Vous avez de la chance, ce billet aurait du avoir pour titre
« Au cul l’éthique en toc » mais je ne me suis rappelé par miracle
que mon blog était repris par des médias très sérieux qui m’offrent une
opulente rémunération que je refuse gracieusement, ne tenant pas à concurrencer
des gens qui vivent en écrivant des conneries. C’est de l’éthique. Je suis là
pour donner mon avis et je le fais. C’est ainsi que je reviens sur la démission
d’Aquilino Morelle parce que je lis de jolis commentaires. On nous parle
beaucoup d’éthique et de choses comme ça.
Il faudrait qu’un jour les militants socialistes se
réveillent. A droite, ils ne se posent pas les mêmes questions. Aquilino
Morelle a démissionné parce qu’il n’avait pas le choix et parce qu’une meute de
lascars lui est tombée dessus.
Oui ! Il a probablement fait un truc qu’il n’avait pas
le droit de faire il y a sept ans, ce qui ne regarde que lui et son
administration de tutelle. Non ! Son erreur n’est pas bien grave. Il a
conseillé moyennant finances un laboratoire pour que ce laboratoire puisse être
en conformité avec la réglementation française ou un truc comme ça. Au fond, d’ailleurs,
personne ne sait pourquoi il était payé par ce laboratoire. A priori, il n’a
pas donné d’information à ce laboratoire sur les contrôles ou audits qui
pourraient porter sur lui. Son erreur ne concerne que sa hiérarchie de l’époque.
Je veux bien croire que l’on doive être exemplaire. Il faut
que la gauche soit exemplaire aussi sur la justice. Il a démissionné, c’est ce
qu’il avait de mieux à faire, pour ne pas peser encore plus sur les épaules de
l’Elysée mais nous n’avons pas à le condamner. Nous n’avons pas à faire une
chasse à l’homme. Surtout, il n’est pas élu, il n’est pas ministre. Il n’y a
aucune limite. Un jour, on fera un procès au chauffeur de François Hollande
parce qu’il a roulé à 55 à l’heure alors que c’était limité à 50 quand il avait
19 ans.
Arrêtons de parler d’éthique pour n’importe quoi ou de
sortir des histoires de morales. Tiens ! Vous, les militants du Parti
Socialiste qui me lisez, ça ne vous fait pas mal au cul que votre premier
secrétaire ait été condamné par la justice. Et son prédécesseur aussi. Et Martine
Aubry, qui était en poste avant, est toujours entendue pour une sombre
histoire d’amiante.
La gauche, tous ces sympathisants de gauche, qui hurlent au
scandale, est une machine à perdre. Une grosse machine à perdre. L’électeur se
fout totalement de cette histoire de laboratoire mais il sera choqué par les
histoires de cirage de pompe. Je l’ai déjà dit. S’il y a une affaire
équivalente, à droite, les militants de droite, les twittos, les blogueurs,… ne
vont pas se mettre à vitupérer.
Dans l’attente (de quoi, d’ailleurs ?), je me pose deux
questions.
La première : qu’est-ce qui a poussé Médiapart à
déclencher cette enquête ? Plus précisément, qu’est-ce qui a convaincu les
dirigeants de cette entreprise commerciale à payer un journaliste pour qu’il
enquête sur Aquilino Morelle ? Quel événement a fait qu’ils se sont décidé
à payer ce journaliste, probablement parce qu’ils étaient sûr qu’il allait
trouver quelque chose ?
La deuxième : comment Médiapart a-t-il pu savoir que le
travail pour le laboratoire n’avait pas été autorisé par l’administration de
tutelle ? Qui nous dit que si l’administration ne retrouve pas d’informations,
ce n’est pas parce que l’information a disparu ?
La troisième (sur les deux, je suis très fort) : à qui
profite le crime ? Qui cherche à flinguer François Hollande ou Manuel Valls ?
Parce qu’il s’agit bien de ça, non ?
Alors l’éthique, hein ! L’exemplarité,…
J’aime bien défendre les causes perdues. On fera rapidement
le parallèle avec l’affaire Cahuzac. A l’époque, je n’y croyais pas. Je me
disais qu’il avait un compte en Suisse avec des trois français six sous dessus
et qu’il l’avait oublié ou un truc comme ça. Je ne pouvais pas imaginer qu’un
ministre du budget puisse avoir gagné de l’argent au noir et planqué le pognon
à l’étranger. Du moins, je ne pouvais pas imaginer qu’un type de mon bord
politique puisse accepter un tel poste avec de telles casseroles au cul, des
casseroles énormes (même si je rappelle qu’on ne connaît pas encore le fin mot
de l’histoire) qu’il savait forcément qu’elles finiraient par faire très mal à
notre camp.
Cette fois, je vais me la jouer blasé. Oui, c’est possible
qu’Aquilino Morelle ait fait une connerie. Je n’y crois pas et, au fond, si
elle ne porte que sur la déclaration à son employeur, cela ne nous regarde pas.
Si cela dépasse ce cadre, cela devient scandaleux mais ne nous regarde pas non,
plus. Nous n’avons pas élu M. Morelle. Il est salarié de l’Elysée pour ses
compétences en communication (on voit le résultat, d’ailleurs, j’espère qu’il
est meilleur en conseilleur de laboratoires).
Par ailleurs, on trouve des loustics qui parlent sans
savoir. A une époque j’étais consultant. A un moment, j’avais deux clients. Le
premier était une grande entreprise. Elle me payait pour vérifier que le
logiciel fourni par un éditeur était bien conforme. Le deuxième était l’éditeur
pour que je l’aide à rendre son logiciel conforme. Je travaillais en toute
transparence (ce qui n’a peut-être pas été le cas pour M. Morelle) sinon j’aurais
été dans une position intenable (ce qui était probablement le cas de M.
Morelle). Cela n’a jamais gêné personne. Au contraire, le client et l’éditeur
avaient un joli logiciel…
A mes deux questions qui furent trois, je vais en ajouter
une quatrième : pourquoi Jean-Christophe Cambadélis a-t-il plombé Aquilino
Morelle a la télé ce matin ?
En attendant, les smicards, avec les mesures du
gouvernement, vont toucher 500 euros de plus par an, soit en gros, la moitié d’un
mois. Y compris, à peu près, les fonctionnaires au niveau du SMIC. Le minimum
vieillesse aura été augmenté deux fois cette année, c’est une première. Le RSA
a été augmenté de deux points de plus que l’inflation. 750 000 personnes auront
bénéficier de l’élargissement de la CMU. 55000 étudiants supplémentaires
bénéficient d’une bourse. 30000 boursiers ont vu leur bourse (pas leurs
couilles, imbécile !) augmentée de 800 euros sur 10 mois.
La gauche préfère néanmoins faire des scandales pour des
conneries.
Tiens ! Il y avait un meeting de Martin Schulz, hier
soir. Les blogueurs et twittos de gauche ont-ils repris ses propositions ?
Non. A cinq ou six semaines d’élections, ils préfèrent jouer
sur le registre : nous, socialistes au gouvernement, nous sommes tous des
pourris.
Bravo. Continuez.
Pour ma part, je défends la veuve et l'orphelin et je bloguedegouvernementalise. Il est bien mon titre ? Parce que trois ans à taper sur mon camp pour des conneries qui n'intéressent pas l'électeur, ça ne m'intéresse pas.