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06 janvier 2013

Le buzz, l'argent du buzz et le cul de la crème, hier

J’aurais probablement oublié cette histoire de vidéo si un camarade journaliste n’était pas venu commenter mon blog, cette nuit. Je vais donc y revenir ce matin parce que le « buzz du buzz » dépasse largement, non seulement mes épaules, mais une vidéo d’un mec bourré. Je vais commencer par rappeler les faits.

Vendredi soir, à la fermeture de mon bistro préféré, j’étais au comptoir avec un ami. Deux clients étaient installés en terrasse où ils avaient passé la fin d’après-midi à boire du vin rouge. Je vais en profiter pour apporter des précisions : il semblerait qu’ils aient bu 7 quarts de rouge à deux entre 18 heures et 23h30 ce qui est relativement peu. Je suppose qu’ils avaient picolé avant. C’est un manque de savoir-vivre flagrant : on ne commande pas du vin au pichet en dehors des repas. On boit au verre. A la fermeture, le serveur range la terrasse et ramasse les tables et les chaises dans la petite salle du restaurant, balaie. Les deux lascars occupaient toujours leur table qui était donc la dernière. Le serveur balaie la terrasse. Les deux clients auraient du comprendre qu’il était temps de partir et de le laisser finir son boulot. Le serveur leur demande donc de se lever et ils commencent à négocier, ce qui n’est pas grave : c’est la routine dans un bistro. De la part d’ivrognes, négocier pour rester après la fermeture est aussi courant que de réclamer la tournée du patron…

Ils finissent par se lever et vont au bar pour régler. Il manquait, de mémoire, 9 euros à l’un pour payer sa part. Ils commencent à négocier et à s’énerver. Le grand con commence à vider ses poches pour chercher de la monnaie et jette tout ce qu’il avait par-dessus le comptoir, dans l’évier. C’est le serveur qui m’a raconté tout ça, je n’avais pas fait attention. C’est néanmoins à ce moment que je vois le bordel. J’ai l’idée de prendre des photos puis celle de prendre une vidéo de l’altercation…

Mon confrère Sarkofrance la résume dans son blog : « L’homme dérape. Il a sans doute trop bu. Il arrive quand même à tenir son smartphone, droit et stable, pour filmer à son tour.
Extraits:
Lui: « Moi je suis journaliste, vous, vous n’êtes rien. Vous êtes une merde »
Ou encore:
Lui: « Hé ? T’habite au Kremlin-Bicêtre, toi, connard ? ».
Nicolas répond: « Oui ».
Lui: « Ouais, ouais, génial. »
Le voisin de Nicolas ajoute: « On habite tous les deux au Kremlin Bicêtre ».
L’homme enchaîne: « Vous êtes pédés, non ? » »

Ma consœur Elooooody note un autre élément : « Vous s'rez dans Le Parisien demain! Le Parisien! ahahahahaha! Le Parisien connard! ahahahaha! [...] Je suis journaliste, vous n'êtes rien! »

L’histoire finit par se terminer mais ces derniers propos du type me poussent à mettre la vidéo sur mon blog, par jeu, par vengeance ou que sais-je ! Je fais une erreur : je dis explicitement dans le titre de mon billet que le type est du Parisien. Je l’avais cru, j’ai été con. Ce n’était pas vrai et j’ai fait un billet pour m’excuser auprès du Parisien. Tiens ! Je ne dirais plus dans mon blog que leurs mots fléchés sont trop facile et que je regrette ceux de France Soir. Néanmoins, dans mon billet initial, je n’avais dit que dans le titre que le type était du Parisien, dans le corprs, j’avais dit qu’il se prétendait. J’ai un réflexe con de blogueur : des titres un peu trash pour attirer l’œil dans Twitter.

Il est minuit. Je vais me coucher.

Le matin, la vidéo commence à buzzer. Mon billet de blog est vu, finalement, par environ 10000 personnes. Le Huffington Post en fait un article (plus pour parler du buzz que de la vidéo). Je remercie ces braves gens. Quand ils auront une version papier, je jure de l’acheter pour faire les mots fléchés. Youtube me dit qu’elle a été vue 8500 fois.

Un peu avant midi, l’ampleur du buzz m’effraie. Je fais donc un deuxième billet, sur le ton : « bon, les gars, on se calme, ça n’est qu’un con bourré de plus ». Je précise quand même ici que je n’avais jamais vu un tel con. J’en ai reparlé avec le serveur de la Comète qui a près de 40 ans de métier : lui non plus. J’ai montré la vidéo à Michel, le patron de l’Amandine. Il me dit la même chose.

Cette vidéo n’est pas rien. Mon confrère Seb Musset me disait par mail que la vidéo de l’imbécile d’Orange qui insultait une employée de la SNCF était du pipi de chat, à côté. Cette vidéo n’est pas rien, mais je n’aime pas le buzz.

Pourtant, peu après, un autre buzz se déclenche. Voir le billet de Seb, justement. Lui qui est « du métier » a plus senti la chose que moi.

Vu de mon côté, j’ai senti trois choses sur lesquelles je voudrais revenir ce matin. La première : on m’accuse d’avoir jeté en pâture un lascar. La deuxième : on m’accuse d’avoir cherché à faire du buzz. La troisième : les journalistes se liguent pour me taper dessus.

Pour répondre à ses trois points, je vais illustrer ce billet avec une copie d’écran du « tableau de bord » de mon blog avec une série de billets et le nombre de fois où ils sont lus. On y voit que, à part pour ce billet, ils sont lus entre 300 et 800 fois. Dans les faits, ça ne descend quasiment jamais au dessous de 300 et il est exceptionnel que ça dépasse 1500 ou 2000. Mais la moyenne est bien d’environ 500.

La première : on m’accuse d’avoir jeté en pâture un lascar

Je n’ai pas jeté de lascar en pâture. Vu mon compteur de visites, la probabilité pour que quelqu’un qui le connaisse tombe sur la vidéo est nulle. Et quand bien même ça arriverait, c’est bien lui tient le rôle du gros con, dans cette histoire.

Le sujet est important parce qu’on en vient à la vie privée sur Internet, aux clauses de confidentialité des réseaux sociaux dont on nous rabat les oreilles et tout ça. La presse et les twittos feraient mieux de réfléchir à la façon d’apprendre aux gens à relativiser mais aussi à se méfier des réseaux sociaux.

Le sujet est important parce que ceux qui m’accusent d’avoir jeté un lascar en pâture n’ont fait que me jeter en pâture en me faisant ce procès dans Twitter en tentant de démontrer que je suis un salopard. De fait, une recherche Google avec mon nom permettra de tomber sur ces tweets et d’en déduire ce joyeux qualificatif. Une recherche avec le ton du type n’arrivera jamais sur cette vidéo.

Il n’y a évidemment aucun risque personne ne va aller fouiller dans les archives de Twitter pour savoir ce que l’on dit de moi. Il n’empêche que tous ces twittos devraient réfléchir un peu plus avant de lancer des sentences en 140 caractères. Ils se comportent comme des petits procureurs en m’accusant d’être un petit procureur.

Je n’ai fait que diffuser une vidéo d’un type qui tient ces propos, relatés par mon confrère Politeeks : « Moi je suis journaliste, vous, vous n’êtes rien. Vous êtes une merde » ou « Vous êtes pédés, non ? »

La deuxième : on m’accuse d’avoir cherché à faire du buzz

Tiens ! Je vais dénoncer moi aussi. C’est l’ineffable Mel036 qui en a fait le plus. Normal, elle ne peut pas me blairer et elle base toute sa « réflexion » sur des sentiments qu’elle peut avoir.

Je pourrais être peiné d’être accusé de faire du buzz. Je n’ai jamais cherché ça. Voir encore une fois mon compteur de visites. Voir aussi les nombreux billets de blogs que j’ai faits récemment ici ou dans mes autres blogs sur le thème « laissez moi peinard et rendez nous notre blogosphère d’antan. »
                                                                  
Je ne suis pas peiné, je suis amusé de voir tous ces crétins qui voudraient se sentir importants mais qui n’ont rien compris aux réseaux sociaux. Pour ma part, j’y suis pour passer du bon temps avec les copains. Les peine-à-jouir ne m’intéressent pas.

La troisième : les journalistes se liguent pour me taper dessus

Allez lire le billet de Seb Musset que je citais plus haut. Politeeks est plus direct et je lui pique ses propos : « Finalement, après une urgente mobilisation de la profession journalistique, le Parisien informe : ce type ne travaille pas pour eux.

Moi j’ai compris un truc, au vu des remarques des uns et des autres, les blogeurs ne devraient -si on les écoute- surtout ne pas parler de ce qu’ils voient ou entendent à proximité d’eux. Et donc se limiter à commenter les informations -vraies- des vrais médias.  Le racisme ordinaire, l’homophobie ordinaire: houlà, il ne faut pas montrer les choses crues mais sans doute demander à des experts qui se pincent le nez… c’est teeeeeeeelllleeeeeeemeeeeeeennnnt mieux, voyez vous.

Après tout ces gens qui ont l’air propre sur eux, et qui agressent un jeune citoyen: “PD (..) sans doute arabe”… ça ne doit pas être de l’information… »

En introduction, je parlais de commentaires d’un camarade journaliste à mes billets. Il réagissait parce que je critiquais sa vénérable profession. Je vais présenter mes excuses. Ca fait toujours bien. Si j’habitais dans la région où il habite, je ferais les mots fléchés de son canard.

Ce sont ces propos d’un de mes billets qui le font réagir : « ce que ne peuvent pas comprendre les journalistes qui ont peur que les blogueurs les dépassent en reprenant leur boulot, c'est-à-dire remplacer trois mots dans une dépêche AFP. » Il en rigolait mais en était peiné. Amusant. Il se foutait de ma gueule parce que je disais que les journalistes ont peur. Il se fâchait parce que je disais qu’ils ne faisaient que remplacer trois mots dans une dépêche.

Je vais évacuer ce dernier point. Je vais prendre un site d’information au hasard, celui qui est le plus lu sur le net, le Monde et faire une copie d’écran de sa une qui commence par un vrai reportage. Ensuite nous avons :

Petit 1 : Depardieu qui reçoit son passeport. Je vais vous donner un truc. Prenez une phrase assez longue d’un article que vous voyez sur Internet, encadrez là de guillemets et faites une recherche Google. En l’occurrence, la phrase : « Il y fait aussi l'éloge de la démocratie dans le pays, ce qui a provoqué un concert de critiques en Russie et à l'étranger. » est citée 738 fois.

Petit 2 : Bachar El Assad qui devrait s’exprimer à la télévision aujourd’hui. On ne sait pas ce qu’il a dit. On n’est même pas sûr qu’il va le faire. On en fait un titre de une (de site web) quand même. La phrase « M. Assad, dans ses rares interventions depuis le début du conflit en mars 2011 dans le sillage du Printemps arabe, s'est toujours dit déterminé à en finir avec les rebelles » est reprise 363 fois. Comme quoi, Depardieu est plus vendeur.

Petit 3 : Dany Boon dévoile son vrai salaire. Ce n’est pas une dépêche AFP. L’information ne m’intéresse pas mais il en faut pour tous les goûts. Il n’y a qu’une quinzaine de lignes et s’est basé sur le travail du JDD.

Petit 4 : Un chat qui aide les détenus à s’évader. L’information est amusante mais la phrase « Celui-ci, intrigué par le comportement bizarre du félin et en l'examinant de près a constaté qu'un sac, attaché à son corps » ne figure que dans 57 pages dans Google.

Le Monde fait ce qu’il veut. Ils ont un métier et des sous à gagner pour vivre. Mon camarade qui se fâche dans mes commentaires pourra difficilement dire que je me plante totalement. Néanmoins, c’est un métier. Il y a une personne qui a jugé qu’il fallait mettre ces quatre informations en gros plan pour que le journal se vende (c’est une expression : nous sommes sur le web dans la version gratuite). C’est donc que ça marche. Je ne cherche pas à remettre en cause les compétences. Par contre, il n’y a pas de mots fléchés dans le Monde, je crois.

Il n’empêche que savoir que des types odieux insultent des vieux serveurs de bistro qui bossent depuis 11 heures puis un jeune Kabyle en le traitant de pédé à 23h30 dans un rade ne me parait pas moins important.

Mais le type en question se prétend journaliste (ce qu’il n’est pas) et la profession me tombe dessus.

Les gars, reprenez une verveine.

Je vais continuer à répondre à mon camarade journaliste : oui, vous avez peur pour votre profession. Ce n’est pas grave, au contraire. Moi-même je fais des billets de blogs à propos de l’évolution d’Internet qui met votre profession en danger parce que n’importe quel abruti peut diffuser des informations avant vous. A une époque où je concourais pour des classements de blog, j’avais l’habitude de faire d’aller sur les sites boursiers qui diffusent les dépêches AFP. Ils le font beaucoup plus rapidement que les sites de presse (pour des raisons logiques, le métier des journalistes est aussi de présenter et de trier l’information). Je faisais donc des billets de blog avant que les sites d’information de la presse traditionnelle s’empare des sujets (c’était avant l’époque de Twitter). Mes billets ne buzzaient pas mais étaient cités par les blogueurs qui avaient eu l’information par l’intermédiaire de mon blog. Ca m’amusait beaucoup.

La presse fait des actions pour se protéger. Par exemple, elle fait du « lobbying » pour que les liens vers eux deviennent payants. La presse a raison de se protéger et les journalistes ont raison d’avoir peur. Et nous avons peur aussi parce que quand la presse n’aura plus les revenus nécessaires pour travailler, nous n’aurons plus d’informations.

Mais à l’heure des blogs et de Twitter, surtout, ça commence à sentir la panique. La presse traditionnel s’associe à des pure players et commence à mettre en ligne du travail non rémunéré, celui de blogueurs, ce qui se fait au détriment de ce que pourraient faire des journalistes. Pour ma part, je ne collabore pas gratuitement avec des journaux. Je ne veux pas concurrencer les journalistes. Du coup, quand j’ai un vrai sujet, totalement par hasard (qu’est-ce que je foutais dans ce bistro ?) (ah ! oui, j’y suis tout le temps !), j’aimerais avoir un peu plus de considération.

Aussi bien, j’aurais réussi ma vidéo (je débute…), j’aurais pu en tirer du pognon en la vendant à un site de presse qui aurait organisé le buzz (en masquant le nom du journal cité voire en floutant la tronche du lascar).

Il est fait, maintenant, un amalgame entre les sites d’information et les blogs. C’est désolant. En tant que blogueur, ça me navre. Mais les journalistes qui me tombent sur le poil pourraient aussi lire mes récents billets où j’évoque ce sujet. C’était jeudi. Je ne leur demande pas d’aller fouiller les archives de mon blog d’actualité.

Les blogs politiques font au quotidien un travail que les journalistes ne font pas : ils analysent l’information. Nous sommes des centaines, des milliers, à faire cela. Pas plus tard que vendredi, le jour de la diffusion de la vidéo, je faisais un billet de commentaire politique de « l’affaire Free » avec ma vision de blogueur politique militant. C’est mon loisir. Faire ce genre de machin n’est pas du boulot de journaliste.

Dans ce billet, qui date de quelques heures avant la diffusion de la vidéo, il y a une section « modèle économique du web ». J’y cite Korben : « Mon Dieu que c'est ridicule ! La presse irlandaise, qui a un peu d'avance en matière de connerie sur la presse française vient de publier le tarif à payer pour faire un lien vers l'un de leurs articles. »

Je comprends que la presse Française soit inquiète.

Mais elle pourrait rebondir sur un miracle : un blogueur un peu connu apporte un témoignage visuel du racisme et de l’homophobie ordinaire dans les banlieues. Un miracle. Personne ne traîne avec une caméra dans un bistro de petit couronne à l’heure de la fermeture.

Bon, d’accord ! La vidéo est ratée.

Mais ça rapporte probablement plus de parler du buzz, du contre buzz et de l’âge de ma belle sœur.

Demain, dans la presse, on apprendra que de nouveaux journaux vont fermer. J'espère qu'ils n'avaient pas de mots fléchés.

12 avril 2008

Carla Bruni nue en forme olympique

A la demande de mon innombrable lectorat, je suis dans l’obligation saine et forcée de faire un billet sur le nu de Carla Bruni vendu près de 100 000 euros à un Chinois.

Si ça n’avait pas été à un Chinois, j’aurais fait ce billet sur mon blog de conneries mais c’est un Chinois : il mérite le blog politique, le pauvre.

Il convient en effet de noter les efforts méritoires de la Première Dame de France, l’illustre épouse de notre bon Président de la République, l’illustre (aussi, je suis en panne de qualificatifs) Nicolas Sarkozy, tuteur de Nicolas Pirsen (tant qu’à faire du buzz, je suis près à rajouter tout mot clé aimablement fourni par l’académie des blogueurs assoiffés), pour redresser l’image de la nation auprès du peuple Chinois, fort énervé par la traversée de Paris de la flamme olympique qui ne s’est pas déroulée exactement dans les conditions prévues par les organisateurs.

« Le cliché en noir et blanc du photographe Michel Comte ». Heureusement qu’il n’est pas en couleur, ça le rendrait difficile à photocopier ou à faxer.

« La photo en pied sur un fond de dégradé de gris laisse voir ses seins nus ». Ne négligeons pas les mots clés quand on cite des dépêches AFP.

« plus de deux cents photos étaient en vente, dont un portrait de Brigitte Bardot par le photographe américain Richard Avedon qui a été vendu 181.000 dollars ». D’un autre côté, on ne peut pas non plus exiger de Nicolas Sarkozy qu’il épouse Brigitte Bardot.

« Christie's a justifié sa décision de mettre en vente des images d'une Première dame en exercice en décrivant l'épouse de Nicolas Sarkozy comme "l'une des plus belles femmes du monde". » Le souhait de gagner un maximum de pognon et de faire parler d’eux n’était donc pas une motivation. J’ai eu peur. La morale est sauve.


21 novembre 2007

Jacques Chirac bientôt en examen voire en prison ?

C’est annoncé ce matin par une radio Belge et par Intox2007. Gaël le voit même en prison, ça lui rappelle sa jeunesse !

C’était ma rubrique « qu’est-ce qu’on peut ne pas faire comme billet pour attirer du monde ? »