Force est de constater que la gauche n'a jamais pu rester
plus de cinq ans de suite au pouvoir. Elle n'a donc pas pu instaurer une
politique de gauche sur la durée et se contente de constater que les retours périodiques
de la droite sont dévastateurs.
Mes trolls reacs diront probablement le contraire : c'est
leur job.
À gauche, chacun aura son explication. J'ai les miennes et
je précise à mes trolls de gauche que je ne les considère pas comme exhaustives.
Je ne vais qu'en citer 3 par opposition à la droite.
1. Elle n'a pas le culte du chef. Toute l'UMP était rangée derrière
Nicolas Sarkozy. Toutes l'UMP sera devant le président qui sera prochainement élu.
Le travers pour l'UMP est qu'elle est incapable de faire
autre chose que de soutenir un chef national. Elle n'a plus de projet politique
et est incapable de trouver des leaders "territoriaux", laissant la
gestion des communes, des départements et des régions à la gauche.
Le "drame" qui se joue à la tête du PS est à plier
de rire : ils vont de désigner dans un processus fort peu démocratique un
leader avec le charisme d'une huitre. On pourrait rigoler longtemps d'ailleurs
puisque pour les primaires, ils ont voté pour un gars qui était jugé incompétent
trois ans avant...
2. Elle est incapable d'unité. En tant que blogueur, je le "subis"
tous les jours, tant je prends de baffe dans la tronche de la part de ces
donneurs de leçon que sont les blogueurs d'extrême gauche.
La droite est unie. Les partis satellites de l'UMP ne sont
pas sans cesse en train de lui taper dessus. Ils ont aussi la reconnaissance du
ventre.
Que voit-on dans l'actualité des partis proches du PS ? Jean-Vincent
Placé qui tape sur le Gouvernement. Et je ne parle pas de Jean-Luc Mélenchon
qui était membre du PS et du Gouvernement Jospin qui passe son temps à taper
sur ses anciens amis, comme les communistes l'ont toujours fait.
3. Elle a une fâcheuse tendance à pratiquer le droit
d'inventaire. Les gauchistes ont une fâcheuse tendance à rappeler en toute
bonne foi les erreurs de leurs aînés sans se préoccuper du contexte de l'époque
et des résultats positifs.
Pas à droite. La gauche est très forte pour rappeler qu'elle
fait des erreurs.
Comme promis, je vous passe les autres raisons (dont le fait
que beaucoup de militants ne sont pas électoralistes, se basent sur
l'intelligence des électeurs tout en les prenant pour des cons).
Pourquoi je vous raconte ça, moi ?
Parce que je suis stupéfait que certains ne retiennent pas
les leçons. Je disais hier que la presse de gauche me brisait les roustons à faire
éternellement des unes contre la gauche au gouvernement.
La presse de droite, elle, est bien rangée derrière son
parti phare. Le Figaro n'a jamais laissé tomber Nicolas Sarkozy.
Il se trouve qu'un blogueur a fait
un billet pour dire que j'avais tout faux sans même retenir ce dernier
argument et en oubliant complètement qu'une entreprise de presse est une
entreprise commerciale. Elle vendra plus de numéros en titrant "Hollande
est nul" que "Ayrault est bien coiffé". Pourtant seule cette
deuxième affirmation est exacte.
Ce blogueur est Marc Vasseur. Il n'hésite pas à commencer
son billet par un mensonge à mon sujet visant à me rendre ridicule pour mieux
affirmer la suite de ses propos. J'y reviens ci-après.
Cela étant, je ne suis pas un vieux militant du PS mais un
type qui se passionne pour la politique depuis qu'il tient un blog...
La gauche a besoin d’une presse de gauche (et de blogs de
gauche) impartiaux et objectif (autant qu’on peut l’être quand on fait de la
politique…). Elle a besoin d’une presse (et de blogs) qui travaille, qui
analyse, qui complimente, qui critique, …
Elle n’a pas besoin de magazines de gauche qui ornent les
kiosques à journaux criant en une que nos dirigeants sont des imbéciles (j’ai
trouvé l’illustration
ici avec
Google News. Elle n’illustre pas directement ce propos).
Il y a un temps pour le « yakafaukon ». Il a duré
du 6 mai 2007 au 16 octobre 2011 (second tour de la primaire). Après il y a eu
le temps du soutien du candidat et du matraquage des autres. Le temps est venu
du soutien d’une équipe dirigeante. Surtout quand le yakafaukon est un ramassis
d’âneries que je vais relever à partir de la fin pour varier les plaisirs.
« Comme le dit Plenel « Si l’on
joue ici les Cassandre, c’est autant par éthique de responsabilité que par éthique
de conviction : en espérant que cette alarme sera entendue. » » Ah !
Et ce n’est pas du tout pour gagner de l’oseille ? Ce n’est pas du tout
pour rentabiliser un journal qui commence à « rencontrer un modèle
économique qui fonctionne ?
« Et bon la multiplication
des commissions… très sincèrement, c’est risible et on l’a d’ailleurs fait du
temps de Sarkozy… » Non ! Du temps de Sarkozy, on gueulait
parce qu’il mettait en place des commissions pour valider des décisions qu’il
avait déjà prises.
« Les copains – blogeurs de
gouvernement :) – ne supportent pas non plus qu’on puisse dire qu’il y ait eu
une forme d’immobilisme durant cette été. Ben si… » Ben non !
Le PS avait annoncé le planning de sa première année avant les élections, il le
tient. « On ne peut pas dire pendant des mois
que le pays est dans une très mauvaise situation – une lapalissade- et donner l’impression
d’un gouvernement présent aux JO et ensuite en vacances. » Pendant
le quinquennat précédent, je n’ai pas arrêté de me foutre de la gueule de
Nicolas Sarkozy qui communiquait sur le fait qu’il obligeait ses ministres à
faire semblant d’être studieux pendant les vacances. « C’est à mon sens un autre problème de communication. »
Peut-être ! Mais je ne peux pas, objectivement, critiquer Hollande pour ne
pas faire ce que je reprochais à Sarkozy de faire. Le problème de communication
vient de la presse (et des blogs…). Je n’ai pas titré : « Tous les
ministres sont des faignants. »
« Ensuite, de ma fenêtre, on
voit des choses qui si elles ne sont pas graves peuvent malgré tout agacer… Prenons
par exemple ce mode de désignation pour le moins curieux pour entériner le
successeur de Martine Aubry… Après une Primaire réussie on pouvait penser que
la démocratie avait progressé au PS… et bien non au contraire c’est une complète
régression avec un 1er secrétaire qui sera désigné par 3 personnes. »
Là, on est d’accord ! Je n’ai pas été le dernier à critiquer ça (ce que je
fais encore ici, en début de billet).
« Autre chose qui me
chagrine, enfin à l’annonce des 3 millions de chômeurs, on décrète que c’est
une urgence… mon coté chieur me fait dire qu’heureusement cette ligne de
fracture est survenue rapidement sinon on pouvait attendre un peu plus
longtemps. » On ne décrète rien. Une grande partie de la campagne
était orientée sur l’augmentation du chômage entre 2007 et 2012 et sur le
contrat de génération. Une partie de nos propos, dans les blogs, était qu’on ne
pouvait pas travailler dans l’urgence et faire, comme le gouvernement une
nouvelle loi par annonce.
Le paragraphe précédent concerne la ratification du traité
Européen. Avec la mauvaise foi qui me caractérise, je vais dire que François Hollande
avait promis de négocier une révision de ce traité. Il a tenu promesse :
il a négocié. Ca n’a pas été bien loin, un peu comme moi quand je négocie la
tournée du patron à l’Amandine…
Bref, la critique est fréquente dans les blogs « socialos ».
La plus poussée a été faite par
Melclalex,
je crois. Ne lisez pas ! ;-) Vous pouvez aussi lire les billets de
Dagrouik
Intox 2007 Politeeks (notamment
celui d’hier sur lequel j’aurais
voulu revenir : certains voudraient faire bouger l’Europe, c’est bien,
mais ça n’avance pas trop, c’est mal).
Revenons au billet de Marc et à son paragraphe sur l’Europe
qui se termine ainsi : « Il faudrait un
plan B ah bon au nom de quoi ? TINA ? » C’est le dernier argument,
faire dire aux gens qui ne critiquent pas les évolutions de l’Europe :
There Is No Alternative. J’aimerais bien qu’on me propose une alternative
viable à ce que je propose : avancer pas à pas, négociation après
négociation. On peut critiquer chaque évolution du traité mais ça ne dit pas
comment on va trouver le pognon pour le filer aux pays qui en ont besoin avant
de sombrer définitivement. On peut critiquer chaque évolution mais on peut
aussi rappeler que c’est le traité original (je parle de celui de 92) qui pêche
et qui nous a déjà obligé à mettre des contraintes budgétaires dans la Constitution
(le respect du traité inscrit dans la Constitution implique de respecter les « 3
et 60% du PIB »), contraintes qui ne sont pas respectées, d’ailleurs…
Cela étant, comme mes camarades, je regrette que les
négociations n’aient pas été plus loin mais je ne vais pas communiquer outre
mesure sur
le
sujet : «
Marine Le Pen a promis mardi
une campagne d'envergure pour exiger un référendum sur le traité budgétaire
européen. »
Je ne vais pas faire campagne contre mon parti,
contre le Président que j’ai choisi, contre le Gouvernement responsable devant
un Parlement que j’ai contribué à élire, par mon vote, pour expliquer que
Marine Le Pen a raison. Si l’équipe dirigeante mis en place estime que la
meilleure solution pour faire bouger l’Europe dans le bon sens est de ratifier
le traité, je dis amen. Je les ai élus pour ça et ils sont largement plus
compétents que moi.
J’attends avec impatience les manifestations prévues par le
Front National et le Front de Gauche, pour les commenter bêtement, en espérant que le Front sera surtout
dégarni.
Certains, au PS, ont oublié les blessures de 2004 et de 2005 et leurs conséquences... Moi qui critiquais le droit d'inventaire...
Revenons au billet de Marc : « Moi-même, et parce que j’ai soutenu François Hollande – ce
que je ferai encore aujourd’hui-, je ne veux renier ce que j’ai toujours
défendu à travers mes écrits : une liberté de ton et je l’espère une certaine
cohérence avec ce que je défends publiquement depuis près de 6 ans. Alors
oui… Ca merde… » Ah ! Oui, ça merde ! Il y a une crise
économique majeure. Ce n’est pas faire preuve de liberté de ton que de le
constater. Je sens que les slogans « liberté de ton », « blogueur
indépendant », … va rapidement devenir à la mode dans les blogs « socialos »
pour tenter de prouver à ses lecteurs, voire à soi-même, qu’on est parfaitement
objectif. On va vite rigoler. Chacun va faire des billets pour justifier sa
propre position. D’ailleurs, c’est au moins le 24ème billet depuis
la rentrée que je fais pour justifier la mienne.
Le début du billet de Marc est une réponse directe à mon
billet d’hier.
Tout d’abord : « Je
passe sur le fait qu’on découvre que l’Express ou le Point sont des
hebdomadaires plutôt orientés à droite… aux dernières nouvelles il me semble
pourtant qu’un Christophe Barbier -directeur du premier nommé- n’a jamais caché
ses sympathies vis à vis de Sarkozy ou alors je n’ai définitivement rien
compris à ses éditoriaux. » Soit Marc n’a pas lu mon billet, soit
il cherche à me rendre ridicule pour rendre sérieux, c’est au choix… De la part d'un copain, ça surprend... Du coup, il a gagné un billet en réponse.
« Maintenant concernant des
médias normalement plus proche de la Présidence, ceux-là si j’en crois mes « camarades
» devraient soutenir vaillamment la politiquement de redressement entreprise
depuis le 6 mai 2012. Ben non les copains, c’est peut à cela qu’on peut peut-être
attester d’une présidence, d’une presse en mesure de dire qu’on n’est pas d’accord
ou que ça déconne. »
Il y a une légère différence entre « ne pas soutenir
vaillamment » et décorer les kiosques de France avec une une disant que le
Gouvernement et le Président sont nuls… Cela étant, on m’expliquera ce que veut
dire : « c’est peut à cela qu’on peut
peut-être attester d’une présidence, d’une presse en mesure de dire qu’on n’est
pas d’accord ou que ça déconne. »
Si c’est la seule conclusion d’un tel réquisitoire, je vais
aller reprendre un café, moi, avant de donner un conseil à mes confrères blogueurs : évitez les billets trop longs.
On a l'élection de 2017 à préparer, ensuite...
"
Dans son programme électoral, François Hollande s'était présenté comme l'ennemi de la finance
et voulait être en rupture avec les politiques de rigueur. A cet
instant-là, il avait entièrement raison. Cette posture était celle
qu'il fallait adopter. Cet état d'esprit est encore d'actualité.
Etant d'un naturel très optimiste, je
reste persuadé, qu'à un moment donné de son quinquennat, il reviendra à
ses fondamentaux, s'il veut sortir le pays de l'ornière."
Ca, c'est Yann Savidan qui le dit. On peut rester
optimiste.