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19 octobre 2014

Vive le libéralisme, sauf le dimanche !

Parmi la chose politique de la semaine, il y en a une que je n'ai pas vraiment eu le temps de commenter dans mon blog : les annonces du ministre de l'économie Emmanuel Macron et des réactions qu'elles ont suscitées à gauche. Ca tombe bien, c'est aujourd'hui que Martine Aubry fait son vrai retour dans la presse en exigeant une réorientation de la politique économique. C'est elle qui soutenait Dominique Strauss-Kahn.

La vrauche a évidemment qualifié ces mesures de libérales, voire ultra libérales, la honte et tout ça mais a gueulé aussi quand Macron a fait des retours arrières : il est à la solde des lobbies de droite et tout ça aussi.

C'est bien rigolo. Le plus drôle étant l'Humanité qui qualifie les mesures de réactionnaires. Favoriser le travail du dimanche, c'est réactionnaire ? Torpiller les professions réglementées, c'est réactionnaires ? C'est vraiment n'importe quoi. En s'opposant au changement, l'Humanité qualifie les autres de réactionnaires. On croît rêver.

Les mots ont un sens, que diable ! Tiens ! Libéral : quel mal à libérer les professions réglementées ? En quoi pourrait-on considérer que casser des monopoles privés ne pourrait pas être de gauche. Un autre exemple : pourquoi les idées d'Emmanuel Macron de favoriser l'actionnariat salariés – à part le fait que les actions, c'est mal – serait-il mauvais ? Surtout quand ce sont des lascars qui préconisent la propriété de l'outil de travail par les salariés, ils ne pourraient pas devenir propriétaires de leur boite ?

Il n'y a qu'une seule vraie connerie, dans les propositions de Macron, la libération partielle du travail le dimanche. C'est une connerie pour un tas de raisons, la principale étant que c'est un leurre – qui plus est bien de droite, lui – qu'en travaillant plus, on pourra faire redémarrer l'économie. C'est faux ! Ce n'est pas parce que les gens dépenseront leurs sous le dimanche qu'ils en auront plus à dépenser.

Je vais donc faire une suggestion à notre jeune ministre de l'économie à propos de ce dossier. Petit 1 : aucune tolérance à la règle de la non ouverture des magasins le dimanche ne doit être accordée. Les contrevenant se verront enfoncer une statue gonflable de Mac Carthy dans un orifice tiré au sort. Petit 2 : les magasins auront le droit d'ouvrir tous les dimanches qu'ils veulent jusqu'à n'importe quelle heure dans des zones touristiques déterminées avec sagesse (les Grand Boulevards, à Paris, sont une zone touristique, contrairement au centre commercial des quatre temps, à La Défense). Petit 3 : les zones commerciales éloignées des centre-villes ou des centres d'activités touristiques ou de loisir ne pourront en aucun cas être reconnus en zone touristique. Petit 4 : même en centre-ville, les commerces qui ne peuvent prétexter aucun caractère touristique, comme les marchand de bricolage, les jardineries, ne pourront pas avoir de dérogation pour ouvrir le dimanche.

Ne chions pas sur le libéralisme, on se trompe de cible.

Hier soir, j'étais au bistro. Il n'y avait pas trop de monde, la soirée était sympa. J'en ai passé une partie à discuter avec le patron. A 0h35, il a sonné une première fois la cloche. Les clients connaissent : il ne va pas tarder à fermer, ceux qui ont encore soif peuvent encore passer une dernière commande. A 0h45, il a sonné une deuxième fois. Service terminé. A 0h50, il a commencé à prier les gens de régler leurs consommations et de partir. A 0h59, il a commencé à se fâcher. Il y avait un groupe de lascars qui faisaient la foiridon, qui voulait rester. A 0h05, tout le monde était sorti, y compris moi. Nous avions 5 minutes de retard, peut-être un peu moins. Si les gendarmes étaient passé devant, ils auraient pu faire un constat et obtenir une fermeture administrative de la boutique.

Ils ne sont évidement pas si cons : dans la mesure où il n'y a pas de problème de délinquance, de tapage nocturne, d'alcoolisme sur la voie publique, nos valeureuses forces de l'ordre n'ont aucune raison d'emmerder les commerçants.

Il n'empêche que, à Loudéac (comme dans tout le département), les bistros doivent fermer à 1h du matin le vendredi et le samedi. Pourquoi ce texte ? Pourquoi le patron n'aurait-il pas pu décider de fermer plus tard, hier, alors que nous n'étions pas nombreux, que tout se passait bien, que, de toute manière, la serveuse aurait pu faire le ménage dans la salle pendant que nous buvions le dernier verre... ?

Ce sont peut-être bien des textes réactionnaires qui imposent cet état de fait. De la sécurité, lutter contre les jeunes qui s'amusent, boivent, font du bruit.

Au nom du libéralisme, je demande leur suppression.

Si tu n'es pas d'accord et te prétends de gauche, réfléchis bien...

08 avril 2014

Dépasser le libéralisme et l'antilibéralisme

« Les Français sont parmi les plus ignorants des habitants des pays de l’OCDE en matière d’économie (macro et micro) et de finance (suffit de lire les bdg [blogueurs de gouvernement], les blogueurs degôches et les blogueurs d’extrême droite pour s’en rendre compte) il est donc plus ou moins logique que Montebourg puisse dire tout et n’importe quoi sans que la presse ou le peuple n’ait quoi que ce soit à redire. »

Tel est le commentaire d’un blogueur libéral en peau de fesses dans les commentaires, chez l’Amiral, totalement hors du sujet du billet, d’ailleurs. C’est un principe du libéral : il est persuadé qu’il est le seul à avoir la moindre compétence en économie.

« Ha bon ? Sarko n’était pas un président ultra-libéral ? J’ai du rater qque chose ces dernières années !! »

Tel est la réponse d’une commentatrice probablement de la gauche de la gauche à ce billet de Stopbashing.

C’est le bordel. Le mot libéral est utilisé à toutes les sauces et les libéraux vivent sur un nuage.

Non, Nicolas Sarkozy n’était pas libéral. Il a dépensé le pognon de l’Etat pour sauver des banques et creuser la dette de 600 milliards. C’est complètement antilibéral. Il a fait un tas de lois allant à l’encontre des libertés, Hadopi en étant le symbole.

El Camino a fait un billet, ce matin, pour commenter un sondage du Figaro à propos des cadres. Peu importe (pour mon billet, hein !) la teneur de ses propos. Le libéral ci-dessus commente : « Juste un truc quand même, heureusement qu'il y a des cadres pour payer des charges et des impôts... » Et il prétend connaître l’économie. Les cadres payent des impôts puisqu’ils sont mieux payés que les autres, ce qui n’empêche pas les autres de payer probablement et proportionnellement plus d’impôts puisqu’ils sont assommés par la TVA vu qu’ils consomment l’intégralité de leurs salaires…

Libéralisme : « Le libéralisme est une doctrine de philosophie politique qui affirme la liberté comme principe politique suprême ainsi que son corollaire de responsabilité individuelle, et revendique la limitation du pouvoir du souverain. »

Tiens ! Il parait que c’est la droite qui a le culte du chef et qui pense que le président doit avoir plein de pouvoirs… Voila donc que la droite est antilibérale et que beaucoup de gauchistes qui pourraient se revendiquer libéraux.

C’est le bordel.

Ce qu'il y a de rigolo, dans le commentaire de l'andouille libérale, c'est qu'il met les blogueurs de gauche et les blogueurs d'extrême droite dans le même paquet alors que les blogueurs dits d'extrême droite sont pour la plupart libéraux ce qui ne les empêche pas de voter pour le Front National qui a le projet le plus antilibéral qui soit, ce qui est évidemment nié par les blogueurs de la gauche de la gauche qui n'ont pas lu le projet du FN. Moi, je l'ai lu, mais pour la culture, seulement, hein !

Et si on en revenait à une bonne vieille relation droite gauche plutôt que d’opposer les cadres et les non cadres ou les libéraux et les antilibéraux… ?

De toute manière, le libéralisme ne passera jamais en France. Vous allez expliquer à des électeurs qu'on leur supprimera la Sécurité Sociale, l'Education Nationale,... 

06 avril 2014

Une ligne sécuritaire et libérale ?

J'aime bien le billet de Nitro_Politic même si je ne le partage pas réellement. A un moment, il évoque « une ligne clairement libérale et sécuritaire » à propos de la politique de nos dirigeants. Je vais lui demander ce que cela veut dire !

Une ligne sécuritaire ?

Veut-il dire par là que la gauche devrait prôner l'insécurité ? J'aime bien ces gens de gauche qui, quand ils constatent que la gauche occupe le ministère de l'intérieur, oublient que ce ministère est là pour faire respecter la sécurité !

Certes, Manuel Valls a dit quelques conneries, notamment que les Roms n'avaient pas vocation à s'intégrer chez nous. Je souhaiterais toutefois bien qu'un type de gauche nous montre des Roms cherchant sérieusement à s'intégrer...

Elle est terrible, la gauche morale ! Je voyais la droite faire campagne dans ma commune, au ras des pâquerettes, sur des thèmes tels que la sécurité alors qu'on n'a aucun problème. Elle a bien failli gagner. Et il faudrait que la gauche soit laxiste par principe, par morale. C'est franchement n'importe quoi !

Il est méchant, Monsieur Valls, il a nommé au gouvernement Madame Taubira qui incarne le laxisme de la justice. Il a intégré une ministre avec qui il s'opposait quand il était à l'intérieur, parce que c'était son job d'alors, en tant que ministre de l'intérieur, dans son gouvernement, pour qu'elle puisse continuer à faire ses réformes...

Une ligne sécuritaire ? Un peu de sérieux !

Une ligne libérale ?

Hier soir, j'étais au bistro. A 0h45, un quart d'heure avant la fermeture, le patron a annoncé qu'il arrêtait de servir et a prié les clients d'accélérer. Il a commencé à encaisser les clients du comptoir, dont moi. A 1h00 je suis parti, presque en retard mais des chieurs avaient du mal à décaniller. A 1h04, j'arrive devant le parking de la gare – à pied – et j'entends un moteur diesel tourner. Intrigué, je regarde autour de moi, une voiture de police était vaguement cachée derrière un bosquet. Elle n'était pas repérable sauf au bruit, donc uniquement par un piéton. J'ai envoyé un SMS au bistro : « tu as gagné ! Ils sont là. Cachés à la gare. Ils ne peuvent qu'attendre le départ des clients après ta fermeture. »

Encore un truc sécuritaire ? La police qui attend la fermeture des bistros pour vérifier qu'ils ferment bien à l'heure légale.

L'heure légale ? Plus ou moins. L'heure de fermeture est fixée par le préfet, je crois. Les bistros peuvent demander une dérogation d'une heure de temps en temps. Avant l'arrivée de Sarkozy à l'intérieur (ou plus exactement d'un nouveau préfet qu'il avait nommé dans le département, n'accablons pas l'ex), la dérogation était permanente pour les vendredis et samedis.

Il n'empêche que je me pose la question : pourquoi l'heure de fermeture des bistros serait-elle fixée par un représentant de l'Etat dans les départements, représentant de l'Etat qui ne peut pas connaître les particularités de mon bistro. Pourquoi existe-il une heure de fermeture, d'ailleurs ? Lutter contre le bruit ? Il y a des lois contre le tapage nocturne... Pourquoi un bistro comme celui que je fréquente, isolé, sans habitants à côté, serait-il concerné par une heure légale ?

Vous me direz que ça arrange bien les patrons pour qu'ils puissent garantir des horaires aux salariés et fermer à une heure. Donc ils entretiennent le système. Vous pensez qu'il suffirait qu'il affiche des horaires sur la porte pour se justifier auprès des clients et que, quand il y a beaucoup de clients, il puisse déborder à condition de payer suffisamment les employés.

Vous avez raison. Vous pensez qu'un envoyé de Paris n'a pas à fixer les horaires des bistros dans une commune du Centre Bretagne. Vous avez raison. Vous pensez que les forces de l'ordre n'ont pas à être mobilisées pour vérifier la bonne tenue des horaires par les bistros. Vous avez raison.

Mais ça fait de vous un sacré putain de libéral.

Ou alors vous pensez qu'il faut des horaires stricts pour lutter contre la délinquance. Bravo ! Vous êtes sur une ligne sécuritaire.

10 octobre 2013

La valeur du fonds

Pendant que la charmante petite blonde me ratiboisait les tifs, je pensais à ce billet de l’ami Romain Blachier à propos des fonds de commerce : « le fonds de commerce est souvent l’élément central dans le patrimoine d’un commerçant. Il représente une valeur symbolique, ce qu’il aura réussi à obtenir par son travail dans cette activité, sur quelques années comme sur une vie. En-dehors du cas, plus précaire, du locataire-gérant qui loue son fonds… » « Un certain nombre de commerçants d’ailleurs privilégient souvent des stratégies liées au fonds de commerce plutôt qu’aux versements de salaire. »

Romain semble considérer cela comme normal. Moi, je n’aime pas. Ma coiffeuse est salariée d’une grande chaîne de salons de coiffures. On parlait de librairies, récemment. De plus en plus de chaînes de librairies se montent. Les chaînes de restauration se développent. En sortant du coiffeur, je suis passé devant le bistro où je déjeune tous les midis. Il m’arrive de m’y arrêter, le soir, en rentrant, et je passe tous les matins devant. Je regarde le plat du jour et fait un signe au serveur.

Cette brasserie gigantesque est ouverte de 6 heures du matin jusqu’à 20 heures, je crois. Le matin, quand je passe, entre 8h30 et 9h, selon le boulot, et le soir, entre 18h et 19h30, il n’y a jamais plus d’un ou deux clients. Il y a toujours deux ou trois serveurs. Le matin, ils font la mise en place. Cette après midi, ils faisaient le ménage et le soir, ils s’emmerdent. Si j’étais le patron, j’ouvrirais uniquement de 11h30 à 15 heures. Les cuisiniers travaillant de 8 heures à 14h30 et les serveurs de 11h à 17h. Il aurait beaucoup moins de charges pour un chiffre d’affaire à peu près identique. Evidemment, les horaires qu’il entretient sont bons pour le personnel et d’occasionnels clients. Ils sont aussi probablement souhaitables pour l’image de la boutique.

Il n’empêche… Romain dit : « Un certain nombre de commerçants d’ailleurs privilégient souvent des stratégies liées au fonds de commerce plutôt qu’aux versements de salaire. » C’est tout à fait ça, le patron en question privilégie son fonds de commerce. Il augmente comme il peut le chiffre d’affaire pour augmenter la valeur du fonds. Je ne juge pas ses actes, je constate. Si c’était moi, je l’ai dit, je conserverais uniquement l’ouverture du midi pour faire 95% du chiffre d’affaire en payant de la même manière le personnel pour le motiver et tolérer les coups de bourre. Bénéfice maximum.

Romain nous rappelle ce qu’est un fonds de commerce : « Ensemble des éléments matériaux et immatériaux en vue d’assurer une activité commerciale, le fond de commerce est un patrimoine et un déterminant important pour les commerçants. » Parmi les éléments immatériaux, il y a souvent une licence, comme pour les bistros, la licence IV, les taxis,…

Tiens ! Une rapide recherche dans Google montre que les licences de taxis se vendent entre 120 000 et 150 000€. Tout ça pour avoir le droit de conduire à Paris. C’est un peu ce qu’on appelle un fonds de commerce. Beaucoup de taxis, d’ailleurs, sont obligés de passer par des grandes chaînes, genre Taxis Bleus ou G7. Ils louent leurs taxis à des particuliers… Parce que des particuliers ne peuvent plus acheter des licences. J’y reviendrai.

Le système de licences est vénéré par ceux qui en possèdent (et qui votent souvent à droite) est profondément antilibéral. Il faut payer pour avoir le droit de travailler. Mon billet est donc très libéral tout en étant totalement antilibéral. Z’allez voir ! Je ne suis pas opposé aux licences qui sont nécessaires, profession par profession, je suis opposé à leur vente entre particuliers.

Les fonds de commerce des bistros et autres magasin dits de proximité n’a rien à voir avec les licences de taxis. Ils contiennent quelque chose. Un bistro, par exemple, aura sa licence IV mais aussi son mobilier, sa cuisine, son personnel, son image de marque,… Par contre, souvent, il ne contiendra pas les murs. Le gérant paiera, en plus, une location.

C’est le premier truc qui me gène. Un type qui achète un fonds de commerce d’un bistro et qui décide de refaire la cuisine devra donc payer pour cette cuisine. Elle sera à lui mais dans des locaux qui ne lui appartiennent pas. Il est protégé par des contrats et tout ça mais s’il se casse la jambe et ne peut définitivement plus bosser, il ne sera remboursé de sa cuisine que si la valeur du fonds monte en fonction des travaux faits. Or la valeur d’un fonds est surtout estimée en fonction du chiffre d’affaire. Je dis que ça me gène. Ce n’est pas le bon mot. Ca ne me gène pas beaucoup, je ne suis pas concerné. Je trouve ce fonctionnement surréaliste !

La valeur du fonds est, en gros, équivalente à la capitalisation boursière d’une entreprise cotée. On comprend très bien la volonté du propriétaire de faire monter sa valeur. Il n’y a rien de surprenant. Par contre, le propriétaire sera obligé de privilégier cette valeur donc son chiffre d’affaire et non son revenu à lui, contrairement, par exemple, à un plombier qui travaille à son compte. C’est un mauvais exemple car je ne connais pas cette honorable profession mais il me semble qu’un plombier n’a pas réellement de fonds de commerce ou un fonds de commerce « léger » (des outils, du stock,…) dans la mesure où les clients ne sont pas spécialement fidèles.

La valeur du fonds ?

Vous avez vu, le fait que la priorité des commerçants soit dorénavant d’augmenter la valeur de leurs fonds de commerce me dérange… mais je n’ai pas encore dit pourquoi, fainéant comme je suis.

Ce que j’ai dit, par contre, c’est que je trouve grotesque la séparation très fréquente des murs et du fonds. C’est nécessaire pour des raisons économiques (une boutique à Paris coûterait plusieurs millions) mais…

D’un point de vue économique, on en arrive à privilégier les revenus du capital que ceux du travail. C’est caca.

Les fonds commerce arrivent à des valeurs prodigieuses. Je connais un tout petit bistro, près de chez moi, tenu par le patron tout seul, qui s’est vendu 250 000 euros en 2007. Uniquement le fonds, pas les murs. Tous les mois, il doit commencer par trouver les 5 ou 6 000 euros nécessaires pour payer le loyer puis probablement au moins 3000 euros pour rembourser son prêt avant de commencer à payer les autres charges, les impôts, les fournisseurs,…

Concrètement, il devient impossible à un jeune d’acheter une affaire. Ils sont donc obligés de prendre des affaires en location, en gérance,… Le système privilégie l’entassement du capital. Un de ces jours, les commerces, dans les grandes villes (dans les petits, ils disparaissent…), finiront par appartenir à des chaînes, à des  groupes, éventuellement cotés en bourse.

La valeur

Romain cite une étude (disponible en téléchargement ici). « Au premier semestre 2012, les stratégies de croissance externe avaient dopé le marché des ventes et cessions de fonds de commerce. Plus de 24 000 activités avaient changé de main pour un prix moyen de transaction au‐delà de 196 000 €, montant le plus haut depuis la crise. » En 2013, la crise continue et le rythme se ralentit. Les vendeurs hésitent à vendre et gardent leurs affaires. En survolant le rapport, on voit que le prix des fonds augmente de 4 ou 5% par an, c'est-à-dire plus du double de l’inflation, beaucoup plus que la croissance du PIB.

Les microentreprises (des personnes seules qui adoptent ce statut pour reprendre un commerce) ont augmenté de 14% en un an mais, surtout, leurs prix, ont augmenté aussi de 14%. Un type en microentreprise qui a acheté une affaire en janvier 2012 et l’a revendu en janvier 2013 a gagné 14% de son investissement de départ. Je suis heureux pour lui.

Il n’empêche que cette dérive est très mauvaise, les revenus du capital deviennent prépondérants dans l’économie, par rapport aux revenus du travail. Les jeunes ne peuvent plus acheter et on assiste à un phénomène d’entassement du capital. Le rapport le dit, d’ailleurs : la part des achats de fonds par d’autres entreprises est en augmentation. Ils le disent joliment : « Au premier semestre 2012, les stratégies de croissance externe avaient dopé le marché des ventes et cessions de fonds de commerce. »  Seuls des types ayant déjà une entreprise peuvent en acheter une autre.

Pigeons

Vous vous rappelez de l’affaire des pigeons qui avait égayé la préparation du dernier budget. Le problème est bien là : « ils » ne pensaient qu’à créer de la valeur à une affaire sans s’occuper réellement des gains qu’ils obtenaient au jour le jour. La nouvelle économie ne tient plus qu’à cela. Il n’y a pas que les fonds de commerce mais la plupart des nouvelles entreprises. J’ai moi-même bossé dans une grosse boite : la filiale où je bossais a été vendue quand le patron a trouvé qu’il faisait une marge suffisante, sans s’occuper de notre propre rentabilité, de notre contribution au résultat de l’entreprise.

C’est le bordel !

Librairies

On parlait récemment des librairies. Le problème qu’elles ont n’est pas la concurrence qu’elles subissent d’Amazon. Ce sont les hypermarchés et les chaînes spécialisées qui les concurrencent et qui sont concurrencées par Amazon. D’ailleurs, Virgin est tombé…

Dans les villes, là où elles ont un potentiel de clientèle, ce qui leur fait mal, c’est bien plus le prix du fonds de commerce (et celui du loyer pour les locaux commerciaux) que cette espèce de concurrence. Le législateur a légiféré à propos d’une bêtise.

La seule chose contre laquelle il doit lutter est l’augmentation du prix des commerces et des locaux commerciaux. Il faut lutter contre la spéculation. Appelons-les choses par leurs noms. C’est la seule solution pour éviter l’accroissement des inégalités due à cet entassement du capital (en français : le fric appelle le fric).

Reste à savoir comment. Pour les locaux commerciaux, on trouvera bien des pistes. Il y a la fiscalité mais aussi le fait que les pouvoirs publics peuvent entrer en jeu… Ils peuvent mettre à disposition des locaux pour peser sur la concurrence. C’est la même problématique que les logements sociaux : il faut en construire pour faire baisser les prix de location du secteur privé.

Et la valeur des fonds de commerce ?

Le traitement est plus compliqué. On peut faire entrer en jeu la fiscalité (augmenter les impôts sur les plus-values pour dissuader les ventes) mais ça risque de pénaliser des gens qui ont travaillé toute leur vie et de créer des levées de boucliers. On aurait des investisseurs qui partiraient à l’étranger et tout ça.

Dans la fiscalité, pour limiter l’entassement du capital, n’oublions pas les frais de succession qui doivent être bien progressifs jusqu’à au moins 60% en exonérant les biens familiaux pour ne pas faire hurler les réactionnaires. Un gamin n’a pas à hériter de l’usine de papa. Ca fait 10 millions ? Hop ! Transfert de 6 millions d’actions dans la poche de l’Etat.

Hop !

Je vais proposer deux pistes.

La première est d’interdire les ventes de licences. Elles doivent être gratuites, nominatives et accordées par les pouvoirs publics, notamment les communes (pour des raisons qui n’ont rien à voir avec ce billet mais, dans mon quartier, j’ai huit agences bancaires, cinq ou six marchands de chaussures, trois kebabs mais pas de marchands de journaux). Elles doivent être illimitées (ou, plus exactement, limitées mais uniquement pour des intérêts locaux). Tant pis pour les taxis parisiens, vive les bistros créés !

Cette mesure est très libérale, n’en déplaise à mon public gauchiste.

La deuxième est plus compliquée. Comme je proposais que les collectivités mettent à disposition des locaux à bas coût, la contrepartie serait d’empêcher toute plus value sur la vente du commerce, hormis pour couvrir les travaux lourds entrepris (surtout pour les bistros puisqu’il faut un comptoir, une cuisine, des chambres froides,…).

Ceci n’est pas antilibéral quoi qu’en pensent sans doute les libéraux. Il y a un contrat entre un particulier et une collectivité. « Tiens ! Voila un local. Tu y fais ce que tu veux et qui est autorisé par le présent contrat pour tant par mois sans limitation de délai sauf défaut de paiement ou non respect de loi mais quand tu te barres, tu me remets les clés à l’exclusion de tout autre, je suis le propriétaire, bordel. Le prix sera révisé tous les ans en fonction de l’inflation. Si tu te barres et que tu as fait des travaux, tu peux proposer une transaction avec un repreneur qui serait près à t’indemniser pour en bénéficier. Nous jugerons alors de la valeur de l’indemnisation et nous réserverons, dans cet accord tripartite, la possibilité d’augmenter les loyers. Tu es propriétaire de ce qu'il y a dans les locaux, je suis propriétaire des locaux et j'en fais ce que je veux si tu pars. »

Hé hop ! J’ai sauvé le monde, je peux aller sereinement au bistro. Et accessoirement en week-end.

27 juillet 2013

Ces informations qui surgissent du passé dans les réseaux sociaux

Ce titre d'un article de La Tribune m'a fait bondir : « Faute de subventions, l'inventeur du trottoir électrique quitte Toulouse pour New York. » Je me suis dit (outre : « bordel, c'est quoi un trottoir électrique ? ») : « Tiens ! Encore un truc que font buzzer des libéraux contre la France ! » J'ai donc lu l'article que je vais résumer : un entrepreneur est furieux. Il a inventé un chouette système : « Le trottoir électrique est composé de dalles au sol qui, lorsque les passants marchent dessus, transforment l'énergie mécanique des passants en énergie électrique alimentant des lampadaires à leds. » Il a cherché des financements mais n'a pas trouvé. Il est obligé d'aller à New York.

J'étais plié de rire : il a cherché des subventions auprès du Conseil Régional, d'Oséo et d'un tas de machins publics. J'aime me foutre de la gueule des libéraux qui protestent parce qu'il n'ont pas de financement public.

La suite de l'article m'a paru suspect, on parlait de NKM, ministre de l'environnement. Je me suis alors dit que le journaliste était saoul ou avait oublié de préciser les dates. Finalement, j'ai vérifié la date de l'article, le 7 mai 2012 : l'article est donc sorti le lendemain de la présidentielle.

J'avais oublié comment j'étais arrivé à lire ce machin. En fait, c'est un type (que je connais un peu) qui a mis l'article dans Facebook.

En regardant les dates des commentaires, on voit que c'est la deuxième fois que l'article ressort dans les réseaux sociaux depuis sa diffusion initiale.

Dès le lendemain de l'élection, des libéraux en peau de lapin ont commencé à taper sur les organismes publics susceptibles de financer l'économie. C'est étrange. L'article est évidemment bidon, ou plus exactement les propos de l'entrepreneur : ce n'est pas aux USA qu'il obtiendra un financement public pour un tel projet.

Les utilisateurs des réseaux sociaux sont invités à vérifier les dates des informations qu'ils diffusent et La Tribune pourrait s'interroger sur les raisons de sa mauvaise santé si elle traite ce genre de sujet le lendemain d'une élection présidentielle.

16 mai 2013

Le blogueur gauchiste antilibéral face au blogueur libéral antigauchiste

Mon confrère blogueur geek, Benoit Descary, constate que Youtube, filiale de Goole, devient progressivement un système de diffusion de vidéo en direct. La semaine dernière (ou celle d’avant…) nous avons eu une polémique à propos de la vente (ratée) de Dailymotion par Orange et de l’intervention d’Arnaud Montebourg pour empêcher cette vente.

Google est le numéro un mondial mondial de l’Internet et Orange le numéro un français dans le domaine, avec un chiffre d’affaire supérieur, ce qui devrait amener nos analystes économiques en chef, de droite comme de gauche, à réfléchir un peu plus. Si Google fait un truc et Orange envisage le contraire, il y a nécessaire un d’entre eux qui fait une connerie. La logique nous laissant penser que celui qui monte, Google, a raison, la même logique pourrait nous laisser penser que l’autre à tort. Et que Montebourg a eu raison d'intervenir.

Le sujet est politique !

Nous avons d’un côté les blogueurs Front de Gauche, tels que Gauche de Combat, qui dénoncent le libéralisme de François Hollande et de son gouvernement mais oublient d’évoquer le bon sens des interventions gauchistes des libéraux du Gouvernement.

Nous avons d’un côté les blogueurs libéraux, tels que Pierre Chappaz; que je stigmatisais dans mon dernier billet, qui constatent le bon sens de l’intervention de l’Etat actionnaire.

Je suggère à ces braves gens, infiniment minoritaires dans la population, à faire preuve d’un peu de bon sens et à débattre exclusivement entre eux, même si je veux bien servir d’arbitre en faisant un billet ou deux pour relayer leurs causes.

On frise le grotesque.

La Suisse et le libéralisme à pile ou face

Malgré nos divergences, je continue à suivre Pierre Chappaz car j’aime bien écouter toutes les opinions politiques. Dans son dernier billet sur son blog politique, libéral au point qu’il s’appelle « libertarien », il critique les fonctionnaires français, lui qui gagne de l’argent avec des sociétés françaises mais paie ses impôts en Suisse. Si on le traite d’exilé fiscal, il va dire sur les blogs qu’on l’insulte alors je vais m’abstenir et me prosterner à ses pieds pour présenter toutes les excuses par rapport à ce que j’ai pu dire.

Mon copain Melclalex encore moins libéral que moi fait un billet aujourd’hui, à un point que je le critique en commentaire alors que pour monter dans les classements de la société de Pierre Chappaz, j’ai pris pour habitude de dire « excellent billet » à chaque fois, ce qui m’a valu d’être premier dans ses machins pendant trois ans tout en faisant parfois des phrases trop longues, ne quittez pas, je vais me relire pour savoir ce que je voulais dire, ah oui !, présente une illustration avec la carte de l’évolution de la croissance du PIB par pays Européen.

Pierre Chappaz nous présente la Suisse comme un modèle de démocratie, d’économie et tout ça mais oublie souvent de dire que ce pays a une perte de PIB absolument catastrophique… C’est un modèle d’économie libérale, parait-il.

Tiens ! Je vais piquer l’illustration de Melcalex pour illustrer ce billet à qui il faut que je trouve un titre autre que « libéralisme abruti ».

Dans une logique de simplification, je vais résumer : la Suisse, modèle de libéralisme, fait partie des trois pays d’Europe dont le PIB a le plus baissé.

Pierre pourra bien sûr argumenter que je ne connais rien en économie et que je raconte des bêtises. Il nous rappellera peut-être qu'il a voté pour Nicolas Sarkozy en 2007 pour son volontarisme libéral et économique et tout ça, mais oubliera de rappeler les catastrophiques résultats de sa gestion.

J'ai, heureusement, des copains Suisses pas forcément du même bord politique que moi beaucoup plus objectifs et sympathiques.

16 mars 2013

La vraie gauche, c'est moi !

« Un des thèmes les plus répétitifs et les plus stériles, dans le discours actuel, est celui du procès fait au pouvoir en place d’être une « fausse gauche », discours tenu par ceux qui s’autoproclament « la vraie gauche » ; or, lorsqu’une question revient perpétuellement en disque rayé, c’est qu’elle est mal posée : qu’en est-il exactement ? » Telle est l'introduction du dernier billet de Élie Arié dans son nouveau blog.

Étant moi-même fatigué par ce débat et quelques autres, je vous invite à le lire (et à vous abonner au blog, à le mettre dans vos blogrolls,...).

Essayer de résumer en quelques lignes ? Cette notion de droite et de gauche est apparue au lendemain de la révolution. La gauche représentait le mouvement et la droite le conservatisme. Aujourd'hui, la "vraie gauche" représente la résistance au changement et la protection d'un modèle social d'il y a 50 ans. Par ailleurs, la gauche, celle de l'international socialisme, incarne maintenant un repli sur soi frisant le nationalisme. Enfin, la gauche qui à la révolution défendait "les libertés" a vite cessé de le faire puisqu'on n'a plus le droit de penser différemment qu'elle.

« Bref, la notion de « gauche », qui semble aller de soi, renvoie à des positions radicalement différentes selon les époques et les pays. » Élie Arié termine son billet en démontrant qu'il faut redéfinir ce qu'est la gauche d'autant que les 11% de la vraie gauche montrent qu'elle peine à convaincre l'électeur.

Le débat est intéressant même s’il ne sert pas à grand-chose, finalement, à part permettre à ceux qui se revendiquent de la vraie gauche d’affirmer une espèce de supériorité et à nous pousser à nous défendre. Le débat dépasse aujourd’hui ces 11% puisqu’une grande partie de la gauche invite François Hollande à faire un virage à gauche dans sa politique.

Un virage à gauche ? Mais c’est quoi la gauche ? Une gauche qui augmente les déficits au prétexte de relancer la croissance ? Les derniers à avoir augmenté les déficits sont les membres du précédent Gouvernement, celui que nous avons combattu. La droite. Nous avons dénoncé cette politique qui consistait à augmenter la dette qui allait rapporter de l’argent aux puissances financières et nous voudrions maintenant augmenter encore cette dette ?

En empêchant les deniers publics de passer dans la poche du privé, je me sens infiniment plus à gauche que d’autres. En défendant cette position de réduction des déficits, j’encourage une politique libérale ? Pendant la législature précédente, nous avons lutté contre le « TINA libéral » de ceux qui ont fait des plans de relance et torpillé nos comptes…

Je suis internationaliste. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous, et tout ça ! Et on va nous expliquer maintenant qu’il faut « fermer les frontières ». Le blogueur de la vraie gauche sur son PC construit en Chine va nous expliquer qu’il faut favoriser la production Française par la consommation et par la taxation des importations. L’économie est mondialisée. C’est mal. Il faudrait lutter contre, revenir à notre modèle d’avant. C’est réactionnaire.

Attention ! Je ne suis pas en train de bâtir une théorie fumeuse, je me contente de poser des questions et je vais continuer.

On accuse le Gouvernement socialiste d’avoir une politique proche de celle de l’UMP. C’est évidemment faux, nous sommes en train de réparer des conneries qu’ils ont faites. Ben oui ! Un de nos slogans de campagne était de dénoncer l’augmentation de 600 milliards de la dette, par exemple.

Tiens ! Je vous livre un extrait d’un projet politique d’un candidat à la Présidentielle : « Pour recouvrer sa souveraineté financière, la France doit cesser d’être dépendante des banques internationales et des marchés financiers pour son financement. Depuis une loi de 1973, confirmée par les Traités européens depuis Maastricht, notre pays n’a plus la possibilité d’emprunter directement à taux très bas à la Banque de France comme cela se pratique dans de nombreux pays du monde dont les Etats-Unis et le Royaume-Uni (dans ce dernier pays, la Banque d’Angleterre détient 25% de la dette publique). Fruit d’une idéologie périmée, cette interdiction du financement monétaire de la dette renchérit la charge d’intérêts de la dette et place l’Etat dans la dépendance exclusive de ses créanciers privés, de surcroît largement étrangers. » Jean-Luc Mélenchon, me direz vous ! Raté ! Marine Le Pen.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, merci.

« En 1973, Valéry Giscard d’Estaing a fait voter la loi n°73-7. Elle a été reprise dans le traité de Maastrich […]. Elle est devenue l’article 123 du traité de Lisbonne, maintenant dénoncé par beaucoup. Ce texte dit que l’état (les états…) ne peuvent plus emprunter du pognon à (aux…) la banque centrale pour « couvrir leurs déficits ». Concrètement, on ne peut plus faire tourner la planche à billets pour payer nos frais mais, en plus, on est obligés de faire appel à des banques privées et donc d’avoir des taux de crédit très élevés. Valéry Giscard d’Estaing a privatisé la dette (et la création monétaire). » Qui a dit ça, cette fois ? Un cadre du FN ? Non. Moi. Sur la même ligne que Marine Le Pen, la gauche de la gauche, …

Élie Arié a évidemment raison. La notion « droite gauche » d’aujourd’hui ne veut plus dire grand-chose mais, pourtant, en écrivant ça, j’ai presque honte : je me sens de gauche. Je suis de gauche. Je suis pour une meilleure répartition des richesses, une meilleure redistribution par l’impôt sur le revenu, le partage du temps de travail, la régularisation des sans-papier, l’accès plus facile à la nationalité française pour ceux qui vivent en France et qui le désirent, pour l’égalité entre les hommes et les femmes, les droits des homos, la laïcité à tous les étages et la bière fournie par le service public…

Un des types avec lequel je suis le plus en phase, dans la blogosphère, est mon ami FalconHill. Il est viscéralement de droite comme je suis viscéralement de gauche. Nous sommes à peu près d’accord sur tout : la politique à mener, les stratégies politiciennes, l’importance des territoires, … Pourtant, on s’engueule, à l’occasion. Pas plus tard que jeudi, dans les commentaires de ce billet où j’avais critiqué la formation politique dont il est le plus proche. Il me reprochait de faire avec mon billet ce que je reprochais à la droite de faire dans sa communication. Il pense sincèrement qu’il a raison et je pense sincèrement que j’ai raison. Le dialogue « inverse » aurait pu avoir lieu dans les commentaires de son blog. Je défends le parti majoritaire à gauche et critique le parti majoritaire à droite. Il défend le parti majoritaire à droite et critique le parti majoritaire à gauche. Inconsciemment ou pas, nous sommes proches des formations politiques auxquelles nous sommes attachés…

Cela ne nous empêche pas d’être critiques envers ces formations. Cette semaine, par exemple, j’ai encore lancé une charge contre le CICE qui va encore filer du pognon public dans les boites du privé. J’ai été « félicité » pour cela par des gens de la gauche du PS, cela même qui voudraient que nous laissions tomber la lutte contre le déficit même si ça revient à filer du pognon public dans les poches du privé. Pourtant, quand je critique les actions de François Hollande ou du Gouvernement, je ne reçois pas de félicitations de ceux qui me prennent pour un suiviste.

Élie Arié a raison. Il finit son billet en posant un certain nombre de questions et conclut : « Ce n’est qu’en fonction des réponses que les uns et les autres apporteront à ces questions  que nous pourrons alors rebattre les cartes pour définir, une fois de plus, les nouveaux contenus des notions de « droite » et de « gauche » adaptés à une situation inédite. »

Je ne sais pas si nous pourrons le définir. Peut-être que les historiens du futur auront à le faire pour mettre à jour les livres d’histoires.

Périodiquement, la gauche du PS ou le Front de Gauche réclament le droit de vote des étrangers aux élections locales. La droite y est évidemment opposée et cela à failli nous faire perdre les élections. Sans aller jusqu’à y être opposé, je n’y suis pas favorable.

Je ne veux pas qu’on apporte un droit aux étrangers qui vivent chez nous parce que je considère qu’un type qui vit chez nous n’est pas un étranger. S’il désire la nationalité, il devrait pouvoir l’obtenir facilement.

Et je me demande comment un type de gauche pourrait considérer comme un étranger quelqu’un qui vit et travaille chez nous depuis cinq ans. Comme je ne veux pas, non plus, que l’argent public aille dans les poches du privé, finalement, la vraie gauche, c’est moi. Ca s’arrose.

Mais comme, finalement, des libéraux pourraient se retrouver sur la même position que moi, on est mal barrés pour définir nos frontières politiques.

Tiens ! Une dernière citation : « Vu qu'un immigré est, par définition, une personne qui a émigré, refuser le principe de l'immigration revient ipso facto à refuser que quelqu'un puisse quitter son pays, et donc à cautionner l'idée de souveraineté étatique. De même, les immigrés sont libres de travailler là où ils le souhaitent si l'entreprise est prête à les embaucher. En somme, il n'y a pas de différence entre immigrés et autochtones. » Il y a deux phrases. Je me retrouve parfaitement dans la première. Je suis internationaliste et ne cautionne pas spécialement la souveraineté étatique. Par contre, si tu es de gauche, tu devrais approuver la deuxième phrase. C’est mal. C’est le point de vue des « libertariens » sur l’immigration selon Wikiberal.

Je crois que ce clivage droite – gauche, surtout valable pour la gauche, une personne de droite aura souvent plus de mal à se dire de droite, est un truc enfoui au fond de nous-mêmes. Pour ma part, je refuse d’avoir un positionnement sur quelque sujet que ce soit en fonction de ce clivage droite gauche. Par exemple, j’étais opposé au mariage pour tous parce que je considère que le mariage, tel qu’il est vu par beaucoup, n’a plus rien à faire dans le code civil. Je suis pour l’égalité des droits, la meilleure solution était d’instaurer une forme de contrat d’union civile, thème d’ailleurs porté par une partie de la droite, et de supprimer le mariage, cette institution qui devrait pouvoir en rester une pour ceux qui y croient.

Je suis devenu pour le mariage pour tous, non pas parce qu’il fallait l’être en étant à gauche mais parce que j’avais des amis à moi, homosexuels, qui m’avaient dit qu’ils voulaient se marier. Je ne pouvais pas leur refuser ce droit, d’autant que l’option retenue par le Gouvernement n’était pas celle que je défendais.

Appliquons ça pour l’exemple au déficit

Le débat tourne à la gauche de la gauche (comme à droite, d’ailleurs). Il faudrait revenir sur la volonté de respecter la fameuse barre des 3% et pratiquer une relance. Je l’ai dit plus haut : je considère que ça fait passer de l’argent public dans les poches du privé. C’est un raisonnement de gauche et un raisonnement libéral. C’est moche. Mais aussi…

D’une part, ça fait 40 ans qu’on est en crise, que l’on pratique des relances qui ne fonctionnement pas. Une « relance » nous donnera un trou d’air pendant 5 ou 6 ans tout en faisant passer le taux de chômage de 10 à 8%. Tu parles d’une victoire contre la crise et les marchés financiers…

D’autre part, nous avons des accords avec d’autres pays pour mettre en place une monnaie commune. Ces accords sont peut-être foireux, mais ils sont signés et nous avons une monnaie commune. Ces accords disent qu’on ne doit pas dépasser les 3% de déficit. Nous n’avons pas à les dépasser et c’est sous un Gouvernement de droite que ces 3% ont été dépassés ce que nous avons critiqué pendant des années.

Je ne vais pas changer d’avis parce qu’on se retrouve au pouvoir… Par contre, je conserve mon avis largement partagé à gauche, mais pas chez les libéraux et à droite, que tout le problème vient du fait que la Banque Central ne puisse pas prêter du pognon aux Etats. Il nous faut donc revenir sur cette règle mais je ne vois pas comment on pourrait convaincre les autres Etats de nous suivre sur cette voie alors qu’on est déjà incapables de respecter nos accords.

Comme les libéraux (les vrais…), nous avons critiqué l’Etat qui a prêté de l’argent aux banques pour les renflouer sans contre partie. Mais peu de gens ont essayé d’estimer les conséquences si Nicolas Sarkozy et son Gouvernement n’avaient pas pris cette décision. La plus grosse banque Française aurait été en cessation de paiement et toute l’économie se serait cassé la gueule. Les libéraux auraient été « satisfaits » : un truc a fait une connerie, ça pète et ça repart. Par contre, nous n’aurions pas pu nous en satisfaire, un tas de braves gens auraient été laissés sur la touche.

Ainsi donc…

Nous savons ce que sont la droite et la gauche sans pouvoir l’exprimer et en pensant tous, à gauche, que l’on est au moins autant à gauche que les autres voire, pour certains, que nous sommes plus à gauche que les autres et que nous sommes la vraie gauche. Mais nous avons aussi un rapport au libéralisme à éclaircir.

Je pense, par exemple, qu’il faut aider les entreprises à retrouver ce qu’on appelle bêtement de la compétitivité alors que c’est plus large : il faut simplifier les démarches, les aider à l’exportation, à l’innovation, à trouver des crédits… Ceci est par nature profondément antilibéral puisque l’Etat n’a pas à intervenir dans la vie économique selon les libéraux. Alors quand je vois que certains qualifient de « libéral » le fait d’aider les entreprises, ça me troue un peu le cul.


21 février 2013

La France des exilés fiscaux ?

Le billet du soir de Pierre Chappaz m'amuse ! Ce brave entrepreneur a choisi de s'installer en Suisse pour ne payer d'impôts chez nous. Il fait une bonne partie de son chiffre d'affaires chez nous mais décide de payer ses impôts ailleurs. Le monde coule sous le libéralisme et la mondialisation qui vient avec et il nous donne des leçons de morale, bien installé dans les Alpes Suisse.

Tous les maux viennent de l’État, mes braves gens ! On vous ruine, on vous exploite, mais l’État est mal ! Cet espèce de fumier d’État obligé de verser des allocations à des cons qu'on a laissés sur le bord de la route parce qu'ils ne nous permettaient pas de gagner de l'argent comme on voulait..

Il est beau ce cri du cœur. 

"J'ai failli intituler ce billet "Ce pays est foutu", c'est le leitmotiv du meilleur blogueur politique à mon goût, Hashtable" : à une époque, il avait décidé que j'avais le meilleur blog politique, ça arrangeait bien ses affaires...

Pierre, continue à faire ton bénéfice en Suisse, laisse-nous avec nos pauvres, nos ouvriers victimes de plans sociaux, de ces entrepreneurs sans morale,... Ne donne pas ton avis sur la France, tu as choisi de la quitter. 

"Ce matin très tôt, un taré multi-récidiviste tue deux flics en leur rentrant dedans à fond la caisse avec son gros 4X4 sur le périph." Ah ! De la faute à l’État ?

"Ségolène est nommée Présidente (Vice-) de la nouvelle Banque Publique d'Investissement."  Madame Royal, je te prie.

"Nouvelle affaire de cul DSK." Tu tombes bien bas.

"Pourtant, plus vite les Français comprendront qu'il faut se débarrasser de cet étatisme qui les drogue et les étouffe, et prendre leur destin en mains, mieux cela finira."  Et ce libéralisme qui pousse à produire au bout du monde, par des types sans avenir, sans protection, sans rien, juste l'espoir de vivre quelques années de plus, sans aucune certitude.

Reste en Suisse. 

10 janvier 2013

Hep ! Taxi !

Mon Dieu ! Les taxis sont en grève. La profession où les gens sont les plus libéraux mais où le métier est le plus réglementé… Les pauvres, ils vont subir la concurrence des motos et des voitures avec chauffeurs. Les pauvres, ils vont moins bénéficier de l’argent public pour servir d’ambulances.

Etre en concurrence, c’est affreux ! Ils sont sûrement les premiers à gueuler contre la SNCF et la RATP qui ont des monopoles. Eux ils préfèrent la concurrence. Mais en circuit fermé.

Tiens ! Faites une recherche dans Google de « Prix d’une licence de taxi parisien ». La première réponse obtenue est : 135 000 euros. Un petit jeune qui débarque et qui voudrait être taxi, après avoir passé les « diplômes » correspondants devra ensuite débourser 135 000 euros de sa poche pour avoir le droit de travailler.

Ou alors, il travaillera pour une grosse compagnie mais ne gagnera pas sa vie.

Pendant ce temps, les grosses compagnies achètent des licences et les louent à des petits jeunes. Je parle souvent des bistros, ici, et du problème du coup du fond de commerce, en plus du loyer pour les murs. Pour les taxis, c’est pareil, même pire : ils n’ont quasiment aucune chance de gagner vraiment du pognon.

Le vieux taxi qui part en retraite est content. Il va vendre sa licence et avoir plein de sous pour s’acheter un pavillon à la campagne et voyager.

J’adore ces libéraux (ben oui, vous connaissez beaucoup de taxis qui votent à gauche ?) qui veulent le beurre et l’argent du beurre.

Je leur propose donc deux évolutions au choix.

La première : on dérèglemente la profession, par exemple en augmentant le nombre de licences de taxis Parisien.
La deuxième : on supprime la valeur marchande de la licence en empêchant sa transmission. Elle correspond à un droit au travail. C’est con d’acheter un droit au travail et ça me parait assez peu conforme aux valeurs du libéralisme. Les licences seront attribuées par tirage au sort quand un taxi prendra sa retraite.

Note pour moi-même : ne pas faire l’amalgame entre les taxis Parisiens et les autres qui sont fort aimables.

03 novembre 2012

Des entrepreneurs à gauche et des philosophes déjantés

Parfois, en surfant sur le web, vous tombez par hasard sur des textes libéraux ou réactionnaires qui vous laissent rêveurs. Ils paraissent totalement déconnectés de la réalité de la politique du pays, du fonctionnement de la démocratie, de l'expérience de chaque électeur et du positionnement « gauche droite » de chacun. Et je ne parle même pas du fond : l'économie et tout ça...

« Nombreux sont les chefs d’entreprise, cadres, économistes, « experts », journalistes économiques, qui votent à gauche. C’est là un sujet permanent d’étonnement pour le philosophe que je suis qui, par métier, connaît les idéologies et sait que, dans le système intellectuel du socialisme, l’économie de marché n’a pas de place. » nous dit le monsieur...

Ca fait méditer. Je vais faire de la philosophie, aussi, alors. Mais de comptoir, seulement... Comprendre le positionnement politique des gens, vaste sujet !

Quand j'étais en première année d'IUT (1983 - 1984), j'avais un "collègue" Camerounais (genre : neveu de la concierge du cousin par alliance d'un ambassadeur). J'étais alors fervent supporter du Parti Communiste. A l'époque, Yannick Noah venait de gagner Roland-Garros. La complicité entre les Camerounais et les Français était très forte et il fallait bien être plus à gauche que le Gouvernement.

Avec Timothy, on passait des heures à parler politique. Il aimait bien écouter mes théories et me faisait parler. L'été, il est parti en vacances dans son pays. Quand il est revenu, il était devenu membre de je ne sais plus quel groupe d'extrême gauche, limite terroriste et fier de ce qu'il avait fait. Prêt à prendre les armes et tout ça pour faire la révolution chez lui.

J'ai vite coupé les ponts avec lui car il devenait très chiant et j'ai bien réfléchi à mon propre engagement politique. Cet engagement n'en était pas un : je ne faisais que discuter. Par contre, constater que, en discutant, j'avais réussi à convaincre un gugusse qui n'avait pas du tout la même culture politique que nous de prendre les armes m'avait effrayé.

Je me suis rendu compte qu'avant tout engagement partisan, j'étais surtout un démocrate. J'ai arrêté de regarder le tennis à la télé. En 1988, j'ai voté pour Pierre Juquin. Ensuite, j'ai arrêté de m'intéresser au sport et je suis devenu, dès le second tour, un socialiste propre sur lui.

Je me suis à nouveau intéressé à la politique vers la fin des années 1990 : le PS était au gouvernement et je passais des heures au comptoir à défendre la réduction du temps de travail devant un parterre de types de droite, sans la moindre culture politique à moins de considérer comme tel le fait d'assimiler les chômeurs à des fainéants.

Ensuite, ma bande a changé et j'ai commencé à fréquenter mes copains actuels, vers 2002, ceux dont je parle à l'occasion dans mon blog bistro. Tous de gauche, sauf deux : Marcel le fiacre et le vieux Jacques.

Le vieux Jacques. Un vieux gaulliste persuadé que tous les maux du monde étaient dus à mai 1968. Persuadé aussi que tous les chômeurs étaient des fainéants, tout en étant lui-même au RMI.

Le vieux Marcel rentrant de bonne heure à la maison, Jacques se retrouvait toujours le seul de droite face à une brochette de types de gauche. Dans toutes les discussions, il finissait par se retrouver en minorité et à abdiquer. Quel que soit le sujet, il se rangeait toujours à chacun de nos arguments : le logement, le travail, l'entreprise, le rôle de l'état, la sécurité, la justice,... Il n'abdiquait pas, en fait, il devenait d'accord avec nos arguments et aurait été capable de les reprendre à son compte.

Il était donc dans la même situation que moi des années avant : entouré d'opposants... Sauf que c'est lui qui cherchait la conversation et qu'il finissait toujours par abdiquer.

Alors, en fin de soirée, à l'heure où les conversations se faisaient moins précises, il n'avait plus qu'un seul argument : "qu'on soit de gauche à vingt ans, je comprends, mais à 40, ce n'est plus possible, il faut être sérieux".

C'est un argument que j'ai entendu bien souvent dans les blogs, des années après.

Et, toujours, le lendemain, il était revenu à ses opinions bien à droite, oubliant de remettre ses pensées dans l'ordre.

Au cours de ces discussions, le vieux Jacques basait toujours son argumentation sur ses propres expériences, sa propre connaissance des sujets... Ce n'est pas une critique : je suis moi-même en train de bâtir une théorie sur un truc personnel se limitant à un seul individu !

Un seul individu ? Bof... Le vieux Jacques plus certains moins obtus que d'autres dans mes premières années de politique au comptoir : Jean, Roger, le toubib,... Tous pareil : à peu près d'accord avec moi sur tous les sujets à partir du moment où je faisais quelques concessions. Mais de droite, viscéralement de droite, par pure opposition à la gauche parce qu'ils avaient vécu à l'époque de Marchais, de l'URSS et que leurs parents leur avaient appris que les communistes mangeaient les enfants.

Ensuite, j'ai connu les blogs et... des blogueurs de droite. Certains sont devenus des copains, d'autres des "ennemis"... Un peu comme le vieux Jacques, ils sont - étaient ? - en minorité dans les blogs.

Toujours est-il que quand je découvre un nouveau blogueur de droite viscéralement opposé à la gauche et au socialisme, ça m'amuse beaucoup. Surtout quand il commence par expliquer que lui seul à une compétence politique, lui seul a étudié le sujet,...

Le dernier, je l'ai trouvé par l'intermédiaire du blog de Pierre Chappaz. Aucun fond. Que de la haine. Au moins, je crois que je regarde la plupart de mes adversaires avec une certaine sympathie, voire de l'affection, même si j'ai parfois un mauvais caractère.

Je ne vous cite que la fin du texte mis en avant par Pierre : « Bénissons le Ciel que les socialistes aient fait ces semaines-ci l’erreur tactique de s’attaquer ouvertement et méchamment à la frange intelligente, active, dynamique, inventive, et encore « riche », de la population. Il ne serait que naturel que ce soit de cette frange que naisse une résistance organisée à la collectivisation du pays. »

L'expression « Bénissons le Ciel » est amusante dans ce contexte.

J'espère que les électeurs auront compris le message : vous êtes tous des cons.

Je vais quand même citer une autre partie, pour rigoler : « Loin qu’elles puissent passer pour des erreurs et des égarements dus à l’improvisation, elles ressemblent plutôt à un début de mise en œuvre méthodique d’un programme de transformation révolutionnaire de la société. »

J'espère que les copains du Front de Gauche comprendront que François Hollande est un dangereux révolutionnaire. Vous vous rendez compte que 52% des Français ont VOTÉ pour un type qui veut faire la révolution (pour foutre dehors le pouvoir en place ?).

Je vais rappeler l'introduction : « Nombreux sont les chefs d’entreprise, cadres, économistes, « experts », journalistes économiques, qui votent à gauche. C’est là un sujet permanent d’étonnement pour le philosophe que je suis qui, par métier, connaît les idéologies et sait que, dans le système intellectuel du socialisme, l’économie de marché n’a pas de place. »

Cher Monsieur, vous pouvez par connaître, par métier, des faits qui sont des étonnements pour un philosophe que vous êtes mais vous devriez plutôt faire de la philosophie de comptoir et étudier le parcours politique de certains...

De Timothy, au vieux Jacques, en passant par moi... Et les entrepreneurs...

A part la philosophie, vous auriez pu, aussi, étudier l'histoire politique récente de ce pays et l'économie. Vous comprendriez alors aisément pourquoi certains patrons, certains entrepreneurs et la majorité des économistes voire des journalistes économiques sont ancrés à gauche, mais votre mère, certainement une Sainte Femme, vous a appris que les communistes mangent les enfants et que les socialistes sont des méchants révolutionnaires.

Vous avez donc pu développer un texte de 4650 signes de pure haine, sans la moindre proposition à part une injonction aux entrepreneurs de monter leur propre parti politique, avec leurs propres médias qui ne seraient pas aux mains des Rothschild, Bouygues, Lagardère et toute cette bande de dangereux gauchistes qui manipulent l'opinion pour forcer les socialistes à faire la révolution et à redistribuer leur pognon.

Prenez la tête de ce mouvement, créez un parti politique, que diable ! Trouvez un leader charismatique.

Tiens ! Comme Nicolas Sarkozy en 2007 ! Il allait réformer, créer de la croissance puis moraliser la finance, supprimer le chômage, diminuer la dette, les dépenses de l'état ! Tous les entrepreneurs étaient derrière lui, c'était beau.

Ah non ! Pas tous...

Certains avaient bien vu que le Pacte Présidentiel de Ségolène Royal, comme en 2012, les 60 engagements de François Hollande, étaient bien meilleurs pour la France... On a vu le résultat de la politique de Nicolas Sarkozy. J'espère qu'encore plus d'entrepreneurs ont voté à gauche en 2012, ne serait-ce que pour la nouvelle phase de décentralisation, la politique pour les PME, la banque publique d'investissement, ...

Ou pour éviter une augmentation de la TVA qui aurait été terrible pour leurs affaires, avec la réduction du pouvoir d'achat de leurs clients...

Vous êtes philosophe, pas politicien. Continuez à philosopher.

Ou alors, ne concluez pas vos textes en démontrant que les gens sont tous des cons, ça va vite lasser les électeurs, chacun avec son opinion politique basée sur expérience, son vécu, sa réflexion, son éducation, … et pas sur idéologie enseignée de force par des enseignants marxistes...

Ca finit par devenir risible.

Peut-être que des gens sont à gauche que parce que rien ne convainc dans les propositions de la droite. Peut-être que des gens sont à droite uniquement par pure tradition.

Va savoir, mon gars... L'idéologie est parfois très loin.

30 septembre 2012

La gauche réac et les baffes aux libéraux

Les officines libérales se sentent pousser des ailes, dans la blogosphère. Je ne sais pas si c’est depuis que Pierre Chappaz a lancé son appel, somme toute pitoyable, pour que les blogs libéraux s’aident mutuellement à obtenir la consécration : une bonne place au classement Ebuzzing des blogs politiques. Voila les lascars de Contrepoints qui me tombent sur le poil, dans Twitter, à 23 heures 30…

Ca fait suite au cri de rage d’un médiocre que j’ai traité de crétin dans les commentaires chez El Camino (les commentateurs étaient en forme, hier, voir chez Melclalex !), comme s’il lançait un appel à l’aide, tout seul, petit blogueur de droite sarkozyste perdu dans l’infini du web.

Les libéraux viennent à sa rescousse ! C’est beau, c’est émouvant… Ils tâcheront encore de nous expliquer moult fois qu’ils ne soutiennent pas la droite en France.

Ils sont furieux, les pauvres libéraux. La gauche au pouvoir a rétabli un peu de justice dans l’impôt. Ce sont les riches qui vont payer. C'est affreux. 

Il faudra quand même bien un jour qu’ils se rendent compte que personne ne veut de leur libéralisme, ni à droite, ni à gauche, ni au centre. Ils sont infichus d’exister au-delà de quelques blogs invisibles et dispersés. Ils ne sont pas capables de s’organiser en force politique crédible.

Mon confère Sarkofrance revient ce matin sur la gauche réac, ce machin que nous avons vaguement lancé vendredi soir avant de passer au dessert. « La Gauche Reac croit au progrès de l’homme et des esprits comme la Gauche Morale. Mais quand ce progrès ne vient plus ou si certains en abusent, c’est deux baffes et au lit ! Elle ajuste le niveau de ses attaques et de ses baffes à celui de l’adversaire. La gauche réac se moque surtout de la droite bête. » Il aurait pu ajouter « et des libéraux prétentieux ».

Incapables de se faire référencer correctement par Google, ils reprennent leurs propres publications de blogs en blogs et viennent critiquer les blogs de gauche : « Ce bel effort d'ensemble aura permis de propulser quelques blogs dans le haut des classements réguliers de la blogosphère politique française, nonobstant leur qualité qu'on dira pudiquement ouverte aux fortes marges de progression. » Ils n’ont rien compris à l’essence même des blogs, ce gigantesque réseau social où papotent les internautes entre eux. Mais ils se prennent pour les meilleurs.

Dans le haut des classements machin ? Ils se trouvent que les candidats qu’on a soutenus ont réussi à occuper le haut des classements des élus et c’est à peu près tout ce qui importe. On va pouvoir augmenter les impôts des plus riches. Vous pouvez toujours manifester.

La gauche réac se moque de la droite bête et des libéraux réunis dans l’échec.

Tiens ! La « conscience de quelques blogs sans audience etc. » a plus de followers dans Twitter que Contrepoints.

C’est presque drôle.

Ca faisait longtemps que je n’avais pas plongé dans une blogowar, moi !