En salle

22 avril 2014

Laurent Fabius et le travail le dimanche

« Le ministre des Affaires étrangères, du Commerce extérieur et du Tourisme, Laurent Fabius, a plaidé mardi 22 avril pour l'ouverture des magasins le dimanche. Ceci dans l'espoir de relancer le secteur crucial du tourisme en France. » nous dit la presse. Franchement, quel intérêt a-t-il à relancer ce débat ?

« Le touriste qui vient le dimanche et qui se présente devant un magasin qui est fermé ne va pas revenir le jeudi", a-t-il souligné, en évoquant à la fois "les Français qui vont en France, plus beau pays du monde, ou les étrangers qui viennent en France". »

Lolo, un peu de sérieux ! Ce n’est pas parce que vous avez travaillé dimanche (de Pâques) pour accueillir nos otages qu’il faut raconter des calembredaines maintenant. Un touriste n’a pas à aller faire des courses le dimanche dans des zones commerciales. La législation actuelle prévoit déjà la définition de zones touristiques où les commerces sont ouverts. Elle a même probablement trop de dérogations.

« Parallèlement, un sondage OpinionWay a révélé mardi 22 avril qu'un tiers des salariés seraient prêts à travailler occasionnellement le dimanche pour améliorer leurs revenus à la condition d'être payés double. » Ben oui ! Manquerait plus que les salariés ne soient pas prêts à gagner plus. On lit de ces conneries…

On aurait du le laisser ne s’occuper que des affaires étrangères. Que vient foutre le tourisme au Quai d’Orsay ? Pourquoi le ministre du tourisme s'occupe de ce genre de truc ?

Après tant d'années de politique, il n'a pas encore appris à être plus précis dans ses annonces et à ne pas relancer des sujets sensibles ? Arrêtons le bricolage. Et fermons les magasins de bricolage le dimanche : les touristes ne bricolent pas.

21 avril 2014

Quelle stratégie pour François Hollande ?

"Si le chômage ne baisse pas d’ici à 2017, je n’ai, ou aucune raison d’être candidat, ou aucune chance d’être réélu" a dit François Hollande. Mon confrère Grandludo semble penser que c'est un coup de génie, le retour de François Hollande, monstre politique, l'homme aux petites phrases assassines.  

Pourtant, ça ressemble à une phrase qu'il aurait dite comme ça, au détours d'une conversation mais Jean-Christophe Cambadélis a déclaré qu'il n'y aurait pas de primaire si Pépère reposait sa candidature. Il serait surprenant que le chômage ne baisse pas. Il n'empêche que si ça arrive, toute la gauche sera emmenée avec François Hollande. Aucun candidat de gauche n'aurait la moindre chance. Si le chômage baisse, par contre, d'autres à gauche pourraient avoir des velléités. Julien Dray avait demandé des primaires. Le nouveau chef du PS l'a calmé suite à la phrase de François Hollande.  

Ce qu'en dit Grandludo : "Dans ce cas, scénario le plus probable, le Président sortant empochera seul tous les fruits de cet engagement et de sa politique en matière d’emploi . Ce qui lui permettrait de partir grand favori pour 2017, éliminant, aussi, naturellement tout idée de primaires à gauche ." 

François Hollande est dans une position très fragile. Son premier ministre a une forte popularité et de bons réseaux. Avec cette petite phrase, était-ce Manuel Valls que François Hollande a voulu calmer, rappelant qu'il était le patron ?  

Le Figaro en fait son sondage du jour. "Comprenez-vous que François Hollande évoque déjà la question de sa candidature en 2017 ?" 80% des internautes (lecteurs du Figaro...) répondent "non". Sont rigolos, à droite... 

D'ailleurs, ce journal diffuse une chronique d'un économiste qui a une position totalement opposée à celle de Grandludo. Il pense que les fruits de la baisse du chômages seront récupérés par Manuel Valls. Il pense donc que l'intérêt de Pépère n'est pas que le chômage baisse mais d'avoir une situation qui empire pour pouvoir justifier une dissolution qui ramènerait la droite au pouvoir, ce qui lui permettrait de vivre en cohabitation et d'augmenter ses chances pour 2017. 

Penser que Pépère ne veuille pas la réussite du gouvernement est relativement grotesque. Il n'empêche que je suppose qu'il a déjà pensé à la dissolution mais attend les régionales  en 2015 pour prendre une éventuelle décision. 

Mais le chômage n'est pas le plus gros problème de François Hollande en vue de cette élection de 2017, qu'il soit en cohabitation ou pas. C'est sa popularité. Jacques Chirac, quand il a fait sa dissolution en 1997, n'a pas récupéré de popularité en restant au château. L'histoire retient ses 82% au second tour en 2012 mais il a eu un score dérisoire au second, inférieur à 20%. La droite traditionnelle avait fait moins de 40%.  

C'est ce à quoi il doit travailler, maintenant. Le départ d'Aquilino Morelle est probablement une bonne nouvelle. Outre le fait qu'il fut la plume de Lionel Jospin entre 1997 et 2002, la chute de la popularité de François Hollande date du jour où il est passé à ses côtés, il était donné vainqueur au second tour avec 60% des voix et est maintenant au ras des pâquerettes. Ne me faites pas dire non plus, ce que je n'ai pas dit : il n'est pas responsable. Il n'empêche que François Hollande doit tout repenser. 

La stratégie du président normal a échoué. Une des raisons de l'impopularité de Pépère est qu'il n'arrive pas, aux yeux du public, à incarner la fonction. Avoir une forte personnalité à Matignon l'aidera-t-il ? Manuel Valls passe pour un chef. François Hollande doit être le chef du chef... Il doit s'élever. Je ne sais pas si ses visites sur le terrain, comme vendredi à Clermont-Ferrand sont une bonne idée... 

Souhaitons lui bien du courage. 

La menace de la dissolution restera quoi qu'il arrive une arme pour éviter la fronde des députés. Mais elle ne garantit en aucun cas une réélection. Au mieux, si la dissolution est faite en 2015, François Hollande restera peinard à l'Elysée, pendant deux ans, à inaugurer les chrysanthèmes. 

Mais est-ce une vocation ? 

En outre, s'il y a dissolution, quel homme politique pourrait inviter François Hollande à prendre les clés de Matignon ? En toute logique, il appellera Jean-François Copé qui est le chef du parti qui devrait récupérer la majorité...  

Qui trouver pire pour la droite ? 


20 avril 2014

Paix à l'âme de la conscience politique

Je déjeunais tranquillement avec l'ami Patrice à la Comète. Il a pris l'émincé de saucisses, j'ai pris l'entrecôte. On s'est enfilé un dessert à défaut de garçons pubères. Il est parti. 

Je suis resté. Je suis allé dans Twitter. Et j'ai vu un nombre incroyable d'abrutis qui s'en prenaient à Morelle, deux jours après sa démission. J'ai unfollowé en masse. Voilà où en est la gauche. Taper sur les siens. Ils n'ont que ça à foutre sans se rendre compte qu'ils méritent des baffes. 

C'est affligeant. Le nombre d'imbéciles qui veulent être propres et se foutent qu'une droite dure revienne au pouvoir. 

Bravo les gars, vous avez tous raison mais, globalement, vous êtes qu'une bande de trous du cul. 

La conscience politique est arrivée au degré zéro. C'est rigolo. 

Ces chaînes d'information en continu

Le retour des otages est évidemment une bonne nouvelle et je suis content pour eux et leurs proches. Toujours est-il que je lisais une dépêche d'information qui disait : ils vont arriver à 9 heures. Il était 9 heures. J'ai donc décidé de regarder BFMTV ce qui est presque une première pour moi. Précisément, c'est la première fois que je regarde volontairement un direct. Généralement, quand il se passe quelque chose, je suis soit au bureau, soit au bistro. 

Ils étaient arrivés à 8h52. Quand j'ai allumé la télé, il ne se passait rien. Surtout que j'ai mis le temps. J'ai commencé à regarder sur l'iPad mais l'image s'est coupée. J'ai donc allumé la télé mais je ne trouvais plus comment changer de chaîne. Je suis un gars qui ne change jamais de chaine. Je ne regarde que France 2, pour le tour de France et pour les grandes cérémonies nationales : le 11 novembre et le 14 juillet. J'en conclus donc que cela fait cinq mois que je n'avais pas allumé la télé. 

J'ai réussi vers 9H05. Je vous raconte en direct comment je regarde la télé en direct. C'est fort non... 

Toujours est-il qu'il ne se passait rien. Les ex-otages étaient en train de retrouver leurs familles avec François Hollande et Laurent Fabius. Pépère avait l'air de s'impatienter de prier tout le monde de ce bouger le cul pour aller au salon VIP. Pendant ce temps là, les journalistes comblaient. Ils doivent avoir quelques phrases toutes prêtes en stock, du genre : "l'émotion est visiblement palpable" ou tout ce genre de truc pas vraiment en français.  

Finalement, ils ont décidé de faire le discours avant d'aller au salon VIP. Pépère a parlé puis un des otages mais je n'ai pas écouté ce qu'ils disaient, j'étais en train de jouer à Jelly Flash dans Facebook. C'est quand j'ai eu fini que les discours finissaient. C'est malin.  

C'est un jour de joie pour la France parce que la France est fière d'avoir de tels compatriotes. Heureusement qu'il y a les rediffusions pour que je puisse suivre. C'est pépère qui a dit ça. Ca doit bien faire une demi heure que ça dure. La chaîne continue à faire du remplissage en attendant que les ex otages sortent du salon VIP et se cassent de Villacoublay. Elle ferait mieux de passer un film de cul. Je suppose que l'émission va s'arrêter sur une image de la voiture du Président qui s'éloigne. Depuis, elle alterne les rediffusions, les commentaires de journalistes, les interviews des collègues qui sont contents et émus et les interviews d'experts. Il y a des experts en tout. Un dimanche de Pâques. Quand je pense que j'ai failli rester sur France 2 avec les émissions religieuses. J'aurais loupé cela. 

Il y a des experts en otages, en diplomatie, en otages libérés, en otages libérés le dimanche matin, peut-être, en reprise du travail après avoir été otage, en émotion des familles qui récupèrent des proches restés dix mois en otage.  

Là, en direct, nous avons un expert en otages de 23 ans cadets de la bande, petits frères des autres, qui devraient aller bien et se reposer.   

Heureusement qu'il y a Ulysse Gosset. Je le croise souvent dans Twitter mais on ne se followe pas. J'ai l'impression d'avoir un copain dans le poste. Lui, il semble expert en tout. En fait, quand la chaîne n'a pas trouvé un expert, elle pose les questions à Ulysse Gosset. 

Là, ils interrogent des copains de ce plus jeune qui ont fait la route depuis Marseille... et ont assisté à la cérémonie devant les portes de l'aéroport en la regardant sur leurs smartphones. Ils auraient pu rester à Marseille...  

Ca commence à gaver. Je vais prendre ma douche. J'en étais où ? Ah oui. Je me demande comment ils ont trouvé autant de monde un dimanche matin. Ou alors, ce sont des mauvais catholiques qui ont trouvé un prétexte pour ne pas aller à la messe de Pâques. Actuellement, il y en a un beau, d'expert. Il parle des collègues des journalistes qui regardaient tous les jours les chaises vides en espérant qu'ils allaient revenir. Ils sont payés double, le dimanche ? 

Ils repassent le discours de pépère. Comment il fait pour avoir toujours la cravate de travers. Ca fait deux ans qu'on se pose la question. Les journalistes n'en parlent même plus alors qu'ils cherchent des conneries à raconter. J'ai l'impression que je suis le seul à suivre cette émission mais c'est pour pouvoir raconter des conneries dans mon blog. 

Il est 10 heures. BFM envoie un jingle. Un journaliste, un neuf ?, nous raconte le direct qu'on a vu en direct et que je raconte en différé. Retour au direct. Le journaliste interviewe une journaliste qui interviewe un collègue d'un des otages. Qui n'a rien à dire vu que tout le monde se doute un peu de l'émotion de la famille et tout ça. Quand j'ai vu le jingle, je croyais que c'était fini et que j'allais pouvoir publier le billet et vaquer. 

Je préviens la direction de BFM télé que j'ai mes habitudes, le dimanche matin. Je vais prendre un café à la Comète à 12h15 puis je vais prendre l'apéro avec le vieux Jacques et Patrice à l'Amandine. Je vais avoir du mal à tenir si vous ne changez pas de sujet.  

Je rêve ou Fabius faisait le con pendant le discours de Pépère ? Je n'avais pas vu lors des rediffusions précédentes. Tiens. il y a trois des quatre otages qui sont habillés à l'identique, sauf un qui n'a pas de veste. Ils ont fait les soldes en Turquie ?  

Ah ! BFM a réussi à avoir en ligne un ancien otage. Jean-Louis Normandin. Il est président d'Otages du Monde. C'est indiqué à l'écran. Il avait été otage au Liban. Il raconte ce que l'on ressent en étant libéré. Il dit qu'on est ému. Heureusement qu'il donne son avis, lui. On ne savait pas que c'était émouvant.  

10h30 ! Je vaquais à autre chose. Ils ont quitté la base. On a donc un caméraman qui suit la voiture des otages... 

10h55 ! Je vaquais toujours. Ils arrivent au Val-de-Grâce. 25 un dimanche matin...  

Tiens ! Il y a de la publicité. 

Ca reprend.  

Une journaliste semble "envoyée spéciale" à l'hôpital. Elle nous explique qu'elle a vu rentrer une voiture avec les vitres teintées mais qu'elle n'a pas vu qui était dedans... 

Je viens de perdre deux heures. J'abandonne. 

18 avril 2014

KDB du 23 avril

Exceptionnellement, il aura lieu le jour de mon anniversaire. 

Aquilino et l'éthique en toc

Vous avez de la chance, ce billet aurait du avoir pour titre « Au cul l’éthique en toc » mais je ne me suis rappelé par miracle que mon blog était repris par des médias très sérieux qui m’offrent une opulente rémunération que je refuse gracieusement, ne tenant pas à concurrencer des gens qui vivent en écrivant des conneries. C’est de l’éthique. Je suis là pour donner mon avis et je le fais. C’est ainsi que je reviens sur la démission d’Aquilino Morelle parce que je lis de jolis commentaires. On nous parle beaucoup d’éthique et de choses comme ça.

Il faudrait qu’un jour les militants socialistes se réveillent. A droite, ils ne se posent pas les mêmes questions. Aquilino Morelle a démissionné parce qu’il n’avait pas le choix et parce qu’une meute de lascars lui est tombée dessus.

Oui ! Il a probablement fait un truc qu’il n’avait pas le droit de faire il y a sept ans, ce qui ne regarde que lui et son administration de tutelle. Non ! Son erreur n’est pas bien grave. Il a conseillé moyennant finances un laboratoire pour que ce laboratoire puisse être en conformité avec la réglementation française ou un truc comme ça. Au fond, d’ailleurs, personne ne sait pourquoi il était payé par ce laboratoire. A priori, il n’a pas donné d’information à ce laboratoire sur les contrôles ou audits qui pourraient porter sur lui. Son erreur ne concerne que sa hiérarchie de l’époque.

Je veux bien croire que l’on doive être exemplaire. Il faut que la gauche soit exemplaire aussi sur la justice. Il a démissionné, c’est ce qu’il avait de mieux à faire, pour ne pas peser encore plus sur les épaules de l’Elysée mais nous n’avons pas à le condamner. Nous n’avons pas à faire une chasse à l’homme. Surtout, il n’est pas élu, il n’est pas ministre. Il n’y a aucune limite. Un jour, on fera un procès au chauffeur de François Hollande parce qu’il a roulé à 55 à l’heure alors que c’était limité à 50 quand il avait 19 ans.

Arrêtons de parler d’éthique pour n’importe quoi ou de sortir des histoires de morales. Tiens ! Vous, les militants du Parti Socialiste qui me lisez, ça ne vous fait pas mal au cul que votre premier secrétaire ait été condamné par la justice. Et son prédécesseur aussi. Et Martine Aubry, qui était en poste avant, est toujours entendue pour une sombre histoire d’amiante.

La gauche, tous ces sympathisants de gauche, qui hurlent au scandale, est une machine à perdre. Une grosse machine à perdre. L’électeur se fout totalement de cette histoire de laboratoire mais il sera choqué par les histoires de cirage de pompe. Je l’ai déjà dit. S’il y a une affaire équivalente, à droite, les militants de droite, les twittos, les blogueurs,… ne vont pas se mettre à vitupérer.

Dans l’attente (de quoi, d’ailleurs ?), je me pose deux questions.

La première : qu’est-ce qui a poussé Médiapart à déclencher cette enquête ? Plus précisément, qu’est-ce qui a convaincu les dirigeants de cette entreprise commerciale à payer un journaliste pour qu’il enquête sur Aquilino Morelle ? Quel événement a fait qu’ils se sont décidé à payer ce journaliste, probablement parce qu’ils étaient sûr qu’il allait trouver quelque chose ?

La deuxième : comment Médiapart a-t-il pu savoir que le travail pour le laboratoire n’avait pas été autorisé par l’administration de tutelle ? Qui nous dit que si l’administration ne retrouve pas d’informations, ce n’est pas parce que l’information a disparu ?

La troisième (sur les deux, je suis très fort) : à qui profite le crime ? Qui cherche à flinguer François Hollande ou Manuel Valls ? Parce qu’il s’agit bien de ça, non ?

Alors l’éthique, hein ! L’exemplarité,…

J’aime bien défendre les causes perdues. On fera rapidement le parallèle avec l’affaire Cahuzac. A l’époque, je n’y croyais pas. Je me disais qu’il avait un compte en Suisse avec des trois français six sous dessus et qu’il l’avait oublié ou un truc comme ça. Je ne pouvais pas imaginer qu’un ministre du budget puisse avoir gagné de l’argent au noir et planqué le pognon à l’étranger. Du moins, je ne pouvais pas imaginer qu’un type de mon bord politique puisse accepter un tel poste avec de telles casseroles au cul, des casseroles énormes (même si je rappelle qu’on ne connaît pas encore le fin mot de l’histoire) qu’il savait forcément qu’elles finiraient par faire très mal à notre camp.

Cette fois, je vais me la jouer blasé. Oui, c’est possible qu’Aquilino Morelle ait fait une connerie. Je n’y crois pas et, au fond, si elle ne porte que sur la déclaration à son employeur, cela ne nous regarde pas. Si cela dépasse ce cadre, cela devient scandaleux mais ne nous regarde pas non, plus. Nous n’avons pas élu M. Morelle. Il est salarié de l’Elysée pour ses compétences en communication (on voit le résultat, d’ailleurs, j’espère qu’il est meilleur en conseilleur de laboratoires).

Par ailleurs, on trouve des loustics qui parlent sans savoir. A une époque j’étais consultant. A un moment, j’avais deux clients. Le premier était une grande entreprise. Elle me payait pour vérifier que le logiciel fourni par un éditeur était bien conforme. Le deuxième était l’éditeur pour que je l’aide à rendre son logiciel conforme. Je travaillais en toute transparence (ce qui n’a peut-être pas été le cas pour M. Morelle) sinon j’aurais été dans une position intenable (ce qui était probablement le cas de M. Morelle). Cela n’a jamais gêné personne. Au contraire, le client et l’éditeur avaient un joli logiciel…

A mes deux questions qui furent trois, je vais en ajouter une quatrième : pourquoi Jean-Christophe Cambadélis a-t-il plombé Aquilino Morelle a la télé ce matin ?

En attendant, les smicards, avec les mesures du gouvernement, vont toucher 500 euros de plus par an, soit en gros, la moitié d’un mois. Y compris, à peu près, les fonctionnaires au niveau du SMIC. Le minimum vieillesse aura été augmenté deux fois cette année, c’est une première. Le RSA a été augmenté de deux points de plus que l’inflation. 750 000 personnes auront bénéficier de l’élargissement de la CMU. 55000 étudiants supplémentaires bénéficient d’une bourse. 30000 boursiers ont vu leur bourse (pas leurs couilles, imbécile !) augmentée de 800 euros sur 10 mois.

La gauche préfère néanmoins faire des scandales pour des conneries.

Tiens ! Il y avait un meeting de Martin Schulz, hier soir. Les blogueurs et twittos de gauche ont-ils repris ses propositions ?

Non. A cinq ou six semaines d’élections, ils préfèrent jouer sur le registre : nous, socialistes au gouvernement, nous sommes tous des pourris.

Bravo. Continuez.

Pour ma part, je défends la veuve et l'orphelin et je bloguedegouvernementalise. Il est bien mon titre ? Parce que trois ans à taper sur mon camp pour des conneries qui n'intéressent pas l'électeur, ça ne m'intéresse pas.

Aquilino au sol

Finalement Aquilino Morelle aura démissionné avant que je réussisse à écrire son prénom sans me tromper. Comme j'ai déjà fait un billet de blog avec comme titre "Morelle est hardi", il faut que je trouve autre chose maintenant. "Absoudre Morelle" ? "Le prépuce à Morelle" mais ça ne veut rien dire ? "Meurtre et Morelle" ? "Fini de jouer à la Morelle" mais pas très net ? "Le parti de Morelle" bof ? "Morelle m'a tué" ? "Morelle démis" ? "Gare au Morelle" ? "Garrot Morelle" ? "Aquilino cent" ?

Un lascar a fait une pige de six semaines pour un laboratoire dont tout le monde se fout il y a sept ans.

Le premier couac de Cambadélis

Le premier couac de Cambadélis est arrivé assez rapidement. Hier, Twitter s’est agité à la suite d’un article de Médiapart à propos d’Aquilino Morelle, un conseil de François Hollande. Par contre, la presse en a très peu parlé. L’information n’était pas reprise sur la page d’accueil de Google News.

Par contre, ce matin, cet article d’Europe 1 était en tête. Il évoque les propos de Jean-Christophe Cambadélis qui dit à la télé qu’il ne voyait pas comment Morelle, dont je n’ai rien à cirer des pompes, pouvait rester en poste si les accusions de Médiapart étaient vérifiées.

Ce type qui a probablement plus de 40 d’expérience de la politique n’a pas su raconter une connerie et botter en touche. C’est stupéfiant. Par exemple : « M. Morelle s’est expliqué sur son compte Facebook, il n’y a pas de conflit d’intérêt, c’est quoi encore cette histoire ? »

Non. Il a délibérément tenu des propos qui mettent en difficulté la présidence de la République. Ce n’est pas pour ça qu’il a été nommé là mais pour remettre de l’ordre dans le parti, remotiver les militants, retravailler sur le projet politique, soutenir les élus… Et communiquer correctement.

Précisément, il a dit : « Si ce qui se dit est vérifié, je ne vois pas comment il peut rester. Mais si ce n'est pas vrai, il faut qu'il s'explique, il faut une grande explication pour que l'on puisse y voir clair. Il faut qu'il le fasse vite et qu'il s'explique, qu'on puisse le juger sur pièces. »

Outre le fait que Morelle s’est expliqué, il faudra que Camba nous explique comment il peut faire une grande explication. En outre, quand on est à gauche, on respecte la justice (sauf pour taper sur Sarko) : ce n’est pas à la défense de s’expliquer mais à l’accusation de prouver qu’il y a bien une faute, en l’occurrence un soi-disant conflit d’intérêt.

Il y a des coups de pieds au cul qui se perdent et je connais justement un type qui a beaucoup de chaussure et qui pourrait s’en charger.

17 avril 2014

La fronde est garnie

« On fait comme si on découvrait le sujet alors qu'il a toujours été sur la table », déplore Malek Boutih. « On avait des béni-oui-oui sous Ayrault, aujourd'hui on a des gens crispés à la moindre décision. Arrêtons de faire un procès d'intention permanent à Valls. Les états d'âme, ça ne fait pas une politique. » 

Ce n’est pas tous les jours que je suis d’accord avec lui ! Les députés socialistes sont fatigants. Cela fait des mois que l’on sait qu’il faudra économiser 30 ou 50 milliards. Le moment est venu d’y travailler. La presse parle d’une fronde au sein du groupe socialo à l’Assemblée. D’un autre côté, celui des partisans de Manuel Valls, on n’est pas toujours très fins. « Dans le camp de Matignon, on est déterminé à faire courber l'échine aux contestataires. «Le premier qui bouge, c'est une balle dans le genou. Ça calmera les autres», menace un député exaspéré par les attaques «d'une minorité». » 

Au moins, avec la droite on peut rigoler. Mme Pécresse a dit qu’il n’y avait pas assez de réformes de structure. M. Copé veut 130 milliards. Ils oublient qu’ils ont été au pouvoir pendant 10 ans, qu’ils n’ont fait aucune vraie réforme et que leur seul plan était de ne pas remplacer la moitié des fonctionnaires qui partait en retraite. Les Français n’ont pas oublié, eux. 

Au contraire, ça fait des années qu’on leur promet des actions mais ils ne voient rien venir. L’annonce de Manuel Valls est la première de grande ampleur depuis très longtemps. Enfin, ça bouge. L’annonce est double : il y a les cinquante milliards, bien sûr, mais aussi la réforme territoriale qui est importante parce qu’elle parle aux gens. Ce sont leurs départements qui vont sauter et leurs régions qui vont bouger. Ce qu’on retiendra de cette période est un nouveau premier ministre qui n’hésite pas à rentrer dans le lard, de la fonction publique, des élus, de sa propre majorité. 

La fronde est compréhensible. Je lisais un député socialiste qui disait : on n’a pas été élus pour cela.  

Engagement numéro 9 : Rétablissement du déficit public à 3 % du PIB. Rétablissement de l’équilibre budgétaire en fin de mandat. 

« On » a été élu pour virer Nicolas Sarkozy, pour rétablir les comptes et pour quelques engagements, comme le numéro 3 (allègement fiscal pour les entreprises qui investissent en France)… On fera le bilan des 60 engagements à la fin. 

La fronde est compréhensible mais lassante. 

N.B. : Billet rédigé à partir du tout nouveau Word Online. Ca change. Le changement... Je précise cela car la mise en forme de ce billet me parait bizarre (et pour être très franc : le code HTML est tout pourri). Toutes mes excuses (mais il me fallait un texte à faire avec ce truc pour en faire un billet de blog ultérieurement).

16 avril 2014

La popularité du président normal et moi

« C'est un record dont il se passerait bien. François Hollande est le président le moins aimé de la Ve République. » « Mais c'est aussi une question de destin ! Le chef de l'État est victime d'une histoire qui se répète : Chirac, Sarkozy... deux ans après leur arrivée au pouvoir, les derniers présidents ont à chaque fois battu le record d'impopularité de leur prédécesseur. Mais, aujourd'hui, le désamour entre les Français et François Hollande témoigne d'une véritable rupture. » Cet article du Point tente d’expliquer pourquoi François Hollande bat des records d’impopularité et je suis assez d’accord avec lui… Plus exactement, il m’éclaire assez bien sur le ressenti que je peux avoir de pépère, puisque je fais partie des fameux 18%...

Je vais donc le résumer maladroitement car fainéasses comme je vous connais, vous ne liriez pas tout d’autant que j’ai été assez bavard aujourd’hui. Je reviendrai sur des parties précises ensuite.

La baisse de popularité du président est à peu près continue. Il paye la situation dramatique de l’état du pays. La séquence médiatique de l’été 2012 a été calamiteuse. Les multiples couacs ont montré qu’il n’avait pas d’autorité. Il y a eu ce fameux ras-le-bol fiscal. La réforme des rythmes scolaires passe assez mal et le mariage pour tous a horripilé une partie de la population.

Mais tout cela, on le sait. Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, pourtant, ont eu leur dose. Rappelez-vous de l’été 2007 ou des âneries proférées par leurs collaborateurs.

Le problème n’est pas dans sa capacité à séduire. Il est plutôt jovial et rigolo. Il n’est pas rejeté par les gens. L’article cite l’exemple du salon de l’agriculture où il peut se promener calmement, contrairement à son prédécesseur.

« Le malaise est ailleurs. S'il subit le courroux du peuple, c'est parce que le président peine à incarner la fonction, reconnaissent les connaisseurs. Un double rejet lié à "un comportement politique et personnel", explique un responsable socialiste. »

Je veux bien le croire mais ce n’est pas le sentiment que j’ai…

« De l'avis de ses proches, il a négligé la communication, déléguant au minimum cet aspect pourtant essentiel du présidentialisme. Ce qui pourrait expliquer, par exemple, sa stratégie contre-productive de banaliser la fonction. Le candidat normal élu en partie sur le rejet du clinquant Sarkozy s'est fourvoyé en continuant dans cette voie une fois élu. »

Ainsi, il paye le « président normal ». Stéphane Le Foll ajoute que François Hollande essaie d’être comme les gens mais ne s’adresse pas à eux, en tant président de la République. « Paradoxalement, en essayant d'être comme tout le monde, il s'est déconnecté du peuple. »

Et ce sont les couacs, le manque d’autorité,... qui ont fini par désacraliser la fonction ou par faire en sorte qu’il ne l’incarne plus.

« Outre son rapport au peuple et à son entourage politique, sa vie privée, et notamment son comportement avec les femmes, est presque unanimement condamnée. Ils ont été nombreux à crier à la répudiation lorsqu'il a mis fin officiellement à sa relation avec Valérie Trierweiler par un communiqué laconique. Mais surtout, d'aucuns ont dénoncé, lors de l'affaire Gayet, que le président puisse roucouler pendant que la France coule. »

C’est ici que je voulais en venir : je me fous réellement totalement de la vie privée du président et je n’ai pas sacralisé la fonction, sauf en tant qu’élément nécessaire à la conquête du pouvoir sous la Cinquième. Je me fous de l'annonce de la fin de sa relation avec l'ex. Dans mes blogs, je cite assez souvent la Constitution et les fameux articles qui définissent le rôle du président et du premier ministre. C’est à ce dernier de conduire la politique de la nation…

En allant plus loin, c’est justement surtout parce que Nicolas Sarkozy se comportait comme un premier ministre que je ne pouvais pas le blairer. Et c’est bien que Jacques Chirac avait bien des premiers ministres, qu’il avait, disons, ma sympathie, sauf au cours des deux premières années, parce qu’au cours de ces deux premières années il a pris une mauvaise décision en tant que président de la République : la reprise des essais nucléaires (n’en discutons pas, je n’avais pas de blog à l’époque).

Toujours plus loin : c’est exactement ce que j’ai reproché à François Hollande, c’est de faire beaucoup d’annonces lui-même, laissant Jean-Marc Ayrault jouer le simple rôle d’un François Fillon, pas d’un Alain Juppé, d’un Lionel Jospin, d’un Jean-Pierre Raffarin et d’un Dominique de Villepin.

En aparté, j’espère que la séquence actuelle est réellement un changement de cap comportemental.

Pour le reste, étant à peu près sur la même ligne politique (même si tout ne me plait pas), je m’en fous un peu. En outre, s’il perd de la confiance sur sa gauche avec la politique qu’il mène, il devrait en récupérer vers le centre mais ce n’est même pas le cas.

Ainsi, si les Français ne peuvent pas blairer François Hollande, c’est aussi parce qu’il est le président normal, celui décrit dans les institutions de la cinquième, mais sacralisée par cette dernière qui a un système électoral délirant.

Comme, en plus, il a joué le rôle de premier ministre…

Il faut qu’il nous fasse du Chirac ! Allez boire des bières en rigolant au salon de l’agriculture et laisser Raffarin et Villepin faire des bêtises. Revenir de temps en temps pour dire : « je décide il exécute » et pour faire joli dans les cérémonies officielles.

Que Manuel Valls se débrouille… François Hollande a fait le job : il a nommé un premier ministre qui a composé un gouvernement et obtenu la confiance de l’Assemblée.

N.B. : ne pas se tromper sur la nature de ce billet. Je ne cherche pas à le défendre mais à dire pourquoi je l’aime bien et pourquoi le niveau d’impopularité délirant m’échappe parfois (mais j’en prends acte).