En salle

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23 avril 2015

A la recherche du temps perdu

Je me souviendrai toujours de ce samedi matin, en octobre 1996. J’avais un tas de choses à faire, notamment de la comptabilité pour une association et je n’arrivais pas à me plonger dedans. Je tournais en rond en rond, dans la maison. Je descendais à la cuisine boire des cafés, un prétexte pour ne rien faire. Cela ne me ressemblait pas du tout. Vers 11 heures, j’ai compris que quelque chose n’allait pas. J’ai foncé chez mon toubib. Il avait mauvaise réputation et avait très peu de clients, il a donc pu me recevoir et me consacrer du temps.

Je lui ai raconté ce qu’il se passait et il m’a fait parler. La trentaine qui était arrivée (tiens ! coïncidence, je me retrouve aujourd’hui à un an de la cinquantaine), un copain mort alors qu’il était venu m’aider alors que je dirigeais un centre de vacances (la culpabilité et tout ça), un surmenage lié à cette association (la dernière année, j’y avais consacré 37 week-end et la totalité des vacances), une réorientation de ma carrière professionnelle,… L’épuisement. Et des problèmes financiers.

Alors le toubib me dit : Nicolas, tu as les motifs et les symptômes, tu commences une dépression. Il m’avait mis en arrêt pour 15 jours et prescrit du Prozac, du Lexomyl et un autre truc. Il m’a dit aussi : pendant ton arrêt, il faut que tu bouges, que tu vois des copains, du monde,…

Je l’avais bien écouté. Au bout de quelques jours, cela allait mieux, j’en rigolais. Ce n’était pas une dépression mais un très gros coup de mou. Mais je m’étais retrouvé pendant quelques temps dans l’état de celui qui se dit : « même à moi, ça peut arriver ». C’est bien après que j’ai compris « la réalité », quand on m’a dit qu’on ne sortait pas aussi vite d’une dépression. Pendant tout ce temps, je me promenais avec mon Lexomyl dans la poche. J’avais arrêté les autres trucs.

Et il fallait que j’en parle. Aux copains, à la famille,… sur le ton léger du type qui croit qu’il tient avec les médicaments (alors que je n’en prenais plus). J’étais un roc, pensez-vous, un costaud ! Alors quand des proches voyaient que j’étais tombé, certains ont eu les mêmes symptômes. Un copain, en particulier, a fait une vraie dépression, qu’il garde encore près de vingt ans après, parce qu’il ne respecte pas les consignes des médecins et parce que, dans le Centre Bretagne, un paysan n’a pas le droit de tomber « malade de la tête ». C’est réservé aux intellectuels, aux gens de la ville,… Aux fils de profs. J’avais essayé d’expliquer à ses parents que ce n’était qu’une maladie, une sale maladie, un problème de molécules qui partent en couilles,…

Et la mère du copain a fait une dépression mais on ne le disait pas ainsi. On disait qu’elle était malade et voulait garder la chambre, une espèce de réaction en chaîne,…

Quand on lit le livre de Guy Birenbaum, on comprend vite certains trucs, outre que les médias racontent quoi, comme le fait, par exemple, qu’il a été très bien entouré, que sa femme est remarquable,… et que la dépression n’a pas une cause mais plusieurs, ou, peut-être, plusieurs éléments qui la déclenchent ou qui en deviennent des symptômes. Par exemple, les médias disent qu’il est tombé à cause des réseaux sociaux mais, allez savoir si son addiction aux réseaux, à l’actualité,… n’étaient pas qu’un symptôme.

Moi, je ne sais pas, lisez son livre. On y comprend beaucoup de choses.

Pour l’anecdote, je connais Guy et le considère comme un ami même si je ne l’ai rencontré que trois ou quatre fois. Nous avons une certaine proximité pour des raisons diverses, en partie liées à notre histoire de blogueurs. Je dois avouer que je ne m'intéresse à Guy que pour sa personne, en tant que pote, et par son blog, pas par son activité professionnelle. J'ai lu tout les billets du DEL et de l'épicerie mais presque rien de ce qu'il a pu faire ailleurs et je ne l'ai regardé ou écouté que rarement.

Hier, je voulais lui envoyer un message privé par Twitter, pour lui dire que j’avais lu son livre alors que j’avais prévu de ne pas le faire tout de suite. C’est de sa faute, il m’a dit : pour parler d’un livre, il faut le lire. Je l’ai fini dans le métro, en rentrant du boulot.

En arrivant à la Comète, j’ai pris mon iPhone et me suis préparé à envoyer ce « DM ». Notre précédente conversation s’est affichée. Elle datait de presque un an. D’ailleurs, en lisant son livre, j’avais sursauté en voyant des événements qui se passaient il y a juste un an, le 23 avril, jour de mes 48 ans. Et dans cette conversation, il m’annonçait sa dépression. Je l’avais oublié, non pas le fait qu’il me l’ait annoncé personnellement, mais les propos exacts.

Le fait qu’il prenne le temps de me prévenir était une marque d’amitié, probablement, peut-être un appel au secours, mais je ne l’ai pas pris comme tel. Je me suis imaginé qu’il se mettait en retrait des réseaux sociaux et qu’il me disait de ne pas m’inquiéter. Je pensais qu’il était suivi par les toubibs (ce qui était le cas) et qu’il s’en sortirait quand ils auront trouvé le dosage exact de médicaments et qu’il se serait reposé, un peu comme moi, 18 ans plus tôt, mais en beaucoup plus de temps. En lisant le livre, je me suis rendu compte que je me plantais, car j’ignorais tout des symptômes physiques qui peuvent accompagner cette saloperie de maladie.

Ai-je fait une connerie en comprenant : ne n’inquiète pas, je m’isole ? On ne le saura jamais.

Je ne parlerai pas du contenu du bouquin mais il ne porte pas que sur la dépression. Plus exactement, Guy raconte des événements ou des histoires qui peuvent expliquer en partie la maladie et qui sont très intéressants.

A certains moments de la lecture, j’ai rigolé et cela ne fera pas plaisirs aux protagonistes. Certains propos de Guy aurait pu être tenus par Didier Goux, non pas sur la forme mais sur le fond.

Enfin, Guy appelle les gens par leurs prénoms et comme il bosse dans le monde des médias, j’en connais certains comme David et Laurent avec qui il m’est arrivé d’échanger dans Twitter (j’ai même vaguement « bossé » pour Laurent, à une époque). Je connais d’autres personnages, comme Bruno, ou Nikos, tiens ! On n’en connait qu’un…


Ce qui fait qu’à un moment, j’ai cru que David Abiker était aussi dentiste…

22 avril 2013

Les blogs, la presse, Guy Birenbaum, l'Elysée, Twitter ... et moi

Allo ? Les gens ? On se calme ! Les blogueurs proches de François Hollande ont été reçus par Pépère. Le microcosme s'agite comme si l'information avait la moindre importance ! Comme Guy Birenbaum a fait sa chronique du matin, je me suis permis de l’interviewer et vous pourrez lire ses propos dans la deuxième moitié de ce billet.

Je vais d’abord donner toutes les informations. Tout d'abord, en tant que blogueur célèbre pour ses cravates, j'ai donné des conseils pour qu'il puisse faire un nœud qui tienne bien sa cravate. Ensuite, El Camino, en tant que blogueur rock'n roll a étudié la possibilité d'utiliser la salle des fêtes pour organiser des concerts pour renflouer les caisses. Simone était juste venue récupérer la culotte qu'elle avait oubliée lors d'une précédente visite. Ma consœur Elooooody en dit encore plus.

Sur France TV, ils évoquent cette histoire en citant mon blog. Ca lui a apporté 57 visites. Tu parles d’un sujet qui intéresse du monde. Europe 1 a fait un article aussi en me citant : 16 visites. Le Parisien ne me cite pas mais crois savoir ce que le Président nous a dit : « Ma communication institutionnelle présente des lacunes, j’ai besoin de vous pour tenter de compenser cela sur internet. » Ils sont forts, au Parisien ! Ils ont découvert que François Hollande a un problème de communication et qu’il s’en est rendu compte. En fait, il ne nous a pas dit ça, il a dit : « Ma communication est parfaite, ma cote de popularité est au top et les Français sont particulièrement bien informés de ce que fait le Gouvernement ». Numérama semble en savoir plus mais ne sait rien.

Samuel Laurent, du Monde, RT mon billet : « @samuellaurent: Recevoir des blogueurs PS à huis clos, sans qu'on sache ce qu'il s'est dit. La com à la Hollande, je pige pas http://t.co/9y4QJa0jhh »  Les gens sont intoxiqués par des années de Nicolas Sarkozy. Tout doit être réduit à de la communication. On se calme ! Pépère a reçu ses partisans qui connaissent les réseaux sociaux pour travailler avec eux.

Remarque ! Son journal prédisait la mort des blogs encore le mois dernier. C’est ballot, voilà les blogueurs reçus à l’Elysée mais pas lui…

J’ai été contacté par un grand média national pour un rendez-vous ce soir. J’ai refusé parce que j’ai un autre rancart. Je dois voir Jean-Marc Nicolle, premier adjoint au Maire de ma commune de résidence et, accessoirement, délégué du Conseil Régional au Grand Paris. Nous allons parler de la réforme territoriale et de son impact sur la région et sur mon coin. Ca me parait bien plus important et intéressant que cette histoire de François Hollande qui reçoit des blogueurs militants pour une visite privée. Les journaux sont invités à faire leur travail.

J’ai aussi été contacté par des journaux qui voulaient que je leur raconte toute cette histoire et qu’ils me feraient l’honneur de me publier et tout ça. Si j’avais quelque chose à dire, je le dirais dans mes blogs…

Dans Twitter, j’ai relevé quelques « perles »

« @bzavier "Ce qui a été dit lors de cette rencontre n'a aucun intérêt hors de notre cercle." #transparence #oupas http://t.co/M88LFD4UR9 » Je propose que l’Elysée fasse un communiqué de presse pour relater toutes les conversations privées de Pépère.

« @francbelge En Corée du Nord, le président reçoit son équipe de blogueurs de gouvernement dûment enregistrés. Ah c’est en France. http://t.co/pHU8VqxHU2 » Ah ! Parce qu’en Belgique (je dis ça au pif), les conversations du roi des Belges sont publiques ?

« koztoujours Énorme “@bzavier "Ce qui a été dit lors de cette rencontre n'a aucun intérêt hors notre cercle" #transparence #oupas http://t.co/8Mv8hRY07C” » Ah ! Merde ! Koztoujours n’a pas été invité par l’Elysée. C’est mal : c’est un blogueur important.

« thibauddP Après la Police Politique, la Communication d'Etat de Hollande-Toujours-Candidat. Triste ce "changement" http://t.co/0WfvODd9on » Ah ! Encore un qui pense que l’Etat ne devrait pas avoir de service de communication… Ils sont mignons. Quelle communication d’Etat ? Celui là devrait lire plus sérieusement les blogs des types invités…

« @zeyesnidzeno: Rencontre FH/Blogueurs/ses "Ce qui a été dit lors de cette rencontre n'a aucun intérêt hors de notre cercle" Ah... http://t.co/ry9mu3iVhA » Ben, Zeyes, faut venir plus souvent aux Kremlin des Blogs, tu saurais tout sur cette rencontre. Il y en avait encore un samedi soir.

« @Le_M_Poireau @nrosenberg samedi des blogueurs ont été reçus à l'Elysée http://t.co/JYS4bFD4Oi La presse n'a pas d'infos et brode ! ;-D » C’est tout à fait ça.

« @pensezbibi Blogueurs au Top : Les Marches de l'Elysée comme Les Marches de Cannes http://t.co/ILCF8jfAL6 #CinémaDeHollande #jegoun » C’est gentil de créer un hashtag #jegoun mais il ne faut pas être frustré comme ça. La meilleure façon d’entrer à l’Elysée est de monter ces marches.

Le jour où François Hollande recevra les blogueuses tricot ou les blogueurs bagnoles, les journalistes des catégories concernées seront-ils aussi déçus ? Les blogueuses crochet et les blogueurs motos seront-ils hargneux ?

Il y a bien une personne qui doit être légitimement intéressée par cette rencontre. C’est l’ami Guy Birenbaum. Il est blogueur, pas que politique, et tient une chronique, tous les matins, sur Europe 1, où il parle des réseaux sociaux, de l’information vue de Twitter. D’ailleurs, cette histoire de rencontre était le thème de sa chronique, ce matin. Guy est un copain de la vraie vie, vu qu’il vient parfois aux Kremlin des Blogs. Il m’a évidemment « appelé » pour me tirer les vers du nez mais je suis resté muet comme une carpe parce que je n’avais rien à dire.

Du coup, je lui ai posé quelques questions par mail.

Question : Depuis le lancement de ta chronique, de l’émission DCDC,… Avez-vous un retour sur l’intérêt des auditeurs pour ces séquences, où vous évoquez l’actualité vue des réseaux sociaux ?

Réponse : Oui Nicolas, puisque c'est le sujet de l'émission au quotidien. Je peux donc te dire que le public est intéressé, forcément. De ce que j'ai lu d'ailleurs, l'audience a progressé encore. Quant à la chronique matinale, elle est quasiment la seule dans toutes les radios à être aussi exposée et à traiter de l'actualité sous cet angle, pendant deux minutes, au quotidien. C'est une chance à mon sens que d'avoir cet espace pour donner une perception aux auditeurs non internautes de ce qui se joue sur le Web. Mais si Twitter reste un réseau encore plus marginal, près de 30 millions de Français sont sur Facebook. Il est difficile de considérer que ce qui s'y déroule n'a pas sa place dans une radio nationale. Idem pour les blogs que je continue à considérer comme des espaces plus qu'intéressants. En tous cas, j'ai la chance cette saison de pouvoir en rendre compte et je ne boude pas mon plaisir.

Mon commentaire : ça me fascine…

Question : Après cette rencontre, tu as eu des informations, tu as creusé, … Tu sais donc à peu près ce qui s’est dit entre Hollande et nous. Penses-tu vraiment que ça pourrait intéresser un lecteur, s’il n’y avait pas le mystère autour de la rencontre ?

Réponse : En l'occurrence, c'est davantage la démarche qui m'intéresse que les propos tenus. C'est pour cela que j'ai fait ma chronique ce matin, grâce à plusieurs "sources" de première main, présentes (féminin pour sources). Sans compter ce que certains comme toi, Politeeks ou Dedalus ont écrit, avec humour et émotion. Ce qui m'intéresse, c'est le fond, pas l'écume, c'est qu'enfin des blogueurs soient reçus, questionnés, qu'ils donnent leurs avis. Je défends la place des internautes tous les jours, matin et soir. Je me réjouis que certains comprennent au pouvoir, dans les médias, dans les milieux qui décident que certaines rencontres peuvent avoir de l'intérêt. L'aspect "mystère" n'est qu'un prétexte journalistique. Ce n'est pas cela qui me motive pour évoquer les blogs ou les blogueurs, je n'ai pas attendu ce matin pour souhaiter qu'elles et ils soient considéré(e)s à leur juste valeur. En France ou ailleurs.. J'ai d'ailleurs consacré une chronique il y a quelques temps aux rapports compliqués de certains avec Mediapart, lorsque monsieur Cahuzac n'avait pas encore avoué. 

Mon commentaire : ma question était mal posée ! Guy a répondu pour lui… Oups !

Question : Une phrase de mon billet fait beaucoup parler : « Ce qui a été dit lors de cette rencontre n'a aucun intérêt hors de notre cercle. » L’intérêt en question était l’objet de ma phrase précédente. A ton avis, pourquoi les gens ne la prennent pas au premier degré ? Le Président nous a remerciés pour le travail fait pendant la campagne et pour ce qu’on fait depuis, par exemple. Pourquoi les gens ne me croient pas quand je dis que ça a peu d’intérêt pour le public ?

Réponse : Je ne sais pas Nicolas. Je ne peux pas répondre pour les autres. Je pense que c'est un malentendu permanent. J'ai bien peur que le second degré n'existe pas. Il faut toujours se dire quand on écrit que les lecteurs ont un niveau d'interprétation et de lecture qui peut être différent du notre. Je ne m'en réjouis pas. Je le constate.

Mon commentaire : ouais. Ca me gave.

Question : Ne crois tu pas que « la profession » ne gagnerait pas en crédibilité si elle arrêtait de commenter, de fabuler, de fomenter, … avec ces « non sujets », alors que nous avons un vote bloqué pour l’ANI, un bordel en Syrie, une fusillade en Russie et une nouvelle aux USA, Bartolone qui reçoit des menaces, des cours de morale laïque annoncés, la présence du FN à côté de membres de l’UMP à une manifestation ?

Réponse : Je ne parle jamais pour les autres. J'ai consacré mon 13h du Huffington Post à la présence du FN à côté de l'UMP dans la manif. Tu peux prendre les sujets que je traite sur une semaine, ils sont rarement microcosmiques ou anodins. @Gundeath et Slate.com, sur le vote du sénat américain contre le texte sur le contrôle des armes. La chasse à l'homme sur les sites (Reddit, notamment) et réseaux américains contre les auteurs des attentats de Boston. Pourquoi nous ne parlons que de Boston et presque pas de Bagdad ou Mogadiscio, où il y a eu bien plus de décès dans des attentats. Juste après l'attentat, comment la police de Boston a utilisé les réseaux sociaux en temps réel pour recueillir des informations. La violence sur les réseaux à propos du "mariage pour tous"... Et ainsi de suite. Donc je ne crois pas que je fabule ou que je fomente... 

Mon commentaire : arg ! Question mal posée. J’aurais du définir ce que j’entendais par « profession » !

Question : Ne crois tu pas que « la twittosphère politique » ne gagnerait pas en crédibilité si elle arrêtait de commenter, de fabuler, de fomenter, … avec ces « non sujets » ?

Réponse :  Tout dépend de l'actualité. Un gros sujet chasse le plus petit et ainsi de suite. Malheureusement, l'attention pour les "âneries" comme tu les nomme, les "non sujets" est partagée par les internautes. Il suffit d'observer les TT, ces juges de paix terribles pour comprendre que les sujets les plus commentés ne sont pas forcément les plus importants. Il en va de même sur les sites d'information et sur les blogs. Je pense que ton billet sur l'Élysée va être très lu. C'est ainsi...

Mon commentaire : il est très lu… Il finira probablement dans les 10 billets les plus lus de l’année.

Question : Tu habites comme moi en proche banlieue Parisienne, que sais-tu des évolutions de ta commune avec la réforme territoriale ?

Réponse : Je ne suis pas électeur dans la commune où je réside. Comme tu le sais je suis électeur à la mer, dans ma Normandie. J'essaie de me tenir au courant de ce qui s'y passe, même si je n'y suis malheureusement pas au quotidien. Mais j'ai bon espoir qu'un de ces jours, pas si lointain, je puisse m'y consacrer pleinement, sur place. 

Mon commentaire : l’autre ! Il pense déjà à la retraite…

Encore merci, Guy !

06 avril 2012

L'évolution des blogs politiques

L'ami Guy Birenbaum donne une longue interview dans Darkplanneur. Je suis à peu près d'accord avec lui et je vous conseille de le lire, d'autant qu'une partie (reprise par Bembelly) est à « notre sujet (leftblogs, Kremlin des Blogs) !

Et comme toujours, quand on parle des blogs politiques, j'ai envie d'en rajouter... d'autant que le Kremlin des Blogs d'hier soir a été d'un très bon cru...! Quelques extraits et mes commentaires.

A propos de « nous »

« Darkplanneur : « Que reste-t’il de la blogosphère politique et de son influence ? »

Guy Byrenbaum : « Pas mal de gens. Davantage à gauche. Les gens de gauche ne sont pas plus intelligents ou plus nombreux » [ mais si, bordel !;-) ] « , mais il s’agit d’un mouvement de balancier : le pouvoir étant occupé depuis une dizaine d’années par la droite, il y a d’avantage de blogueurs qui se sont construits ou affirmés dans cette période (notamment en 2006-2007, avant l’élection de Nicolas Sarkozy) et qui sont restés ; s’affichant comme des opposants officiels sur l'Internet. »

Je crois aussi que la blogosphère politique était beaucoup plus « analyste » que militante. On n'a pas remplacé des blogs de droite mais des blogs centristes ou non militants.

En outre, il est assez difficile de défendre les actions de Nicolas Sarkozy, surtout si on se revendique d'un « pur libéralisme ». Les blogueurs de droite ont souvent été obligés de faire profil bas. Ca va changer. D'ailleurs, le changement, c'est maintenant.

« Ce sont, par exemple, ceux qui ont monté le Kremlin des blogs (au Kremlin-Bicêtre) qui sont parvenus à fédérer autour d’eux une vraie communauté. »

C'est exact mais on n'a pas réellement monté le Kremlin des Blogs, il s'est monté tout seul. Je ne vais pas rappeler toute l'histoire mais on s'est brouillés avec la personne qui organisait une autre réunion politique (le café des blogs, je crois). Du coup, quand on avait envie de se voir pour discuter ailleurs qu'à la République des Blogs, on ne savait plus où aller. Alors j'ai dit copains : venez donc dans le bistro en bas de chez moi, il y a de la place et une grande salle presque vide le soir. Dans un billet, j'avais nommé ça « La queue de la Comète » puis c'est devenu progressivement « le Kremlin des Blogs », mais c'est avant tout une rencontre de copains. Ce n'est pas un « événement monté », ce qui explique sa réussite. Il n'y a pas d'agenda, de période, … C'est le fruit du hasard. Parfois, comme hier soir, j'en organise de plus gros. L'occasion fait le larron...

« avec des personnalités comme Jegoun, Intox2007, Seb Musset, SarkoFrance, Slovar, Vogelsong, et tous / toutes les autres: plus largement, celles et ceux que l'on nomme les « leftblogs » » Allons bon ! Ca va être de ma faute ! « Tous farouchement opposés à ce que représente ce pouvoir avec une sincérité réelle et un vrai courage » Tu parles d'un courage ! A part que ça demande beaucoup d'heures devant un PC...

« Forcément la blogosphère de droite (moins active) a été aspirée par les pouvoirs, ceux qui étaient en capacité, sont entrés dans des cabinets à des postes de conseillers ou d’assistants parlementaires... » Je ne sais pas. Je n'ai pas vocation à avoir le moindre poste et je pense que mes camarades sont dans le même cas. Je ne sais pas si beaucoup de blogueurs de droite travaillent maintenant dans de tels postes (si c'est le cas, qu'ils cherchent du boulot d'urgence...).

A propos des réseaux sociaux et de leur évolution

« Mais la grande nouveauté de 2012 par rapport à la présidentielle précédente, c'est le rôle des réseaux sociaux Facebook, rattrapé depuis 2 ans par Twitter. » Pour l'anecdote, j'ai ouvert mon compte Twitter avant la présidentielle de 2007...

A propos des nouveaux médias

« La difficulté pour mes amis blogueurs est qu'ils n’ont pas le même accès aux médias, en dépit des efforts de certains, dont je fais partie à Europe 1, pour faire venir des blogueurs et leur donner la parole publiquement. » C'est très bien mais pour ma part, je ne revendique rien. Si je diffuse des billets dans certains médias, c'est uniquement pour participer à la campagne, pour montrer aux Français un autre visage de l'actualité (et c'est très bon pour l'égo de voir que des gens trouvent bien de diffuser ce que vous avez écrit). Mais je tiens bien mon blog pour moi et pour les gens qu'il intéresse...

Pour conclure

Pas mieux que Guy : CONTINUEZ !

(allez lire l'intégralité de l'interview)

29 août 2009

Soir de fête et soir de drame

J'avais promis de faire un compte rendu détaillé de la soirée de jeudi d’autant qu’il y a eu une nouvelle soirée avec CC et Trub hier (elle était prévue de longtemps au cas où des blogueurs n’auraient pas pu se déplacer le jeudi mais avait été écartée ensuite, puisque personne n’avait ronchonné pour le jeudi).

Mais un enfant est mort noyé, hier soir, à Trouville. Je ne suis pas du genre à m’émouvoir d’un tel fait divers tragique (je suis plutôt du style à attendre qu’un membre du gouvernement en profite pour pondre une nouvelle annonce bidon). Mais cette mort me touche. Je l’ai apprise par un « twit » d’un des participants à la soirée de jeudi qui avait assisté à l’arrivée des secours, ce participant était en week-end à Trouville avec ses propres enfants, je suppose. Nous étions probablement peu nombreux dans notre « twittosphère » et je me doutais que les sentiments d’un père de famille assistant au décès d’un autre môme n’étaient pas brillants. J’avais 140 caractères pour exprimer un soutien, une amitié née subitement d’une fête suivie d’un drame.

Ce participant est Guy Birenbaum. Il raconte cette morne soirée dans un billet (clic clic clic).

Dans mon compte rendu, je voulais expliquer pourquoi la présence de Guy, jeudi, m’a touché, de même d’ailleurs que la présence massive de tout le monde, mais je ne peux plus avec mes mots habituels.

Je vais essayer autrement. Tant pis. Jeudi, quand j’ai compris que Guy était venu à « ma » soirée, j’ai été pris d’un double sentiment. Le premier est celui, complètement idiot, qu’on a quand on rencontre une « personnalité » (et qu’elle répond à une invitation). Il est idiot parce que je connais quelques andouilles qui ont avoué avoir été impressionnés de serrer la paluche du number one ventripotent. Je suis d’ailleurs jaloux : j’ai lu dans les commentaires de quelques billets de compte rendu que Gaël et Gularu avaient été impressionnés de voir Juan de Sarkofrance. Bordel ! Le number one, c’est moi !

Le deuxième est probablement tout aussi idiot. Tout le monde me remercie de l’organisation de cette soirée : OK, d’accord, de rien ! Sincèrement « de rien ». Vous me connaissez ! CC a une idée, je ponds un billet et le truc est lancé. Je savais que la Comète se prête très bien à ce genre de soirée. Pour des raisons commerciales (par rapport à ses autres clients), le patron n’a pas voulu qu’on se mette sur la grande terrasse et la petite salle… et a préféré nous refilé la petite terrasse et la grande salle. La soirée ne pouvait que bien se passer. Sauf que je suis fâché avec le Vieux Jacques. Je vous raconterais ça sur Partageons mes âneries prochainement. La soirée ne pouvait que bien se passer.

C’est moi qui remercie tout le monde – ce fameux deuxième sentiment idiot – car en venant nombreux, vous m’avez conforté dans ma vision de la blogosphère : un immense bistro de banlieue où on échange des joies, des larmes, des analyses, des rigolades. Et des bières.

Guy n’avait aucune raison de ne pas venir, je suppose. Des connaissances et un bistro avec une belle terrasse, fin août : aucune raison d’y échapper. Par contre, c’est en tant qu’ancien « baron de la blogosphère » (je parle d’une autre époque, celle du DEL où je n’étais moi-même pas encore un numéro dans un classement) que la présence de Guy m’a fait plaisir, en me laissant penser que ma vision des blogs n’est pas la plus mauvaise !

De cette soirée, j’aurais pu raconter des détails. Je vais laisser Juan le faire à ma place. Je ne vois pas pourquoi le number one aurait à se fatiguer quand le number two fait très bien le boulot… Smiley, bordel ! Non. Je n’ai en fait que de vagues souvenirs des conversations que j’ai eues avec chacun. En tant qu’organisateur, j’étais préoccupé par un tas de trucs (faire en sorte que ça se passe bien, que personne ne se retrouve tout seul, que tout le monde réponde aux demandes des serveurs, que ceux qui ne voulaient pas du plat du jour ne soient pas oubliés, que personne ne vomisse sur son pantalon, …). C’est une fois arrivé à la maison, avec Melle Ciguë, Gaël, Louis et Poireau que j’ai pu ma laisser aller, jusqu’au moment où Gaël, qui était assis sur le canapé à côté de Louis, lui a dit : « bordel, casse toi, je m’couche ».

Il semble que, dans mon rôle d’organisateur, je ne m’en sois pas trop mal tiré. Vous pouvez me remercier. De toute manière, le Wikio va sortir dans quelques jours, on va recommencer à se congratuler mutuellement. Nicolas Sarkozy aurait dit : « Je ne vois pas pourquoi on ne laisserait pas la première place au Wikio à mon homonyme qui, lui, travaille dur à faire la fête pendant que Poppyrose est en vacances ». Alors, hein ?

Mais qu'on n'en parle plus aujourd'hui ! Pensons plutôt à Guy qui doit avoir un sacré bourdon.

P.S. : on parle de nous chez Bakchich !

12 juillet 2009

Hénin-Beaumont et La ligne jaune au vitriol

C’est un peu long (1h15) mais ça se regarde plus comme une fiction que comme une émission politique. C’est « La ligne jaune », présentée par Guy Birenbaum pour Arrêt sur Image, avec mon copain blogueur, Marc Vasseur.

L’émission est consacrée au Parti Socialiste et à Hénin-Beaumont. Marie-Noëlle Lienemann n’a pas sa langue dans sa poche, ni d’ailleurs les invités de Guy, dont Marc et deux journalistes (Julien de la Voix du Nord et Christophe de Libération, je n’ai pas noté leurs noms).

Vous, qui, comme moi, vous sentez proche du PS sans jamais y avoir adhéré, je vous invite sincèrement à la regarder entièrement. C’est édifiant. Pas vraiment la montée du Front National ou le Front Républicain (par ailleurs inexistant : l’UMP a fait 4%) mais le fonctionnement du Parti Socialiste, la manière dont des barons locaux verrouillent tout, y compris Martine Aubry, tenue par ces quelques personnes à qui elle doit son élection.

Je ne sais pas quel message faire passer à mes copains, adhérents du PS, je me contente d’un « bon courage » tant il est évident qu’un sérieux coup de ménage s’impose (même si l’émission est à charge : tout ne peut pas être abusé) avant même d’espérer revenir sur le terrain idéologique et de remporter, à nouveau, des élections nationales.

L'émission est chez Marc !


En marge, je tiens à féliciter Guy (et à lui souhaiter de bonnes vacances). J’étais un grand lecteur de son ancien blog (je ne l’ai pas suivi, pour des raisons techniques, quand il est passé sur Le Post). Je découvre maintenant ses talents d’interviewer. Il sait faire parler ses invités tout en maintenant un rythme à l’émission. Ces 75 minutes sont captivantes. Je m’en vais contacter les chaînes nationales pour qu’il remplace Arlette Chabot.

Avec une amicale pensée pour Marc pour qui se dimanche est un peu particulier, si j’ai bien suivi ses twits !

Chapeau les gars !