Alors que j'écrivais dans un billet ou un commentaire que si
un référendum avait lieu à propos du votes des étrangers aux élections locales,
le nom l'emporterait assurément, un commentateur me donnait en référence un
sondage de novembre 2011 : 61% des français étaient pour.
Je suppose que c'est une de ces personnes qui critiquent les
sondages de manière globale quand ils ont une idée opposée aux résultats.
Je me disais en moi-même qu'on vivait dans un autre monde et
que certains avaient complètement zappé "les ravages" de la
dernière élection. J'étais surpris : ce gars n'avait pas remis le
sondage dans le contexte de l'époque. Peut-être une exaspération générale suite
aux débats sur l'identité nationale ou que sais-je ! Chacun aura son idée du
contexte.
Il n'empêche qu'un débat très fort a été tenu au moment de
la Présidentielle avec un seul mot d'ordre de la droite : le droit de vote en
question est dangereux, il va nous faire perdre une partie de notre identité
(sous-entendu : on va être submergés par les Musulmans), de notre souveraineté
et tout ça.
Je vais faire deux apartés pour me moquer bêtement. Petit 1
: le débat actuel à propos de Charlie (j'en ai déjà fait 4 ou 5 billets, je
vais arrêter) est parfais pour nous rappeler qu'il existe des Musulmans
dangereux. Il est aussi parfais pour ce qui concerne la défense de la liberté
d'expression mais allez comprendre ce qui rentre dans le crâne de nos
compatriotes. Petit 2 : une partie de ceux qui réclament le plus fort ce droit
de vote en luttant contre l'argument de la perte de souveraineté de l'UMP sont
ceux qui râlent contre le traité Européen car il nous fait perdre de la
souveraineté.
Il faut que j'arrête de faire du mauvais esprit d'autant que
je fais des phrases trop longues et que je ne sais plus où je veux en venir.
Ah ! Oui !
En surfant au hasard, je suis tombé sur
un sondage qui disait que
61% des français étaient contre le droit de vote
dont on parle.
Comme quoi, les proportions s'inversent et confirment que
certains vivent dans un autre monde.
Je vais faire un nouvel aparté. On parle beaucoup de Manuel
Valls ces temps-ci. Certains le comparent à Nicolas Sarkozy en 2002 (ça se
discute : en 2002 comme en 2012 les Ministres de l'Interieurs sont "très
présents" mais Manuel Valls n'est pas - comme on dit - dans la
communication permanente mais dans l'action. Il ne cherche pas à se positionner
pour la Présidentielle suivante. Celle de 2022, je ne dis pas mais on a le
temps de voir). Razzy Hammadi, de l'aile gauche du PS, a parfaitement raison
quand il dit qu'il est
scandaleux
de dire que Valls est à droite.
Mais il y a bien des gens, à gauche (et sans doute à droite
mais je m'en fous, je n'y suis pas), qui se plantent lamentablement dans leur
analyse du comportement politique des électeurs.
Dans
mon annexe, je plaisantais "contre" le Front de Gauche qui veut faire
de la pédagogie pour expliquer qu'il fallait lutter contre le fameux traité. Un
commentateur, probablement du Front de Gauche, me demandait ce qu'il y avait de
drôle.
J'aurais du lui répondre que depuis que j'observe la vie
politique de ce pays, tous ceux qui ont dit qu'il fallait faire de la pédagogie
ont perdu les élections...
Ce sont d'ailleurs probablement les mêmes qui nous
expliquent qu'il ne faut pas prendre les électeurs pour des cons tout en disant
que Valls est de droite et qu'ils sont les meilleurs stratèges
électoraux.
Bref...
Il me semble évident que le moment n'est pas le bienvenu
pour faire passer ce texte d'autant qu'en période de forte crise
économique, il est probable que, lors d'un référendum, les électeurs
sanctionneront le gouvernement. Il n'est pas impossible que le non fasse plus
de 70%. Les partisans vote des étrangers n'auront aucune raison de se déplacer impérativement
jusqu'aux urnes. Ils n'ont rien à défendre, ça ne leur apportera rien. Par
contre, les opposés viendront défendre leur souveraineté.
Je propose donc de faire cette réforme après les
élections de 2015. De toute manière, la gauche risque bien de les perdre
(comme celles de 2014), même avec le soutien des quelques électeurs étrangers
intéressés par ce vote et la droite perdra un argument…
Autant penser à 2017 : une promesse, non seulement, ça se
tient, mais en plus ça ne se perd pas lors d'un référendum (et si on recule
encore, on pourra toujours la coller dans les engagements pour la prochaine
élection : commençons à remplir le catalogue !).
Manuel Valls a raison : il faut prendre son temps. Je
propose donc à nouveau mi 2015.
Dans l'attente, occupons-nous du "mariage pour
tous", ça nous permettra de nous foutre de la gueule des cathos
Avec de nouvelles jolies caricatures.
À moins qu'il ne soit plus urgent de traiter des sujets
économiques et sociaux.