En salle

20 juillet 2025

Villepin, de Gaulle, la gauche, la droite et moi


 

Comme François Bayrou, Dominique de Villepin fait partie de ces « vieilles » personnalités politiques que je ne peux pas blairer pour des raisons précises mais dont je peux souligner des qualités, à l’occasion. Par exemple, Villepin avait plu à beaucoup de Français, et j’en fait partie, lors de son célèbre discours à l’ONU, il y a plus de vingt ans. Par contre, l’histoire du CPE m’était restée en travers de la gorge : il avait ridiculisé la fonction présidentielle en obligeant Jacques Chirac a ratifier une loi tout en promettant de demander sa suppression dans la foulée.

Le fait qu’il privatise des autoroutes fût, pour moi, une abomination et je me méfie beaucoup, maintenant, quand il parle d’économie (et pourtant, de récents propos m’inspirent un billet de blog positif). Je ne suis pas opposé à certaines privatisations mais donner au privé une société qui bosse sur la base d’un monopole géographique sans réelle concurrence me parait être de la folie furieuse…

Plus récemment, ses propos au sujet de la politique internationale me sont sortis par les trous de nez…

 


En revanche, cette nuit, je suis tombé sur une vidéo d’une interview où il parlait des annonces de Bayrou au sujet de la dette et du budget. La plupart des critiques qu’ils émettaient semblaient émaner de ce que j’avais dit dans mon blog (cela dit sans prétention de ma part, l’interview était sans doute plus ancien que mes propos) à savoir qu’il ne serait pas idiot de taxer plus les très riches ou les très hauts revenus que les imbéciles comme toi et moi et surtout qu’il relevait de la folie furieuse d’augmenter le temps de travail des actifs tant qu’il y avait autant de personnes privées d’emploi, notamment chez les moins de 25 ans et les plus de 55.

Il allait même plus loin que moi dans les reproches, notamment en expliquant que le plan était du pipi de chat car certaines annoncent n’étaient pas durables (on ne va pas enchainer les années blanches).

De mémoire…

 

En effet, je voulais vous retrouver la vidéo, vous la présenter et pousser mes commentaires. J’ai échoué. Introuvable sur le compte TikTok du lascar (et j’ai atteint mon seuil d’incompétence pour la recherche de vidéos…).

Par contre, au cours de cette recherche, j’ai eu l’occasion d’écouter plusieurs interviews de Villepin. Je reste opposé à ce qu’il dit au sujet du conflit israélo-palestinien mais il tient des propos sur la place que devrait avoir la France dans monde qui ne sont pas inintéressants.

 

Dans l’une d’elle, le journaliste lui demandait s’il était de droite ou de gauche. Il a hésité assez longtemps puis a répondu qu’il était gaulliste et, en gros, qu’il ne savait pas si on pouvait qualifier le général comme un homme de droite ou de gauche, mettant en avant certaines décisions, comme au lendemain de la guerre, qu’il a prises. Evidemment, nous sommes dans un pays où la plupart des hommes politiques de droite se revendiquent du gaullisme tout en ayant que des positions sécuritaires, opposées à l’immigration et favorables aux plus riches.

Je connais cependant peu de militants encartés chez LR aujourd’hui mais j’y ai un excellent ami (il se reconnaitra, il est blogueur) et force est de constater que nous sommes à peu près en phase sur la plupart des sujets et je me suis souvent demander ce qui nous différenciait…

Le facétieux pourra rétorquer que je suis moi-même de droite mais je vais répondre assez rapidement comme j’avais fait un billet, récemment, pour me demander si LFI était vraiment de gauche. J’étais parti d’un discours de Mathilde Panot, repris par de nombreux collègues à elle, au cours duquel elle défendait les chauffeurs de taxi. A contrario, j’ai fait aussi, récemment, un billet pour approuver certains propos de LFI au sujet de la sécurité (même si je regrette leurs éternelles attaques contre les forces de l’ordre). Enfin, la gauche radicale protestait récemment contre la tenue d'un concert essentiellement parce que le chanteur était juif... Ce n'est pas joli joli vu de gauche.

On peut traiter le sujet dans tous les sens. Par exemple, notre bon peuple de gauche a commencé à gueuler, récemment, à propos des 211 milliards d’aide aux entreprises (sans entrer dans le détail alors que j’aurais vu avec un bon œil plus de pragmatisme). On est d’accord que tout le pognon qui finit reversé aux actionnaires doit être banni mais de là à prétendre que l’Etat ne doit plus se positionner dans la politique des entreprises française, il y a un pas…

 

Par ailleurs, la gauche assimile souvent la droite au libéralisme (alors que, dans certains pays, c’est l’inverse) alors que la droite française est généralement tout sauf libérale ! Elle favorise le capitalisme financier mais de vrais libéraux ne s’attendent pas à une aide d’Etat, par définition ! La droite française défend des professions dites libérales qui n’ont de libérales que le nom puisqu’elles vivent grâce à une forte réglementation (les taxis), des monopoles publics (les notaires, voire des financements publics (les médecins).

Le doute m’habite !

 


Mais le fait que j’étais d’accord sur les commentaires suite aux annonces de Bayrou avec ceux de François Hollande (j'en parlais récemment), de la « représentante » de Raphaël Glucksmann (je n’en ai pas parlé dans le blog) et de Dominique de Villepin.

Ainsi, ce dernier ne serait « ni de droite ni de gauche » comme le prétendait Emmanuel Macron en 2017 tout en menant, par la suite, une politique surtout « ni de gauche ni de gauche ». Cela tout comme les exemples que je citais en début de billet me donne de gros doutes sur les orientations de l’ancien premier ministre de Jacques Chirac mais comme je suis en opposition absolue avec certaines positions de la gauche radical en France, je me retrouve assez mal avancé !

J’ai aussi écouté ce que disais Villepin sur la loi Duplomb. Nous avons un tas de militants de gauche qui se réjouissent du succès de la pétition lancée sur le site de l’Assemblée nationale mais je ne sais pas s’ils se rendent compte que la seule conséquence pourrait être que le bureau de l’AN soit obligé de la nécessité d’organiser un débat sans revote de la loi ! Autant pisser dans un violon… C’était un peu le thème de différents billets que j’ai fait ici : les prises de position des militants de la gauche en générale sur l’environnement ne vont pas dans le sens de sa protection.

Au moins, Villepin était un des artisans de l’inscription de la charte de l’environnement (le fameux principe de précaution) dans la Constitution. Qui revient aussi à pisser dans un violon mais au moins est opposable devant le Conseil Constitutionnel.

 

J’en suis à un stade où je me demande si Dominique de Villepin ne serait pas le meilleur candidat pour la droite ce qui me navre par ailleurs vu que ça rentre en conflit avec les positions de centre gauche.

Tant pis. S'il nous faut parier sur le moins cinglé des candidats... 

19 juillet 2025

L'économie et les comparaisons internationales

 


En cette période de débats budgétaires, les comparaisons de la France avec autres pays vont bon train et on lit souvent n’importe quoi ! Et je ne parle pas seulement du fait que le nombre de jours fériés, en France, est inférieur à la moyenne européenne.


Premier élément : on nous dit souvent que les Français travaillent moins chaque année, en moyenne, que les autres (cent heures que les Allemands, par exemple). C’est la stricte vérité mais il s’agit d’une moyenne. Les Allemands ont plus de temps partiels, notamment pour les femmes mais le temps de travail des salariés n’est pas franchement différent. La différence porte sur le fait qu’il y a plus de salariés en Allemagne qu’en France (en proportion de la population) à cause du fort taux de chômage des jeunes et des « séniors ».

La solution pour que le nombre d’heures de travail par gugusse soit équivalent entre les deux pays n’est certainement pas de faire travailler plus chaque actif mais de remettre au travail ce qui sont exclus du monde du travail. Les propositions de François Bayrou ne vont pas dans ce sens.

Les coupes sur le RSA comme sur le chômage proposées par certains ne vont certainement pas favoriser l’emploi des « exclus » mais les précariser encore plus. Elles auront par contre l’effet de pousser « hors du chemin » ceux en âge de travailler, avec la capacité de se former, de changer de métier…

 

Deuxième élément : on nous dit souvent que la France est la championne des dépenses sociales et donc des prélèvements obligatoires. On peut concevoir que les libéraux ne soient pas contents mais, pour être objectif, il faudrait regarder dans le détail ces éléments : par exemple, si les « étrangers » paient plus des sociétés privées (assurance, fond de pension…) que les Français, il est fort probable que les dépenses réelles par individus (cotisations obligatoires dans la sphère publique augmentée par les cotisations dans des organismes privés) soient à peu près du même niveau.

Et, en fin de compte, regardons la qualité de résultat (le niveau de vie des retraités, la qualité des soins… jusqu’à l’espérance de vie).

 

Troisième élément : on nous dit souvent qu’on ne peut pas taxer plus les revenus du capital car les riches pourraient fuir notre pays. La vérité est que la France est le pays où il y a le plus d’écart entre la taxation des revenus du travail et ceux du capital. Si, effectivement, la France taxe plus les hauts revenus, la priorité est de toute évidence de rééquilibrer l’imposition… (donc de supprimer la flattax).

 

Quatrième élément : on nous dit souvent (comme cette andouille) qu’il faut revenir sur les 35 heures, sans même se rendre compte, d’une part, que le temps de travail de chaque salarié est en moyenne supérieure à ce 35 et, d’autre part, qu’il n’est pas interdit d’en faire encore plus (d’autant que les heures supplémentaires sont défiscalisées ce qui est par ailleurs complètement crétin). Ainsi, le nombre d’heures de travail des salariés français est exactement à la moyenne de ce qui se pratique dans l’OCDE (et, en passant, supérieur à celui des salariés allemands).

 

Il est ainsi facile de pointer du droit notre pays quand on veut foutre en l’air nos acquis. Par exemple, pour l’âge de la retraite, on nous sortait des comparaisons avec nos voisins mais on en revient toujours au même : il faudrait étudier le temps de travail des salariés (et des chômeurs…) entre 55 et 60 ans plutôt que de vouloir foutre au boulot ceux de 65.

 

Un peu de sérieux !

18 juillet 2025

LFI en dent de scie

 


Malgré mon air con, je suis souvent d’accord avec la gauche radicale. Par exemple, mon avis sur le plan Bayrou est proche du leur. J’ai défendu dans ce blog la taxe Zucman, par exemple, tout comme la fin de la flattax et la nécessité de prendre du pognon où il est ! Exprimé comme ça, ça a même une connotation gauchiste mais il faut creuser un peu. La taxe Zucman, par exemple, consiste à taxer de 2% le patrimoine des lascars qui ont plus de 100 millions. Excusez du peu. On peut écouter les critiques « de la droite » (genre : « ah mon dieu bordel ça va faire fuir le pognon ») mais la vérité est que le 100 millions vont rapporter beaucoup plus que les 2% en question aux heureux propriétaires (augmentation de la valeur des actions, dividendes…).

Ce n’est pas du gauchisme mais des mathématiques et je suis ouvert à toute discussion. Effectivement, la taxe Zucman serait moins justifiée par mon calcul si le revenu des capitaux était plus taxés suite à la suppression de la flattax.

 


Pour d’autres sujets, je suis plus modéré ! Par exemple, on a beaucoup parlé des 211 milliards d’aide public aux entreprises mais il faut arrêter de faire croire que l’on pourrait tout récupérer car tout est inutile. Soyons objectifs : mettons des contrôles, des conditions et un… objectif : récupérer 20%, ce qui nous donnerait d’ailleurs les 40 milliards réclamés par Bayrou… et correspond aux exonérations de charges, en gros, accordées depuis 2017.

Je vous invite à lire ce qu’a dit François Hollande récemment. Je ne regrette pas d’avoir soutenu ce gars-là…

 


Si je suis souvent d’accord avec la gauche radicale, dont LFI, il y a des sujets qui me sortent par les trous de nez. Par exemple, la justice a annoncé la prochaine libération de Georges Ibrahim Abdallah. Si je n’en avais pas rien à cirer, je m’en réjouirais ! Le type a passé 40 ans en taule et quels ques soient les crimes qu’il ait pu commettre, c’est bien assez ! Par contre, la gauche radicale (dont Marine Tondelier), le présente comme un prisonnier politique alors que c’est surtout un terroriste (mais on sait que la gauche radicale en question a du mal à reconnaitre les actes de terrorisme…).

Ils vont jusqu’à développer un argumentaire foireux (du genre le type était libérable depuis 1999 – alors que ce n’est que la date à partir de laquelle il aurait pu demander à sortir avant la fin de sa perpétuité, si je puis dire – et que la justice française est à la solde des Etats-Unis). Tout cela est intolérable mais je n’ai pas envie de débattre sur le fond (un tel débat étant forcément stérile et des avocats de renom se sont déjà écharpés sur le sujet). Par contre, c’est une grosse erreur de communication. D’une part, la « gauche républicaine » dont je me sens proche comme des millions de gens ne peux pas tolérer ce genre de confusion et les attaques contre la justice (d’autant que c’est bien la justice qui a décidé de la libération). On perd des électeurs. D’autre part, dans ce genre de conflit, les gens prennent toujours parti pour les attaqués (en l’occurrence : la République et nos institutions judiciaires). C’est inconscient mais on ne supporte pas l’agressivité : c’est un peu la base de la communication politique, pourtant. La gauche radicale aurait pu oublier cette histoire ou se contenter de saluer une décision de justice humaine et multiplier les propositions au sujet du budget afin de représenter une alternative crédible : pas besoin de geler les pensions alors qu’une soixantaine de milliards, au moins, pourraient être récupérer par les mesures que j’ai évoquées plus haut.

 

Je conçois que l’extrême gauche ait du mal à admettre que le pays ait été mieux gérer sous Hollande.

 


Mais elle préfère multiplier les âneries. Mathilde Panot a annoncé déposer un projet de loi contre les autoroutes à flux libre. Ca part sans doute d’un bon sentiment mais cela revient à lutter contre le progrès technologique qui nous permet d’éviter des galères (comme l’attente à des aires de péage, avec l’énervement et la consommation de carburant, les risques d’accrochages et toutes les calamités qui vont avec). On ne lutte pas contre le progrès tout comme on ne nage pas contre le courant.

Il y a sûrement des mesures à prendre, comme l’augmentation des délais, les baisses des amendes… mais aussi une meilleure information, l’obligation pour les sociétés d’autoroute de développer une application commune pour smartphone pour faciliter les paiements (une notification quand il faut payer voire le paiement automatique) et de mettre en œuvre un traitement particulier pour les 20% des clients qui auraient oublié d’installer l’appli ou de la coupler avec l’immatriculation de la voiture et pour les 5% qui seraient « exclus » du numériques et ne comprendraient pas qu’on peut aller vérifier ce que l’on doit dans un bureau de tabac. Ou imposer la fourniture des coordonnées bancaires lors de l’immatriculation d’un véhicule afin, uniquement, de payer les péages divers.

 


Non ! LFI préfère une loi qui interdit aux gens de ne pas ralentir pour passer des péages. C’est fort, non ?

En marge, on regrette souvent la privatisation des autoroutes. On peut rappeler que Villepin, nouveau candidat idole des foules, en est responsable et donc partiellement coupable de l’augmentation du tarif des péages (ce qui prête tout de même à rire quand on lutte contre l’utilisation des bagnoles). Mathilde Panot a confondu : elle explique qu’elle voudrait la renationalisation des autoroutes.

Moi aussi d’ailleurs, mais je ne vais pas communiquer sur une mesure dont j’ignore le coût surtout dans une semaine où tout le monde déblatère au sujet du budget de l’Etat.  

17 juillet 2025

Des sabots pour Bayrou

 


En cherchant à comprendre les annonces de François Bayrou, hier, j’ai eu l’impression d’un voyage dans le passé ! Le fait que le premier ministre est à peu près le type que l’on connait depuis le plus longtemps dans le paysage politique (pensez donc, il était ministre avant la première élection de Jacques Chirac à la présidence de la République) n’y est pas pour rien mais on a surtout l’impression qu’il nous a ressorti des vieilles recettes qui n’ont jamais fonctionné comme la suppression de jours fériés ou le gel des revalorisations…

On a l’impression que la première a été pondue pour qu’on n’évoque pas le reste et, effectivement, il faut un peu le chercher. Dans les critiques formulées par la gauche, personne ne parle, par exemple, des modifications pour les ALD…

 

Pour tout vous dire, si la résurrection de François Bayrou m’a rappelé la période entre 1993 et 1997, elle m’a remis en mémoire l’époque bénie des blogs de gauche, commencée vers 2006 ou 2007 avec, bien sûr, une apogée lors du quinquennat de Nicolas Sarkozy quand nous étions des dizaines à faire des billets pour critiquer sa politique. Pour la présidentielle de 2007, notre actuel premier ministre avait réussi à mettre la dette dans les principaux thèmes de campagne. Et aujourd’hui, nous en sommes là.

L’autre jour, il a parlé près deux heures (je crois, je n’ai pas regardé) en en consacrant une à nous expliquer ce qu’était la dette. Evidemment, beaucoup d’internautes, dans les réseaux sociaux ont accusé la gauche alors que fin 2017, les comptes publics étaient remis sur les rails mais ont lourdement chuté à partir du moment où le poulain de Bayrou est arrivé au pouvoir. Evidemment, il y a eu le Covid mais, tout de même, les décisions ont été mauvaises et notre budget a continué à se détériorer, ensuite, on nous parlait du fameux « ruissellement » mais on n’en a pas vu la couleur.

Entendre des leçons, maintenant, avec une politique mauvaise pour les plus démunis est assez insupportable.

 


La seule nostalgie que j’ai avec la quasi-disparition des blogs porte sur le fait que nous rigolions bien ! Pour le reste, on sait depuis longtemps maintenant qu’ils n’ont aucune influence ou presque au niveau de la politique (au sens où les argumentaires développés ne servaient qu’à convaincre les convaincus…). Avec les réseaux sociaux, on se retrouve à des pseudo-militants qui ont tendance à raconter n’importe quoi et on ne peut que lever les yeux aux ciels.

Par exemple, on a vu des types de gauche (sincères mais sans doute pas militants aguerris) approuver la suppression du caractère férié du lundi de Pâques aux prétexte (sic) que ce n’est pas justifié parce que l’histoire de notre nation n’est pas liée à la chrétienté. A contrario, des lascars critiquaient celle du 8 mai parce que c’est un moyen de célébrer notre victoire contre le nazisme (pourquoi pas ?) mais je parie que les zozos en question ne sont jamais allés à une cérémonie (c’est mon cas) et ont critiqué l’augmentation du budget de l’armée car les menaces n’existent pas.

Ont-ils les fils que se croisent ?

Pour ma part, je critique toutes les tentatives pour nous faire travailler plus alors qu’il y a encore plus de deux millions de chômeurs (au « sens du BIT ») : l’augmentation du temps de travail ne fera pas redémarrer l’économie et les avantages, pour le budget, sont dérisoires.

 

Les annonces de François Bayrou sont décevantes : elles ne sont que du bricolage (on ne va pas faire tous les ans une année blanche) et sont nocives pour les gens. On aurait pu s’attendre à des mesures fortes et ambitieuses. Elles auraient pu être digérées pendant l’été. François Bayrou serait passé pour un homme courageux. Là, on va vers une médiocre motion de censure qui ne changera pas grand-chose (la présidentielle sera l’année suivante) et sera surtout nocive pour l’opposition…

Des mesures ambitieuses ? On nous a parlé récemment de l’aide aux entreprises. N’aurait-on pas pu mettre à profit cette annonce pour agir vraiment ? Je ne parle pas d’une suppression des 200 milliards (et ne juge même pas des exonérations que je n’ai pas étudiées) mais d’un nettoyage, du suivi des recommandations du rapport sénatorial… On nous parle souvent du millefeuille territorial mais nous n’avons quasiment aucune action (ce qui n’a rien de surprenant : ce n’est pas lui qui fait exploser les coûts). On nous a parlé de la taxe Zucman mais n’aurait-elle pas été un bon moyen de compenser les ineptes baisses d’impôts accordées aux plus riches à partir de 2017 et qui expliquent en grande partie la merde dans laquelle nous sommes ? On nous parle parfois de la TVA dite sociale, certes injuste quand on voit ça de gauche, mais permettant de diminuer les charges des entreprises par la baisse des cotisations et permettant de taxer les produits importés ou achetés par les touristes.

 

Mais on nous sort les vieilles recettes semblant dater d’une autre période, comme le non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois partant à la retraite. Y compris pour  les enseignants, les policiers, les soignants ? On nous sort la suppression des agences inutiles. 

Lesquelles ?

Une nouvelle couche sur les arrêts maladie au prétexte que 50% des contrôles montrent que les arrêts sont inutiles laissant entendre que la moitié des arrêts sont de la fraude (alors que les chiffres ne portent sur des contrôles, contrôles déclenchés seulement quand il y a un doute).

On nous balance une loi contre les fraudes sociales et fiscales… Mais qu’a-t-on fait depuis des années ?

On évoque une contribution des plus fortunés (comme le dit le billet de l’ami Politeeks que je cite en début de billet) mais en laissant le contenu au bon vouloir des parlementaires participant aux négociations…

Ah ! Une nouvelle réforme de l’assurance chômage… Une allocation sociale unifiée… Une taxe sur les petits colis ? Et comment je fais mes courses, en Centre Bretagne sans voiture ? Qui va la payer ? Ceux qui achètent par internet parce qu’ils n’ont pas les moyens de passer par des vraies boutiques ?

 


Je ne suis pas « revendicatif en mode gauchiste ». Je pense simplement que la montagne a accouché d’une souris comme disait Jeannot. Que Bayrou a loupé le coche. Il annonce des débats, des travaux de fond en oubliant qu’on est en fin de mandat. Il aurait fallu frapper fort. Il ne l’a pas fait. 


Gageons qu'on reparlera encore de la dette dans vingt ans sans analyser les mesures qui ont pu nous sortir la tête de l'eau et en nous expliquant qu'il faut travailler plus et supprimer le RSA pour les étrangers qui n'ont pas cotisé pendant 45 ans.


13 juillet 2025

Trop d'environnement ?

 


Cette semaine, dans l’actualité, nous avons eu un rapport de l’Insee qui montre la « sous-occupation » d’une partie importante des logements (j’en ai fait un billet et je rappelle ici que cela n’est qu’une étude, pas une proposition politique, même Ian Brossat a dit qu’il fallait se méfier des conclusions idiotes…). Nous avons eu, évidemment, le vote de la loi Duplomb prenant en compte beaucoup de mesure visiblement contre l’environnement (les députés de gauche ont saisi le Conseil Constitutionnel). On a aussi la reprise des travaux de l’A69. Pour en finir (du moins avec mon introduction…), « Dans une évaluation très précise, la Commission européenne estime que [la France] accuse un déficit de plusieurs dizaines de milliards d’euros, ce qui l’éloigne des objectifs fixés par l’UE [en matière d’environnement]. »

Le moins qu’on puisse dire est que les sujets liés à l’écologie savent nous occuper.

Remarque ! Pendant ce temps, on a le Rassemblement National qui communique sur « le système » qui s’en prend au parti et La France Insoumise qui se prépare à participer à un nouveau raid sur Gaza… On s’occupe comme on peut mais on doit arrêter de s’étonner de la montée de la droite populiste dans les élections.

 


Dans l’actualité, nous avons aussi le président qui va annoncer des mesures coûteuses pour la défense. D’un autre côté, puisque c’est une semaine où l’on parle de budget, en plus de l’environnement, l’OFCE confirme ce que nous pensions, à savoir que la baisse des prélèvements obligatoires depuis 2017 est responsable de la hausse du déficit public en France. Pendant ce temps, les zozos qui se prennent pour des libéraux pointent du doigt notre taux de prélèvements obligatoires élevé par rapport aux autres pays sans signaler ce qu’il y a derrière (des retraites, une santé gratuite… alors que dans beaucoup d’autre pays, il faut passer par le secteur privé). Je fais vite, ce n’est pas le sujet de mon billet mais ils commencent à me les brouter en torpillant une analyse pour torpiller des services publics !

Remarque ! La gauche est assez forte pour torpiller elle-même les services publics car quand on lui demande ce qu’elle voudrait faire, elle ne fait parler que de relancer les petites lignes de train dont personne ne veut (j’en ai aussi fait un billet récemment).

 


Hier, à propos de la loi Duplomb, je me suis engueulé avec un lascar dans Threads (à l’origine au sujet d’une erreur d’analyse qu’il avait faite mais ça a dégénéré) et il a fini par me dire que la démocratie était en danger car les députés ne votaient pas pour l’intérêt du peuple. Je suis contre cette loi (je vais y revenir) mais on peut imaginer que des gens pensent que c’est bon de faire des bassines pour retenir l’eau pour favoriser « une » agriculture ou de reprendre l’usage d’insecticides à moitié louches. Que vaut-il mieux ? Nourrir la population en développant les productions locales ou sauver la planète tous seuls dans notre coin ? Je me demande comment un type peut arriver à dire que notre démocratie est en danger car le parlement ne prend pas en compte les choix de ce type…  

On frise la folie et c’est délirant de voir un militant politique qui s’imagine qu’on ne pense pas tous à ce qui serait mieux pour le peuple…

 


A propos de cette loi, j’ai cité deux points. Les insecticides : je me dis bien que c’est dangereux pour la santé d’avoir des produits chimiques qui titillent nos naseaux et nos éponges. Je me dis aussi, comme tout le monde, que beaucoup d’insectes ont disparu et que ça ne va pas dans le bon sens. Les bassines : je trouve évidemment délirant de stocker de l’eau en plein air, là où elle peut s’évaporer, pour limiter les risques en cas de sécheresse. On joue tout de même un peu trop aux apprentis sorciers…

Je suis contre cette loi car elle traite beaucoup de sujets qui n’ont rien à voir entre eux ou qui ne devraient pas être l’objet de discussion au parlement (depuis quand les députés vont savoir qu’une substance est ou n’est pas cancérigène ?), car tout cela me semble suspect, car tout semble bon, de nos jours, pour revenir sur des progrès faits en matière d’environnement et j’en passe. Il n’empêche que je reconnais que je n’ai pas les compétences scientifiques pour étudier le tout et que je n’ai pas vu d’études contradictoires exposant chacun des points avec les points de vue de toutes les parties (les défenseurs de l’environnement, les lobbies liés à l’agriculture intensive, les scientifiques indépendants, les militants politiques de tout bord et les élus).

 


Il n’empêche aussi que j’ai assez peu confiance dans les militants écolos (je me rappelle du débat au sujet de Notre-Dame-des-Landes, je n’ai pas vu beaucoup de militants étudier des aspects positifs. Par exemple, le fait de n’avoir qu’un seul vrai aéroport entre Nantes et Rennes allait faire diminuer le nombre de petits avions au départ de ces bleds… J’ai vu des mensonges réels : je me rappelle un repas à la cantine où des collègues venues de Nantes me disaient qu’elles aller voter contre car on leur avait dit que l’aéroport allait provoquer l’assèchement des marais en « Petite Brière » !

En outre, à peu près 100% des militants ouvertement écolos de ma connaissance vivent sans respecter ce qu’ils préconisent. C’est à peu près évident si on analyse bien. Un type qui vit à la campagne dans une maison « qui ne dépense pas d’énergie » participe à l’étalement urbain (s’il était écolo, il vivrait dans un appartement en ville) et passe une partie de sa vie en bagnole pour amener ses gamins à l’école…

 


Vous allez me dire que je traite beaucoup de sujets dans le même billet et je sais que vous n’aimez pas ça. Vous aller me dire que je n’en traite aucun à fond mais c’est justement ce que je veux dire : à force de tout traiter par-dessus la jambe, on finit par ne plus rien étudier sérieusement.

Je parlais en introduction de l’Europe qui nous reprochait de ne pas assez investir pour l’environnement mais, d’un autre côté, on nous explique qu’on est parmi les meilleurs élèves en matière d’émission de CO2 et qu’avec nos centrales nucléaires, on allait pouvoir sauver les pays voisins. Vous ne croyez pas que ça commence à bien faire ? Quel que soit le point de vue ! Tenez, comment une représentation du peuple peut autoriser l’utilisation de produits dangereux pour la population ? Mais pourquoi n’ai-je pas vu de lien vers des études scientifiques le prouvant ?

 


Chirac avait sorti « la maison brûle » ! Sarkozy, au contraire, avait dit quelque chose comme « l’environnement ça commence à bien faire ». Vous ne croyez pas que tous les écolos qui font n’importe quoi vont lui donner raison ? On nous a dit : arrêtez les véhicules essence et prenez des diésels puis les diésels émettent des microparticules prenez donc des électriques mais revenez maintenant à l’essence car produire des batteries est nocif.

Vous allez me dire que je résume et schématise.

Ben oui. Comme je résumais une semaine d’articles de presse en début de billet.

11 juillet 2025

Sous-occupation accentuée

 


Hier, je suis tombé sur un article qui reprenait une récente étude de l’Insee : « Un quart des ménages vivent dans une résidence principale considérée en sous‑occupation très accentuée. Il s’agit le plus souvent de maisons individuelles occupées depuis longtemps par des propriétaires âgés n’ayant plus d’enfants à leur domicile. Le taux de sous‑occupation très accentuée atteint 41 % pour les maisons individuelles.

Il varie beaucoup au sein du territoire national, en lien en particulier avec la part plus ou moins élevée de grands logements. La Bretagne est la région la plus concernée par la sous‑occupation ; cette dernière est moins fréquente en Île-de-France, en PACA, en Corse et dans les départements d’outre-mer. Le phénomène est plus prégnant dans les couronnes des aires d’attraction des villes que dans les pôles.

La sous‑occupation très accentuée augmente depuis vingt ans avec le vieillissement de la population. Les habitants des logements sous-occupés sont le plus souvent satisfaits de leurs conditions de logement et seulement une minorité d’entre eux considère son logement comme trop grand. Ils souhaitent très rarement déménager. »

 

Tout en relativisant (ce n’est qu’une étude ; c’est le boulot de l’Insee d’en faire ; il ne s’agit pas d’un projet politique ni même d’un rapport impliquant des actions), j’ai été interloqué. En effet, j’occupe moi-même deux logements (je prépare ma retraite…) dont un bien trop grand pour moi (en plus de ma chambre, de la cuisine et d’un grand séjour, j’ai une pièce qui me sert de bureau pour le télétravail et trois chambres d’amis). Beaucoup de gens de ma connaissance sont dans le même cas, comme certains de mes voisins et je me demande pourquoi la Bretagne serait particulière !

Les explications sont nombreuses comme celle fournie par l’Insee dans sa présentation (les enfants qui ont quitté le domicile familial). Dans mon quartier, il y a un autre phénomène : les maisons étaient effectivement occupées par des familles mais quand les parents ont dépassé les dates de péremption, elles ont été rachetées par des jeunes retraitées qui ne voulaient plus vivre dans les petits bourgs voisins. Un cours de l’immobilier assez bas a renforcé ce phénomène et « les familles » ont souvent préféré habiter des logements un peu excentrés mais plus adaptés aux normes actuelles. Cela étant, ça n’est qu’un ressenti personnel et je n’ai aucune donnée statistique pour l’étayer.

En outre, certains statistiques sont à étudier avec prudence. Par exemple, mon département (les Côtes d’Armor) est le deuxième, en France, le plus concerné par le sujet mais il semble que le problème concerne plus les côtes que le sud. Les conclusions que je peux tirer de mon propre cas sont donc sans intérêt. Par ailleurs, le phénomène est moindre à Paris mais la situation du logement est plus préoccupante.

Je vous invite à lire l’étude complète (pdf, court mais assez indigeste).

 


Ce matin, j’ai vu dans un article que la droite était entrée en plein délire en découvrant cette étude. Marine Le Pen est allée jusqu’à comparer la France d’aujourd’hui à l’URSS où les logements étaient contrôlés, voir attribués selon la taille des ménages. Elle semblait prétendre qu’il fallait s’attendre à de nouvelles lois, obligeant les gens à cohabiter voire, horreur !, à accueillir des migrants !

Je vous invite maintenant à lire l’article pour voir le complotisme qui se range au fond de nos partis populistes de droite qui tendent à faire croire que les fonctionnaires gauchistes de l’Insee vont définir des normes d’occupation et que les communistes qui nous gouvernent nous préparent à un sombre avenir. Du pur complotisme !

C’est dommage que seul un blog politique de seconde zone dénonce ces abrutis qui feraient mieux de réfléchir à leurs ennuis judiciaires plutôt que de déclencher des contrefeux pour appuyer leurs argumentations (« le système est contre nous »).


 

L’étude de l’Insee ne comporte aucun jugement moral. Chacun a des raisons pour avoir ou conserver une maison bien trop grande. Par exemple, ma mère tous ses enfants pendant les fêtes de Noël et, une fois qu’elle est entrée en maison de retraite, elle gardait, avec sa barraque, un point de chute pour les visiteurs (dont son plus gros fils de retour à la maison pour se saouler la gueule avec ses copains d’enfance). Ma vieille voisine a pu héberger ses petits enfants pour leur éviter d’aller en pension quand ils étaient au lycée. J'ai une grande maison (mais je vais quitter le statut de "sous occupation accentuée" vu que je vais transformer une chambre en salle de bain) et je peux y recevoir les gens que j'ai envie de recevoir.

Il n’empêche que ruer dans les brancards empêche d’ouvrir des débats sur le modèle de société que nous voulons. Par exemple, en région Parisienne, on continue à créer des lotissements en lointaine périphérie parce que des gens souhaitent habiter en pavillon (je ne les blâme pas même si je trouve complètement cela complètement con à cause des contraintes, du temps de transport…) ce qui génère tous les problèmes environnementaux liés à l’étalement urbain, l’augmentation des trajets en voiture, l’emprise sur des terres agricoles ou des forêts et autres savanes bien connues dans nos bocages parisiens.  Le tout pour des maisons qui ne seront occupées « à pleine charge » que pendant une vingtaine d’années et que les darons ne voudront jamais quitter pour différentes raisons et qui finiront fatalement en « sous-occupation »…

 

Soyez assurés que je ne veux rien imposer à personne mais les débats doivent être ouverts. Les notes statistiques sont un des éléments qui doivent y participer mais ne sont pas là pour lancer des polémiques débiles !

Ne prenons que des arguments sérieux : la diminution de la densité de la population diminue le nombre de bistros à proximité et on est obligés de prendre sa voiture pour aller prendre des cuites. Chez moi, je pourrais héberger deux couples d’ivrognes.

09 juillet 2025

C'est maintenant qu'on doit réduire les déficits (avec du nini inside)

 

 POLITIQUE. Larcher: « Le pastoralisme est menacé par une surdensité du loup  »

Je vais lancer un appel à l’union nationale pour sauver notre économie. « Hé ho, les gars, arrêtez de déconner ». Voila, c’est fait.

On nous dit que François Bayrou va nous faire des annonces. Les sénateurs de droite ont présenté lundi soir des pistes d’économie au premier ministre. Il s’agit de propositions qui ont souvent déjà été mises en œuvre, par le passé, comme le très sarkozyen « non remplacement d’un fonctionnaire sur deux » qui, par ailleurs, propose une solution bêtement mathématique sans relation avec la vraie économie et l’utilité même ses charges supprimées ! Ces bricolages n’avaient pas fonctionné.

Ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite et qui vaut à baisser le nombre d’employés dans les hostos, les écoles, les commissariats… et on ne peut pas vraiment dire que c’est ce dont nous avons besoin. Par ailleurs, qu’on soit de droite ou de gauche, on ne doit pas oublier que le pognon dépensé par l’Etat dans la plupart des domaines vont dans la poche de nos concitoyens qui le dépensent dans nos commerces, nos industries…

Une rigueur, telle qu’annoncée, au prétexte de diminuer les déficits publics, ne peut qu’aboutir à une catastrophe pour l’économie et on a l’impression d’avoir des débutants aux commandes. Ce n’est pas pour autant que l’on doit laisser filer la dette ! Quand ceux qui nous prêtent du pognon augmenteront les taux ou mettront le holà, une autre catastrophe risque de se produire…

On n’a pas le cul sorti des ronces.

 

Pour se faire élire, en 2017, Emmanuel Macron avait sorti le « et de gauche et de droite ». On sait maintenant qu’il a surtout appliqué le « et de droite » et ce dès ses premiers budgets, la mise en œuvre de la flattax en est le bon exemple, surtout qu’il revenait sur un principe mis en œuvre par la gauche auparavant visant à taxer autant les revenus du capital que de ceux du travail, et qui, à défaut de faire ses preuves dans la mesure où on ne peut pas le prouver, avait été mise en œuvre dans une phase de rétablissement des comptes publics.Retraites : Sans surprise, François Bayrou échappe à la motion de censure  du PS

D’ailleurs, ne l’oublions pas, nos déficits se sont bien réduits lors des deux dernières périodes avec la gauche au pouvoir. Je ne veux pas en faire de théorie pour ne pas avoir de débats stériles : par exemple, le Sarko avait du jongler avec la crise des subprimes et Macron avec le covid. Il n’empêche que l’objectivité oblige à constater grâce à Google, et je vous ferai la grâce de courbes, que le déficit a commencé à croitre, pour la dernière fois, en 2018 et 2019, avant même le Covid.

Et paf !

D’un autre côté, la dernière fois où l’économie a été en amélioration notable, c’était pendant le quinquennat d’Hollande, quand il a mené des politiques qui étaient qualifiées de droite par toute la gauche : le CICE, le pacte machin… A savoir des actions pour renforcer la compétitivité des entreprises avec en particulier une baisse des « charges pesant sur le travail ». A gauche, on aime bien critiquer ce genre de mesure qu’on va appeler une « baisse du salaire différé » parce qu’on ne cherche surtout à économiser sur les slogans.

Et parfois, on manque de mesure. Je me rappelle avoir vu Mélenchon justifier le programme de son parti en disant que les dépenses supplémentaires, comme la hausse du SMIC, allaient automatiquement être dépensée dans l’économie et permettre le rétablissement de nos comptes. Au fond, c’est une forme de ruissellement, non, tel que le machin qui fut cher à Macron et nous a poussé au bord du gouffre. On aime bien à gauche dire que les baisses des cotisations vont directement dans les poches des patrons et tout ça.

Tout n’est pas nécessairement faux ! Après, il faut de la mesure et des compensations. Par exemple, on peut augmenter la compétitivité des entreprises produisant en France pour les aider face aux méchants concurrents étrangers et le compenser par une augmentation de la taxation des bénéfices ou des dividendes… On ne peut pas, non plus, critiquer l’augmentation de la TVA (donc une imposition de tous les consommateurs et par nature inégale), en oubliant que la TVA pèse aussi sur les produits importés, donc que la mesure va dans le sens de l’augmentation de la compétitivité des entreprises françaises.

Tout cela est bien compliqué et il va nous falloir une certaine dose d’aspirine pour délayer le tout sans que les vieux slogans surgissent de la gauche et de la droite.

 

Il y a un tas d’autres facteurs qui entrent en jeu mais je parlais hier, toujours par exemple, des inégalités qui ont bien grimpé en France depuis vingt ans. En revanche, je n’ai jamais fait de billet explicitement pour parler des inégalités et surtout du seuil de pauvreté. Il y a trop d’éléments de calcul à prendre en compte. Par exemple, on pourrait avoir moins de gens qui vivent « sous le seuil » mais s’ils n’ont pas l’école pour éduquer les enfants ou d’hôpitaux pour se soigner ils auraient sans doute préféré qu’on pisse dans un violon.

Toujours est-il qu’il nous faut rééquilibrer tout ça : diminuer le nombre de pue-la-sueur par rapport à celui des opulents trop gras, améliorer les services publics utiles à tous, faire en sorte que nos entreprises fonctionnent bien, par la « consommation interne » mais aussi par rapport aux productions des étrangers avec du poil dans le nez.

Et réduire la quadrature du cercle avec des difficultés qu’on nous rajoute en permanence, même si elles sont ubuesques, comme la nécessité d’augmenter les dépenses des armées, comme si on n’avait que ça à foutre du pognon.

D’un autre côté, notre industrie de l’armement est très prospère et on serait bien cons de ne pas en profiter. Quand je vois des hurluberlus qui gueulent quand on vend des armes à Israël, je rigole. On ne va pas se refaire le budget grâce à la probité et Israël pourra toujours acheter des armes dans d’autres bleds…

 

Résumons : on veut nous faire entrer dans une période de rigueur qui va s’autosuffire pour détruire notre économie et il va falloir arrêter de jouer de cons. Il faut aussi penser au redressement de l’économie qui permettra la création d’emplois et tout ce qui sera nécessaire au moins pour que je puisse payer mes bières quand je serai à la retraite.

Il faut notamment améliorer la compétitivité de nos entreprises ce qui ne pourra se faire autrement que par une baisse des charges sur le travail et, n’en déplaise aux militants politiques de tous bords, on peut aussi compenser par l’augmentation de la TVA et de l’imposition de ce qui va ou est dans la poche de ceux qui ont le plus de pognon.

Amen.

 

08 juillet 2025

Apprenons à parler des droits de succession


 

Hier, je suis tombé sur une vidéo qui parlait des droits de succession. Sous la forme d’un dessin animée, elle se voulait drôle mais elle manquait totalement d’objectivité ! Elle mettait en scène deux personnages, un héritier et un notaire. Ce dernier annonçait que l’autre allait hériter d’une demeure d’une valeur de 600 000 euros mais aller devoir s’acquitter de 110 000 euros de droits de succession. Le zozo n’avait pas assez de liquidité et allait devoir vendre la maison pour payer ! Et la majeure partie du clip était orientés vers l’Etat spoliateur, l’Etat qui allait l’empêcher de bénéficier de sa succession.

Or, la vérité est que le gars allait gagner, en fait, 490 000 euros ! On comprend bien ce qu’ils veulent dire et on imagine le problème (je vais y revenir) mais les propos sont tout simplement mensongers.

Si on en croit Google (« Au cours de leur vie, 50% des Français auront hérité de moins de 70.000 de patrimoine, alors que 10% des Français hériteront de plus de 500.000 euros. Les 1% d'héritiers les mieux lotis d'une génération recevront même 4,2 millions d'euros en moyenne et les 0,1% environ 13 millions d'euros. »), notre héritier se trouve donc dans les 10% des plus riches héritiers ! Faire pleurer le zozo dans les réseaux sociaux est pour le moins malhonnête…

 

Revenons à notre gogo qui va « perdre » un bien familial (mais va quand même récupérer beaucoup d’oseille). Sans être médisant, s’il n’a pas les moyens de récupérer 110 000 balles pour s’acquitter de ce qu’il doit (je ne suis pas méchant mais s’il présente un dossier à son banquier, il aura un prêt sauf s’il a de petits revenus auquel cas il devrait d’ailleurs préférer les 490 000 boules), il est probable qu’il n’arrivera pas à payer l’entretien de la maison !

Par ailleurs, regardez autour de vous, vos relations ? Quel est le pourcentage des vos connaissances qui vivent dans un bien de famille (ne serait-ce que pour les vacances) ou qui soient désireux, réellement, de les garder après la mort des parents ? Parmi ceux qui auraient voulu garde les biens pour les occuper, combien ont été obligés de le vendre pour payer les droits ?

En d’autres termes, la volonté de conserver des biens de familles est vraiment de la connerie. Venant moi-même d’hériter, je peux vous le confirmer : j’ai cherché des cas et, pour ma part, si je conserve la maison c’est pour y vivre quand j’aurais vendu mon appartement de la région parisienne une fois que je serai à la retraite…

Allez-y, chercher ! Pour ma part, parmi les copains de blogs, les collègues, les copains de la vraie vie… je connais quatre personne (dont ma sœur, mon frère et moi…) concernées !

Cet argument de spoliation pour les biens immobiliers ne tient donc pas… Et on pourrait faire la même démonstration pour les biens mobiliers.

 


De toutes manière, ça nous amène au problème des « paysans de l’ile de Ré » dont on parlait beaucoup il y a une vingtaine d’années : les lascars passant l’arme à gauche, les rejetons se retrouvent avec des terres qui, après évaluation pour la succession se trouve valoir la peau des roubignoles donc ils sont millionnaires donc imposables sur la succession (et potentiellement sur la fortune). Le problème est qu’ils ne souhaitent pas exploiter les terres en question et les récupérer comme un bien de famille, sauf au plaisir d’avoir un acte de propriété dans le tiroir. Ca ne tient pas la route.

Ainsi, il y a un impact émotionnel autour des droits de succession mais on n’est très loin de la vraie vie (on pourrait faire une concession : donner un délai de deux ans pour procéder au paiement au lieu des six mois actuels qui imposent de faire des ventes dans l’urgence).

 

Il y a d’autres arguments contre l’imposition des héritages mais on peut les balayer avec un ricanement méchant. Par exemple, il y a des gens qui disent que des gens doivent pouvoir léguer un capital à leurs enfants quand ils l’ont honnêtement gagné. Déjà, les morts ne donnent pas, ce sont les vivants qui récupèrent et ils n’ont rien mérité. En outre, je ne connais pas beaucoup de monde qui crée un véritable héritage à la sueur de leur front. Sans compter que, la plupart du temps, le pognon accumulé lors d’une carrière professionnelle sera dilapidé vite fait sur le gaz à partir de vingt ans après la retraite, d’une part dans l’entretien de la maison et d’autre part dans les factures d’Ehpad…

Nous sommes typiquement devant un faux problème.

 

N’oublions que les droits de succession sont calculés avec un abattement et une progressivité des taux : seuls les plus riches sont vraiment pénalisés.

 

D’ailleurs, la meilleure méthode pour s’enrichir est d’hériter, bien avant le travail ou les placements financiers sauf quelques génies qui montent des startups ou des pouffiasses qui vendent des cochonneries dans les réseaux sociaux. Ainsi, taxer les successions permet de mettre fin à un processus d’accumulation des richesses (le riche qui canne : hop ! On repartage une partie de ses biftons : quoi de plus juste ?).

En outre, on est dans une situation économique délicate. On sait qu’on va rentrer dans une phase d’austérité et qu’on va tous se prendre des coups sur la tronche pour limiter un déficit pour lequel on n’est pas pour grand-chose. Par ailleurs, la politique de Macron qui espérait le ruissellement a montré son échec : en 7 ans, les inégalités se sont creusées plus que jamais.

Il est temps de penser à démystifier le fait de prendre du pognon là où il est : dans la poche d’andouilles qui n’ont rien mérité mais dont les darons avaient mis un joli pécule devant eux…

C’est tout de même mieux que de diminuer les coûts des écoles ou de la santé ou d’augmenter les cotisations des plus démunis, non ?

 

Complément gratuit :

Dans son dernier billet, l’ami Politeeks parle de la TVA sociale et de la taxe Zucman. J’aime beaucoup la manière avec laquelle il présente cela. Il commence par une courte explication puis listes les avantages et les inconvénients sans parti pris et c’est après qu’il ouvre réellement le débat en donnant son avis sans, pour autant, forcer le lecteur à penser comme lui !

Pour ma part, il me semble que je suis parfois trop direct et que j’insiste sur la critique des contradicteurs… On ne se refait pas !