Dans les commentaires à mon dernier (et lointain…) billet,
Denis disait (entre autres) que j’avais sans doute eu tort de taper sur LFI et qu’il
aurait été préférable de travailler sur les sujets en rapport avec ce que
devrait avoir le PS dans son programme. Pourtant, compte tenu de l’influence de
mon blog – oups ! Du nombre de lecteurs de mes billets, je n’ai pas la possibilité
d’avoir la moindre capacité à faire bouger quoi que ce soit à part en
démontrant à quelques militants qu’ils font fausse route ce que je fais au
quotidien ou presque (sauf ces dernières semaines où j’ai été terrassé par un poil
dans la main).
Et je passe le fait que le blog est plus un défouloir, pour
moi, qu’un moyen de propagande.
Ces erreurs des militants ou des responsables des partis
durent depuis longtemps. Par exemple, en 2017, après l’élection d’Emmanuel Macron,
le PS s’est immédiatement rangé dans l’opposition alors que les électeurs de Macron
étaient en grande partie ceux de François Hollande cinq ans avant. C’était de
la pure démence. Je ne vais argumenter point par point : de toute manière,
les faits m’ont donné raison, le PS ne compte quasiment plus au niveau
national.
En outre, ce n’est pas directement sur LFI que je tape fréquemment
mais sur le parti le plus influent de mon « côté politique »… Je ne
suis pas en désaccord avec tout LFI.
Pour ce qui concerne le programme, j’ai écrit au lendemain
des anciennes élections qu’il avait peu d’importance. Je me rappelle d’ailleurs
avoir fait un billet opposant le programme et le projet. Un électeur ne
peut pas se rappeler de la totalité d’un catalogue de mesures et il peut se
braquer contre tel ou tel point. Le rôle du politique est, bien sûr, de
convaincre les électeurs mais aussi de se faire élire. Par exemple, Denis est
très opposé au nucléaire et il a parfaitement raison de dire pourquoi il pense
qu’il faut en sortir. Il n’empêche que le citoyen, même bombardé d’arguments, n’est
sans doute pas prêt à admettre que l’on pourrait produire assez d’énergie sans
ce recours « à l’atome » et à entrer dans une certaine précarité énergétique.
Ce n’est donc pas la sortie du nucléaire qu’il faut mettre
au programme, comme on l’a tant fait depuis des années (les actions ont été un
échec et les partis politiques l’ayant « promu » se sont effondré) mais
il faut dessiner un avenir à long terme.
Ce que j’ai toujours dit et je crois bien avoir contribué
plus que beaucoup « aux éléments programmatiques ».

Accorte défense de l'environnement et des
espaces naturels
Cela étant, je vais continuer à taper « au fil de l’eau »
sur les mauvaises décisions des partis en me concentrant sur des informations
de moins d’une semaine.
Tenez ! J’ai vu ce matin un article qui expliquait qu’on
connaissait les chefs de liste des partis aux élections européennes. Seuls deux
sont vraiment connus : Marion Maréchal et Jordan Bardella. Non seulement
les deux partis que l’on peut qualifier d’extrême droite se donnent plus de
chance de gagner avec la popularité de leurs candidats mais, en plus, donnent
une tribune à ses derniers pour l’améliorer et leur garantir un avenir
prometteur !
Que font les formations de gauche, bordel ? Et je ne
parle pas même pas du PS qui, pour la deuxième fois consécutive, va laisser la
tête de sa liste à un type qui vient d’une autre formation politique…
Hier ou avant-hier, on voyait tous les progressistes que l’on
peut inventer se réjouir de voir les sénateurs ouvrir la porte à l’inscription
de l’IVG comme droit fondamental dans la Constitution. C’est d’ailleurs une
excellente nouvelle que les mentalités ont évolué pour faire en sorte que cela soit
devenu possible.
Cela étant, les arguments sont grotesques. Imaginons qu’un
président d’extrême droite réactionnaire soit élu. Dans la foulée de son
élection, il pourra faire un referendum, avec « l’article 11 », pour
réviser la Constitution et virer ce truc… (De Gaulle a fait le ménage en son
temps en détournant cet article : le résultat ne peut pas être refusé par
le Conseil Constitutionnel qui aura constaté la volonté du peuple). Et des zozos
expliquent que cela va être « inscrit dans le marbre ».
Mentir aux électeurs, c’est mal !
Et je passe le fait que si l’avortement deviendra un droit
fondamental alors que les accès à l’eau, à la nourriture, au logement et à la
bière ne le sont pas… Les gens vont tolérer longtemps qu’on les prenne pour des
zozos ?
Pour autant, je suis un fieffé défenseur de l’IVG et je vais
contribuer au « volet programmatique » : je propose que l’avortement
soit autorisé lors des vingt ans qui suivent la conception.
En fin de semaine dernière, un journal local a fait sa une
avec des propos – inventés – de Macron qui disait que les smicards préféraient
se payer des abonnements Netflix (ou autre) plutôt que de la nourriture de
qualité. Je vais sauter quelques polémiques vu que des démentis ont été
apportés mais immédiatement, des bien-pensants ont hurlé dans les réseaux
sociaux avec des arguments divers comme « c’est du mépris de classe ».
On a même vu des abrutis qui indiquaient que Macron refusait l’accès à la
culture aux pauvres comme si regarder l’intégralité de Grey’s Anatomy ou de
NCIS était indispensable à cette culture.
Il n’empêche que si le président avait tenu ses propos, il n’aurait
pas menti. Des types préfèrent avoir un abonnement à un service de VOD plutôt
que d’acheter de la nourriture bio (moi-même, je préfère consommer de la Kro de
base plutôt que de la 1664 pour financer mon Netflix).
Macron est certainement arrogant mais hurler quand il dit
une vérité (ou qu’un journal prétend qu’il l’a dite) n’est certainement très
fin surtout de la part de ceux qui voudraient effectivement que les Français
dépensent plus en bouffe pour sauver l’agriculture et tout ça. Les propos
supposés ne font que souligner une difficulté, presque un paradoxe. Mais
défendre l’accès à la culture via un abonnement à Netflix ou à Amazon Prime et
autres Apple TV tout en prônant l’exception culturelle française est tout de
même à mourir de rire.
Un peu de prudence ne nuit pas et on sait à qui profite le
crime.
Enfin, ce qui domine la lutte féministe, par les temps qui courent,
est ce qui concerne « #metoomedia », à savoir la lutte contre les
agressions sexuelles de celles qui ont choisi un travail marginal mais honorifique,
tout en laissant de côté tout le reste, comme l’égalité salariale et tous ces
machins.
Cela étant, quand on dit « vous nuisez à la cause »
à des militants féministes, on nous dit généralement qu’on ne peut pas savoir
ce qui est bon et qu’on est mal placés. Je vais donc la fermer en pensant à
toutes ces femmes qui ont un salaire de misère mais voient des collections de
militants divers se prosterner devant Mme Godrèche.
Par ailleurs, il n’y a pas que les programmes et les erreurs
de communications des partis. Il y a aussi les valeurs. Je peux considérer, par
exemple, que mes partis politiques de prédilection font une erreur en s’associant
avec des mouvements proches des milieux antisémites et se vautrer dans un
musulmanisme abruti et, il faut le dire, raciste.
Ces braves gens, en effet, ne vont pas défendre les opprimés
en France mais faire un amalgame entre une religion et une origine raciale.
Ce n’est pas brillant. Et je ne suis pas sûr qu’un immigré originaire
du Maghreb se trouve bien après avoir été considéré comme ayant des
accointances avec un islam politique de merde.
Alors quand ces zozos expliquent que le port de l’abaya c’est
bien et n’a rien à voir avec la religion alors que c’est un instrument
politique comprenant en particulier la soumission de la femme à l’homme, je me
sens autorisé à être dubitatif… même si je veux bien concevoir que l’homme
blanc cismachin n’a pas à s’occuper des tenues vestimentaires de ses congères
outre-méditerranéennes…
Et je vais continuer à crier mon exaspération.
Et ma soif.























