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18 juillet 2014

Le gouvernement, le terrorisme et internet

Si j’en crois ce papier de Numerama repris par Korben, Bernard Cazeneuve prépare un texte de loi antiterroriste dont un article « prévoit de confier à l'administration le pouvoir d'élaborer des listes de sites à bloquer, sans contrôle judiciaire ». « Le dispositif prévu par le projet de loi est jugé "techniquement inefficace" et "inadapté aux enjeux de la lutte contre le recrutement terroriste". Pour le CNNum, il "n'offre pas de garanties suffisantes en matière de libertés". »

Je n’ai pas lu l’article en question mais j’espère bien que le ministre de l’intérieur prendra en compte l’avis du Conseil National du numérique pour réécrire sa copie…

Toujours est-il qu’on a passé des années à lutter contre les conneries de la droite en matière de numérique, au travers des Lopssi et autre Hadopi… Il ne faudrait pas que le gouvernement actuel refasse les mêmes…

11 décembre 2013

Article 13 - bis

Je reviens rapidement sur « l’article 13 » que j’évoquais hier soir parce qu’il fait beaucoup de bruit, cet article. Tout d’abord, certains lecteurs ont pensé que je défendais cet article. Ce n’est pas le cas. Je ne l’ai pas lu. C’est un machin juridique absolument incompréhensible et, comme le signale Authueil, sans les décrets d’application, il ne veut pas dire grand-chose. L’ami Romain Blachier revient sur le sujet. Il est contre cet article et signale un papier montrant les vrais dangers de cette loi.

Je vais donc refaire mon billet d’hier.

Petit 1 : je voyais encore ce matin des twittos hurler contre les attaques à la vie privée. C’est doublement drôle. Petit 1.1 (je fais un billet structuré) : ces braves gens n’arrêtent pas d’étaler leur vie privée dans Twitter. Petit 1.2 (t’as vu ça, hein !) : ils s’imaginent vraiment que les pouvoirs publics ont quelque chose à cirer de leur vie privée ?

Le problème n’est pas là mais de ne pas savoir ce que pourraient faire les autorités…

Petit 2 : il faudrait interdire à l’Etat français ce que ce permet probablement l’Etat américain et des multinationales privées… Je dois même avouer que je suis plus ou moins surpris que ça ne soit pas déjà autorisé ou qu’ils ne le fassent pas déjà…

On manque un peu de retenu et de recul… J’en voyais un qui se foutait de ma gueule dans Twitter en moins de 140 caractères…

Les militants d’internet oublient souvent de remettre les pieds sur terre. L’ami Politeeks leur donne d’ailleurs un savoureux coup de pelle à un tout autre sujet : la loi est modifiée pour que les sources des journalistes soient protégées et pas celles des blogueurs. Depuis quand les blogueurs ont des sources secrètes ? De quel droit s’érigeraient-ils à un niveau supérieur de celui des autres citoyens.

J’aurais pu le préciser, d’ailleurs, dans mon billet d’hier midi à propos des blogs : je revendique le fait d’être un imbécile normal, certes bedonnant et tapant vite sur un clavier ! Un simple citoyen, comme on dit. Un peu militant. Je ne suis pas un journaliste, un chroniqueur, un éditorialiste mais un type comme les autres.

Il y a des spécialistes du numériques qui couinent et c’est leur job. Il n’empêche que je vais ajouter un « Petit 3 » : je n’ai pas été consulté et je connais probablement mieux les réseaux sociaux que les spécialistes autoproclamés.

Arrêtons donc de mettre la protection de la vie privée à toutes les sauces. Cette loi pose d’autres problèmes car elle ne cadre pas normalement l’utilisation des données et pourrait porter atteinte à l’économie du pays, notamment en faisant baisser la confiance des investisseurs.

D’ailleurs, le MEDEF gueule aussi. C’est peut-être parce que ça va rendre plus difficile de foutre du pognon dans des paradis fiscaux…

J’aime bien quand les gauchistes autoproclamés justicier de Twitter s’associent au MEDEF. Pourtant, pas un seul gauchiste ne gueulerait si la loi était faite pour ajouter « fraude fiscale » à « pédophilie » ou « terrorisme » à une liste de crime.

Etrange…

Dans l'attente, si on pouvait arrêter de prétendre que je soutiens cette loi...

13 mai 2013

Lescure de lecture

Quel pavé ! Plus de 700 pages pour le rapport Lescure. Rien qu’en copiant les 80 propositions qui sont faites, je ferais le billet le plus long de l’histoire de ce blog. On retiendra les trois points phares : la « chronologie des médias » la suppression de l’Hadopi et la taxation des machins connectés, genre smartphones et tablettes. Vu par l’Humanité, ça donne ceci : « Le rapport commence en effet sur de belles intentions avant de céder définitivement à la pression des industriels et ne proposer qu’une Hadopi rhabillée aux couleurs d’un CSA tout puissant. »

Les 80 propositions sont en trois axes : en trois axes : l’offre légale en ligne et l’accès des publics à cette offre ; la rémunération des créateurs et le financement de la création ; la défense et l’adaptation du droit d’auteur dans l’ère numérique (y compris la lutte contre le piratage).

Un tas de domaine est exploré et le blogueur politique se disperse… Je vais résumer très grossièrement : il s’agit d’adapter la législation à la technique. Par exemple, actuellement on paye une « taxe pour copie privée » quand on achète des machins avec une capacité de stockage. Ca date de 1985 et des cassettes VHS… Avec l’évolution de la technologie, on s’oriente vers une écoute en streaming donc sans stockage physique. Il faut donc taxer ailleurs pour financer les auteurs des œuvres…

Par ailleurs, l’offre « illégale » semble bien plus importante que l’offre « légale ». Il faut donc renforcer l’offre légale… Par exemple, les séries télévisées provoquent une espèce d’addiction. Les fanatiques sont obligés de télécharger illégalement. Si les séries étaient mises en ligne plus rapidement, les téléchargements illégaux « en urgence » diminueront. Il faut donc encourager les diffuseurs à accélérer les processus.

Parmi les propositions, j’ignore celles qui seront retenues par le Gouvernement. Comme dirait l’autre, ça fait une belle boite à outil… Mais j’ai passé une partie de ma journée à la lire.

Hop ! Pas le temps de faire un billet.





04 janvier 2013

Free vs. Google : et nous ?

« Aussi sidérant que cela puisse paraitre, Xavier Niel semble en train, avec un culot monstrueux, de basculer sur le mode de fonctionnement d'Apple, en circuit fermé, où c'est lui et lui seul qui aura accès à l'internaute et à ses coordonnées bancaires, le seul à pouvoir le faire payer. Bien évidemment, l'accès à l'internaute sera possible, mais ne sera pas gratuit. Pour moi, ça va bien au delà d'une simple affaire de différend commercial avec Google, qui n'est que le paravent, le prétexte qui permettra de revenir en arrière si jamais un vent de refus se lève. […] » Telle est la conclusion du billet de mon confrère Authueil à propos de "l'affaire Free" qui a agité le web hier soir.

Au cas où vous débarqueriez de la lune (ou de la Comète), je vais vous résumer l'affaire. L'opérateur Internet Free a déployé sur certaines des box de ses clients un machin qui bloque les publicités Google. L'affaire fait scandale sous deux angles :
-         ça fout en l'air l'économie du gratuit et tous les services qui ne gagnent de l'argent que grâce à la pub,
-         ça met en cause la neutralité du net.

Je vais revenir brièvement sur ces deux points au cas où, en plus de tomber de la lune, vous auriez abusé de l’apéro à midi.

L'économie du gratuit

On l’oublie souvent mais tout le monde profite. Mon blog est accessible par tout le monde gratuitement (y compris pour moi) et sans publicité. Il hébergé par Google qui ne gagne pas d'argent avec mais se rémunère autrement. L'intérêt pour Google ? Bah ! Je vous laisse imaginer... Le modèle économique est abscons. Toujours est-il que si mon blog n'était pas chez Google, il serait ailleurs.

La neutralité du net

Le réseau « physique » d’internet ne doit pas s'occuper de ce qu'il transporte. Donc votre opérateur n'a pas le droit d'intervenir dans le contenu de ce qui arrive jusqu'à vous (sauf, je suppose, sur décision de justice, des sites pédophiles et autres saloperies). Sinon, ça serait comme si vous n’auriez pas le droit de tout dire au téléphone.

Le non respect de la neutralité du net serait un peu comme si Cofiroute était autorisé à bloquer les voitures Europcar sur l’autoroute de l’Ouest. Je serais bien emmerdé pour rentrer en Bretagne. Je serais contraint de changer de loueur. Devant la perte de chiffre d'affaire, Europcar serait obligé d'aller négocier avec Cofiroute et finirait par lui payer une redevance... qu'il imputerait à ma facture.

Revenons à nos moutons

Je ne sais pas quels sont les motifs de Xavier (on parle tellement du patron de Free que je vais l'appeler par son prénom). Authueil a une idée qu'il développe dans son billet : Free développerait un nouveau modèle propre de celui d'Apple. Je suis assez persuadé qu'il a raison avec quelques nuances qui importent peu.

La presse titre sur le machin de Free qui bloque les pubs. Le grand public pourrait s'extasier. Il est de notre ressort d'être extrêmement vigilant même si, à notre niveau, on pisse surtout dans des violons. Fleur Pellerin rencontre prochainement Xavier pour évoquer la question. Je ne suis néanmoins pas sur que l'Etat (en tant que législateur) puisse faire grand chose... à part fermer la porte à Free pour des appels d'offre. Je pense que c’est aux consommateurs d'être vigilants et aux concurrents de Free de claironner que Free bloque du trafic.

Si Free s'octroie le droit de bloquer les pubs Google (et de ralentir les vidéos YouTube, filiale de Google, selon Authueil), on peut s'imaginer qu'ils auront le droit de bloquer plein de choses ce qui pourrait provoquer la nécessité pour l'utilisateur de payer des services en plus ou, plus probablement, pour les boîtes qui offrent des services en ligne. Un exemple : vous êtes abonné à Médiapart (étrange idée !). Free pourrait bloquer Médiapart obligeant ces derniers à leur verser une redevance ce qui se traduirait sur vote abonnement chez Médiapart.

Mais vous continueriez à penser que Free est moins cher…

Le modèle Apple ?

C’est la théorie d’Authueil et je disais que je n’étais pas loin de penser qu’il a raison. Néanmoins, il dit un truc dans la conclusion que j’ai citée sur lequel je voudrais revenir.

Free est en train « de basculer sur le mode de fonctionnement d'Apple, en circuit fermé, où c'est lui et lui seul qui aura accès à l'internaute et à ses coordonnées bancaires, le seul à pouvoir le faire payer. »

Concrètement, tous les achats que vous faites sur iPad et iPhone (musique, presse, livres, applications, …) passent par l’iStore. Ils captent tous les flux financiers des paiements, notamment à la place des banques de ceux qui pourraient vendre en direct. C’est un sujet que j’aborde souvent mais avec l’économie du web, les flux financiers ne passent plus par nos banques nationales mais par des multinationales étrangères. C’est mal et dangereux pour l’économie.

Modèle économique du web

C’est aussi un sujet que j’aborde souvent notamment pour ce qui concerne la presse d’information. Je suis persuadé que le modèle va se tourner vers des applications pour tablettes, avec une partie gratuite (pour les informations disponibles sur tous les sites web), payée par la pub (ou pas, peu importe), et une partie payante sur abonnement ou à la pièce (pour des informations plus spécifiques).

Ainsi, les sites web de presse se détournent progressivement de Google News en voulant faire facturer les liens vers leurs sites ce qui nous parait à tous une hérésie. Tiens ! A lire chez Korben : « Mon Dieu que c'est ridicule ! La presse irlandaise, qui a un peu d'avance en matière de connerie sur la presse française vient de publier le tarif à payer pour faire un lien vers l'un de leurs articles. »

Le point de vue geek

Au fait, Korben revient aussi sur cette histoire de Free : « Si vous acceptez d'être chez un FAI qui commence à prendre certaines largesses avec le contenu que vous consultez sur le net ou vos requêtes, c'est votre choix. […] Il n'est pas très normal qu'un FAI modifie le contenu de mes paquets […] que ce soit de la pub ou autre chose. Demain, je vais donc me désabonner de Free et je switcherai totalement chez [biiiip]. Et pour le mobile, je pense qu'un autre opérateur comme [biiiip] ne fonctionnera pas pire... »

Libéralisme en peau de fesses

Free, ne serait-ce que par son nom, mais aussi parce qu’il a réussi à faire plier quelques opérateurs puissants passent pour un symbole du libéralisme. Cette affaire montre que c’est de la foutaise : l’usager n’aura plus la possibilité de naviguer comme il veut. Je vois déjà les objections qui pourront être faites (l’usager est libre de changer d’opérateur et tout ça). C’est aussi de la connerie : quand l’usager verra qu’une vidéo YouTube fonctionne mal, il mettra ça sur le dos de YouTube et passera chez DailyMotion…

Tout ceci nous montre encore une fois que le libéralisme est une vaste connerie. L’entreprise a la liberté de faire ce qu’elle veut.

Néanmoins, cette histoire doit nous permettre de rappeler quelques principes qui nous tiennent à cœur. A partir du moment où un service à l’usager impose ou presque un monopole géographique, il doit y avoir un « contrat » entre l’état ou la collectivité territoriale et l’opérateur. Beaucoup de choses imposent un monopole géographique. L’accès à Internet impose un monopole géographique. Vous ne pouvez pas choisir quel fil va acheminer les données jusqu’à chez vous (enfin si, vous avez le choix entre le câble et le téléphone si vous avez de la chance, mais une seule ligne de téléphone…).

Pour la téléphonie mobile, c’est quasiment pareil. : il y a bien des contrats de concession entre l’état et les opérateurs.

Ainsi, tous ces braves entreprises qui acheminent Internet jusqu’à votre maison réalisent des missions de service public.

Service public et débat politique

On a beau faire des théories sur un tas de choses, le dégroupage, l’internationalisation et un tas de conneries : l’acheminement de l’Internet jusqu’à chez vous est une mission de service pubic, disais-je.

Nos braves législateurs vont probablement coller des pansements à droite ou à gauche, mais rien ne sera satisfaisant. On va assister à une hégémonie d’acteurs américains (disons Google, Apple et Facebook) sur le net et sur toute l’économie qui va avec (y compris les flux financiers), donc toute l’économie du futur. Les pansements ne serviront pas à grand-chose. Les tergiversations de Xavier non plus, d’ailleurs, même s’il a bien raison de donner un coup de pied dans ce bazar pour rigoler.

L’économie numérique et donc l’économie mondiale est en pleine révolution. Il est temps que ce débat se tienne sur la place publique, indépendamment des volets techniques ou juridiques. Le débat doit se tenir en Français, pour que tout le monde puisse comprendre les enjeux. Il est temps d’arrêter de s’enfoncer dans un libéralisme idiot masqué par une phraséologie incompréhensible, encore pire qu’un blog politique de gauche.

Free a vraisemblablement entamé un bras de fer avec Google. C’est deux zozos vont discuter. Il ne me semble pas qu’il revienne à deux acteurs privés de définir totalement comment je vais pouvoir visiter des films de cul.

Dans le temps, on avait un opérateur public – France Télécom - qui s’occupait de tout entre vous et le serveur de minitel rose. Il vous fournissait même le matériel. Je ne refuse pas le progrès technologiques liés à une libéralisation de l’économie mais il faut bien qu’avec les joies du libéralisme, on n’y comprend plus rien.

Concluons

Petit 1 : tout cela n’est pas simple.

Petit 2 : par exemple, mon billet est charge contre Free mais une hégémonie de Google est bien plus inquiétante. D’ailleurs, on ne sait pas trop ce que cherche à faire Free mais si c’est bien de réellement concurrencer Google, on ne pas lui jeter la pierre.

Petit 3 : la neutralité du net doit être garantie absolument et ne doit être sous contrôle que de la force publique et des états.

Je présente mes excuses à mes trolls libéraux si je les ai choqués avec cette dernière phrase, mais il faut aussi faire quelque chose contre les actions illégales sur le web, pas seulement le téléchargement de séries vidéos mais aussi de la pédophilie et l’incitation au terrorisme. La « force publique » doit donc avoir le pouvoir de bloquer des sites internet « aux frontières » (c’est un autre sujet).

Petit 4 : n’oublions pas dans la discussion qui doit devenir politique qu’il s’agit aussi d’une mission de service public.

Petit 5 : le cumul des petits 3 et 4 pourrait nous faire faire des conclusions. N’hésitons pas plutôt que de s’enfoncer dans des usines à gaz libérales où le consommateur ne comprendra plus rien. Tant qu’il passe à la caisse…

Petit 6 : n’oublions pas la pub sur Internet qui permet de payer des services. Le français n’aime ni la pub ni payer : tant pis pour lui.

Petit 7 : ne nous affolons pas. Ce n'est peut-être que Free qui est en train de tester les réactions du public et de Google...

Complément :

Il semble que Google Friend Connect (le machin qui gère les membres du blog) et Google Analytics (le machin qui fournit les statistiques de visites) soient coupés par Free, selon quelques rumeurs que j’ai vu circuler.

13 décembre 2012

Où est la fracture numérique ?

 Les gens doivent se demander, dans le métro, ce que je fous à photographier le quotidien gratuit, le matin. Je pourrais leur répondre que je prépare l'illustration d'un billet de blog. A propos de photo, nous avons là un article qui nous dit que la CNIL appelle à la prudence pour ce qui concerne les photos qu'on publie. L'article suivant concerne l'optimisation de la confidentialité des utilisateurs par Facebook.

Page précédente, l'article était consacré à des outils en ligne pour réconcilier les élèves avec les devoirs. L'Arcep a récemment publié un lourd rapport sur le développement du numérique en France. Je l'ai repris dans mon blog geek. La fracture numérique commence réellement à se réduire. "81% de la population disposent d’au moins un ordinateur à domicile (+ 3 points par rapport à juin 2011) et 35% en ont même plusieurs (+ 4 points). Quasiment toutes les personnes disposant d’un ordinateur ont également accès à Internet : 95% de ceux qui ont un ordinateur ont accès à Internet, ce qui porte la proportion d’individus connectés à Internet à leur domicile à 78%, soit 3 points de plus par rapport à 2011.". Dans la première moitié des années 80, mon père développait des logiciels éducatifs, à la maison... J'étais chargé de les tester. La fracture numérique aura mis 30 ans avant de réellement commencer à se réduire.

Dans ce rapport de l'Arcep, il est mentionné que les gens préfèrent maintenant Internet à la presse papier et à la radio pour s'informer (la télé reste en tête, mais dans cinq ans, aura-t-on encore une différence entre la télé et Internet). Mieux ! « 23 millions de personnes en France (42% de la population) utilisent les réseaux sociaux. »

Ce matin, j’annonçais la sortie d’un nouveau portail par Orange en coopération avec quelques journaux Français, pour concurrencer Google News. On parlait récemment de ces journaux qui veulent facturer les liens à Google (on croit rêver) et ce matin, on évoque la presse Belge qui va toucher 4 million du géant Américain. Tout le paysage de l’information est en train de se réorganiser. Je lisais récemment un article qui prévoyait la fin prochaine de l’édition papier de Libération.

Si c’était l’objet du billet, je dirais que l’information devient chiante. On l’a en temps réel et on ne prend pas le temps de l’analyser à tête reposée. On passe directement au sujet suivant. A la limite, j’en sais plus avec les blogs des copains (bien vides ces jours-ci, l’actualité n’étant pas joviale) ou « des pas copains » (je sais comment ils « fonctionnent », ça m’ai plus facile à étudier les éditoriaux chiants en ligne : les informations originales et les analyses sont encore réservées à la presse papier). Quand un média en ligne sort un truc intéressant, il est immédiatement repris par les blogs et le reste de la presse. Les modèles économiques sont donc bien compromis. Pire, l’information nous arrive déjà prémâchée dans Twitter ce qui fait qu’on apporte maintenant plus d’intérêt au titre. Pire encore, elle est souvent pré-analysée par un twittos en 140 caractères. C’est n’importe quoi et tout le monde se prend au sérieux.

L’information la plus importante d’hier était le premier premier tweet envoyé par le pape. L’ami Guy Birenbaum en a fait sa chronique sur Europe 1 ce matin.

Aujourd’hui, l’information qui tournait en boucle est la sortie de l’application Google Maps pour iPhone. Je me prends au jeu : j’en ai également fait un billet car je suis tombé dessus dans les tous premiers (mon blog geek est donc un des premiers à en parler). On devient dépendant de Google (je vais donc tenter de m’habituer à utiliser autre chose, comme le portail que je présentais ce matin : http://presse.lemoteur.fr/). Moi-même, je suis devenu un grand fan du réseau social de Google, Google+, bien moins connu que Facebook et Twitter, donc bien plus calme. On y trouve plein d’informations intéressantes si on suit les bonnes personnes. Encore faut-il savoir qui suivre !

De fait, on ne sait plus trop où avoir l’information. Mon rêve serait d’avoir un portail reprenant séparément les dépêches d’information (celles qui tournent en boucle dans Twitter et qui feront un entrefilet dans le canard, le lendemain), les articles réellement originaux que tweetent des gens qui ne font que tweeter ou « googleplusser » des trucs intéressants et une sélection de billets de blogs.

Voilà ce à quoi je songeais en voyant ce matin les deux articles dans 20 minutes : la CNIL appelle à la prudence pour ce qui concerne les photos qu'on publie et l'optimisation de la confidentialité des utilisateurs par Facebook.

Je sens que ce n’est pas gagné. Google, par exemple, connaît parfaitement mes centres d’intérêts ne serait-ce qu’en sachant ce que je consulte dans Google News… Alors la confidentialité…

Mon ami et néanmoins confrère (ou vice-versa) Sarkofrance fait un billet ce matin, à propos de la guerre que se livrent Twitter et Facebook. Un commentateur écrit ceci : "Les réseaux sociaux pour les a-sociaux: toutes et tous des sociopathes et des psychopathes, des narcissiques et des exhibitionnistes, des poltrons et des lâches, des émasculés et des frigides, des pédophiles en puissance ou actifs."

J'espère qu'il plaisante. Mais imaginons que non. Ce type commente dans les blogs sous pseudonyme en ne sachant pas que les blogs sont aussi des "médias sociaux" et nous dit ce qu'il pense de ces médias sociaux. Il ne sait pas que la moitié des Français les fréquente pour s'informer. Tous des sociopathes et des psychopathes, des narcissiques et des exhibitionnistes.

La CNIL devrait surtout mettre en garde ce genre d'individus : attention, Internet et les réseaux sociaux existent.

Un autre commentateur : "Je m’étais inscrite sur FB [...], il y a longtemps, mais je ne consulte plus du tout [...]. Ce truc est même dangereux, plus aucune vie privée."

La CNIL devrait lui dire que c'est elle qui diffuse de l'information. Par contre, elle a probablement un compte Google (via Gmail, Youtube, Chrome, ...) et ne sait pas que Google la suit à la trace.

La fracture numérique n'est peut-être plus où l'on croit.

Pas facile de prendre une photo d'un journal dans le métro : ça bouge trop.

20 janvier 2012

Téléchargeons mon autre blog

Certes ! Je n'ai rien glandé dans ce blog aujourd'hui mais j'ai un prétexte : je me suis embarqué ce matin dans un court billet à propos de Megaupload et de l'industrie du numérique, la politique et tout ça mais je n'ai pas eu le temps de le finir ce matin. Je l'ai révisé ensuite à la lecture du billet de Marco mais je n'ai pu le finir que ce soir...

Il est publié dans mon blog geek. 

(lire également chez Romain)

Sinon, vous ça va ?

04 janvier 2012

L'élection se jouera-t-elle sur le net ?

Le débat est lancé par Marc qui pense que non et est repris par GdeC qui est de l’avis opposé : l’élection se jouera-t-elle sur Internet ?  Pour ma part, comme d’habitude, j’ai horreur d’avoir un avis tranché, je vais donc tenter d’ajouter une pierre au moulin des deux camarades tout en abondant franchement dans le sens de GdeC pour deux raisons qui me paraissent essentielles.

La première est que l’élection se joue à 50% des voix plus une. Si l’énergie que l’on peut dépenser sur Internet permet d’avoir cette voix, nous aurons largement mérité de la patrie ! Et on ne peut pas abandonner cette voix…

Le deuxième est la même : comme nous ne pourrons pas avoir la réponse avant plusieurs mois, voire plusieurs années puisqu’il faudra analyser froidement les résultats du scrutin avant de l’avoir, on ne peut pas se permettre d’oublier que la réponse peut être positive…

Je vais rappeler quelques arguments de GdeC (mais vous avez le droit de lire son billet – cette fois seulement, hein ! Smiley et tout ça…). Même si l’impact de nos blogs est quasi nul (personne ne va se persuader de voter pour quelqu’un parce qu’il est abonné à mon blog), Internet a le pouvoir de créer le buzz, positif et surtout négatif.

Après la revue de presse de 7h25 de France Info, ce matin, le journaliste évoquait l’histoire de « la phrase » de François Hollande déposée par l’UMP comme nom de domaine. Faisant partie, à l’extrême marge, des équipes web bataves, j’ai souri bêtement, un peu comme un joueur de tennis qui constate un bon coup de l’adversaire… Il n’empêche que des centaines de milliers de personnes ont entendu ça. J’ignore totalement l’impact sur leur avis. Peut-être vont-ils penser : « Ah mais putain, ils n’ont que ça à faire à l’UMP ? » ou « Bordel, c’est vraiment des débutants au PS ! » ou « Mais on s’en branle ! » voire « Heu… C’est quoi un nom de domaine ? »

Par contre, comme Marc, j’ai blogué pendant l’élection de 2007 et je maintiens que l’impact des blogs est quasiment nul. Et tout ce que je vais baver dans la suite de ce billet, je l’ai déjà dit mais je préfère le marteler à nouveau.

En 2007, les blogueurs ont commis l’erreur de croire en ce qu’il faisait. Par exemple, on avait épluché la prose d’Eric Besson à propos de « Sarkozy l’Américain » et on savait qu’il ne fallait pas qu’il soit président. On avait épluché le programme de Ségolène Royal et on savait que son projet était bien meilleur pour la France que celui de Nicolas Sarkozy qui, au contraire, était particulièrement néfaste (d’ailleurs il est revenu sur une partie des dispositions du paquet fiscal).

Mais on bloguait entre nous et ce n’est que vers début avril quand les sondages commençaient à nous faire désespérer et que les voisins de comptoir et collègue de travail ont commencé à parler de l’élection qu’on a ouvert les yeux.

Pour nous autres, acteurs de la politique sur le web, la campagne pour les présidentielles a commencé fin 2008, avec le congrès de Reims, la création du Front de Gauche, la lutte contre la réforme des retraites et la capacité à mobiliser… avec un tas d’épisodes dont les primaires de cet été… Les copains du Front de Gauche (je prends cet exemple parce que je réponds à GdeC, mais je pourrais multiplier) sont persuadés depuis toujours d’avoir le meilleur programme, ce en quoi ils n’ont pas tout à fait tort, et l’affirment sur leur blog comme si chacun des points était une évidence. Pourtant, il est fort peu probable que leur candidat dépasse les 8 à 10%. Pendant la campagne des primaires, cela a été un de mes chevaux de bataille : il nous faut un candidat capable de gagner l’élection – et nous l’avons ! – pas celui qui exposera le meilleur projet, parce que les électeurs sont infiniment moins politisés que nous.

On en parlait encore, hier, dans le groupe de discussion des leftblogs. Quelqu’un s’interrogeait sur l’impact du machin de François Hollande dans Libération auprès « du peuple ». Quelqu’un a répondu « bah ! le peuple ne lit pas Libé ». Un autre a dit « mais nous sommes le peuple, nous avons lu ».

Ben désolé, nous ne sommes pas « le peuple ».

Je me lève entre 5h et 6h tous les matins. Je me plonge dans l’actualité politique, je lis les blogs politiques. Je pars de chez moi vers 7 heures, à la Comète puis dans le métro, j’étudie les pages « politique » de « la presse populaire » : le Parisien puis un ou deux « gratuits ». Ensuite, je rédige un billet politique (j’y suis !) que je publie avant de me plonger dans le travail. Plusieurs fois dans la journée je consulte les blogs, la presse et surtout ma messagerie personnelle, où je reçois les conversations des leftblogs, les communiqués de presse du PS et les mails de l’équipe web batave.

Je suis plongé dans la politique à longueur de journée. Pas « le peuple », ceux qui prendront une décision un dimanche dans l’isoloir après avoir fait semblant d’étudier des programmes, pour se donner bonne conscience, au cours du mois d’avril.

On peut toujours se vanter de représenter le peuple et de savoir mieux que lui ce qui est bon pour lui : nous ne sommes pas le peuple

Les blogueurs, comme tous les acteurs du web, twittos, veilleurs, … ne doivent pas l’oublier.

Et toi non plus, cher lecteur… Tu es venu sur mon blog hier, tu as souri en lisant mon billet à propos de la TVA sociale mais qu’as-tu fait, après ? En as-tu parlé à des collègues de travail, des amis, … ? Ou t’es-tu satisfait de ta lecture, tu as emmagasiné un peu de bonne humeur de gauche et tu es content ?

N’oublie pas de faire circuler l’information.

Peut-être que les blogs peuvent avoir un impact, ainsi ? Motiver les lecteurs à entrer dans la campagne, leur donner des argumentaires, des sujets de conversation ?

Je n’en sais rien.

Mais je fais mon job. Je fais mes billets, je signale ceux des copains, j’encourage les blogueurs, …

Je ne sais pas si c’est utile mais j’aime bien ça.

J’aime bien aussi résumer mes billets :
-    on ne sait pas si Internet a un impact mais on ne peut pas faire comme s’il n’en avait pas,
-    il faut faire attention à ne pas lui accorder une importance qu’il n’a peut-être pas et oublier la vraie vie.

Je le concède : avec tout ça, on est mal barrés…

N.B. : désolé pour la mise en page hasardeuse et le retard dans la publication du billet. Figurez-vous que la version 9 de Firefox s'est installée automatiquement sur mon PC et çe me fout la merde (la mise en page préparée sous Word avec les liens n'est plus reprise).

15 décembre 2011

Fais tourner

Hé ! T’as vu la chouette infographie que j’ai diffusée, hier ? On la retrouve chez des copains, aussi, ce matin, comme Yann, Arnaud, Melclalex, Dagrouik et j’en oublie certainement ! Et avant-hier, la belle vidéo avec les promesses de Nicolas Sarkozy de réduire le chômage ?

Quand tu vois les 15 points évoquant des échecs de Nicolas Sarkozy, tu te dis qu’il n’est pas possible que les Français réélisent Nicolas Sarkozy… Ben si. Impossible n’est pas Français. Ils l’ont bien élu une première fois alors « qu’on savait ».

Excuse-moi pour le tutoiement, mais là, je suis en train de te parler droit dans les yeux. C’est vachement important, je suis au sommet de la concentration. Mes cernes te regardent.

La dette publique qui augmente de plus de 600 milliards d’euros. Les cadeaux fiscaux aux plus riches. La multiplication des taxes pour tout le monde dont les plus démunis. L’explosion du chômage. Les violences contre les personnes. La pauvreté. L’abandon de l’éducation. La limitation de la liberté de la presse. La santé qui part en couilles. Les retraites torpillées. Le déficit de la sécu. Le déficit commercial. La croissance en berne. L’emploi industriel détruit. La précarité au travail.

Je n’invente rien. Bloguer est un sacerdoce ! Il faut même que je paye des bières aux lascars du Parti Socialiste pour faire partie de listes de diffusion et être un des premiers à diffuser des infographies et des vidéos.

Lire les blogs est plus facile, hein ! Encore que, se torpiller toutes les âneries des blogueurs politiques, dès le matin, hein…

Enfin, quand tu vois ça, tu te dis que, non !, tu ne voteras pas pour Nicolas Sarkozy. C’est sûr. Définitif. Cela dit, sans voir ça, tu n’aurais pas voté pour Nicolas Sarkozy. Soit tu es un blogueur politique de droite qui vient voir de quoi je parle, soit tu es un type de gauche qui a toujours voté à gauche, ou presque, parce que tu as eu quelques égarements.

C’est mon problème. C’est le problème de tous les blogueurs politiques de gauche. Leurs lecteurs sont de gauche. C’est bien, on devient assez facilement copain, mais persuader des gens de gauche de voter à gauche n’est pas inutile. Juste futile. Je ne parle qu’à des gens de gauche. Alors je leur dit « hé ! ne vote pas pour Sarko ! » Ils me répondent  « d’accord ! ».

C’est un peu con, le blogage. On tourne en rond. Tiens ! Je connais des militants du Front de Gauche qui sont persuadés que le peuple va se réveiller et va voter pour Méluche. Tiens ! Ils ont lancé une opération « Place O peuple » ou un truc comme ça. Ils tournent entre eux. DPP va lire GDC qui va lire DPP. Je dis ça sans méchanceté, hein ! Chez les socialos, on est un peu pareil mais on est plus nombreux. Je vais lire Trublyonne qui va lire Romain qui va lire Rimbus qui va lire Gabale qui va lire Didier Goux qui va lire l’autre Romain qui va lire Aurel qui va lire Gularu (s’il a fait un billet…) qui va lire CC qui va lire El Camino qui va lire David qui va me lire. La boucle est bouclée. Amen.

Tu te dis quand même « ah mais ce n’est pas possible que l’autre, là, il vote Sarko ! »

Si ! L’autre, il ne passe pas sa vie dans les blogs politiques. Le matin, il se lève, il faut qu’il fasse se lever les mômes, les lave, les emmène à l’école. Ensuite, il va au boulot et après il va chercher les chiares chez la nourrice, fait les courses, fait à manger, nourrit tout le monde, fait un brin de ménage, gère deux bricoles administratives, répond à ses mails puis s’assoit, naze, devant la télé. Le journal de TF1, peut-être.

Il n’a pas eu le temps d’aller faire un tour sur les blogs. Il sait que ça va mal mais ne s’imagine pas qu’une politique menée depuis dix ans puisse avoir produit les effets en question. Il a bien vu Martine Aubry à la télé qui critiquait Nicolas Sarkozy mais il a regardé ça comme un film en se disant que c’était le boulot de Martine Aubry de casser Nicolas Sarkozy, même qu’elle parle drôlement bien. Ah ! Ils sont forts, ces politiques…

Mais il n’a pas écouté, il n’a pas entendu, il n’a pas vu le message, parce qu’il est fatigué, parce qu’il se dit au fond de lui-même « tous pareils ».

Et il n’ira pas sur les blogs de gauche. Il n’a pas de copain blogueur. Il ne sait pas qu’il y a un Kremlin des Blogs ce soir parce qu’il ne sait pas ce qu’est un blog. Il a été une fois sur celui de Méluche ou Mosco parce qu’un copain gauchiste lui a envoyé un lien, une fois. Alors il s’imagine qu’un blog est le machin où un homme politique pond des tartines.

Il n’a pas l’information.

Alors il faut lui la donner. Sinon, les blogueurs gauchistes et leurs lecteurs vont tourner en rond entre eux. Ce n’est pas le tout de te dire que Martine Aubry elle dirige un bien beau parti avec des lascars capables de faire des jolies vidéos et des jolies infographies qui arrivent à les faire buzzer dans les blogs politiques que tu lis.

Il faut que tu participes au buzz.

C’est facile.

Tiens ! Tu as vu en bas de mes billets, il y a un machin comme ça :

C’est sans la flèche rouge, hein ! Ca je l’ai rajoutée à la main. Si tu cliques sur le M, tu pourras envoyer le lien du billet par mail à « l’autre », celui qui regarde TF1 après avoir fait manger les enfants. Tu ajoutes un petit texte : « Putain ! T’as vu ça, ce que Sarko et la droite ont fait de nous ? »

Et l’autre, là, il va se dire « Bordel, mais c’est vrai ça ! » et il le fera lui-même suivre à ses parents et à ses beaux-parents qui hésitent parce que François Hollande a trop maigri, même que c’est louche.

Parce que mes 1000 lecteurs (ou 500 ou 2000, je n’en sais rien), ils sont bien gentils, mais ils ne voteront pas Nicolas Sarkozy, eux. Sauf les affreux réacs qui ont trouvé mon blog dans la blogroll du vieux. Il faut dire qu’ils sont un peu cons, les réacs. Ils votent pour celui qui veut tout réformer, tout faire bouger, …

Le quotidien gratuit Métro, ce matin, faisait son sujet du jour sur l’utilisation d’Internet par les hommes politiques.

Il faut aussi que les citoyens utilisent Internet, pour toucher un maximum de population.

Moi, je fais ce que je peux. Je fais mes deux ou trois billets par jour. Je commente les autres blogs, mets en avant les bons billets, je fais des billets geek pour aider les copains à bloguer, j’écris des billes pour le Lab d’Europe 1 (tiens, il y en a un qui vient de sortir), je fais tourner de l’information dans les groupes de discussion. Ah ! Ce n’est pas compliqué et j’aime bien ça. Mais ça ne va pas très loin…

Maintenant, c’est à toi de jouer.

22 août 2011

Limitation d'Internet à haut débit de boisson

Un article d’OWNI a fait des ravages : les opérateurs téléphoniques envisagent de limiter le « volume » des accès à Internet de chacun des abonnés. Ceci est assez risible dans la mesure où l’un d’entre eux, Free, semble refuser de jouer le jeu et surtout dans la mesure où ça va à l’encontre du progrès. Des espèces de technocrates (ils ont sûrement des cravates à chier), dans un bureau ou une austère salle de réunion ont décidé d’aller à l’encontre des évolutions naturelles du marché.

Gloire à eux, ils nous auront fait rigoler.

Cela dit, les blogueurs opposés à cette mesure font souvent preuve d’une certaine légèreté dans leur argumentation…

Tout d’abord, Internet n’est pas un service public. Tenancier d’un blog de gauche, je ne peux que le regretter mais à partir du moment où on confie nos accès Internet à des sociétés privées dans un cadre contractuel, ces dernières font ce qu’elles veulent.

La loi du marché : paf ! On ferme tous nos contrats chez Orange et on bascule chez Free.

Récemment, je dialoguais avec des gugusses qui reprochaient à la gauche d’avoir privatisé Air France mais ça ne choque personne que le ramassage des ordures et surtout l’acheminement de l’eau courante ne soient pas des services publics.

Internet n’a jamais été un service public…

En outre, je ne vois pas pourquoi le fils de mon voisin qui passe ses journées à télécharger des films illégalement viendrait prendre « ma bande passante » et ralentir mes propres connexions pour aller raconter des conneries dans les blogs.

Gageons que les autorités Européennes viendront porter plainte contre nos opérateurs pour entente illicite et entrave à la concurrence.

Nos amis blogueurs gauchistes qui gueulent contre les opérateurs et contre les institutions Européennes seront un peu emmerdés.

11 juillet 2011

La démocratie a besoin d'Internet plus que des éditorialistes

C’est Isabelle qui a raison : nous autres, blogueur, devons probablement laisser tomber ces histoires de rumeurs et nous occuper du reste : présenter le projet du candidat et rappeler quelques vérités sur le bilan de Nicolas Sarkozy et donc le risque à tenir en le maintenant au pouvoir. Internet ne doit pas véhiculer que de la merde mais aussi de la politique...

Du coup, pour illustrer "le bilan", pour mon billet du soir, j’ai pris Google et je suis tombé sur cet article du Monde, datant de début mai (un débat avec une dame, grand reporter dans ce canard). Alors j’ai relu le billet d’Isabelle, puis à nouveau l’interview. Et à nouveau…

Ne cherchez pas à comprendre.

Le billet d’Isabelle est humain et alors que les propos du Monde auraient tendance à nous prouver qu’on ne peut pas perdre l’élection (sans perdre de vue, néanmoins, que Nicolas Sarkozy est un redoutable candidat). Il faudrait qu’on puisse intéresser les gens à la politique, leur mettre la tête dans le bilan de Nicolas Sarkozy, les hôpitaux qui ferment, la délinquance en hausse, le chômage qui grimpe, et toutes les promesses de 2007 qui n’ont pas été tenues.

« Je serai le Président du Pouvoir d’Achat ».

Mais nous ne sommes que des blogueurs…

Pendant ce temps, ce week-end, la réaction de Martine Aubry a été extrêmement forte, menaçant de porter plainte. Du coup, « les rumeurs ont fusé », toute la presse politique ou généraliste les a reprises, avec plus ou moins de pudeur. Je suppose que Mme Aubry sait ce qu’elle fait. Probablement a-t-elle voulu crever un abcès qui n’existait pas encore pour éviter qu’il explose à la sortie de l’été, c'est-à-dire en pleine sortie des primaires.

Et moi, comme un con, je fais mon billet en avouant que mes réticences vis-à-vis de l’aptitude de Martine Aubry sont liées à ces rumeurs et au fait qu’elle pourrait être fragilisée, pendant la campagne, par des saloperies de ce genre. J’aurais mieux fait de taper sur l’éditorial de Laurent Joffrin, dans le Nouvel Obs, où il semble soutenir Martine Aubry dans sa démarche de porter plainte lorsque qu’elle prend dans la tronche de telles attaques. Il a raison.

Mais il ressort de son édito comme un appel à la censure. La critique d’Internet y est virulente, comme si Internet était à l’origine de quoi que ce soit. Il compare la période actuelle à l’occupation : « La législation doit s’appliquer (intelligemment) à tous ceux qui s’expriment publiquement, seraient-ils dissimulés derrière des ordinateurs, à l’abri d’un anonymat qu’on avait pourtant pris l’habitude, depuis l’ancienne expérience de l’Occupation et de son torrent de dénonciations aveugles, de stigmatiser. » Comme s’il cherchait faciliter la loi de Godwin dans les commentaires à cet édito.

« Dans ce domaine comme dans les autres, c’est la loi qui libère et c’est la liberté sans principe qui opprime. Il est donc temps de poser publiquement ce problème, ce que Martine Aubry a le grand mérite d’avoir fait avec justesse et détermination. »

Alors dans le bilan de Nicolas Sarkozy, il faut aussi rappeler un recul des libertés individuelles. Tiens ! La pétition que j’ai vue récemment sur le blog du Coucou : « Chers amis en France, Le gouvernement Sarkozy veut censurer internet par un décret qui pourrait bloquer des sites et pages de recherche que nous utilisons tous les jours. Si nous sommes suffisamment nombreux à exiger que le Président enterre ce projet de censure, nous pourrons faire pencher la balance et empêcher qu'il ne mette la main sur internet. » Vous pouvez toujours signer.

Les libertés individuelles sont maintenant en danger. Cet amalgame entre Internet et les propos qu’il permet de faire véhiculer est dangereux.

Pourtant, Nicolas Sarkozy se veut libéral.

Un apéro saucisson pinard est organisé à l’Assemblée Nationale. Ca fait aussi partie du bilan de Nicolas Sarkozy. Il est organisé par « La Droite Populaire ». Comme je le disais au comptoir, je suis allé consulter leur site web à la recherche des « valeurs » de cette organisation. La seule liberté qu’ils défendent est la liberté économique.

La liberté d’expression n’y est pas mentionnée…

Elle doit être défendue. Ce n’est pas parce que deux ou trois sites proches des extrêmes sortent des saloperies qu’elles sont entendues par des gens. C’est parce que la presse nationale la reprend en une, pour en faire des éditos pour attirer des lecteurs. Dans mon blog, je peux parler des rumeurs, je peux faire une erreur en parlant de Martine Aubry. Mes 700 ou 1000 lecteurs viennent ici parce qu’ils aiment bien (ou détestent) les conneries que je peux dégoiser et le ton que j’emploie, pas pour y chercher de l’information.
Je ne suis pas la presse nationale. Je n’ai pas accès à l’information.

C’est trop facile de faire des unes et de les mettre sur le dos de Twitter ou d’Internet. Sans liberté d’Internet, il n’y a pas de liberté d’expression. Il n’y a plus de liberté. Il n’y a plus de démocratie.

Nos députés élus pour nous représenter organisent un apéritif saucisson-pinard mais cautionnent des décrets de censure de l’Internet.

Alter Oueb fait un bon billet, aujourd’hui (comme souvent), à propos du prix de l’essence. Je vais lui piquer sa conclusion. « Des alternatives existent, mais elles imposent une vision totalement différente de la société, supposant notamment un nouveau mode de partage des ressources et des moyens, impliquant surtout un nouveau mode de gouvernance, une reprise en main du pouvoir par le peuple, ce qu’on appelait jadis la démocratie. »

La presse nationale fera-t-elle un jour la une sur la perte de démocratie impliquée par le régime présidentielle que nous avons, justement à l’heure où l’information va plus vite, grâce, notamment, à Internet, plutôt que de relayer des rumeurs qui vont pourrir la réputation d’un candidat, au détriment de la défense des projets ou des bilans des médias ? (sans compter qu’elle pourrait dénoncer les blogueurs qui font des phrases trop longues).

La presse nationale fera-t-elle une jour sa une sur des opérations de défense de la démocratie, comme celle de « je vote donc je suis » ?

Non. C’est plus facile vendeur de faire la une sur le salaire des cadres et cette saloperie d’Internet qui ne fait que dire des mensonges, le con.

La démocratie ne reviendra pas sans la presse nationale. Isabelle a raison : elle est humaine. La presse nationale doit présenter les projets et le bilan. Tout le reste n’est qu’annexe.

Sinon, c’est bien à Internet de le faire, nous autres, avec nos petits blogs, à notre échelle.

Mais c’est plus facile de comparer les blogueurs à des collabos, sous l’occupation. Pourtant, ce sont bien les blogs qui essaient, tous les jours, de sortir des sujets qui leur semblent importants, qui leur parait métier d’être portés à la connaissance du grand public, qui leur parait mériter débat.

Ce matin, ma radio me parlait des propos du patron de Total qui disait que l’augmentation du prix de l’essence était inéluctable. Alors Alter Oueb, que je citais à l’instant, a fait quelques recherches.

« Le constat est simple : le 16 juillet 2008, le baril de pétrole cotait […]145 $, propulsant le prix du litre de sans-plomb à 1,53€. Ce jour, […] alors que le baril cote 95 $, le litre de sans-plomb se vend 1,50 € […] Où va la différence ? » Le prix du baril a baissé de 30% mais le prix à la pompe est le même.

Est-ce que dans une grande démocratie, ce genre d’information ne mériterait pas de figurer à la une de la presse ? Qu’est-ce que le type qui va partir en vacances avec sa famille en explosant son budget carburant en a quelque chose à cirer des rumeurs à propos de Martine Aubry ?

Heureusement qu’on a Internet et nos blogs.

Alors, je vais balancer l’information dans Twitter, celle qu’une multinationale fait des profits extraordinaires sur le dos des vacanciers. On trouvera bien un éditorialiste pour nous dire qu’on ne fait que de la merde.

La démocratie a aussi besoin d’Internet.

25 mai 2011

eG8 en direct

Je n’ai pas suivi l’actualité autour du « eG8 » dont parle Jérôme Colombin à l’heure où je vous parle.

Ce n’est pas grave ! Romain y était et nous en a fait quelques billets.


Edit : Yann aborde aussi le sujet, ce matin.

14 mars 2011

Libertés Internet : la France sous surveillance

Hou ! Qu'elle est jolie cette carte avec ce visible point mauve, au centre de l'Europe, de la même couleur que la Libye, par exemple mais aussi la Corée du Sud, la Tunisie, l'Egypte, la Russie. Et l'Australie...

C'est la carte mondiale de la "cyber-censure" établie par RSF à l'occasion de la journée mondiale contre la cyber-censure, le 12 mars.

"Selon Reporters sans Frontières, la France paie ici sa politique en matière de régulation de l'activité Web. Les volets répressifs des lois Hadopi (sanction de l'internaute) et Loppsi 2 (blocage de sites sans juge) sont clairement visés au même titre que les attaques formulées par Eric Besson au sujet de Wikileaks.

RSF craint donc que l'adoption de telles lois ne soit que les prémices d'atteintes à la liberté d'expression en France. Plus précisément, l'organisation considère que ces textes peuvent ouvrir la voie à d'autres mesures conduisant à une généralisation de la loi Loppsi à d'autres sites que ceux à caractère manifestement pédopornographique." (source)

09 février 2011

La droitosphère déboule sur le net !

"Tremblez la droitosphère déboule sur le net !

Copé a lancé un cri de ralliement à tous les blogueurs de droite ainsi que les nombreux trolls  pour qu'ils inondent la toile de commentaires bienveillants sur la prestation de G1 (avion) de demain. On se croirait à la grande époque du bon vieux soviet : porter au pinacle le chef suprême et ordonner qu'on chante ses louanges sans même savoir ce qu'il va   dire à la nation.  "

Allez lire la suite dans le billet du Grumeau : L'empire contre-attaque.

Quant à moi, je rigole d'avance de l'énergie perdu pour un truc qui ne sert à rien... J'espère que les trolls UMP vont animer les commentaires de mon blog, les gauchistes étant mous du gland ces temps-ci...

(à lire aussi chez Yann et chez Steph)

21 janvier 2010

Internet et le chant du cygne

Par Julien,

Le gouvernement et l’intelligentsia ne comprennent pas Internet, le sujet n'est pas nouveau.

Il y a d’abord eu la loi Hadopi contre le "piratage" pour secourir la corporation des "artistes". Début janvier, le rapport Zelnik, censé améliorer et compléter Hadopi, faisait la une avec son projet (inapplicable) de taxation d’Internet pour financer cette même "culture". Nous le savions déjà mais en mars il y aura la Loppsi, une loi sur le filtrage de site web, avec comme argument principal la lutte contre la pédophilie. Et le dernier acte en date est l’ACTA. Derrière ce sigle se cache un traité international encore en négociation sur la protection de la propriété intellectuelle, qui obligerait notamment les fournisseurs d’accès internet à faire la chasse aux internautes portant atteintes à la propriété intellectuelle.

Il s’agit des mêmes arguments répétés en boucle depuis 15 ans : Internet = sexe + drogue + vol = terrible danger. Pour vous en convaincre, il suffit de visionner ce pearltree éloquent d’images de l’INA remontant à 1995. D’ailleurs, cela semble rentrer tellement dans la psyché collectif que lors du fameux épisode Hortefeux de septembre dernier, la tactique de défense s’était vite portée sur la remise en cause du web. Argument approuvé également par certains à gauche.

Que l’on soit pour ou contre des droits de propriétés intellectuelles strictes, la fin ne justifie pas les moyens. Il ne viendrait à l’idée d’aucun ministre de faire suivre dans la rue tous les citoyens sous prétexte qu’ils pourraient éventuellement commettre une activité illégale. Alors pourquoi en serait-il autrement sur le web ?

Cela ressemble beaucoup à un chant du cygne d'un ancien monde tant les projets s’accumulent. Des projets portés par des politiciens qui ne comprennent pas ce nouvel espace de discussion (et donc de pouvoir) dans la société. Un chant du cygne des médias traditionnels également qui voient d’un mauvais œil l’influence grandissante de ce nouveau média. Enfin un chant du cygne des artistes établis et de leurs producteurs qui voient s’ébranler leur oligopole face à ce nouveau canal de distribution.

Mais cela ressemble aussi beaucoup à une incapacité (temporaire?) du Web à expliquer, à convaincre et à s’organiser pour convaincre au-delà de lui-même.


Voici un "macro-pearltree" collaboratif composé de pearltrees d'autres personnes sur les sujets évoqués plus haut:

Le chant des cygnes



09 janvier 2010

Qu'ont donc bien fumé les conseillers Internet de l'UMP ?

J’évite de twitter pendant les heures de taf pour ne pas nuire à ce dernier. Néanmoins, hier, en fin d’après-midi, j’ai craqué. Et je suis tombé sur ce twit :




« Mme Duflot et les Verts sont pour la vente libre du cannabis et la dépénalisation des drogues. Qu'en pensent les socialistes et M. Huchon ? » demande Valérie Pécresse, chef de file de l’UMP pour les régionales en Ile-de-France. Mon copain Marc, qui passait par là en même temps, se moque d’elle.

Je dois reconnaître que c’est tentant. C’est la troisième fois que je plonge ce blog dans une campagne électorale (après les Présidentielles et les Municipales, ayant été peu présent pour les Européennes). L’UMP vient de lancer le site des « Créateurs du possible ». Dagrouik a essayé. Je viens de m’inscrire. Avec mon vrai nom, ça m’évitera de raconter des conneries et de créer des groupes pour énerver les gens. Ou alors pour que la TVA sur la bière baisse.


Je me demande si l’UMP vit dans le même monde que moi… Je ne voulais pas faire de billet sur les « créateurs du possible » mais je craque. Ces braves gens conchiaient la démocratie participative lors de la présidentielle (voir le billet de Dagrouik) et lancent un site, maintenant, pour faire croire à leurs adhérents qu’on va prendre en compte leurs idées. Je ne dis pas ça méchamment mais il s’agit bien de faire croire. Le programme final pour 2012 (ben ouais, c’est le but) sera élaboré par des stratèges en communication. Les « créateurs du possible » auront coûté la peau des fesses, les militants seront contents mais à part ça…

Ca me rappelle le « No no Sarkozy Day » de la semaine dernière. On essaye de nous faire croire que « la propagande » par Internet a de l’importance ! On nous traite d’influents alors que nous sommes les premiers à reconnaître qu’en trois ans de boulot, nos actions sont dérisoires dans le paysage politique… 700 visiteurs par jour (dont les deux tiers à la recherche d’images pornographiques) vont faire de moi un révolutionnaire !

Monsieur Huchon est-il pour ou contre la vente libre du cannabis et la dépénalisation des drogues ?

On s’en fout ! Ce n’est pas de la compétence des régions et je ne vois pas où veut en venir Madame Pécresse qui a 1842 abonnés à ses twits, à l’heure où je vous cause ! Dont Marc, Dagrouik, moi et probablement une grande partie des observateurs de la vie politique. 100% des twiteurs consultés (Marc et moi dans mon intimité telle que vous ne la verrez jamais) trouvent le twit de Valérie Pécresse saugrenu. Pour rester poli.

Ou alors elle essaye de remonter les Verts contre le PS ! C’est bien connu, tous ces écolos sont des gros fumeurs de machins illégaux. Elle se trompe. Comme le dit Marc, ils sniffent de la cocaïne, ça fait mieux.

La politique ne vole pas haut à la droite du web !

Les socialos devraient annoncer leur nouveau truc dans le semaine. Il aura coûté beaucoup moins cher et j’en ai entendu parlé quelques fois sans toutefois pouvoir vous en dire plus : je ne suis pas inscrit. Il semble que ça n’a strictement rien à voir alors que des malotrus voudraient se foutre de la gueule du PS qui serait à la ramasse par rapport à l’UMP. Il s’agirait plus d’un outil pour les militants, pour organiser le travail concret sur le terrain, les réunions publiques, les séances de distribution de tracts, la relance des militants, … Un outil moderne au service de la politique contrairement à l’UMP qui remplace les débats et les photocopies par un machin comme Facebook sous prétexte qu’Obama a gagné son élection grâce à Internet… sans étudier ce qu’il a fait avec : de la communication avec les militants et de la recherche de pognon.

Il neige, la France est paralysée. La Coupe d’Afrique des Nations tourne à la boucherie sanglantes et Valérie Pécresse si Monsieur Huchon pense quelque chose des drogues douces. Je vais me recoucher.
 
Edit : Oups ! Encore une fois, j'ai fait mon billet avant d'aller lire ceux des copains. Reversus parle de l'usage de Twitter par Yves Jégo et Peuples des Créateurs du possible.