21 octobre 2019

L’affaire Odoul : un défis pour la République !

Une fois n’est pas coutume, je copie ici une publication du Printemps Républicain dont au sujet duquel je suis fier d’adhérer depuis deux ans. Mon premier engagement associatif depuis 1997. J’avais tout laissé tomber depuis. C’etait au sein de l’association laïque du scoutisme français et nous étions partis en mauvais termes. 

Je copie, donc :

« 🎙L’affaire Odoul : un défi pour la République ! 🎙

Depuis sa création, le Printemps républicain alerte sur l’existence d’une véritable « tenaille identitaire », selon l’expression d’un de ses fondateurs Gilles Clavreul. Celle-ci oppose, d’un côté, l’extrême droite glorifiant une soi-disant pureté de l’identité ou de la civilisation françaises et, de l’autre, l’islam politique et ses idiots utiles glorifiant pour leur part diverses identités au motif que la France serait demeurée cet état colonial aux relents racistes nourrissant une haine contre les Musulmans. 

Dans ce face à face, la République est accusée – en même temps – de faiblesse et de racisme. Et souffre d’être déchirée par les mâchoires de cette tenaille à l’imaginaire de guerre civile. La polémique engendrée par un conseiller régional Rassemblement national est la dernière illustration de cette unique façon d’envisager la vie en commun : inflexible, chaque camp enjoint à l’autre de se soumettre ou de quitter le pays… Et chaque nouvelle outrance nourrit la suivante.

Dans ce capharnaüm, il est difficile d’exister. Mais pas impossible, comme ont su le faire Amine El Khatmi sur LCI ou Laurent Bouvet dans le Figaro la semaine dernière. Qu’ont-ils dit l’un et l’autre ? Qu’il faut partir de la loi telle qu’elle existe aujourd’hui : si ces femmes n’ont pas d’attitude prosélyte, rien ne leur interdit d’accompagner des sorties scolaires. On peut être en totale opposition avec cet attribut rétrograde, mais il ne faudra pas compter sur le Printemps Républicain pour se lancer dans une chasse aux femmes voilées. Et si la loi devait être amenée à changer, on ne le devrait alors qu’aux excès des tous ces entrepreneurs identitaires qui font d’une zone de respiration laïque – l’école – un territoire disputé que l’Etat doit neutraliser. Nous proposons plutôt d’utiliser les bataillons de volontaires de la réserve citoyenne et du service civique pour accompagner le plus possible les sorties scolaires plutôt que de faire de ces moments hybrides des annexes de la neutralité de l’Etat. 

Sur ces sujets, mis à part la position affirmée – et pourtant contestée – du ministre de l’Education nationale, l’Etat est précisément le grand absent de la séquence que nous venons de vivre. En refusant d’exprimer une direction claire sur les questions de laïcité qui pourrait enfin soutenir une action ferme, le Président de la République renforce la cacophonie. 

En effet, aux discours forts qui suivent les épisodes tragiques que connaît son quinquennat – que l’on songe à l‘assassinat du colonel Beltrame ou à celui des fonctionnaires de la Préfecture de Police de Paris – ne succèdent que des actes faibles. Et les propos ambigus sont immédiatement suivis d’un déchirement de sa majorité. Si le Président a su définir les lignes directrices de sa vision pour l’Europe dans le fameux discours de la Sorbonne, on regrette l’absence de son pendant sur l’Etat, ses missions, ses moyens et son rapport à la laïcité. Pour l’heure, le Président semble porteur d’une vision uniquement comptable qui nourrit tous les mécontentements. 

Nous touchons ici aux racines du mal qui nourrissent inexorablement la tenaille identitaire : en raison de l’absence d’une vision claire portée au plus haut niveau, les assauts identitaires de tous bords prennent de court des fonctionnaires désemparés, immanquablement critiqués lorsque, courageux, ils décident d’agir et de lutter. Nous constatons ainsi l’affaiblissement de l’Etat, l’amollissement de la notion de service public et, in fine, la démoralisation de tous les fonctionnaires (par ailleurs alimentée par l’échec spectaculaire de certains services publics, pensons à l’école qui malheureusement amplifie les inégalités sociales ). « Puissance publique » est une expression vide de sens lorsque ses serviteurs ne savent en quoi ils sont encore puissants et à quoi il leur sert d’être publics…  

Ainsi, la tenaille identitaire n’est forte que de la faiblesse de la République. Or, qui incarne la République sur le terrain ? Les fonctionnaires de première ligne : policiers, enseignants, infirmiers médecins, pompiers, magistrats etc. auxquels on pourrait rajouter les élus locaux. C’est-à-dire tous ceux qui expriment aujourd’hui leur malaise en manifestant, en faisant grève, en refusant de poursuivre leur mandat ou plus tragiquement en attentant à leur propre personne...  « Passer à l’acte » de toutes ces manières est le pouvoir qu’il reste quand agir en représentant de l’Etat devient peu à peu impossible, difficile ou insensé.  

Sans jamais se hausser au niveau de l’intérêt général, les identitaires de tous poils partent à l’assaut du commun pour y être entendus ou reconnus. C’est donc l’expression irrépressible de ces identités (individuelles ou communautaires) qui induit un changement de rapport au collectif, donc au service public et nous oblige désormais à redéfinir celui-ci. C’est pourquoi l’impératif managérial et les règles comptables, aussi légitimes soient-ils, ne peuvent servir de doctrine et masquer aux agents le sens de leur métier et leur devoir d’incarnation de l’Etat. Pour répondre aux problèmes de coût, d’efficacité mais aussi de laïcité, l’alternative n’est pas entre une remise en cause libérale de l’idée de service public ou la crispation étatiste – plus d’argent, plus d’agents sous statut. Il est dans une redéfinition même du sens du service public face à la tenaille identitaire. Le service public est un élément de notre accord commun. Et il cherche une nouvelle respiration – les débats sur la laïcité en témoignent. 

Affirmons-le clairement : si l’on veut véritablement lutter contre les extrêmes, contre le communautarisme, contre l’hydre islamiste et au-delà contre la pauvreté ou la relégation sociale, alors il faut investir dans le sauvetage de nos services publics. Non pas seulement avec plus d’argent mais d’abord avec plus de sens. C’est-à-dire notre soutien et notre reconnaissance pour « la République en première ligne » ! »

9 commentaires:

  1. Fallait voter Chevènement en 2002...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Pour que Le Pen soit au second tour ? Grâce à mon abstention, il ne l’a pas été.

      Supprimer
    2. Nen si, justement, en 2002, il l'a été ( ou alors, il y a une astuce qui m'échappe )

      Supprimer
    3. C'était une plaisanterie.

      Supprimer
  2. C'est joli, mais c'est encore du baratin. Désolé. Plus ou moins de service public ne résoudra pas la montée de l'islamisme en France. Mais tant qu'on laissera le sujet aux fachos, il n'en feront rien de bon. La gauche a choisi, elle fait comme juan, elle tire un doigt à ceux qui en parlent...elle choisit le silence complice.

    RépondreSupprimer
  3. Réponses
    1. Oui et en plus, ça n'a pas été rédigé par moi. Donc peu d'intérêt pour vous...

      Supprimer
  4. Y’a un sens au mot “défis” tel qu’il est écrit ici, en faute ?

    RépondreSupprimer

La modération des commentaires est parfois activée. Les commentaires désagréables (ce qui ne veut pas dire pas d'accord avec moi) ou insultants (sauf les miens) seront supprimés.