Le gouvernement et l’intelligentsia ne comprennent pas Internet, le sujet n'est pas nouveau.
Il y a d’abord eu la loi Hadopi contre le "piratage" pour secourir la corporation des "artistes". Début janvier, le rapport Zelnik, censé améliorer et compléter Hadopi, faisait la une avec son projet (inapplicable) de taxation d’Internet pour financer cette même "culture". Nous le savions déjà mais en mars il y aura la Loppsi, une loi sur le filtrage de site web, avec comme argument principal la lutte contre la pédophilie. Et le dernier acte en date est l’ACTA. Derrière ce sigle se cache un traité international encore en négociation sur la protection de la propriété intellectuelle, qui obligerait notamment les fournisseurs d’accès internet à faire la chasse aux internautes portant atteintes à la propriété intellectuelle.
Il s’agit des mêmes arguments répétés en boucle depuis 15 ans : Internet = sexe + drogue + vol = terrible danger. Pour vous en convaincre, il suffit de visionner ce pearltree éloquent d’images de l’INA remontant à 1995. D’ailleurs, cela semble rentrer tellement dans la psyché collectif que lors du fameux épisode Hortefeux de septembre dernier, la tactique de défense s’était vite portée sur la remise en cause du web. Argument approuvé également par certains à gauche.
Que l’on soit pour ou contre des droits de propriétés intellectuelles strictes, la fin ne justifie pas les moyens. Il ne viendrait à l’idée d’aucun ministre de faire suivre dans la rue tous les citoyens sous prétexte qu’ils pourraient éventuellement commettre une activité illégale. Alors pourquoi en serait-il autrement sur le web ?
Cela ressemble beaucoup à un chant du cygne d'un ancien monde tant les projets s’accumulent. Des projets portés par des politiciens qui ne comprennent pas ce nouvel espace de discussion (et donc de pouvoir) dans la société. Un chant du cygne des médias traditionnels également qui voient d’un mauvais œil l’influence grandissante de ce nouveau média. Enfin un chant du cygne des artistes établis et de leurs producteurs qui voient s’ébranler leur oligopole face à ce nouveau canal de distribution.
Mais cela ressemble aussi beaucoup à une incapacité (temporaire?) du Web à expliquer, à convaincre et à s’organiser pour convaincre au-delà de lui-même.
Voici un "macro-pearltree" collaboratif composé de pearltrees d'autres personnes sur les sujets évoqués plus haut: