrement négatifs. Prenez cette histoire de complémentaire santé obligatoire pour tout le monde, prise en charge à 50% par l'employeur.
1/ ça va augmenter le coût du travail pour les petites entreprises,
2/ ça va rogner du pouvoir d'achat à des salariés (qui pourront quand même se soigner...),
3/ ça va enrichir des entreprises privées (même si certaines sont mutualistes, elles restent privées).

100 députés socialistes ont appelé à voter pour une loi. J'espère qu'ils finiront plus nombreux. J'imagine que la droite ne votera pas contre ce texte et ne présentera des amendements que pour amuser la galerie : ils ne peuvent pas dénaturer un texte signé par le patronat. A gauche, les résistances à l'Assemblée devraient être à la marge.

Je ne sais pas s'il y aura beaucoup de manifestants aujourd'hui. A priori, les gens concernés par le texte travaillent... De tout manière, je doute fort que la moitié des manifestants sachent pourquoi ils manifestent réellement, à part pour protester globalement contre la politique du Gouvernement, l'austérité et tout ça.

Si cette manifestation est un succès, je serai un des premiers à me réjouir, paradoxalement, surtout s'il y à plus de monde qu'à la manif contre le mariage pour tous. Je pourrai faire des amalgames idiots. Si elle est un échec, ça serait une catastrophe pour la CGT (un peu moins FO, peut-être), dans le contexte de la succession de son chef. Qu’ils se débrouillent.

De toute manière, le Gouvernement ne pourra pas céder. Ça serait remettre en cause sa méthode. C'est mal.

Ainsi, je suis perplexe.

Mon confrère Cyril l’est moins mais plus sérieux. Dans son billet du jour, il nous explique pourquoi il n’ira pas manifester. Il a raison. Tout d’abord, cet accord a été mené avec la bonne méthode et c’est un compromis. Chaque côté a fait des concessions. Cyril signale que l’accord se fait dans le cadre des engagements de François Hollande et est la base d’une nouvelle démocratie sociale.

Si j’étais vous, je n’irais pas manifester. Même s’il fait beau, il faut être prudent : l’hiver revient.

Plus important que cette réforme, nous avons prochainement une nouvelle réforme des retraites. La dernière a été complètement ratée faute d'accord entre les partenaires sociaux. Marisol Touraine a mis en place une commission chargée de préparer la négociation.

Il faut que la démocratie sociale avance. Sinon, on est foutus. Le texte doit passer. Tant pis s'il n'est pas parfait.

15 janvier 2013

L'accord imparfait ?

« Jean-Marc Ayrault a une nouvelle fois salué mardi à l'Assemblée nationale l'accord sur l'emploi passé entre le patronat et trois syndicats et estimé que vouloir réformer de façon "autoritaire" sur ce sujet est voué à "l'échec". » nous dit-on.

Autant je suis d’accord avec la méthode et la nécessité de faire évoluer le droit du travail pour prendre en compte certaines évolutions du monde, autant je suis circonspect sur l’accord en question. C’est suffisamment rare pour être noté.

Je ne suis pas un spécialiste de ce domaine (aussi peu que du Mali…). Il n’empêche que les réticences exprimées par Gérard Filoche méritent d’être étudiées : « Il n’y a pas une seule avancée… sauf pour le patronat. C’est un accord […] dont une des principales caractéristiques est de faciliter les licenciements et de rendre plus difficiles les recours des salariés, des IRP, des syndicats. »

Mon confrère Cyril est plus optimiste. Le texte est disponible chez David qui résume : « Sur le fond, le medef a gagné. Les entreprises pourront en cas de difficultés économiques avérées et vérifiés par les représentants du personnel proposer un accord de temps-salaire d'une durée maximale de deux années. Les avancées pour les salariés sont de mon point de vue plus mineures. »

La méthode est bonne. Mais si le résultat n’est pas au rendez-vous…

21 août 2009

Les Français : le peuple le plus productif au monde

On le savait déjà, j'en ai déjà parlé dans le blog. Mais c'est le résultat d'une nouvelle étude étudiée par Gaël (dès que Maxime l'a trouvée).

Je vous livre le résultat en anglais et en italique : "This puts the French Labor Alpha at about $0.50 GDP/Capita/Hour over the US. It may sound small at first, but add that up across millions of people, and a few decades. Now you've built a lesson for the rest of the world to learn. Winning is not about working hard. It's about working smart... and less. As the French know well."

Maintenant, vous m'expliquerez pourquoi la droite au gouvernement tient tant que ça à changer notre modèle social, à réformer notre droit du travail. Pour nous rendre moins productif ?

Ensuite, vous m'expliquerez pourquoi la droite au gouvernement tient tant que ça à nous faire travailler plus, pourquoi, depuis 2002, veut-elle "remettre les Français au travail" alors que c'est notre heure de travail qui est la plus productive !

Merci Gaël et Maxime !

20 mai 2008

Réécriture du code du travail

Audine nous présente le nouveau code du travail et, surtout, donne des éléments pour le comprendre et l'utiliser. Allez-vite lire ça ! Moi-même, il me tarde de rentrer at home.
N.B. : Elle prend des positions sur le code lui-même. Papotant avec elle par mail, je lui ai dit que ses positions ne m'intéressent pas (dans le sens où ce n'est pas mon boulot, je ne suis pas juriste). Seules les clés qu'elle donne m'intéressent.

05 décembre 2007

Vive les 35 heures !

Fidèle à mes opinions, ce matin, j’ai viré de Facebook une grande partie des groupes. J’ai gardé ceux de défense des 35 heures. Quand on est attaché à un truc…

Un peu après, j’allais prendre ma douche pour être assuré d’avoir les fesses propres au cas où je doive coucher pour obtenir une promotion bien méritée, quand le journaliste de France Info qui assurait la revue de presse annonce un article (peut-être celui-ci) en disant à peu près : « Il est temps de se débarrasser de ce boulet des 35 heures ».

Mon sang ne fait qu’un tour ! Et je maugrée sous la douche.

Je débarque au bistro prendre mon café non sans avoir pris le temps de m’habiller, le fond de l’air étant frais. J’en profite pour lire Le Parisien qui m’informe que François Fillon ouvre les yeux sur le budget et qui me rappelle que le gouvernement s’apprête à torpiller à nouveau le droit du travail (c’est reporté ?).

C’est alors que je surprend la conversation de mes voisins (que je connais bien), toujours sur le même thème : « il faut que les Français travaillent plus pour ne pas se faire bouffer par les Chinois ». Je bondis : « Bande de cons ! Tous les matins vous vous lamentez parce que votre pouvoir d’achat baisse… et vous voudriez qu’on se retrouve avec le niveau de vie des Chinois ».

Car c’est bien de ça dont il s’agit ! Admettons qu’un ouvrier Chinois coûte 100 euros par mois à son patron et qu’un ouvrier Français en coûte 1500 (je donne des chiffres au hasard)… Vous pourrez faire en sorte que l’ouvrier Français n’en coûte que 1000… Ca fera toujours 10 fois plus qu’un Chinois.

Vous vous trompez de combat ! On peut sûrement rattraper les Chinois… en devenant aussi pauvres qu’eux. Bravo !

Travailler plus est de la folie !

Travailler moins est un progrès social. On le fait depuis des décennies, voire des siècles grâce au progrès technologique. Et ça va continuer ! Dans cinquante ans, il n’y aura plus de conducteur de métro, de caissière de supermarché, d’employé de station service, …

S’enfermer dans une spirale productiviste est non seulement con (produire pour le plaisir de produire) mais en plus destructeur pour la planète !

Travailler plus collectivement pour augmenter le niveau de vie et garantir notre maintien de la tête hors de l’eau : pourquoi pas ? Mais travailler plus individuellement alors qu’on a plus de 5 millions de types au chômage est non seulement égoïste mais en plus purement crétin !

Vous pensez réellement que passer de 1000 euros par mois à 1100 est intéressant si le prix à payer est la destruction des services publics (vous savez, ces trucs qui construisent des routes pour qu’on puisse partir à la mer et qui s’occupent des enfants pendant qu’on bosse) ou la suppression de la protection sociale (vous savez, ces trucs qui payent les soins dentaires des mômes et qui nous permettent de survivre quand on ne peut plus bosser suite à une opération du cœur).
Pendant ce temps là, la différence entre les revenus du travail et ceux du capital augmente de plus en plus ! Il y a des gugusses qui oublient que s’ils travaillent plus, c’est surtout son patron (les actionnaires, donc) qui gagne plus. Le problème en France n’est pas le temps de travail : d’ailleurs le nombre d’heures travaillées en France n’a pas à donner à rougir. C’est la répartition du travail (comme partout d’ailleurs) et surtout la répartition des revenus : et là, en France, on peut rougir.

19 novembre 2007

Droit du travail torpillé

Comme Franssoit et Le Monolecte, je relaie les informations d'Etienne Chouard, qui décortique la manière dont la droite torpille discrètement le droit du travail, sans même passer par la voie parlementaire normale !