C’est incensé ! Dans cette nouvelle bataille à la tête
de l’UMP, j’ai presque envie de soutenir François Fillon alors que je devrais m’en
foutre. A la limite, je devrais soutenir Jean-François Copé vu que c’est celui
qui aura le moins la capacité à gagner en 2012. On n’est pas rationnel.
C’est le sentiment que ça m’a fait en lisant les billets de Bembelly
et de Pierre
Alain et cet article
du Point. D’ailleurs, ce combat est actuellement en tête de Google News,
avec cet article du Parisien où Brice
Hortefeux tacle l’ancien premier ministre (Patrick
Balkany avait lancé les opérations).
On va résumer. Suite à son histoire de compte de campagne
rejeté, Nicolas Sarkozy est revenu sur la scène parce qu’il en était probablement
obligé, afin d’éviter l’UMP de couler. Il a prononcé un discours devant le
bureau national du parti. François Fillon a fait la gueule. Hier, ce dernier a
fait un discours pour enfoncer son ancien chef. « Je
ne lie pas l'avenir de l'UMP à un homme. Le temps de l'opposition est fait pour
débattre, il est fait pour réfléchir, il est fait pour susciter de nouveaux
talents, il est fait pour faire des bilans, il est fait pour élaborer un projet
nouveau. » « l'UMP ne peut pas
vivre immobile, congelée, dans l'attente d'un homme providentiel. »
En gros, François Fillon veut torpiller Nicolas Sarkozy. Il
critique les mesures prises par Nicolas Sarkozy pendant ses cinq ans à la
présidence alors qu’il était lui-même chef du gouvernement. Il doit expliquer
aux militants UMP que Nicolas Sarkozy est responsable de la mauvaise gestion et
de la déroute électorale qui a suivi…
Ca me le rend automatiquement plus sympathique ! C’est
humain… On dit à peu près la même chose… D’ailleurs, c’est assez jouissif de
les voir se battre entre eux. Le duel « Copé Fillon » fait presque
assez petite bite par rapport à celui « Fillon Sarkozy ».
On va essayer de foutre la merde un peu plus.
Patrick Balkany : « François
Fillon a mieux à faire aujourd'hui que de faire la petite bagarre à l'intérieur
du mouvement. » Hé ho ! C’est Nicolas Sarkozy qui a tiré le
premier, lundi.
Brice Hortefeux : « Comme
l'a dit Nicolas Sarkozy, aujourd'hui, il faut unir, rassembler et mettre un
terme aux querelles du passé. » Non ! L’UMP ne remontera pas
la pente en vue des prochaines élections municipales tant qu’elle n’aura pas un
projet, une vision d’avenir. S’unir, se rassembler et tout ça n’a aucun sens si
on ne sait pas autour de quoi le faire. En revenant, Nicolas Sarkozy essaie de
faire en sorte que tout se passe autour de lui, sans faire la critique des
années de pouvoir.
Christine Boutin : « Une
fois de plus, François Fillon pique une crise de nerfs. Je trouve que c'est un
peu déplacé. La droite et l'opposition ont autre chose à faire. »
Il ne fait pas une crise de nerf : il recadre des cadres (heu…) qui sont
sur le mauvais chemin depuis 14 mois. Il fait de la politique. L’UMP est à l’agonie
et Mme Boutin devrait se coucher sur le trottoir, elle est plus rigolote ainsi.
D’autant qu’elle n’est pas à l’UMP : elle devrait fermer sa gueule, tout
comme moi, d’ailleurs.
Elle rajoute qu’elle a « été
très déçu par François Fillon » car « il
a été très prudent sur le mariage gay. » Parfaitement, il a été
très prudent. Il a bien compris que toute la droite n’était pas opposée au
mariage gay et que c’est un sujet qui pouvait diviser la société. Il n’est pas
intervenu parce que cela lui paraissait dangereux.
Patrick Balkany (bis) : « Personne
n'a le droit de s'en prendre à son ancien président, dont on a été le Premier
ministre pendant cinq ans, quand on a trouvé que c'était tout à fait bien et
qu'on n'a jamais eu envie de démissionner de Matignon. » Si !
Tout le monde à le droit de s’en prendre à l’ancien président qui a enchaîné
les défaites électorales aux élections locales comme nationales. Il est temps
que l’UMP se pose les bonnes questions plutôt que de pleurnicher en permanence :
la gauche n’a pas volé les pouvoirs dont elle dispose actuellement, c’est une
droite à côté de sa plaque qui a tout perdu.
Et cette droite à côté de sa plaque est parfaitement incarnée
par Madame Boutin et Messieurs Hortefeux et Balkany.
Cela étant, qu’elle reste en place, c’est la meilleure
solution qu’elle a de continuer à tout perdre. On ne change surtout pas une
équipe qui perd.
J’informe donc François Fillon qu’il n’aura eu mon soutien
que l’espace d’un billet. L’histoire entre nous est terminée. Je vais soutenir
ceux qui font perdre la droite.
Vive Nadine
Morano ! Vive Nicolas Sarkozy ! Vive Christine Boutin ! Vive
Brice Hortefeux ! Vive Jean-François Copé ! Vive Patrick Balkany et
Madame ! Vive Marc Le Fur !
Vive Thierry Mariani ! Vive Henri Guaino ! Vive Claude Guéant !
J’ai oublié
quelqu’un ?