En salle

19 décembre 2022

Ne blanchissons pas les Argentins



Comme tout le monde, j’étais bien déçu pendant un peu moins de 80 minutes, pendant le match d’hier. Alors, j’ai lâché fini l’affaire et je suis allé me poser en terrasse avec ma bière, le temps qu’il soit l’heure de commencer sérieusement à entamer la cuite du dimanche soir. Notre équipe jouais comme un pied. Ca arrive.

Et la clameur est arrivée du comptoir ! Et ce n’est pas un but qui avait été marqué mais deux. Les affaires reprenaient. Je dois avouer, par une réflexion footballistique que je ne devrais pas me permettre, que cette déception initiale a permis de noyer celle de la fin, celle de la vraie perte. Après tout, nous avions été meilleurs pendant les 40 dernières minutes (sur les 120) et on a perdu par la faute des aléas des tirs au but…

 


Bien sûr ! Taper sur le pays adversaire est le jeu. Ainsi, l’Argentine est un pays avec plein de racistes, hein ! D’ailleurs, ils n’arrêtent pas de critiquer l’origine des joueurs français. Comme si les joueurs Argentins étaient originaires de peuples « historiques du coin », comme les Incas (qui eux-mêmes ont envahi les braves gens qui étaient là auparavant). Ce sont bien des fachistes en peau de fesses qui, eux-mêmes, d’ailleurs ne devraient pas oublier qu’ils descendent pour certains d’Allemands blondinets émigrés vers le milieu des années 40 car ils ne supportaient pas le climat de chez nous… Je ne parle pas de la météo mais de l’affreuse chasse aux criminels de guerre.

Toujours est-il que les populations locales sont essentiellement des descendants de descendus de bateaux…

Alors, pourquoi n’y a-t-il pas plus de noirs dans l’équipe d’Argentine ? Des méchants disent que les populations d’origine africaine ont été exterminées mais il est plus vraisemblable (je suis devenu spécialiste suite à la lecture en diagonale de la première moitié de l’article de Slate que j’ai mis en lien) que ces braves Afrosudaméricains aient été tués pendant les guerres qui ont permis l’indépendance de ce pays et il serait logique – ou du moins de bon ton – que les surveillants blanchouillards vénèrent les racisés décédés.

Sans compter que le tango est bien d’origine africaine, non mais sans blague, et pas « de l’immigration européenne ». « Le terme tango, à l'étymologie très incertaine, serait originaire de la communauté noire d'Amérique latine issue de l'esclavage, et a connu divers sens au sein de cette communauté au cours des siècles, dont l'un des tout premiers fut celui-ci : tango : « Endroit où les personnes de couleur parquaient les esclaves (en Afrique) avant l'embarquement ». »

Il faut le dire : le seul truc connu de la culture argentine – une espèce d’expression où des couples se trémoussent – vient directement d’Afrique. Encore 10 ans et ils vont nous expliquer avoir inventé le rap.


 

Il faut quand même avouer que tous les noirs n’ont pas été tués dans les guerres d’indépendance mais la vérité est qu’ils éprouvaient une certaine lassitude de servir de chair à canon pour les Argentins et ont préféré désertés dans des nations voisines plus accueillantes. Il n’empêche que les rumeurs vont bon train dans les réseaux sociaux vu qu’il convient de taper sur ceux qui ont vaincu nos blacks beurs blancs nationaux.

Allons plus loin : les hommes noirs étant morts à la guerre ou ayant déserté, les gonzesses n’ont pas eu d’autre choix que de se maquer avec les blancs qui, eux, restaient, d’où un blanchissage généralisé et progressif de la population qui ferait assez plaisir à la dame qui s’occupe de mon linge.

Il faut poursuivre les recherches : « en réalité, l’Argentine abrite de nombreux Noirs depuis des siècles – non seulement la population d’esclaves et leurs descendants, mais aussi les immigrants. […]. Mais les dirigeants argentins blancs tels que Domingo Faustino Sarmiento, ex-président de l’Argentine (1868-1874),ont élaboré un « roman national » différent pour effacer la noirceur parce qu’ils assimilaient la modernité à la blancheur ». On ne m’ôtera pas de la tête que ce n’est pas joli-joli. « L’Argentine a aboli l’esclavage en 1853 dans la majeure partie du pays et en 1861 à Buenos Aires. Avec son histoire d’esclavage derrière elle, les dirigeants argentins se sont concentrés sur la modernisation, considérant l’Europe comme le berceau de la civilisation et du progrès. Ils croyaient que pour rejoindre les rangs de l’Allemagne, de la France et de l’Angleterre, l’Argentine devait déplacer sa population noire – à la fois physiquement et culturellement. »

On ne m’ôtera pas de la tête, aujourd’hui, que l’on peut quand même conchier ces néobougnoules.

 


Et ce n’est pas fini. « En effet, l’ex-président Sarmiento remarquait vers la fin du XIXe siècle : « Dans vingt ans, il faudra se rendre au Brésil pour voir des Noirs». Il savait que les Noirs argentins existaient mais suggérait que le pays ne les reconnaîtrait plus pour longtemps. Le paysage argentin s’est rapidement transformé, puisque 4 millions d’immigrants européens ont répondu à l’appel du gouvernement à migrer entre 1860 et 1914. Cette clause demeure dans la constitution argentine aujourd’hui. »

C’est quand même un peu comme si on inscrivait dans notre Constitution l’interdiction pour les Chinois de tenir des bars tabacs. Et d’y blanchir du pognon.


Et on ne dit pas Argentine mais pain à l'argent.

16 décembre 2022

Gode save the queer

 


Didier Goux écrivait dans son blog, récemment : « Deux titres d'Atlantico, le premier d'hier, le second de ce jour, qu'il serait sans doute particulièrement nauséabond de prétendre rapprocher l'un de l'autre. Je le fais pourtant, n'étant pas plus que cela dérangé par les relents méphitiques se dégageant de ma personne :

1) Selon une étude de Cambridge, moins de la moitié des étudiants se déclarent désormais hétérosexuels.

2) Le nombre des adolescents atteints de troubles mentaux ou qui se suicident explose.

Ce sera tout pour ce matin. »

Je suis malheureusement peut-être aussi nauséabond que lui vu que je n’hésite pas à faire le rapprochement en question mais, c’est le premier point qui m’intéresse aujourd’hui.

Google nous permet de retrouver l’article en question et d’avoir des informations sur la personne interrogée, Christian Flavigny, qui a notamment écrit un livre présenté ainsi : « Comment aider les enfants et les adolescents qui ressentent un désarroi profond quant à l’établissement de leur identité sexuée ? L’approche anglo-saxonne, faute d’une culture lui permettant d’approcher le malaise de l’enfant à sa source, l’embarque, lui et sa famille, dans le leurre d’une adaptation du corps par la chirurgie plutôt que vers un dénouement de la détresse affective. La culture française possède elle cette expérience qui lui permet de comprendre et donc d’aborder le problème à sa racine, une démarche moins clinquante mais seule prometteuse d’une solution durablement apaisante. »

Je n’en sais pas plus et je prends donc l’article d’Atlantico au premier degré mais je pousse le bouchon jusqu’à m’abonner à la newsletter de ce truc pour pouvoir lire l’article sans m’abonner. Faut pas déconner quand même.

 


Tout d’abord, non seulement nous allons gagner la coupe du Monde mais, en plus, on est sans doute moins coincé du cul que les rosbifs (battus par ailleurs) et les ricains (qui ont tout de même battu l’Iran dans cette coupe). « Les sociétés anglosaxonnes, anglaise et américaine, ont brimé voire persécuté les minorités sexuelles, établissant une catégorisation qui résulte de leur approche normative et puritaine. Ce n’est pas le cas de la société française dont la conception universaliste a toujours accepté que chacun vive sa vie affective et sexuelle à son gré, sans jamais en faire un critère d’acceptation sociale, donc sans jamais discriminer selon de tels critères. »

Cocorico.

 


Je vais citer deux extraits (tout est intéressant mais j’ai un billet de blog à faire, moi). Tout d’abord ce chiffre (« près de la moitié ») a beaucoup augmenté vu qu’il était de l’ordre de 80% il y a six ans.

« L’exemple du “phénomène transgenre” est illustratif : est-il lié au fait que de plus en plus de jeunes oseraient déclarer ce qu’ils n’osaient pas avouer antérieurement, qu’ils se sentent appartenir à l’autre sexe que celui dévolu par leur anatomie ? En rien. Il est lié au fait que les jeunes se saisissent des moyens que leur donne le discours adulte pour clamer leur malaise. Or ce malaise de bien des jeunes pour s’approprier leur corps sexué et le vivre au profit de leur vie affective, bref pour en faire la base de la définition d’eux-mêmes, est connu de longue date ; mais aujourd’hui la fortune faite à la thèse des militants américains, voulant que “la Nature se serait trompée, mettant une âme de fille dans un corps de garçon ou vice-versa”, fait aux jeunes déclarer “se sentir dans le mauvais corps”. Il faut entendre leur mal-être, mais ne pas rentrer dans cet effet déclaratif qui n’a pour effet voire pour fonction que de détourner de la vraie prise en compte du désarroi de fond qu’ils ressentent. »

« Peut-on prendre la mesure du paradoxe américain qui réclame le “droit au respect de la vie privée” sans cesse invoqué dans les jugements, tout en ayant imposé la “visibilisation” de cette vie privée depuis le honteux “coming out” exigé dans la vie sociale, comme une sorte de “j’assume” ma différence ? Cette différence, la culture française n’en a jamais fait un problème, du fait de sa compréhension de la vie sexuelle comme d’un partage et d’un vécu de la relation à l’autre, sans hiérarchisation de la manière, mais cantonnés à l’intimité. »

Tout cela est bien joli mais un peu trop intellectuel pour moi, d’autant que je ne connais pas le Christian Flavigny en question.

 


Toujours est-il que nous en retiendrons que les anglosaxons sont baisés de la caisse et que les militants queer et autres machins à poils sont des dangers publics. Avec leurs discours à la con, les mômes hétérosexuels finiront par se sentir anormaux et on n’aura rien fait pour les autres.

14 décembre 2022

Foot trac

 


J’ai été déçu par la victoire de l’Argentine en demi-finales de la coupe du monde. De foot. Oui, je parle de tout dans mon blog politique. Après tout, ils ont déjà gagné deux fois cette épreuve alors que le Maroc et la Croatie, jamais… et on est plus habitué à battre la Croatie même si nous avons gagné la dernière confrontation contre les Sud-Américains. Vous pouvez me dire que cela n’est pas rationnel : je souhaite que la France gagne ce soir en finale et que, si nous n’arrivons pas en finale, celui qui nous aura éliminé, l’emporte. En plus, c’est un petit pays dans le monde de foot, comme le Maroc, et ça ferait un bien fou à tout le monde. Et je préfère la Croatie à l’Argentine et ne me demandez pas pourquoi, bordel !

De toute manière, il faut bien que je fasse une introduction à mes billets de blog surtout quand j’ai trouvé un jeu de mot idiot pour le titre, que je serai peut-être le seul à comprendre.

 


Je ne connais pas grand-chose en foot et je n’aime pas spécialement le sport en général mais j’aime bien ces ambiances pendant les grandes compétitions internationales… et regarder les matchs avec les copains au bistro. Surtout si l’équipe nationale gagne, vu qu’on est obligés de faire la fête. Cette fois, j’ai prévu une semaine de vacances après la finale, on ne sait jamais.

Je n’y connais rien mais.

Petit 1 : je n’aime pas les oukases idiots. Genre : « cette fois, pour gagner, il va falloir marquer au moins un but. » C’est un peu le principe de ce sport et ne me dites pas que vous n’avez jamais entendu ce genre de connerie ! Il y a des dérivés peut-être moins cons sauf qu’on les entend à chaque fois. Genre : « il faudrait qu’on marque le premier but rapidement, ça soulagerait l’équipe. » C’est sûr que si on le marque le mois prochain, ça nous fera une belle jambe.

Petit 2 : je n’aime pas les analyses débiles. Genre : « les anglais ont mieux joué mais on a gagné. » Si on a gagné, c’est qu’on a mieux joué vu que gagner est le but du jeu. On comprend bien ce qu’ils veulent dire mais il faut résumer : « c’est con pour les rosbifs, ils auraient mérité de gagner mais on les a niqués, les cons. »

Petit 3 : je n’aime pas les pronostics débiles. Genre : « on devrait gagner deux à zéro face au Maroc ». On n’en sait rien et on s’en fout un peu : un pronostic ne peut avoir un intérêt que s’il y a un enjeu et donc un pari monétisé.

Petit 4 : je n’aime pas les pronostics faciles. Genre : « bah, on devrait gagner face au Maroc ». Outre le fait que c’est condescendant, si ces zozos sont arrivés là, c’est quand même qu’ils ne sont pas des Mickey et on devrait serrer les fesses.

Petit 5 : ceux qui prétendent s’y connaître – et ils sont légions – oublient souvent le côté hasardeux de ce sport. Vous prenez le hand ou le rugby, les scores sont nets et sans bavure, souvent. La plupart des matchs de foot se terminent avec un but d’écart (quand il n’y a pas égalité à l’issue des prolongation) : c’est un peu le hasard, quand même, ce qui ne veut pas dire, évidemment, que ce n’est pas le meilleur qui a gagné.

 


Je prends souvent pour exemple le parcours de la France pendant la coupe du monde de 1998. Déjà (et je viens de le découvrir), le Maroc nous avait battu aux tirs au but dans un des matchs préparatoires. On a gagné, haut la main, les deux premiers matchs du premier tour et, un peu plus difficilement, le troisième. Le sans-faute. Tout le monde chiait quand même sur l’entraineur ce qui est bien la preuve d’une dose de connerie.

Ensuite, pendant les huitièmes de finales, on a gagné avec un but d’avance, marqué un peu avant la fin des prolongations. Avouez que c’est du bol. En quart de finale, aucun but n’est marqué pendant le match. C’est aux tirs au but qu’on l’emporte. Une andouille ritale a loupé son tir. Avouez que c’est encore un coup de bol. On gagne la demi-finale confortablement mais c’est quand même un défenseur qui marque nos deux buts. Il y a quand même un truc pas net. Et on gagne, haut la main, la finale face au Brésil dont les joueurs étaient visiblement à la ramasse.

Et depuis, Ronaldo est devenu gros, ce qui le rend sympathique.

Ce que j’aimais bien dans cette coupe 98 est qu’on semblait marcher sur un nuage ! On avait la meilleure équipe – forcément… elle a gagné – et on disait même que l’équipe « réserve » (les joueurs qui n’étaient pas sélectionnés à chaque match) auraient fini second derrière… nous. En plus, sur les vingt-deux jours, bien plus de la moitié était connue par le public. Connue et reconnue. Cette année, les spectateurs connaissent la bonne bouille de MBappé, l’abandonné Benzema, Giroud et Griezmann. Peut-être quelques types comme Varane. Ou Lloris vu qu’il a une tenue d’une autre couleur…

Mais je m’égare.

 


Après la victoire du Maroc, on a vu les Dupond et Dupont de la réacosphère, Zemmour et Bardella, faire le tour des studios de télés pour gueuler contre les Marocains qui faisaient la fête alors que les Français étaient plus sérieux. Faut dire que, eux, ils picolent, et prendre la voiture n’aurait pas été bien sérieux. C’est sans doute du racisme de la part de nos duettistes mais l’heure n’est pas à leur procès. Franchement, je ne vois pas pourquoi un type d’origine étrangère ne ferait pas la fête, à l’étranger, si son pays gagne ! C’est comme si je n’avais pas le droit de prendre une cuite à Paris quand Rennes gagne la coupe de France… En plus, quand on connait les Marocains, ils feront la fête aussi si la France les élimine et, dans ce cas, si la France gagne la coupe du monde.

Il y a des domaines où un fond de chauvinisme, notamment pour les expatriés, est plutôt sain : le foot et la gastronomie. Je ne vais pas quand même pas manger des galettes au couscous pour faire plaisir à tout le monde.

 


Il me reste un sujet à traiter ici : le fameux boycott. Tout d’abord, le meilleur moyen de rendre hommage aux types qui sont morts dans les chantiers est bien d’utiliser leurs stades pas de même un polo floqué « je boycotte » ! J’avais plus ou moins dit que ce boycott était ridicule (les chiffres d’audience, en fin de compte, me donnent raison). J’avais aussi dit que ce boycott était une faute politique : on ne boycotte pas une activité si populaire que le football, on ne se met pas le peuple à dos.

Et, de toute manière, le mal n’est pas récent. Le choix du pays organisateur a une dizaine d’années. C’était à l’époque qu’il fallait réagir. Annoncer un boycott deux mois avant le match est délirant et montre le niveau de la politique actuel. Dans le même style, on voit les gauchistes qui vont hurler contre l’argent facile fait les riches mais oublient de leur scope le foot. C’est un des pires trucs libéraux : ceux qui méritent le plus de pognon en gagnent plus. Ca, ça ferait une raison un peu plus sérieuse de boycotter.

 

Soyons quand même magnanimes. Que le meilleur gagne. De toute manière, c’est nous.

 

09 décembre 2022

Covid : le retour de la peur

 


« Covid : le retour de la peur ! » Ce n’est pas un joli titre de billet de blog ? Ce n’est pas un constat ou une information, notez bien ! Ou alors, c’est personnel. Ou c’est un souhait. J’aimerais que l’on s’en préoccupe un peu plus. Je viens de passer deux semaines en télétravail, en Bretagne, et je dois retourner en région parisienne, pour le travail mais aussi pour relever et traiter mon courrier et j’ai peur. Mardi, il y a le repas de Noël, à la cantine. Jeudi, nous avons un repas de service (chacun amène ce qu’il peut).

Or, le « temps » n’est pas celui de l’organisation de telles cérémonies. La énième vague de la pandémie est là. Les passages aux urgences à cause du Covid ont augmenté de 30% en une semaine, le nombre de décès de 10…

La presse nous informe. « Les hospitalisations et les décès liés au Covid-19 sont moins nombreux qu'au début de la pandémie de Covid-19. Le virus reste cependant l'une des premières causes de mortalité dans l'Hexagone. » « […] Omicron a incontestablement changé le paysage pandémique. Plus contagieux, mais moins dangereux... Dans les têtes, certains relativisent à ce point les symptômes du virus qu'ils n'hésitent pas parfois à saborder les gestes barrières et à dénigrer les recommandations sanitaires. »

« Selon les derniers chiffres communiqués par Santé Publique France, plus de 21 000 patients sont actuellement hospitalisés après avoir été infectés : "Les hospitalisations restent en hausse, y compris en soins critiques", décrit le professeur Antoine Flahault, médecin épidémiologiste et directeur de l'Institut en santé globale de l'université de Genève, auprès de La Dépêche du Midi. Celui-ci fait par ailleurs remarquer que les hospitalisations qui sont actuellement enregistrées dans l'Hexagone "dépasse les pics des deux vagues précédentes [...] L’impact du Covid-19 reste important, même s’il ne cause plus de saturation hospitalière". »


 

Ce sont des extraits de la Dépêche du midi avec une citation d’un scientifique dont je n’ai jamais entendu parler. C’est largement plus crédible que toutes les publications des covidoseptiques reprenant des savants fous parlant dans Youtube. La désinformation me fatigue mais ces imbéciles vont jusqu’à tenter de démontrer qu’il y a bel et bien un complot organisé par « les gouvernements mondiaux » (pour ne pas dire « le nouvel ordre mondial ») pour entretenir la peur, engraisser les laboratoires et museler la population.

C’est rageant. Grotesque, aussi, mais on s’en fout, le ridicule ne tuant plus. Contrairement à la désinformation. Cela s’accompagne de fausses informations puis que j’ai lu des andouilles prétendant que la vaccination avait été obligatoire, par exemple, alors qu’il a seulement été obligatoire d’avoir été vacciné pour fréquenter certains lieux et mener certaines activités.

 


La réintégration des soignants non vaccinés est bon exemple. Ces gugusses, et quoi qu’en pensent les pays voisins, ne méritent pas de bosser pour la santé publique en France : ils ont été virés parce qu’ils ne respectaient pas des consignes données au nom de cette santé. Les « opposants à la non réintégration » (vive les doubles négations !) mélangent volontairement les sujets entre l’accord donné par les ARS pour permettre aux malades « pas ou peu symptomatique » et l’obligation vaccinale pour exercer ces professions.

C’est mal.



Mais ce qui s’est passé, cette semaine, à l’Assemblée est… symptomatiques. Les partis populistes, LFI et le RN, ont voulu proposé un texte de loi pour permettre la réintégration mais ces abrutis parlementariens sont arrivé à un cas de figure où un député LFI aurait à présenter un texte présenté par le RN…

Il y a eu un rétropédalage très drôle, Mélenchon allant jusqu’à accuser la macronerie de collusion avec l’extrême droite alors qu’elle était ostensiblement entre son parti et le RN… Nous avons des guignols qui font de la politique politicienne de manière éhontée, ne s’intéressant pas à la santé publique.

Dans les réseaux sociaux, nous avons des hurluberlus qui tentent de démontrer qu’ils ont eu raison dès le départ et qu’ils s’y connaissent bien mieux que les sommités autant internationales que scientifiques pour entretenir la peur et tout les machins dont au sujet desquels j’évoquais. Le mensonge, c'est mal, disais-je !

 


Portez des masques dans les lieux très fréquentés et évitez les rassemblements. Point barre.

Et merci au gouvernement de prendre les décisions, comme l’obligation de ce masque, même si elles ne sont pas faciles.

Pendant ce temps, les cas se multiplient dans mon entourage et je tremble souvent.

08 décembre 2022

Des indemnités pour le télétravail ?

 


Il y a quelques semaines, à l’occasion de mon entretien professionnel annuel (mais c’est le hasard), ma manageresse me dit qu’il fallait que je fasse quelques démarches administratives pour bénéficier d’une indemnité pour le télétravail et de tickets restaurants pour les jours d’absence. Cela ne prenait que quelques minutes (étalées sur plusieurs semaines car il faut faire des avenants au contrat de travail) grâce à l’intranet. N’ayant la vocation de cracher dans la soupe, j’ai cliqué où il fallait.

Il n’empêche que je me demande quel délire collectif a fait qu’on en arrive là… J’imagine les syndicats à la table des négociations : « hé ho, patron ! On veut bien des avantages induis par le télétravail mais il nous faut une indemnité en compensation. »

Je veux bien entendre tous les arguments mais cela n’évitera jamais la folie dans laquelle nous sommes entrés. A la limite, mon patron m’aurait dit « hé ho, larbin ! On t’autorise à ne plus venir au bureau que deux jours par semaine mais on te retire 100 euros par mois », j’aurais signé ! Je sais : mon salaire n’est pas représentatif de celui de la classe ouvrière mais, tout de même, je trouve que l’on marche sur la tête ! La négociation du genre : « hé ho, les copains ! On est d’accord pour que vous ne bossiez plus à la maison mais faites pas chier, vérifiez quand même que votre installation électrique est aux normes et que vous êtes bien assurés » aurait été parfaite.

 


Le télétravail est généralement un atout pour les salariés mais il est générateur d’inégalités. Forcément : il y a ceux qui peuvent en faire et pas les autres. Pourquoi renforcer cette inégalité par une indemnité ? Surtout quand cette indemnité n’est pas directement calculée en fonction des charges induites… (mon appartement, par exemple, est plein sud : je n’ai pas besoin de chauffer quand il y a du soleil).

J’aime bien parler d’inégalités, ça fait gauchiste. En plus, les patrons gagnent du pognon avec le télétravail puisque, à terme, la surface des bureaux pourra diminuer… Ils peuvent bien raquer. En revanche, je n’aime pas quand les arguments ne sont pas travaillés. Par exemple, je me moquais, plus haut, de mon salaire qui n’était pas représentatif mais il faut bien reconnaître que le télétravail est essentiellement destiné à des cadres en entreprise avec un salaire relativement copieux ne nécessitant pas des petits compléments anecdotiques.

 

Reprenons… Le télétravail a été rendu possible il y a quelques années avec les progrès technologiques (pour ma part, j’aurais pu « techniquement » faire plusieurs journées par semaine chez moi, ne serait-ce que grâce aux mails, mais les problèmes liés à la sécurité informatique n’ont pu être résolus que progressivement) et il a été popularisée à l’occasion de la crise sanitaire.

Revenons sur les quelques années avant cette dernière. Le télétravail était demandé par des salariés et une partie du patronat et des managers mais les « Directions des ressources humaines » et les organisations syndicales freinaient des quatre fers. On peut comprendre les premières qui ne savaient pas vers où on allait, si les salariés allaient jouer le jeu, si on pouvait contrôler leur travail, s’il ne risquait pas d’y avoir des problèmes psychosociaux… Les syndicats leur emboitaient le pas mais, en plus perdaient de leur influence. Une partie des responsabilités des « CHSCT » tombait à l’eau et, surtout, les salariés n’étaient plus maîtrisables par des discussions de machine à café. Des rapports plus directs, en outre, se mettaient forcément en place entre eux et le « management » voire la direction.

Ils ont commencé à mettre dans la balance des arguments financiers (et je rappelle que je ne suis pas que blogueur ou militant de je ne sais quoi mais aussi salarié concerné). Par exemple, il fallait que l’entreprise contribue à l’équipement informatique et aux frais de télécommunication. C’était grotesque : les équipements étaient mis à disposition par les entreprises, tout le monde avait déjà un abonnement illimité en téléphonie mobile et, surtout, à internet, surtout qu’on voyait déjà se développer la fibre, la 5G et les services de streaming (Netflix et autres).

L’autre argument portait sur le droit à la déconnexion mais il se pose également hors télétravail et de la même manière : si un cadre veut appeler un salarié à n’importe quelle heure, il peut le faire, et les salariés reçoivent leurs mails sur des mobiles (d’ailleurs, à l’époque, on avait déjà des mobiles professionnels).

 


Ensuite, avec le covid, le télétravail s’est généralisé (dans les milieux concernés). Des vrais problèmes sont apparus, plus dus au confinement, d’ailleurs, comme l’isolement des individus qui, auparavant, n’avaient que le travail pour avoir des relations sociales.

Cela ne justifie pas les indemnités.

 

Ces dernières sont venues à la mode après la fin de la crise. Cela a commencé par « l’ergonomie du poste de travail ». En français : il fallait que les gens aient des fauteuils aussi confortables à la maison qu’au travail, réglables dans tous les sens et tout ça. Il s’est dit : « c’est à l’employer de payer ». Dans la réalité, c’était un peu de la foutaise (j’ai bien dit « un peu » : certains ont de vrais problèmes physiques). D’une part, un des intérêts du télétravail est de pouvoir changer de position (par exemple, il m’arrive de faire des « audios » debout ou de me mettre dans un des fauteuils du salon quand mon activité ne nécessite pas une utilisation intensive du clavier. Surtout je suis assis, généralement, sur une vulgaire chaise de cuisine). D’autre part, ce n’est pas que parce qu’il y a du télétravail que les braves gens doivent avoir du mobilier confortable. Et je passe le fait que les gens ne règlent pas leurs fauteuils de compétition pour sauvegarder leurs ossatures et leurs muscles… mais uniquement pour un confort apparent.

Mais, ce qui me fait dire que c’est de la foutaise, c’est que l’on n’en parle plus. Désolé mais les faits sont là. Des cabinets spécialisés ont bien gagné du pognon, tout comme des marchands de meuble. Tant mieux pour eux. Il fallait bien des armées de consultants pour démontrer qu'un fauteuil pour jouer au solitaire doit avoir cinq pieds.

 


D’autres sujets sont venus ensuite sur le tapis, comme les dépenses d’énergie pour faire fonctionner les équipements informatiques et le chauffage. Sauf que tout le monde s’en foutait avant la communication grotesque du gouvernement à l’occasion de la crise actuelle. Qui coupait le chauffage pendant les périodes d’absence ? Qui se souciait de la consommation d’un écran ? Le paradoxe est que, pour le télétravail, on utilise des arguments liés à la nécessité globale de diminuer la consommation cet hiver à cause de la maintenance des centrales.

Il reste bien sûr à évoquer le cas du coût du repas du midi. Il ne concerne que ceux « d’entre nous » qui ont une participation employeur aux repas à la cantine. Une rapide recherche dans google (rapide veut dire : pas scientifique…) montre que la participation des employeurs tout comme celle des salariés est de 5 euros par repas. Ne me dites pas que si vous mangez chez vous, vous n’arrivez pas à ne pas dépasser les 5 euros en moyenne par repas ! Même moi j’y arrive, sans compter le pinard, mais en prenant en compte le fait que je bouffe 2 ou 300 grammes de viande par repas (et plus du filet mignon, de l’entrecôte ou du magret de canard que de la longe de porc, du paleron ou du blanc de poulet). Je dois avouer que je dépasse avec les plats préparés et les pâtisseries… (ce n’est pas toujours facile de calculer précisément mais je peux le faire vu que je fais mes courses en vélo : en hiver, je limite le nombre de sorties et le poids et le volume par trajet… Ca fait 17 euros par jour mais je ne bois pas que de la Côtes-du-Rhône à 3 euros la bouteille et cela comprend le non alimentaire et mes extras comme les pâtisseries et les pizzas et autres plats préparés. Je raconte cela avec précision vu qu’avec le nombre de repas au resto que je peux faire pendant certaines périodes, je ne suis pas toujours crédible quand je parle d’économies au quotidien…).

Toujours est-il que je vais avoir le droit à deux repas subventionnes à la cantine et trois tickets restaurant par semaine et je souhaite bien du courage au personnel administratif pour gérer toutes les exceptions sans avoir d’ennuis avec l’URSAFF…). Encore une belle usine à gaz inutile…

 


Je terminais mon billet d’hier avec le cas du télétravail pour montrer comment nous en sommes réduits à inventer n’importe quoi dans nos discussions politiques.

J’ai des avantages liés au télétravail : j’évite deux heures de transport par jour, j’organise mon temps de travail, je n’ai plus à prendre de congés pour attendre une livraison et j’en passe. Et nous voila obligés d’exiger une indemnité en conséquence. On marche sur le crâne…

07 décembre 2022

Quoi qu'il en coupe !

 


Récemment, avec l’ami Stéphane, on s’écharpait, amicalement, par blog interposé au sujet des difficultés d’approvisionnement en électricité prévisibles pour l’hiver. Je disais, en particulier, qu’il nous fallait être prudents, à gauche, car la situation actuelle est héritée de la politique que nous avons menées quand nous étions au gouvernement (et j’ai toujours défendu Hollande) mais, dans le fond, cela est complètement inutile : nos politiciens au pouvoir subissent la situation que les prédécesseur ont laissées.

Cela ne m’empêche pas de reprendre mes propos : pour arriver au pouvoir, il a fallu faire des concessions avec les écolos et promettre l’organisation progressive de la sortie du nucléaire. A l’occasion de la guerre en Ukraine, on a vu le mal que cela a fait à l’Allemagne et voila qu’on nous promet des coupures électriques dans les prochaines semaines.

Emmanuel Macron s’est un peu fâché hier, rappelant que cela restait improbable mais que c’était de la responsabilité du gouvernement de s’y préparer. Le mal était fait et on a vu de nombreuses polémiques, comme quoi les coupures allaient être inégalitaires (sic) et qu’elle mettrait en danger les citoyens ayant besoin de dispositifs d’alimentation en oxygène et que sais-je. D’autres converses ont suivi les propos du président : j’ai vu, par exemple, ce matin, un imbécile hurler dans Facebook que les méchants entretenaient la peur pour maîtriser le peuple patati patata.

 


Dans notre plaisante « blogowar », d’autres sujets sont apparus comme l’utilité des blogs militants (par ma faute) et les dangers du libéralisme (je plaide non coupable).

Il est évident que les blogs politiques n’ont jamais servi à grand-chose – et mon propos, aujourd’hui, n’est pas d’en évoquer les raisons – mais aussi que beaucoup de blogs ont fait du militantisme pur, répétant des slogans issus des partis et que les tauliers ont fini par se lasser. Mes propos furent malheureux et, loué soit le seigneur, j’ai des commentateurs assez aimables pour ne pas me rétorquer « hé ho, toi-même, ducon, tu tiens un blog militant. »

Il y a peut-être quand même une différence entre d’éminents confrères – petits ou gros blogueurs – et des gugusses comme moi. Beaucoup s’adressaient à la terre entière et, constatant leur faible nombre de lecteurs, se consolaient en se disant que les petits ruisseaux font les grandes rivières. Pour ma part, je ne sais pas à qui je m’adresse, à part à quelques lascars avec qui j’ai sympathisé et d’autres qui sont du même avis que moi et cherchent en me lisant à sortir d’un certain isolement. Défendre Hollande n’a pas longtemps été populaire.

Aussi, quand j’entame un billet, je ne cherche pas « à militer ». Par exemple, mon sujet de prédilection depuis six ou huit mois tourne autour des alliances à gauche et de la Nupes. Il est clair que cela intéresse peu de monde (et mon compteur de visites peut en attester quand je quitte l’actualité très récente). Pourquoi je me fatigue, alors ? Tout d’abord, il n’est pas exclu que mes propos puissent convaincre des militants ou, du moins, les conforter dans leurs idées mais on s’en fout ! Pourquoi un braillard, dans un bistro, donne-t-il son avis ? Parce que cela lui fait plaisir. Moi aussi.

 


Avant d’en revenir à l’électricité, si je n’ai pas de coupure d’ici là, je vais prendre trois exemples, tous issus de la période « Hollande » : le CICE, les cars Macron et le travail du dimanche.

Dans son billet, Stéphane parlait de « l’inventaire » fait par le PS d’Olivier Faure de gouvernance Hollande. Deux sujets principaux sont évoqués : la déchéance de nationalité (je ne vois pas pourquoi en chier une pendule dans la mesure où rien n’a été fait, par contre, il faudrait voir à ne pas oublier qu’au lendemain des attentats le sujet faisait consensus) et le CICE en question. Ce machin était une usine à gaz abominable mais consistait à une exonération de charges – oups ! de cotisation – sur les salaires payés en France… Les loups de gauche ont crié au libéralisme tout en exigeant une réindustrialisation de la France, réindustrialisation qui ne pouvait se faire, d’ailleurs, qu’en baissant les coûts pour les entreprises. Ils ont hurlé parce que l’on pratiquait une droitière « politique de l’offre » sans se demander pourquoi les importations de produits massives, notamment en provenance de la Chine, marchaient si bien : ce n’est pas grâce à un défaut de « demande ».

On peut débattre du sujet, bien entendu, mais la question n’est pas là. Ou elle est précisément là, d’ailleurs, vu qu’il s’agit de la possibilité de débattre d’un sujet dans les blogs sans se figer dans des espèces de postures gauchistes.

Notons par ailleurs que l’inventaire fait par le PS se garde bien de mesurer l’impact du CICE sur les perspectives économiques de notre pays.

 


C’est pareil avec les cars Macron et le travail du dimanche. On oublie le fond : des méchants patrons du privés voudraient nous faire travailler plus et saper les services publics. Je vais passer le fait que la tradition de ne pas travailler le dimanche est bien un truc de droite pour que les familles puissent aller à la messe mais pas celui que nous n’avons pas franchement le droit d’emmerder les braves gens qui veulent travailler le dimanche pour gagner plus de pognon et avoir des jours de liberté en semaine pour vaquer à ce qu’ils veulent.

En tant que militants de gauche, nous pouvions lutter contre une mesure inutile : ce n’est pas parce que les magasins sont ouverts les dimanches que les consommateurs ont plus de pognon à y dépenser. Mais il ne fallait pas occulter les autres sujets.

Les cars Macron (dont on ne parle plus trop, d’ailleurs, la plupart des boites ont coulé) n’étaient pas là pour concurrencer le service public des transports mais pour assurer un service de transports pas imaginables dans un système étatique. Au nom de quoi, par exemple, pouvions nous empêcher un service de car entre La Défense et le Centre Bretagne les vendredis dans la soirée ? On est quand même sûrement quelques centaines à faire fréquemment le trajet et à être obligés de prendre le métro jusqu’à Montparnasse puis de changer de mode de locomotion à Rennes ou Saint Brieuc.

C’est ainsi bien dommage que l’on mette des dogmatismes politiques s’imposer sur des idées pragmatiques… alors que le débat droite – gauche n’a rien à faire là. En quoi ça serait de droite d’encourager des promoteurs à « inventer » des lignes de car qu’ils ne sont sûrs de rentabiliser ou de faire travailler des parents divorcés le dimanche quand ils n’ont pas la garde des mômes ?

C’est ainsi que je suis libéral et défend le libéralisme ce qui ne m’empêche nullement d’être de gauche (même si, encore une fois, la question de ce billet n’est pas là).

 


C’est amusant de ressortir des vieux sujets mais on peut aussi parler des nouveaux (du moins ceux qui sont de retour…) comme la réforme des retraites. Il y a un tas de raisons d’être contre (que je ne vais pas développer et, d’ailleurs, je suis contre, aussi, cette réforme) mais ne devrions pas, aussi, évoquer les régimes spéciaux (par nature inégalitaires), le financement de l’augmentation des petites retraites tout en relativisant l’intérêt du dossier pour le public (qui de moins de 55 ans peut-il s’intéresser à l’âge de sa mise au rebus ?), le cas scandaleux des gens qui touchent une retraite et continuent d’exercer une activité rémunérée (scandaleux pour différentes raisons : ils bossent parce que leur pension est insuffisante, ils prennent le boulot des jeunes et ainsi de suite)… ?

Je vais le dire autrement : pourquoi devrions-nous nous contenter des salamalecs des syndicats et des partis gauchistes radicaux et ne pas ouvrir plus la discussion ? Je peux en citer, moi, des sujets : tiens, pourquoi je devrais continuer jusqu’à 65 ans de voyager entre Paris et la Bretagne (sans car satisfaisant…) alors que j’ai commencé à 19 ans et que mon boulot peut être fait en télétravail ?

Et encore autrement : comment se fait-il que des types de gauche (ou de droite) fassent référence à un rapport du « COR » à peu près incompréhensible (mais, pour le savoir, il faut le lire et on a mieux à faire même si j’ai essayé) sachant qu’il est délirant de faire des prévisions économiques à plus ou moins long terme tant on ignore tout des changements à venir dans la société ?

 


Alors revenons au nucléaire. Si j’en fait un deuxième billet (ou du moins une partie de billet), c’est parce que j’étais plié de rire à voir les locdus des « Républicains » qui briguent la présidence du parti et qui se foutent sur la gueule à ce sujet depuis deux jours !

On est d’accord sur le fait que le nucléaire est dangereux (voir les catastrophes diverses) et polluant (nécessité d’enfouir les déchets). On pourrait être d’accord sur le fait que nous ne produisons pas d’uranium et que les réserves, au niveau mondial, ne sont pas infinies (même si on a le temps avant d’être inquiet). Il faudrait être fou pour ne pas reconnaître que les énergies renouvelables telles que connues aujourd’hui seraient totalement incapable de produire la moitié des besoins d’un pays tel que le nôtre. Ne faudrait-il pas être en état d’ébriété pour dire que l’on va pouvoir diminuer sensiblement la consommation et ne pas l’augmenter ? N’est-ce pas du ressort de la psychiatrie de s’occuper de ceux qui pensent que des mesures d’isolation des bâtiments serait suffisante ?

Il est aussi évident que les décideurs du passé se sont vautrés, soit en basant notre production d’électricité sur le tout nucléaire, soit au contraire, en favorisant une sortie inopportune de cette « solution » ? Mais aussi que la science devrait nous permettre de trouver « autre chose » même si on ne peut pas savoir quoi aujourd’hui…

Pourquoi radicaliser toutes les positions ?

 

J’ai appris récemment que j’allais avoir une indemnité pour le télétravail, à l’insistance des organisations syndicales, alors que cela me coûte moins cher de travailler chez moi qu’au bureau.

Ca me la coupe.

03 décembre 2022

L'aile gauche et maladroite [blogowar ?]

 


A la grande époque des blogs politiques, nous avions une activité fétiche : les blogowars, qu’elles soient avec des copains ou avec des connards. Généralement, il s’agissait de répondre à un billet de blog par un autre billet de blog. Mais les blogs politiques n’existent presque plus et tout se perd. Cela étant, l’ami Stéphane s’est épilé la main et a pondu un billet, hier, et je voudrais pondre à deux sujets. D’une part, celui du blog, avec les restrictions d’électricité à venir, annoncées par le gouvernement et, d’autre part, un détail de sa prose : « Le système libéral, défendu bec et ongles par la Macronie (et ne me parlez pas de l’aile gauche, ça n’existe pas), est au bord de l’effondrement. ».

Je vais être court.

A propos des coupures prévues, rappelons tout de même que « la Macronie » a hérité d’une situation et ne peut pas être tenu responsable de tout et, surtout, que cette situation a été provoquée par la gauche, notamment « mon » aile « libérale » ou « sociale-démocrate », en passant des accords avec les écolos afin de supprimer progressivement le nucléaire. J’ai à peu près tout défendu chez Hollande sauf cela.

Il faut parfois savoir faire profil bas… L’unité nationale n’en sortirait pas affaiblie. Et la gauche renforcée : à force de dire « qu’on » a été nul dans un domaine, ça finit par se savoir…

 

A propos de l’aile gauche de la Macronie, je recommande également à certaines gueules de la fermer et, à la gauche « officielle » en général, que seuls 30% des électeurs votent pour elle. Les anciens électeurs de gauche n’ont pas disparu. Si des gugusses de gauche votent « au centre », c’est bien parce que ce qui reste à gauche n’est plus crédible. D’ailleurs, on pourrait parier que la moitié des électeurs de gauche votent pour Nupes un peu par réflexe, par conditionnement, et plus du tout pour sa capacité à gérer.

Ce qui serait utile, à gauche, serait de préparer l’après-Macron et de tenter la réunification du centre gauche pour gagner à nouveau. Pas de chier sur des électeurs qui refusent de voter pour des alliés de LFI et de quelques fous d’EELV.

 

Quant à l’effondrement du libéralisme, j’espère qu’il dit ça pour nous faire rigoler ou, au pire, qu’une étrange maladie lui provoque un aveuglement mais c’est quand même ce système économique qui nous fait vivre, qui nous permet d’avoir du matériel pour raconter des conneries dans les réseaux sociaux et des forfaits télécoms à prix dérisoire.

Sans compter que les défaillances en production d’électricité viennent d’une entreprise appartenant presque totalement à l’Etat, donc bien éloignée d’un modèle libéral. Cette entreprise nationale est par ailleurs contrainte de payer des producteurs d’électricité renouvelable privés dans un modèle défendu par la gauche. Tu parles d’un libéralisme !

 

Ainsi, il faut parfois faire profil bas pour tous les sujets.

01 décembre 2022

La funeste marche nupsiale


 

Figure-toi, Josiane (et si tu ne t’appelles pas Josiane, mais Barbara, par exemple, ça ne change rien), que j’ai un bon pote qui est secrétaire fédéral du PS. Ca veut dire qu’il est chef des socialistes d’un département. Il est bien en Bretagne mais n’a pas 22, 29 ou 56 comme numéro. Nous sommes donc pote dans Facebook et c’est avec émerveillement que je lis ses publications qui se veulent plus ou moins officielle : il ne cause pas en tant que péquin moyen mais comme un gars qui mène la grande marche.

Avec émerveillement mais aussi stupéfaction. Récemment, il a diffusé un article du Monde ayant pour titre : « « Sans la Nupes, on aurait disparu » : à Rennes, le Parti socialiste veut entretenir l’alliance des gauches ». Mon pote y dit : « Cette stratégie d’union était nécessaire et attendue. Il n’y avait pas d’alternative. Sans alliance, le Parti socialiste aurait disparu, malgré ses incarnations locales ».

Cette stupéfaction a deux motifs. Le premier est vieux comme un bar tabac et porte autour de cette manie qu’on les dirigeants socialos à vouloir emporter avec toute une fédération comme si tous les militants étaient parfaitement d’accord. Le débat national, au sein du PS est mort-né. Tout comme le PS. Ce parti politique devrait être dissout dans l’acide chloridrique et qu’on n’en parle plus. Notamment en Bretagne qui a quand même un rapport particulier avec la macronerie.

La décence, pour ne pas dire l’intelligence, est que l’on ne fasse pas croire que tout est joué dans chaque département. En outre, les militants sont invités à prendre le vent auprès des sympathisants : si les premiers sont persuadés de sauver ainsi leur parti (je ne suis pas d’accord mais c’est tout à leur honneur), ils pourraient constater que les seconds sont hostiles à toute radicalisation et n’ont aucune sympathie pour certains dirigeants des partis « alliés ».

 

Cela étant, ce qui me fait réagir est la pensée que sans l’alliance Nupes, le parti socialiste aurait disparu. C’est évidemment faux. Le nombre de députés aurait peut-être baissé mais cette baisse serait liée exclusivement à une concurrence à gauche, bien loin d’une partie de « notre histoire » au cours de laquelle les partis ont évités des attaques suicidaires (on a quand même des années de luttes gagnantes sans « union absolue de la gauche »…). Il se trouve que la marche nupsiale a poussé le centre gauche dans les orties empêchant ainsi toute victoire de la gauche !

Que le PS ait pu sauver cinq ou dix députés n’a aucune importance sur une trentaine, la dernière fois qu’il a été au pouvoir, c’était avec une « gauche plurielle » de plus de 330 députés.

 

Il faut être vraiment aveugle pour penser que la « socialie » a été sauvée par cette alliance sauf si on considère le PS comme le successeur du PRG ou du MRC, de vagues forces d’appoint auxquelles on laisse quelques hochets à ronger.

Notons par ailleurs que si les médias parlent encore du PS, c'est surtout grâce aux "néofrondeurs"...