En salle

16 septembre 2022

Le travail, au centre des valeurs ?

 

Prof de fac avec deux étudiants

A l’ère moderne, je crois bien que c’est Nicolas Sarkozy qui a parlé de la valeur travail pour dire, en résumé, « travailler plus pour gagner plus », et nous en sommes, 15 ans, à nous demander si c’est une valeur de droite ou une valeur de gauche. Pour ma part, je ne sais pas si c’est une valeur et je m’en contrepignole tout comme de savoir si c’est de droite ou de gauche. Et je refuse de me mêler de ce débat d’intellectuel ou de philosophe vu que je n’en suis pas un. Je n’en ai pas les capacités, à ma plus grande honte, vu le nombre de spécialistes que j’ai vu dans les réseaux sociaux depuis hier.

Je vais quand même parler un peu de travail mais surtout pas de « valeur travail » : je ne suis pas cinglé.

« Ouvriers, paysans, nous sommes

Le grand parti des travailleurs,

La terre n'appartient qu'aux hommes,

L'oisif ira loger ailleurs.

Combien de nos chairs se repaissent !

Mais si les corbeaux, les vautours,

Un de ces matins disparaissent,

Le soleil brillera toujours. »

Vu que c’est la conclusion (la fin, pardon) de l’Internationale, je suppose que le travail a un intérêt pour les gens de gauche et ceux qui, comme la douairière Rousseau, revendiquent le droit à la paresse, il me semble que le mot « oisif » utilisé dans ce texte de Pottier (le savais-tu ?) désigne surtout les exploiteurs qui vivent du travail des autres, vils ennemis naturels de nous tous.

Cela étant, n’allez pas croire que c’est la moindre haine envers Madame Rousseau qui me fait écrire ce texte : je déteste encore plus le travail que les inutiles gagnant 7000 euros sur les sièges du Bourbon après avoir glandé en université pendant des années. Le travail n’est pas une fin en soi, surtout pour ceux qui ne peuvent pas écrire de billet de blog sur un ordinateur professionnel.

 

Travailleurs aérés

Avec la sagesse qui me caractérise, je vais citer les paroles d’une chanson, connue par tous, quant à elle, au sujet du travail.

« Le travail c'est la santé

Rien faire c'est la conserver

Les prisonniers du boulot

N'font pas de vieux os

Ces gens qui courent au grand galop

En auto, métro ou vélo

Vont-ils voir un film rigolo

Mais non, ils vont à leur boulot […]

Ils bossent 11 mois pour les vacances

Et sont crevés quand elles commencent

Un mois plus tard, ils sont costauds

Mais faut reprendre le boulot

Allez tous ensemble »

Et n’oublions un autre chef d’œuvre (heu…) malheureusement moins connu mais à peine :

« Travailler c'est trop dur

Et voler c'est pas beau

D'mander la charité

C'est quelque chose que je ne veux plus faire

Chaque jour que moi je vis

On ne demande de quoi je vis

Je dis je vis sur l'amour

Et j'espère vivre vieux »

Tout cela prouve bien que nous ne sommes pas les premiers à parler de travail… et que certains avaient trouvé un moyen sympathique pour en vivre.

 

Travailleurs complètement cons ou esclaves ?

Je sens que l’introduction de ce billet de blog va être trop longue. Ca m’évitera de développer.

Je vais rappeler que je n’ai jamais caché être favorable au revenu universel, dans mon blog, et si je n’en parle pas, c’est ce que je suis assez peu convaincu par notre capacité collective à produire assez de richesses pour le financer. Je vois un truc simple : tu supprimes les aides diverses telles qu’APL, AAH, RSA, les allocations familiales… et tu verses 7 ou 800 euros à chacun plus 50 euros par gamin (100 euros pour ceux qui n’ont pas un conjoint qui touche aussi les 50 balles) et tu ne me fais plus chier.

Les gens seront alors libres de travailler ce qui leur permettra de cotiser d’une part pour la retraite (à savoir un revenu proportionnel au montant cotisé à partir d’un certain âge) et d’autre part pour des assurances, comme une assurance chômage et une relative aux arrêts de travail, permettant de toucher des revenus, en complément du « RU » évidemment pendant la retraite mais aussi pendant les « accidents de la vie » comme on dit (perte du travail, incapacité temporaire ou définitive…).

Ceux qui sont opposés à l’oisiveté sont invités à considérer qu’on ne peut pas avoir pour but dans la vie de survivre avec 700 euros. Ce qui sont favorables pourront m’expliquer comment on va payer tout ça sachant que les revenus ne peuvent provenir que de richesses produites et que, pour ça, il faut, somme toute, des richesses, d’autant que les revenus du capital et leurs taxations risquent d’être bien occupés avec le revenu universel... mais tout cela est bien compliqué.

 

Travailleurs au repos

D’autres aspects sont à prendre en compte. Tout d’abord, on a un peu trop tendance à confondre « travail » avec « travail rémunéré ». Par exemple, je dois éplucher mes pommes de terre avant midi et, pendant leur cuisson (pour les manger avec des andouillettes), tondre la pelouse : pour moi, c’est du travail. A contrario, j’ai passé assez de temps dans ma vie avec 90 minutes de transport par jour pour aller au bureau sans que cela soit considéré comme du travail. C’est bien triste.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier la nécessité, certes discutable, de considérer tout un chacun devant contribuer aux besoins de la société. Je ne vois pas pourquoi certains s’autoriseraient à ne rien glander alors que d’autres triment pour que tout le monde puisse raconter des conneries sur un smartphone (par exemple).

Il y a effectivement un problème avec les gens très riches qui peuvent faire travailler les autres pour le bien général (et pour s’enrichir encore plus) mais je n’aime pas spécialement couper les têtes d’autant qu’après avoir regardé « Vikings » puis « Vikings Valhalla », je me suis mis à The Last Kingom…

 

Défenseur du travail expliquant (à raison)
qu'il faut travailler moins.

Bon, je ne vais pas développer. Je vais faire une remarque désagréable. Les gens de gauche qui défendent aujourd’hui le travail comme une valeur sont invités à arrêter de militer pour diminuer l’âge de départ à la retraite. Ou à laisser les philosophes philosopher. Le travail n’est pas une valeur mais un producteur de valeur. J’ai bon, là ? J’en suis même pas sûr.

 

Donc me voila, en guise de conclusion : je suis d’accord sur le sujet avec Mâame Rousseau et avec ses opposants. Par contre, cela ne m’empêche pas de penser qu’elle devrait fermer sa gueule plutôt que d’expliquer à des électeurs – devenus ex électeurs – qu’on peut vivre normalement sans travailler… Cette espèce de foldingue, après avoir tué les entrecôtes au barbecue, tu la gauche.

Par ailleurs, on pourrait pas arrêter d'opposer la droite et à la gauche sur la base de quelques mots d'autant que la gauche radicale a parfois les mêmes thèmes que l'extrême droite et, à sa décharge, vice-versa.


Le titre de ce billet de blog est complètement con.

15 septembre 2022

Renouer avec la sympathie ?


 

L’affaire « Roussel » et ses propos sur le travail agitent la gauche Nupessienne au point que je suis à la limite de l’engueulade avec mon copain Mark, pourtant un des rares capables de m’ébranler un petit peu. D’après les supporters de LFI, Roussel a parlé pour taper sur eux. Je passe le fait que s’ils n’avaient pas répondu par des insultes, l’affaire aurait été largement oubliée. Fabien a dit qu’il faut recréer des emplois (services publics, reindustraliser) pour que chacun puisse vivre dignement de son travail et sortir de la misère et de la dépendance aux aides sociales. Ce n’est pourtant ni idiot ni sarkozyste.

Alors, moi, vous me connaissez ! J’ai horreur de voir des gens se planter dans l’argumentation électorale, car, au fond, il s’agit bien de ça. Ils se vautrent dans leurs certitudes sans fréquenter le moindre comptoir (ou bureau…) où ils pourraient sentir un peu mieux le vent. Vous allez me répondre que c’est çui dit qui est mais je m’en fous : je ne fais plus partie de ceux qui plantent continuellement la gauche, si tant est que j’en ai déjà été…

 

La gauche ne gagnera pas à partir d’une union car l’union ne l’a jamais fait gagner, même avant-guerre, si vous voyez de quoi je veux parler et, si elle peut vaincre avec un programme relativement radical, elle ne peut le faire s’il est porté par des gauchistes rabougris qui s’imaginent que tous ceux qui ne dégustent pas leurs propos sont des ânes.

On va le dire un peu différemment : ceux qui ont fait gagner la gauche sont des sympathisants socialistes, ça fut évidemment le cas en 1981, 1997 et 2012… et il est probable que les sympathisants en question ont également fait Macron en 2017, voire en 2022. A force de crier que pour ces deux dernières fois, Mélenchon aurait pu gagner, ce qui n’est pas vrai mais il n’y a pas de mal à se faire du bien, on en oublie ce qui a fait perdre la gauche. Je ne vais pas remuer les couteaux dans la plaie vu qu’il faudrait relancer la bataille entre les frondeurs et les hollandais mais il se trouve, quand même, que si le PS a fait un score dérisoire en 2017, c’est surtout parce que la campagne a été très mal menée. Hamon, poussé par le PS (il ne l’a pas été, je suppose) aurait du pouvoir rassembler beaucoup plus de monde (je n’ai pas dit qu’il aurait pu gagner). Quant à 2022, cela resterait un mystère si, moi-même, je n’ai jamais envisagé de voter pour Hidalgo : elle était sans doute, tout simplement, une mauvaise candidate, et les conditions de son choix montrent que Faure est vraiment très nul.

 


Ainsi, si des gens, à gauche, veulent faire gagner la gauche, il convient, avant tout, de ne pas se mettre à dos les sympathisants de gauche. Je citais un sondage, avant-hier, mais en voila un plus complet, sans doute le plus « renommée », le baromètre IPSOS Le Point de septembre.

Nous allons le feuilleter doucement. Page 4, on voit que près de la moitié des sympathisants socialistes approuvent Macron (précisément 47% soit deux points de plus que dans la population générale). Voir des guignols de gauche taper en permanence sur un type qui plait à la moitié des sympathisants socialistes est croquignolet.

Notons, page suivante, que Borne est bien loin de son chef. En page 8, on voit ce dont je parlais avant-hier avec le classement de popularité des personnages politiques. Mais c’est page suivante que l’on tire les premiers enseignements avec le classement au sein des sympathisants LFI et PCF. Mélenchon est en tête mais il est suivi immédiatement par Aubry et Roussel, puis Jadot.

C’est à la page suivante, néanmoins, que je voulais en venir avec le classement parmi les sympathisants socialistes vu que l’on peut considérer que c’est leur voix qui manquent pour une victoire de la gauche. J’élimine les types ouvertement à droite ou macronistes et nous avons, dans l’ordre : Hollande, Auby, Hidalgo, Jadot, Roussel, Le Drian, Cazeneuve, Mélenchon et, bien plus bas, Faure, Rousseau, Quatennens, Delga… Ca prouve au moins que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleurs soupes… Des socialistes historiques, suivis par des anciens candidats puis des hollandais. C’est beau.

Je pourrais faire partie de ce groupe…

Si on poursuit, avec les sympathisants de « En Marche », on a beaucoup moins de types issus de la gauche. Le Drian est en bonne position mais Cazeneuve puis Hollande sont bien derrière suivis par Aubry, Hidalgo, Jadot, Roussel et Delga puis Faure, Mélenchon, Quatennens et Rousseau.

 

On déduira de tout ça que Mélenchon est bien le seul à tirer un peu LFI (mais il est suivi par des jeunes qui ont tout le temps de percer) mais surtout que les vieux socialos « loin » de Nupes (ou les jeunes genre Roussel ou Jadot) sont encore ceux qui ont le plus de reconnaissance parmi toutes les catégories de sympathisants susceptibles de faire gagner la gauche.

On en tirera les leçons que l’on souhaite en ajoutant des dièses, comme les jeunes, dont je parlais, qui n’ont évidemment pas la même notoriété qu’Hollande… Il n’empêche que Rousseau figure dans quelques tableaux et pas Ruffin. Vous me direz que ce dernier a probablement été oublié. Je répondrai donc que Le Foll aussi ou qu’il est scandaleux qu’on ne parle que d’un seul des premiers ministres de la décennie…

 


Cela étant, on pourra toujours dégoiser pendant des heures mais on devra en tirer des conclusions avant l’heure de l’apéro.

Tout d’abord, voir l’article du Canard en copie, il faut que LFI arrête de taper systématiquement sur Roussel. Taper sur un type qui est bien vu par une majorité ne permet pas de le casser mais seulement de s’attirer les foudres. Vous pouvez aussi arrêtez les wokeries et autres modernoeuseries mais, avant tout, respectez les partenaires. Et arrêtez de dire que cela vient d’eux… Ils sont populaires mais pas audibles.

Ensuite, le Parti Socialiste aurait tout intérêt à récupérer la sympathie des sympathisants socialistes. C’est ballot mais ça parait une évidence. A force de chercher la sympathie de LFI, qui permet sûrement de survivre, tout comme le PCF peut gagner des voix en suivant LFI, on perd toutes sympathies en dehors.

Et même si j’étais partisan d’une union, la Nupes, en l’occurrence, je rappellerais sans cesse que le PS doit aller chercher ses propres électeurs. Faure doit donc être viré : il n’est même pas approuvé par les sympathisants.



Par ailleurs, Dagrouik signale ce tweet d'un dirigeant des jeunes socialos. 

Je ne sais pas s'il se rend bien compte qu'il reproche aux types du PS qui ne sont pas d'accord avec la ligne officielle de ne pas être issus d'Afrique... Il doit aussi être viré (et faire un séjour au cabanon : je ne connais pas beaucoup de cadres des partis de Nupes à ne pas être franchouillards : un classement des prénoms serait aussi amusant à observer).


Pauvre type.


14 septembre 2022

Miscellaneous blog

 


Il y a un certain nombre de gaziers, dans Facebook, qui disent qu’ils vont boycotter la coupe du monde au Qatar. Ils comptaient y participer ? Plus sérieusement, ils veulent vraiment tourner le dos aux millions de Français qui aiment ce sport ? Moi, je m’en fous : le seul intérêt de la coupe du monde est de picoler avec les copains au bistro en regardant les matchs.

Les lascars qui gueulent contre la mise en berne des drapeaux sur les bâtiments publics en l’honneur de la reine machin n’ont franchement rien de mieux à faire ? Saluer nos voisins adorés, surnommés les enculés de rosbifs, et leur adresser des signes d’amitié ne me semble pas idiot d’autant que ça ne coûte pas grand-chose.

Les connards qui disent « bel anniversaire » ou « belles vacances » à la place de « bon anniversaire » ou de « bonnes vacances » dans les réseaux sociaux dont au sujet desquels je parlais savent-ils qui méritent franchement des baffes ?

C’est qui ce Godard dont tout le monde parle ? A-t-on le droit de dire qu’on ne l’aimait pas spécialement et que, de manière générale, on conchie la nouvelle vague, sans passer pour un snobinard alors que, pour ce qui me concerne, la seule raison est que le cinéma m’emmerde ?

Le seul intérêt des billets au sujet du 11 septembre est-il de se rappeler ce que l’on faisait le 11 septembre 2001 ? Pour ma part, j’étais au bureau et, comme toujours, je trainais sur Internet, mais, à l’époque, il n’y avait pas de réseaux sociaux, on trainait donc dans les forums boursiers, les seuls qui parlaient d’actualité. Mais on s’en fout, non ?

Les peine-à-jouir qui parlent du coup d’Etat de Pinochet et de la joyeuse CIA réunies, un 11 septembre, le font-ils uniquement pour rappeler qu’en 2001, ce n’était somme toute pas bien grave et uniquement l’affaire de quelques intégristes musulmans qui n’ont tué que quelques milliers de personnes ?

Ces blogueurs qui traitent plusieurs sujets dans le même billet, ils ne se foutent pas un peu de notre gueule ?

Quatennens, alors ?

Batteur hilare.
Sans rapport avec Noir Désir, néanmoins.


En 2019, Adrien Quatennens tweetait : « Parmi les 118 femmes tuées par leur conjoint ou ex, une proportion significative avait porté plainte ou déposé une main courante. Combien de cas aurions-nous pu éviter ? Combien de ces cas étaient prévisibles mais n’ont pas été prévenus ? Nous devons combler les failles. »

Comme son épouse et lui ont récemment « déposé » une main courante (je vous laisse consulter la presse), je propose que nous comblions les failles en le mettant immédiatement en prison, en le destituant de son mandat de député et je vous laisse trouver des châtiments rigolos. Il faudrait d’ailleurs que la commission machin de LFI se saisisse du dossier…

Ah ! Non ! Il y a présomption d’innocence mais quand je vois le nombre de cas que les insoumis ont voulu « trancher » par eux-mêmes depuis quelques temps, je suis bien circonspect. Je suis un inconditionnel de la présomption d’innocence et c’était tout le débat, il y a moins de six mois, rappelez-vous. Après tout, il y a main courante. Pour que M. Quatennens accepte de la déposer, il y a sans doute quelque chose de pas très propre, dedans. Peut-être a-t-il menacé sa grosse ou lui a-t-il balancé un bourre-pif bien senti mais néanmoins immoral et interdit par la loi… De toute manière, on ne va pas mettre tout le monde en prison. Je n’ai jamais adhéré à la théorie qui fait que tous les hommes sont des fumiers en puissance.

C’est compliqué et il n’y a pas de fumée sans feu mais, à vrai dire, aussi bien, c’est la grosse en question qui l’a menacé avec le couteau à pain ou le rouleau à pâtisserie !

On va donc laisser la justice se faire mais on va garder l’histoire en mémoire pour deux raisons. La première est bien sûr qu’il est peut-être bien coupable et comme nous n’avons aucune moralité, nous n’oublierons pas de rigoler bêtement.

 

Illustration gracieusement offerte par
Mâame Elodie.

La deuxième est plus sérieuse : je suis fatigué des éternels procès pondus par des insoumis et autres nupistes en peau de fesse, eux-mêmes étrangers à toute notion de morale. Alors il faut rappeler que mêmes leurs gloires montantes sont potentiellement la cible de chevaliers blancs divers ou de pochetrons de banlieue sud.

Bouh, Adrien, c’est mal !


13 septembre 2022

La Nupes est morte, vive la gauche !

 


Un entrefilet lu dans Facebook et provenant probablement d’un récent Canard Enchaîné, sans doute à partir d’un article des Echos relatant un sondage Elabe m’a bien amusé, hier : « François Hollande est, avec 28% d’image politique, la personnalité la plus populaire à gauche ».

Avant de raconter des méchancetés sur les dirigeants des partis de la Nupes, on va relativiser : parmi les seuls électeurs de gauche, Jean-Luc Mélenchon arrive largement en tête mais tous les autres guignols sont après. Cette espèce de coalition de gauche ne tient donc que sur les épaules de Méluche. D’autre part, Pépère a un avantage, dans les sondages : comme il n’est candidat à rien, tout le monde s’en fout mais, en tant qu’ancien président de la République, il est connu donc dans la partie haute des personnalités. D’ailleurs, dans ce sondage, il est derrière Sarkozy. Evidemment, depuis toujours, j’aime bien François Hollande mais mon rapport à lui a bien changé en quelques années et ça fait plusieurs années que je ne le vois plus revenir aux manettes.

 


La question du sondage est de savoir si les sondés ont une image positive et négative. Comme je le disais, si l’on regarde au sein de la gauche, Mélenchon arrive en tête mais, en global, c’est Hollande. Ce n’est pas une surprise : le chef insoumis est plébiscité à gauche mais haï à droite. A noter, tout de même, que Olivier Véran, qui vient de la gauche, arrive devant ces deux zozos. Il n’est sans doute plus de gauche mais il m’a amusé, cette semaine, en « avouant » qu’il avait voté Sarkozy en 2007. Pour ma part, j’avais choisi Royal, que je n’aimais pas (ce qui a changé par la suite), et je n’en suis pas spécialement fier…

On a quand même un problème, au niveau de la gauche française. En fait, depuis 15 ans (pour être poli), on a eu qu’une seule fois un type assez peu taré pour qu’on vote pour lui mais il s’est fait taper dessus comme aucun président auparavant… mais caracole maintenant en tête des sondages de popularité des gens de gauche. Avec 28%.


 

Le suivant, après les deux poids lourds Mélenchon et Hollande est Roussel. C’est rigolo, c’est le type de gauche qui prend le plus de baffe par les cadres insoumis et militants idiots du même métal (le sondage d’après la dernière séquence au cours de laquelle ces imbéciles ont déformé ses propos, comme si taper sur la gauche était devenu une priorité).

Après, on a Jadot. Il suit Bardella, tout même (d’ailleurs, je n’ai pas dit que Le Pen était troisième). Nous sommes déjà dans la deuxième moitié du tableau… La suivante est Anne Hidalgo. Ce n’est qu’à la toute fin que l’on trouve Quatennens, Faure et Rousseau. Panot et Piole, par exemple, ne sont pas dans la liste.

 


A la lecture de ce billet, vous pourrez penser que la situation me réjouit. Il n’en est rien. Je suis hilare uniquement parce que, de plus en plus, les faits et les sondages me donnent raison.

Par exemple (je vais citer des copains), les écolos souhaitent interdire, outre les barbecues, les SUV, les réserves d’eau agricole, les piscines privées, la chasse, les voitures thermiques, les jets privés. En revanche, ils veulent autoriser les burkinis dans les piscines municipales. Autre exemple, quand on est favorable à un « mix nucléaire/énergies renouvelables », à la semaine de quatre jours, à l’importance du travail (voir Roussel récemment), quand on est opposé à la réforme du chômage, des retraites et tout ça, on est quand même un gars de droite voire franchement un fasciste.

Tiens ! Quant à parler de retraites, la gauchisterie facebookienne dont nupessoïdes s’extasiait hier devant le dernier rapport du conseil d’orientation des retraites qui dit – plus ou moins – que le financement est assuré. Pour ma part, je disais la même chose en mai. Il est donc logique de penser que le COR disait la même chose dans son précédent rapport que dans le dernier. En fait, c’est faux. Le dernier rapport du COR date de 2021 (selon leur site web, il est possible qu'un rapport ait été communiqué "en dehors", vous pouvez néanmoins consulter la version 2021). Un des abrutis de politiciens a sans doute décidé de le lire hier et tous les autres tarés rebondissent sur le sujet. Il faut faire le buzz ce qui amène toujours à raconter n’importe quoi sans se rendre compte que les électeurs ne sont pas toujours idiots.

Edit : le prochain rapport du COR est annoncé pour jeudi, selon un article du Monde réservé aux abonnés. Il n'empêche que le précédent est disponible et disait déjà qu'il n'y avait pas de problème de financement : il semble donc que les commentateurs politiques de gauche se soient basés sur celui de 2021, beaucoup plus optimiste que le suivant...

 


Pour en revenir au sondage de popularité, il faut quand même noter qu’entre Hollande et Roussel d’un côté et les guignols chefs de la Nupes ou de la gauche diverses, d’autre part, il y a un tas de pantin de droite dont on a strictement aucune raison de parler, comme Dati, Alliot ou Barnier.

Nos Rousseau, Quatennens, Faure et princes consorts sont donc totalement à la ramasse et n’intéressent vraiment personne.

Mais je ne voudrais pas leur faire de la peine. 

Ils ont oublié Royal, dans leur truc ?

10 septembre 2022

Du travail contre les allocs



Fabien Roussel, s’il n’avait pas une mauvaise tendance à taper sur Israël, me plairait davantage tous les jours. Il a déclaré en ouverture de la fête de l’Huma qu’il ne voulait plus de la « gauche des allocs » ce qui a évidemment fâché les partenaires du PCF alors que la fête devait marquer une lune de miel entre les partis de gauche. Plus précisément, il a déclaré : « la gauche doit défendre le travail et ne pas être la gauche des allocations et minima sociaux. »

Je vous laisse lire l’article, y compris la conclusion du patron du PS : « un homme de gauche qui tire un bilan globalement positif des législatives alors qu’il y a 89 députés RN a un peu de caca dans les yeux. » C’est un peu ce que je rumine depuis les élections : ce n’est pas parce que le résultat des macronistes n’est pas géniale pour eux que la gauche doit continuer à s’autopersuader qu’elle a gagné les élections et qu’elle est une force majoritaire en France.

Je voyais encore Mathilde Panot expliquer à Emmanuel Macron que la Nupes était prête à gouverner et qu’il pouvait donc dissoudre l’assemblée. Je ne suis pas persuadé que nos camarades puissent vraiment gouverner…

 

Je remercie chaleureusement Monsieur Roussel d’avoir fourni une introduction au billet de blog que j’avais en tête. Les grands esprits se rencontrent, visiblement.

 


Hier matin, je suis allé prendre le café dans mon bistro préféré et le patron était présent car une des serveuses était malade. Il discutait avec un lascar que je ne connais pas mais visiblement habitué. Leur discussion tournait autour de la difficulté à embaucher pour ces établissements. J’ai fermé ma gueule mais proposer des jobs au SMIC avec des horaires à la con n’est pas très attirant… Pour les bistros de taille moyenne, c’est très compliqué : il faudrait proposer plus mais cela pourrait nécessiter d'augmenter les tarifs et donc de dissuader les clients. Le sujet est très complexe et je n’ai malheureusement pas la science infuse. La difficulté est aussi d’offrir une cadre de vie agréable pour les clients… Mais s’il faut se taper deux fois une heure de route (en région parisienne) ou payer 800 euros de loyer (en province), autant rester chez les parents et profiter du blanchissage du linge et de la cuisine de maman (ou du barbecue viril de papa).

Mes deux gugusses se montaient le bourrichon et le sujet des allocations diverses est venue sur la table, pour donner, par anticipation, raison à Roussel : ils trouvaient logique que des gens qui pouvaient avoir des aides de 1000 euros n’aient pas envie de chercher un boulot à 1400. Je n’ai pas voulu rentrer dans la discussion pour parler, par exemple, de la structure de ces aides et de certains détails comme le fait que l’assurance chômage est… une assurance.

Dix ans après l’éjection du pouvoir de Nicolas Sarkozy et de la droite qui va avec, j’ignorais que ce genre de propos pouvaient encore être tenus, avec une opposition entre le travail et les allocations…

Roussel a raison : il faut privilégier le travail et arrêter d’opposer les gens, ça me fatigue.

 

La maconnerie a ressorti son idée de faire bosser les bénéficiaires du RSA 10 heures par semaine. Ils sont totalement fou voire con, ce qui est sans doute pire. Personne ne se complet au RSA et le mec qui y « tombe » n’a pas le choix. Déjà, je suis prêt à parier que 80% des allocataires de ce machin ont une pathologie « reconnu » qui les empêche de travailler. Je veux bien parier, aussi, qu’une bonne partie, disons 60% (ce n’est pas exclusif) sont marginalisés dès la fin de l’adolescence ou ont eu un accident de la vie qui leur ont fait perdre toute envie de mettre les mains dans quelque cambouis que ce soit.

Ou alors, il faudra que les gens de droite et ceux de gauche qui cherchent des noises à Roussel nous expliquent comment on peut se complaire dans la merde…

 

Rappelons enfin que le nombre de chômeur a baissé de 30% depuis 2015 (et qu’il continue à baisser même si la crise économique que l’on sent venir pourrait mettre un frein momentané à ce progrès). Excusez du peu. Excusez aussi pour la date de début de l’amélioration. A ma connaissance, ce ne sont pas les contraintes sur les allocations qui ont provoqué cette croissance de l’emploi et je ne comprends pas les idées de ces centristes franchement à droite.

Continuons donc à favoriser l’emploi par les entreprises avant de ronchonner tout en améliorant l’emploi public notamment à l’école et dans la santé sans bricoler des cochonneries autour des aides pour les pauvres types qui n’ont pas la chance d’avoir un travail. 

09 septembre 2022

God save the planet

 


La dépouille de la reine Elisabeth II sera ramenée en train jusqu’à Londres. C’est bien. En char à voile, ça aurait été mieux. Il n’empêche qu’il y a une débauche de jet privé pour amener ses rejetons autour d’elle et que je ne pense pas que les obsèques seront très bonnes pour la planète. Surtout qu’avec le râtelier qu’on lui devine, elle ne devait pas bouffer beaucoup de bidoche même si le bœuf bouilli de ces braves gens ne doit pas poser beaucoup de difficulté !

Ah ça, on ne les entend pas trop nos écolos locaux !

Je vais quand même en finir avec la queen même si elle n’a pas eu besoin de moi pour cela. Je présente volontiers mes condoléances à tous les rosbifs (on y revient…) vu qu’ils ont perdu une cheffesse aimée mais les internautes français, dans les réseaux sociaux, m’ont cassé les burnes, hier (« break the balls » ?) avec leurs hommages pourris, notamment tous ces incultes qui mettent un simple « RIP » sans se rendre compte que c’est à la limite de la grossièreté, mais aussi les personnages politiques qui se croient obligés de verser une larme publique et de rappeler leur heure de gloire : le jour où ils ont inauguré un square ou une vente flash de muscadet avec mémère. Bien sûr que tout le monde l’aimait, la vieille. Elle représentait une sorte de stabilité mais aussi un système qui nous maintient plus loin de nos propres traditions politiques, notamment avec une élection présidentielle sans intérêt. Néanmoins, les généralités me gavent. Dans les bistros, il était clair que les commentateurs connaissaient surtout la vie de la reine et l’histoire de la rosbiferie via une série Netflix, The Crown, évidemment. Dans les réseaux sociaux, c’était presque pareil mais c’est plus facile de consulter Wikipedia quand on est à la maison. J’aurais préféré des souvenirs plus personnels de tout un chacun même si, évidemment, on n’en a rien à cirer.

 

Moi, j’en aurais deux à raconter. Le premier est que la reine mère était née à peu près cinq mois avant ma grand-mère qui s’intéressait donc plus à sa quasi-jumelle qu’à sa fille… Le deuxième est juste après la mort de la bru Di, tous les abrutis, au comptoir, multipliaient les commentaires sans intérêts (au moins, on n’avait pas les réseaux sociaux) et j’avais piqué une colère du genre : putain vous me faites chier, vous ne connaissez rien, pensez donc plutôt à ces deux gamins qui ont perdu leur mère.

Et j’avais rebu une bière (néerlandaise, pour l’occasion) ensuite.

En plus, la reine mère, dans The Crown, est très sympathique : on dirait une vieille pocharde qui n’arrête pas de péter et de roter. Quant à l’actrice qui joue Lady Dix ou Onze, j’espère qu’on verra ses fesses.

De nos jours, j’aurais bu des bières françaises mais, à l’époque, c’était de l’Amstel et de la Heineken qu’il y avait à la pression mais nous avons convaincu le patron qu’il fallait privilégier les circuits courts pour limiter l’émission de CO2, ce qui, pour de la bière pression, était relativement osé.

 


Il faut rétablir la vérité : Mâame Elisabeth (avec un « s » et pas un « z », tas d’incultes) n’est pas morte de vieillesse mais de découragement ne voyant les conseils des autorités et écolos français au sujet de l’environnement. D’ailleurs, un blog politique doit parler de politique et pas des ex-souveraines des voisins honnis.

Par exemple, on m’a dit qu’il fallait fermer les volets pour empêcher le soleil de rentrer chez moi (le panneau « propriété privée » ne suffisait pas). Je l’ai fait dès que j’ai repris le travail après mon arrêt. Ce n’est qu’au bout de trois jours de télétravail que je me suis rendu compte que je passais mon temps avec la lumière de mon bureau allumée car je n’y voyais rien à cause des méchants stores. Tous les conseils donnés, souvent sous la forme d’oukase, qu’ils viennent des nupéssiens ou des macronistes sont énervant. Par exemple, on nous dit qu’il ne faut pas faire la lessive à 18h. Dites-moi quand peut la faire un type qui bosse (autrement qu’en télétravail) et qui doit être chez lui pendant que la machine tourne pour la surveiller et éviter les dégâts des eaux tout en ayant fini « ses cycles » de bonne heure pour éviter que le bruit de l’essorage et du séchage réveille tout l’immeuble après 22h30… Comment peut-on oser nous faire croire, en outre, que la consommation d’électricité d’un lave-linge varie en fonction de l’heure ? On est assez peu cons, évidemment, pour comprend qu’il faut éviter de tirer sur la corde et les importations pendant les heures de pointe mais, tout de même… Pourquoi nous prendre pour des abrutis ?

Ca rejoint cette histoire de pisser sous la douche. Ca parait évidemment vulgaire mais, en 1987, j’habitais un petit appartement, rue Guyton de Morveau, si tu veux tout savoir, et de bruit de la chasse d’eau des voisins du dessus m’emmerdait assez souvent… J’ai ainsi pris l’habitude de ne pas tirer la chasse pour chaque petit pipi, pourtant assez fréquents, chez moi, rapport à la bière, ce qui équivaut à « pisser sous la douche ».

On lisait, ces derniers jours, des conseils sympathiques : par exemple, il faut faire chauffer l’eau des nouilles avec un couvercle (sur la casserole, andouille). Le conseil le plus drôle que j’ai vu est de programmer le thermomètre (sic) sur 19. Déjà que je n’ai pas de thermostat vu que cela ne sert pas à grand-chose dans certains appartements (le mien est plein sud et très isolé, si je chauffe à 19, tôt le matin, je vais me retrouver à 25 à 14h et donc être obligé d’ouvrir la fenêtre, pas seulement pour aérer mais aussi pour rafraichir).

En plus, on a l’impression que ces imbéciles de politiques qui nous gouvernent ou ont la prétention de le faire pensent que l’on dépense du pognon en eau et en chauffage uniquement pour le plaisir et qu’on est trop cons pour faire des économies nous-mêmes, voire qu’on dépense volontairement beaucoup trop, en début de mois, pour pouvoir s’offrir autre chose que des pommes de terre crues au déjeuner, après le 15… Il faudrait quand même que ça cesse.

 


Tu as vu ça ? Dans le même billet, j’arrive à critiquer largement les progressistes français tout en montrant une large sympathique pour les réactionnaires étrangers.

Ca va mal, ma pauvre dame.

08 septembre 2022

Du manifeste à la fête de l'Huma



Hier, vers 17h30, j’étais sous la terrasse couverte de l’Amandine et la pluie qui pointait a poussé deux jeunes (une vingtaine d’année) à s’installer à la table d’à côté. J’ai assez vite compris, d’une part, qu’ils étaient étudiants, dont l’un en physique, et, d’autre part, militants insoumis. Ils en parlaient beaucoup et, en l’occurrence, ils préparaient leur visite à la Fête de l’Huma, ce week-end. Cela m’a fait rigoler car ils cherchaient les débats, ateliers ou conférences qui les intéressaient le plus alors que, quand j’y allais avec des potes, on cherchait l’itinéraire le plus court pour visiter nos stands « locaux » tout en passant par des « régions » où ils produisent de l’alcool fort : ça évitait d’aller pisser trop souvent.

Les temps changent et je n’irai pas jusqu’à dire que c’est un mal.

 


L’étudiant en physique, à un moment, a dit que sa prof de français (j’ignorais qu’il y avait des profs de français dans ces machins) était de gauche mais pas insoumise. Il ignorait si elle était communiste ou socialiste. Je n’ai pas intervenu pour répondre que la gauche ne s’arrête pas là, qu’il y a les écolos, la gauche franchement radicale et les zozos plus ou moins centristes, comme moi. Tant pis. Pour conclure il a dit : « j’espère qu’elle est communiste. C’est quand même mieux d’être communiste. »

J’étais sur le cul. Mieux que quoi ? Mieux pour qui ?

J’aurais dû intervenir : j’ai voté Roussel sans pour autant être communiste. Je me revendique être libéral, républicain et à gauche. Point barre. Je sais bien que je ne peux pas faire une majorité à moi tout seul, alors je compose… C’est sûr qu’à la présidentielle mon vote n’était pas franchement libéral…

J’ai préféré les laisser, d’autant qu’ils ne buvaient pas d’alcool (je ne comprends pas qu’on puisse se retrouver entre potes dans un bistro pour préparer la fête de l’huma sans boire l’apéro…). J’ai plongé dans Facebook et je suis tombé sur une publication du Parti Socialiste (du moins, d’un socialiste, je n’ai plus la source) qui disait : « cette année, les socialistes seront à la fête de l’humanité ».

Pour moi, la Fête de l’Huma a toujours été, évidemment, la fête du PCF mais aussi un rassemblement de toute la gauche ! On dirait que ces néocrétins néonupessiens découvraient le monde et la manière de faire gagner la gauche.

On va donner un cours raccourci d’histoire raccourcie : il y a une cinquantaine d’années, les ancêtres Mitterrand et Marchais faisaient le programme commun. Ca n’a pas marché. Ils ont divorcé. Juste après, la gauche a gagné les élections. La gauche doit surtout se retrouver lors des seconds tours des élections et à la fête de l’humanité. Une union de façade est grotesque et voir des boutonneux rosâtres oser visiter les cocos est risible.

Rappelons par ailleurs que les projets qui ont permis, ensuite, de faire gagner les candidats de gauche les plus centristes étaient quand même relativement radicaux. Vous pouvez rigoler de François Hollande mais il avait promis de taxer à 75% les très gros revenus. Je me marre encore. Si Jean-Mélenchon Luc avait été élu, même seulement premier ministre, gageons qu’il aurait eu ensuite son tournant de la rigueur à lui mais je m’égare : je voulais faire un billet plein de gentillesse, de mansuétude et d’empathie et je vais me retrouver vieille vache.

 


Depuis 2017 (un peu avant, disons-le), la gauche la plus centriste, comme je l’appelais, s’est disloquée. A l’occasion des dernières législatives, une partie de la gauche s’est retrouvée autour de la Nupes, par conviction, par raison ou par habitude mais la gauche disloquée était restée orpheline. Dimanche dernier, Bernard Cazeneuve a publié son manifeste et on a tous repris espoir quant à la possibilité d’une espèce de renaissance.

Mes copains Nupessiens ou plus détachés (au K2R) ont, pour beaucoup, fait une erreur d’analyse, comme si Nanard avait produit une motion pour le congrès du PS voire d’EELV alors qu’il n’en est rien : il n’est plus dans un parti. Je ne sais où il va ni s’il le sait lui-même mais j’ai du mal à imaginer qu’il se lance à la conquête du PS sauf s’il a fait un pari, avec des copains, un soir de cuite.

 


Cela étant, cela fait un paquet de temps que je suis dans l’opposition à la majorité de la gauche tant sur la forme que sur le fond du programme. J’y reviendrai très certainement, tant je suis bavard, mais je pense avoir fait assez de billets depuis un an pour montrer les divergences. Par contre, à force de ronchonner, je donne sans doute l’impression d’être opposé à tout ce qui est faux. Je vais donner un exemple : un des thèmes principaux de la campagne mélenchomanique était la retraite à 60 ans. Je n'y suis, effectivement, pas franchement favorable mais je suis pour la possibilité pour tout un chacun de prendre sa retraite à un taux important au bout de 40 annuités. Admettez que la différence est légère vu que l’AEC précisait lui-même que les 60 ans étaient conditionnés par les 40.

Je suis donc pour cette retraite à condition de ne pas mentir aux électeurs (du coup, ils vont voir ailleurs) et d’insister sur le fait que ce départ accéléré est aussi nécessaire pour favoriser le remplacement des anciens par des jeunes et donc la formation de ces derniers. Je préfère donc une évolution de la législation (ou du moins des orientations de l’Etat) pour favoriser cette formation et ce passage de relai (c’était l’objet du « contrat de génération » de pépère même s’il a fait plouf, je crois) que pousser un âge de départ arbitrairement (qui fait plouf comme les 60 ans de Mitterrand).

 

L’autre aspect de mon raisonnement et, donc, de mon opposition à Nupes est électoraliste. Je ne crois pas que les injonctions perpétuelles attirent les électeurs et la séquence de cet été a probablement été catastrophique. Je voyais hier des types trôner avec un logo appelant au boycott de la coupe du monde de football mais je ne pense pas que lutter contre le sport le plus populaire dans notre pays soit bien gagnant… C’est comme pour les barbecues…

Tout cela est d’autant plus ridicule que le gouvernement est également lamentable sur ce sujet. Ces pingouins nous disent comment dépenser moins d’énergie comme si on mettait les radiateurs à fond pour le plaisir de pousser les factures.

En intervenant à côté, on se vautre complètement et, comme on dit, on fait le lit du FN, mais ceux à qui ont dit ça ont le réflexe de répondre « c’est pas nous, c’est vous ». Pour ma part, je continue à penser que la vanne de Galtier était bonne, qu’il faut arrêter de critiquer l’humour sinon on n’est plus Charlie, que la réaction de Mbappé est très saine : avoir une crise de rire quand son chef sort une ânerie pas politiquement correcte est la moindre des choses…

Ca ne m’empêche pas de penser que si l’on pouvait travailler pour éviter les problèmes liés à l’usage de jets privés dans le sport ne serait pas inutile. Il faut être posé. Social-démocrate, quoi… Pour en revenir à la coupe du monde de foot, ça fait des années qu’on parle de la climatisation et des « morts au travail ». Réagir après la bataille est franchement nul.

 


Il faudrait que je revoie mes petits jeunes de la terrasse du bistro d’à côté et leur demande en quoi c’est mieux d’être communiste que socialiste ? C’est parce que les cocos sont opposés à toute propriété privée alors que les socialos ne veulent que la collectivisation des moyens de production ?

C’est compliqué…


06 septembre 2022

Vive le manifeste !

 


C’est probable que certains militants socialistes ne comprennent plus rien ou sont complètement dépassés. J’en ai même vu un qui, au sujet du manifeste de Bernard Cazeneuve, expliquent que « le congrès tranchera entre la ligne Faure et la ligne Cazeneuve. » Sauf que Nanard n’est plus au parti et n’a probablement que faire de cette vieille serpillière usagée : il va poursuivre sa route, au moins jusqu’aux prochaines échéances électorales, où il pourra mesure la distance franchie depuis ce dimanche 4 août.

J’ai évidemment signé ce manifeste et je ne vais pas revenir, dès aujourd’hui, sur les différentes raisons qui ont poussé mon stylo (ou, plus précisément, mon index sur l’écran de l’iPhone pendant mon voyage d’hier) : j’avais commencé à le faire mais mon billet ressemblait à un de ceux que je faisais au moment des élections.

 

Je vais quand même répondre aux copains très critiques sur la démarche : laissez-nous vivre… La démocratie n’est pas de ranger tout le monde derrière une opinion : Nupes a perdu à cause de cette union qui n’est pas rassembleuse. Vous ne pourrez pas me forcer à voter pour un programme qui me déplait porté par des gens en qui je n’ai pas confiance et qui veulent m’imposer un style de vie à coup de leçons de morale.

Le texte de Cazeneuve n’est pas un catalogue de mesure mais la description d’un projet dans lequel je me reconnais et qui dénonce, par ailleurs, certains comportements outranciers qui nous pèsent depuis des semaines.

 

La prochaine échéance électorale est l’élection européenne : il est hors de question que je vote, à cette occasion, pour une « coalition » qui refuse le projet européen au point de faire la base d’un accord électoral que la possibilité de ne pas le respecter et il est hors de question que je vote, à nouveau, pour un parti socialiste qui, comme en 2019, a abandonné ce scrutin tant il n’avait pas confiance en lui-même, tant il a encouragé sa propre perte. Olivier Faure était déjà à la tête du parti lors de cette erreur et, depuis, rien ne va mieux. J’ai plein de respect pour les gens qui continuent à y croire, à penser que remonter la pente sera difficile, qu’il faut suivre la voie et tout ça mais laissez-moi ne pas y croire et me réjouir de la survenue d’une force sociale-démocrate ayant une chance d’aboutir.

Bien sûr, l’appel de Cazeneuve fait suite aux propositions de Julien Dray, aux annonces de Stéphane Le Foll et sans doute à un tas de machins auxquels j’adhère. Bien sûr, j’ai un sérieux doute sur le fait que cela aboutisse à quelque chose de précis. Bien sûr, je me demande si ce machin est assez « inclusif ». C’est un mot à la mode, je veux dire « s’il prend bien en compte la diversité de la sociale démocratie », pas que le centre gauche mais aussi la « gauche républicaine et socialiste », mais aussi le vrai centre, soit une passerelle vers les gens de gauche tournés vers la macronie.

A propos de ces derniers, on lit un peu de tout tant on prend plaisir à vouloir les enterrer mais il ne faut pas prendre le sujet à l’envers : s’ils vont vers Macron, c’est parce que la gauche s’est tournée vers une radicalité. Beaucoup, d’ailleurs, ont voté « Macron », comme moi, sans conviction pour le bonhomme mais parce que le constat est simple : la gauche a fait sous elle et a abandonné ses électeurs.

 


Je lisais encore récemment un texte qui disait que la France était de plus en plus à droite. Je vous passe le fait qu’on entend cela depuis des dizaines d’années : la vérité est que ceux qui représentent la gauche actuelle ont totalement dégouté l’électorat qui, lui, est bien resté à gauche mais ne peut que voter au centre pour ne pas renier ses convictions. Rien que depuis que je tiens ce blog, une bonne quinzaine d’année, j’ai subi des attaques presque mensuelles d’imbéciles qui se croient être les seuls représentants de la gauche.

Alors tant pis ! Ce qu’il y a de dommage, c’est qu’un tas de militants ont fini par les suivre, non pas parce qu’ils étaient intimidés, j’espère, mais parce qu’ils ne savaient plus trop où aller et que leurs habitudes les poussent à militer tout comme certains militants ont dans les veines de ne voter que pour des formations bien estampillées à gauche.

C’est ainsi que ce qu’il reste d’une gauche se retrouve à 30% alors qu’il en faudrait 40 pour gouverner, avec des gens qui votent par réflexe et pas par conviction.

 

J’espère donc que le manifeste ouvrira une nouvelle voie, qu’il est le début de la reconstruction de l’autre partie des gauches irréconciliables, celle plus proche du centre, celle qui gagne des élections, souvent, d’ailleurs, avec un programme bien plus radical que le catalogue de mesures qui sert de phare à l’Avenir En Commun, la France Insoumise et la Nouvelle Union Populaire Ecologiste et Socialiste (de mémoire) mais qui ne dessine aucun projet de société, qui ne présente pas la France de demain mais uniquement des arguments pour dire « on est les seuls à gauche ».

Le problème est que les Français n’en veulent pas alors laissez nous tenter autre chose.

02 septembre 2022

Halte à la gauche populiste, vive celle qui bosse !

 


Ca fait trois semaines, depuis la fin de mon arrêt de travail, que je souhaite faire une espèce de « billet de rentrée » dans le blog mais la gauche a toujours ses fantômes et je n’y arrive pas. Je voudrais dire à mes potes de gauche de regarder ailleurs que les idées débiles de la Nupes mais j’ai un peu de mal à trouver les mots.

Je disais hier dans Facebook que certaines étaient franchement populiste. Ca semble avoir choqué certains. Je parlais d’abord de la taxe sur les superprofits. C’est quand même dommage de flirter sur une période un peu spécifique (heu… On sait qu’on va tous raquer avec cette inflation galopante) pour dire qu’on va taxer les boites qui gagnent plein de pognon. Evidemment que le « peuple » ne peut qu’approuver sans compter que tout le monde pense à Total.

Pour le carburant, en plus, c’est faux cul, vu que l’essentiel de nos frais viennent des taxes…

Mais ces boites qui font des profits arrivent à ne payer quasiment pas d’impôt sur le bénéfice. Ne faudrait-il pas mieux travailler à ce sujet plutôt que de foutre une taxe que quelques conseillers apprendront à contourner rapidement… ?

 


Je parlais ensuite de l’interdiction des jets privés. Déjà, avec ces mesures, on a toujours le même problème : les riches et autres investisseurs risquent de se tourner vers d’autres pays que la France. Ensuite, qu’est-ce qu’un jet privé ? Le législateur va se retrouver rapidement enfermer dans un vide juridique. Ou alors M. Arnault pourra louer en permanence un A330 à Air France… pour en avoir le même usage que son jet privé. Et le type qui a une maison dans une ile, pas atteignable rapidement sans un jet privé ? On peut continuer à l’autoriser ? Et s’il utilise parfois son avion pour apporter des médicaments ou évacuer des malades ? On supprime toujours ? Et un petit avion privé qui sert à une école de parachutisme, qu’est-ce qui le distingue d’un jet privé ? La motorisation ?

Je suis désolé mais dire aux électeurs qu’on va interdire les jets privés est typiquement du populisme… Sans compter qu’il faut aussi gérer les autres sujets comme celui des compagnies qui font tourner des gros jets à vide pour conserver les créneaux d’utilisation des pistes. Comme si on ne pouvait pas trouver une autre solution ? Comme celle de les taxer joyeusement pour qu’ils conservent des droits non utilisés…

 


Dans les polémiques récentes, je ne peux pas omettre les histoires de Mme Rousseau même si on a du mal à voir le populisme sauf si elle décide vraiment du faire de l’électoralisme uniquement pour les végétariens et les militants de gauche. Beaucoup de monde se fout d’elle, à juste titre, mais je trouve des copains de gauche, ceux-là même avec qui j’ai fait campagne en 2011 et 2012, pour lui donner raison, en oubliant ses propos (le machisme des mangeurs de bidoches) pour mettre en avant le CO2 dépenser par les méchants ruminants.

Il se trouve que la consommation de viande explique moins de 2% de la production de gaz à effet de serre de la France et que si on n’arrivait à la baisser de 30% (il n’y a pas que des viandards) voire 100%, cela ne changerait rien.

D’ailleurs, à ce propos, les militants « contre le réchauffement climatique », s’ils ont réussi à persuader la planète que l’activité humaine est coupable, au moins en partie, oublient un des éléments clés du rapport des experts : le phénomène est irréversible (ce qui n’empêche pas qu’on peut tenter de le ralentir). Je n’invente rien : c’est le rapport du GIEC qui le dit. Et parler de climat en omettant ce fait auprès du grand public est du populisme.

 


Enfin, parce qu’il faut toujours en finir, on parle beaucoup, actuellement du Qatar en focalisant sur la climatisation des stades. C’est évidemment populiste mais pas nécessairement inutile. Vous devriez néanmoins prendre Google pour comparer la température moyenne au Qatar en décembre avec celle, en juillet, des autres pays qui accueillent habituellement les coupes du monde. Par ailleurs, taper sur les fans de foot et les sponsors du PSG n’est pas forcément une bonne idée à un point de vue électoral et n’est qu’un truc de bobos comme Vincent London pour se faire mousser. Pour ma part, j’ai toujours boycotté les compétitions sportives sauf dans les bistros où il y a de la bière pression. Dites, la gauche, vous ne critiqueriez pas un peu le Qatar parce que les Arabes y sont riches ? Vous êtes réduits là… C’est mal. Vous défendez les Arabes quand ils sont islamistes mais il faut taper sur les riches. Bon sang, les repères !

 

J’ai presque résumé notre été en politique. La première chose qui m’attriste est qu’on ne fait que rebondir, à gauche, sur l’actualité et, disons, presque uniquement sur la météo. On est dans l’instant et tant pis si l’été va se terminer et que les militants sociaux-démocrates avec une cravate et du poil dans les oreilles, bien sérieux, quoi !, seront obligé de mettre un slip sous leur jupes pour ne pas avoir froid. Tous les thèmes auront été oubliés, sauf le fond, lié à l’inflation, pour lequel personne ne donne d’idée à part « taxez les riches » transformé en « taxez les entreprises » ce qui fera surement très plaisir aux entrepreneurs…

Adieu les ouvriers, les travailleurs, les chômeurs, les retraités, les immigrés et les opprimés de tous poils ! La gauche ne pense plus qu’à la météo et fait n’importe quoi. Au revoir les grands combats et sus aux machistes qui bouffent du steak.

 


Ma colère, très digne et noyée exclusivement dans de la bière française, n’est pas récente et date essentiellement de « l’accord Nupes » basé sur les projets « AEC » de « LFI ». On a typiquement un projet bâti dans des états-majors « parisiens », une espèce de catalogue. Prenez le point le plus emblématique, la retraite à 60 ans. Vous pensez que quelqu’un qui n’a pas milité toute sa vie dans un syndicat soit vraiment intéressé par ce truc ? Sachant que c’est impossible vu que c’est écrit en petit qu’il fallait 40 années de cotisations…

On en est où d’un projet pour un monde meilleur ?

 

Sans rire : étudiez vraiment la température moyenne des pays aux dates des coupes du monde… Après, vous aurez le droit de vous demander si les gens du sud de la France qui ont une piscine sont des nantis ou des électeurs.

A l'occasion, tentez donc de réfléchir aussi aux conditions de retour au pouvoir, si ce n'est pas trop vous demander.