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31 mars 2015

Parler aux électeurs ?

« Interrogé sur RTL quant à la situation économique française, Jean-Luc Mélenchon a refusé d'envisager l'assouplissement du marché du travail comme une solution de relance. "L'assouplissement, c'est un durcissement des conditions pour les travailleurs", a dit le député européen. Le problème se pose, selon lui, par les carnets de commande. "Est-ce que les carnets de commande des entreprises sont pleins ou est-ce qu'ils sont vides ? Et pour que les carnets de commandes se remplissent il faut qu'il y ait de la production". » C’est dans le Figaro du jour…

Je suis tombé dessus en cherchant « Mélenchon » dans Google News pour argumenter dans le cadre d’une discussion avec des potes. C’est la première phrase qui m’intéressait à l’origine et je vais y revenir. Mais la dernière a généré une certaine hilarité de ma part. Outre le fait que je me demande comment il va faire de la production (il est complètement déconnecté, visiblement), il ne fait que défendre la politique de l’offre…

Cette discussion porte sur le fait que la gauche ne sait plus s’adresser aux catégories populaires. Les ouvriers et les employés votent maintenant plus pour le Front National que pour un des partis dans la moitié gauche de l’échiquier politique. Et cette première phrase est emblématique. A gauche, on sera bien d’accord pour protéger les salariés mais seule une minorité de l’électorat fait partie de ces salariés qui pourraient pâtir d’un assouplissement. Pas facile d’être à gauche, de lutter contre les privilèges tout en devant bien admettre qu’avoir un travail dans une boite solide, où l’on n’est pas susceptible d’être licencié dans le mois, est devenu un privilège…

« Il propose pour l'avenir un rassemblement des forces de gauche, « quelque chose d'extrêmement large pour donner une alternative aux français ». L'idée étant de rassembler sous une même bannière parti de gauche, socialistes démissionnaires, verts ou encore nouvelle donne, entre autre. "Ma vie est éclairée par le combat", rappelle Mélenchon, qui "refuse d'être embauché dans le tripartisme" s'étant fait jour au lendemain des départementales. »

C’est notre mode de scrutin qui a généré le tripartisme qui en est un faux : le Front National n’a pas d’élus ; dans les « assemblées », les débats sont entre la gauche et la droite, pas d’extrême… La solution, pour en sortir, c’est la proportionnelle mais si on introduit une dose de proportionnelle, le Front de Gauche perdrait une partie de ses élus et le Front National en gagnerait des tas.

En outre, le rassemblement qu’il propose, parfaitement honorable mais peu crédible (on attend de voir leur position commune sur l’Europe), regrouperait au maximum 20% de la population et ferait passer le PS « dans ces eaux-là ». Avec des votes nominatifs, tous les bénéfices iraient à la droite. Avec des votes sur listes, des majorités seraient impossible à trouver et on aboutirait à des coalitions « autour » de l’UMP.

Je tacle un peu Jean-Luc Mélenchon. Cécile Duflot mériterait aussi une avoinée. C’est Le Point qui s’en charge en expliquant qu’elle fait une Fixation sur Manuel Valls. Encore une fois, elle se coupe complètement des électeurs sans même se rendre compte que tout le bénéfice ira à Jean-Vincent Placé, François de Rugy et Barbara Pompili qui sont favorables à un retour des Verts au gouvernement.

Il n’y a pas que la gauche de la gauche qui ne sache plus s’adresser aux braves gens. Regardez cette copie d’écran de Google News, prise dans l’après-midi. Le premier article parle de Marisol Touraine qui veut rétablir le fond de la loi sur la prostitution. Qu’en pense le peuple ? « Ils nous font chier ». Le deuxième article est au sujet de Manuel Valls qui regrette de ne pas avoir baissé les impôts. Qu’en pense le peuple ? « Il nous prend pour des cons. »

La question est de savoir à qui s’adressent Mmes Duflot et Touraine et MM. Mélenchon et Valls. Aux autres responsables de gauche, aux militants ou aux braves gens ?

Imaginons, par exemple, que Manuel Valls s’adresse au reste de la gauche pour dire « bon ben ho je vais infléchir ma position, ne vous fâchez pas, hein ! ». Est-ce vraiment de gauche de baisser les impôts et donc les moyens de faire une jolie « redistribution » ?

N’est-il pas dans la même situation que Jean-Luc Mélenchon qui prône la politique de l’offre sans s’en rendre compte ?

Remettez-vous !

Il ne sert à rien de s'interroger sur les raisons de la défaite. La gauche et la droite ont toujours perdu les élections locales quand ils étaient au pouvoir depuis quelques années et à chaque législative depuis 1981, sauf en 2007, il y a eu alternance. On a toujours trouvé des analystes en culotte courte qui connaissaient mieux les raisons que les autres.



La démocratie [dans la colle !]

Reste de démocratie
« Ah putain, mais c’est quoi ce bordel ? J’ai appris qu’on vote encore à la fin de l’année ! » C’est en substance ce que m’a dit le vieux Joël, hier soir, pas exactement dans ces termes mais largement aussi grossièrement… Je lui ai répondu : « Ben oui, pour la régionales. » « Ah ! Mais on votait pourquoi, alors, hier ? » « Ben pour le département. » « Il fait quoi le département ? » « Bah, l’aide sociale, les collègues, les routes,… C’est pour ça qu’on a voté hier ! » « Moi pas ! J’ai voté pour la gauche. » « C’est bien… »

Je suppose qu’il est comme la plupart des Français ou, du moins, de ceux qui votent. Il ne sait pas pourquoi. Moi-même, je connais assez bien à quoi sert le département mais je ne sais pas du tout ce que proposaient les braves gens pour qui j’ai voté (au premier tour seulement). De toute manière, on a nos élus qui devront ensuite négocier avec d’autres forces politiques pour former une majorité. C’est triste à dire mais on ne vote pas pour un programme ou un projet. De toute manière, il n’est pas appliqué.

L’ami Yann fait le même constat, à partir des résultats de la dernière élection et du nombre de suffrage exprimés : 45,82% des électeurs ont fait un choix. Il faudrait faire une étude plus précise mais une grande partie des électeurs ont fait un choix purement politique en fonction des étiquettes, pour ou contre les socialistes au gouvernement, pour ou contre la droite traditionnelle et les gros partis… Une autre grande partie a voté pour une personne en qui ils ont confiance.

Quel est le taux d’électeurs qui ont choisi en fonction des propositions ?

Je vous livre la conclusion de Yann : « Comprendre tout cela devra ou devrait être l'une des priorités des partis politiques. A défaut, notre système électoral, pourrait vaciller encore plus lors des scrutins à venir et devenir, une Bérézina nationale. »

La suppression des départements, en tant que collectivité territoriale, fait régulièrement débat (tout comme, d’ailleurs, l’utilité du Parlement européen mais pour de mauvaises raisons, les gens ignorant le fonctionnement des institutions). En étudiant la campagne des départementales et ces chiffres, elle devient de plus en plus une évidence ou, du moins, celle de la nécessité de revoir ses attributions pour les limiter à une représentation auprès de la région et de l’Etat et la mise en valeur du territoire qu’il couvre. Par exemple.

Il y a des gens qui militent pour une sixième République pour améliorer la démocratie. Pour ma part, je pense que la démocratie mériterait moins d’élections. Ce n’est pas paradoxal. Il y a tellement d’élections qu’on ne sait plus à quoi elles servent et on vote pour autre chose. C’est antithèse de la démocratie.

Je suis donc pour le renforcement des intercommunalités, donc des communes, au détriment des départements car elles sont l’émanation du pouvoir des maires qui siègent dans les collectivités correspondantes et en forment pour partie l’exécutif. 

Je suis aussi pour de grandes régions avec un réel pouvoir en matière d’économie et d’aménagement du territoire.

Je suis pour le changement radical de mode de scrutin pour les législatives. On devrait en avoir un comme pour les communes et les régions, comme ce qui se pratique à l’étranger, avec des scrutins de listes, les résultats permettant d’en déduire un exécutif et une coalition pour diriger le pays.

Je n’ai rien contre la présidentielle mais il faudrait arrêter de la coupler aux législatives. Il ne devrait pas revenir au président de mener la politique de l’Etat. Regardez la définition du Larousse du mot « président ». Un président est là pour présider, pas pour gérer.

Je suis pour un changement radical du mode de scrutin pour les européennes, comme pour les législatives : il faut un vote à l’échelle de l’Europe qui permette, comme les municipales chez nous, de désigner l’exécutif.

Hop !

Un jour on retrouvera la démocratie…





30 mars 2015

Léger revers électoral...

Au lendemain de ce que, pour le plaisir d’utiliser un euphémisme, on peut appeler un léger revers électoral, il est amusant de regarder les analyses faites par les uns et les autres, dans les blogs. A droite, ils disent que la gauche a perdu parce que le gouvernement est trop à gauche et à gauche parce qu’il est trop à droite. Faudrait savoir ! Encore une fois, les blogs se montrent particulièrement inutiles et il faut que je me surpasse pour faire pire que les autres.

On y trouve néanmoins des choses intéressantes, comme ce billet de Captain Haka. Il constate que le Front National a fait pschitt avec peu de cantons gagnés alors qu’on lui promettait des départements. Il faut modérer les propos de l’ami, maintenant : le score du Front National, au premier tour, est très élevé. Mais il serait temps de parler d’autre chose.

Le billet de Perdre la Raison est intéressant aussi. Je lui pique son schéma et j'en balance un autre pour lui faire plaisir. Il montre l’évolution du nombre de conseillers départementaux depuis les cantonales de 1998. Il est clair que l’on vient de balayer 17 années de victoires… Il n’empêche que la gauche reste mieux implantée localement qu’à cette époque. En outre, le système électoral a été modifié : ce sont tous les conseillers qui ont été renouvelés alors que, auparavant, seule la moitié était concernée : les variations sont bien plus brutales maintenant. En fait, on dirige toujours plus de département qu’en 1998 avec beaucoup moins de voix…

David, quant à lui, évoque le résultat dans son département, les Côtes d’Armor. Moi qui suis natif du coin, je n’imaginais même pas la possibilité que la droite gagne. Et pourtant…

Evolution des scores aux élections départementales (premier tour)
Ainsi, chacun à ses explications pour cette défaite. Julien Dray en avait une bonne : la gauche ne fait plus envie. Tiens ! Prenez les Côtes d’Armor et ses socialistes. En presque quarante ans, on a eu deux présidents du Conseil général.


Quand certains réclament un coup de barre à gauche, Julien Dray demande « à gauche de quoi ? » et poursuit : « Quand vous avez un vote comme vous avez autour du Front national, vous voyez bien qu'il y a des questions importantes qui sont posées, sur l'identité de France, son avenir, son rôle. »

24 mars 2015

Vous voulez des chiffres ?

On continue à lire des analyses diverses au sujet du résultat des élections. Par exemple, je voyais un papier, ce matin, où le rédacteur tentait d’expliquer que le Front National n’a pas réellement réussi. C’est évidement n’importe quoi. Quand je vois qu’il est 15% dans mon canton de Centre Bretagne, je suis sidéré. Certains lascars vont jusqu’à prétendre que le vote frontiste dans les zones urbaines n’a pas de rapport avec l’immigration. Je leur conseille d’aller y faire un tour et de discuter avec les braves gens dans les commerces.

Par exemple, ce matin, je lisais un article qui expliquait que les écolos se disaient avoir été volés par le ministère de l’intérêt qui leur donne un résultat de 2% parce que ce chiffre ne prend pas en compte les circonscriptions où ils ont fait « liste commune », soit avec le Front de Gauche soit avec les socialos. Qu’ils nous expliquent ce que le ministère aurait du faire ! Ils nous disent que dans les cantons où ils se sont présentés avec une étiquette EELV, ils sont à près de 10%. Je peux leur répondre qu’ils se présentent à leur couleur dans les patelins où ils font habituellement de bons scores et font donc naturellement de meilleurs scores…

Avec des raisonnements comme cela, il est assez facile de démontrer que l’UMP a fait un bide complet puisqu’ils ont fait seulement 6,57%.  Or l’ensemble de la droite de gouvernement fait 36,6%. Certains n’ont pas encore compris le système électoral en France… Vous me direz que la proportionnelle serait bienvenue en France mais on arrivait à la situation allemande avec l’obligation de faire des coalitions entre les deux plus grands partis…

Ce qui importe est l’évolution globale des scores aux élections locales. Heureusement pour vous : je suis là. On va regarder l’évolution depuis belle lurette des scores aux cantonales en séparant trois groupes de candidats : la gauche dite parlementaire, la droite dite de gouvernement incluant le centre et la droite de la droite. Appelons-les gauche, droite et Front National.

Gauche
Droite
Front National
Cantonales 1973
53,94
46,06
Cantonales 1976
55,8
42,86
0,61
Cantonales 1979
51,31
43,52
0,69
Cantonales 1982
49,06
49,73
0,2
Cantonales 1985
40,64
49,07
8,84
Cantonales 1988
47,42
45,43
5,39
Cantonales 1992
Non disponible
Cantonales 1994
43,77
44,64
10,03
Cantonales 1998
44,29
40,11
13,66
Cantonales 2001
45,85
41,85
9,9
Cantonales 2004
45,43
37,07
12,13
Cantonales 2008
47,77
45,13
4,85
Cantonales 2011
48,97
32,96
15,06
Départementales 2015
36,7
36,6
25,31


N’oublions pas que d’une année à l’autre, ce ne sont pas les mêmes cantons qui votaient et que le mode de scrutin a changé pour la dernière fois. Avec ceci, on peut en tirer un tas de conclusions. Par exemple, les chiffres sont clairs : la gauche était en tête dimanche mais elle a fait le pire score de son histoire récente. Son précédent plus mauvais score était en 1985 alors qu’elle était au pouvoir depuis quelques années. Elle a fait son meilleur score des 30 dernières années en 2001 alors qu’elle était au pouvoir dans une conjoncture économique sacrément bonne.

Regardons entre 1982 et 1985. La droite ne bouge pas. La gauche perd 8,5. Le FN gagne 8.5. Regardons entre 2008 et 2011 : en 2008, la droite (comme à la présidentielle de 2007, l’effet « Sarkozy ») avait siphonné l’électorat du FN et l’a perdu ensuite (comme à la présidentielle de 2012).

En 2014, la gauche perd 12 points au profit de l’UMP et surtout du FN. La gauche est la grande perdante, comme elle l’est à chaque fois qu’elle est au gouvernement pour une longue période. C’est dommage que Wikipedia ne donne pas plus de précisions sur les chiffres de 1992 mais rappelle qu’ils avaient été catastrophique au point que François Mitterrand a du virer le premier ministre, Edith Cresson, à leur issue.

Si la droite gagne un peu, elle reste à un niveau exceptionnellement bas.

En 40 ans, la gauche a perdu 15 « points » dans son électorat et la droite 10. Le Front National en a pris 25. Le compte est bon. Ou pas. Et en 2011, on aurait pu démontrer que la gauche a perdu 5 point et la droite 10 sur cette longue période et que le FN en a pris 15. 


Ces querelles de chiffres ne servent qu’à masquer une évidence… Les écolos peuvent toujours prétendre qu’ils représentent 10% et pas 2 et les blogueurs de gauche gouvernementale expliquer que la baisse n'est que conjoncturelle... On peut analyser la défaite du PS par ses divisions et relativiser cette défaite par le fait que des primaires permettront de ne pas trop perdre.

Pendant ce temps, le Front National s’installe.

23 mars 2015

Des couilles, à droite !

Le sénateur maire de Nîmes s'oppose frontalement à Nicolas Sarkozy et appelle franchement à faire barrage au Front National. Vive lui, et vive tous les électeurs de droite de ce département qui vont prendre leurs responsabilités. Je me demande si j'en connais... ;-) 

Départementales : désistement des candidats de la gauche unie au profit des candidats du Front de Gauche au Kremlin-Bicêtre

Tout est dans le titre, cela a été annoncé ce soir. Dans le canton du Kremlin-Bicêtre - Gentilly, la "liste" menée par la gauche unie, le MRC, le PRG et le Parti Socialiste mais pas EELV se retire au profit de "la liste" de gauche passée en tête, celle du Front de Gauche. Cette dernière sera donc la seule en lice au second tour, si je compte bien.

Honnêtement, ce n'est pas la solution que j'aurais préférée. Je laisse décider la gauche unie si c'est la meilleure mais je n'oublierais jamais que le candidat FdG s'est désisté face à gauche de gouvernement pour les législatives en 2012.

Pierre Gosnat aurait apprécié ce choix.

L'école des fans

N’arrivant pas à avoir les résultats pour « mes cantons », je ne me suis pas réellement intéressé au détail des résultats du premier tour des départementales, hier soir. Du coup, c’est ce matin que je me suis mis à lire la presse où j’ai constaté que tout le monde avait gagné.  Par exemple, le PS et ses alliés ont pris une raclée mais ont mieux résisté qu’annoncé.

Les principaux perdants sont ainsi les annonceurs en question, dont moi, d’ailleurs, vu que je pensais que l’abstention dépasserait 60%. Les 50% semblent miraculeux d’autant que le précédent scrutin était couplé à une élection municipale où les électeurs se déplacent plus facilement. Ce regain de participation ne semble pas être pour donner une gifle aux socialistes vu qu’ils ont mieux résisté…

En publiant les chiffres définitifs, lesEchos nous disent : « Au total, gauche et droite sont au coude-à-coude à 36 %. » Si ma tante en avait, il resterait donc 28% pour les autres dont le Front National qui n’est même plus classé dans la droite par la presse du même nom.

Par rapport à la moyenne des deux scrutins précédents : la droite ne bouge pas, le FN prend 15 points et "la gauche de gouvernement" en perd 10 et la vrauche deux ou trois.


Le plus grand perdant est néanmoins l’humour dans lesblogs politiques, pas la dénonciation. 

20 mars 2015

Votons puis supprimons l'élection

Les élections départemento-cantonales arrivent. C’est l’objet du billet de mon copain FalconHill qui est de droite et souhaite la victoire de la droite mais votera à gauche car le candidat socialiste est un homme remarquable. Je me moque ! Il nous dit surtout son attachement à son canton et au département. Alors je vais lui dire pourquoi je n’y suis pas attaché.

En préambule, ce n’est pas parce que je ne suis pas attaché au canton et au département, que l’élection de dimanche n’est pas importante ! Allez voter. Surtout si vous habitez dans le Val de Marne et votez à gauche… Une page dans le Parisien d’aujourd’hui nous met en garde : la majorité risque fortement de basculer à cause des divisions de la gauche… Allez voter parce que le rôle du département est important.

Le canton

Il ne correspond plus à grand-chose d’un point de vue géographique ou démographique et à aucune entité administrative ou de gestion. Les structures de proximités sont les communes et leurs regroupements divers, qu’on les appelle « intercommunalités » ou « pays ». Le canton n’est qu’un truc abstrait, utile uniquement pour le vote au conseil départemental (ex général). Ces machins sont encore plus grotesques dans les métropoles…

Quand ils ont été créés, lors de la révolution, ils étaient une division administrative qui ne devait pas dépasser 10 kilomètres de rayon. Ils ont évolué et tout ça. Avant la décentralisation, ils envoyaient un représentant du territoire auprès de la structure administrative de l’Etat la plus proche, le département.

Avec la décentralisation de 1982, le conseil général qui regroupait ces représentants a commencé à avoir des compétences propres. Le conseil général est devenu un lieu de décision avec un exécutif, avec des compétences.

Le mode de scrutin aurait du être changé pour se rapprocher de celui utilisé pour les communes et les régions, c’est-à-dire un scrutin de liste avec, pour résumer, les types qui arrivent en tête formant l’exécutif (comme les adjoints au maire ou les vice-présidents des conseils régionaux). On aurait alors voté pour un programme et une tête de liste, futur chef de l’exécutif.

Avec le mode de scrutin actuel, on vote pour un représentant (deux pour être exacts) mais pas pour un exécutif et des actions qu’il pourrait mettre en œuvre. Et on le voit à cette campagne : ce que pourrait faire les formations politiques arrivées en tête n’est pas évoqué puisque le scrutin n’est pas départemental.

A noter que mon avis sur les législatives est à peu près le même (à la différence près que la campagne étant nationale et suit généralement une présidentielle, on y voit plus clair, d’autant que le premier ministre, chef de l’exécutif, est une personnalité du parti arrivé en tête).

Le département

On nous dit : la gauche veut supprimer les départements. C’est faux. La gauche veut supprimer la collectivité territoriale, c’est-à-dire le conseil départemental. Il n’est pas question de supprimer le département en tant qu’échelon administratif de l’Etat avec, notamment, les préfectures. Le projet de la gauche est de transférer les compétences du conseil départemental aux échelons en dessous (l’intercommunalité) et au-dessus (la région) pour différentes raisons, soit être plus proche des gens soit avoir des structures plus puissantes (par exemple, l’aménagement des routes ne doit pas être centré sur les départements mais doit être réparti entre la proximité et la région).

La droite avait un projet équivalent, annulé par la gauche, qui était de laisser les conseils généraux mais avec les mêmes élus que l’échelon régional tout en cassant le scrutin de liste des élections régionales, ce qui aurait été une catastrophe, rendant les régions ingérables car dans l’incapacité de trouver une majorité (imaginez si elles avaient lieu maintenant avec 20% d’élus du FN, 40 de la gauche et 40 de la droite).

Le conseil général doit donc disparaitre.

L’élection cantonale


Elle servait à avoir un représentant auprès de l’Etat à moins de deux heures de chez soi. A l’heure d’internet, de l’avion qui nous amène d’à peu près partout en deux ou trois heures au centre de Paris et des chaines de télévision qui transmettent les débats  à l’Assemblée, le représentant est-il toujours utile d’autant que les gens ont totalement oublié sa fonction… ?

18 mars 2015

Porc en campagne

Cochon très stigmatisé
On ne pouvait évidemment pas avoir une campagne électorale sans une dose de stigmatisation des musulmans avec cette histoire du maire de Châlons-sur-Saône qui a décidé de supprimer le menu de substitution pour les gamins qui ne mangent pas de porc dans les cantines scolaires.  Ni ailleurs, d’ailleurs, mais la question n’est pas là. Evidemment, il a fait ça juste avant une intervention de Nicolas Sarkozy au journal de TF1. Ce dernier (Sarko, pas le journal, essayez de suivre) a donc pu rebondir.

« Si vous voulez que vos enfants aient des habitudes alimentaires confessionnelles, vous allez dans l'enseignement privé confessionnel ». « Quand vous allez dans un établissement public (...), c'est l'enseignement de la République, la République est laïque, et nous refusons absolument – c'est notre tradition, c'est notre façon de vivre, c'est notre idéal – qu'on fasse la différence entre des personnes, dans le service public, en fonction de leur appartenance religieuse ou de leur origine. »

Je vous passe le fait que l’heure devrait être à l’apaisement et un responsable politique prétendant avoir une stature de chef d’Etat devrait éviter ce genre de propos. Politiquement, c’est idiot. Il aurait pu dire une connerie du genre : « il est dommage que cette décision ait été prise en période électorale. J’appelle au discernement »

Sur le fond, je m’en fous un peu. Il ne coûte pas très cher à une école d’avoir des œufs ou des steaks hachés en réserve. Il ne faut pas confondre ce problème avec celui du voile, par exemple, qui est un signe ostensible d’appartenance à une religion et de soumission des femmes.

Je suis donc parfaitement d’accord avec l’ami Sarkofrance.

La position du blogueur de droite Pierre Parrillo est plus rigolote puisqu’il arrive à taper sur le gouvernement. Il commence fort : « Le truc est tellement gros que je ne peux pas ne pas en parler ! » Cela veut dire qu’il n’a rien à dire.  Gageons que si Najat Vallaud-Belkacem avait soutenu le maire de Châlons, PP lui serait rentré dans le lard, au nom de la protection de l’enfance, du vivre-ensemble et de je ne sais quelle connerie.


La réflexion n’est pas le fort de la Sarkozie.

Après, le président de l'UMP accuse la gauche de faire monter le Front National... On croit rêver.

17 mars 2015

Questions pour une élection

Les grands oubliés des élections départementales semblent être les départements et le seul enjeu de mesurer les forces en présence entre le Front National, le Parti Socialiste et l’UMP avec quelques sujets annexe, comme « chez moi », où le Front de Gauche risque de perdre le département. Marine Le Pen et son parti semblent au cœur de la campagne et certains accusent Manuel Valls d’avoir volontairement fait porter le débat sur le Front.

Alors, est-ce volontaire ? Cela fera-t-il monter le FN comme on nous le dit ou, au contraire, baisser, comme le disent les socialistes ?

A regarder la presse, ce matin, on avait l’impression d’assister un combat de coqs entre Manuel Valls et Nicolas Sarkozy. J’allais broder sur ce thème, dans mon billet, mais le premier ministre a lui-même déclaré : « Ce n'est pas un duel de personnes, ce n'est pas un duel de coqs à distance de quelques kilomètres. C'est un combat pour le pays. » A se demander si Manuel Valls ne se fait pas un malin plaisir à rabaisser l’ex. Il me fait un peu penser à Jacques Chirac, quand il avait sorti à Laurent Fabius : « Soyez gentil de me laisser parler et d'intervenir incessamment comme un roquet ! »

Et si le but du premier ministre était aussi d’empêcher Nicolas Sarkozy de parler, de le rabaisser au niveau d’un chef de parti type Caliméro, l’obligeant à des sorties comme celle du vote FN qui équivaut au vote PS, dans de la petite politique politicienne. L’ex a toujours refusé de débattre avec d’autres chefs de partis pour préserver sa stature. Manuel Valls ne serait-il pas en train de la casser ? Nicolas Sarkozy parait à la ramasser derrière Marine Le Pen, voulant absolument devenir le chef de l’opposition alors qu’elle est en passe de lui ravir le titre ? Pendant ce temps, Manuel Valls se pose comme le chef de la majorité…

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas : je sais qu’un blogueur de droite pourra effectivement faire le raisonnement inverse et expliquer que Nicolas Sarkozy arrive à faire sortir du bois Manuel Valls, réussissant à élever le débat au-dessus des partis, la droite contre la gauche. Et si, finalement, cette guerre des coqs n’arrangeait pas les deux éminences ? Et si ce n’était pas pour préfigurer la match de 2017 ? Les deux n’ont-ils pas déjà fait une croix sur les élections départementale, scrutin inutile au vu de l’abstention qui devrait dépasser 60%...

Pourquoi Nicolas Sarkozy est-il allé soutenir Georges Tron qui est mis en examen dans une histoire de viol, sous le regard bienveillant de Serge Dassault alors que ce dernier fait la une de la presse ? A-t-il perdu la main ou met-il son parti en roue libre jusqu’à la création du nouveau, Les Républicains ? Belle trouvaille, ce nom… Aux élections suivantes, nous auront les Républicains contre les autres…  Et s’il n’arrangeait pas Manuel Valls, lui qui a rêvé de changer le nom de son propre parti ? N’assiste-t-on pas à une tentative conjointe de rebipolariser la scène politique française ? L’opposition contre la majorité et vice versa.

Ainsi, ces départementales entraînent plus de question de ma part que de réponses. Après le dépouillement, des seconds couteaux viendront faire des déclarations à la mords-moi-le-nœud devant les caméras. C’est un choc, le premier parti de France est l’abstention, c’est un message que doit comprendre le gouvernement et toutes ces conneries qu’on entend à chaque fois.

Ca me fatigue déjà.


15 mars 2015

Petite politique de gauche pour les élections départementales - Le Kremlin-Bicêtre Gentilly

Conseil Général se demandant ce qu'il a fait au bon dieu
Ce que j’aime, dans les week-ends avant les élections, c’est qu’on rencontre plein de militants politiques dans les rues. Je crois que, ce matin, je vais aller sur le marché de bonne heure. Toujours est-il que, hier, ils m’ont raconté plein de choses ce qui me permet d’imaginer une belle histoire.

Il était une fois… Alain Desmarest. C’est notre conseiller général, issu pas des pieds mais du Parti Communiste. La bonne entente régnait avec « la gauche socialiste ». Avant les élections, on se mettait d’accord : à toi le canton, à moi la commune. Hop ! Il y a quelques mois, Alain Desmarest a annoncé qu’il ne se représentait pas. Alors, à l’heure de la préparation de la nouvelle élection, dans un canton légèrement élargi, la gauche socialiste est allée voir le Front de Gauche et leur ont proposé de continuer à travailler ensemble. Ils lui ont proposé : tu mets un candidat, on met l’autre. A notre époque, ça aurait eu de la gueule non ?

Le Front de Gauche a dit : ah ben non, on est les sortants, on veut les deux têtes de liste et finalement, Alain Desmarest se présente. La gauche socialiste a dit : bon ben d’accord, on va présenter les suppléants. Le Front de Gauche a dit : ah ben non, le suppléant d’Alain Desmarest sera du Front de Gauche. On vous laisse la place de suppléant de la candidate. La gauche socialiste a remué un peu les neurones de sa tête et a pensé : ah ben, Alain Desmarest se présente mais ne siègera pas, ils veulent donc la place de suppléant pour que ce dernier puisse occuper la fonction. Nous ne rentrerons pas dans ce jeu.

C’est ainsi qu’on se retrouve avec deux listes de gauche dans le canton du Kremlin-Bicêtre – Gentilly, trois si on compte celle des écolos, qui veulent bien être nos partenaires à la municipalité pour avoir des délégations à la commune mais se présentent fasse à nous aux autres élections.

Voila donc les projets qu’avaient le Front de Gauche et le parti communiste : présenter quatre candidats dont trois issus de leur rang, sans s’occuper de la représentativité du parti, dont le conseiller sortant qui ne siègera pas.

C’est moche. Aucun respect pour l’électeur.

Il serait temps que le Parti Communiste Français se rende compte qu’il va crever. Ce n’est pas comme le Parti Socialiste qui est dans une mauvaise passe vu la conjoncture économique nationale et tout ça. Le Parti Communiste baisse depuis longtemps. Dans le quartier, ils ont perdu un de leur fief, Villejuif, aux municipales et, aux législatives, ils ont perdu la circonscription. Il devrait voir que la sociologie de la petite couronne a changé : ce n’est plus le réservoir du PC avec des habitants étant ouvriers à Paris, mais un repère de bobos comme moi. Le Front National ayant réussi à piquer le programme du PC des années 70, il ne reste plus grand-chose pour le PC qui va peut-être réussir à gagner l’élection rien que sur le nom du sortant qui ne siègera pas.

Compte tenu de l’électorat du coin, il aurait été logique qu’il y ait une seule liste de gauche avec, parmi les têtes de listes un candidat du Front de Gauche et un du MRC, les places de suppléants étant laissées au PS et aux écolos.


Il serait temps que « l’autre gauche » joue la gagne.

09 mars 2015

Il parait qu'on vote bientôt...

Cette élection cantonale est surprenante. Tout d’abord, c’est la première fois qu’on utilise ce mode de scrutin et la suppression des départements étant annoncée, on se demande si ce n’est pas la dernière…

Toujours est-il que ce week-end, j’ai commencé à lire les tracts des candidats dans mon coin. Celui du Front de Gauche (qui dirige le département) est trop épais : personne ne va le lire. Ceux des autres candidats semblent ne pas présenter de projet.

J’ai même rencontré un candidat qui distribuait ses papiers et qui ne m’a dit qu’une chose, qu’il était né dans la commune et que je pouvais consulter le projet sur leur site web  mais je ne l’ai pas trouvé…

J’ai engueulé le type de l’UDI (que je connais bien) parce qu’il faisait candidat commun avec l’UMP. La stratégie est simple : ils pensent que personne de gauche n’aura suffisamment de voix au premier tour pour figurer au second.

J’encourage donc les électeurs à voter pour les candidats que je présentais vendredi, Sarah Benbelkacem et Jérôme Giblin, les candidats de la gauche rassemblée.

L’autre particularité de cette élection est qu’au niveau national, il semble qu’on ne parle que du Front National, que cela soit de la part du chef du plus grand parti d'opposition que du chef de la majorité.

Toujours est-il qu’on n’a aucune idée des projets qui pourront être mise en œuvre par les candidats pour qui on vote et qui pourront former une majorité.


C’est ballot.

06 mars 2015

Elections départementales Le Kremlin-Bicêtre - Gentilly

L'élection approche et il m'a fallu faire un choix ce qui n'a pas été une mince affaire tant j'espérais que le Front de Gauche ne laisse pas qu'un vague strapontin aux autres partis.

Le Front de Gauche continue à vouloir torpiller la gauche dans son ensemble. Il va perdre le canton et probablement le département, un des rares qui lui restait. J'aurais pu voter pour Alain Desmarest et sa comparse mais je ne peux me résoudre à porter dans l'urne un bulletin estampillé par le parti dont Jean-Luc Mélenchon est le taulier. Tiens ! Je suis abonné à son blog. Dans son dernier billet (dont je n'ai lu que l'introduction), il accuse encore le gouvernement et les médias de faire monter le Front National. Il n'a rien compris et cela m'énerve au plus haut point. Peut-il se imaginer que la plupart de ses idées, de ses propos, sont un profond repoussoir à électeurs, qui en font la démonstration dans les urnes ?

Je vais donc voter pour Sarah Benbelkacem et Jérôme Giblin, les candidats de la gauche rassemblée, pour des raisons politiques alors que des critères physiques me sembleraient largement suffisants.

Rappelons ce que gère le département spécifiquement dans notre beau canton : 4 CRÈCHES DÉPARTEMENTALES : Le Chaperon Vert et Gabriel Péri (Gentilly), Lacroix et Charles-Gide (Le Kremlin-Bicêtre) • 4 CENTRES DE PROTECTION MATERNELLE ET INFANTILE (PMI) • 3 COLLÈGES : Rosa-Parks (Gentilly), Albert-Cron et Jean-Perrin (Le Kremlin-Bicêtre) • 1 ESPACE DÉPARTEMENTAL DES SOLIDARITÉS (EDS) à Gentilly • 1 PARC DÉPARTEMENTAL : le parc du Coteau à Gentilly • 1 STATION DE RER (LIGNE B – GENTILLY) et 1 STATION DE MÉTRO (LIGNE 7 – LE KREMLIN-BICÊTRE).

Aux urnes !