En salle

04 février 2011

De quel côté porter les affaires ?

Quand je vais à la République des Blogs (ce qui m’arrive assez rarement, d’ailleurs, pauvre de moi), il y a deux gugusses avec une cravate : Authueil et moi. On nous différencie assez facilement : j’ai la coiffure en vrac, une cravate à chier desserrée et les pans de la chemise qui débordent du pantalon mais ce n’est pas de ma faute : les fournisseurs de chemises bas de gamme pensent assez rarement à faire des chemises suffisamment longues pour qu’elles fassent le tour de mon ventre pour que je puisse les arrimer dans le falzar. Par ailleurs, il ne s’agit pas de chemises : je porte presque exclusivement des chemisettes, aimant le contact du zinc avec mon coude.

Authueil porte des vraies chemises qu’il ferme avec des boutons de manchette. Il est par ailleurs charmant et très sympathique mais il a deux défauts, c’est un garçon et il est de droite (je vais me faire engueuler par Corto). Son blog est par ailleurs très bien. Mais à droite.

Comme moi, il n’a pas trop de mémoire. La preuve, suite à la vague condamnation avec sursis et avec Lyne Cohen-Solal dans une vague histoire non vraiment démontrée d’emploi-fictif, il fait un billet sur les conflits d’intérêts. Il parle vaguement de Jacques Chirac mais c’est bien le PS qui est sa cible, notamment de DSK à une époque. Ces deux personnalités sont probablement condamnables pour leurs agissements mais bon…

Au milieu de l’article, je vois ça : « Après ça, les socialistes vont avoir du mal à convaincre vouloir mettre fin au cancer des conflits d'intérêts et des copinages qui minent notre élite, vu qu'ils sont mouillés jusqu'au cou ! » La fin du billet est un réquisitoire contre le PS.

Authueil a oublié que l’affaire « Woerth - Bettencourt », avec le financement de l’UMP et de la campagne de Nicolas Sarkozy au centre, a égayé tout l’été. Qu’ensuite, et ça n’est pas fini, on a beaucoup parlé du Karachigate, qui concerne probablement le financement de la campagne électorale d’Edouard Balladur en 1995, campagne dans laquelle était impliquée Nicolas Sarkozy (en tant que porte parole, si ma mémoire est bonne).

Il a oublié également ce qui a beaucoup amusé mes camarades Vogelsong et Seb Musset, avant-hier ou hier soir, avec des jeux de mots dans Twitter de type « Air Force MAM » ou « Un biplan MAM Air ».

Ainsi Authueil a oublié l’affaire politique de la semaine, qui concerne un membre éminent du gouvernement, une des dernières représentant du RPR à la papa, ancienne patronne de ce parti, Ministre en poste depuis bientôt 9 ans. Michèle Alliot-Marie, je vous salue pleine de grâce, a « emprunté » un jet appartenant à un proche de Ben Ali pendant les récentes vacances de Noël alors que le peuple était dans la rue à manifester.

Ils sont contents, à droite, quand ils trouvent une affaire un peu sale pour la gauche. Mais tout le monde se fout royalement des affaires de Pierre Mauroy, voire des sordides affaires de la un peu louches auxquelles on ne comprend bien dans les Bouches du Rhône, impliquant peut-être la famille du Président du Conseil Général.

Pour l’instant, les affaires principales concernent l’UMP et potentiellement des membres du Gouvernement. Voire plus haut.

Heureusement qu'on les aime bien, nos blogueurs de droite. Mais il en reste peu.

Le Kabice doit rester ouvert

Comité de soutien à Malika et Salah

Malika et Salah sont aux commandes du bar – restaurant « le Danton-Le Kabice» depuis octobre 2009. Ce lieu de convivialité et de tolérance connu et reconnu par la population du quartier est menacé de fermeture suite à des jugements remettant en cause leur bail commercial.

A lire ici.


Et la pétition à signer.

Chômage : l'état fait porter la responsabilité aux régions

Lire l’interview de Xavier Bertrand dans le métro dans Métro (oui…), ce matin : telle fut l’ingrate mission que je me suis imposée, à l’instant, afin de satisfaire mon lectorat de plus en plus nombreux (il a doublé en six mois, avant ma mère me lisait pour vérifier que je n’avais pas fait le con, la veille ; elle vient d’être rejointe par le patron de la Comète qui vérifie que je fais bien de la promotion pour son établissement).

M. Bertrand est Ministre du Travail. Il s’occupe du chômage. On préfèrerait qu’il soit Ministre du Chômage et qu’il s’occupe du travail.

On a touché le fond. Dans le métro, il faut le faire.

« Maintenant, il est certain que pour 2011, nous avons une obligation de résultats. »

C’est sur ! Avant, ils ne l’avaient pas.

« On nous avait dit qu'en-dessous de 2% de croissance, on ne pouvait pas créer d'emplois. Sur l’année 2010 en a recréés plus de 100.000. »

Il a l’air content, c’est déjà ça ! Pourtant il me semble que la dernière phrase n’est pas en français. Il manque des mots. On dirait un blog politique de gauche de ma connaissance.

« Pour obtenir des résultats, je ne me contenterai pas de discours. »

J’ai 44 ans. Ca fait une trentaine d’années que je m’intéresse à l’actualité : j’ai la formation nécessaire pour lire la suite sans être étranglé par une crise de rire. A propos de formation, je vais résumer la suite : il y a 250000 offres d’emplois qui ne sont pas satisfaites, il faut tout axer sur la formation.

Tu parles !

« Il faut raccourcir les délais, simplifier les démarches et faire une priorité de la formation aux métiers qui recrutent. » Tant qu’à faire, autant former où ça embauche…

Bon, un peu de sérieux. Il y a une seule phrase à retenir de cette interview : « Si par exemple sur l'apprentissage, dans le cadre des nouveaux contrats d'objectifs et de moyens, l'Etat met un euro, je dis aux régions : mettez aussi un euro. »

Z’avez bien lu. D’ailleurs, il n’y a pas 36 manières de lire. C’est simple : l’état se désengage du domaine du chômage et de l’emploi et fait porter la responsabilité, y compris financières, aux régions.

Lamentable.


03 février 2011

Piketty et la révolution fiscale

Mon envoyé spécial en Belgique me communique cet article de Alternatives Economiques avec une interview de Thomas Piketty suite à la mise en ligne de son site dont je parlais récemment, avant de faire un billet plus sérieux sur le thème : la révolution fiscale. Dans mon billet je disais à peu près la même chose que lui (ce qui est normal, vu que c’est son site qui m’avait inspiré, je reste une bille en économie, rassurez-vous).

Je résume néanmoins pour les faignasses qui traineraient pas ici.

Il est partisan d’une « fusion » de la CSG et de l’impôt sur le revenu au profit d’une espèce de CSG avec « un barème progressif très simple qui permette de la rendre plus juste. »

Ce nouvel impôt serait accompagné de simplifications importantes qui permettront un gain de salaire et donc une réelle augmentation du pouvoir d’achat. Seuls seraient pénalisés ceux qui gagnent plus de 8000 euros par mois, notamment parce qu’avec le système actuel, ils arrivent à échapper à l’impôt sur le revenu : ils en payent proportionnellement moins que les « classes moyennes » (lors de l’affaire Bettencourt, on avait dit qu’elle payait en gros 8% de ses revenus en impôts).

Il propose que cet impôt soit nominal : rattaché à chaque personne et non pas à chaque ménage. C’est ce que j’avais dit nananère.

J’avais dit aussi que le fait d’avoir des enfants ne devait plus générer des avantages en termes d’impôts sur le revenu. Il dit à peu près la même chose (avec des nuances, les « bénéfices » liés aux enfants seraient fixes quels que soient les revenus des parents).

Par rapport à mon billet de l’autre jour, il s’affirme partisan du maintien de l’ISF. « Dans une période où les revenus stagnent et où les patrimoines prospèrent, il serait insensé de le supprimer. En outre, les gros patrimoines peuvent se structurer de manière à ne produire que peu de revenus du capital imposables, comme l'a montré le cas de Liliane Bettencourt. Il faut donc imposer les deux. »

A la lecture, on ne peut qu’être d’accord ! Auparavant, je ne m’étais jamais affirmé comme un grand fanatique de ce machin, je vais changer !

Enfin, le nouvel impôt sur le revenu, la CSG bis, serait prélevé à la source. Je n’ai jamais été réellement pour mais je veux bien changer d’avis (pour une raison sans rapport : les déclarations étant dorénavant pré-remplies, la signature de ces machins n’est plus, dorénavant, que symbolique).

Vive Piketty !

Amen.

La Sixième République : elle m'intéresse

Une fois n’est pas coutume, je ne suis pas d’accord avec mon copain Yann et son dernier billet. Lisez-le. Je vais le résumer. Il pose la question : « Est-ce la VIe République intéresse les Français ? » Il répond, pour TRES résumer : « non, ce qui intéresse les Français c’est ce qui fait leur quotidien et leur avenir, payer les traites pour la maison et les études des mômes, le fait que ces derniers puissent avoir du boulot, … ».

Disons que sur le fond, Yann a raison. Il n’empêche que les électeurs qu’il convient de prendre pour des cons sinon je serais Président de la République vont s’empresser de voter pour le premier gugusse qui leur promettra la sécurité, qui leur garantira leur retraite payée par le travail des autres et qui leur assurera qu’ils pourront gagner plus en travaillant plus, seuls dans leur coin sans regarder les autres.

Ce n’est qu’un détail, dans ce billet, mais je crois sincèrement qu’aucune réforme – réelle, pas les mesurettes qu’ont nous présente comme telle mais qui ne sont que l’ajout d’une rustine dans une chambre à gaz – ne peut être menée sans que le peuple la pousse à bout de bras ce qui ne veut pas dire grand-chose mais ça me faisait plaisir de l’écrire ici.

Je crois surtout que la gauche ne gagnera pas sans assurer au peuple un « renouveau démocratique », sans le convaincre qu’il tient son destin dans ses petites mains, sans lui expliquer que seul lui pourra faire bouger le monde.

Notre modèle économique est proche de sa fin. C’est facile à voir. Encore 20 ans et 80% de la population sera au SMIC et 10% au chômage. Mes potes réactionnaires trouveraient aussi que le modèle est proche de sa fin, mais pour d’autres raisons sur lesquelles je ne vais pas m’étendre. D’autres modèles économiques, plus proches, au fond, de certaines de mes aspirations ont été testés. Ils ont échoué, faut de démocratie, faute de libertés. Si le modèle idéal était connu, il serait appliqué et je ne serais pas là, à écrire des âneries dans mon blog, mais au lit, à attendre l’heure de l’apéro. On sait que « la solution » passe par un autre modèle de société, qu’il reste a créer mais qui passera nécessairement par un autre système de redistribution.

Créer un modèle de société ? Ca ne se fera pas sans nous, sans le peuple, sans les 25 millions de gugusses qui bossent pour un patron…

La gauche a le devoir de porter cette volonté de changement, changement qui ne pourra avoir lieu que dans un autre modèle de pouvoir, dans une autre démocratie, une vraie démocratie qui ne concentre pas l’exhaustivité des pouvoirs dans les mains d’un seul homme.

Il suffit de voir nos collègues, blogueurs de gauche ou simple observateurs de la vie politique, s’esbaudir devant des espèces de révolutions en Egypte ou en Tunisie, sans même se rendre compte que ce qu’ils redoutent (une république Islamiste ou un autre dictateur) se mettra vraisemblablement en œuvre dans les prochaines années, tout simplement parce que la démocratie ne se met pas en place d’un claquement de doigt ou d’une prise de Bastille. C’est toujours très facile d’oublier que 150 ans après avoir perdu la tête de Louis XVI, la France n’était pas en démocratie.

La gauche ne gagnera que si elle est porteuse d’un espoir, espoir qui ne peut passer que par un renforcement de la démocratie, parce que c’est seulement en étant au pouvoir que le peuple pourra faire bouger la société. La Cinquième République, et surtout l’élection du Président de la République au suffrage universel, est probablement une régression dans l’histoire des droits de l’homme, dans l’histoire du progrès, dans l’histoire de la démocratie. Nicolas Sarkozy a sublimé ce déclin.

On ne pourra en sortir sans un nouvel élan, sans une nouvelle république. Le peuple le sait. Ces cons d’électeurs le savent. Toute la difficulté repose sur la manière de ne pas prendre ces cons d’électeurs pour des cons.

Dans l’attente, on va continuer. La gauche va encore gagner deux ou trois départements aux prochaines élections. Peut-être sera-t-elle majoritaire au sénat, un de ces jours.

Mais le candidat de la droite gagnera aux présidentielles parce qu’il aura persuadé les électeurs qu’individuellement ils pourront s’en sortir, payer les études des mômes et la MAPAD de la grand-mère.

Pourtant, la solution ne peut qu’être collective, car on vit ensemble, sur la même planète, dans un processus de mondialisation inéluctable…

Le collectif doit pouvoir s’exprimer : il lui faut un nouveau cadre institutionnel.

Une sixième république…

Qu’est-ce que j’ai, moi, ce matin ?

02 février 2011

Chômage des séniors : une catastrophe

Ce qu’il y a de bien avec Pole Emploi c’est que les mauvais résultats qui annoncent permettent d’enfoncer un peu plus la politique du gouvernement. Aujourd’hui, c’est son Directeur Général qui s’exprime devant l’AFP.

Le « nombre de demandeurs d'emploi de plus de 50 ans a augmenté de plus de 10% en 2010 sous le coup de la crise qui a incité les entreprises à se séparer des salariés les plus âgés. »

C’est ballot, c’est justement en 2010 que le gouvernement a décidé d’augmenter l’âge de la retraite. Le nombre de demandeurs d’emploi de plus de 50 ans va encore augmenter, mais mathématiquement, cette fois. Ca leur fera un prétexte qu’ils n’arriveront même pas pour en déduire à quel point la réforme est inique, déplorable, ridicule, néfaste, …

+ 10% ? Non ! +16,3% !

« Le nombre des seniors de plus de 50 ans en quête d'emploi - dans la catégorie n'ayant exercé aucune activité - a progressé en 2010 de 73.000 pour atteindre 523.000 (+16,3%). »

Faire travailler les anciens ? Une ineptie.

« La révolution technologique tend à minorer leur atout qui est l'expérience, en particulier pour les moins qualifiés. »

Tiens ! Ca me rappelle mon copain Casquette dont je vous parlais l’autre jour. Mort avant 60 ans après 6 ou 8 ans de chômage parce que son patron avait remplacé les machines par des nouvelles…

« A l'inverse des crises précédentes où "l'Etat incitait les entreprises à se débarrasser des seniors" au travers de dispositifs comme "les pré-retraites" publiques, désormais abandonnées, "cette fois, compte tenu des contraintes de financement des retraites", le gouvernement "veut rallonger la durée de la vie active", rappelle M. Heyer. »

Il est bien ce M. Heyer. Il vient de l’OFCE.

« Très en vogue (455.000 accords signés à fin novembre 2010), la séparation à l'amiable a donné la possibilité aux patrons de se débarrasser de leurs salariés les plus âgés, qui peuvent bénéficier ensuite d'indemnités chômage. »

A l’amiable ? Vous croyez vraiment qu’ils ont le choix, le sénior ?

« Par ailleurs, les seniors sans emploi sont désormais mieux identifiés puisqu'une loi de 2008 supprime progressivement la "Dispense de recherche d'emploi", statut accordé aux chômeurs âgés de plus de 57 ans et demi, dont les noms étaient ainsi barrés des listes de Pôle emploi. »

Ah ! Ben ! Si on les connaît, c’est surement un progrès.


L'UMP ne sert à rien

« Augmenter la TVA pour faire baisser les cotisations sociales, telle est la nouvelle "bonne idée" lancée par Jean-François Copé dans l’édition du Parisien de mardi. "Il faudrait baisser les cotisations sociales, qui ne sont payées que par quelques-uns, et faire un transfert sur la TVA, qui est elle payée par tout le monde", recommande le secrétaire général de l’UMP, dans un entretien accordé au quotidien. »

Voila la dernière annonce du Secrétaire Général de l’UMP, Jean-François Copé. Elle agite beaucoup le parti majoritaire. Il s’est fait violemment remettre en place par Xavier Bertrand, ai-je entendu à la radio, ce matin. Ce dernier pense aux prochaines élections cantonales, comme si Jean-François Copé s’en foutait totalement, malgré son rôle de chef de parti.

Les élus et candidats locaux de l’UMP vont, encore une fois, pester contre leur parti qui ne pense qu’aux prochaines présidentielles, voir aux suivantes, dans la cacophonie la plus totale puisque le gouvernement souhaite mener une réforme de la fiscalité avec une taxation du capital alors que le parti qui le soutien souhaite taxer plus la consommation.

A l’heure où le gouvernement souhaite harmoniser la fiscalité avec l’Allemagne, Monsieur Copé prend du large. Peut-être ne sait-il pas que la TVA est déjà moins importante en Allemagne qu’en France. Pourtant, il a déclaré : « Cette proposition fiscale […] c'est ce qui a été fait en Allemagne et qui a très bien marché. »

Il n’y a personne à l’UMP pour lui mettre à jour ses fiches ?

Sur France Info, j’entendais, ce matin, un cadre de l’UMP (je n’ai pas noté son nom mais quelqu’un d’assez haut placé, comme le numéro 2 du Groupe Parlementaire ou un truc comme ça) qui ironisait sur la situation du PS. Je résume « Nananère, le PS n’a pas de candidat, n’a pas d’idée alors que nous, nous débattons ». Toujours la même rengaine, taper sur le PS pour masquer le manque d’idée. Je vais donc rappeler à ce monsieur que le PS tient des convention, a un planning précis avec l’annonce d’un projet en mai, suivi d’un grand débat autour des personnes puis d’un choix de candidat.

Pour l’instant, l’UMP n’a aucun projet et son candidat est "forcé". Tout le monde sait que le projet sera dicté par Nicolas Sarkozy et ses conseillers en communication pendant la campagne (ce qui n’est pas une critique, la Cinquième République est faite ainsi). L’UMP ne servira strictement à rien dans l’élaboration du programme ou dans le choix du candidat. Les militants UMP seront utilisés pour distribuer des tracts sur les marchés et pour remplir les salles lors des meetings préélectoraux. Les jeunes pops feront le tour de la France en bus pour assister à toutes les réunions publiques de Nicolas Sarkozy pour faire croire que l’UMP est un parti de jeunes, un parti d’avenir.

Pour l’instant, Monsieur Copé tente d’exister. Il balance des idées dans tous les sens pour se forger une réputation. Il prépare 2017, quoi.

Laissant la base de son parti en jachère. Les Conseillers Généraux sortant peuvent pleurer. De nouveaux départements passeront à gauche. Seule compte 2017, en passant par 2012. La France ne compte pas. Le Gouvernement ne compte pas. Qu’il se débrouille !

Jean-François a lancé la machine. Mais il sera bientôt tout seul. Xavier Bertrand reprend du poil de la bête. Christine Lagarde et François Fillon taclent Jean-François Copé.

Mais officiellement tout va bien. Sauf que l’UMP ne sert plus à rien.

01 février 2011

L'état du mal-logement en France

Je ne suis pas trop inspiré aujourd’hui, mais je tiens à relayer cette dépêche de la Fondation Abbé Pierre puisque j’ai moi-même souvent abordé la politique du logement dans mes blogs.

Leur rapport sur le mal logement vient de sortir (et disponible en téléchargement sur leur site web).

Morceaux choisis…

« L’insuffisance chronique de l’offre a encore été amplifiée par la chute de la construction observée depuis 2008 alors que le niveau des besoins est toujours aussi important, et que le décalage entre le niveau des prix immobiliers et les revenus des ménages s’amplifie, les premiers ayant repris leur marche en avant alors que les seconds stagnent. » 

« Sans parler du fait que les perspectives pour les ménages résidant dans des quartiers dépréciés sont toujours aussi sombres puisque le « Plan Marshall » annoncé en 2007 n’a toujours pas vu le jour. »

« Face à ce qui apparaît comme une extension de la crise du logement, la politique privilégie essentiellement l’accession à la propriété et en fait l’axe central et quasi exclusif de son intervention. Si les vertus que l’on prête à la propriété, notamment en terme de sécurisation face aux aléas de la vie, peuvent être réelles pour certains, elles ne le sont pas pour tous. »

« En la matière [la politique du logement], les mesures adoptées récemment apparaissent particulièrement injustes, peu protectrices et manquant singulièrement d’ambition. »

…

« L’intensification de la crise du logement s’exprime aussi avec le basculement dans la précarité de ménages qui en étaient jusque-là protégés. »

« Ce sont tous ceux dont les fins de mois se jouent à quelques dizaines d’euros près, parfois en plus, parfois en moins ; tous ceux qui sans être pauvres, vivent dans l’incertitude, sous le régime de l’insécurité permanente. Ils sont nombreux à être dans cette situation de sorte que le Médiateur de la République estimait à 15 millions le nombre de personnes dont les fins de mois se jouent à 50 ou 150 € près. »

…

« On assiste en effet à une réduction du champ d’action de la solidarité nationale envers les plus démunis. L’État s’est déchargé de la responsabilité des fonds de solidarité pour le logement sur les départements qui, contraints par leurs difficultés financières tendent, par diverses mesures, à limiter les possibilités d’accès à ces fonds. »

« L’État a fait de la refondation du secteur de l’hébergement un grand chantier national, mais les moyens qu’il y consacre ne permettent pas de faire face aux demandes nouvelles. Plus grave encore, il adopte des mesures concernant le logement qui renforcent l’insécurité des plus fragiles. »

« Les choix gouvernementaux en matière de logement ne permettent pas davantage d’aider ceux qui basculent dans la précarité. Leur situation est au contraire encore aggravée par des mesures adoptées récemment dans le cadre de la politique du logement. Le fonctionnement du marché immobilier comme parfois les mesures adoptées dans le cadre de la politique du logement, conduisent à accentuer leur vulnérabilité. Des ménages de salariés qui n’étant pas éligibles au logement social et ne bénéficiant pas d’aides au logement, peuvent ainsi être fragilisés. […] Des ménages, précédemment éligibles au logement social, peuvent se trouver obligés de recourir à un logement locatif privé beaucoup plus cher (en moyenne le double) et ne pas bénéficier d’aide personnelle au logement. Le resserrement de l’aide sur les ménages les plus modestes ne serait pas condamnable en soi, si cela ne mettait pas en difficulté ceux qui se trouvent ainsi exclus. »

« Les choix faits en matière de politique du logement ne sont également pas satisfaisants car ils conduisent à « une privatisation des difficultés de logement ». » « C’est également cette même logique qui s’exprime avec la promotion de l’accession à la propriété qui permet de renvoyer la charge financière du logement vers les ménages. »

« Cette évolution suscite ce détournement de l’interpellation de la Fondation Abbé Pierre en 2008, […] : quand on est en difficulté, on attend de l’intervention publique une aide, mais quand ce sont les politiques qui aggravent la situation… c’est la situation de millions de personnes qui se détériore. »

Une France de propriétaires, à tout prix ?

«  Pour les ménages les plus modestes, les responsables politiques inventent alors des leurres ou des substituts à l’accession sociale à la propriété qu’il s’agisse de la « maison à 15 euros par jour » ou de « l’appartement à 18 euros par jour » qui ont succédé en 2009 à la tentative des « maisons à 100 000 euros ». Leur écho médiatique a sans aucun doute été plus fort que leur impact sur la réalité. Un an après leur lancement en 2005, seules 80 maisons à 100 000 euros avaient été construites et 5 ans après, les services de l’État évoquent la réalisation de 800 maisons mais à des prix qui se situent entre 130 000 et 150 000 euros. L’insignifiance de ces résultats souligne la difficulté à faire bénéficier de l’accession à la propriété les ménages les plus modestes et révèle, s’il en est encore besoin, le caractère profondément inégalitaire de l’accession à la propriété. »

Bon… Je ne vais pas recopier le rapport. Il est accablant.

Lisez le.

La géostratégie pour les blondes - Aujourd'hui : l'Egypte

C'est à lire chez emanu124 (et ça m'évitera d'avoir à faire un billet ce matin, elle est bien emanu124, hein !).

Kremlin des Blogs spécial Egypte le 4 février

Via Twitter ou son blog, Juju nous donne en permanence des nouvelles en direct du Caire. De visite en France, elle nous fera l'honneur d'une soirée à la Comète, vendredi, pour nous donner ses impressions !

Venez nombreux.

La Comète, 102 avenue de Fontainebleau, le Kremlin-Bicêtre.

Et n'oubliez pas le grand Kremlin des Blogs, le 17 Février !