27 décembre 2018

Ouf, 2018 se termine !


L’année 2008 fut pleine de changements pour moi, avec la transformation de la Comète (d’une brasserie de banlieue à un bistro bobo) et un changement d’employeur et de métier (de consultant en informatique dans une SSII à « maître d’ouvrage » dans la DSI d’une grande banque puis une filiale de cette dernière à une concurrente). Au niveau des blogs, surtout des miens mais ils étaient encore neufs, avec ces histoires de classements, les blogs sérieux « historiques » ont été mis au placard au détriment de « ma bande ». On rigolait bien. Au niveau politique, on a vu la crise financière et le congrès de Reims. Oublions cette période. Le plus difficile, pour moi, fut le changement de la Comète car je perdais mon bistro familial et il a fallu plusieurs mois voire années avant de me sentir à nouveau chez moi. Ca fut très perturbant. Pour le boulot, j’avais perdu mes repères (et j’étais parti dans de mauvaises conditions de l’ancienne boîte alors que je m’étais toujours trouvé bien auprès de mes employeurs). Perdre ceux de la vie privée me poussait vers la déprime.

10 ans sont passés.

L’année 2018 fut aussi une « grande année » (ou une sombre année ?). Au niveau des bistros, il y a eu un renouvellement du stock de serveurs, à la Comète. Même le patron n’y vient plus à mes heures. L’Amandine a changé de patron. Les copains ont vieilli (le vieux Jacques est mort l’an dernier et Tonnégrande a pris sa retraite). Les blogs n’existent quasiment plus. Je vais y revenir mais je ne peux toujours pas me résigner à ne plus donner mon avis de temps en temps. Alors je ponds des trucs dans Facebook et je les recopie parfois ici car mes lecteurs sont différents mais le cœur n’y est plus qu’une fois ou deux par mois. Ceux qui me connaissent auront compris, par exemple, que ce billet était près dans mon crâne avant d’en entamer la rédaction. Ma vie personnelle a été mouvementée (ma mère a été gravement malade et pour la première fois en 52 ans, j’ai bien cru devoir commencer à vivre sans elle, sans mes allers-retours en Bretagne pour la voir,…). Au niveau du boulot, après une période de trois ou quatre ans bien dense (qui explique aussi mon absence des blogs), mon service a été réorganisé et pas vraiment en ma faveur. Maintenant, ma mère est réparée et je m’entends à merveille avec mes nouveaux chefs dans la nouvelle structure.

Au niveau politique, c’est plus compliqué et je suis très déçu. Tout d’abord, déçu par Emmanuel Macron. Je savais qu’il n’était ni de droite ni de gauche et donc surtout ni de gauche mais il me semble avoir tourné le dos à plus de la moitié de son électorat, tous les braves gens du centre gauche, comme moi, qui ont voté pour lui à cause du vide sidéral au sein de la gauche traditionnelle. Ca se voit de plus en plus : il commence même à reprendre des mesures de Nicolas Sarkozy comme les heures supplémentaires défiscalisées. Et il paye tout ça avec la dette ce qui n’empêche pas les andouilles de le traiter d’ultra libéral ! Comme si dépenser du pognon public était libéral…

J’avais constaté depuis longtemps qu’il y avait bien deux gauches irréconciliables. Par exemple, au sein des leftblogs, les débats ont toujours été animés alors que j’aurais voulu en faire un groupe de blogueurs de gauche, de toute la gauche, de toutes les gauches et pas une instance politique, celle qui a été vue par les quelques types qui nous connaissaient comme un ramassis de sociaux libéraux… Je parlais du congrès de Reims. Ca a été l’apogée d’une division idiote, ne reposant pas sur des lignes idéologiques visibles de l’extérieur du parti mais sur des querelles de personnes, entre les partisans de Martine Aubry et ceux de Ségolène Royal. Tout ça fut quand même un peu oublié avec le chemin de la victoire de 2012 mais un autre bordel a continué.

Et il n’a pas cessé. Les électeurs et les militants ont quitté le PS et force est de constaté que le parti n’a pas fait ce qu’on attendait de lui en 2018 : tirer un bilan clair et net la présidence Hollande. Du coup, chacun est resté planté dans ses convictions sans faire la moindre concession. Le PS a fait d’autres erreurs comme ne pas désigner un chef connu du grand public et ne pas tracer plus tôt la voie pour les Européennes (c’est quand même fort de voir une personnalité comme Ségolène Royal se faire éconduire par les écolos alors qu’elle ne voulait même pas de la tête de liste, sombres imbéciles écologistes qui ne pensent qu’à une victoire momentanée : être la deuxième force de gauche à une élection dont tout le monde se taper).

Il se trouve que parmi les anciens électeurs de François Hollande, certains sont passés chez Macron, d’autres, comme moi, ont levé le pied, les plus méritants sont restés et quelques-uns ont franchi la porte des insoumis. Tant pis. Je pense que mon groupe est majoritaire. Je le vois par exemple auprès des collègues de travail ou des clients des bistros avec qui j’ai toujours parlé politique. Et j’en veux aux autres, surtout aux plus à gauche, de ne pas avoir compris. Je radote un peu mais nous n’avons pas voté Macron par conviction. Nous n’avons pas avalé ses idées. Nous avions constaté que le rivage droite gauche ne suffisait plus à faire une ligne politique (on parle maintenant d’un clivage entre les populistes et les européistes !). On a favorisé le lascar qui le disait, qui voulait travailler avec tout le monde, au centre et tout ça. Dans ma parenthèse, j’ai lâché le mot : populistes. Au fond, je ne sais pas ce que ça veut dire. La bande à Macron n’est-elle pas populiste ? Plus que les autres ?

Ils sont surtout incompétents tout comme les différentes oppositions. 2018 l’a montré.

Le bon côté des choses est, pour moi, que j'ai pu aller voir autre chose que les aspects économiques et sociaux de la gauche comme tout ce qui touche autour de la République et de la laïcité. Et de plus en plus, je pense que les aspects sociétaux de la gauche la tuerons (encore plus !). Chaque cause est individuellement bonne mais le cumul de ce qu'on essaie de nous imposer fait déborder le vase et donne peut-être des gilets jaunes. Ou bruns. Les éternelles leçons de morale, j'en parlais hier, des vrais leçons, on veut nous éduquer à bien penser, j'en parlais plus ou moins hier, détruiront le vivre-ensemble des gens identiques ou presque.

Je parlais de 2018 qui avait été un tournant pour moi. Du fait de l'état de santé de ma mère, elle n'a plus de voiture. Je me promène beaucoup en vélo (j'en suis à 42 km en une semaine, le tout entre la maison, la maison de retraite et le bistro) ce qui ne m'empêche pas conchier les pistes cyclables que j'emprunte.

Vive les paradoxes !

12 commentaires:

  1. On se promène À vélo, bordel de chierie de merde !

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    1. Moi pas. Un social démocrate pedale dans la semoule en vélo.

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  2. content d'apprendre que ta mère va mieux.
    t'as raison pour le ps, y avait besoin d'une bonne remise en question après l'abandon de Hollande, ils le payent à présent en se faisant humilier par des écolos qui n'ont pas réussi à faire élire le moindre député. quant à macron, il n'avait jamais dit qu'il serait de gauche, ni de droite d'ailleurs, même si certains de gauche oublient les mesures pourtant de gauche qui sont faites par le gouvernement et certains de droite oublient les mesures de droite. pour les gauchistes, ils trouveront toujours moins gauchiste qu'eux à insulter, en attendant ils ne proposent rien. Continue à faire du vélo, tu finiras par retrouver ta silhouette de jeune premier. bonne fin d'année au bistro et chez les bretons.

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    1. C’est du vélo électrique. Je n’ai jamais demandé à Macron d’etre de gauche. Ce n’est pas une raison pour être de droite. Car il l’est.

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    2. Macron n'est pas de droite m'enfin ! la droite c'est Wauquiez, Fillon, Balkany, Morano et toute la clique. Faut être aveugle. C'est un bon libéral de centre droit.

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    3. Oui Nicolas, on est bien d'accord.
      Bonne année !

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  3. Une petite remarque, comme çà en passant.
    Cette année, tu n'as pas demandé à ce qu'on ne te souhaite pas la bonne année avec tout son train de voeux avant la date.
    Alors, j'en profite pour te souhaiter un bon bout d'an.

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  4. Je crois qu'on s'arrête aux détails (Macron, PS, LR, déçus par les uns et par les autres) tout simplement pour éviter de regarder les choses en face : plus grand monde ne croit (en ou à) tout ce cirque, et en réalité personne a envie de se poser la question parce sans réponse : "où va t-on ?".
    A part ça, j'ai souvent pensé à ta maman et je suis bien contente qu'elle aille mieux.
    Continue à alimenter ton blog parce que tu écris bien. La motivation reviendra bien.
    Hélène dici

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    1. Merci. Ton commentaire mériterait une plus longue réponse mais je ne l’ai pas.

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