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16 avril 2014

La popularité du président normal et moi

« C'est un record dont il se passerait bien. François Hollande est le président le moins aimé de la Ve République. » « Mais c'est aussi une question de destin ! Le chef de l'État est victime d'une histoire qui se répète : Chirac, Sarkozy... deux ans après leur arrivée au pouvoir, les derniers présidents ont à chaque fois battu le record d'impopularité de leur prédécesseur. Mais, aujourd'hui, le désamour entre les Français et François Hollande témoigne d'une véritable rupture. » Cet article du Point tente d’expliquer pourquoi François Hollande bat des records d’impopularité et je suis assez d’accord avec lui… Plus exactement, il m’éclaire assez bien sur le ressenti que je peux avoir de pépère, puisque je fais partie des fameux 18%...

Je vais donc le résumer maladroitement car fainéasses comme je vous connais, vous ne liriez pas tout d’autant que j’ai été assez bavard aujourd’hui. Je reviendrai sur des parties précises ensuite.

La baisse de popularité du président est à peu près continue. Il paye la situation dramatique de l’état du pays. La séquence médiatique de l’été 2012 a été calamiteuse. Les multiples couacs ont montré qu’il n’avait pas d’autorité. Il y a eu ce fameux ras-le-bol fiscal. La réforme des rythmes scolaires passe assez mal et le mariage pour tous a horripilé une partie de la population.

Mais tout cela, on le sait. Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, pourtant, ont eu leur dose. Rappelez-vous de l’été 2007 ou des âneries proférées par leurs collaborateurs.

Le problème n’est pas dans sa capacité à séduire. Il est plutôt jovial et rigolo. Il n’est pas rejeté par les gens. L’article cite l’exemple du salon de l’agriculture où il peut se promener calmement, contrairement à son prédécesseur.

« Le malaise est ailleurs. S'il subit le courroux du peuple, c'est parce que le président peine à incarner la fonction, reconnaissent les connaisseurs. Un double rejet lié à "un comportement politique et personnel", explique un responsable socialiste. »

Je veux bien le croire mais ce n’est pas le sentiment que j’ai…

« De l'avis de ses proches, il a négligé la communication, déléguant au minimum cet aspect pourtant essentiel du présidentialisme. Ce qui pourrait expliquer, par exemple, sa stratégie contre-productive de banaliser la fonction. Le candidat normal élu en partie sur le rejet du clinquant Sarkozy s'est fourvoyé en continuant dans cette voie une fois élu. »

Ainsi, il paye le « président normal ». Stéphane Le Foll ajoute que François Hollande essaie d’être comme les gens mais ne s’adresse pas à eux, en tant président de la République. « Paradoxalement, en essayant d'être comme tout le monde, il s'est déconnecté du peuple. »

Et ce sont les couacs, le manque d’autorité,... qui ont fini par désacraliser la fonction ou par faire en sorte qu’il ne l’incarne plus.

« Outre son rapport au peuple et à son entourage politique, sa vie privée, et notamment son comportement avec les femmes, est presque unanimement condamnée. Ils ont été nombreux à crier à la répudiation lorsqu'il a mis fin officiellement à sa relation avec Valérie Trierweiler par un communiqué laconique. Mais surtout, d'aucuns ont dénoncé, lors de l'affaire Gayet, que le président puisse roucouler pendant que la France coule. »

C’est ici que je voulais en venir : je me fous réellement totalement de la vie privée du président et je n’ai pas sacralisé la fonction, sauf en tant qu’élément nécessaire à la conquête du pouvoir sous la Cinquième. Je me fous de l'annonce de la fin de sa relation avec l'ex. Dans mes blogs, je cite assez souvent la Constitution et les fameux articles qui définissent le rôle du président et du premier ministre. C’est à ce dernier de conduire la politique de la nation…

En allant plus loin, c’est justement surtout parce que Nicolas Sarkozy se comportait comme un premier ministre que je ne pouvais pas le blairer. Et c’est bien que Jacques Chirac avait bien des premiers ministres, qu’il avait, disons, ma sympathie, sauf au cours des deux premières années, parce qu’au cours de ces deux premières années il a pris une mauvaise décision en tant que président de la République : la reprise des essais nucléaires (n’en discutons pas, je n’avais pas de blog à l’époque).

Toujours plus loin : c’est exactement ce que j’ai reproché à François Hollande, c’est de faire beaucoup d’annonces lui-même, laissant Jean-Marc Ayrault jouer le simple rôle d’un François Fillon, pas d’un Alain Juppé, d’un Lionel Jospin, d’un Jean-Pierre Raffarin et d’un Dominique de Villepin.

En aparté, j’espère que la séquence actuelle est réellement un changement de cap comportemental.

Pour le reste, étant à peu près sur la même ligne politique (même si tout ne me plait pas), je m’en fous un peu. En outre, s’il perd de la confiance sur sa gauche avec la politique qu’il mène, il devrait en récupérer vers le centre mais ce n’est même pas le cas.

Ainsi, si les Français ne peuvent pas blairer François Hollande, c’est aussi parce qu’il est le président normal, celui décrit dans les institutions de la cinquième, mais sacralisée par cette dernière qui a un système électoral délirant.

Comme, en plus, il a joué le rôle de premier ministre…

Il faut qu’il nous fasse du Chirac ! Allez boire des bières en rigolant au salon de l’agriculture et laisser Raffarin et Villepin faire des bêtises. Revenir de temps en temps pour dire : « je décide il exécute » et pour faire joli dans les cérémonies officielles.

Que Manuel Valls se débrouille… François Hollande a fait le job : il a nommé un premier ministre qui a composé un gouvernement et obtenu la confiance de l’Assemblée.

N.B. : ne pas se tromper sur la nature de ce billet. Je ne cherche pas à le défendre mais à dire pourquoi je l’aime bien et pourquoi le niveau d’impopularité délirant m’échappe parfois (mais j’en prends acte).

04 mars 2014

Le sondage de popularité de la mort qui tue mort né

C'est l'histoire d'un sondage qui n'est jamais sorti... C'est à lire ici ou . Le Parisien a sondé les Français avec la question qui tue "Pensez-vous que machin ferait mieux que François Hollande", en gros. Le premier est DSK ! Dominique Strauss-Kahn arrive en tête avec 56%. Mais c'est le reste du sondage qui m'intéresse puisqu'il n'y a pas de mal à se faire du bien.

Le deuxième est Alain Juppé qui arrive en tête du second rang avec 53%. Bravo à lui et bon courage à Vincent Feltesse...

Les troisièmes et quatrièmes sont Nicolas Sarkozy et Manuel Valls avec réciproquement 49 et 48%. Je trouve ça rigolo. Il y a plus de la moitié de la population qui trouve que Sarko et Manu ne feraient pas mieux que Pépère. Seuls DSK et Juppé feraient un meilleur président que François Hollande.

Les autres personnalités politiques sont carrément à la ramasse.

(merci à Melclalex)

14 novembre 2013

Ras-le-bol du Hollande bashing !

C’est sans la moindre vergogne que je reprends le tweet d’Isabelle Alonso : « Ras le bol du Hollande bashing. La rengaine sur sa cote de popu finit par être gavante. Et me le rend sympathique, du coup. Pas vous ? ». Vous n’êtes pas obligé de répondre à la question. De toute manière, il m’était sympathique avant…

Il y en a effectivement ras-le-bol, voire ras-le-blog, de ces histoires de popularité dont je parlais brièvement ce matin avec ce sondage qui vient d’on je ne sais où et qui débarque en une de Google News. L’institut qui fournit cette mesure est totalement inconnu qui base ses résultats uniquement sur internet avec donc un panel mal cerné et qui n’existe à l’international que depuis quelques années.

N’allez pas croire que je nie le manque de popularité de François Hollande mais elle commence par me courir sur le paletot. Moi non plus, je ne suis pas satisfait de l’action du gouvernement : il y a toujours du chômage et il fait un temps de cochon. Hollande aurait du me dire de prendre un parapluie pour aller déjeuner.

Il n’empêche qu’on oublie un peu trop que c’est sous Nicolas Sarkozy que le chômage a bondi, la dette explosé, les prélèvements fiscaux détonné ! On nous dit qu’il y a un ras-le-bol fiscal. Soit. Mais sous quel présidence ces prélèvements ont le plus augmenté ? Quel candidat avait à son programme l’augmentation de la TVA à 21,2% ? Hein ? Oui, tu peux répondre. Je parlais ce matin de « l’Important » dans l’information et le sujet est toujours là.

Parlons Hollande

Jacques Etienne, heureux blogueur de droite, nous parle de lui dans son billet du jour. « En 2012, M. Hollande a vaincu sur un malentendu. Résultat de cinq ans de Sarkozy-bashing, certains éléments de ce ventre mou qu’est l’électorat flottant qu’on appelle centriste l’a préféré au président sortant pensant que tout le mal venait de ce dernier et que, par magie, le falot président du CG de Corrèze résoudrait tout. » Ah ! Lui aussi, il parle de bashing ! On l’a inventée, l’augmentation du chômage, de la dette, du bling bling ? A chacun son bashing ! M. Hollande a peut-être gagné sur un malentendu mais il est clair que les Français ne voulaient plus de Nicolas Sarkozy et de sa droite… Cette droite qui a échoué pour tout.

Pour le reste, il a raison. Il n’empêche que beaucoup de blogueurs de droite nie la légitimité de François Hollande ce qui est une espèce de rengaine de la droite. Ca me gave de lire ici ou là que François Hollande ne tient pas son programme. Il est probablement inutile de rappeler les programme de Nicolas Sarkozy en 2007 : aller chercher la croissance avec les dents, travailler plus pour gagner plus, moins de 5% de chômage, plus de SDF et tout ça. Il serait amusant de comparer le nombre de promesses tenues entre les deux gouvernements.

Les pleurnichards me gavent. François Hollande avait promis qu’on en chierait mais qu’il fallait rétablir les comptes. C’est en passe d’être fait. La reprise est difficile mais elle vient

Je parlais ce matin également du rapport de l’OCDE qui accablerait la France. La presse généraliste a-t-elle présenté ça en détail ? La presse économique c’est un peu allongé dessus. Je vous le conseille. Pourtant, ce que retient la presse généraliste est une critique des 35 heures. A-t-elle retenu la critique de l’Allemagne ? A-t-elle vu que même les américains accablent les Allemands en les rendant directement responsables de la crise ?

Parlons popularité

L’ami Melclalex revient sur la popularité des anciens premiers ministres. C’est presque un détail qui retient mon attention : Lionel Jospin est celui qui était le plus populaire parmi les premiers ministres au bout de 18 mois. Il y a différentes raisons dont la conjoncture économique. En fait, c’est le seul qui soit resté à peu près positif à peu près tout au long de son mandat, avec Edouard Balladur.

Les deux ont été balayés pitoyablement aux élections présidentielles suivantes.

Si on pouvait donc parler d’autre chose…

Parlons d'autre chose

A part ça, nos braves blogueurs de droite prétendent maintenant qu'on parle de racisme, à gauche, pour éviter les autres sujets...

C'est sûr ! On ne parle pas du tout du ras-le-bol fiscal dans les médias, on ne parle pas des bonnets rouges. C'est sûr ! Minute est un journal de gauche qui fait semblant d'être de droite pour mettre en avant de propos nauséabonds.

Guignols !

29 octobre 2013

Un record d'impopularité

La récente période de fut pas facile pour la majorité (et les blogueurs joyeusement associés) et se termine par un record historique, celui de l’impopularité d’un président qui, pour la première fois chez BVA (pdf), tombe au dessous de 30%. Notons que tout ne va pas si mal puisque 3% de la population a encore une très bonne image du Président.

Je ne sais pas quel événement a le plus contribué à cette brutale chute tant ils se sont enchaînés depuis la rentrée, avec la confusion sur les chiffres du chômage du mois dernier, l’affaire Léonarda, ces histoires de taxes, la Bretagne au bord de la révolution,… Léonarda a probablement apporté le coup de grâce.

Que faut-il faire ? La première urgence est d’éteindre l’incendie en Bretagne. Nos ministres vont se réunir ce matin et prendre une décision. A part reculer encore cette écotaxe et revenir sur la taxation de l’épargne populaire, je ne vois pas trop ce qu’ils peuvent faire. Au fond de moi, j’aimerais qu’ils restent droits dans leurs bottes…

Parmi les chiffres de ce sondage, j’en note un : « le Président ne dispose d’une majorité de bonnes opinions auprès d’aucune des catégories de la population française, à l’exception des seuls sympathisants socialistes (75% de bonnes opinions). » 75% des sympathisants socialistes ont encore une bonne opinion de François Hollande. Je me sens un peu moins isolé. Peut-être qu’en ayant fait sa campagne, en l’ayant soutenu, sommes-nous beaucoup plus indulgents que le reste de la population d’autant qu’il y a une belle confusion du côté de la droite à part à l’UDI où ils semblent remonter la pente.

Je vais en noter deux autres.

Le premier est que Manuel Valls est plus populaire à droite qu’à gauche. Chacun en tirera ses conclusions. Pour ma part, je pense qu’il sert un peu de rempart…

Le deuxième est l’état lamentable de l’opinion envers les écolos et les socialos. Les deux partis, surtout le PS, sont en forte baisse. Le Parti de Gauche se trouve le moins populaire et le Parti Communiste grimpe légèrement depuis quelques mois. La stratégie d’attaque frontale ne semble pas la bonne.

EELV a perdu 10 points en quatre mois mais cette formation ne m’intéresse pas franchement. Ils ont une mauvaise stratégie : ils devraient soit sortir de la majorité soit y être plus soudés. Par contre, l’état du Parti Socialiste est préoccupant. La baisse de popularité au cours du dernier mois est particulièrement préoccupante.

La question pourrait être de savoir si c’est le Parti Socialiste qui entraine le gouvernement dans sa chute ou le contraire. Elle ne l’est pas : ils tombent ensemble. Le gouvernement et le président sont coincés : ils ne peuvent pas changer de politique. J’ai fait un sondage au bistro, hier. Les clients attendent un remaniement. Ils ne souhaitent pas franchement une autre politique : ils sont résignés. Ils attendent cette inversion des courbes qu’on leur promet pour fin 2013 depuis si longtemps. Ils veulent un remaniement mais il ne peut pas être fait maintenant, cela ne rimerait à rien.

Mon sondage est très sérieux. Je n’ai pas été voir les clients pour leur demander ce qu’ils en pensaient mais j’ai questionné les patrons de bistro pour savoir quels étaient les bruits de fond. Les gens veulent un remaniement. Ils ne pourront pas l’avoir avant les municipales. Ca donnerait l’impression d’agir dans la panique. L’effet serait désastreux.

Le changement doit venir du PS. Il n’y a qu’une seule solution : en changer le chef. Depuis quelques semaines, je milite de plus en plus dans ce sens. L’erreur faite par Harlem Désir avec Léonarda peut servir de prétexte.

On lit de temps que le gouvernement doit changer la communication. C’est peut-être vrai mais je ne sais pas comment. L’affaire Léonarda a été déclenchée par un billet du blog de RESF pendant que le ministre en charge du dossier était au bout du monde. L’enquête a été vite faite. Tout est parti en vrille. François Hollande a fait un discours catastrophique…

Je vais donner un conseil au président : se mettre au vert. Se faire oublier. Il doit continuer à faire le job mais arrêter d’intervenir en urgence en sachant que la communication ne peut plus se maitriser. Il doit montrer le cap comme on dit. Aujourd’hui, il est en Slovaquie. Il fait le job. Ses ministres se réunissent. Ils font le job. Jean-Marc Ayrault ou un ministre feront une annonce.

Quant à nous, les fidèles mais « pas très satisfaits », on est toujours là. On oublie que l’écotaxe a été décidée par la droite, que c’est Jean-Louis Borloo, l’homme qui monte dans les sondages, qui a décidé des modalités et signé le contrat avec la société privée en charge des « péages ».

On n’oublie pas que c’est sous le gouvernement précédent que la France a été ruinée, que le chômage est parti en vrille, que les dépenses publiques et la fiscalité ont explosé. On n’oublie pas, non plus, que Nicolas Sarkozy a fait la moitié de son mandat avec une image déplorable.

On va faire comme les clients du bistro : attendre le retournement des courbes. La fin d’année arrive. On saura alors.

Le mois d’octobre a été catastrophique.


Ne recommencez pas cette erreur. On va se lasser.

06 août 2013

L'étrange capitulation et la popularité en berne

L’analyse politique est un sport qui ne devrait se mener qu’au bistro. Ainsi, Corto (ce n’est pas à lui que j’en ai, rassurez-vous) se penche sur le livre de Laurent Mauduit de Médipart : « L’étrange capitulation » pendant qu’Atlantico tente d’analyser la mauvaise popularité du Gouvernement.

D’après la présentation du livre de Laurent Mauduit, lors des précédentes accessions de la gauche au pouvoir (en 36, 81 et 97), « les socialistes français ont tenté, dans un premier temps, d’honorer leurs engagements. » A chaque fois, ils se sont heurtés au mur de l’argent. François Hollande aurait commencé dans l’autre sens. Du coup, « depuis le 6 mai 2012, le « peuple de gauche » a le sentiment qu’on lui vole sa victoire. »

Je suppose que Laurent Mauduit n’a pas participé à la primaire pour la désignation de François Hollande et ne s’est pas intéressé au projet de ce dernier. Il n’a donc pas vu qu’il est globalement fidèle à lui-même. François Hollande avait dans son programme la nécessité de rétablir les comptes. Il est d’ailleurs amusant de voir aujourd’hui cet organisme libéral qui est le FMI lui demander de lever le pied et recevoir les félicitations de la gauche de la gauche.

J’espère qu’il ne lui a pas échappé que la victoire de 81 s’est terminée par la déroute de 1986. La victoire de 1988 a fini sur la bérézina de 1993. Et le pauvre Jospin a été jeté lamentablement en 2002.

François Hollande a fait les réformes impopulaires en début de mandat. Impopulaires à gauche : le machin de compétitivité, la signature du truc Européen, la réforme du droit du travail. Impopulaires à droite et très clivantes : le mariage pour tous, seul truc qui donne du grain à moudre à la droite. Il a fait d’autres réformes que personne n’a vues parce que les blogueurs de gouvernement sont des grosses fainéasses : plafonnement des niches fiscales et tout ça, sans compter tous les trucs engagés. Tapez « Bilan François Hollande » dans Google, pour voir…

On fera donc le bilan fin 2016… Il reste une grosse réforme impopulaire à faire : celle des retraites mais si le dosage est savant entre une sage hausse de la CSG et une pas trop grosse hausse de la durée de cotisation, les dégâts collatéraux pourraient ne pas être très mauvais. On verra ça à l’autopsie.

D’autres, à droite, essaient différemment d’analyser l’impopularité. C’est ce que fait cet article d’Atlantico, canard réactionnaire. Il nous cite les causes d’impopularité mais il s’adresse à son propre lectorat : il dit aux réactionnaires ce qu’ils veulent entendre. Ca m’étonne d’ailleurs que mes copains réacs ne l’aient pas cité, oubliant qu’ils sont eux-mêmes bien éloignés des préoccupations des électeurs.

En illustration de ce billet, vous trouverez une jolie courbe faite avec les chiffres de popularité de François Hollande et de Nicolas Sarkozy au cours des 12 premiers mois du mandat, gracieusement offerts par TNS Sofres. On notera que les courbes sont globalement parallèles. François Hollande est parti avec 8 points de retard, il avait toujours le même écart, au bout de 12 mois, après être passé à 16 ! Et en juillet, il n’était que de 6 (27% des gens faisaient confiance à François Hollande en juillet 2013, contre 33% à Nicolas Sarkozy en juillet 2008).

On lit souvent, dans la presse, que François Hollande bat des records d’impopularité. C’est faux. Les records ont été atteints (pour TNS Sofrès) avec 20% pour Nicolas Sarkozy en mai 2011 et surtout pour Jacques Chirac avec 16% en juin 2006.

Quelle est la conclusion d’Atlantico ? « S’il y avait un homme d’Etat dans cette barque folle, ce vaisseau fantôme, à la dérive, il taperait du poing sur la table, provoquerait un événement, une démission majeure, une dissolution, un référendum, un coup d’éclat, un choc psychologique, pour tenter de conjurer la catastrophe. Tel n’est à l’évidence pas le cas. Une seule question se pose maintenant: comment préparer l’avenir ? » Qu’ont-ils donc fumé ? Quand un choc psychologique a-t-il permis de remonter un pays ?

Comment préparer l’avenir ? Et si c’était en avançant pépère… ?

Il y a une erreur dans cette analyse. La panique est bien à l’UMP. C’est bien l’UMP, par exemple, qui vient de décider d’exclure un militant qui avait raconté des conneries dans Twitter. C’est bien l’UMP qui se rend compte progressivement qu’elle a contribué plus que tous à déchirer une nation. C’est bien dix ans de gestion du pays par l’UMP qui l’a poussé dans le mur. Les Français ne sont pas tarés.

C’est amusant ! Laurent Mauduit, à gauche, confond le peuple de gauche avec l’idée qu’il s’en fait et Atlantico, à droite, confond « le peuple » avec « le peuple de droite ».

François Hollande et Marine Le Pen seront au second tour en 2017 et François Hollande gagnera haut la main.

Pour l’instant, on voit des ministres qui bossent : Valls d’un côté, Taubira de l’autre. Fabius est parti faire le VRP en Asie. Le Drian vend des rafales pour faire croire qu’il n’envoie pas chier Dassault.

François Hollande est en déplacement à la Roche-sur-Yon. Il profite de la pause médiatique de l’été pour enchaîner les déplacements sur le thème du travail. A noter que les opposants au mariage pour tous ont manifesté pour l’empêcher de travailler. Ils vont lasser.

Il a son plan de communication. On verra par la suite. Tout dépendra du résultat. Si la tendance s'inverse réellement, il repassera crédible très rapidement et aura été celui qui a bossé cet été... Parfait pour les municipales. Pour la suite, on verra...

Jacques Chirac aussi a été très impopulaire au début de son premier mandat. Il a été peinard, ensuite, pendant 10 ans, et un type de son camp a été élu à sa suite.

36, 81, 88 et 2002 ont permis à la gauche de faire de belles avancées avant de se faire mettre à la porte aux élections suivantes.

29 mai 2013

Baromètre politique - juin 2013

Jacques Etienne relève quelques incongruités dans le dernier baromètre politique Figaro Magazine réalisé par TNS Sofres. Il note par exemple que 24% des gens de gauche souhaitent voir jouer un rôle important dans les années à venir à MM. Juppé et Fillon alors qu’ils ne voteront jamais pour eux.

C’est en effet délirant. Si la droite revenait au pouvoir, je souhaiterais que ça soit avec des personnalités comme ces deux anciens premiers ministres mais en aucun cas je ne souhaite la droite revenir au pouvoir. Je ne souhaite donc pas les voir jouer un rôle important. Pour aller plus loin, je souhaite que M. Copé soit le prochain candidat à la présidentielle pour l’UMP, c’est, à mon avis, la meilleur chance pour la gauche de gagner. Quand je fais des billets, comme hier, à propos de l’UMP, ne cherchons pas à traficoter mes intentions : je ne soutiens personne à droite.

Ce sondage révèle bien des surprises. Commençons par la fin.

Le parti politique qui a la meilleure image est Europe Ecologie Les Verts. Ca me laisse sur le cul tant j’ai une mauvaise image de ce parti (sauf Mme Duflot et M. Cohn-Bendit…). Vient ensuite le PS… Cela m’étonne aussi mais c’est relativement bon signe. L’UMP a une très mauvaise image. C’est aussi bien et si personne, chez eux, ne se pose des questions, ça me ravit !

La question précédente est celle sur la cote d’avenir des principaux dirigeants de nos partis. La question est étonnante : « Voulez-vous me dire si vous souhaitez le lui voir jouer un rôle important au cours des mois et des années à venir ? ». Je peux vous dire que je réponds « oui » à tous : je veux bien dire si… Je ne vais pas les prendre tous…

Manuel Valls : c’est le plus populaire. Sa cote de popularité est en forte hausse à gauche. C’est étrange, il a pris plein de baffes dans la gueule le mois dernier.

François Fillon : il arrive deuxième mais est en forte baisse à droite. Il a raison de faire la paix avec Jean-François Copé…

Nicolas Sarkozy : c’est le plus populaire à droite. Et presque que le moins à gauche. Cette différence de perception est étrange.

Alain Juppé : il est relativement populaire (au même niveau que Fillon pour la gauche) mais en dessous des deux précédents (ce qui est logique dans un classement mais m’étonne, je le vois un peu comme un vieux sage).

Martine Aubry : sa cote augmente fortement à gauche. Serait-elle attendue comme une sauveuse ?

François Bayrou : la chute libre…

Bertrand Delanoë : il reste stable. J’aurais pensé le voir en tête de ce classement.

Jean-Louis Borloo : en chute libre, à droite. C’est la personnalité de droite la plus populaire à gauche, me semble-t-il. Il m’est d’ailleurs sympathique mais je ne souhaite lui voir jouer aucun rôle… à part comme candidat à la présidentielle pour affaiblir l’UMP.

Marine Le Pen : elle est bien classée et, surtout, elle est très populaire à droite (52%) ce qui me parait très surprenant. Ca montre bien l’état dans lequel est l’UMP. Plus de la moitié des électeurs de droite pensent que le salut pourrait venir de Madame Le Pen...

Jean-Luc Mélenchon : il progresse à droite mais est en baisse auprès des sympathisants du PS ce qui me fait dire qu’il devrait changer de stratégie : il exaspère « ma » gauche.

Ségolène Royal : elle remonte fortement de tous les côtés.

Najat Vallaud-Belkacem : elle remonte fort à gauche. C’est aussi un sentiment personnel que j’ai : elle monte beaucoup dans mon estime.

Laurent Fabius : il baisse à droite. Pourquoi ?

François Baroin : il y a plein de personnes que je ne cite pas. Je le cite, lui, parce qu’il était l’objet de mon billet d’hier. Il monte fortement à gauche (même s’il reste à un niveau bas). Je ne souhaite pas qu’il revienne mais c’est effectivement un des types pour lequel j’ai le plus d’estime à droite.

Jean-François Copé : il baisse partout. Ils ne sont plus que 42% de sympathisants UMP à souhaiter qu’il joue un rôle.

Jean-Pierre Raffarin : c’est lui qui baisse le plus, à droite ! Le pauvre…

Stéphane Le Foll : sa très faible popularité à droite me surprend un peu. Je ne sais pas pourquoi mais je l’aime bien.

Avant ça, nous avions la cote de confiance envers Jean-Marc Ayrault. Elle augmente légèrement mais reste très basse, à 26%. Seul Villepin avait fait pire au 13ème mois. Pas grand-chose à dire mais la popularité augmente assez fortement au centre (même s’il faut prendre ces chiffres avec précaution).

Avant, c’était celle de François Hollande qui était étudiée. Sa popularité est en forte hausse. Mise à part le fait qu’elle reste très basse et que je ne suis pas spécialement objectif quand on parle de Pépère, c’est aussi un sentiment que j’ai, une reprise de confiance. En illustration de ce billet, la courbe de popularité des différents présidents au cours jusqu’à leur treizième mois. Celle de François Hollande est étrangement parallèle à celle de Nicolas Sarkozy.

La première courbe porte sur l’optimisme des Français. Le moral reste mauvais mais c’est impressionnant de constater, sur les courbes, qu’elles restent relativement constantes sur le long terme (à part des pics d’espoir à chaque élection…). Cela étant, il est relativement surprenant de voir que 6% des gens trouvent que les choses vont en s’améliorant…

Ils ne regardent pas les chiffres du chômage ?

L'avis de château

Des confrères blogueurs, comme Elooooody et Cyril, diffusent une infographie de Paris Mach qui compare le budget de l'Elysée sous Nicolas Sarkozy et François Hollande. Le résultat est net : Pépère fait des économies. Je vais leur piquer leur illustration. Vous pouvez cliquer dessus pour l'agrandir.

Hier soir, j'ai fait un billet à propos de l'UMP. Mon confrère et ami FalconHill semblait penser, en commentaire, que j'avais fait ce billet politicien pour enfoncer ce parti. Il n'en est rien. En ces temps d'actualité morose (pour le blogueur qui cherche des idées...), la probabilité pour que ce billet dépasse 300 lecteurs est dérisoire. J'ai fait ce billet parce que l'UMP me fascine : je ne comprends pas qu'un parti puisse s'enfermer dans une démarche autant perdante.

Ce matin, je diffuse une infographie. Pourquoi ? D'une part, c'est le rôle du blogueur politique : participer au bruit ambiant. D'autre part, on sent un vague changement dans la perception de la politique par les Français.

Notons bien que je me plante peut-être totalement. Je mets dans le fond de ma poche mon ton péremptoire habituel avec les trois points que je voulais signaler :

1. Le premier mariage entre gays aura lieu aujourd'hui. Une page se tourne. Je voulais en faire un billet ce matin mais comme j'ai déjà tout dit hier, je m'abstiens. J’aurais fini par me foutre de la gueule des deux tourtereaux : qu'est-ce qu'ils vont s'emmerder à se marier ? Et nous, qu'avons-nous à faire de deux inconnus qui vont s'unir par les liens sacrés du mariage, cette institution aussi rétrograde ?

2. Des premiers sondages donnent une légère remontée de la popularité de l'exécutif. On se réjouit pour pas grand chose mais on ressent la mauvaise popularité comme une espèce d'injustice.

3. Tiens ! Comment se fait-il que ça soit Paris Mach qui diffuse ce machin ?

Surtout, cette infographie est révélatrice de quelque chose : je ne m'étais pas trop planté en soutenant François Hollande, la Présidence normale et tout ça. Le fait que des chiffres (aussi dérisoires soient-ils !) viennent confirmer une impression est plaisant.

Je relaie donc l'infographie. Elle fera chaud au cœur aux militants et fera ricaner bêtement les types de droite. Tout le monde sera content.

Il faudra que je fasse un billet à propos des motivations des blogueurs politiques...

28 mars 2013

Hollande : on ne va pas en faire un fromage

News Republic est une application que j'utilise pour suivre l'actualité sur mon smartphone. Il agrège le contenu de différentes sources d'information. Ce matin, dans la catégorie "politique", il n'y en a que pour Hollande. BFM : Grand oral sur France 2, comment Hollande s'est préparé. Le Parisien : sondages sévères avec Hollande, les Français ne regrettent pas Sarkozy. BFM : Hollande sur France 2, une intervention qui tombe à pic. France 24 : François Hollande à la télévision : 45 minutes pour reprendre la main. BFM : Hollande, mauvais président pour 51% des Français. RFI : Pour sa première interview télévisée depuis 2012, François Hollande doit rassurer les Français.

Rien que ça. Avant, j'avais regardé les applications du Monde, du Figaro et du Parisien : Hollande, son interview et sa popularité. Remarque ! Faut pas trop que je gueule, j'en ai fait deux billets hier. Je me mets à part : je suis blogueur, pas journaliste. Personne ne paie pour me lire. 

Les Français sont donc informés qu'ils n'aiment pas le Président et que ce dernier va essayer de leur redonner confiance et qu'il faut tenir jusqu'à ce que la courbe du chômage s'inverse et que les premières réformes produisent leurs effets. Demain ils seront informés que le Président a essayé de leur redonner confiance et qu'il faut tenir... Si avec ça ils ne comprennent pas que le Président a essayé de leur redonner confiance et qu'il faut tenir, on ne peut plus rien pour eux. A la limite, je ferai un billet samedi pour leur rappeler...

Ah ! Non ! Je ne tiens pas un média d'information mais un blog politique engagé soutien de François Hollande et du gouvernement. Même à jeun. Je me fous donc de la popularité de François Hollande mais ça me surprend. Le cerveau humain est bizarrement fait. Lors du quinquennat précédent, je me réjouissais des baisses de popularité de Nicolas Sarkozy, non pas par méchanceté, mais parce que ça me montrait que de plus en plus Français pensaient comme moi. Là, je devrais me désoler mais même pas... Étrange. 

Bon ! Il faut que je fasse le boulot de blogueur de gouvernement et répare certaines des erreurs des journaux. Par exemple, j'ai vu que François Hollande avait la pire popularité de l'histoire de la cinquième. C'est faux : c'est la pire popularité d'un Président dans son 10ème mois. Il conviendrait de préciser qu'il avait aussi la pire popularité dès son premier mois (pour un premier mandat).

Je suis désolé d'insister sur ce détail mais la presse nous gonfle depuis septembre avec la même information : pépère a la pire popularité. Comme je le disais hier, il a perdu le même "capital de popularité" en dix mois que Nicolas Sarkozy en 2007/2008 et Jacques Chirac en 1995/1996. Ainsi, il est probable qu'un statisticien aurait pu prévoir l'évolution de la popularité dès juin dernier. Tu parles d'une information !

Les Français votent, élisent un nouveau Président, ont de l'espoir et constatent progressivement qu'il n'a pu tout faire dès le premier jour, qu'il y a du chômage et tout ça. Ils font la gueule. Comme si on leur avait dit que le changement, c'est maintenant, et que ça ne vient pas. 

Pourtant, ils devraient être habitués. Nicolas Sarkozy leur avait promis en 2007 que le chômage passerait sous la barre des 5%. C’est vrai qu’il était plus efficace, il avait mis moins de 10 mois à inverser la courbe du chômage. Mais avant, elle allait dans le bon sens.

Je rappelle ça par pur méchanceté. Les blogueurs de droite veulent démontrer que François Hollande n'est pas légitime ce qui leur permettrait de rendre légitime la révolution qu'ils pensent faire pour éviter le mariage pour tous. Du coup, ils tentent de démontrer qu'il ne respecte pas son projet. J'ai même trouvé un crétin qui expliquait que le mariage en question n'ayant pas été un des axes forts de la campagne, il n'est pas légitime. 

Je n'ai plus en tête toutes les promesses de Nicolas Sarkozy. Il y avait ce chômage à 5% et plus de SDF. C'est raté. 

Dans les articles de presse que j'ai lus, j'en au vu qui expliquaient que François Hollande devait s'adresser aussi à l'électorat à sa gauche. Étant moi-même fatigué de certaines remarques qu'on peut me faire, je vais répondre à sa place : hé ho ! Qui a gagné les primaires, bordel ? Chaque électeur de gauche a sa solution pour sortir de la crise et voudrait qu'elle soit mise en place. 

Moi aussi, j'ai ma solution. Je ne vais pas écouter le Président qui va tenter de me redonner confiance et m'expliquer qu'il faut tenir. 

Je serai au Kremlin des Blogs avec des copains blogueurs. C'est quand même mieux, non ?

27 mars 2013

Le sondage de trop ?

Un nouveau sondage vient de sortir et fait la une de Google News. Titre de l’article : « En dix mois, François Hollande a déçu 2 Français sur 3 ». Cette interprétation du résultat est grotesque. La question posée était : « François Hollande a été élu président de la République en mail 2012. En ce qui vous concerne, si vous deviez donner votre sentiment actuel, êtes vous aujourd’hui satisfait ou déçu de son élection ? »

Attention ! Je vais faire des mathématiques… Accrochez-vous. A peu près 48% des gens ont voté pour Nicolas Sarkozy. Nous pouvons donc d’emblée en conclure que le 6 mai au soir, 48% de la population était déçue. Le nouveau sondage donne un chiffre de 68% de déçus. On peut donc en déduire qu’en dix mois François Hollande a déçu 20% des français, ce qui représente 40% de son électorat. C’est déjà beaucoup.

Le sondage que je citais ce matin, disait que la cote de confiance était passée de 55% à 30% ce qui fait une baisse de 15 points, donc environ, également de 40%.

On est bien loin des deux Français sur trois déçus depuis l’élection. On est à 20% soit un sur cinq.

Vous allez me dire que je chipote. Vous avez raison mais je n’aime pas lire des bêtises en une de Google News (sauf quand je manque de temps pour faire un billet et que ça me donne une idée toute trouvée).

Je chipote mais je peux même retourner totalement les chiffres. Par exemple, François Hollande a eu 27% au premier tour. S’il conserve 32% (100 – 68) de gens qui ne sont pas déçus, c’est qu’il surprend agréablement 5% de la population. Je plaisante.

Il n’empêche que c’est important. Dans mon précédent billet, je parlais de l’image du gouvernement mais des milliards de réactions dans Twitter ou dans les commentaires me laissent à penser que je me suis mal fait comprendre. En particulier, je n’ai pas nié le problème d’image.

J’ai seulement dit qu’un gouvernement de gauche n’aura jamais une bonne image auprès du peuple de droite et vice versa.

Le Gouvernement n’arrivera pas à résoudre son problème de popularité, donc son problème d’image, sauf à la marge en évitant les couacs.

04 mars 2013

Redonner espoir ?

Une des informations du week-end est la nouvelle baisse de popularité de François Hollande. Un tas de braves gens l'analysent dans la presse avec des choses probablement vraies mais  je pense qu'il y a deux éléments sur lesquels nos sympathiques éditorialistes ne reviennent pas assez.

Je vais donc être désagréable l'espace d'un billet. Je redeviendrais béni-oui-oui ensuite. Promis.

Premier élément : on a élu le Président sur la base de 60 engagements

Il serait bien de s'y tenir ou, du moins, à l'esprit.  Je ne parle pas des bricoles pour amuser la galerie mais des trucs importants. Par exemple, où est la lutte contre les niches fiscales ?

Je lisais, ce matin, une interview de Jean-Marie Le Guen, ce matin. Il a dit qu'il fallait augmenter l'âge de départ en retraite. Certes, il prend des précautions et il n'est pas au Gouvernement... Mais ça commence à se voir un peu trop "qu'on commence à préparer l'opinion"... On aura l'air de quoi, si ça se fait ? On a passé des années à dire que c'est de la connerie...

Deuxième éléments : il faut que les ministres arrêtent d'intervenir à tout bout de champ

Avec le cafouillage à propos du diesel, ce week-end, on a assisté à un sommet ! C'était quand même facile de rappeler que la baisse de la différence des taxes entre l'essence et le gazole dure depuis 1999 et que le Gouvernement travaille depuis le début à la transition énergétique et la compétitivité de nos entreprises...

Pourquoi annoncer une espèce de prime à la casse ? Depuis quand aider les gens à changer de voiture est-il de gauche et écologique ?

On reprochait à Sarkozy le fait de multiplier les annonces en fonction des faits divers... Qu'a fait Manuel Valls, ce week-end ? Demander une augmentation des peines en cas de délit contre les forces de l'ordre. Je cite Valls pour montrer qu'ils sont tous pareils. Delphine Batho et Arnaud Montebourg n'ont fait que réagir à un rapport de la Cour des comptes qui contenait des éléments déjà connus et sur lesquels ils travaillent déjà… Pourquoi donner l’impression d’improviser ?

Popularité

La cote de popularité n’est pas une priorité. Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac ont passé deux ans à un tel niveau ou en dessous.

Il n’empêche que redonner espoir ne serait pas inutile…

11 décembre 2012

Popularité : Jean-François Copé au plus bas

Mon confère et néanmoins ami Melclalex revient sur e baromètre « Paris Mach IFOP » de décembre, où il ressort qu’Arnaud Montebourg monte en flèche : 9 points !! 60% des gens ont une bonne opinion de lui (je vous laisse regarder les conditions du sondage sur le site de Paris Match, 1014 personnes et tout ça). Par contre, l’UMP apparaît en lambeaux. Surtout du côté des soutiens de Jean-François Copé.

On parle beaucoup de la chute de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault mais l’on peut constater que beaucoup de ministre montent au sein de ce top 50 : treize ministres montent, trois se maintiennent et trois baissent. Il n’y a pas de mal à se faire du bien, on va dire que les Français semblent avoir plutôt confiance dans le Gouvernement malgré ce qu’en disent certains. Le fait que Manuel soit le premier et Arnaud Montebourg soit bien placé n’est probablement pas anodin. Néanmoins, restons lucides : les cotes de popularité de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault sont mauvaises.

Ce sont les popularités des personnalités de droite qui m’intéressent aujourd’hui.

François Fillon reste à un haut niveau, à la douzième place, mais il perd 13 points. Jean-François Copé s’écroule : 28% des Français ont une bonne opinion de lui. Leur affaire interne a fait des ravages.

Jean-Louis Borloo est à un sommet », à la troisième place, avec 69% d’opinion favorable. François Bayrou est bien placé. Les anciens Premiers Ministres, Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin sont aussi dans le haut

Parmi la jeune génération et les anciens ministres, c’est François Baroin qui est en tête (17ème) mais baisse légèrement. Suivent Nathalie Kosciusko-Morizet et Laurent Waukiez qui font une belle progression, puis Xavier Bertrand qui baisse légèrement et Valérie Pécresse qui ne bouge pas. Un peu plus loin, on trouvera Bruno Le Maire, en légère baisse.



Parmi tous ces braves gens, on ne trouve aucun soutien de Jean-François Copé. Il doit se sentir bien seul...

08 novembre 2012

La cote de confiance de nos dirigeants

Les sondages se suivent et se ressemblent : on ne peut pas dire que les cotes de popularité de François Hollande et Jean-Marc Ayrault, même si dans la dernière enquête IFOP, le président reprend un point (voir le pdf ici). Selon sa sensibilité politique, chacun trouvera des explications à ces mauvais chiffres.

Je vais uniquement faire un commentaire. Je lisais dans la presse ce matin que la chute de la popularité de François Hollande était la plus forte de l’histoire de la Cinquième mais ce n’est pas totalement exact. Dans la même période, selon TNS, Jacques Chirac avait perdu 8 points de plus en 1995.

Ce qui n’est pas une consolation.

Selon TNS, la cote de confiance de Jacques Chirac était de 37% en novembre 1995 alors que celle de François Hollande, 17 ans après, est de 36%, soit quasiment la même chose. Nicolas Sarkozy a mis quatre mois à être aussi impopulaire. Au cours de son mandat, Nicolas Sarkozy n’a pas souvent dépassé 40%. L’étude de la popularité de Jacques Chirac au cours de son premier septennat n’a pas beaucoup d’intérêt à cause de la cohabitation, mais au cours de son second septennat, il a mis près de deux ans à descendre au dessous de 40%.

Je ne sais pas si on peut comparer avec les années précédentes. Toujours est-il que François Mitterrand, lors de son premier septennat, avait mis trois ans à descendre vers 40% (et presque 5 ans pour le deuxième). Valéry Giscard d’Estaing, quant à lui, semble avoir toujours eu une relativement bonne cote de confiance… ce qui ne lui a pas servi à grand-chose, à la fin de son mandat…

Ceux qui sont aussi vieux que moi se rappelleront les grands événements qui ont accompagné ces phases de chute de popularité. C’est notamment le cas de Jacques Chirac qui m’intéresse, lors de son premier mandat, parce que sa chute est supérieure à celle de François Hollande (mais il partait de plus haut !). Rappelez-vous de l’histoire des Jupettes. Ou utilisez Wikipedia : à cette époque, il « met l'accent sur la lutte contre le déficit budgétaire et la dette de l'État afin de respecter le pacte de stabilité de l'Union européenne et d'assurer l'arrivée de l'Euro. Pour ce faire, le mouvement des privatisations […] se poursuit. […]Dès juillet 1995, une de ses toutes premières décisions est d'effectuer une ultime campagne d'essais nucléaires. […] » C’est surtout la page Wikipedia d’Alain Juppé qui est intéressante pour se rappeler des actions politiques de l’époque… qui avait débouché sur un remaniement d’un Gouvernement qui était jugé bien peu sérieux.

Le deuxième point qui m’intéresse est l’impact d’Internet sur cette popularité. Prenez l’exemple de l’interview de Jean-Marc Ayrault dans le Parisien, récemment, et de sa sortie à propos des « 39 heures », le tabou… L’encre de cet honorable canard n’était pas sèche que Twitter chauffait avec des gens de gauche qui criaient au scandale. A l’époque du début du mandat de Nicolas Sarkozy, si son Premier Ministre avait fait une telle sortie, les blogs de gauche auraient rigolé, les blogs de droite auraient siffloté discrètement en l’air.

D’ailleurs, François Fillon avait fait une « belle bourde » en déclarant qu’il était à la tête d’un état en faillite. L’affaire a surtout fait parler d’elle parce qu’il s’était fait engueulé par l’Elysée et qu’il avait été obligé de faire du rétropédalage par la suite. Quel rôle a joué Internet dans ce pataquès ?

En 1995, Internet n’existait quasiment pas et les réseaux sociaux étaient encore dans les testicules de leurs géniteurs.

On en tirera les conclusions qu’on voudra. De toute manière, toi, cher lecteur, si j’écris un truc, tu remettras en cause mon objectivité sans te demander si ce n’est pas toi, par hasard, qui manquerait un peu d’objectivité…

Je vais me contenter de faire deux remarques.

La première : dans l’absolu, François Hollande n’a pas à se préoccuper de sa cote de popularité mais… il est impossible de faire des réformes sans popularité.

La deuxième : ça fait trente ans (28 ?) que le président de la République a très souvent une popularité dérisoire. C’est lamentable. Ca fait 30 ans que les Français n’ont plus confiance dans leurs dirigeants.

François Hollande est, à ce titre, un président tout à fait normal…

C’est un autre point de l’étude de l’Ifop que je cite en introduction qui a retenu mon attention (ou, plutôt, celle de mon confrère Melclalex qui me l’a signalé ! D’ailleurs, n’oubliez pas de lire son billet du jour avec l’étude des impacts des évolutions de la fiscalité en fonction du niveau des revenus).

A la question : « Selon vous, l’opposition ferait-elle mieux que le gouvernement actuel si elle était au pouvoir ? » 58% des sondés répondent par la négative et ce taux est en baisse. (voir l'illustration)

C’est avec beaucoup d’émotion que je vois les cadors de l’UMP faire de la communication dans tous les sens, aujourd’hui, alors qu’il est absolument évident que c’est contreproductif…

24 septembre 2012

Populaire popularité

Il est de bon ton, dans la presse et dans les blogs, de tenter d'expliquer la mauvaise popularité de François Hollande et du gouvernement. C'est à se demander si ces analyses n'expliquent pas toutes seules le coup de mou dans les sondages. 

Toutes ces analyses sont sûrement fort justes et brillantes. Les rédacteurs peuvent être fiers. 

Cela étant on a cassé les c... de nombres de lecteurs avec la mauvaise popularité de son prédécesseur, ce qui nous faisait bien plaisir. 

Dans ma voiture, hier, j'écoutais François Fillon et, ce matin, Valérie Pécresse. Ils sont d'un culot incroyable quand ils tentent d'expliquer cette mauvaise popularité. Les socialistes découvriraient l'ampleur de la crise et n'auraient pas de projet (vous vous rappelez du projet de l'UMP ?). Surtout, ils nient leurs propres responsabilités.

Bah ! Ils font leur boulot. Boulot inutile d'ailleurs, les élections sont dans cinq ans. C'est toujours inutile, d'ailleurs, quand on est dans l'opposition mais il faut bien exister. Au moins, avec l'UMP, on a des lascars qui n'hésitent pas à dire que Hollande a raison de ratifier le traité européen. 

Je voulais ainsi apporter ma pierre au lot d'explication de la mauvaise popularité de c'te équipe : leurs choix sont validés par l'équipe précédente qui n'avait comme projet que d'augmenter la TVA. 

Il était d'ailleurs assez rigolo, le Fillon, hier soir, au Grand Jury. Il nous expliquait que François Hollande fait une grave erreur en n'augmentant pas la TVA ou la CSG, voire les deux. 

J'imagine la tronche de la popularité si, en plus, "on" avait augmenté ces impôts...

Je vais tenter une autre explication pour la mauvaise popularité : les précédents nous avaient habitués à une telle bêtise que les sondés pensent que nos dirigeants sont nécessairement débiles légers. 

Au fond le discours de François Fillon est : ah ah ! Vous allez en chier. Mais avec nous ça aurait été pire. 

Et après, on se demande pourquoi les Français dépriment. 

09 mars 2011

Popularité du Chef de l'Etat : le four infernal

De mois en mois, Dedalus poursuit son travail de compilation des différentes études de popularité du chef de l’état. Mars 2011 : « Nicolas Sarkozy est merveilleux : chaque fois qu’on se dit qu’il a atteint le plancher, qu’il est plus bas que terre, qu’il n’ira pas plus bas encore, qu’il n’y a plus rien à perdre, qu’on a cette fois atteint l’os et qu’il n’y a plus rien à rogner, il parvient encore à être plus impopulaire. »

Jusqu’où ira-t-il ? Une cote de popularité peut-elle être négative ?

04 avril 2008

La cote déraille

Ah ! La cote de popularité de Nicolas Sarkozy se redresse et celle de François Fillon baisse à la vitesse où baisse le niveau de Côtes-du-rhône dans le verre de mon copain Tonnegrande.

Le premier ne fait plus trop parler de lui pendant quinze jours alors que le deuxième montre sa frimousse partout.

François Fillon va continuer à baisser car il va être obligé d’annoncer des mesures impopulaires histoire de boucher des trous éparses. Devons-nous faire des paris sur la cote du Président ? Bof… On doit surtout s’agiter sur les blogs pour démontrer que sa politique est toujours aussi grotesque…

Des communicants rigolos nous ont fait suivre heure par heure la progression du Falcon 50 qui devait aller chercher Ingrid Bettancourt, escapade qui se termine par une gifle : « L'agence de presse ANNCOL, proche des rebelles, a qualifié «d'ingénus» le président français ».

Pendant ce temps là, Nicolas Sarkozy va rejoindre ses camarades de jeu et annoncer le retour complet dans l’OTAN, tournant ainsi la page à 50 ans de politique. Le Président était le chef du Parti Gaulliste. Les amateurs apprécieront.

Excusez-moi par avance pour une plaisanterie idiote et éculée : OTAN en emporte le vent…

Son épouse, Carla Bruni-Sarkozy commence à intervenir directement dans la politique, par exemple, en accélérant la disgrâce de Benamou… Quant à lui, il semble avoir triché pour s’inscrire sur les listes électorales.

A l’heure où j’écris ce billet, je consulte les googles news pour avoir des âneries complémentaires à dire sur Carla Bruni-Sarkozy (j’ai lu quelque part qu’elle organisait des rencontres entre les artistes et son mari pour faire remonter son image, mais je n’en trouve pas source). Je suis effaré par le nombre d’articles qui parlent d’elle et de toutes les farces qui ont été faites le 1er avril. Les journalistes sont joueurs…

Quelle sera leur influence sur la cote du chef ?