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05 décembre 2012

Bernard Debré récidive ?

« Madame Trierweiler, première dame autoproclamée, qui n’est que la maîtresse du président de la République, a récidivé récemment, après son tweet ravageur, puisqu’elle a annoncé qu’elle serait quasiment la première témoin du mariage homosexuel.

De quoi se mêle-t-elle ? A quel titre a-t-elle parlé ? Quand on est dans sa position, après les bourdes qu’elle a déjà faites, il aurait été préférable qu’elle se taise.

Elle peut soit faire de la politique, mais ne plus être journaliste et définir sa position à l’Elysée. Elle peut aussi, ce qui serait mieux, se taire et ne plus faire ni politique, ni journalisme.
 »



C’est bien Bernard Debré qui a écrit ça sur son blog avec comme titre : « Valérie Trierweiler récidive »



Quelle attitude adopter ?



  1. Rigoler ? Il a bien écrit « qu’elle serait quasiment la première témoin du mariage homosexuel. » Il n’y aura donc qu’un seul « mariage pour tous ». Et je croyais que témoin était un nom masculin. Il faut le mettre au féminin parce qu’il concerne des homos ? Je pourrais aussi rigoler sur le « première dame autoproclamée ». En fait, si François Hollande vit avec elle, ce n’est par choix, c’est parce qu’elle a décidé. Je pourrais aussi m’autoproclamer première dame mais même si j’aime beaucoup François Hollande, je n’ai pas envie de coucher avec lui.



  1. M’indigner pour l’utilisation de la locution « mariage homosexuel » à la place de « mariage pour tous » par une personne qui sera chargée d’étudier ça à l’assemblée. Mais non c’est rigolo. Littéralement, cela veut dire « mariage qui éprouve de l'attirance sexuelle pour les mariages  du même sexe ».



  1. M’indigner parce qu’il rabaisse Madame Trierweiler au rang de « maîtresse du président » ? Pourquoi pas « poule du président » ? Et encore, dans mes propositions je suis poli. On pourrait en rigoler, la définition de maitresse étant « Femme qui entretient des relations avec un homme marié ». Mais c’est une bonne raison d’indignation. On ne qualifie pas une femme ainsi.



Monsieur Debré est député. Il pourrait prendre sa retraite, probablement, mais ça ne me regarde pas. Du moins pas plus que ce que devrait le regarder ce que fait Valérie Trierweiler de sa vie privée, en l’occurrence être témoin de mariage.



« Elle peut aussi, ce qui serait mieux, se taire et ne plus faire ni politique, ni journalisme. » Il a aurait peut-pu ajouter pour qu’on comprenne mieux : « C’est bien ce qu’on attend d’une femme, d’une maitresse, non ? » 



Je précise : il m’arrive de dire dans Twitter que je vais boire une bière. Ce n’est pas de la politique. Pourtant le sujet est éminent politique (les sénateurs bières « ont voté, à l'unanimité, lundi 26 novembre, une motion invitant le gouvernement d'Elio Di Rupo à agir contre l'intention des autorités françaises d'augmenter les taxes sur la bière »). Ce n’est pas nom plus une activé que j’exerce dans le cadre de mon activité professionnelle. Je fais ce que je veux dans Twitter.



Et en tout état de cause, ce n’est pas parce que Madame Trierweiler écrit potentiellement des conneries dans un éphémère tweet que Monsieur Debré doit raconter d’autres conneries dans son blog qu’il tient en tant que député.


15 juin 2012

Tweet plouf

Je ne connais pas les résultats de l’élection de dimanche mais les derniers sondages montrent qu’il y a lieu d’être optimistes (si on n’est supporter du PS…). La majorité absolue est à portée de main (et les gens de la troisième circonscription des Côtes d’Armor ne doivent pas oublier de voter pour Loïc Cauret). Le fameux tweet de Valérie Trierweiler n’aura eu aucun effet sur cette élection.

A la limite, l’effet est positif pour les socialos : les clowns de l’UMP auront été totalement inaudibles pendant deux ou trois jours.

Daniel Schneidermann a bien raison de se foutre de la gueule des médias et de certains « observateurs », dans une chronique de Rue 89.

Les électeurs ne sont pas des quiches et je connais beaucoup de clowns qui feraient mieux d’aller au bistro plutôt que de passer à chercher à diffuser le scoop ou l’analyse du siècle dans leurs blogs ou, plutôt, dans Twitter : 140 caractères suffisent souvent à exprimer des idées quand on n’en a pas.

A titre personnel, je désapprouve le tweet en question mais je n’ai pas à juger Madame Trierweiler qui est une citoyenne comme moi. Elle a un statut conjugal qui l’oblige à avoir des bureaux à l’Elysée mais, pour le reste, elle est une citoyenne qui pense et fait ce qu’elle veut. Un tweet reste un tweet. J’espère que, la prochaine fois, elle pensera un peu plus aux conséquences. Elle est liée au Président de la République, quand même, donc nécessairement aux électeurs et aux militants qui l’ont poussé là. Ils n'attendaient pas d’être ainsi désavoués mais qui n'ont pas à juger des agissements des autres. Amen.

J’aurais souhaité que Ségolène Royal soit élue mais ça ne sera pas le cas : son adversaire est soutenu par des socialistes locaux et une partie de la droite. Olivier Falorni ne pourra pas être fier de sa victoire qu’il trainera comme un boulet jusqu’à sa retraite. Amen aussi.

En fait, le tweet aura peut-être rendu service à Ségolène Royal (électoralement, uniquement, parce que sur le plan de la vie privée, heu…) en lui rendant un capital sympathie. Amen encore.

Toujours est-il que les blogs et Twitter (et la presse, voir l’article de Daniel Scheidermann) ont laissé défiler des ramassis d’âneries. Les blogueurs et twittos sortant des analyses à deux balles ne se rendaient même pas compte qu’ils ne faisaient que taper contre leur camp et qu’ils étaient autant nuisibles qu’un simple tweet, qu’ils contribuaient à encourager les journaux à changer leurs titres, leurs unes, leurs émissions.

J’en ai lu des singeries comme : « ça risque de nous faire perdre » ou « voilà, François Hollande s’était forgé une image, tout est retombé à cause de sa compagne ».

Raté. Les blogueurs et twittos se sont plantés. Les journalistes aussi.

Les électeurs se foutent totalement de ce que peut dire la compagne du Président de la République. Les observateurs n’ont strictement rien compris mais ne se privent pas de nous donner des leçons à propos de ce qu’ils pensent.

Tout le monde se fout des tweets de Madame Treiweiler.

La Présidence normale est en marche et c’est heureux.

Encore faut-il donner une majorité au changement, dimanche.


12 juin 2012

Le tweet

Mon compte Twitter et mes groupes de discussion proches du PS ont chauffé pendant ma pause déjeuner. Il parait que Valérie Treirweiler encourage Olivier Falorni contre Ségolène Royal à La Rochelle. « Courage à Olivier Falorni qui n'a pas démérité, qui se bat aux côtés des rochelais depuis tant d'années dans un engagement désintéressé. Valerie Trierweiler (@valtrier) Juin 12, 2012 »

A un moment, on a pensé à un piratage ou à un vol d’iPhone. Tout reste possible mais on se rappelle que @valtrier avait déclaré : « François me fait totalement confiance, sauf pour mes tweets. »

Assiste-t-on a une simple querelle conjugale ?

Les communicants de l’Elysée doivent s’agiter pour trouver une justification. L’affaire fait la une de Google News (illustration) car elle amuse la presse qui ferait mieux de rappeler que l’UMP fait du gringue au Front National.

Je propose de les aider ces communicants.

Voilà la version qui pourrait devenir officielle : François Hollande est un stratège électoral. Olivier Falorni aurait été élu au détriment de Ségolène Royal parce qu’il aurait été appuyé par une partie des militants locaux et surtout pas la droite. En soutenant Falorni, sa compagne rappelle aux électeurs de droite qu’il est bien issu du Parti Socialiste et qu’ils ont le choix entre envoyer une socialiste ou un socialiste à l’Assemblée Nationale et qu’ils feraient mieux d’aller à la pêche, dimanche, d’autant qu’on annonce une belle journée. C’est donc un soutien empoisonné d’autant qu’il va prouver que Falorni fout la merde dans le PS, ce qui pourrait écœurer les braves gens qui ont voté pour lui au premier tour. En outre, si Olivier Falorni est élu, il pourra rejoindre les rangs du PS et la droite ne pourra plus se vanter d’avoir fait battre une candidate issue du Parti Socialiste puisqu’il est soutenu par la compagne du Président de la République.

Elle n’est pas belle, ma version ?

Je peux en trouver d'autres, comme : "on s'en fout, il y a plus important dans ce monde, notamment une crise économique sans précédent et une droite qui se couche devant une vague brune."

Je vais continuer à ne pas follower @valtrier : c'est la seule personnalité politique à m'avoir unfollowé. Je vais suivre @royalsegolene.

Hop.