Notre pays s’en va en guerre.
L’intervention serait imminente. Nous allons faire le bien d’un peuple. Je suis ému. Pourtant, l'envie me titille de ronchonner, comme si je n'étais qu'un vil réactionnaire bien que ce qu'on pourrait appeler la pensée de ces gens me soit relativement impénétrable. Pourtant, ce n'est pas faute de les étudier...
D'ailleurs, un des avantages d’être copain avec
Didier Goux est que je commente à peu près tous ses billets uniquement pour dire bonjour, alors que j’aurais souvent envie de le traiter de gros con. Ceci me permet de m’abonner aux commentaires de son blog et de suivre les propos de la faune « intellectuelle d’une droite dure » (pouf pouf) qui prend un malin plaisir à exprimer sa haine chez lui alors qu’on serait très bien en terrasse à se taper une 1664.
Parfois, certains s’insurgent de cette amitié entre moi et un vil réactionnaire qui défend des idées heu… attendez, je regarde mes notes… qui fleurent les relents nauséabonds des heures les plus sombres de notre histoire. J’aime bien répondre à ces « certains » qu’ils feraient mieux de respirer leurs propres effluves, n’ayant pas l’habitude de choisir mes amis après leur avoir fait remplir un QCM me permettant de juger de leur degré de moralité mais tout simplement en laissant parler mon cœur. Ce qui est déplorable : Didier Goux n’est pas baisable.
On me dira que je ne suis pas toujours correct mais rassurez-vous, le pire est probablement à venir.
Par exemple, j’ai bien envie de faire un billet pour dire que je suis totalement opposé à une intervention militaire en Libye. La seule chose qui me retient, en fait, c’est que je n’y suis pas totalement opposé : le gars Kadhafi se trouverait embastillé dans les sous-sol de l’ambassade de France que je n’hésiterais même pas à faire preuve d’un certaine contentement.

Il n’empêche que certains se réjouissent d’envoyer nos soldats à la guerre. Quand il y aura les premiers morts, ils feront des jolis billets pour le déplorer, pour crier leur amitié et leur soutien aux familles. Pendant ce temps, je serai à mon comptoir, avec mon fidèle Tonnégrande, et je dirai : « putain, ils font chier, c’est leur métier ». Je ne pourrais évidemment pas faire un billet, d’une part parce que je comprends et respecte la détresse des familles, évidemment, et d’autre part, parce que ce billet serait nécessairement mal compris. J’ai en effet une plus haute estime de nos vaillants militaires que la plupart de mes chers congénères : je ne les prends pas pour de la chair à canon.
Tiens ! Hier, j’ai vu passer dans Twitter la fine pensée d’un olibrius qui se demandait pourquoi les Allemands n’avaient pas voté pour la résolution de l’ONU. J’aurais envie de lui répondre qu’il n’a qu’à s’occuper de ses fesses et que les Allemands font ce qu’il veut.
Cela dit, on a un peuple opprimé à aller défendre et dans l’attente j’ai un billet à terminer.
Etre ami avec Didier Goux a un énorme avantage : mon blog est dans sa blogroll, ce qui me rapporte de 1500 à 2000 visites par mois. Excusez de peu. Je ne vais quand même pas me brouiller avec un gugusse qui fait tant pour la gloire de mon blog.
Il a une blogroll organisée techniquement comme la mienne, les derniers blogs à avoir pondu des billets sont en haut. Comme je fais beaucoup de billets, mon blog est souvent en haut de sa blogroll. Du coup, sa clientèle de méchants réactionnaires clique souvent et débarque chez moi…
Parfois ils commentent, laissant déborder leur haine des vulgaires gauchistes qu’au final nous sommes tous. Comme il est beaucoup trop tôt pour aller prendre l’apéro et que vous n’avez rien de mieux de faire, je vous conseille d’aller lire les commentaires à
un de mes billets d’hier.

Sinon, vous pouvez aller lire
le dernier billet de Sarkofrance, dans ses coulisses. Je ne sais pas trop ce qu’il voulait dire, sans doute qu’il aurait préféré des débats de fonds, notamment à propos du nucléaire, plutôt que d’éternelles querelles sur la forme. Ca me surprend toujours quand je vois un pote qui n’a toujours pas compris le fonctionnement de la cinquième République : l’élection ne se fait pas sur le fond.
Nicolas Sarkozy devrait nous envoyer en guerre contre un dictateur méchant et probablement avec du
poil dans les oreilles, après avoir reçu ce dictateur à Paris, en grandes pompes, entament ainsi sa réhabilitation aux yeux « des grandes nations démocrates ».
Ca fut une erreur, manifestement, puisqu’il faut aller le combattre, dans ce joli pays plein de pétrole qui permet aux nations unies de trouver un accord vite fait pour intervenir alors que le bordel continue en Côte d’Ivoire, leur espèce de dictateur n’ayant pas trouvé mieux que de tirer au mortier sur ses opposants. Nous sommes enlisés depuis une dizaine d’années en Afghanistan mais il nous faut maintenant aller patauger un peu plus près. C’est pourtant facile de faire la guerre, assis à son bureau devant un PC. Les avions vont décoller de Corse, ils vont aller bombarder là où il faut et nous allons gagner la guerre.
En Afghanistan, c’était facile aussi même si la Corse est un peu plus loin. On a des satellites qui nous permettent de voir où sont les méchants. On appuie sur un bouton pour envoyer un missile sur la tête des méchants.
Notre diplomatie et celle des grandes diplomatie a une histoire remplie d’erreurs mais nous avons un peuple à sauver.

Alors nous allons faire bloc derrière notre armée. Nous allons à nouveau pratiquer cette ingérence dans une guerre civile qui ne nous regarde pas, nous allons faire le bonheur des peuples malgré eux parce qu’à la perception des quelques informations nous sommes maintenant persuadés que pour faire le bonheur de ces gens, il faut leur déclarer la guerre, comme si des décennies de ce genre de politique avaient déjà fait leurs preuves, comme si la situation en Libye était identique à celle d’autres pays où il fallait intervenir pour arrêter des génocides massifs.
Alors nous allons faire bloc derrière le chef de l’état. Il va rassembler le peuple Français. C’est beau. Il avait élu en le divisant, il sera réélu en le rassemblant.
C’est bien. Pendant ce temps là, on aura fait le bonheur du peuple Libyen.
Le tout pour permettre aux Américains d’aller chercher un peu de pétrole pendant qu’on gueule parce qu’on n’a pas de débat à propos du nucléaire, ce dont tout le monde se fout alors qu’un pays, la troisième puissance économique mondiale, risque d’être rayé des cartes prochainement.
Je vous laisse, je vais aller faire le bien.