Les premiers textes sont sortis au
Journal
Officiel. Le premier mariage entre deux homosexuels aura lieu demain à
Montpellier
et sera célébré par la maire PS, Hélène Mandroux. «
Toute la presse ne pourra pas être accueillie dans la
salle des rencontres. Il y aura un système de retransmission dans une salle dévolue
aux journalistes. » C’est grotesque. Vincent Autin, 40 ans, et
Bruno Boileau, 30 ans, auront leur heure de gloire. J’imagine que des
dispositifs de sécurité important sont prévus.
Je crois qu’on n’a pas fini de parler du mariage pour tous.
«
primo, apprenez à vivre avec, on ne va pas interdire à des gens de se marier parce que cela vous pose un problème ; secundo : arrêtez de dire que vous n’êtes pas homophobe. » D’après
Maitre
Eolas (via
Yasmilady,
comme hier).
Je suis d’accord avec lui mais je n’aime pas ce mot, « homophobe ».
Je crois d’ailleurs que je l’ai utilisé sur le blog pour la première fois,
hier. C’est
Suzanne qui me disait
en commentaire qu’elle n’aimait pas ce mot qui me rend également mal à l’aise.
Elle parle d’hostilité à l’homosexualité. C’est peut-être un
sentiment majoritaire dans l’opinion : les gens ne voudraient pas que
leurs enfants soient homosexuels parce qu’ils veulent des « vrais petits-enfants »,
ils veulent que « la lignée » se poursuivre, comme depuis Adam et
Eve, n’est-ce pas ?
Pour ma part, je m’en fous. Je n’ai pas d’enfant et je ne
veux pas juger (mais rien qu’en le disant…). Je suppose que l’amour paternel ou
maternel est généralement assez fort pour que les parents admettent la situation.
Cela en fait-il des homophobes ?
Une recherche Google « définition homophobe » fait
pointer sur
ce site.
«
Homophobe : qualifie une personne qui
manifeste de l'hostilité à l'égard des homosexuels. »
Wikipedia est évidemment
beaucoup plus précis. Le site
SOS
Homophobie donne également sa définition mais quoi qu’il en soit nous
sommes en plein dedans.
Wikipedia nous apprend plein de choses, sur ce mot. « Le 28 novembre 2012, l'agence de presse américaine
Associated Press […] a déclaré qu'elle déconseillerait l'usage du terme « homophobie
» (et de quelques autres comme « islamophobie »). Elle considère que le terme
est actuellement utilisé de façon trop imprécise, voire dévoyée, puisqu'il
renvoie à l'idée d'une peur irrationnelle, constituant une forme de trouble
mental. »
Le terme « homophobe » est très fort, tout comme
le terme « islamophobe » évoqué par Wikipedia. D’ailleurs si je lis
la définition d’islamophobe dans Wikipedia, je pourrais presque m’y
retrouver si le côté péjoratif n’était pas si fort : j’ai des préjugés
contre l’islam comme j’en ai contre toutes les religions.
Ainsi, si on considère qu’une large majorité des parents hétérosexuels
préfèreraient que leurs enfants ne soient pas homos pour des raisons
relativement égoïstes (assurer une lignée,…), il est probable que la
majorité des gens favorables au mariage pour tous aient une certaine dose d’homophobie.
En écrivant ces quelques lignes, j’avais l’impression de
minimiser la gravité de l’homophobie. D’ailleurs, n’est-ce pas ce que fait
Maitre Eolas ? Un opposant au mariage lisant son texte pourrait en
conclure : « Ah ! Bon ! Je suis
homophobe. Et bien tant pis. »
Pourtant, l’homophobie, quelle qu’en soit sa manifestation,
est toujours grave. Cependant, si je traite Tonnégrande d’enculé parce qu’il
refuse d’offrir une tournée, je n’ai pas le sentiment d’être homophobe. Je ne
fais pas référence à ses orientations sexuelles, j’utilise un mot de la langue
française.
Les mariages homosexuels vont se répandre, y compris à
Mulhouse.
L’homophobie, l’hostilité à l’égard des homosexuels, va progressivement
baisser. C’est un travail de longue haleine.
La page Wikipedia lié à l’homophobie est passionnante,
notamment au sujet des causes de celle-ci. Je vais résumer dans des mots
propres à mon blog : en gros, les homophobes le seraient par peur de
devoir admettre une part d’homosexualité en eux. Des Américains ont fait des
expériences avec des hétéros et leur ont fait regarder des films
pornographiques homosexuels. 80% de ceux qui exprimaient des sentiments d’homophobie
ont eu une érection contre 54% pour les autres. Une scientifique aussi norvégienne
qu’une omelette (ce n’est pas un terme homophobe) a déclaré : « Le mépris pour l'homosexuel efféminé est précisément ce
qui rend acceptable la bisexualité pour les hommes masculins, et c'est pourquoi
l'homophobie, le machisme et une bisexualité masculine généralisée forment un
ensemble parfaitement cohérent. »
Tiens ! Je vais faire plaisir à mes lecteurs
réactionnaires. Un scientifique a déclaré que l'homophobie est deux fois plus répandue
chez les citoyens musulmans de la seconde génération d'origine maghrébine,
africaine et turque en comparaison des jeunes Français Européens…
« Daniel Borrillo estime
dans son Que sais-je ? consacré à l'homophobie que le fait que des personnes
homosexuelles grandissent dans un monde généralement hostile à l'homosexualité,
et où il n'en existe pas de modèles valorisés, font qu'ils intériorisent la violence
homophobe qui les entoure (injures, propos méprisants, condamnations morales,
attitudes compassionnelles, ...). Cette intériorisation de l'homophobie peut
entraîner un sentiment de culpabilité, de honte ; elle peut même être cause de
dépression ou de suicide (l'homophobie est l'une des principales causes de
suicide chez les adolescents). »
Je ne sais pas si vous avez eu à faire à ces propos
méprisants et tout ça. Je me rappelle d’un couple d’amis d’une vingtaine d’années
de plus que moi. Ils avaient un fils unique de cinq ans de moins que moi. Un
jour, un copain m’a dit : « Tu sais, ils n’auront
jamais de petits-enfants, je l’ai vu en boite de nuit avec des garçons... »
Outre le fait qu’il n’avait pas besoin de me le dire (mais peut-être
éprouvait-il un malaise qui faisait qu’il devait parler), je ne sais pas
pourquoi il a utilisé ces termes. A la limite, il m’aurait dit « tu sais que machin est pédé ? » que j’aurais
été moins choqué, d’autant que je le savais depuis un paquet de temps…
Ainsi, mon pote, bien propre sur lui, à gauche et tout ça,
avait tenu des propos qui ne se voulaient pas homophobes mais qui le sont
assurément. Et je me suis aussi rendu compte qu’un membre de notre bande (on
militait tous dans la même association) était obligé de cacher son
homosexualité aux copains alors que je savais moi-même qu’il était homosexuel.
Ne le dites pas à mon pote, ça lui ferait de la peine :
il est probablement homophobe.
Peut-être que le mariage pour tous fera un jour diminuer cette
homophobie…