En salle

24 décembre 2024

Bayrou, Borne, Valls et les autres pour dégommer le NFP !

 


Nous avons un nouveau gouvernement et je n’ai pas plus d’avis que cela. Ce n’est pas le cas de Politeeks et Authueil et vous pouvez lire leurs billets, ils sont sans doute plus objectifs que tous les crétins qui s’expriment dans les réseaux sociaux. Excusez-moi pour ma grossièreté mais je me trouve particulièrement aimable… Mon confrère Denis est plus virulent. Bo

Comme je le disais, ce sont les commentaires des uns et des autres dans Twitter et assimilés qui me chagrinent. J’ai vu un gugusse qui criait en apprenant la nomination d’Elisabeth Borne, sous prétexte qu’elle n’avait aucune expérience dans l’éducation nationale. Ce sont sans doute les mêmes qui critiquaient Jean-Michel Blanquer, à une autre époque, alors que lui avait de l’expérience. Je rigole bêtement en pensant à la liste des ministres de l’éducation nationale mis en place par des gouvernements de gauche ! Hamon, Belkacem, Peillon… Pouf pouf.

 

Ce sont sans doute les critiques de Manuel Valls qui me chagrinent le plus. Pour beaucoup, il n’est pas à gauche. Pour moi, il reste quand même le type qui a su avoir une ligne franche par rapport à la laïcité, alors que notre territoire était attaqué. Se faire refuser le statut de militant de gauche par des abrutis qui ne pensent qu’à sucer des imams est assez cocasse.

Je répète ce que j’ai dit il y a quelques semaines : je ne critique pas du tout la ligne politique de Manu qui est assez proche de la mienne. Par contre, je n’aime pas le bonhomme et n’apprécie pas du tout sa façon de faire de la politique. Je ne vais citer qu’un seul exemple : en 2017, il a soutenu Emmanuel Macron après avoir participé à la primaire de gauche. Il a donc rompu un engagement, ne serait-ce qu’implicite, auprès des participants à ce scrutin.

Notons tout de même qu’il a obtenu près d’un tiers des scrutins, à cette primaire. Il y a peu de lascars qui peuvent revendiquer avoir fait plus. Un peu de sérieux ne nuit pas. On se fout qu’il soit allé se présenter à Barcelone : de quel droit lui refuserions nous ce droit ! L’art de s’indigner pour des sujets qu’on ne maitrise absolument pas alors qu’on croit tout connaitre.

 


Côté personnalités politiques, un classement d’âneries serait difficile à établir. Olivier Faure a dit : « Ce n’est pas un gouvernement c’est une provocation. La droite extrême au pouvoir sous la surveillance de l’extrême droite. » Ca ne veut évidemment pas dire grand-chose mais traiter la droite de gouvernement associée au centre de « droite extrême » est évidemment ridicule. Si les électeurs ne rigolent pas de telles conneries, c’est qu’ils ne font pas attention !

Et il faut être vraiment débile, pour un responsable politique de gauche, de rappeler que l’extrême droite pourra faire la pluie et le beau temps.

 

Je n’ai absolument pas confiance dans ce gouvernement et je pense qu’il subira le même sort que le précédent. Sauf que Marine Le Pen pourrait refuser de soutenir toute motion de censure pour prouver « au peuple » qu’elle peut avoir un comportement responsable.

Et c’est bien con pour la gauche. Elle ose tout et c’est à sa qu’on la reconnait.


Il aurait été assez facile de proposer un premier ministre de centre gauche. La gauche vient de s'assurer de faire partie de l'opposition jusqu'en 2032 mais elle continue à prétendre avoir gagné les législatives.

Ce qui n'est pas vrai. Il faut le rappeler. Il n'y a pas eu de gagnant. Aucune formation politique (pour agglomérat) ne peut prétendre gouverner sans une sérieuse ouverture... 

23 décembre 2024

Je vais reprendre des nouilles en attendant la nomination d'un gouvernement

 


Au fond, cela fait à peu près huit mois que l’on n’a pas de premier ministre, ou qu’on n’a pas de gouvernement, ou qu’on attend que les heureux élus soient obligés de démissionner. François Bayrou a échoué à former une équipe pour ce week-end ! On verra demain. Ou après-demain. Ou un autre jour.

Outre le fait que l’on se rend compte qu’il y a pas mal de branquignoles parmi les responsables politiques, on voit aussi qu’on peut très bien se passer de cette bande de guignols : depuis le temps, on a géré des jeux olympiques, une rentrée scolaire, la reconduction d’un budget, une très grosse catastrophe naturelle qui a ravagé un de nos départements assez peu métropolitain (et qui n’intéresse donc l’opposition que quand ça va encore plus mal que d’habitude pour qu’il puisse taper sur les gens qui essaient de patauger dans cette fange pour sauver quelques menues apparences).

 

Voila un billet de blog pour rien. Ou presque. Je vais tout de même rappeler que j’avais à peu près prévu le scénario (sans en tirer de gloriole : je ne suis pas le seul et tout cela est lamentable). « On » avait dit à Emmanuel Macron qu’il fallait un premier ministre de centre gauche.

L’opposition de gauche continue à être lamentable en espérant éternellement de nouvelles élections. Or, elles ne changeront rien. De nouvelles législatives ne pourront pas avoir lieu avant six mois (voire neuf, on ne va pas les faire pendant l’été) et ne changeront probablement rien sauf si un « miracle » fait que le RN arrive en tête, ce que l’on ne souhaite évidemment pas (non seulement ils ont tendance à avoir des idées qui puent du cul mais, en plus, ils sont probablement totalement incompétents). Quant au remplacement du président, il ne permettra pas de donner une nouvelle majorité au Parlement.

 

Il faut rappeler à tout le monde que la situation de notre Assemblée n’est pas exceptionnelle : dans de nombreux pays au monde, les dirigeants des partis doivent composer pour former une majorité (et quand ils n’y arrivent pas, au fond, rien n’est bloqué).

Alors, on peut se dire qu’il est temps de changer la Constitution, espèce de spécialité française (vous connaissez plus de pays occidentaux, vieilles démocraties, qui en changent aussi souvent ?). Honnêtement, tant que les branquignoles ne changeront pas de comportement, on est mal barrés… Voyez la réforme des retraites : certains sont attachés à son maintien, d’autres veulent absolument sa suppression. Tous ces clowns ne pourraient s’entendre pour dire qu’on va l’améliorer, corriger des cas à la marge (comme les petites retraites, les carrières longues…). Mélenchon raconte n’importe quoi ! Il veut par exemple que les retraites soient au minimum de 1000 euros, sans même la conditionner par le fait d’avoir cotisé assez ! Autant le foutre dans le cul profondément aux smicards et aux types qui font un boulot pénible pendant plus de quarante ans.

Complètement fous ! A droite, personne ne semble comprendre qu’ils nous les brisent avec cette réforme inique qui a une majorité contre elle.

 

« Bah ! » dirait le sage…

 

 

21 décembre 2024

Bayrou déjà crevé !


 

Depuis l’époque de sa gloire (2002 avec la résistance au rouleau compresseur UMP et 2007 avec son score important au premier tour de la présidentielle), François Bayrou semble avoir perdu la main. Quand on observe son actualité, on ne peut que constater la médiocrité.

On devrait avoir, dans les prochains jours, la composition de son gouvernement. Elle devrait être bien éloignée de ce à quoi l’on pouvait s’attendre, enfin, suite aux législatives de juin. Si j’étais lui, d’ailleurs, j’abandonnerais franchement plutôt que de mettre en place un truc qui ne tiendra pas plus que deux ou trois mois.

On avait dis à Emmanuel Macron de foutre un type de centre gauche à Matignon, pour ratisser du centre du NFP jusqu’aux LR. C’est raté.

 

Bayrou ne pouvait pas s’attendre à beaucoup de complaisance de la part de la gauche. Au fond, on sent que papi prépare la prochaine présidentielle où il aura un espace pour revenir dans le paysage, suite à la disparition de Macron qui aura atteint la durée maximale d’usage.

Surtout que l’espace en question est à peu près le même que celui du centre gauche et ce dont la gauche, en général, a besoin pour gagner.

 

En aparté, j’ajouterais qu’une partie de cette dernière fait tout pour perdre. Jean-Luc Mélenchon a invité les partis du NFP à se regrouper derrière la candidature de LFI à la prochaine présidentielle, forcément anticipée. Mathilde Panot, quant à elle, passe visiblement ses journées à faire des vidéos TikTok pour expliquer que Bayrou et Macron doivent se barrer.

Ils invoquent beaucoup les sondages mais ce n’est pas parce que nous sommes nombreux à penser que le président devrait démission (pour le premier ministre, on s’en fout un peu, de toute manière, il va être viré) voire, même si ce n’est pas mon cas, souhaitons soit qu’il jette l’éponge soit qu’il soit démis de ses fonctions qu’on estime que ceci serait la meilleure solution. Surtout qu’une présidentielle anticipée serait surtout bénéfique au Rassemblement National… voire à Bayrou qui pourrait s’établir comme rempart. Rappelons qu’il a réussi à recueillir plus de 18% à un premier tour sans avoir tout un camp politique a priori derrière lui…

La gauche ferait mieux de bosser voire, même si, bis, ce n’est pas mon souhait, préparer une candidature commune logique et démocratique que de se lancer dans des jeux à la con autres que celui de faire tomber Bayrou en espérant rafler la mise pour les deux prochaines années.

 

Au fond, je ne suis pas hors sujet. Bayrou a dit qu’il fallait reprendre la réforme des retraites alors nos Dupont et Dupond de LFI crient qu’il faut l’abroger. C’est bien Bayrou qui a raison, au moins sur la forme. Il faut améliorer le système actuel et le faire avancer plutôt que de tout faire reculer. Le problème de Bayrou est qu’il est devenu un très mauvais communiquant… du moins quand il est aux affaires.

Il a eu raison d’aller dans son trou pour le conseil municipal (ou communautaire ?) en fin de semaine dernière et il devrait le dire plus fort. Il devrait se battre plus fort pour dire qu’il est devenu contre les limitations de cumul de mandat (on peut changer d’avis, on s’en fout) car avec ses conneries, les personnalités compétentes préfèrent rester dans leurs fiefs locaux que de siéger au palais Bourbon, tout juste bon pour recycler Giscard Hollande. La plupart des députés sont des branquignoles et tout le monde s’en rend compte.

Quand il a dit qu’il n’était pas d’usage que le président et le premier ministre quittent en même temps le territoire national, il aurait pu présenter des excuses et dire que ceux qui le critiquent sont des peine-à-jouir tant il est évident qu’il voulait parler du territoire métropolitain, pour des raisons évidentes de « continuité du pouvoir »…

 

Et il se trouve empêtré dans cette fosse à purin dans laquelle il est entré après avoir fait du chantage au président !

Il est trop nul, décidément…

 

Les polémiques débiles vont bon train dans les réseaux sociaux. On le sait depuis une vingtaine d’années, depuis l’ère des blogs puis des réseaux sociaux devenus traditionnels. La condamnation de Nicolas Sarkozy dans une de ses affaires a été confirmée cette semaine ! Dieu (qui n’existe d’ailleurs pas) sait combien nous lui avons tapé dessus, à cette époque, en espérant qu’il tombe, un peu comme Marou et Baycron aujourd’hui mais, au moins, on avait de la matière.

Je m’étais tout de même lassé assez rapidement de ces polémiques de gagne petit. Regardez la défense de Sarko, aujourd’hui, relayée par Praud et Hanouna : ils sont tous ridicules, la justice a fait son job et c’est tout. Et c’est ce que nous attendons d’elle. Il faudrait arrêter de chouiner hors des clous dans l’intervalle.

Ainsi, je m’étais vite lassé et je suis rapidement devenu exaspéré quand j’ai commencé à « soutenir activement » François Hollande. Pour résumer : je m’en foutais qu’il aille voir sa grosse en scooter. Point barre. Il a peut-être mis en cause sa propre sécurité, seul point qui devrait donner lieu à polémique (et encore, s’il veut se suicider, c’est bien son droit) mais des tas de crétins ont préféré hurler numériquement…

 


Ainsi, François Bayrou aurait pu prendre son micro et crier : « ça changerait quoi que j’aille à Mamoudzou ? Je ne vais pas livrer des bouteilles d’eau ou soigner des malades ! ». Il n’allait pas, non plus, coordonner des cellules de crise, il y a des gens qui le font très bien ! Son rôle potentiel, dans ce contexte, est plutôt de donner des coups de pied au cul ce qui, de nos temps modernes, peut très bien se faire en visioconférence !


Pendant que les andouilles des rézossossios s'en donnent à cœur joie (tout en criant qu'ils vont la quitter), nos politiciens finis à l'urine de chaton (notre photo) plongent dans une communication qu'ils croient politique, comme chez LFI, ou de crise, comme notre pauvre Palois qui était plus compréhensible quand il bégayait.

Triste spectacle !

17 décembre 2024

A chacun sa gauche (ou Bayroubignole)

 

Hips !

Que mes centaines de milliers de lecteurs, dont toi !, attendent avec impatience mon billet de fine analyse suite à la nomination de François Bayrou comme premier ministre est bien naturel mais je n’ai pas grand-chose à dire sur cette accession au vice poste suprême car elle a déjà largement été commentée par les réseaux sociaux, la presse et même le personnel politique… Cependant, je trouve peut-être qu’on n’a pas assez parlé de deux éléments, le premier étant que François Bayrou a visiblement fait du chantage auprès du président de la République pour obtenir ce poste, le deuxième est qu’il est toujours mis en cause dans une histoire judiciaire avec ces âneries de faux attachés parlementaires payés par « l’Europe ».

Pour le premier, je ne vois pas comment nous pourrions, maintenant, avoir confiance dans ces deux énergumènes, comment nous pouvons tolérer qu’ils représentent la France à l’étranger et tout ça. Pour le deuxième, je reste un farouche partisan de la présomption d’innocence et ne veux pas accabler cette pauvre andouille matignonesque mais Marine Le Pen va elle-même devoir se battre dans une histoire similaire et je ne vois pas comment on va pouvoir invoquer l’Etat de droit quand elle sera condamnée définitivement – si elle l’est – alors que nous avons le chicon susnommé en poste.

Cette nomination est donc une erreur. Nous sommes d’ailleurs très nombreux à dire qu’Emmanuel Macron aurait dû choisir une personnalité à gauche. Une telle unanimité dans notre camp fait plaisir à voir. Même si sur le fond, nous n’avons pas grand-chose en commun. Rien que le fait que des confrères puissent prétendre nous avons gagné les législatives m’exaspère. Certes, la gauche a le plus de députés mais elle reste bien loin de la majorité absolue et est tellement divisée qu’elle n’est pas foutue d’avoir un seul groupe parlementaire qui, lui, pourrait être le plus gros.

Cela étant, compte tenu des particularités du scrutin (une répartition des circonscriptions sans prise en compte des souhaits des électeurs et un front républicain qui arrange beaucoup de monde), elle n’est représentative de rien.

 


Si cette nomination ne m’inspire pas vraiment (d’autant que j’avais déjà parlé de Bayrou dans un précédent billet), ce n’est pas le cas de mes confrères blogueurs (voir par exemple le billet d’El Camino dans ma bloguerolle, sa prose est rare) et surtout nous avons une espèce de réflexion au sujet de ce que devrait être la gauche qui pointe le bout de son nez.

Et il est temps ! J’ai vu récemment deux amis – ou anciens amis… – de gauche assurer la promotion de Sandrine Rousseau alors qu’elle est typiquement ce qui fait perdre notre camp. Cela me gonfle voire m’inspire quelques lignes. En effet, nos frères du camp du bien pensent savoir ce qu’il faut à notre peuple, ce qui est la moindre des choses, en oubliant ce que devrait être une vraie politique de gauche et ce qu’il faut mettre en avant pour gagner.

 


Je vous conseille tout d’abord la lecture du billet de Cincinnatus (d’autant qu’il est moins pompeux que souvent…). J’aurais pu dire que je suis d’accord avec lui à 100% si j’avais tenu jusqu’au bout (cela dit sans la moindre méchanceté, ce garçon arrive à faire des tartines plus longues que les miennes). Deux extraits : « La passion de l’égalité semble nous avoir quittés, sous les coups de la société de l’obscène. Hypnotisés par nos écrans, nous ne sommes plus capables d’appréhender le monde sans leur truchement. La succession frénétique d’images et de vidéos anesthésie l’esprit et tétanise la pensée. Nous nous indignons par réflexe télécommandé – le cerveau devenu inutile, la moelle épinière suffit largement – pour n’importe quelle « cause » mise en scène mais n’accordons pas un regard à contemporains. Les clochards – réduits d’abord à un simple acronyme, SDF, puis devenus sous l’action de l’odieuse novlangue « personnes en situation de rue » : le ridicule ne tue pas, la misère, si ! – pullulent mais ils sont au sens propre invisibles ; ce n’est pas que nous ferions semblant de ne pas les voir lorsque nous les enjambons sur le perron de notre immeuble : la mithridatisation des esprits fait que réellement nous ne les voyons plus, ils sont là mais se fondent dans le décor. » (j’ai dit qu’il était moins pompeux que d’habitude, c’est vous dire pourquoi il n’est plus dans ma bloguerolle).

« Pour la « gauche » qui a abandonné le peuple et s’est réfugiée dans les clientélismes identitaires, la question ne se pose même pas : parler de pauvreté, de classes populaires, c’est, au choix, promouvoir une discrimination, un « classisme » (aussi odieux que le racisme ou le sexisme), ou bien défendre une position d’extrême droite puisque les prolétaires blancs sont, bien entendu, d’horribles fascistes – seuls comptent les nouveaux damnés de la Terre que l’on ne reconnaît pas à leurs difficultés à remplir le frigo le 12 du mois mais à leur couleur de peau ou à leur religion : un footballeur millionnaire basané ou un bourgeois musulman sont des opprimés, un ouvrier ou un chômeur blancs sont des oppresseurs. La gauche Gobineau a encore frappé. N’ayant rien à dire à la France périphérique, aux ouvriers, aux prolétaires, aux petits salariés et fonctionnaires, elle les ignore ou les diabolise. Il est d’ailleurs parfaitement emblématique que les Restaus du cœur – les Restaus du cœur ! – subissent les attaques de cette « gauche » parce qu’ils ont la sagesse d’interdire dans leur charte tous les signes religieux, parmi lesquels le voile islamique… ce que ne peut supporter cette « gauche » qui a cessé de bouffer des curés pour mieux sucer les imams : la fumeuse « intersectionnalité des luttes » consiste en réalité à en nier certaines (sociales, féministes) au profit d’autres, jugées plus « rentables » (raciales, religieuses). »

Lisez donc tout, je vais revenir après l’apéro pour vous laisser du temps ! Oh ! Lisez au moins ces extraits et digérer les !

 


Les considérations de tout chacun ont poussé mes copains estimés Denis du blog Extime et Ronald de Politeeks (voir ma bloguerolle) à entamer, ainsi, un début du « blogowar », comme au bon vieux temps et je ne vais tout de même pas perdre cette occasion de vêtir mon armure de chevalier virtuel tout aussi putatif. Et de donner mon avis.

En fait, je suis assez d’accord avec Ronald (au fond, ça fait 15 ans que Bayrou nous les brise avec la dette et ça devient aujourd’hui le sujet principal des débats…) et c’est la réponse de Denis qui m’inspire, aujourd’hui. Contrairement à lui qui semble parfois ne plus savoir où il habite au point où il juge nécessaire de se justifier (ce n’est pas un mal, j’ai tendance à le faire parfois, moins aussi, par exemple en rappelant que j’avais voté Juquin en 1988 et Roussel en 2022, pour ne citer que la première et la dernière présidentielle que j’ai connue en tant qu’électeur).

 


Notons que je suis d’accord avec à peu près tout ce que dit Denis, par exemple son introduction : « La seule chose qui me rapprocherait du béarnais, ce sont ses positions sur l’euthanasie, la GPA et la conversion transgenre pour les mineurs auxquels je suis farouchement opposé. Et j’ai une profonde détestation pour l’écriture inclusive. Sur les questions sociétales, je suis diamétralement opposé aux propositions de la gauche politique. »

Tout tient dans le détail ! « Je suis pour un impôt sur le revenu punitif pour les très hauts revenus, permettant de soulager les classes moyennes qui travaillent contrairement aux héritiers. » Je ne suis pas pour un impôt punitif et toutes ces âneries de taxer les riches, les superprofits et tout ça. Les électeurs sont visiblement d’accord avec moi. Il faut, par contre, une imposition « juste », plus tu gagnes d’oseille, plus d’en verse au budget commun pour financer les services publics qui servent à tout le monde. Est-ce qu’on pourrait arrêter de sortir des gros mots ?

« Pour redonner du souffle à notre société, nous devons plus lourdement imposer l’héritage pour les plus aisés. Nous devons maintenir à tout prix notre système de répartition qui permet aux jeunes de ne pas se soucier de leur retraite avant même de s’installer dans la vie. » Je viens d’hériter de ma mère. Ca m’a un peu gonflé de payer des impôts sur cela alors qu’elle n’a fait que bien gérer le pognon qu’elle a gagné avec mon père alors qu’ils étaient tous les deux instituteurs (PEGC, pardon). Il faut arrêter de penser que les jeunes sont préoccupés par leur retraite avant de bosser d’autant que ce sont souvent les formations politique qui leur bourre le mou. Avant la retraite, il faudra qu’ils fondent un foyer, éduquent des enfants et toutes ces conneries que j’ai bien pris soin de fuir pendant des années.

 


« Je ne suis encarté nulle part. Et le seul parti dans lequel j’ai milité est le Parti Socialiste où j’étais sur l’aile gauche aux côtés d’Arnaud Montebourg de 2005 à 2008. Mon seul désaccord avec Arnaud porte sur le nucléaire. » Moi, c’est le contraire. Le seul point d’accord que j’ai avec Montebourg est le nucléaire. Sinon, je ne peux pas blairer le personnage qui était un des chefs des frondeurs, sous François Hollande, qui demandait qu’on privilégie l’industrie française tout en chiant sur les mesures mises en place pour qu’elles ne soient pas pénalisées à un niveau fiscal voire sociale par les conditions de leurs homologues étrangers.

Pour ce qui concerne le nucléaire, je ne suis pas d’accord avec Denis et je le titille souvent à ce sujet. Je ne parle même pas du fait que les revendications des écolos ont foutu en l’air un secteur industriel qui a fait une des forces de notre pays alors que l’Allemagne venait de sombrer à ce sujet. Il y a peu, Denis me disait que l’énergie nucléaire était plus chère à produire que les « renouvelables traditionnels » tel que le solaire et l’éolien. C’est tout simplement faux : dans la mesure où ces machins ne fonctionnent que quand il y a du vent ou du soleil, il faut construire des centrales pour répondre aux besoins pour les autres périodes.

Toujours est-il qu’on ne peut pas limiter l’argumentation aux difficultés d’alimentation ou à une potentielle pollution à très long terme, à un danger réel mais qu’il faut relativiser (il y a eu moins de mort en 70 ans avec les tripatouillages des humains sur les atomes qu’en quelques mois avec la pollution « au CO2 »). Il faut garder un espoir en la science, en l’avenir : nos chevelus en blouse blanche trouveront bien la manière de titiller les molécules d’hydrogène pour assurer ma climatisation et le fonctionnement des poids lourds qui livrent les fûts de bière.

 

Zoli payzaze

On ne convaincra pas les électeurs en mettant en cause notre production d’énergie, sa durabilité, celle de l’industrie française… Il faut se le foutre dans le crâne. Les zantinucléaires ont foutu la merde en Allemagne, on pourrait au moins en prendre de la graine et penser aux électeurs qui se foutent totalement de l’endroit où l’on va stocker nos atomes dénaturés mais qui souhaite que leur belle-mère conserve l’électricité pour éviter d’avoir à l’héberger chez soi où l’on a du chauffage à bois, par ailleurs probablement polluant.

Il faut penser aux électeurs en évitant de leur imposer une société dont ils ne veulent pas. Denis faisait, récemment, un billet en mettant en avant une interview d’une petite dame du Canada qui disait, pour (largement) résumer qu’il fallait faire de « l’écopopulisme ». C’était très instructif. Il y parlait sans doute du nucléaire mais comment peut-on être populiste en disant aux gens que l’on peut s’en sortir sans atomes crochetés ?

 

Emmanuel Macaron ?

Je disais donc, en introduction, que toute la gauche était d’accord pour dire que Macron aurait dû choisir un premier ministre de gauche mais que c’est le seul truc qui nous unit. Pour ma part, je n’ai plus envie de me justifier : mes positions ont très peu changé. Vous pouvez vérifier : ce blog aura 19 ans dans quelques jours et je pense rester d’une incroyable constance tout en durcissant certaines positions sur les sujets sociétaux vu que je m’éloigne de plus en plus d’une gauche radicale qui, elle, s’y morfond. Je vote très à gauche (mais pas insoumis !) mais je défends des idées plus que centristes pour beaucoup de tous ces militants qui se sont coupés des électeurs en accusant les autres de ne pas les suivre.

Tous les jours, dans TikTok, je tombe sur des lascars qui défendent le fait qu’il ne faut pas avoir honte des positions honteuses d’LFI : il faut que cela cesse. On ne peut pas nous forcer à aimer l’haïssable. Sandrine Rousseau (qui est plus proche d’LFI que de la social-démocratie, tout de même) a peut-être raison de vouloir interdire la projection d’un film parce qu’il y a eu des abus sexuels graves pendant le tournage mais si ces conneries poussent les électeurs dehors – renier un pan de la culture française ! – cela continuera à me pousser assez loin…

 


Ils l’ont dit nos camarades de la vraie gauche avec du poil dur que les trois enfants de mes parents ont payé des droits de succession pour hériter d’un patrimoine composé notamment d’une maison de vacances achetée par les darons en 1970 pour nous offrir des congés pépères alors que ceux dont des vioques, avec les mêmes revenus (deux salaires d’instits), ont préféré acheté des chaînes hifi ou des nuits dans des hôtels de luxe pendant les sports d’hiver mais en pleurant à chaudes larmes à l’âge canoniques car ils ne pouvaient pas se payer des chocolats en plus des notes d’Ehpad ?

Non.

Ils ont expliqué, nos défenseurs de la douairière Rousseau, qu’ils sont écologistes mais qu’ils continuent à habiter un pavillon de banlieue et d’aller en voiture au travail, rien que pour faciliter l’achat des entrecôtes pour les barbecues du soir, avec les voisins ?

Non.

 

Outremer défavorisé

Une partie de la gauche est très loin de moi et c’est très bien ainsi. Sauf s’ils changent et finissent par se préoccuper réellement des besoins des Français, comme ces imbéciles qui critiquaient il y a peu les bidonvilles à Mayotte mais n’ont jamais vu qu’il y en avait plein, le long du boulevard périphérique de notre capitale. Ces andouilles qui exigeaient que notre ministre de l’intérieur aille dans ces collectivités lointaines, suite au drame qui les touche, tout en exigeant que Bayrou s’en débarrasse, ce Bayrou à qui ils ont reproché d’aller dans sa circonscription, un week-end, dans se rendre compte qu’ils auraient hurlé s’il n’y était pas allé au prétexte qu’il aurait négligé la proximité avec le terrain.

Sans moi, je vous dis.

 

Lors des universités d'été du Parti Socialiste, en 2011 (en pleine primaire, donc), avec les copains blogueurs nous avions interviewé Arnaud Montebourg. A l'un d'entre eux, il avait expliqué qu'il allait interdire la spéculation. Alors je lui ai demandé comment il allait faire pour interdire la spéculation. Il m'a dit que, ça, on verrait plus tard.

Je ne veux pas d'une gauche qui n'a rien dans le crâne et, en plus, voudrait expliquer aux Français (électeurs) qu'ils ne pourront pas revendre leur maison plus cher qu'ils ne l'ont achetée car c'est de la spéculation.

Sans moi.

11 décembre 2024

Macron, fais pas l'con, nomme le bon !

 


Cher Manu,

J’apprends par la presse que tu envisages de nommer François Bayrou ou Sébastien Lecornu à Matignon, le premier semblant tenir la route même si plusieurs personnalités à gauche et aussi Nicolas Sarkozy ont indiqué qu’elles ne voulaient pas de lui.

J’espère bien que tu ne vas pas nous cocufier avec Lecornu qui fait parti de ton entourage depuis 2017, tout comme, d’ailleurs François Bayrou. Même s’il est moins à droite que Michel Barnier, ce dernier m’est beaucoup plus sympathique et personne, d’un certain âge, ne peut oublier, tout de même, que Bayrou vient de la droite. Il a été ministre d’Edouard Balladur puis d’Alain Juppé. A cette époque, il y a plus de 30 ans, il avait réussi à faire descendre le peuple de gauche (si je puis dire, vu que j’en faisais partie) dans la rue quand il a voulu réformer la loi Falloux, c’est-à-dire qu’il voulait augmenter les autorisations de financement des écoles privées par les collectivités territoriales, écoles privées qui étaient évidemment majoritairement catholiques. Autant dure qu’il nous a permis d’assister à une remise en cause de laïcité…

Ce n’est absolument pas de ce dont nous avons besoin. Ni d’ailleurs d’un autre vieux crabe (il est né quatre ou cinq mois avant son prédécesseur, seulement). Ni, je le disais quelqu’un de ton camp. Il nous faut un renouvellement et c’est, il me semble, ce qu’on souhaiter les électeurs.

 


On parle de faire des concessions, des compromis… Tu dois montrer l’exemple et accepter de nommer un premier ministre issu de la gauche. Les trois partis qui accent « le deal », EELV, le PS et le PCF ont fait le premier pas : ils sont en train de tourner le dos à Jean-Luc Mélenchon, torpillant ainsi le NFP. Tu dois donc leur tendre la main et nommer un des leurs au poste de premier ministre.

Les noms ne manquent pas !

Je pense éventuellement à Bernard Cazeneuve, pour faire plaisir à Henri, mais une personnalité aussi éloignée du NFP pourrait ne pas faciliter la démarche.

Il y a des gens comme Boris Vallaud ou, pourquoi pas, au fond, Yannick Jadot, pour varier les provenances politiques, même si ce dernier n’est pas très beau. Je ne vais pas citer toutes les personnalités possibles mais il y a au moins tous ceux qui ont appelé à ce gouvernement de « large ouverture ».

 

Il aura en charge de choisir un gouvernement que tu auras à valider. D’emblée, tu peux lui faire quelques propositions. Par exemple, pour faire plaisir aux autres zinzins, tu pourras l’inciter à prendre un gugusse de droite à l’intérieur (mais pas Bruno Retailleau qui est déjà abimé). Aux affaires sociales, pour compenser, tu pourras mettre un communiste, comme André Chassaigne vu qu’il a une jolie moustache. Une pointure des écolos serait évidemment bienvenue à l’environnement et à la transition énergétique réunis mais pas Sandrine Rousseau déjà bien trop connotée proche de LFI.

Tu pourras proposer de laisser ton Lecornu où il est et mettre un socialo aux finances et à l’industrie. Pour l’équilibre, tu pourras confier la justice et les affaires étrangères à des gaziers du centre ou de la droite.

 

Parallèlement, il faudra trouver un projet à mettre en œuvre, pas un projet politique vu que les partis composants ce futur gouvernement sont opposés entre eux. Disons une plateforme d’action à mener pour gérer notre si grand pays (je dis ça pour faire joli).

Tu pourras suggérer qu’on n’abroge pas la réforme des retraites mais qu’on y apporte certaines améliorations (vu de gauche). Une hausse du SMIC, peut-être pas au niveau de celle proposée par le NFP, pourrait être mise en œuvre.

 


Et il y a surtout la réforme fiscale. Je ne voudrais pas être méchant mais les différentes mesures que tu as prises en arrivant (la flattax, la suppression de l’ISF…) sont mauvaises. Non seulement le « ruissellement » n’a pas fonctionné mais, en plus, les comptes de la nation ont bondi dans le rouge. Tu dois faire une sorte de meaculpa (tu peux toujours accuser les autres, comme tu en as l’habitude, par exemple en disant un truc comme « les gens ayant bénéficié des mesures que j’ai prises n’ont pas suffisamment investi dans l’économie de notre Etat ». Je compte sur toi…).

C’est aussi pour cela qu’il est important que le premier ministre et le ministre des Finances soient plutôt à gauche, d’ailleurs. Il n’empêche que, dans le cadre de la mise en place d’une large plateforme de gouvernement, tu pourras les inciter à cesser avec leurs slogans débiles, exigeant la taxation des superprofits ou l’émasculation des comptes en banque des plus riches.

 


Tu pourras insister auprès du premier ministre et des premières pointures qui auront accepté de le suivre de faire un gouvernement assez resserré ! Cela commence à bien faire d’avoir un tas de gugusses, dans les gouvernements, qu’on ne connait pas. Plus le gouvernement sera restreint, plus son orientation « nouvelle » pourra être identifiée et comprise.

Mon blog sera à ta disposition pour défendre la suppression de certains ministères ou secrétariat d’Etat. Par exemple, le droit des femmes pourrait ne plus être un poste à plein temps et tu pourrais demander aux parlementaires de former une commission spéciale pour le gérer. Il ne s’agit pas de minimiser le droits des meepouffes, mais, au fond, à quoi peut bien servir un ministère sans administration ? Il faut peut-être arrêter de poser des potiches au droits des femmes...

 

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Voila, j’insiste. Il y a un tas de gens qui pourraient tenir des postes très bien. Pourquoi l’intérieur à Wauquiez pour faire plaisir à la droite, tient ! On pourrait aussi place Xavier Bertrand pour faire le tour. Tiens ! L’éducation nationale. Un truc pourtant marqué à gauche mais qui aurait peut-être besoin d’un coup de pied au cul.

Je n’oublie pas les gens de ton camp qui sont attendus dans plein de postes importants que je n’ai pas cités, comme la culture, les affaires européennes, la justice… Je n’oublie pas ceux de gauche, non plus.

Disons qu’il faut trouver vingt-cinq volontaires. Tu peux en prendre 12 dans les partis de gauche, huit chez toi et quatre parmi les cadors des LR…

 

Ne lâche rien ! N’oublie pas ce que les Français espèrent. Mais fais attention ! Un sondage paru ce matin donne Marine Le Pen (ou Jordan Bardella) largement en tête de potentielles élections présidentielles alors qu’elle va peut-être tomber pour une histoire de financement d’assistants parlementaires à Bruxelles et tu t’apprêterait à nommer François Bayrou qui a été obligé de quitter ton premier gouvernement pour cette raison.

Un peu de sérieux.

 

Bien à toi,

Nicolas

04 décembre 2024

A gauche, l'unité est loin de faire la force !

 


Alors que l’on pourrait ne plus avoir de gouvernement, ce soir, avec la motion de censure, les discussions vont bon train autour du Président de la République et beaucoup pensent qu’il devrait démissionner. Pas moi et je l’ai dit hier. Certains pensent à la succession et à son organisation, comme Martine Tondelier, dont je parlais en début de semaine. Hier, elle a accouché, sous X, de : « « Le NFP a fait un peu plus de 28% aux élections législatives. Si on veut gouverner, il faut avoir plus de 50%. Donc nous n’avons pas le luxe de la division. » Je ne peux qu’appuyer les mots de @CastetsLucie dans cet entretien que nous avons donné pour l’appel Gagnons Ensemble ! »

C’est énervant car c’est faux et cela entraîne la gauche dans un mur. Toujours le même, d’ailleurs. On devrait la forcer à étudier chacune des élections présidentielles, depuis le début de la Cinquième.

Avant de faire un tour complet, prenons deux exemples autour d’une personne : Jacques Chirac. Il a gagné deux fois la présidentielle, la première en 1995, avec moins de 21% au premier tour et la deuxième en 2002, avec moins de 20% ! Ils sont où les 50% au premier tour, donc avec l’espèce de rassemblement espéré ? En 1995, il y avait deux candidats forts, à droite. Ils se sont bouffé des voix entre eux (et, en cumulant, ils n’ont fait que 40%, bien loin des 50). Cela n’a pas empêché Jacquot de gagner.

En 2002, la droite « de gouvernement » est arrivée à un total de 36, environ, dont 19,88 pour celui qui allait finir par l’emporter, dans les conditions que l’on connait. En aparté, s’il faut garder cet exemple en tête, c’est pour ne pas oublier, par contre, que les divisions du « camp socialiste » (avec les candidatures de Taubira et Chevènement en plus de Jospin) l’ont fait perdre. Ce n’est pas la présence des autres candidats de gauche (Mamère, Laguiller, Besancenot et Hue) qui ont abouti à la déroute même s’ils ont fait, au total, près de 19%.

Jacques Chirac passe maintenant pour un grand président alors qu’il a été très « mal élu ». Mais élu. Seul le résultat compte…

 


Chacune des élections, disais-je ? 1965 : de Gaulle est mis en ballotage par Mitterrand à la surprise générale. Le fait de ne pas atteindre les 50% au premier tour ne l’a pas empêché de gagner. Par contre, regardez bien le détail des résultats : au second tour, il n’a pas fait le plein des voix à droite.

1974 : l’union à gauche est faite. Le candidat qui en découle fait un score proche de celui de de Gaulle neuf ans plus tôt. Il perd tout de même. Il n’avait pas fait 50%, d’une part, et l’union a poussé dans le mur, d’autre part. C’est surréaliste de voir des cadres de partis politiques dire que la même stratégie est indispensable. La gauche a gagné la fois suivante, en 1981, alors que le programme commun avait fait plouf (Liliane, fais les valises !) et la gauche était à nouveau divisée.

1981 : déjà vu… Cela ét

2012 : franchissons le pas. La gauche est divisée : même les alliés du PS, EELV, présentent un candidat contre François Hollande. Cela n’empêche pas ce dernier d’être élu.

1969 : j’ai connu des historiques mieux ordonnés… La gauche est divisée, certes, mais, de toute manière, les deux candidats de droite cumulent près de 70% des suffrages. Aucun risque de perdre… (surtout en étant deux qualifiés au second tour…).

2007 : la gauche n’est pas unie mais ce n’est pas ce qui la fait perdre. Notons tout de même que le cumul des voix de gauche est vraiment très bas alors que le « grand » candidat de droite fait un très bon score (pas vu depuis 20 ans) au premier tour. A noter tout de même un phénomène : le centriste, Bayrou, les 20%. Il était bien à droite dans l’esprit des électeurs de gauche, qui n’ont pas oublié sa présence dans les gouvernements entre 1993 et 1997. C’est pourtant un tabou de dire qu’il a surtout recueilli des voix provenant de la gauche alors que la démonstration est pourtant simple à faire (mathématiquement, par exemple, il semble bien que plus de la moitié de andouilles ayant voté pour lui au premier tour ont choisi Royal au second).

 


Avant d’arriver à « l’ère Macron », notons tout de même que les deux fois où la gauche a piqué le poste à la droite, c’était surtout pour éliminer le représentant de cette dernière. Les gens ne voulaient plus de Giscard puis de Sarkozy…

Dans toutes ces élections depuis 1981, sauf 2007, on a aussi la « règle de l’alternance » : le président élu n’est pas du bord de la majorité parlementaire sortante. En d’autres termes, objectivement, on a plus de chances de gagner en étant dans l’opposition.

Toujours avant de continuer, rappelons le thème de ce billet : « l’unité ne fait pas la force ».  

 


Je ne vais donc pas insister sur les deux dernières élections. A noter quand même :

En 2017, il n’était pas impossible d’imaginer que Macron ait un fond à gauche. Il a gagné pour différentes raisons dont celle qui a fait que les électeurs de centre gauche ont voté pour lui au premier tour, ce qui n’est pas rien. Ne l’oublions jamais, tout comme le score de Bayrou en 2007. On nous a bien bassiné avec le « à 600 000 voix près » mais c’est une polémique de peine-à-jouir. Mélenchon aurait perdu au second tour face à Macron car une grande partie des électeurs ne pouvait pas le blairer. L’unité, à gauche, n’aurait strictement servi à rien vu que Macron s’affichait tout de même en dehors de la gauche. Et je me situe dans le camp macroniste, à cette époque. Je ne l’oublie pas, moi…

En 2022 permet d’assister à la mort (provisoire, j’espère…) des partis traditionnels. Mélenchon et ses sbires continuent à dire que si Roussel ne s’était pas présenté, il serait arrivé au second tour. Non seulement, c’est faux, je le sais, j’étais électeur de Roussel et n’aurais certainement pas voté pour Mélenchon, mais, en plus, ce dernier aurait perdu au second tour. Il y en a qui n’ont vraiment que ça à faire, de se branler la nouille.

Pour ces deux élections, on notera en particulier un manque de travail du parti socialiste, assez compréhensible en 2017 (au fond, on avait le « sortant ») mais totalement délirant dans les cinq ans qui ont suivi. La candidate de 2022, Hidalgo, semble avoir été parachutée et complètement abandonnée par le parti…

 

Avant de passer aux prochaines présidentielles, regardons rapidement les dernières législatives, avec les deux tentatives d’unité à gauche, la Nupes d’abord puis le NFP. Elles ont très certainement permis de gagner ou de conserver des élus à l’Assemblée mais la gauche n’a pas été capable d’avoir une majorité pour gouverner. Et si elle est arrivée en tête la dernière fois, ce n’est pas avec un score exceptionnel, elle n’a pas réussi à « avoir Matignon », étant dans l’incapacité de désigner un candidat tolérable par les partis qui auraient été nécessaire pour former une majorité absolue.

En d’autres termes, cette unité de façade (jusqu’à peu) derrière Castets est grotesque car cette dernière est estampillée « gauche radicale », proche des partis de gauche « non républicains et antisémites » (j’ai mis des guillemets : la question n’est pas de savoir ce que je pense mais de voir l’image qu’ils ont). Le bloc centriste rejetant LFI, elle est embarquée avec l’eau du bain…

 


Nous en arrivons aux prochaines élections présidentielles.

Au fond, elles pourraient avoir lieu peu après Noël si les membres du Conseil Constitutionnel sont saouls et si Macron annonce sa démission ce soir, à l’issue du vote de la motion de censure. Disons vers le 15 janvier… Et elles se tiendront au plus tard en avril ou mai 2027.

Il est évident que j’attends que le PS se mette au travail : les nouilles ont leurs limites. Il faut bâtir un projet qui plaise aux militants et qui soit susceptible de satisfaire les électeurs. Vous me direz que c’est probablement le cas mais le dernier projet soutenu par le PS, aux législatives, est issu du programme de LFI… Ensuite, il faudra trouver un candidat capable de porter ce projet. Cela ne servira à rien, évidemment, si le PS choisit l’unité chère à Tondelier.

 


Tout d’abord, on peut considérer qu’aucun candidat autre que Mélenchon, à LFI, n’est à même d’atteindre le second tour de l’élection. Dans les autres formations de gauche, auxquelles je reviendrai, il n’y a pas grand monde, non plus. Compte tenu de la répartition des cartes, Mélenchon serait désigné comme candidat du NFP (ou le candidat n’aurait aucun intérêt dans nos propos du jour).

S’il est au second tour auquel il ne serait pas opposé à Le Pen (ou Bardella), il ne pourrait pas gagner. N’oublions pas que « une élection se gagne au centre ». La plupart des électeurs voteraient pour le candidat duquel ils sont le moins éloigné. Sans compter que pépère est tout de même un repoussoir pour toute personne normalement constituée (si on vote pour lui, c’est, à la limite, par réflexe « de gauche »).

Ainsi, il ne pourrait gagner que face à Le Pen (ou l’autre machin). Compter sur un front républicain est cocasse et assez peu bandant… Et encore, il n’y aurait rien de sûr au niveau du résultat. C’est tout de même mémère qui a réussi sa dédiabolisation.

 

Je continue… Il est à peu près acquis que Le Pen sera au second tour. Il faudrait donc que Mélenchon arrive devant les autres, quel que soit leur nombre. S’ils sont deux (parmi les « gros »), disons Philippe et Wauquiez, la probabilité de les dépasser, surtout Philippe, est assez faible. Imaginons qu’ils soient trois. Philippe, Wauquiez et un socdem propre sur lui. Arriver devant les trois, pour Mélenchon, deviendrait possible. Le socdem prendrait des voix à tout le monde.

L’autre hypothèse à étudier serait que le troisième homme soit issu de Renaissance. Disons Attal. Le problème est que je ne sais plus trop quelle mouche enculer. Mélenchon aurait des chances.

Donc pour que Mélenchon puisse se qualifier pour le deuxième tour, il faudrait soit une concurrence interne à la gauche soit un sacré coup de bol avec des gougnafiers droito-centristes qui continuent à se foutre sur la tronche. Tout cela pour perdre au second tour ou gagner avec un front républicain improbable.

 


A ce stade, on se dit d’une part qu’il faut arrêter de jouer et d’autre part que l’unité ne mènera à rien sauf s’il y a une vraie division chez les adversaires. C’est une évidence mais je me demande bien pourquoi, à gauche, des lascars continuent à appeler à une candidature unique !

Il y a une variante à ces hypothèses qui pourrait faire gagner la gauche. Que le candidat socdem soit suffisamment fort pour être au second tour, c’est-à-dire soit devant Philippe, Wauquiez voire Attal. Je suis désolé mais il y a peu de personnes pouvant le faire.

 

Il faudrait peut-être essayer de ne pas l’oublier. Il y a plus de chance d’être au second tour si la gauche présente un candidat loin des insoumis puis de le gagner. Je ne vois pas comment on peut imaginer une autre chose quand on constate que l’unité n’a jamais payé, pour des raisons évidentes.

03 décembre 2024

La censure pour Cazeneuve ?

 


Nous sommes à la veille des débats et des votes au sujet des deux motions de censure. L’ami Stéphane partage son avis qui est le mien d’ailleurs dans son blog. Vous n’avez qu’à le lire. Deux choses en préambule. Tout d’abord, je ne pense pas qu’Emmanuel Macron va démissionner. Contrairement à beaucoup d’andouilles, il a la légitimité du suffrage universel à un niveau national avec lui. Même s’il fait des conneries.

Ensuite, je ne suis pas persuadé, contrairement à la plupart des observateurs nécessairement avisé que les motions passent. Le NFP ne va pas voter la motion du RN et le RN ne va pas voter celle du NFP. D’ailleurs, je ne sais pas si ça arrangerait quelqu’un de virer le gouvernement. LFI et EELV vont encore nous sortir Lucie Castets dont au sujet de laquelle on ne sait pas trop ce qu’elle représente. Toujours est-il que, si jamais elle est nommée, elle n’échappera probablement pas à une future censure. Ne serait-ce que par vengeance…

 


Toujours est-il qu’on est bien obligés de penser au fait qu’on pourrait, bientôt, ne plus avoir de premier ministre et de zozos pour l’entourer ce qui fait qu’on se retrouverait, en gros, dans la situation de juillet, après la démission de Gabriel Attal. Il ne faudrait pas que l’on recommence les mêmes conneries, cela avait duré trop longtemps pour un résultat qui était à peu près prévu par tout le monde : un bordel sans nom et une censure.

J’ai par ailleurs un lecteur, Henri, qui aime bien quand je parle de Bernard Cazeneuve et surtout quand je mets sa photo. Je propose donc à Emmanuel Macron de le nommer ce qui ferait au moins une personne satisfaite.

Pour que cela fonctionne, il faudrait que Nanard ait le soutien du PS et donc que ce dernier tourne le dos à LFI voire à d’autres charlots. Il est temps que cela arrive, vous me direz ! Nanard devra trouver une majorité entre les crétins de gauche et les imbéciles de droite pour pouvoir gouverner tout en s’asseyant sur le programme du NFP et on n’a pas fini de rigoler. LFI ne cesserait pas de gueuler avec une espèce de retour de la gauche, mais sans elle... EELV pourrait se fractionner ce qui serait aussi assez rigolo.

Cela étant, a-t-on vraiment le choix ?

La gauche a assez déconné depuis bientôt dix ans.



J'ai tellement exposé d'arguments sur tout cela en juillet que j'ai la flemme de le refaire maintenant.

Je vais donner des conseils à Nanard. Il pourrait se rapprocher de personnalités dont la gauchitude ne fait aucun doute, comme François Ruffin, et lui proposer de travailler avec lui, en lui donnant des garanties. Fanch Ruff n'étant plus à LFI, il n'aurait pas à subir la haine - toute compréhensible - des députés de la droite et du centre. Il faudrait aussi qu'il trouve des lascars à droite et au centre ne trouvant pas totalement idiot de travailler ensemble le temps qu'une majorité claire se dessine, a priori en 2026.

Si je peux rendre service...


Z'avez vu, Henri, j'ai réussi à foutre trois photos du monsieur (dont une seule où il a une tête de curé, pour les autres il est plus dans son rôle de sous-préfet) .

02 décembre 2024

Candidature unique à gauche pour la présidentiel : stop !

 


Marine Tondelier et Lucie Castets ont appelé, ce week-end, à une « candidature commune » de la gauche à la prochaine présidentielle. Jean-Luc Mélenchon, au cours d’un discours, vendredi, a aussi appelé à une candidature commune (la sienne, je suppose), sur la base du programme du NFP.

Cela me fatigue. Voila deux ans que je gueule contre cette pseudo unité (unification, plutôt). Voila que je devrai continuer…

 

C’est pourtant simple : un électeur de la gauche radicale ne votera pas pour un candidat issu de du centre gauche, quels que soient les accords électoraux entre les états-majors des partis. De même, un électeur de centre gauche ne votera par pour un candidat issu de la gauche radicale. Les raisons sont plus simples à comprendre : politiquement, il est plus proche du centre-droit que de la gauche de la gauche.

On a beau faire des jolis plans et tirer de jolies perspectives, c’est un fait : un candidat de la gauche de gauche ne pourrait pas faire le plein, à gauche, à un premier tour. Aucune des trois personnes que j’ai citées ne sont du centre gauche. Il faudrait qu’ils se le foutent dans le crâne : ils ne peuvent pas rassembler. Ils peuvent toujours imaginer de beaux plans, faire des primaires ouvertes, par exemple. Un candidat de la gauche de la gauche serait désigné et les électeurs du centre gauche voteront pour le centre droit.

Point barre ai-je envie de dire tant je suis fatigué d’argumenter. Ce n’est pas d’en débattre encore, tant que les militants resteront persuadés que les votants agissent comme les états-majors ont choisi !

 


Imaginons la prochaine présidentielle, pour rigoler. Il pourrait n’y avoir que trois candidats. Disons X, à gauche, désigné par toute la gauche… selon les critères de LFI (disons Mme Castets, tiens !). Disons Edouard Philippe au « centre », pour le centre droit et la droite (ça serait un miracle qu’ils se mettent d’accord mais on ne sait jamais : au fond, ils ne sont peut-être pas aussi cons que nous…). Et Marine Le Pen. Cette dernière arriverait première, Philippe deuxième et X troisième.

On peut broder : Philippe serait en concurrence avec quelqu’un de LR, Xavier Bertrand ou Laurent Wauquiez, pour ne citer que deux profils différents. Philippe arriverait de toute manière deuxième, en l’état, mais l’ensemble des deux grapilleraient des voix sur la gauche (forcément, un type de gauche ne pouvant pas blairer Philippe accepterait de voter pour Bertrand ou Wauquiez).

 

Je ne dis pas « il faut tel ou tel candidat au centre gauche », je dis qu’il faut arrêter de perdre du temps avec cette satanée union. Aux législatives de 2024, la gauche faisait moins de 29% des voix, à peu près le même score qu’en 2022 (si on compte les « écologistes indépendants » et ce genre de guignols)… tout comme, d’ailleurs, en 2017. Ca fait tout de même dix points de moins qu’en 2012 (et cinq de plus que les deux élections législatives précédentes, où nous avions aussi perdu).

Cela serait préférable comme continuer à se couvrir de ridicule, comme en revenant sans cesse sur cette réforme des retraites (je ne dis pas que le combat à gauche est mauvais, c’est le timing que je critique) ou, très prochainement, cette histoire de censure en laissant à Marine Le Pen le rôle de faiseuse de gouvernement…


Que la gauche se mette à bosser et cesse les incantations !

 

Vous pouvez me rappeler quand l'unité de la gauche a fait gagner cette dernière dans une histoire plus ou moins récente ?