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12 septembre 2012

Harlem Désir : l'avenir

Je lisais dans Métro, ce matin, une interview de NKM qui se plaignait des difficultés pour trouver les parrainages pour sa candidature pour la Présidence de l'UMP. Elle a beau jeu de qualifier le processus de désignation au sein du PS de "soviétique"...

Moquons nous d'elle pour évacuer le sujet. Elle déclare : "je fais campagne sur un positionnement politique clair". Elle cite un seul exemple : "je suis par exemple contre toute alliance avec le FN". Outre le fait que les autres candidats auraient pu déclarer la même chose, je me demande si ça ne fait pas un peu léger comme positionnement !

Pour en revenir à la comparaison avec le PS, qu'elle qualifie de "soviétique", pourrait-elle nous rappeler la dernière fois où un vrai processus démocratique a été mis en œuvre dans son parti ?

Ainsi, Harlem Désir serait le futur Premier Secrétaire. Le conditionnel reste de vigueur : il reste des étapes à franchir. Et il nous faudra étudier ça de plus près

À mon avis qu'il m'arrive de partager, c'est un très mauvais choix mais Jean-Christophe Cambadelis aurait été pire. Le PS aurait du désigner une personnalité de premier plan. Mais non ! Pas Jack Lang ! Ils ont en stock un tas de lascars comme Bertrand Delanoë. Il sera bientôt à la retraite et on comme à présenter Anne Hidalgo comme future maire de Paris. Ou Ségolène Royal, tiens ! Elle est toujours très bien pour taper sur la droite et défendre des projets. En plus, ça aurait été rigolo.

Le rôle de Premier Secrétaire est un peu à définir (ça fait longtemps que le parti n'a pas été au gouvernement) mais il faut quelqu'un de poids pour causer dans le poste. 

Là, on a l'impression d'avoir le choix entre le charisme d'un oursin et celui d'une huitre. 

Je dis "on", c'est une façon de parler. Je ne suis pas dans le coup. Les militants non plus, d'ailleurs. D'ailleurs parler de choix est gonflé. 

Un système soviétique ?

On peut toujours rigoler de NKM mais les critiques qui viennent du sein de la gauche sont encore plus drôle. 

La presse est coupable en premier plan, comme souvent. Elle nous présentait la chose comme une décision de Martine Aubry. Après, elle a joué l'adoucissement et a évoqué un choix entre Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault. Elle commence à dire que c'est un choix de François Hollande...

C'est amusant comment la présentation de la chose peut jouer. Je vais donc donner une autre grille de lecture : la gauche ayant gagné sa première présidentielle depuis 24 ans, les principaux cadres du PS ont décidé de montrer l'unité derrière le Président et le Gouvernement. Ils ont donc décidé de présenter ensemble une même motion (dans le temps on parlait de synthèse). Il restait ensuite à négocier les postes entre les différents courants du parti, notamment les Aubryistes, les Hollandistes, les Vallsistes (je dis ça pour faire plaisir à Louis), les Montebourgeoisiens, les Ségolènistes et les Hamonistes (sauf qu'ils ne jouent pas le jeu et présentent une motion à part). J’espère que je n’ai oublié personne, comme les Mallotistes.

Qui parle de déni de démocratie ? Je ne sais s’il y a un système de parrainage pour être candidat mais, a priori, rien n’empêche n’importe quel gugusse de se présenter… Encore faut-il qu’un candidat sérieux soit assez taré pour foutre en l’air l’harmonie actuelle pour sa propre gloire.

Après on pourra toujours tergiverser sur la démocratie interne. Du temps de Jospin, il avait mis en place un système où, pour résumer, l’élection se basait essentiellement sur la personne, pas sur une motion. Ca a donné le joyeux bordel de 2008. Du coup, Martine Aubry a fait changer les règles ce qui nous permet d’éviter ce merdier aujourd’hui. Il n’empêche que c’est « le joyeux bordel de 2008 » et ce qui s’est passé ensuite qui nous a permis de gagner les deux élections nationales et d’être maintenant au Gouvernement.

Et c’est pour ça qu’il faut un parti politique derrière le Gouvernement, pour le soutenir voire lui botter les fesses. Ces victoires ont été rendu possibles par 60 engagements qu’il convient maintenant de mettre en musique.

C’est un devoir démocratique : les électeurs « nous » ont fait confiance.

N.B. : Je remercie les copains des leftblogs. Nos échanges m’ont bien inspiré pour ce billet. Notamment Melclalex, Romain et Martin qui m’ont expliqué un peu comment fonctionnait le parti.

09 juin 2009

Des noms ! Des noms !

Ouf ! Je viens me fader la lecture de 125421 billets d’analyse du scrutin de dimanche. On y trouve de tout ! Tiens ! Pas perdus qui s’imagine que le Front de Gauche remporte une victoire historique en se réjouissant de la défaite du PS.

« Au NPA et aux autres formations de la gauche radicale d'abandonner leur esprit boutiquier qui est une impasse, pour servir l'intérêt général ». Il faut traduire « Intérêt général » par « taper sur le PS ». Le plus osé est de comparer le score du PC à la Présidentielle (1,7%) à celui du Front de Gauche (avec une erreur d’un pourcent sur le score...), en oubliant que le PC avait fait près de 6% en 2004, soit le même score que le Front de Gauche cette année. Ca ne me réjouit pas mais quand on passe sa vie à taper sur la gauche, on pourrait au moins avoir un minimum d’objectivité dans l’analyse !

L’analyse la plus complète est peut-être chez Dedalus mais c’est Dagrouik qui a raison : il faut se mettre au boulot fissa et ce n’est pas le Coucou qui le contredira. L’analyse de Disparitus mérite d’être signalée : la victoire de Daniel Cohn-Bendit est à imputer à Raymond Domenech. L’équipe de France de foot n’ayant aucun intérêt, les électeurs ont regardé Home à la télé.

En fait, si le résultat ne générait pas une baisse du nombre d’élus du PS, son analyse brute ne devrait pas générer tant de passions. Globalement, la gauche est devant la droite, mais, comme en 1994, des pirates volent la vedette au PS. Ca n’avait pas empêché le PS de rafler le pouvoir trois ans après. Tiens ! Et Nicolas Sarkozy qui prenait une baffe en 1999… La participation à ces élections étant à peu près la moitié de celle aux Présidentielles, le résultat ne devrait pas nous émouvoir.

Lorsque le PS avait présenté ses listes, j’avais gueulé sur l’absence de personnalités de premier plan impliquée dans la campagne (et tout le monde ou presque avait gueulé sur leurs constitutions, les parachutages et autres joyeusetés rituelles). Quand j’étais devant la liste de bulletins, dimanche matin, j’étais perplexe. Je savais que Harlem Désir était tête de liste. Tout le monde connaît Harlem Désir. Mais pas en tant que dirigeant du PS, en tant qu’ancien porte-parole de SOS Racisme. En 2004, la liste qu’il menait avait gagné « haut la main ». Il n’avait en face de lui que des quasi-inconnus. Tiens ! Patrick Gaubert était tête de liste UMP et Alain Lipiezt représentait les verts. J’ai totalement oublié l’existence de Patrick Gaubert et Alain Lipiezt est surtout connu pour sa moustache (et pour le bordel chez les verts en 2001).

Cette année, il avait en face de lui Michel Barnier et Daniel Cohn-Bendit. Les deux sont connus pour tellement de raisons qu’on ne va pas les citer.

Cette année, la donne était changée, le PS a pris une veste. 13,6%. Il va peut être falloir la retourner.