19 novembre 2020

Une solution pour ne pas dire n'importe quoi sur le confinement : ouvrir les bistros !


 Avant-hier, je gueulais dans Facebook contre les journalistes et les politiques qui parlaient de déconfinement partiel, de confinement allégé, de mesures renforcées mais d’autres allégées. On n’y comprend évidemment rien mais comme ça fait huit mois que ça dure, on ne va pas s’affoler non plus. Hop ! Une petite publication Facebook. Vers minuit, j’errais sur les chaînes d’information en continue quand je suis tombé sur un débat entre gens très bien sûrement d’autant qu’ils disaient la même chose que moi. Il y en a même eu un pour prétendre que dans l’encourage de Macron, on expliquait qu’il fallait arrêter de perdre les Français avec des mots plus ou moins douteux et des locutions imparfaites. J’étais hilare.

Ce n’est pas facile ! On pourrait s’entendre, par exemple, sur le fait qu’on ne peut pas parler de sortie du confinement tant qu’il y une restriction supérieure à d’habitude à nos libertés individuelles. Mais, même dans ce contexte, le virus continue à circuler et même s’il n’y a pas d’obligation de confinement, nous aurions intérêt à limiter nos interactions avec d’autres imbéciles ce qui fait que nous nous imposerions un « autoconfinement ». A contrario, ça ne m’embêterait qu’assez peu qu’on parle de sortie du confinement tout en continuant à interdire les rassemblements publics de plus de 5000 personnes. Il faut garder un peu de raison : même hors période de crise sanitaire, on ne va pas dire qu’on est en confinement si les manifestations publiques sont interdites sur les Champs-Elysées !

 

Par ailleurs, même si on l’emploie, le mot « déconfinement » n’existe pas. Certains (dont moi, d’ailleurs, je crois) l’utilisent par opposition au confinement (on est soit confiné, soit déconfiné, ce qui est complètement con, je le disais ci-dessous). D’autres l’emploient pour parler de la période de sortie du confinement, ces moments où l’on va progressivement alléger les mesures. D’ailleurs, pas plus tard que ce soir, on nous promettait un déconfinement à la fin de la semaine prochaine, c’est-à-dire plus tôt que ce qui était prévu pour permettre aux commerçants de travailler un week-end de plus avant les fêtes.

Mais on ne peut pas donner la liberté aux commerçants d’ouvrir les magasins si on ne donne pas plus de libertés aux abonnés au gaz pour qu’ils dépensent du pognon dans les commerces. C’est compliqué. Sans compter que ceux qui ne veulent pas faire leurs achats maintenant l’auraient assez mauvaises de ne pouvoir sortir alors que d’autres vont pouvoir le faire.

On se met alors à penser qu’on pourrait supprimer les attestations mais cela reviendrait à supprimer le confinement d’autant qu’on veut que les salariés restent en télétravail pour diminuer la contamination. Ainsi, il faudrait une attestation pour aller travailler mais pas pour aller faire des courses. Si j’étais à Bicêtre, je me verrais assez bien faire des courses aux Quatre-Temps mais ne pas avoir le droit d’aller au bureau à un kilomètre.

Ainsi, on ne peut pas parler de sortie du confinement car les entreprises en profiteraient pour arrêter le télétravail. Et il se posera toujours la question des bistros et des restaurants (vous remarquerez que je parle aussi des restaurants alors que jusqu’alors, je me cantonnais aux bistros).

 

Nous allons faire un aparté. Il y a des gens qui ne croient pas au virus et d’autres qui ne croient pas spécialement à sa dangerosité. Je pense que ces derniers ont tort mais je vais m’adresser à ceux qui croient à ce virus qu’ils soient complotistes, trouillards, insouciants ou que sais-je, par exemple comme moi (« la version officielle dit que c’est dangereux alors faisons avec et protégeons nos couilles et celles des autres »). On peut supposer raisonnablement que la transmission du virus est plus forte quand les gens sont entassés, à savoir lors des cérémonies familiales, le travail, les transports en commun, les commerces… et les bars restaurants (et les matchs de foot, les salles de sports, les messes mais ne commencez pas à m’énerver, hein !). Ainsi, pour limiter la propagation du virus et l’accroissement abominable de données chiffrées que l’on arrive pas à suivre, il faut bien limiter ces rassemblements.

La messe est dire (en plein air) : les commerces autres que les bistros doivent ouvrir parce que les pauvres petits commerçants vont perdre de l’argent (mais il est normal que les bistrotiers en perdent, par contre, alors que je bois plus souvent un demi que je lis un livre, ce qui explique d’ailleurs quelque chose, très certainement) et les gens vont déprimer s’ils n’arrivent à dépenser l’argent qu’ils ont eu du mal à gagner.

Pour les fêtes, on va difficilement empêcher les repas de famille. Pour différentes raisons, on ne pourra pas empêcher les gens de prendre les transports en commun surtout qu’on ne peut pas contraindre les entreprises à continuer le télétravail.

 

Point numéro 1, gardez le bien en tête : si on déconfine le confinement partiel à moitié le week-end prochain, c’en est fini du télétravail, des transports en commun allégés, des cantines agréables et j’en passe.

Un déconfinement partiel est donc impossible puisque, dans cette histoire, nous n’aurons pas réouvert les restaurants et les bars. Nous serons donc dans une condition comme lors du premier déconfinement, sans les bistros. Les gens vont s’empresser de s’emmêler, de s’embrasser, de s’entasser… Ils iront au boulot, tomberont aux heures de pointe dans des ascenseurs bondés, prendront leur café et déjeuneront à la cafétaria.

Ces salopards vont nous faire croire qu’on n’est plus confiné alors qu’ils auront mis en place toutes les conditions pour le développement du virus mais on ne pourra plus se reposer dans un bistro où, quoi qu’il arrive, il y aura moins de monde que dans un magasin de jouets ou de livres. Et ces imbéciles de commerçants vont nous faire croire qu’ils pourront mettre en place un protocole pour empêcher le nombre de clients de dépasser des limites, pour qu’ils respectent les gestes barrière alors que c’est impossible.

 

Dans un bistro, c’est très simple : vous mettez tant de chaises (selon la surface) et de tabouret de comptoir et quand toutes les places sont prises, vous fermez la porte. Vous confinez les clients à l’intérieur et les non clients à l’extérieur et basta !

Du bon sens, quoi ! (et vous ajoutez quand même un couvre-feu pour dire qu’on est encore en phase de déconfinement).

 

A votre bon cœur.

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