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20 février 2015

Difficile démocratie

Morceau de République
L’épisode du 49.3 a montré qu’on a un problème d’exercice démocratie en France. Certains expliquent que faire passer un texte avec le 49.3 est un déni de démocratie. Pour ma part, je pense que le premier ministre est nommé à un poste pour faire un job, ce n’est pas un déni de démocratie qu’il ait le droit de faire passer un texte par an pour faire le job s’il n’a pas de majorité pour le faire. Le plus drôle est que je dirais exactement le contraire si c’était la droite qui faisait ça.

C’était l’objet de mon billet d’hier : la droite a utilisé beaucoup moins souvent le 49.3 parce que les députés sont disciplinés, qu’à droite on suit le chef et tout ça. Je disais qu’ils étaient tenus par les couilles. A gauche, par contre, on aime bien les avis contraires, les discussions. Il est donc beaucoup plus difficile de trouver une majorité.

Ce qui ne sont pas d’accord avec la majorité sont souvent ceux qui prônent une Sixième République (et même si je parle souvent de Constitution parce que cela me passionne, je ne suis pas vraiment d’accord avec ce que j’ai pu lire sur « leur » ligne) mais il y a un hic : changer les institutions ne leur fera pas réunir une majorité. Si vous regardez le résultat des élections présidentielles, il est rare qu’un président élu recueille plus de 30% au premier tour et personne, depuis 1969, n’a fait plus de 50. Il faut donc que le président trouve cette majorité et fasse des compromis, des négociations,… D’ailleurs si les politiciens de gauche qui se retrouve derrière cette nouvelle République étaient élus dans le cadre de cette République, ils peineraient à former une majorité.

Je ne sais pas si le phénomène est spécifique à la France. Prenez l’Allemagne où le fonctionnement de l’Etat pourrait être pris comme exemple pour ne nouvelles institutions. Le président est fantoche et c’est bien le parlement qui gère le pays mais le plus grand parti de droite a du faire une coalition avec le plus grand parti de gauche. Chez nous, cela serait impossible.
 
Autre morceau de la République.
C’est d’ailleurs pour ça que je ne suis pas en train de faire un billet prônant un changement des institutions. En France, on a le fameux rapport « droite gauche ». Il va sans doute prochainement tomber d’ailleurs. Imaginons que François Hollande fasse une dissolution, là, maintenant, parce qu’après il a apéro. On pourrait avoir une assemblée constituée ainsi : petits partis de gauche 15% (je parle en nombre d’élus), PS, 25%, UDI+UMP 40% et FN 20%. Il serait logique que le président appelle le patron du gagnant, l’UMP comme premier ministre et ce dernier serait bien obligé de faire appel au FN ou au PS pour former un gouvernement.

En France, on appelle ça l’ouverture. Mitterrand l’a fait en 1988 parce qu’il en avait besoin. Sarkozy l’a fait en 2007 pour faire joli (il avait la majorité). Si on refait cela aujourd’hui, c’est-à-dire dans un sens inédit : une ouverture de la droite vers la gauche pour trouver une majorité, ceux de gauche acceptant ce principe sur la base d’un texte de compromis, seraient appelés par la vraie gauche des traitres alors qu’ils ne feraient qu’éviter à l’UMP de se droitiser en pactisant avec le Front National.

Et c’est ce rapport « droite gauche » qui fout le bordel. Je ne souhaite pas le faire sauter, je me sens profondément de gauche mais pas nécessairement de la même gauche que d’autres qui ont une position de principe. Je vais prendre quatre exemples. Je précise que ce n’est pas de la provocation mais de l’illustration.

Le premier. Je vais le prendre dans le rapport Macron. Il y a un truc pour permettre la privatisation des aéroports. Les mecs de gauche gueulent : ah mais bon dieu c’est une mesure de droite, il ne faut pas privatiser les infrastructures, et l’aménagement du territoire bordel ? Je pourrais m’attacher à démontrer le contraire. Par exemple, l’Etat n’a pas à gérer des équipements utilisés exclusivement par des opérateurs privés, c’est bien la droite de dépenser des sous pour permettre à d’autres de gagner du pognon. Ou : prendre les aéroports de Nice et de Toulouse défendre pour l’aménagement des territoires, ce ne sont pas ces grandes villes qui en ont besoin. Ou : hého la plupart des aéroports sont déjà gérés par des CCI qui ne sont pas des structures publiques.

La seule question qui doit se poser est : ah mais bordel si un type juge rentable de dépenser un milliard pour acheter un aéroport et qu’il gagnera des sous avec c’est complètement con de le vendre puisqu’on pourrait les gagner nous-mêmes. C’est le principe de la privatisation des autoroutes : des andouilles gouvernementales ont jugé utile de le faire, on gueule parce que les tarifs sont trop élevés et les acheteurs s’en foutent plein les fouilles.

Donc je suis contre la privatisation des aéroports. Et c’est exactement le genre de position qui pourrait faire consensus (d’autant que moi, blogueur de gouvernement encore disponible, je prends une position qui est le contraire de celle de la loi en question). On réfléchit à froid. Et personne ne jugerait utile de passer en force pour privatiser nos autoroutes, nos aéroports ou nos toilettes publiques.

En aparté, ça montre le deuxième défaut de notre système : la possibilité de faire des lois « fourre tout » comme la loi Macron. C’est une erreur de leur part.

Rassurez-vous, je vais abréger les exemples suivants.

Le deuxième : le referendum de 2005 (et de manière plus générale). La fracture n’est pas droite gauche.  Elle est entre les « bouts » et le centre. Et être partisan de la construction de l’Europe est être partisan de l’amélioration de Maastricht qui est un truc de droite que nous a collé la gauche, donc un truc de gauche. Et être européaniste est être internationaliste. Et être de gauche nécessite, pour moi, d’être internationaliste.

Le troisième : le déficit et l’austérité. A gauche, ils veulent moins de restrictions budgétaires. Or la dette, elle est souscrite auprès d’opérateurs privés, des marchés financiers,… Donc vouloir que l’Etat dépense de l’oseille favorise le privé et c’est donc de droite.

Le quatrième : le mariage pour tous. C’est un truc bien de gauche que de vouloir que tous les couples aient les mêmes droits et j’en suis profondément partisan. Mais admettez que c’est quand même bien rigolo de voir la gauche défendre le mariage, cette putain de vieille institution catholique et réactionnaire.

Fin. Des exemples.

Je rappelle qu’ils ne sont pas là pour faire des provocations mais pour illustrer le fait que tout ne peut pas être réduit à un rapport droite gauche.

Dans ces paragraphes numérotés, j’ai introduit une deuxième numérotation, celle des défauts, conneries ou des difficultés de notre système. Le premier : la nécessité du compromis pour avoir une majorité rendu difficile par le rapport droite gauche. Le deuxième, abordé au détour d’une phrase, est la possibilité de faire des lois fourre tout et, d’une manière générale, cette habitude que l’on a, à droite comme à gauche, de légiférer pour un oui ou pour un non. Tiens ! Je vais prendre un truc que j’approuve dans la loi Macron : la libéralisation du transport par car (c’est une position qui pourrait être qualifiée de droite mais j’en ai déjà fait des billets, je ne vais pas me justifier). Je suis tombé sur le cul quand j’ai appris qu’un opérateur privé ne pouvait pas faire une ligne de transport interrégionale sans autorisation de l’Etat ! C’est délirant.

Et on en revient à nos aéroports : en France, vu de gauche, il faut que le service public soit assuré par l’Etat.  Il peut l’être par le privé. Et aussi par les collectivités territoriales.

Je parlais, hier soir, avec un camarade MRC (il y en a plein, à Bicêtre) qui notait tout le bien que faisait le service public, notamment à Bicêtre, au niveau de l’aide sociale, ce qui est vrai. Il m’a dit que c’était ça, pour lui, la République. J’ai dit non… Ce qui fait par la ville n’est pas du ressort de la République sauf si c’est imposé par les lois de la République.

Et c’est le troisième défaut ou connerie de notre système, c’est d’utiliser le mot République pour un oui ou pour un non. Pour résumer, le mot « république » signifie qu’on n’est pas en monarchie, ce qui ne veut pas dire qu’on est en démocratie, d’ailleurs (et ceux qui se sont appelés « républiques démocratiques » n’étaient pas franchement des démocraties). Si on y colle un R majuscule, « République » peut s’appliquer à notre pays, qui est une république. Par contre, l’adjectif « républicain » ne peut s’appliquer qu’à la forme d’organisation du pays, l’opposition à monarchie. Ainsi, ceux qui cherchent à casser le Front National en disant que ce n’est pas un parti républicain se trompent de combat. Ca aurait quel sens de dire qu’un parti d’extrême droite anglais n’est pas républicain ?

Alors le Front Républicain apparait comme une grosse connerie. Les braves gens ne font que dire qu’il faut un consensus entre la gauche et la droite pas extrême pour barrer la route à l’extrême. Et ce mot, « République », dont nous sommes très fier au point que certains voudraient rendre férié le 21 janvier, tout en en faisant une Sixième perd son sens.

C’est étrange. Je suis républicain parce qu’opposé aux privilèges que nécessite une monarchie mais surtout un démocrate, bien plus que républicain. Et le démocratie nécessite le consensus.

On ne fait pas une majorité tout seul. Et faire une sixième République ne garantit visiblement pas la démocratie.


10 novembre 2014

Ce que n'a pas dit François Hollande

« Ça ne coûte rien, c'est l'Etat qui paye » François Hollande n'a pas dit ça jeudi soir, pourtant des centaines d'internautes et blogueur avec du poil dans les oreilles ont fait du bruit pour se faire plaisir à tenter de démontrer, de se démontrer, que le pouvoir socialiste ne fait rien qu'à faire des bêtises.

C'est l'Express qui revient sur cela. Pour résumer : une phrase est sortie de son contexte, transformée puis mise dans un autre contexte.

Ils sont mignons, à droite... La politique par le mensonge.

12 juillet 2014

Des lois de drauche ou de goite ?

On en voit passer, de ces lois ! J'ai beaucoup parlé du CV anonyme dont la loi préparée par la droite qui ressemble à un machin fait pour se donner bonne conscience... Cette année, nos parlementaires ont voté « la loi Amazon » qui oblige cette honorable société à facturer les frais de port. Elle est mise en application. Amazon facture ces frais un centime. On l'a dans l'os. Ils se foutent de « notre » gueule et ils ont bien raison.

C'est quoi, cette loi ? Une loi résolument antilibérale pour protéger des commerçants. C'est donc une loi de droite puisqu'elle donne des avantages à des entrepreneurs privés mise en œuvre par une gauche à la ramasse, y compris une gauche de la gauche, qui pense défendre la culture alors qu'elle rend plus cher l'accès à la culture pour tous ceux qui n'ont pas de bonne librairie à proximité. C'est une loi ratée qui ne prend pas en compte un fait essentiel : Amazon concurrence essentiellement des « espaces culturels » filiales de groupes de grande distribution, probablement côtés en bourse. C'est une mauvaise loi, ceux qui sont visés l'ont détournée.

Je ne défends pas Amazon, la question n'est pas là.

Cette semaine, nous avons eu la loi pour défendre les VTC contre les taxis. Il y a des choses très bien, dedans, et d'autres parfaitement nulles. Reprenons quelques points...

L'obligation pour les taxis de prendre la carte bancaire ? C'est complètement con et antilibéral. Une vraie bonne loi aurait été une loi de protection du consommateur : si le taxi refuse son mode de paiement qui est le mode de paiement le plus répandu dans le pays, il ne doit pas pouvoir se retourner contre son client, sauf s'il a affiché de manière visible à l'extérieur de sa voiture qu'il ne prend pas la carte.

L'impossibilité de revendre les licences nouvellement accordées ! C'est très bien. C'est une très bonne idée à laquelle je n'avais pas pensé malgré tous mes billets à ce sujet. Est-ce libéral ou antilibéral ? Le sujet est intéressant. C'est assurément de gauche et pas de droite. On avait un système qui permettait de vendre un privilège accordé par l'Etat... Toujours est-il qu'un système de licences ne peut pas être qualifié de libéral puisqu'il faut une autorisation pour travailler or, toutes les professions ainsi réglementées, sont qualifiées de libérales... On avait une profession qui gagnait essentiellement son pognon grâce à la montée de la valeur d'une licence. Libéral, pas libéral !

L'interdiction pour les VPC d'utiliser la géolocalisation ? C'est évidemment antilibéral mais aussi très con. Interdire aux entreprises d'utiliser le progrès technologique est complètement crétin et voir que c'est la gauche qui ose faire ça me sidère, d'autant que c'est pour protéger les intérêts particuliers d'entreprises privées.

Bref...

Trois lois sur le devant de la scène, cette semaine. Trois usines à gaz aberrantes. Trois machins illisibles, sans fond politique, sans rien... Des machins de droite votés par la gauche, des machins de gauche votés par la droite, des trucs libéraux qualifiés d'antilibéraux, des trucs antilibéraux qualifiés de libéraux,...

Et après, le législateur s'étonne de passer pour une andouille ?

23 juin 2014

Le clivage de glace

« Ce message et ces commentaires montrent la disparition du clivage gauche droite » commentait une andouille effacée suite à mon dernier billet à propos de la grève des intermittents. Il faut dire que l’andouille est libérale, trouve refuge dans les blogs réactionnaires et les blogs politiques normaux tant il est perdu.

Il se trompe. Il n’y a pas de disparition de ce clivage, il y a simplement certains qui sont perdus et qui rangent dans le camp d’en face tous ceux qui ne sont pas d’accord avec eux, notamment à gauche et à droite. C’est assez marrant à observer mais pour cela il faut lire les blogs du camp d’en face, ce qui équivaut, pour nous autres gauchistes, à lire les blogs nauséabonds qui puent en nous rappelant LHLPSDNHOUTCA (les heures les plus sombres de notre histoire ou un truc comme ça).

Commençons par l’ami FalconHill blogueur non politique mais de droite par ailleurs le type de la blogosphère dont au sujet duquel je suis le plus proche avec d’autres imbéciles comme Gaël, Poireau et Styven. Je le prends lui car il serait inconvenant que je prenne son épouse.

Quand je fais un billet de fond, il est généralement d’accord avec moi. Moi aussi, d’ailleurs, je suis d’accord avec moi. Il n’empêche que quand nous sommes tous les deux d’accord avec moi, ce n’est pas nécessairement pour les bonnes raisons. Par exemple, quand je fais un billet contre la grève des intermittents, il est d’accord avec moi parce qu’il est contre la grève qui emmerde tout le monde notamment l’économie d’Avignon. Moi, je suis contre la grève car ça fait des dizaines d’années qu’on nous parle des intermittents et qu’il me parait souhaitable qu’on traite du fond à défaut de le toucher. Je suis contre, aussi, parce qu’il y a parmi les intermittents qui ne peuvent pas bosser à Avignon alors qu’ils voudraient le faire et en ont besoin. Je ne veux pas caricaturer les propos FalconHill mais les résumer (il en parle très bien sur son blog et dans les commentaires du mien).

Ainsi, nous sommes tout à fait en phase sur les constats. Pour un peu, on trouverait des vieux réactionnaires limites fascistes ou des purs trotskistes qui seraient, comme lui et moi, contre la faim dans le monde, le sida, la vache folle, la TVA sur la bière, les serveuses habillées,…

C’est à la gauche de la gauche, néanmoins, que les réactions sont les moins réfléchies ce qui a tendance à m’énerver. Par exemple, l’objet de mon billet de samedi était de dire qu’avant de défendre sans retenue les intermittents du spectacle parce que, à gauche, on défend la culture, bordel, je souhaite qu’on se demande combien parmi les intermittents travaillent réellement pour la culture, sauf si on doit considérer d’emblée que faire éclairagiste pour « On n’est pas couché » est participer à l’œuvre culturelle. Je constate que ce régime permet aux employeurs de piocher dans un gisement de braves gens sans se poser de question et de cumuler les CDD de courte durée sans limitation dans le temps. C’est purement libéral.

Je crois que la gauche de la gauche a du mal avec le libéralisme. Ils le défendent sans le savoir. Moi, quand je tape sur les intermittents, je ne fais que lutter contre le libéralisme. Je conçois assez facilement que l’on soit perdus et arrêtez immédiatement de dire que je suis condescendant, d’autant que je bosse au 17ème étage, avant d’avoir lu la suite.

Figurez-vous que j’étais tranquille accoudé à table ou attablé au comptoir, ce week-end quand je suis tombé sur un tweet d’un représentant de la vraie gauche qui disait : « Le gerbe » en citant un billet de blog que je suis immédiatement allé consulter. Je l’avais déjà lu et surtout, je l’avais écrit. C’était mon billet de vendredi où je posais la question « quelle gauche pour demain ? » et où je constatais que la gauche telle que la voudrait les andouilles de la vraie gauche n’avait aucune chance d’arriver au pouvoir parce que les Français n’en veulent pas. Rappelons que quand la gauche est arrivée au pouvoir, en 1981, 1997 et 2012, c’était surtout par rejet du pouvoir en place. Tiens ! A l’UMP, ils se battent pour leur survie et dans les alliances qu’ils veulent faire, ils sont bien emmerdés : François Hollande a été élu grâce à François Bayrou. Faire alliance avec lui ferait tache mais en l’absence de Jean-Louis Borloo il reste le seul à incarner le centre droit (à part quelques guignols amusants).

J’ai lu un peu les conversations qui ont suivi ce tweet. Les gens de la vraie gauche parlaient de moi avec un dégoût prononcé ce qui me faisait rigoler, tout comme le fait qu’en ayant bloqué certains, je ne voyais qu’une partie des propos. A un moment, on avait même le lascar qui jurait être tombé par hasard sur billet et ne pas me suivre. C’est ainsi que j’ai vu qu’on me traitait de condescendant. Voilà où on est dans la vraie gauche : dès qu’on émet un avis divergent du leur tout en osant se présenter comme étant aussi à gauche, on est accusé de condescendance. C’est nouveau.

Tiens ! Il y a un truc qui offusque beaucoup la gauche : le mobilier anti-SDF qui fleurit dans Paris. Des images tournent dans Twitter. On voir des rebords de fenêtre avec des petits pics, des pas de porte avec des machins pour éviter que les clochards ne s’allongent,... C’est comme ça, il faut s’indigner. C’est un ordre : tu ne peux pas être de gauche si tu ne d’indignes pas.

Tant pis si les gars habitent dans un immeuble où un sas avec digicode ferme l’accès aux boites aux lettres. Ces faux culs disent que c’est pour protéger ces boîtes alors que c’est pour empêcher les clodos d’y dormir.

Pour ma part, en tant que type de gauche, j’aimerais bien qu’on empêche des types de dormir dehors en leur offrant un hébergement digne de ce nom.

Je pourrais multiplier les exemples mais je ne vais en citer que deux, dont je parle souvent. Le premier : la politique de la demande et la fameuse « rigueur ». Tu parles ! La dette étant financée par des intérêts privés, elle bénéficie essentiellement à notre adversaire c’est la finance. Le deuxième : la défense des musulmans. Je suis fatigué de voir la gauche de la gauche défendre les femmes voilées et les prières de rue au prétexte que les critiquer est nauséabond. Nos grands pères et grands-mères se sont battus contre le catholicisme, je ne vais pas défendre une autre religion maintenant.

Allez ! Un dernier exemple ? Le camarade Des Pas Perdus fait de nombreux billets contre le travail du dimanche. Comme lui, je suis contre. Mais je ne suis pas persuadé que raisons d'être contre soient les mêmes. Les miennes sont de gauche : je n'ai pas une position au nom de la défense de la famille. Smiley.

Ainsi, le clivage droite gauche existe toujours même si tout le monde ne le met au même endroit car il existe un clivage interne à chaque côté…

Ne pas le prendre en compte est mortifère et donne soif.

C'est ainsi que j'aime autant boire un coup avec FalconHill qu'avec certains glandus...

28 mai 2014

C'est quoi, être à droite ?

Avec le bordel à l’UMP (pardon, la refondation annoncée), beaucoup de billets et de commentaires surgissent pour dire ce que devrait faire l’UMP. J’apprends que François Bayrou a déclaré : « Il faut que la droite soit à droite, et que le centre soit au centre ». On pourrait en rigoler longtemps puisque le centre a toujours été à droite, en France, sauf à de rares occasions où il a préféré la gauche… Mais le sujet n’est pas là…

Il faut que la droite soit à droite. Soit, mais ça veut dire quoi, être à droite ?

Quand on est à gauche, on arrive assez bien à savoir ce qu’être à gauche veut dire même si on est souvent d’avis différents sur la question : voir tous les débats qu’on a eu à propos de la vraie gauche. Le problème est que le centre de gravité de la politique française est plutôt à droite ce qui fout le bordel. Quand on est à droite, on se plante beaucoup sur ce qu’est la gauche ce qui me fait doucement rigoler quand je lis certains billets réactionnaires.

Qu’on soit à droite ou à gauche, on arrive à peu près bien à voir ce qu’est le centre. C’est ce qui n’est pas trop méchant parmi ceux qu’on n’aime pas. Par contre, on qualifie généralement les autres de son bord qui ne sont pas au bout du bord de centristes. On les qualifie même souvent du camp opposé. Pour un réactionnaire libéral, Nicolas Sarkozy va passer pour un joyeux socialiste. Les mêmes erreurs sont faites à gauche, surtout depuis quelques temps, où l’on confond trop souvent droite et libéralisme.

C’est très compliqué. Mais cela ne nous dit pas ce qu’est la droite.

Les gens de droite n’hésitent pas à mettre des costumes trois pièces et ne s’épilent pas les poils de nez. C’est la définition que j’ai prise chez Jegounedia. Voyons donc ce que dit Wikipedia.

« En politique, le terme de droite désigne généralement l'ensemble des courants politiques ayant une doctrine, une tradition ou une idéologie plutôt conservatrice, économiquement libérale ou non. La droite manifeste un certain attachement à l'ordre, considéré comme juste ou comme un moindre mal, et réprouve les changements brusques sur les questions de société et les questions éthiques. Elle peut être partagée sur les questions économiques (droite conservatrice, par opposition à droite libérale). »

Comme à gauche, on n’est pas spécialement attaché au désordre ni aux changements brusques de société (quoi qu’on en dise, donner les mêmes droits aux homos qu’aux hétéros, pour prendre pour exemple le changement de société récent, ne s’est pas fait en quelques mois mais en dizaines d’années) et qu’économiquement, la droite ne veut rien dire, nous ne sommes pas bien avancés…

Voyons la suite.

« D'après Michel Winock, on ne devrait pas parler de droite au singulier, mais davantage des droites, qui, dès l'origine, ont divergé et se sont opposées. » Il va falloir que François Bayrou révise ses messages. C’est René Rémond qui parlait de trois droites : les réacs, les libéraux et les bonapartistes. En 2005 (merci Wikipedia), René Rémond a actualisé son bouquin. Il considère que les réacs sont marginaux en tant que force politique et retient la persistance de deux droites et l’arrivée d’une nouvelle, avec les radicaux et les démocrates chrétiens. Néanmoins, il se place dans l’histoire contrairement à moi…

Intéressantes réflexions. D’une manière générale, il ressort de ces lectures que les clivages ont changé, au fil des siècles, et, plus exactement, la manière de composer les majorités. Par exemple, il semble que Nicolas Sarkozy ait bien réussi à faire la jonction entre les trois droites en 2007, le libéralisme, le culte du chef et le nationalisme…

De ces lectures, il ressort aussi que les valeurs censées représenter chaque champ sont à géométrie variable. Ils citent par exemple « le cas de l'écologie, qui peut aussi bien être interprété comme un thème de gauche que comme un thème réactionnaire et donc de droite ». On notera aussi que les notions changent d’un pays à l’autre. Les libéraux américains, par exemple, sont considérés comme à gauche alors que les libéraux européens, la plupart, sont considérés comme à droite alors que l’interventionnisme économique est dominant.

Revenons aux trois droites qui sont plus

Les libéraux : disons qu’en France, ils peuvent être représentés par Giscard.
Les bonapartistes : l’ordre, le chef,… De Gaulle.
La droite contre-révolutionnaire : les réacs. La soumission au catholicisme, l’ordre naturel,…
La droite radicalisée : genre Philippe de Villiers.
L’extrême droite : genre Jean-Marie Le Pen.

La droite décomplexée

C’est le truc de Nicolas Sarkozy et de Jean-François Copé…

« Un réflexe de gauche consistant à faire honte à la droite, jusque dans la terminologie même du mot « droite », le seul fait de se revendiquer de droite passe pour une incartade « décomplexée ».

Dès 2006, Nicolas Sarkozy souhaite mettre de côté une droite « qui s’excuse depuis tant d’années de ne pas être de gauche ». Jean-François Copé s’insurge contre les « supercheries grotesques » utilisées contre la réputation de la droite. À titre d’exemple, il cite un sociologue prétextant que la droite « ne voit pas les étrangers d’abord comme des humains ». »

Toujours est-il que je n’ai pas répondu à ma question malgré une copieuse lecture… à laquelle, il me semble, il manque un positionnement à droite par rejet de la gauche (comme il existe un positionnement à gauche par rejet de la droite). Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé ont raison sur le fond mais plus qu’ils ne le pensent ! A écouter un type de la vraie gauche, tous ceux qui ne pensent pas comme lui sont à droite. Il tente bien de leur faire honte. Les deux ex ont donc bien tort d’en faire un argument électoral, à part, peut-être, pour motiver les militants… L’électeur de base s’en fout !

Les valeurs ?

Je n’aime pas ce débat sur les valeurs de droite ou de gauche. Trois mots sont dans la devise : liberté, égalité, fraternité,… Le gars de droite fera ce qu’il voudra mais je suis fatigué de voir des types, essentiellement très à droite, dire que les gens de gauche opposent les deux premiers. On nous dit que l’ordre est une valeur de droite. Tu parles ! Et l’ordre juste de Ségolène Royal, c’était de droite ?

Et Bayrou ?

« Il faut que la droite soit à droite, et que le centre soit au centre »

Ca veut dire quoi, concrètement ? Elle doit être libérale ? Alors que le Front National fait sa percée sur un projet qui est antilibéral contrairement aux éminents blogueurs et autres têtes pensantes du parti ? Elle doit être réactionnaire et continuer à exaspérer tous les centristes et autres républicains ? Elle doit être bonapartiste alors qu’elle n’a plus de chef ?

J’ai bon, là ?

François Bayrou est bien de droite. Je n'ai pas oublié ma première grande manifestation, en 1994... parce qu'il voulait augmenter le financement des écoles privées par le public. C'est de droite, bien réactionnaire, totalement antilibéral (le public qui finance le privé...). Il a reculé. Son chef a été balayé à l'élection suivante. Il est resté en poste.

Il sait où il est lui ?

16 mars 2014

La droiche et la gaute

Réactionnaire après lecture d'un blog de gauche.
Mon billet d'hier était une espèce de fiction où je racontais ce qui avait potentiellement amené Nicolas Sarkozy a être ennuyé par la justice. J'ai voulu le faire drôle et c'est probablement réussi vu qu'il est repris en une de Rue 89. Gloire à moi et merci à eux. Toujours est-il que s'il fait sourire à gauche, cela ne semble pas être le cas à droite.

J'ignorais que l'humour pouvait varier en fonction de l'orientation politique. J'aurais du m'en douter avant : voir Mme Taubira caricaturée en guenon ne m'avait pas fait rire. C'est par contre assez rigolo de voir ensuite des réacs nous expliquer que leurs valeurs sont supérieures aux nôtres.

Un blogueur réac a même fait un billet pour m'accuser de diffamation et expliquer que ce que j'ai écrit est très grave. C'est évidemment complètement grotesque vu que je précise que c'est une fiction, ce qui n'est probablement pas vrai, d'ailleurs, et que tout ce que je raconte l'a déjà été par la presse. Comme il vit à la campagne, je suppose qu'il a mis les blogs sur un pied d'étable. Ne voila-t-il pas qu'il érige le sien au rang au tribunal !

Depuis une dizaine de jours, les blogueurs réactionnaires n'arrêtent pas d'expliquer que le gouvernement a utilisé l'appareil de l'Etat pour détruire la seule personne qui pouvait empêcher la gauche de gagner les élections de 2017. Et mon billet serait plus grave.

La différence entre la gauche et la droite ce n'est pas seulement que les premiers disent « le pognon c'est mal » et les seconds « les immigrés c'est mal », en résumé. La différence n'est pas que politique. Je dirais même plus qu'elle n'est plus politique ou presque tant des positions similaires peuvent être constatées des deux côtés, à part sur des sujets sociétaux comme la famille et la religion.

Et encore ! Même sur la famille les différences sont fictives. A droite, ils sont persuadés que la gauche n'aime pas la famille ce qui est idiot de leur part. A gauche, on ne fait que constater que dans la pratique, la famille ce n'est plus que papa, maman, la bonne et moi. En matière de religion, la gauche arrive à être plus caricaturale que la droite en matière de famille, puisqu'on trouve beaucoup de zozos qui passent leur temps à défendre l'islam et à taper sur les catho.

C'est d'ailleurs amusant de voir que les sympathisants de la vraie gauche considèrent que le PS est à droite et que les sympathisants de la vraie droite voient l'UMP comme un parti de gauchiste. Alors que la vrauche et la vroite ont le même projet politique : sortir des contraintes de Bruxelles.

La première différence entre la droite et la gauche est la haine que porte ceux d'un côté vers ceux de l'autre, quel que soit le côté. Encore que, il me semble que la haine est plus prononcée à droite qu'à gauche parce qu'il y a en plus cet éternel procès en illégitimité faite par la droite à la gauche quand cette dernière est au pouvoir. La seconde différence est qu'à gauche ne rougissons pas de nos extrêmes ce qui met la droite dans une colère assez rigolote. Ils sont capables de passer des heures à expliquer que Staline était un pire fumier qu'Hitler pour se venger. Comme si on en avait quelque chose à cirer, sincèrement. Comme si quelqu'un de gauche pensait que Staline était un saint...

La troisième différence qui est en fait plutôt une similitude est que le sympathisant d'un bord n'arrive à imaginer que l'autre ne pense pas comme lui et qu'aucun accord n'est possible dans un débat. Je me rappelle de l'époque des 35 heures où je passais un temps dingue à argumenter (c'est un de mes chevaux de bataille) au comptoir (les blogs n'existaient pas). Toute discussion était impossible.

A l'époque, j'avais comme camarade de comptoir le chauffeur du président ou du directeur d'une très grosse organisation sportive. Tout le monde le connaît. Bref, il était bien à droite et traitait tout le monde de fainéant, sincèrement, sans même se rendre compte qu'il ne bossait, lui-même, qu'en moyenne deux heures par jour.

Cela caractérise les militants politiques de tous horizons qui arrivent à perdre toute leur objectivité en quelques secondes de discussion.

La semaine politique a été exemplaire pour cela, dans les blogs. Si je veux bien reconnaître qu j'aimerais bien voir tomber Nicolas Sarkozy et que je pense que nos dirigeants aussi, je suppose que Taubira, Ayrault, Hollande et Valls ne pratiquent pas eux-mêmes les écoutes parce que cela serait du temps perdu.

Mais allez faire comprendre cela à un type de droite persuadé qu'ils passent leur temps à pratiquer de mesquine combines.

11 mars 2014

Et la séparation des pouvoirs ?

L’UMP, plutôt que de se taire, contre-attaque ! Je vais lui donner un conseil. Que ses chefs disent : « que la justice se fasse, nous avons confiance. ». Quitte à dire le contraire après les municipales.

Christian Jacob, par exemple, a demandé que le Parlement soit convoqué d’urgence. On ne sait pas trop pour quoi, d’ailleurs. D’autres ont demandé la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire. Je lui rappelle que les élus sont occupés sur le terrain pour leurs propres campagnes ou pour soutenir les gens de leur bord. Jean-Marc Ayrault lui a répondu assez violemment et à juste titre : « Mais dans quelle république sommes-nous ? Demander une commission d'enquête sur une affaire judiciaire en cours, dans quelle république sommes-nous ? » 

« Le premier ministre était forcément au courant de ces écoutes, il doit s'expliquer devant la représentation nationale. S'il refuse de le faire, cela veut dire qu'il y a des doutes importants sur le fonctionnement et sur le respect de nos institutions » a dit l’un de ces joyeux drilles. Je ne sais pas s’il était au courant. Le Canard Enchaîné de demain dit que Christiane Taubira et Manuel Valls étaient au courant, d’après Twitter.

Toujours est-il que s’ils étaient intervenus, on aurait trouvé des imbéciles pour hurler que c’est scandaleux…

Je rappelle à nos amis de droite les principes de base de la séparation des pouvoirs entre l’exécutif, le judiciaire et le législatif.

« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. » nous dit la déclaration droits de l’homme et du citoyens de 1789 dans son article premier en oubliant les femmes ce qui devrait faire hurler les féministes. Je m’égare. Toujours est-il que c’est le cas pour tout le monde. L’article 5 dit : « Tout ce qui n’est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas. » Ca faisait longtemps que je n’avais pas lu ce truc, moi. L’article 12 est joli, aussi : « La garantie des droits de l’Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée. » Ils devraient le lire, aussi, à l’UMP…

C’est l’article 16 qui m’intéresse : « Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution. »

Ce qui m’abuse c’est que les blogueurs de droite tentent de nous faire croire que la gauche ne respecte pas la séparation des pouvoirs alors que les élus de droite demandent que le Parlement contrôle les actions judiciaires.

Bravo les gars ! La stratégie semble être de masquer un scandale par un autre. Continuez à faire du bruit, cela donne l'occasion au gouvernement de s'expliquer et de rappeler les faits... Et cela va surement inciter les électeurs à vous faire confiance.

Mon copain FalconHill évoque souvent la mauvaise ambiance, en politique. Si les dirigeants de droite arrêtaient d'éructer, on n'en serait pas là.

02 février 2014

Folie passagère du blogueur de droite qui manifeste

Ils sont vraiment naze à droite, ou, du moins, dans cette espèce de droite revendicatrice qui va encore manifester dans un climat de haine, cette après-midi, que les blogueurs qui participent vont décrire comme un moment de féérie. « J’y étais, c’était fabuleux, loin de ce que nous disent les médias aux ordres ». On connaît la chanson. Pourtant, c’est bien la haine qui les poussent, la haine de cette gauche, de cette démocratie, alors qu’ils hurlent à la dictature.

Quand la gauche fait des grosses manifestations, c’est pour défendre du concret : l’emploi, les retraites,… Quand la droite descend dans la rue, on ne sait plus pourquoi. Ils vont manifester contre la PMA et la GPA alors qu’aucun projet du gouvernement ne prévoit de les autoriser. Aucun. La ministre l’a encore confirmé ce matin.

C’est une manifestation de haine dans cet éternel procès en légitimité faite à la gauche quand elle est au pouvoir. Ah ! Mais le blogueur de droite se justifie, sur son droit à manifester : « Et bien loupé, nous pensons encore et toujours et nous n'avons absolument pas l'intention de nous laisser bouffer, encore moins lobotomiser, par des comme toi. Ça te la coupe ? C'est la démocratie ! » Vas-y qu’il te donne des leçons de démocratie au blogueur de gauche tout en oubliant que le président de la République a été élu !

Ils sont rigolos ! Vous avez vu leur dernière ? Ils voulaient faire participer deux huissiers de justice pour prouver qu’ils manifestent dans le calme. Comme si deux huissiers pouvaient contrôler une manifestation de 10 ou 20000 personnes. Ou plus. La justice et le ministre de l’intérieur ont sifflé la fin de la récréation.

Que disait-il, aussi, le blogueur de droite, à propos de la présence d’huissiers : « On pouvait supposer qu'ainsi, nous aurions une relation à peu près objective des événements, tant sur le comportement de la police que sur celui des manifestants. » Ouuuuuh les méchants médias pas objectifs. Ouuuuuuh la méchante police. Je vais faire une relation objective : 10000 (ou 1 millions, si vous voulez) manifestant ont marché tranquillement mais, à la fin, une centaine d’individus proches de l’extrême droite ont provoqué la police pendant que les huissiers étaient partis boire une bière bien méritée après trois heures de marche.

Mais, « Que je suis bête, naïf, gentil; c'était sans compter sur Manuel Gaz et ses sbires de la préfecture de police qui ont obtenu d'un juge des référés que la présence des dits huissiers, pourtant nommés par la Justice, soient... interdits de manifestation ! » Ouuuuuuh ! La méchante justice aux ordres du ministre de l’intérieur.

« "Le gouvernement, l'Etat, les forces de police, la justice seront d'une très grande sévérité, face à tous ceux qui s'en prennent à nos institutions et nos valeurs." qu'il a dit le Valls. A qui croit-il faire peur ? Qu'il aille se faire voir ailleurs ! Il nous provoque sans arrêt avec ses coups de mentons de petit chefaillon en n'espérant qu'une chose c'est que nous cédions à la colère. Pauvre con ! »

Si ce n’est pas la haine qui parle.

Que disait-il, aussi, à propos du billet d’un confrère blogueur de gauche : « force est de constater que nous en sommes arrivés à un tel degré d'incompréhension mutuelle que je ne vois pas vraiment comment tout cela pourrait finir sereinement... Dans l'apaisement ? J'ai des doutes mais une certitude, c'est aux hommes au pouvoir de s'assurer que le pays ne s'enfonce pas dans des divisions insurmontables. Ils sont "en" responsabilité ! »


Oui. D’autres sont en irresponsabilité. 

15 janvier 2014

Supprimer la notion de droite-gauche ?

Suite à la conférence de presse de François Hollande, j’ai fait un billet. Il a été commenté par Lady Waterloo (que je croise depuis longtemps chez FalconHill). Elle est de droite mais ne le sait pas (elle me permettra cette boutade). Elle dit qu’elle est d’accord sur beaucoup de choses avec moi, y compris sur « l’idée de supprimer la notion de droite-gauche » qu’elle trouve réductrice. Or, je n’ai jamais dit ça. Mais j’ai dit tellement d’autres trucs.

Petit 1 : au niveau sociétal, il y a une vraie différence. On l’a vu pour le mariage pour tous. La difficulté est que depuis une bonne quarantaine d’années, la droite galope certaines idées dites progressistes qualifiées souvent de gauche. Je pense par exemple à l’IVG (on voit le bordel en Espagne) mais il y a autre chose. Par exemple, avec Dieudonné, on parlait des lois contre l’incitation à la haine raciale, utilisées par la gauche. Or, si ma mémoire est bonne, elles datent de 1972.

C’est amusant, la droite fait une politique sociétale avec des machins progressistes dans les années 70. En 1981, la gauche revient au pouvoir. Plus tard (deux ou trois ans…), la gauche fait un revirement de politique, le Front National monte rapidement à 14 ou 15%... Mais je suis hors sujet.

Toujours est-il que c’est à la droite de s’assumer.

Petit 2 : au niveau de la politique sociale et économique, la différence est nettement marquée et j’y reviendrai. Il n’empêche que dans un contexte de mondialisation et de libéralisme forcené, on est coincés… Une politique dite « de la demande », marquée à gauche, ne peut pas fonctionner (j’en suis persuadé) dans notre contexte.

La gauche de la gauche et la droite de la droite (pour résumer) sont persuadés que tous les maux viennent des traités Européens. Qu’ils aient raison ou tort, on ne supprimera pas les traiter comme cela et la suppression provoquera un effondrement de l’économie. Il nous faut donc les renégocier mais une négociation est plus facile si on est seuls…

Petit 2 (je recommence) : au niveau de la politique sociale et économique, il y a une nette différence d’appréciation de tous ces problèmes. Je crois au partage, à la redistribution, à la globalisation… et aux contraintes pour les mettre en œuvre : l’impôt progressif sur le revenu (tous les revenus) et la diminution du temps de travail (sur une semaine comme sur une carrière professionnelle).

C’est le marqueur principal, à mon sens, entre la gauche et la droite. D’ailleurs, les seules (ou principales) mesures du gouvernement avec lesquelles je ne suis pas d’accord tournent autour de la réforme des retraites et de la hausse de la TVA. La difficulté étant d’équilibrer tout ça dans notre contexte mondialisé qui impose ou presque d’avoir la même politique que les autres...

L’autre marqueur est que je crois aux vertus de la négociation entre partenaires sociaux (Politeeks en parlait), au sein de la « société civile », des « corps intermédiaires »… D’ailleurs, la conférence de presse de François Hollande s’adresse principalement à ces braves gens (c’est pour la presse…) et pas nécessairement au grand public : à 16h30 il est au bistro ou au boulot. Or, il me semble que Nicolas Sarkozy avait une fâcheuse tendance à convoquer les syndicats pour leur dire de négocier en leur fournissant le résultat des négociations…

Petit 3 : au niveau de l’environnement (j’en fais un point à part car Sarkofrance est écolo et est très sensible), la différence est ailleurs. Par exemple, on ne m’ôtera pas de la tête que les champs d’éoliennes sont très moches. Je ne vois pas en quoi c’est particulièrement écologique… Je ne crois pas, par contre, que la droite puisse imposer une politique en faveur de l’environnement. On en arrive à notre histoire de négociation : la droite convoque un Grenelle de l’environnement mais il ne donne rien de notable…

N’oublions pas, d’ailleurs, que c’est la droite (j’entends par là, pas les citoyens, mais les dirigeants) qui ont été foutre le principe de précaution dans la Constitution…

Petit 2 (j’y reviens toujours) : au niveau économique, j’invite tous les acteurs à relire le programme du FN. Il est entièrement monté pour combattre Bruxelles et tout ça. On me répondra que ce n’est que de l’affichage. Je répondrais : oui, c’est un programme.

Ainsi, la fin du petit 3 et du troisième petit 2 nous ramènent à la fin du petit 1 : c’est à la droite d’assumer ce pataquès (et que la gauche se démerde avec ses propres contradictions).

Petit 3 (ben quoi, je n’ai pas fini l’environnement) : il y a des aspects de l’écologie qui sont l’objet d’une large opposition entre la gauche et la droite. On parlait récemment de la limitation du périphérique à 70 km/h : elle me parait nécessaire. Mais, plus que des exemples anecdotiques, c’est la manière globale de voir les dégâts liés à l’exploitation humaine de nos ressources (épuisement, pollution,…) qui est à observer.

Néanmoins, sur certains aspects (comme le nucléaire et Notre-Dame-des-Landes), une partie de la gauche fait une erreur d’appréciation et débarquant pour défendre l’environnement alors que son job est de défendre les individus. Le nucléaire, vaste sujet : tout le monde ou presque pour déclarer que c’est mauvais, dangereux,… Mais il n’empêche que c’est la seule solution (et pas nécessairement la moins polluante) que nous pouvons avoir en l’état actuel de la science pour assure notre consommation d’énergie.

Petit 4 : au niveau électoral, il y a une vraie différence. 40 ou 45% de la population se sent proche d’un camp politique. La personne qui se dit ni de droite ni de gauche est généralement de droite. La droite n’ayant aucun projet (ce n’est pas un gros mot : la droite est conservatrice…), ils n’osent pas nécessairement avouer un positionnement. Néanmoins, parmi ces 80 ou 90% de la population (deux fois 40 ou 45…), personne n’irai sérieusement envisager de voter pour un autre camp sauf quelques exceptions, essentiellement le rejet du candidat.

Petit 5 : à droite, ils veulent absolument comparer l’extrême droite à l’extrême gauche. Or, ce n’est pas comparable (à part peut-être sur les méthodes…). Je ne vais pas rouvrir le débat éculé mais, si je ne crois pas au fonctionnement d’un projet politique d’extrême gauche, je n’ai pas à en rougir. Partager le pognon, les moyens de production, ça me va.

Détester l’étranger, moins…

07 janvier 2014

Le virage à 360 degrés

L’ami Marc Vasseur reprend son blog après plus de six mois de pause pour un billet où il nous dit à quel point les analystes politiques (les vrais ou les guignols comme nous autres, blogueurs ou twittos) le dépriment. « Dans le même temps, nos analystes patentés estiment que François Hollande a changé de cap lors de ses vœux présidentielles… je n’ose vous recommander la lecture de ces mêmes analystes lors de l’adoption de l’ANI ou du pacte compétitivité/emploi… ils nous expliquaient déjà la même chose. Comme nous sommes entre nous, je persiste à penser que le changement de cap s’est opéré bien plus tôt dans ce quinquennat. »

Je suis d’accord avec lui-même s’il a oublié de ce que ces andouilles disaient lors de la réforme des retraites, de l’augmentation de la TVA,… Par contre, il se trompe peut-être vers la fin de cet extrait : le changement de cap a eu lieu avant le quinquennat. En fait, il n’a jamais changé d’avis, je suppose. Je vous conseille de chercher sur Google le livre qu’il a sorti lors du lancement de la campagne des primaires « Le rêve français ». Tiens ! Je vous cite un extrait d’un discours qu’il a prononcé à Paris en janvier 2010 : « Le problème de l’économie française est donc double : les gains de productivité se font au détriment de l’emploi sans que les salaires y trouvent leur compte, les entreprises souffrent d’un défaut de compétitivité structurelle et les parts de marché se rétractent ; ainsi, le rang de la France dans la mondialisation recule. » Je suppose que Marc qui est, contrairement à moi, un vieux militant du PS, connaît la position politique de François Hollande, qu’il ne partage pas, contrairement à moi…

Il n’y a pas eu de changement de cap. François Hollande parlait déjà « d’un contrat de l’après-crise qui puisse porter à la fois sur la redistribution, l’éducation et la production. » Ce qui implique une sortie de la crise.

Certains ont entendu « mon ennemi c’est la finance », en janvier 2012. Moi aussi, j’étais dans la salle. On va donc laisser François Hollande se débrouiller avec son électorat et le sujet du billet n’est pas les loustics qui vont dire : « il n’est pas à gauche, nanère », d’autant que je vais apporter de l’eau à leur moulin, mais qu’on arrête de dire qu’il change de cap. On dira juste qu’il ne présente pas toujours très bien la boussole.

De l’eau à leur moulin ?

Un article du Monde vient de sortir : « L’UMP embarrassée par le virage de M. Hollande. » Allons bon ! Même l’UMP a cru à ce changement de cap. Notons par ailleurs que tous ces braves gens se trouvent pris par la critique de Marc…

Je le résume : après les vœux du président, contrairement à la coutume, les dirigeants de l’opposition ne se sont pas précipités dans les médias pour raconter des conneries. Ils sont coincés. Le « pacte de responsabilité » les emmerde. Jean-François Copé ne devrait s’exprimer que demain.

François Hollande s’est décidé à assumer « une politique sociale-démocrate, voire sociale-libérale ». C’est ce qui se dit dans les médias.

Note de service : entre ma première lecture de l’article du Monde et le moment où je trouve le temps d’écrire ce billet, l’article est passé en « réservé aux abonnés ». De mémoire, on y lit par la suite quelques ronchons comme Eric Woerth qui dit que le président n’a pas été clair et Jean-Pierre Raffarin qui se dit prêt à aider Hollande. Ou le contraire. On y lit même des propos de Valérie Pécresse. Tiens ! Je vais la mettre en photo pour illustrer ce billet, photo issue d’un article de Libération sur le même sujet.« Moi je dis effectivement: chiche à M. Hollande » dit-elle.

Tiens ! Bruno Le Maire dit : « Si demain François Hollande nous dit: chiche, les 36 milliards de cotisation famille, je les retire des charges qui pèsent sur les salaires et je les transfère sur une autre base et j’allège de 36 milliards d’euros les charges qui pèsent sur les salaires, là je dirais +formidable, on va dans la bonne direction ! » Vous pouvez relire les archives de ce blog, j’ai toujours dit que ce concerne la famille n’avait pas à peser sur le travail. Vous pourrez d’ailleurs m’expliquer en quoi maintenir le contraire est de gauche. D’ailleurs, la droite ne fait qu’accuser la gauche de vouloir dézinguer la politique familiale (d’autant qu’elle profite aux plus riches).

Nous allons laisser là toutes considérations sur la vraie droite, la fausse gauche, la vraie gauche et tout ça.

La vérité est simple : la droite n’a aucun projet. Ca dure depuis très longtemps. Elle n’a aucune proposition. Le problème n’est pas de savoir si la politique de Hollande est à gauche ou pas, mais de constater que la droite n’a rien à proposer. Elle a essayé le travailler plus pour gagner plus, la défiscalisation des heures supplémentaires, la croissance qu’on allait tirer avec les dents, l’allégement de l’ISF et des droits de succession avec les résultats que l’on connaît. Elle a fait une campagne sur la peur de l’immigré et a perdu.

Elle se retrouve en slip. François Hollande est le seul à faire des propositions, quelques mois avant des élections, cela tombe bien.

Du grain à moudre...

Edwy Plenel a fait un article dans Médiapart. Tiens ! Je change de sujet. C’est à propos de la circulaire Valls à propos du spectacle de Dieudonné. Le patron de Médiapart tient des propos très durs, les atteintes à la liberté d’expression et tout ça. Si vous lisez deux fois son texte, vous finissez par vous demander s’il ne veut pas expliquer que Valls (soutenu par Hollande) est un facho pire que Sarkozy. Rien que ça. Quand je l’ai lu, alerté par un copain, il m’a fait rigoler. Les propos sont à peu près les mêmes que ceux tenus dans les blogs réactionnaires.

Je n’ai pas fait de billet sur l’interdiction des spectacles, étant moi-même partagé. Toujours est-il que j’ai lu la circulaire. Manuel Valls demande aux préfets d’appliquer la loi. Ni plus ni moins... Edwy Plenel a trouvé une cible : Manuel Valls. Il préfère probablement lutter contre Valls, par principe, que contre un type qui est accusé de faire de la propagande antisémite. Edwy Plenel veut gagner de l’argent avec son spectacle et Dieudonné avec son journal. Ou vice versa.

Le liberté d’expression est un thème récurent, surtout sur le net, ou ses acteurs y sont très attachés (et je lis des tweets de copain à moi que j’imagine argumenter autour d’une bière). C’est normal. Il n’empêche. Si un type fait des spectacles où il tient des propos interdits, qu’on l’empêche de faire des spectacles. Depuis le temps que l’on parle de cette quenelle, elle va finir par ne plus être très fraiche…

Non, je n’ai pas changé de sujet, en fait. Je suis parfaitement d’accord avec une grande partie de la formulation du billet de Marc qui tient en trois points. Le premier : il est temps de tourner la page de ces sujets sociétaux. Le deuxième : la droite est nulle.

Marc n’insiste pas beaucoup sur l’état de la droite mais il le résume très bien : « Quant à la droite que dire de plus… quand on entend un Sarkozy espérant une branlée de son propre camp pour les prochaines échéances… le pauvre type par excellence qui veut se poser en sauveur de l’humanité. » Voilà l’état de la droite en France : l’UMP attend une baffe aux deux prochaines élections pour avoir un homme providentiel. Et l’homme providentiel arrivera peut-être mais la droite n’aura absolument aucun projet pour la France.

Le troisième : arrêtons de vociférer sur le faux virage de Hollande, choisi par des électeurs de gauche suite à une campagne pour une primaire.

14 juillet 2013

Cette réacosphère qui déraille

C’est l’histoire d’une ignoble manipulation de la fachosphère, aussi évoquée par mes confrères CC, Cyril, Seb,… et sur ce site (sur lequel je base mon récit). Juste après la catastrophe de Brétigny, des sites réactionnaires ont fait monter une rumeur : des jeunes (comprenez : « des jeunes des banlieues issus de l’immigration ») ont tenté de dépouiller les cadavres et les blessés. Ceci est largement faux mais ça n’a pas empêché nos amis de trépigner, allant jusqu’à expliquer dans les blogs que les pouvoirs publics mentaient.

Lamentable.. Ils n’ont rien. Pas un témoignage direct, rien.

19h38 : deux connards sont arrêtés pour avoir volé des téléphones portables. Des véhicules de secours sont caillassés.
20h41 : Valérie Pécresse dénonce une tension sur place.

22h20 : une syndicaliste policière (Alliance). « Un « groupe de jeunes » semblant venir au secours des victimes est finalement décrit comme des pillards et détrousseurs de cadavres. 

5h44 : Le Monde : « Tout de suite après l'accident, selon des témoins, une trentaine de jeunes venus des environs ont tenté de voler des effets des victimes, sacs, portables ou autres. Ils ont également caillassé les pompiers qui intervenaient. Puis ils ont été évacués hors du périmètre par les CRS. Les échauffourées se sont poursuivies encore quelques temps, avant de s'apaiser. » (démenti à 8h04)

Progressivement les cadres d’extrême droite reprennent l’histoire et les réseaux sociaux s’emballent. La droite modérée entre en jeu, comme mes amis Authueil et FalconHill, qui en font des billets.

Florian Philippot s’y met : « Jusque dans l’horreur les racailles empoisonnent la vie des Français, comme constaté encore aujourd’hui à Brétigny ».

La plupart des sites réac s’y mettent à l’exception de Fdesouche qui reste relativement posé.

Dans la matinée, pourtant, le ministre des transports dément ses agissements, la presse publie les témoignages du Préfet et du patron de la Croix Rouge. Des sources policières démentent les pillages. Fdesouche publie ses propres doutes.

La théorie du complot prend place : les autorités nous mentent et tout ça. Lionel Lucca est un des premiers à déclencher le feu.

Dans la soirée, pourtant, l’affaire retombe et la théorie du complot monte de l’autre côté : la réacosphère a bien fait monter des informations fausses.

Les commentateurs des blogs continuent néanmoins à rajouter une couche.

Derrière tout ça, il n’y a rien. Deux types arrêtés. Pas une seule vidéo, pas un seul tweet d’un journaliste ou d’une personne sur place. Rien. Tout est parti d’une vague déclaration d’un syndicat de police. La presse s’est emballée dans cette histoire avant de se calmer et les cadres de l’UMP et du FN se sont engouffré dans ce bordel pour le faire résonner encore plus.

Une infâme manipulation de l’information.

Tant pis pour les victimes, tant pis pour les familles dans l’angoisse.

Lamentable.


Voila le dernier commentaire que j’ai vu, laissé chez Didier Goux :

« 24h après les faits, pratiquement aucun article dans la gauchosphère, relatif au déraillement du train à Brétigny. Seul E.Arié semble appeler un chat, "un chat". Un autre billet nous explique que la réacosphère se serait précipité pour récupérer un évènement qui en fait n'aurait pas eu lieu.
Bref du grand classique.

Et l'on voit bien que la discussion devient impossible. On sent bien de plus en plus qu'il n'y aura "pas de réconciliation possible", pour reprendre le titre de ce billet. C'est triste et ça pue. »

Ces ânes viennent même jusqu’à nous accuser de ne pas reprendre l’information fausse. Je vais répondre à ce type : connard, c’est toi qui pue. Avec ta supériorité naturelle, tu affirmes des trucs mais tu n’as rien. Je ne demande pas une preuve mais un simple témoignage direct…


Rien. Seulement le délire collectif d'une droite perdue.

21 juin 2013

L'affaire Nicolas B.

Dès que je parle de Nicolas, ce militant de la manif pour tous, les trolls se déchaînent et viennent le défendre et critiquer la justice. Je leur conseille cet article des « actualités du droite » que je vais tenter de résumer mais je vous recommande la lecture intégrale/

Nicolas a été condamné mercredi pour rébellion et fourniture d’une identité imaginaire. « La condamnation a été assortie d'un mandat de dépôt, et le condamné a été écroué. » Il avait déjà été condamné le 28 mai « pour des faits de « non dispersion d'un rassemblement non autorisé », « entrave à la circulation » et « fourniture d'identité imaginaire ». » Le parquet, trouvant la peine pas assez sévère avait fait appel. Pas le garçon… Comme l’appel est en cours, on ne peut parler de récidive pour le présent jugement mais les juge doivent prendre en compte les faits antérieurs pour apprécier la nouvelle affaire.

Petit 1 : ce n’était donc pas un lapin de six semaines débutant dans la connerie illégale.

Il a refait une connerie et n’a donc pas tenu compte du précédent jugement qui aurait du l’inciter à un peu de retenue.

Lors de la venue de François Hollande sur M6, il y a eu une manifestation autorisée. « A la fin, tout le monde se barre, sauf 150 personnes qui vont vers les Champs Elysées, et là ça devient une manif non autorisée. » Les policiers les laissent faire gentiment et ils finissent par se séparer. Une vingtaine de gugusse continuent à faire les zouaves et la police décide de les interpeler. Un petit tour au commissariat et tout le monde aurait du être relâché.

Il y en a un, le chef, qui « a refusé d’obtempérer, s’est opposé physiquement et a pris la fuite, les flics étant obligés de le courser pour l'arrêter en faisant usage de la force physique strictement nécessaire ».

C’est une rébellion et c’est interdit par la loi. Ici, il n’y a aucun doute sur ce qui a pu se passer. Il y a des témoins et des indices matériels. En outre, quand « un flic s’approche de toi et décline son identité, tu as le devoir d’obtempérer. […] Mais faire la leçon au flic sur le coin d’une rue, lui expliquer qu’il n’est qu’un guignol, refuser de le suivre et le contraindre à une arrestation physique, c’est une infraction. »

Petit 2 : les faits sont incontestables. Ils sont très grave car ils empêchent la police de faire son job, à savoir maintenir l’ordre. Le cas n’est pas comparable aux exemples fournis par les guignols de droite depuis deux jours (les Femen et les casseurs du RER B).

L’arrestation s’est « faite dans un contexte mouvementé au premier étage, avec de la casse ». Le tribunal n’a pas retenu ces charges, il a été bien gentil.

Petit 3 : le tribunal a fait preuve de clémence, la peine aurait « du » être plus lourde. La droite devrait crier au laxisme de la justice.

Petit 4 : Nicolas a refusé de donner son identité, c’est interdit.

Il a aussi refusé les prélèvements ADN. La droite prétend maintenant que l’ADN n’a pas à être prélevée pour ce genre d’infraction. Or, c’est Nicolas Sarkozy qui a étendu une loi créée « Guigou pour la délinquance sexuelle » « à toutes sortes d’infractions ».

Petit 5 : le tribunal semble vraiment avoir été clément.
Restent le mandat de dépôt et l’incarcération immédiate qui peuvent paraître surprenants.

Je ne suis pas juriste et je ne peux qu’interpréter ce que je comprends de la suite de l’article. Tout d’abord, les juges ont pris leur décision en fonction de l’attitude du lascar pendant l’audience et en fonction de son rapport à la loi. Je suppose que son attitude a été mauvaise et son rapport à la loi, on le connaît : il avait eu un autre jugement trois semaines avant pour des faits similaires, avec un appel du parquet qui ne jugeait pas la condamnation assez sévère.

« Il faut également avoir en tête la problématique du juge, qui a pour mission d’appliquer la loi,... et la loi prévoit un an ferme. Le juge doit prendre en compte tous les circonstances atténuantes, pour réserver le maximum légal aux cas les plus graves. » Or, cette affaire est exemplaire ! La rébellion est réelle. Le juge aurait pu « donner plus ».

A vous, les trolls ! Si vous voulez continuer à ridiculiser la droite...