En salle

31 août 2025

De Blois à Matignon ?

 


Je le disais hier, le fait que le Parti Socialiste ait réussi à présenter un budget et à en faire parler est une excellente nouvelle. C’est peut-être la première fois depuis des années qu’il présente une offre politique sans s’occuper de LFI et le fait que Carole Delga et Olivier Faure étaient ensemble, à la tribune, pendant la présentation n’est pas pour me déplaire.

Je n’ai pas envie de me positionner sur chaque élément de ce texte parce que c’est le boulot des politiciens de chercher le compromis mais il me semble aller dans le bon sens : relance et rééquilibrage de la fiscalité.

Au sujet de cette dernière, il faut torpiller un des axes de communication de la droite et du centre : taxer légèrement les grandes fortunes ne les fera pas fuir… N’oublions pas que les grandes entreprises françaises distribuent plus de dividendes que les étrangères.

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Il y a plusieurs choses qui me plaisent bien dans ce budget. Tout d’abord, la baisse de la dette est moins forte que celle voulue par François Bayrou et les instances européennes. Nous ne sommes pas pressés et les plans d’urgence sont toujours mauvais. Baisser la dette ne pourra être fait que lorsque l’économie aura été relancée et opter pour une rigueur budgétaire ne permet pas cette relance. C’est ballot.

Je ne suis pas un fan de Thomas Piketty (ou du moins de son profil : économiste reconnu engagé sur la scène politique sans être candidat) et je ne suis pas abonné à l’Obs. Je ne peux donc pas lire cet article mais, au moins, je suis d’accord avec le titre : « Thomas Piketty : « Nous n’avons jamais été aussi riches » » ! En d’autres termes, je crois qu’il ne faut pas dramatiser la situation mais qu’il faut travailler sérieusement et profondément. Des guignols veulent supprimer des jours fériés comme si c’était à la hauteur des enjeux…

Par ailleurs, dans le plan du PS, il y a des mesures qui me vont bien, comme un travail sur les niches fiscales liées aux emplois à domicile. Ils permettent, par exemple, de se faire rembourser une partie des frais d’emploi d’un coach sportif. Il faut que les aides fiscales soient destinées à ceux qui en ont besoin, notamment les personnes âgées à faibles revenus.

Contrairement à beaucoup de blogueurs qui se disent de gauche, je parle souvent de ma situation personnelle : si j’emploie une femme de ménage, c’est pour mon confort personnel. Je ne vois pas pourquoi cela serait défiscalisé.

Ensuite, il y a une relance par le soutien des activités non délocalisables, comme le logement. Cela mérite une vraie réflexion (pourquoi soutenir une activité qui ne peut pas être mise en concurrence avec des entreprises étrangères ?) mais la politique du logement est essentielle pour mettre de loger tout le monde et rééquilibrer les charges des ménages. Il faut construire.

 

Cela étant, le PS souhaite présenter son projet aux autres partis de gauche hors LFI, laissant penser qu’ils pourraient former une majorité pour gouverner ce qui est vraiment risible. Avec ou sans dissolution, la gauche hors LFI ne peut pas retrouver une majorité parlementaire rapidement. Il faudra, au minimum, attendre la victoire aux présidentielles de 2027 (et faire preuve d’un bel optimisme…) qui pourrait déboucher par un élan permettant d’obtenir la majorité aux législatives qui suivront (je suis très optimiste, aujourd’hui !).

Présenter un beau budget et montrer que l’on peut gouverner est un élément clé à moyen terme mais ne nous leurrons pas pour l’immédiat.

Si Emmanuel Macron envisage de prendre un premier ministre de gauche, il choisirait probablement entre Cazeneuve et Glucksmann, à savoir des personnalités connues pas incompatibles avec les autres partis pouvant participer à un gouvernement technique ou d’union nationale.

Je suppose qu’aucun des deux n’aura envie d’y aller car cela lui torpillerait les chances de gagner la présidentielle. Cela étant, il y a d’autres personnalités moins connotées proches de la gauche radicale.

 

Le PS doit travailler, maintenant qu’il a une proposition de budget, sur l’ouverture de sa politique. D'autant que les deux qui pourraient avoir la préférence de Macron ne sont pas au PS...

Bon courage, les gars !

6 commentaires:

  1. Ehh finalement, si l'annonce de Bayrou de solliciter un vote de confiance à l'AN, chose qu'il a peu de chances d'obtenir à mon avis, a "forcé" le PS à se bouger et présenter un budget alternatif, ce n'est peut-être pas une si mauvaise chose...
    Pour rebondir sur ta remarque au sujet des présidentielles, suis-je la seule à trouver qu'une partie de ce petit monde privilégie plutôt leurs chances de remporter la course à l'Elysée par rapport à une vision pragmatique de ce qui est dans l'intérêt immédiat du pays?

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    1. J'ai lu que le PS avait commencé à travailler sérieusement sur ce budget lors de l'annonce précédente de Bayrou (quand il a présenté son plan, il y a un mois ou deux).

      Pour ton deuxième paragraphe, je ne sais pas... L'intérêt du pays, vu de chacun, est que la politique qu'il propose soit menée sur une période assez longue, pas uniquement jusqu'à avril 2017... Je ne sais pas quel est l'intérêt immédiat du pays. On ne remontera pas la pente en 18 mois. Prends Hollande comme exemple (parce Sarko et Macron ont été "coupés dans leur élan" avec des crises. Il a mis plusieurs années avant que sa politique porte ses fruits mais politiquement, il a été grillé.

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    2. C'est vrai: une crise a des répercussions à moyen et long terme, cela ne s'éponge pas en un claquement de doigts. Et le fait d'être passé d'un septennat à un quinquennat n'arrange rien à mon avis.

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    3. Le quinquennat n'arrange sans doute rien mais surtout dans la mesure où il renforce la présidentialisation du régime (que tu soutiens par ailleurs dans ton dernier billet).

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  2. je suis d'accord avec toi , les niches fiscales doivent être liées aux revenus :les vieux ou les autres a faibles revenus, comme les mères célibataires. J'ai vu aussi qu'ils parlaient de supprimer des aides aux grandes entreprises, enfin !
    la LFI a répondu : « Ils sont apparemment tous prêts à gouverner. Sans LFI évidemment ! Nous ne soutiendrons aucun autre gouvernement que le nôtre. » dixit Melenchon et encore ils ont du en rajouter, je ne suis pas allé voir dans Tiktok.

    "il faut construire" , oui du logement social, mais c'est en tension dans les villes, et ce n'est pas forcément aisé: il faut du foncier ou alors pre-empter .

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    1. On est d'accord : ce n'est pas facile de construire des logements et le sujet est vaste. Il y a la loi SRU qui est une bonne chose en obligeant à un taux de logements sociaux mais il faut aussi forcer la main du privé et construire du public pour forcer une baisse des prix.

      Supprimer l'aide aux grandes entreprises est nécessaire mais il faut arrêter de se baser sur le rapport du Sénat et son chiffre de 211 milliards qui regroupe un peu tout. Les vraies aides sont sans doutes inférieures à 100 voire à 50.


      Il y a un nouveau sondage pour des législatives et LFI va bien être obligé de prendre en compte le résultat : ils sont à deux tiers par rapport au reste de la gauche. Les gens n'en veulent plus et ce n'est même plus un moteur.

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