Le débat a fait rage hier dans « ma » blogosphère suite aux sorties de Lionel Jospin sur Ségolène Royal. J’en ai fait deux billets, des copains ont fait les leurs :
Donatien,
Eric,
Intox2007, …
Même Filaplomb est sorti de sa réserve légendaire !
Ce m’a un peu énervé, à un point que j’en ai fait un autre billet ce matin vers 1 heure. N’allez pas croire que je suis subitement devenu fou, non seulement je l’étais déjà mais en plus une semaine sous antibiotiques à dose de cheval ça perturbe les rythmes biologiques. Surtout quand on n’est pas malade mais bêtement souffrant d’une rage de dent.
Peut-être comme Lionel Jospin ?
D’où ma question de ce matin : comment en est-on arrivé là ?
En 1997, le Parti Socialiste reprenait le pouvoir et vivait 5 ans de bonheur au sein de la gauche plurielle, malgré deux ou trois privatisations que je n’avais pas vu au programme.
En 2001, élections municipales. Défaite de la gauche en général dans les villes moyennes ! Le contrecoup de 4 ans de pouvoir au niveau national ? Défaite de la gauche mais conquête des deux plus grandes villes de France : un tournant dans la vie de la gauche ? Bof… Je ne crois pas que les Parisiens aient eu à s’en plaindre (je ne connais pas Lyon). Balayer les années Chirac Tibéry était bienvenu !
En 2002, nouvelles élections nationales. Baffe généralisée pour la gauche socialiste emmenée par le Lionel Jospin dont au sujet duquel nous papotions hier. Moi-même, je n’ai pas été voté le 21 avril. Je n’en tire pas une fierté particulière mais rien ne m’avait motivé à me déplacer. De toute manière, c’était sur que le second tour opposerait Jacques Chirac à Lionel Jospin. Pourquoi ne pas aller à la pêche ce jour-là quand on n’a pas vraiment envie de voter pour Jospin ?
En 2004, élections régionales. Victoire totale de la gauche ! François Hollande a dirigé le PS pendant cette période, seul maître à bord. Il est béni entre tous les saints.
En 2007, élections nationales. Défaite en demi teinte de la gauche ! Pourquoi en demi-teinte ? Les socialos n’avaient pas faits un tel score depuis 20 ans… Certains voudraient que François Hollande endosse seul cette défaite. Il est banni entre tous les… heu… bannis.
Gageons
qu’en 2008, les élections municipales seront gagnées, pour différentes raisons (la principale étant que les précédentes ayant été une catastrophe, faire pire est assez difficile). François Hollande en tirera-t-il profit ? On s’en fout.
Dans ma joyeuse chronologie, j’ai cité les privatisations par le gouvernement Jospin. Je n’étais pas contre, mais je crois que c’est un symbole.
Par contre,
je n’y ai pas cité le referendum du 29 mai 2005. Je me demande si la plus grosse erreur du PS pendant ces cinq dernières années n’a pas été, fin 2004, de se positionner pour. Moi-même j’étais pour, indépendamment de l’opinion du PS, j’ai toujours été pour la construction de l’Europe.
Pourquoi une erreur ?
La première raison est qu’il n’a pas su écouter une des premières préoccupations des Français : la dégradation de leur environnement économique et social. Peut-être aurait-il fallu que le PS réponde : «
on est favorable à la construction de l’Europe mais contre ce projet de constitution qui n’apporte rien à la vie des Européens un peu comme si on pissait dans un violon ».
La deuxième raison est le PS s’est coupé de la « jeunesse » et de la mode antilibérale qui s’en est suivi.
Quand, en 2007, une majorité de la classe des 25 – 35 ans votent pour la droite conservatrice, ça fait mal !Ainsi, Laurent Fabius avait probablement raison. Il avait donc probablement raison aussi lors du referendum interne pour le choix du candidat (dans un soucis d’objectivité, je dois ajouter que si j’avais eu à choisir, j’aurais opté pour Dominique Strauss-Kahn). Ce choix de candidat s’est transformé en une opposition entre deux « socio-démocrates » (Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn) et entre un type s’affirmant à gauche (Laurent Fabius) mais pas vraiment crédible dans ce rôle.
Ségolène Royal a ensuite été désignée et a défendu
un très bon Pacte Présidentiel, mais
en oubliant bêtement de se positionner à gauche sur TOUS les sujets ! Je ne veux pas énumérer les points litigieux, le plus emblématique étant à mon avis l’encadrement des jeunes délinquants par des militaires ! Quoiqu’on en dise, ça ne pas être à gauche, car un type de gauche ne pourrait confier sa jeunesse tourmentée à qui que ce soit d’autres que des éducateurs !
Entre les deux tours, Ségolène Royal a médiatiquement essayé de se rapprocher de François Bayrou qui essayait de rebondir sur sa position et, aujourd’hui encore, devant l’atrophie du PS, essaie de se positionner en chef de l’opposition, …
Où voulais-je en venir ?La dernière fois que le PS a gagné des élections nationales, en 1997, c’était sur un projet résolument à gauche : le partage du travail, les emplois aidés, la baisse de la TVA, …
Ca fait 10 ans. Quelques années après, le Parti Socialiste a arrêté de s’afficher à gauche. Il n’a plus rien gagné au niveau national. Il n’a pu qu’affaiblir ses partenaires et ringardiser la gauche.
Ringardiser la gauche ? Oui ! Il n’y pas d’autre mot quand la politique conservatrice de Nicolas Sarkozy apparaît incarner la rupture et le modernisme.
Il faut se ressaisir !