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21 juillet 2014

Les VTC s'égarent en double file

J’ai beaucoup défendu les VTC face aux taxis. Il n’empêche que les VTC manifestaient aujourd’hui contre une des dispositions de la loi Thévenoud, récemment adoptée à l’Assemblée Nationale : « Art. L. 3122-13 (nouveau). – Dès l’achèvement de la prestation commandée au moyen d’une réservation préalable, le conducteur d’une voiture de transport avec chauffeur dans l’exercice de ses missions est tenu de retourner au lieu d’établissement de l’exploitant de cette voiture ou dans un lieu, hors de la chaussée, où le stationnement est autorisé. »
Je traduis : après une course le VTC sera obligé de se garer dans un endroit où c’est autorisé. En français : ils ne pourront plus stationner en double file ou dans les « dépose minute » des gares et aéroport.
Seuls les taxis pourront stationner dans des endroits qui leurs sont réservés.
M’est avis que les VTC pourraient ronchonner pour d’autres dispositions du texte, comme l’interdiction d’utiliser la géolocalisation, ce qui est une aberration.

24 avril 2014

Moderniser les taxis ?

Thomas Thévenoud, député PS, a sorti un rapport sur les taxis et les véhicules avec chauffeur. qui sera présenté cette après-midi au premier ministre. On connaitra alors le détail mais la mesure la plus emblématique est l’interdiction par les sociétés de VTC de fournir à leurs clients des applications pour smartphones permettant d’indiquer la localisation des voitures les plus proches. Je suppose que M. Thévenoud, s’il avait été député il y a 40 ans, aurait interdit l’utilisation du téléphone pour avoir un taxi…

Les taxis et les sociétés de VTC ne sont pas contents.

Cela étant, je ne vais pas développer, j’ai suffisamment fait de billets à ce sujet. Il n’empêche que la presse nous dit que le texte vise essentiellement à moderniser les taxis. Je doute qu’il revienne à la loi de moderniser une profession.

La loi est faite, en l’occurrence, pour protéger les consommateurs ou les salariés pas pour protéger des professionnels sauf sur un point : la question des licences. On ne va pas spolier ceux qui ont acheté une licence pour avoir un taxi.

Encore que… Une vraie modernisation de la profession serait d’interdire la vente des licences, licences qui ne devraient être utilisées que pour vérifier que le taxi respecte la tarification.

En l’occurrence, si les taxis veulent mettre en place des forfaits pour les aéroports, pour la prise en charge ou des couleurs pour les voitures, il leur revient d’en faire la demande au ministre de tutelle et de montrer qu’ils sont majoritairement d’accord pour se fixer des contraintes supplémentaires. Ce n’est pas à un député de faire une proposition, surtout s’il est du PS.

Si les taxis veulent mettre en place une application smartphone pour que l’on puisse les appeler, c’est à leur organisations syndicales de le faire, pas au législateur. Pour un peu, il faudrait créer un service public au service des chauffeurs privés.

Cette histoire sombre dans le grand Guignol. D'ailleurs, dès que je tombe sur le rapport, je le lis pour trouver des perles pour un billet.

13 février 2014

Réformons les taxis avant de reprendre une bière

Avec leur grève, les chauffeurs de taxi ont obtenu le report des réunions de la Commission d’immatriculation des VTC jusqu’à la fin de la médiation menée avec les syndicats de taxis. J’ignorais qu’il fallait une commission pour immatriculer des bagnoles et ce système de taxi me parait de plus en plus grotesque.

Je vais spécialiser mon blog dans les taxis et commencer par proposer une refonte complète mais progressive de ce système.

Je vais néanmoins préambuler en résumant le communiqué de Matignon. La loi de 2009 est mal branlée. Quand la gauche est au pouvoir, elle commence par réparer les dégâts provoqués par la droite. Des nouvelles consultations vont être lancées pendant deux mois ce qui me donnera l’occasion de faire des jolis billets. Les immatriculations de nouveaux véhicules sont bloquées pendant cette période. Les contrôles de police seront renforcés. « Ils portent notamment sur l’utilisation des couloirs de bus à Paris, sur le non stationnement des VTC aux abords des gares et des aéroports, et sur le respect du principe de la réservation préalable par les VTC. » Je vais à nouveau donner mon avis : j’en ai ma claque de ces âneries et des reculades du gouvernement surtout sur un tel sujet… La disparition des taxis est inéluctable. Organisons-là.

Proposition de loi

Article 1 : aucun véhicule individuel à part ceux des services de sécurité et de dépannage des moyens de transport en commun vachement pressé parce qu’un bus en panne va provoquer un bouchon n’a le droit de circuler dans les couloirs de bus.

Bordel ! C’est vrai, quoi ! Pourquoi un taxi aurait le droit d’utiliser des couloirs de bus ? Le type qui est dedans un type qui a choisi de ne pas prendre les transports en commun. Qu’il assume. Il n’y a aucune raison d’avoir un privilège. Ou alors pourquoi ne pas étendre ce privilège à tous les zigotos qui utilisent les véhicules pour travailler. Il n’y a pas que les taxis qui marnent, si je puis me permettre ce jeu de mot un peu douteux.

Article 2 : n’importe qui a le droit de stationner dans les parkings des gares et des aéroports, du moment qu’il respecte le code de la route. Par contre, si un policier surprend un type à négocier dans les emplacements de « dépose rapide », il a le droit de donner des coups de pied au cul et de retirer des permis.

Un peu de bon sens, que diable. Comment voulez-vous empêcher une voiture de se garer à Orly ?

Article 3 : la licence des taxis est maintenue. Elle autorise à « faire de la maraude », c’est-à-dire à prendre en charge des clients qui lèvent le bras dans la rue comme des imbéciles. Elle autorise aussi à stationner et à prendre en charge des clients dans des lieux réservés que nous appelleront affectueusement « station de taxis ».

Je vais me permettre de donner des conseils à Sylvia, Jean-Marc et Manuel : dites-donc, les gens. Un de ses jours, vous ne serez plus ministres et vous chercherez du boulot. Pour vous payer vos bières, vous pourrez véhiculer des copains avec votre voiture moyennant quelques euros. On appelle ça du travail au noir. C’est mal. Il n’empêche que personne ne pourra vérifier… Si vous êtes interrogé par la police, vous pouvez nier toute rémunération. Vous n’avez d’ailleurs pas à justifier de ce que vous faites de votre putain de bagnole. Il y a encore un peu de libertés, dans ce pays.

Article 4 : cette histoire d’immatriculation spéciale pour les VTC est supprimée. N’importe qui a le droit d’avoir une caisse et d’en faire ce qu’il veut dans le cadre du code de la route. Ceci est une mesure pour éviter le travail au noir. Le gouvernement est invité (par la loi…) a travailler en toute intelligence avec les sociétés de VTC afin de s’assurer qu’elles soient fiscalisées normalement…

Article 5 : le gouvernement est invité à envoyer chier les taxis et leurs revendications débiles qui datent de la fin du 19ème siècle (le taximètre a été inventé en 1891, au moins vous aurez appris quelque chose dans ce billet dont le titre ne sera pas : taxi, va te faire mettre, la blogosphère politique ne connaitra pas cette infamie).

Article 6 : en application de l’article 3 (cette loi est un peu en bordel mais je débute), les connards qui seront pris en train de faire du racolage dans les gares et les aéroports en vue de transporter des gens sera condamné à négocier une GPA avec Christine Boutin.

Article 7 : tant que j’y suis. Le gouvernement devra travailler à optimiser le fonctionnement des taximètres en augmentant le montant minimum d’une course pour faire plaisir aux taxis et en affichant à l’avance le prix de la course qui sera calculé par le grand ordinateur en fonction du trajet le plus court possible en profitant des nouvelles technologies. Le coût de la course sera calculé du lieu de départ au lieu d’arrivée en fonction du temps prévisible et du kilométrage (les « prises en charge » seront remplacées par ce tarif minimum et les taxis n’ont pas à facturer le trajet jusqu’au lieu de prise en charge) et un ticket sera délivré. Le montant minimum sera fixé à 20 euros dans les gares et les aéroports aux heures de pointe et à 10 euros ailleurs.

Cet article mériterait des explications mais je n’ai pas que ça à foutre. Vous n’ont plus d’ailleurs.

Article 8 : il est interdit aux taxis et aux VTC de mettre RTL à la radio entre 16 heures et 18 heures. Ce n’est pas du snobisme de ma part, il m’arrive d’écouter les Grosses têtes, mais je ne supporte pas qu’on m’oblige à écouter les Grosses têtes quand je n’ai pas envie. Tiens ! Il est interdit de mettre la radio dans les taxis et les TVC sauf France Info à toutes heures, RTL entre 18h et 19h et France Inter entre 13h et 13h et entre 19h et 19h20.

Article 9 : tant qu’à modifier le taximètre pour lui faire calculer le prix de la course à l’avance, les zones seront supprimées. Les sociétés de taxi et le gouvernement négocieront les paramètres du grand ordinateur qui seront pris en compte pour le calcul a priori du prix d’une course. Le type de véhicule pourra être pris en compte dans le calcul.

C’est quand même délirant, cette histoire ! Non seulement, les taxis nous font chier mais, en plus, c’est une des rares professions de consommation courante pour lesquelles il est impossible de connaître le prix à l’avance. Vous achetez un truc (une course), vous vous engagez à payer alors que vous ne connaissez pas le montant. Mes articles 7 et 9 sont très bien, en fait. Et en plus, vous payez le même prix si vous êtes transporté dans une voiture pourrie que dans une caisse de luxe.

Ne me dites pas que je suis élitiste. Je me fous des caisses de luxe mais c’est complètement con de payer le même prix pour une voiture moins polluante, moins consommatrice et qui coûte moins cher au propriétaire…

Article 9 bis : la modulation en fonction de la catégorie du véhicule ne sera pas possible quand le client n’a pas le choix : prise en charge en gare ou aéroport, maraude,…

Article 10 : il est possible de négocier le prix d’une course lorsque la voiture est réservée (téléphone, application mobile,…). Le prix négocié sera saisi dans le taximètre et le client aura un ticket avec les deux tarifs : celui normal calculé par le grand ordinateur et celui négocié.

Je ne vois pas pourquoi un type serait obligé d’appliquer un tarif en vigueur s’il doit se lever à quatre heures du matin pour aller chercher des ivrognes en boite de nuit. Et je ne vois pas pourquoi un client fidèle ne pourrait pas obtenir une ristourne.

Article 11 : les taxis ne pourront pas refuser le paiement par carte. Dans ce cas, le paiement sera géolocalisé. Ne me demandez pas pourquoi.

Article 10 bis : j’ai oublié un truc. Les conditions de négociation « à la hausse » du tarif seront fixées par décret. Je n’aime pas ça mais il faut aussi protéger les touristes qui pourraient se faire baiser.

Article 12 : si un client est seul, il s’installera à l’avant. On a obtenu l’abolition des privilèges. C’est quoi cette manie de se croire riche quand on prend un taxi ? Le chauffeur n’est pas un esclave mais un prestataire de service. Sans compter que c’est beaucoup plus confortable d’être à l’avant.

Article 12 ter (il n’y a pas de bis mais on ne sait pas ce qui pourrait arriver) : si un client est seul et bourré et insiste pour aller à l’arrière, le chauffeur est autorisé à mettre un suroit pour parer au vomi.

Article 13 : il est rappelé aux taxis que certains articles de cette loi vont faire qu’ils vont concurrencer les VPC alors qu’ils arrêtent de ronchonner. Cet article ne sert à rien mais comme le numéro porte malheur, on va éviter de faire des trucs sérieux.

Article 14 : sur dix ans, il sera mis en place un dispositif négocié qui mette fin à la spéculation sur le prix des licences. A partir de février 2024, il sera interdit de vendre une licence à un tarif plus élevé qu’à un prix fixé (par secteur géographique) en février 2019. Vous avez vu ? Elle est bien étudiée, cette loi ! Et je n’ai pas fini.

Article 14 bis : à partir de février 2029, les licences pourront être rachetées par l’Etat à un prix fixé en février 2024 et progressivement dégressif. Ou dégressivement progressif, c’est selon. Elles seront alors louées à des particuliers à un prix également fixé en février 2024 mais après l’apéro. L’Etat aura obligation de les racheter aux vendeurs qui le souhaitent mais n’aura pas l’obligation de payer : l’ancien propriétaire pourra la conserver en location gratuite autant de tant qu’il le voudra. En cas d’arrêt prématuré de la location gratuite (décès, retraite, ras-le-bol,…), tant pis pour sa gueule : la licence reviendra à l’Etat. Une sous-location est interdite.

Arrêtez de gueuler ! La sous-location est interdite, pas la vente de la société loueuse de la licence ou l’emploi d’un autre chauffeur.

A partir de 2039, les licences reviendront à l’Etat. Ceux qui ne sont pas passé en location l’auront dans l’os et tout le monde paiera la location (plus de gratuité).

Article 15 : à partir de février 2024 (je récupère la date, tiens !), la location de licence sera interdite. Le chauffeur propriétaire de la licence n’est pas concerné, par définition, par cet article mais les chauffeurs qui n’ont pas la licence devront obligatoirement être salariés de la société propriétaire des licences.

Article 15 bis : le mode de rémunération sera fixé par secteur : une part fixe (avec un salaire minimum) et une part variable en fonction du chiffre d’affaire. L’Etat devra superviser cet accord pour vérifier que les chauffeurs ne se font pas baiser si les chauffeurs n’arrivent pas à s’organiser pour négocier correctement leurs droits, les andouilles.

Article 15 ter : la durée hebdomadaire maximum de travail sera également négociée indépendamment du droit du travail actuel (je ne vire pas à droite, rassurez-vous, réfléchissez bien aux particularités de la profession) et les horaires de travail seront précisés dans le contrat de travail (mais modifiables aisément et fréquemment). Je manque de précision dans cet article mais j’ai la flemme.

Article 16 : à partir de hier, les nouvelles licences seront proposées en location (par tirage au sort) à un prix relativement élevé (faut bien gagner de l’oseille) mais qui baissera d’année en année. En 2039, le coût de location servira uniquement à payer les frais de gestion potentiels pour l’Etat qui n’a pas que ça à foutre.

Article 17 : à partir de 2039, les taxis n’auront plus le droit de gueuler si un gouvernement décide de supprimer la notion de licence.

Article 18 : il est acquis que la licence, si elle perdure, ne servira qu’à réguler l’offre. Le fait de donner un droit à un travail n’en est qu’une conséquence malheureuse.

Article 19 : il est acquis aussi (mais à qui au fait ?) que si le tarif est fixé en partenariat avec les collectivités, c’est uniquement pour éviter que les touristes ne se fassent baiser la gueule.

Article 20 : ce texte de loi est déclaré bien chiadé. Les taxis vont devenir des entreprises normales avec des salariés normaux ou sans salarié et auront une valeur en fonction du chiffre d’affaire, du résultat,… et plus sur la base d’un prix évalué par les marchés sur la base d’une valeur qu’on donnerait au permis d’exercer une activité soumise à autorisation préalable.

Et hop !

Ne me remerciez pas.

12 février 2014

Les taxis de la larme

Les taxis sont en grève. J'en ai déjà parlé : ils subissent une nouvelle concurrence, de la part des VTC qui n'ont pas leurs contraintes. Le gouvernement n'avait pas écouté mon avis et tenté de les aider en instituant un délai entre la réservation d'un véhicule et la prise en charge du client. On voit assez facilement que ça ne tient pas la route. D'ailleurs, le Conseil d'Etat, dans sa grande sagesse, s'est rangé à mon avis (je me comprends).

Les commentateurs de mon blog échangeaient gaiement pour trouver une solution mais quand ça ne veut pas, ça ne veut pas. D'où mon adage : quand un problème n'a pas de solution, ne perdons pas de temps à en chercher une et allons directement au bistro. On appelle cela du pragmatisme social-démocrate.

Étant au bistro en train de déjeuner, je peux récapituler le problème. Les taxis qui ont acheté une licence subissent une concurrence de la part de lascars qui n'ont aucune contrainte à part avoir une voiture, un permis de conduire, un smartphone et un taux d'alcoolémie relativement bas. Ce système pourrait se généraliser. Quand vous chercherez "un taxi", vous n'aurez plus à lever le bras bêtement mais à cliquer sur un machin de votre téléphone geolocalisé.

On appelle cela le progrès. C'est donc de gauche.

Il n'empêche que les taxis qui ont acheté une licence (240000€ à Paris, tout de même) de retrouvent couillonnés puisque cette licence ne vaudra pas plus qu'un fut de bière lors de ma sortie du bistro. Si le montant atteint ce niveau, c'est à cause de la spéculation. Si les taxis perdent tout, on peut légitimement se foutre de la gueule des chauffeurs  ou des sociétés qui les ont achetées puisque le but était de gagner du pognon avec.

Il n'empêche nous sommes humains et l'humain d'abord... Des braves gens se sont endettés pour pouvoir travailler. Notre considération doit dépasser le stade de la larmichette d'autant que, à la base, c'est l'Etat qui a mis en vente ces licences ce qui n'a pas été sa meilleure idée. Mais, à cette époque, on ne savait pas qu'en lançant une application sur un iPhone, une voiture allait arriver.

Le système est bien complètement con à la base. Pourquoi faut-il une licence pour transporter quelqu'un contre rémunération ? Que la profession soit réglementée pour protéger les consommateurs est une chose, qu'on mette en place un système de licence, une autre.

Je résume : les VTC vont se développer et les mecs qui ont acheté une licence vont l'avoir dans l'os. C'est inéluctable. Avec leur grève, les taxis obtiendront peut-être un délai. De manière pratique, casser une décision du Conseil d'Etat me parait difficile, mais je n'y connais rien. Il faudrait peut-être légiférer mais :
-         la gauche peut difficilement faire une loi allant à l'encontre des intérêts des consommateurs,
-         la droite passerait pour un ramassis d'imbécile si elle se mettait à faire des lois antilibérales.

Il n'y a pas à tortiller du cul pour chier droit. Les taxis l'ont dans l'os. L’Etat ne peut pas les indemniser ou racheter les licences dans la mesure où leur prix a été fixé par la spéculation.

Il ne reste plus qu’à fournir les mouchoirs en papier.

05 février 2014

Taxis aphones

Voila une alerte du Figaro reçue à l’instant : « Le Conseil d'État a suspendu mercredi l'exécution d'un décret contesté par les sociétés de Voitures de tourisme avec chauffeur (VTC) qui leur imposait des contraintes à la réservation qu'elles estimaient trop favorable aux taxis.

Saisi en référé, la haute juridiction administrative a décidé de suspendre le délai de 15 minutes entre la réservation et la prise en charge du client imposé aux VTC, jugeant que le décret "porte une atteinte grave et immédiate aux intérêts économiques" des sociétés requérantes, parmi lesquelles la société Allocab, à l'origine de la demande. Le Conseil d'Etat devra se prononcer sur la validité du décret.
 »

Les taxis vont donc gueuler mais je dois avouer que je n’avais pas admis la décision de notre gouvernement. La gauche n’a pas à aider une profession qui lui est particulière hostile, qui est une des plus réglementée (il faut acheter une licence pour pouvoir travailler) mais qui se revendique du libéralisme.

Point barre.

Il faut savoir vivre avec son temps… On a un smartphone, on clique, la voiture arrive.

Rappelons que la maraude (la circulation dans les rues pour attendre d’être héler par un client) ne sera pas possible pour les VTC vu qu’elles n’ont pas de signalétique. La concurrence pour les taxis sera donc limitée : ils peuvent aussi faire des applications.

La seule chose dont doit s’occuper la puissance publique est la problématique de la régulation de la circulation dans les stations et, par conséquent, dans les forts lieux de prise en charge, comme les aéroports et les gares.

Voila mon avis et c’est probablement tout ce que vous aurez sur mes blogs, aujourd’hui, vu la quantité astronomique de travail qui m’attend en cette période.

14 octobre 2013

Les taxis en concurrence

Les VTC semblent en train de perdre leur bataille contre les taxis. Les véhicules de tourisme avec chauffeurs sont des concurrents de ces derniers qui leur reprochent de leur faire une concurrence déloyale en prenant, illégalement, des clients « à la volée » (Hep ! Taxi !) ou dans les gares et aéroports.

Je ne vais pas refaire mon billet de la semaine dernière mais je n’aime pas le système de licence pour les taxis. Je pense que la licence devrait être là uniquement pour protéger les clients en garantissant la conformité du compteur, par exemple. Pour le reste, je ne vois pas pourquoi un type serait obligé de payer 200 000 € pour avoir le droit de travailler.

A l’origine, les VTC étaient des limousines avec chauffeurs, essentiellement louées par des stars ou des riches. Avec le développement des applications pour smartphones, la géolocalisation,… ils ont progressivement eu une clientèle plus large et se sont mis, effectivement, à concurrencer sérieusement les taxis. Ces sociétés ont pu se développer grâce à une déréglementation lancée en 2009 par le gouvernement Fillon.

Comment ça marche ?

Différentes sociétés offrent le service (Uber, Voitures jaunes, SnapCar, LeCab, Chauffeur-privé), essentiellement dans les grandes villes (exclusivement à Paris pour certaines d’entre elles, d’ailleurs). Le fonctionnement est globalement le même : vous téléchargez une application dans votre mobile, vous vous identifiez et rentrez vos coordonnées bancaires.

Quand vous avez besoin d’une voiture, vous cliquez sur un truc : le machin vous trouve un VTC de la société à proximité grâce à la géolocalisation. Et hop ! Les applications ont différentes fonctionnalités (prévoir le prix de la course, estimer les délais, réserver à l’avance,…). Une des caractéristiques est que le paiement se fait au travers de l’application qui gère tout, contrairement aux taxis où le paiement se fait en fin de course.

Les grandes sociétés de taxis parisiens ont également des applications pour smartphone mais sans identification préalable du client. Il m’arrive d’en utiliser pour des clients de la Comète…

Mais ce sont bien les nouvelles technologies qui ont permis d’ouvrir une concurrence aux taxis : vous n’avez plus besoin de connaître un numéro de téléphone pour appeler un taxi... Le système favorisait les grandes sociétés parisiennes.

Et alors ?

Les VTC étaient donc, à l’origine, des concurrents directs pour les taxis sauf :
-         pour la prise en charge à la volée (la « maraude »),
-         pour la prise en charge dans les stations de taxis, dont, en particulier, les gares et les aéroports.

Les VTC se sont mises à concurrencer les taxis sur tous leurs marchés, créant ainsi une concurrence déloyale dans la mesure où les taxis ont des contraintes supplémentaires. La maraude n’est pas spécialement un problème : les VTC, contrairement aux taxis, ne sont pas identifiables visuellement. Les clients ne peuvent donc pas les héler.

Par contre, les VTC se sont mis à faire du racolage autour des gares et des aéroports. Pour résumer, ils attendaient dans des coins discrets… Evitant aux clients de faire la queue et permettant aux VTC de griller la priorité aux taxis, évitant leurs propres temps d’attente aux heures de pointe.

Les taxis ont donc appelé le gouvernement à l’aide pour lui demander de renforcer la loi à défaut de la faire appliquer. Ils voulaient un délai d’au moins une heure entre la réservation et la prise en charge. Un système avait été imaginé par nos pouvoirs publics : un délai d’un quart d’heures serait nécessaire mais sauf pour les abonnés. Les chauffeurs de taxis n’étaient pas satisfaits ce qui est logique (les utilisateurs sont tous abonnés…).

Finalement, vendredi soir, Sylvia Pinel et Manuel Valls ont tranché.


Tout d’abord que la loi pondue par le gouvernement précédent, en juillet 2009, a bien créé le bordel. La concurrence ne doit s’exercer que sur la réservation préalable (la « maraude », prise en charge sur la voie publique) doit être réservée aux taxis.

Il est décidé que :
-         Le délai de 15 minutes pour les VTC s’appliquera à tous les clients (sauf pour les hôtels et les salons professionnels),
-         1000 licences supplémentaires de taxis seront ouvertes à Paris mais les conducteurs concernés devront s’engager à travailler aux heures chargées.

Ce que j’en pense ?

Ce délai est grotesque. Si je sors d’une réunion (ou du bistro) et que je veux appeler une voiture, si elle est disponible dans le quartier, je ne vois pas pourquoi j’attendrais un quart d’heure. J’imagine la voiture en double file devant le bistro ou le bureau et moi sur le trottoir à attendre…

Ce que je pense, aussi, c’est qu’un gouvernement de gauche devrait envoyer chier les taxis : de toute manière, ils ne votent pas pour lui. Ce mode de transport « alternatif » va se développer. Le mode de fonctionnement des taxis dans les grandes villes ou très grandes villes est obsolète. On a un smartphone, on clique, la voiture arrive. Que demander de mieux ?

Le métier de taxi n’est plus le même. Les taxis devaient avoir des épreuves pour montrer qu’ils connaissaient la ville, notamment à Paris. Les systèmes d’assistance à la conduite sur la base des GPS rendent obsolète cette exigence. Les taxis doivent passer des visites annuelles pour la mise à niveau des compteurs. La facturation sur la base d’applications informatiques basée sur la géolocalisation ne nécessite plus ces contraintes. Les chauffeurs de taxis ont un tas d’examen à passer (français, gestion,…) qui ne sont plus nécessaires.

Les taxis ont un avantage : ils sont identifiables. Ils ont un truc sur le toi qui dit qu’ils sont taxis et s’ils sont libres ou non. Ce machin leur donne la possibilité d’emprunter les couloirs de bus, ce qui est vraiment un plus en région parisienne (et dans toutes les villes, je suppose).

Ce que j’aurais fait ?

S’il fallait vraiment faire quelque chose pour protéger les taxis, c’est de lutter contre la concurrence dans les lieux tels que les gares ou les aéroports, voire toutes les stations de taxis. On va le formuler autrement. Compte tenu des contraintes des taxis, ils devraient être les seuls à pouvoir attendre les clients dans des endroits identifiés par ces derniers, sans réservation préalable.

Je suppose que les taxis auraient été contents si on leur avait accordé un délai d’une heure entre la réservation et la prise en charge à moins de 300 mètres d’une grande gare et un kilomètre d’un aéroport. Mais c’est bien pour leur faire plaisir… Et pour permettre une bonne régulation de la circulation des véhicules dans les zones concernées.

A une époque, je prenais souvent le taxi à Montparnasse vers 22h30 quand je rentrais de Bretagne, ne voulant pas faire le trajet de nuit vers la banlieue. Il m’arrivait aussi de le prendre à Orly mais j’avais mal au cœur pour le chauffeur qui aurait eu un long temps d’attente pour une course d’un montant réduit (j’habite relativement près d’Orly). Le problème central est là : des centaines de personnes attendent des voitures et des centaines de voiture attendent que les précédentes soient passées pour prendre des clients.

Si les VTC se développent et si les clients prennent l’habitude de les utiliser, la circulation sera rendue infernale dans les aéroports et les gares.

Pour le reste, qu’ils se débrouillent…

10 janvier 2013

Hep ! Taxi !

Mon Dieu ! Les taxis sont en grève. La profession où les gens sont les plus libéraux mais où le métier est le plus réglementé… Les pauvres, ils vont subir la concurrence des motos et des voitures avec chauffeurs. Les pauvres, ils vont moins bénéficier de l’argent public pour servir d’ambulances.

Etre en concurrence, c’est affreux ! Ils sont sûrement les premiers à gueuler contre la SNCF et la RATP qui ont des monopoles. Eux ils préfèrent la concurrence. Mais en circuit fermé.

Tiens ! Faites une recherche dans Google de « Prix d’une licence de taxi parisien ». La première réponse obtenue est : 135 000 euros. Un petit jeune qui débarque et qui voudrait être taxi, après avoir passé les « diplômes » correspondants devra ensuite débourser 135 000 euros de sa poche pour avoir le droit de travailler.

Ou alors, il travaillera pour une grosse compagnie mais ne gagnera pas sa vie.

Pendant ce temps, les grosses compagnies achètent des licences et les louent à des petits jeunes. Je parle souvent des bistros, ici, et du problème du coup du fond de commerce, en plus du loyer pour les murs. Pour les taxis, c’est pareil, même pire : ils n’ont quasiment aucune chance de gagner vraiment du pognon.

Le vieux taxi qui part en retraite est content. Il va vendre sa licence et avoir plein de sous pour s’acheter un pavillon à la campagne et voyager.

J’adore ces libéraux (ben oui, vous connaissez beaucoup de taxis qui votent à gauche ?) qui veulent le beurre et l’argent du beurre.

Je leur propose donc deux évolutions au choix.

La première : on dérèglemente la profession, par exemple en augmentant le nombre de licences de taxis Parisien.
La deuxième : on supprime la valeur marchande de la licence en empêchant sa transmission. Elle correspond à un droit au travail. C’est con d’acheter un droit au travail et ça me parait assez peu conforme aux valeurs du libéralisme. Les licences seront attribuées par tirage au sort quand un taxi prendra sa retraite.

Note pour moi-même : ne pas faire l’amalgame entre les taxis Parisiens et les autres qui sont fort aimables.

12 août 2010

Hep ! Taxi !

Il y a des braves gens, j’arrive très bien à comprendre pourquoi ils votent à droite.

Tiens ! Un jeune ouvrier. Il veut travailler plus gagner plus, veut des niches fiscales pour payer moins cher son appartement, s’en fout de la sécurité car il est costaud, est à 35 ans de la retraite et sait bien qu’il est crétin de spéculer sur du long terme, il est en pleine santé et ne tombera jamais malade et a des parents pour garder ses chiares quand ils seront malades.

Et en plus, les bistros sont plein d’étrangers faisant monter le tarif de la bière par simple effet de la loi de l’offre et de la demande.

Tiens ! Un vieux. Il est à la retraite, les autres peuvent bien travailler pour lui la payer car il a bossé toute sa vie pour payer celle des autres, il a besoin de sécurité, de caméras de vidéosurveillance partout de toute manière il n’a rien à cacher, il regarde le journal de 20 heures de TF1 et voit les autorités afficher des discours de fermeté, il est rassuré alors que les gauchistes ne sont rien que des laxistes qui veulent éduquer les délinquants.

Et en plus, les bistros sont plein d’étrangers faisant monter le tarif du gros rouge par simple effet de la loi de l’offre et de la demande.

Par contre, il y a des catégories professionnelles qui me font rire.

Les patrons de bistro, par exemple. Tu passes ta vie à bosser comme un taré pour payer un loyer à un propriétaire (sauf si tu as hérité) tout en gagnant du pognon grâce à des pauvres qui dépensent leurs prestations sociales chez toi. Mais ce ne sont pas les patrons de bistros qui sont dans mon viseur ce matin.

Et en plus, les bistros sont plein d’étrangers faisant baisser le tarif du plat du jour par simple effet de la loi de l’offre et de la demande, notamment en période de ramadan.

Mais les taxis.

J’en connais quelques uns, dont Marcel Le Fiacre, heureux retraité. Ils sont tous à droite. Bien à droite. Philippe de Villiers passerait pour un dangereux communiste, face à eux.

Forcément. Les licences sont tellement chères qu’elles sont achetées par des multinationales cotées en bourse qui font travailler de la main d’œuvre étrangère parce que c’est moins cher.

Et en plus, les bistros sont plein d’étrangers faisant monter le tarif du café par simple effet de la loi de l’offre et de la demande.

180 000 euros la licence, qu’ils disaient à la radio ce matin. Les taxis votent à droite aussi au nom du libéralisme alors que pour avoir le droit de bosser, il faut commencer par cracher le prix d’un deux-pièces en petite couronne. Tu parles d’une liberté !

Tous les habitants du Kremlin-Bicêtre ont une dent contre les taxis. Sauf Marcel. Au nom de la liberté, les taxis refusent de te prendre au Kremlin-Bicêtre pour aller à Orly : la course n’est pas assez longue, ça ne rapporte pas assez d’oseille. Je pense qu’il y a une formation, à l’école des taxis, la règle numéro un : ne jamais passer à vide par le Kremlin-Bicêtre, vous risqueriez d’avoir une course de merde.

Néanmoins, je comprends qu’il vote à droite. A la radio, ce matin, ils passaient un reportage sur la lutte contre les taxis clandestins. Le pognon dépensé par les pouvoirs publics pour lutter contre semble impressionnants ! A la limite plus que contre les pédophiles, les trafiquants de drogue et les terroristes. Il FAUT lutter contre les taxis clandestins. D’une part, il y a beaucoup d’étrangers, on arrivera bien à en arrêter un sans-papier et à l’expulser. D’autre part, c’est absolument lamentable que des gens utilisent leurs propres voitures pour amener des gens de Roissy au Kremlin-Bicêtre sans avoir dépensé 180000 euros pour avoir le droit de le faire. Du coup, ils ne sont même pas endettés jusqu’au cou auprès d’une banque ou exploités par une multinationale cotée en bourse. Lamentable.

Il faut aider les taxis. A se rendre compte de leur propre connerie. Forcément, quand des types qui refusent de payer une licence pour avoir le droit de bosser gagnent plus d’oseille qu’eux…