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10 avril 2014

Grand Paris et urbanisme

La principale mission de la future métropole du Grand Paris tournera autour du logement et de l’aménagement du territoire et nécessite de repenser la conception des immeubles et des entreprises. C’est à lire dans le Huff : « la mixité, qui était naturelle à la ville, a été contrariée par ce qu'on appelle en termes techniques le zoning, par lequel certains quartiers ont été exclusivement dédiés au logement et d'autres aux bureaux. Le modèle traditionnel d'une ville fusionnelle, c'est-à-dire d'une ville où les fonctions se superposaient, s'est ainsi retrouvé délaissé au profit des principes du Mouvement moderne. »

Quand on parle de mixité, on pense souvent à la mixité sociale voire à la mixité des origines géographiques, ce qui est probablement important, mais on ne pense pas à « la mixité fonctionnelle ». Dans le temps, en ville, on avait le long des rues au rez-de-chaussée des usines, dans les cours, des ateliers, aux premiers étages des bureaux et, au dessus, des logements.

C’était mieux avant. Maintenant, on a des quartiers et des zones commerciales. On a la Défense et la Goutte d'Or.

« De ce fait, on est aujourd'hui arrivé à un point où il faut absolument remettre ce modèle en question: bénéficier d'une urbanité vécue, partagée, réellement sociale, implique que la ville le permette, le suscite, crée les conditions favorables à ces superpositions de fonctions. C'est véritablement l'objectif des architectes et des urbanistes pour le XXIème siècle. »

Z’avez qu’à lire la liste qui présente des enjeux pour le Grand Paris en matière d’urbanisme.

N.B. : Je ne suis pas nécessairement d’accord avec tout, notamment à propos des gares. Les propositions faites pourraient avoir des effets pervers (enlever des commerces aux rues). Mais la réflexion est intéressante.

27 septembre 2013

Vive la mixité urbaine

« Il y avait hier soir un reportage d'Envoyé Spécial sur la cité de Villeneuve, à Grenoble. Je l'ai trouvé  émouvant. Il y a quarante ans, des architectes, des urbanistes rêvaient de mixité sociale, de quartiers modernes, agréables à habiter, et bien faits. » C’est Suzanne qui raconte dans son blog. Rapidement… Ce qui me sidère, moi, c’est que l’on continue, aujourd’hui, à refaire les mêmes erreurs que pendant cette période, quand on a découvert qu’il fallait construire des logements en masse, alors qu’il me parait important de dépasser cette mixité sociale en allant vers une « mixité totale », mélangeant les immeubles d’habitation, les commerces et les bureaux.

J’en suis persuadé depuis toujours mais cela m’a encore sauté aux yeux lors d’un récent séminaire professionnel dans une relativement lointaine banlieue. Après avoir galéré avec les transports en commun, je me suis retrouvé devant d’immenses immeubles de bureaux, sans un commerce, sans un chat dans les rues,… Mais des grands parkings vides, des grandes allées,…

Les concepteurs devaient être saouls. Et les écolos devraient se battre contre eux plutôt que contre le gouvernement. J’ai vu qu’Eva Joly voulait s’allier avec le Parti de Gauche. J’attends de voir leur position commune sur les sujets européens. Mais je ne suis pas là pour médire sur les écolos, je l’ai déjà fait hier et avant-hier…

Petit 1 : nous avons en banlieue, d’immenses zones de bureaux, inhumaines, laides,… Bossant à la Défense, je sais ce que c’est. La Défense n’est pas désagréable à vivre mais supporter les flux de circulation de gens est abominable. Les autres zones de bureaux sont bien pires.

Petit 2 : nous avons en banlieue de sympathiques centres-villes, avec des commerces, des habitants,… Le Kremlin-Bicêtre est bien pour cela mais ma ville natale voit ses commerces déserter le centre.

Petit 3 : nous avons en banlieue des zones pavillonnaires remplies de braves gens qui passent deux fois une heure par jour dans des transports en commun mais qui on la joie de pouvoir faire un barbecue dans leurs jardins.

Petit 4 : nous avons en banlieue des immenses zones commerciales avec un tas de magasins monumentaux où s’entassent les andouilles le samedi et voudraient bien le faire le dimanche aussi.

Petit 5 : nous avons en banlieue des gigantesques hypermarchés, souvent dans ces zones commerciales (mais pas au Kremlin-Bicêtre, on n’est pas cons ! En plus du Leclerc on a un immense Auchan en centre ville, c’est quand même bien pratique de ne pas avoir à prendre sa voiture pour acheter des packs de bière).

Petit 6 : nous avons en banlieue des zones avec des immeubles normaux où il fait bon vivre, occupés par les classes moyennes.

Petit 7 : nous avons en banlieue des zones avec… des banlieues. Des tas de barres d’immeubles moches avec des espaces verts pour faire plaisir aux écolos et parce que les architectes pensent que ça fait plaisir aux pauvres d’avoir des coins pour que les mères de familles puisse promener leurs enfants sans avoir pensé que ces coins seraient infestés de merde de chiens et de dealers, ce qui revient à peu près au même.

Enfin, nous avons aussi en banlieue des équipements collectifs, publics ou privés, des hôpitaux, des théâtres, des salles de sport, des stades, des piscines, des aéroports, des cinémas, des écoles,… C’est important d’y penser aussi… Quand je vois que des clowns vont dans des cinémas dans des centres commerciaux d’hypermarchés dans des immenses zones commerciales, je m’interroge.

Tout cela génère un certain nombre d’inconvénients.

Petit 1, qui se discute : les zones où habitent les gens sont moches, tristes,… Soit on habite en immeuble, soit on habite en pavillon mais habiter en immeuble dans une zone sans commerce (y compris sans bistro, hein !) et sans tout ce qui permet d’avoir une activité normale est déprimant. Et génère probablement la majorité des problèmes de nos banlieues. On dit qu’il faut faire des équipements sportifs pour occuper les jeunes des banlieues… Ca ne va pas changer leur cadre de vie.

Petit 2 : cela génère de l’étalement urbain. Les villes prennent de la place aux campagnes. Vous avez un hypermarché avec à côté un grand parking, ça prend de la place : le parking devrait être en sous-sol et les étages devraient avoir des bureaux ou des habitations. Au dessus de notre Auchan, à Bicêtre, nous avons le siège de la production informatique du Crédit Agricole d’Ile de France (je crois).

Petit 3 : cela rend impossible l’optimisation des transports en commun. Regardez le RER A à la Défense, le matin. Des milliers de types descendent le matin et les rames repartent à vide. dez maintenant la ligne 7 du métro au Kremlin-Bicêtre, dans le sens nord sud, le matin. Le métro arrive avec les salariés du siège du Crédit Lyonnais et ceux du Crédit Agricole et repart avec des habitants de Bicêtre qui vont travailler.

Si la moitié des salariés de la Défense travaillaient dans une zone équivalente à l’est de Paris, le RER A serait beaucoup plus facile à optimiser… Et si toutes les entreprises de la Défense étaient réparties autour des terminus des métros, la vie serait bien plus belle pour les andouilles entassées.

Petit 4 : l’étalement urbain a une autre conséquence, c’est qu’il faut y aller. Il faut prendre sa voiture pour acheter de la bière ou pour aller au métro. Il faut des lignes de bus et tout ça. Ca génère de la pollution et du temps de transport. Quand je vois la vie de mes collègues qui ont choisi d’habiter en lointaine banlieue pour des raisons de cadre de vie que je comprends très bien, cela me déprimer. Prendre la voiture pour amener les mômes à l’école puis trouver une place de parking près de la gare et sauter dans un train de banlieue ou un RER puis changer de RER pour arriver à la Défense. De la folie. A Bicêtre, je vois les voisins, ils amènent les gamins à pieds à l’école puis sautent le métro.

Petit 5 : l’étalement urbain augmente les zones où il faut garantir la sécurité… Donc il y a plus d’insécurité.

Que faut-il faire ?

On ne résoudra pas tous les problèmes en claquant des doigts. Les transports en commun s’améliorent progressivement. Les nouvelles lignes de tram ou de métro fleurissent lentement. Néanmoins, mon séminaire en banlieue m’a montré qu’on continue à faire des conneries.

Petit 1 : il faut arrêter le développement de zones commerciales et des quartiers de bureaux. Il faut que les grands magasins et autres hypermarchés soient mêlés avec les quartiers d’habitation.

Petit 2 : on arrête la construction de centres commerciaux et de galeries marchandes avec plein de petits commerces. Les petits commerces doivent être près des gens, dans la rue d’à côté, sous leur appartement ou à cinq minutes de bus

Petit 3 : on ne construit plus d’immeubles d’habitation sans commerces ou entreprises.

Petit 4 : on arrête de faire « des quartiers de banlieues » avec des équipements, pelouses, pensées par des types dans des administrations. On fait des quartiers de ville, avec des rues bordées d’immeubles avec des commerces dessous.

Petit 5 : en encourage les grosses entreprises à construire leurs siège le long des lignes de métro ou de RER, de tramway,… dans des zones essentiellement résidentielles.

Petit 6 : dans les grandes villes, on ne construit plus de grands magasins qui ne soient pas accessibles par les transports en commun.

Notez bien que je n’ai pas prôné la suppression des hypermarchés. Il en faut, c’est moins cher et c’est bien pratique. Mais la boutique Orange n’a pas besoin d’être dans sa galerie marchande.

On fait des quartiers mixtes !

L’intérêt de l’entassement urbain au niveau de la protection de l’environnement est évident : plus les gens sont rapprochés, moins il faut de transport et moins on prend de place sur les campagnes.

L’intérêt du mélange de tout (habitations classes populaires, moyennes, supérieures, bureaux, commerces,…) est multiple, ne serait-ce que rendre la vie des gens moins triste. Prenons un exemple au hasard : moi. Je n’ai pas de cinéma à côté de chez moi. Il me faut prendre le bus puis le métro et aller dans un cinéma dans une galerie marchande (Italie 2, en l’occurrence parce que c’est ce qu’il y a de plus près de chez moi). Le résultat est simple : je ne vais plus au cinéma.

Le but du jeu n’est pas de faire « youplaboum on mélange tout on intégrer les pauvres et on sauve la planète » ou de satisfaire mon envie de balancer des bombes atomiques sur les centres commerciaux mais de ramener de l’activité en permanence.

Prenons les bistros. S’il n’y avait pas de grosses entreprises à Bicêtre, les bistros ne trouveraient pas une clientèle suffisante pour satisfaire un niveau de qualité correct. Concrètement, la Comète fermerait à 19 heures… C’est pareil pour tous les commerces, je suppose. Un marchand de chaussures travaillera avec les employés de bureau comme avec les habitants du coin.

Pourquoi ce billet ?

C’est bien sûr le billet de Suzanne qui le déclenche mais, au début de cette note, je parlais d’un séminaire professionnel. C’était à Vélizy-Villacoublay ou à Meudon la Foret, à quelques centaines de mètres de Vélizy 2. Je parlais d’un quartier avec que des bureaux.

Deux choses m’ont choqué.

La première : que des grandes entreprises s’installent dans des coins de banlieue parisienne sans accès par le rail. C’est très fréquent en fait. Elles vont dans des coins où c’est moins cher. Le tram (la ligne 6, je crois) arrive à Vélizy, les loyers vont augmenter… Il n’empêche que les boites doivent penser aussi à l’intérêt de leurs salariés, à leur confort.

La deuxième : que le quartier soit totalement vide d’autre chose que des bureaux. Au moins, à la Défense, il y a quelques habitants et des commerces un peu partout.

La troisième, la plus importante : les immeubles étaient presque neufs.

Il y a encore des élus en France qui accordent des permis de construire sans s’intéresser à l’intérêt de leurs administrés.

Eva Joly peut toujours crier sa haine du gouvernement (j’abuse). Il faudrait surtout que les élus locaux écolos fassent leur boulot.

La mixité sociale, c'est bien. Elle ne suffira pas à régler les problème. La mixité doit être totale.

04 juillet 2013

La France fâchée avec le pays réel

Dada me fait suivre cet intéressant article de Libération : « L’Hexagone a achevé son urbanisation. Mais ses dirigeants s’accrochent à une ruralité fantasmée » avec une interview du géographe Jacques Lévy qui « explique comment ce déni entretient les archaïsmes dans la gouvernance des territoires et plaide pour un nouveau contrat géographique et une justice spatiale ». Jacques Lévy est un spécialiste de l’aménagement du territoire et tout ça… Et c’est un de mes sujets favoris…

La réforme en cours d’étude au Parlement devrait renforcer les métropoles et les régions mais le Sénat en a torpillé une partie. Marylise Lebranchu a présenté une nouvelle mouture à la Commission des lois, à l’Assemblée, hier. C’était l’objet de mon billet d’hier soir. Ces deux échelons, régions et métropoles sont les échelons majeurs pour le développement mais, en France, rien n’est jamais simple.

Quand j'avais fait une série de billets sur cette réforme, en début d'année, j'avais souvent des commentateurs qui arrivaient avec des idées toutes faites : il faut supprimer les départements, les régions ne servent à rien, il faut regrouper les communes car il y en a trop. Beaucoup ne connaissent pas le découpage administratif de la République ou le découpage territorial de la France qui sont bien deux choses différentes.

Toi qui me lis, là, sais-tu à quoi sert un Préfet de région ?

Revenons à l’article… pour sauter la première partie. Je résume : quand on présente la France sur une carte, on se rend peu compte qu’une majeure partie des habitants vivent en zones urbaines et périurbaines. Les zones d’habitation (urbain, périurbain,…) sont des marqueurs plus importants de la population que le sexe, l’âge,… Dans les zones périurbaines, les gens préfèreront prendre leur voiture, être propriétaire de leur logement, avoir un jardin,…

Ce fait d’assimiler les zones périurbaines à des zones rurales fait qu’on a une mauvaise représentation de la France, notamment à un niveau statistique. « Cette allergie à l’urbain se manifeste par beaucoup d’idées reçues. Le cas de l’Ile-de-France et de Paris est édifiant… Même si elle est en recul, l’idée selon laquelle la capitale «siphonnerait» les richesses du territoire français demeure vivace. » Or, « L’Ile-de-France est la région la plus productive du pays puisque ses habitants, qui ne représentent que 18% de la population, produisent 29% des richesses. » « L’Ile-de-France redistribue environ 80 milliards d’euros, par la fiscalité et les transferts sociaux, ce qui représente plus de 30% de ce que reçoivent au bout du compte les Franciliens. D’une façon plus générale, les grandes villes créent les flux de redistribution vers des territoires qui se situent tous au-dessous de la moyenne de l’Union européenne. »

« On peut dire que les contribuables des villes les plus productives financent à fonds perdus les territoires urbains les moins efficaces. Tandis que les zones de pauvreté des grandes agglomérations, qui comptent des millions d’habitants, ne bénéficient pas de l’aide au développement qui leur serait nécessaire, par exemple en matière d’éducation. Cela parce que la contribution des habitants plus aisés de ces mêmes agglomérations est détournée vers d’autres territoires. En caricaturant, on peut donc dire que les pauvres des régions riches paient pour les riches des régions pauvres. »

C’est Monsieur Levy qui a les chiffres et qui est professionnel. Il a donc très probablement raison mais je n’avais pas vu ça sous cet angle… « Les villes et leurs habitants ont certes, comme tous les citoyens, un devoir de solidarité, mais en aucun cas une dette à payer. »

En conséquence, il estime que les services publics doivent être organisés en conséquence, en prenant l’exemple des maternités : « une maternité trop petite ne coûte pas seulement plus cher, mais qu’elle devient dangereuse, faute de pratiquer assez d’accouchements. »

« Enfin, les lieux que nous habitons résultent bien davantage d’un choix que naguère : un paysan ne pouvait aisément quitter sa terre, sous peine de perdre une grande partie de son capital social. Ce n’est plus le cas aujourd’hui et, même dans l’agriculture, on observe une mobilité des actifs. »

En conséquence, cette redistribution entre les territoires doit faire l’objet d’un débat qui fait actuellement défaut d’autant que les zones urbaines ont le sentiment d’avoir une dette envers les zones périurbaines. Je vais être un peu hors sujet mais je ne suis pas spécialement d’accord avec lui dans la mesure où le développement économique se fait autour des zones urbaines, il faudrait que les zones urbaines puissent « tirer » les autres…

« L’acharnement thérapeutique consistant à maintenir sous perfusion un très grand nombre de communes - dont certaines n’ont plus d’habitants ! - participe de cette ruralité mentale désormais déconnectée des pratiques spatiales. » Le découpage électoral (les cantons) et le poids donné au Sénat devraient aussi être modifiés en conséquence pour ne pas privilégier les zones rurales. « Il y avait derrière cela […] l’idée de protéger le rôle sacré de l’agriculture, fondatrice de civilisation et alliée géopolitique de l’Etat. Cela devient encore plus absurde à une époque où les zones à faible densité comprennent très peu d’agriculteurs, qui ne représentent plus que 3% de la population active et dont les revenus proviennent en majorité des subventions européennes. »

« Beaucoup de villages appartiennent au monde périurbain et connaissent à cause de cela une augmentation de leur population. Pour toutes ces raisons, les privilèges autrefois accordés au monde rural ont perdu leur sens. »

Les paysans vont gueuler.

Jacques Lévy estime que les départements n’ont plus de sens, de même d’ailleurs que certaines communes. L’organisation autour des villes semble plus importante mais supprimer les échelons n’est pas la solution. On est d’accord !

L’Île de France ?

« Comment donner un vrai pouvoir métropolitain à l’Ile-de-France déchirée et fragmentée en mille petits pouvoirs ? Nicolas Sarkozy a cherché à renouer avec le passé centralisateur et impérial […] en créant un ministère de Paris. Paris-Métropole est né de la démarche inverse (l’immanence), consistant à mettre sur le devant de la scène communes et intercommunalités, en ignorant la région et en prétendant piloter l’aire métropolitaine par ses morceaux. »

Ces solutions ne lui paraissent pas satisfaisantes et il estime que c’est au niveau de la région que doit s’organiser cette métropole pour devenir un lieu de débat entre citoyens. Néanmoins, compte tenu de l’histoire de la région, ce système bicaméral (avec deux assemblées : une issue du suffrage universel, l’autre des élus locaux) a son sens.

Ce n’est pas simple !

« Il est clair à cet égard que le temps de l’échelle unique est fini et que la France ne peut prospérer que si elle admet l’existence d’enjeux politiques (et pas seulement géopolitiques) aux échelles continentale et mondiale. »

« L’utopie raisonnable, ce serait, tout simplement, la rencontre et la mise en accord, dans un nouveau contrat géographique, entre un système politique et une société. Est-ce trop demander ? »

Lisez l'article.

Je me réserve la conclusion parce qu'un commentateur, Norby, vient encore de me suggérer la suppression des départements suite à mon dernier billet à ce sujet. Ce n'est pas la solution, je pense qu'il faut une organisation propre aux spécificités géographiques mais aussi aux enjeux fonctionnels. Par exemple, un département, quelle que soit sa taille peut gérer l'aide sociale mais pas nécessairement la collecte des ordures.

C'est tout l'enjeu de la réforme territoriale.

Lisez l'article !

25 avril 2013

Le Périph : une erreur ?

35 km. 1,3 millions de véhicules par jour. 35,5 km/h de moyenne. 1/3 des émissions de gaz polluants "intra muros". Aujourd'hui, on fête les 40 ans du boulevard périphérique. Je ne sais pas si on va assister à des scènes de liesse mais ce machin me parait être le symbole des erreurs majeures d'une époque.

Une erreur ? Quelques années après sa mise en service, on commençait à souligner les nuisances et on continue maintenant à tenter de les diminuer. Outre la pollution, le bruit,... le périph forme une gigantesque barrière entre Paris et sa banlieue, une espèce de frontière comme si on voulait empêcher les gens de rentrer. Ce n'est pas qu'une image. Pour aller de chez moi à Paris, je dois traverser : la bretelle de sortie de l'autoroute A6b, celle du périph, celle pour rejoindre l'autoroute, le périph lui-même, la voie d'accès au périph dans l'autre sens ensuite, je dois me taper l'espèce de machin jusqu'à la Porte d'Italie puis la Porte elle-même avec "les Maréchaux" et le tram...

Une erreur ? 40 ou 50 ans après ces travaux pharaoniques pour privilégier les voitures, ces voies sont surchargées et on cherche à rattraper en urgence les retards en matière de transport en commun dans le cadre du projet du Grand Paris, notamment. Toujours dans mon coin, alors que le métro n'est arrivé que dans les années 80, ce ne sont pas moins de deux lignes de transport en commun ferré qu'il faut construire vers le sud et Orly, avec le tramway à partir de Villejuif et le prolongement de la ligne 14. 50 ans après la construction de l'aéroport d'Orly (qui s'est révélé insuffisant puisqu'il a fallu créer Roissy), je ne sais pas s'il y aura enfin une liaison directe en transport en commun sur rail entre Paris et Orly. 

Une erreur ? Il est toujours bouché, non pas parce qu'il y a réellement trop de voitures (il n'est pas bouché sur toute sa longueur) mais parce que les sorties sont bouchées, parce que les carrefours en sortie du périph forment des points d'engorgement. 

Une erreur ? Pas plus que les autres grands chantiers d'aménagement de la région à cette époque. Bossant à la Défense, je parle souvent de cette abomination dans le blog. Entasser des centaines de milliers de personnes dans un même coin, générant des problèmes de transports en commun alors qu'il est évident qu'il aurait fallu installer ces bureaux à toutes les portes de Paris, comme vers chez moi : le métro est plein vers Paris le matin et vide dans l'autre sens. 

J'ai fait beaucoup de billets à propos de la réforme territoriale ce qui m'a amené à me plonger dans tous les machins qui ont provoqué ces erreurs : des schémas directeurs de choses et d'autres. Des années de réflexion…

Une erreur ? Je ne sais pas. Je n’arrive pas à imaginer ce qu’on ferait sans…


26 janvier 2011

La difficile équation de l'aménagement du territoire

Le métro Parisien est à bout de souffle : « Rames bondées, pannes à répétition, retards en cascade, usagers fatigués, agents sous pression: enjeu majeur du futur Grand Paris, le réseau de métros et trains de banlieue d'Ile-de-France, longtemps victime de sous-investissement, est vieillissant et saturé. »

Le problème est réel pour les Parisiens (je dis ça pour les provinciaux, j’en ai déjà fait des billets, des tonnes billets tellement la question est obsédante, ne pas savoir si on va arriver à l’heure à la Comète pour la tournée de Tonnégrande et tout ça, je ne vais pas recommencer).

Il faut réellement investir pour améliorer les conditions de vie des Parisiens. Avant-hier, pour une sombre histoire de dentiste (en plus du boulot), j'ai passé 3 heures dans les transports (marche à pied comprise).

Ce billet est une réponse à M. Poireau qui commentait mon billet à propos du Grand Paris, hier (question subsidiaire : le lien vers M. Poireau est-il de complaisance ?).

Monsieur Poireau disait à juste titre que le problème vient du fait de la taille de la Région Parisienne par rapport aux autres régions. Un Français sur 7, si je compte bien, habite dans le coin, une grande partie des 18/65 ans (voire des autres), prend les transports en commun tous les jours.

Isidore (c’est le prénom de Poireau) semblait opposé au « Grand Paris » et à l’investissement de l’état en Région Parisienne car il est préférable de privilégier les autres régions pour permettre de décongestionner Paris. Ce en quoi il n’a pas tout à fait tort ?

Mais l’état doit-il laisser (un peu !) tomber Paris pour privilégier l’investissement en région ? Cela aura-t-il un impact dans les politiques des entreprises qui pourraient choisir de décentraliser, en province, leurs structures centrales ?