En salle

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31 mars 2015

Parler aux électeurs ?

« Interrogé sur RTL quant à la situation économique française, Jean-Luc Mélenchon a refusé d'envisager l'assouplissement du marché du travail comme une solution de relance. "L'assouplissement, c'est un durcissement des conditions pour les travailleurs", a dit le député européen. Le problème se pose, selon lui, par les carnets de commande. "Est-ce que les carnets de commande des entreprises sont pleins ou est-ce qu'ils sont vides ? Et pour que les carnets de commandes se remplissent il faut qu'il y ait de la production". » C’est dans le Figaro du jour…

Je suis tombé dessus en cherchant « Mélenchon » dans Google News pour argumenter dans le cadre d’une discussion avec des potes. C’est la première phrase qui m’intéressait à l’origine et je vais y revenir. Mais la dernière a généré une certaine hilarité de ma part. Outre le fait que je me demande comment il va faire de la production (il est complètement déconnecté, visiblement), il ne fait que défendre la politique de l’offre…

Cette discussion porte sur le fait que la gauche ne sait plus s’adresser aux catégories populaires. Les ouvriers et les employés votent maintenant plus pour le Front National que pour un des partis dans la moitié gauche de l’échiquier politique. Et cette première phrase est emblématique. A gauche, on sera bien d’accord pour protéger les salariés mais seule une minorité de l’électorat fait partie de ces salariés qui pourraient pâtir d’un assouplissement. Pas facile d’être à gauche, de lutter contre les privilèges tout en devant bien admettre qu’avoir un travail dans une boite solide, où l’on n’est pas susceptible d’être licencié dans le mois, est devenu un privilège…

« Il propose pour l'avenir un rassemblement des forces de gauche, « quelque chose d'extrêmement large pour donner une alternative aux français ». L'idée étant de rassembler sous une même bannière parti de gauche, socialistes démissionnaires, verts ou encore nouvelle donne, entre autre. "Ma vie est éclairée par le combat", rappelle Mélenchon, qui "refuse d'être embauché dans le tripartisme" s'étant fait jour au lendemain des départementales. »

C’est notre mode de scrutin qui a généré le tripartisme qui en est un faux : le Front National n’a pas d’élus ; dans les « assemblées », les débats sont entre la gauche et la droite, pas d’extrême… La solution, pour en sortir, c’est la proportionnelle mais si on introduit une dose de proportionnelle, le Front de Gauche perdrait une partie de ses élus et le Front National en gagnerait des tas.

En outre, le rassemblement qu’il propose, parfaitement honorable mais peu crédible (on attend de voir leur position commune sur l’Europe), regrouperait au maximum 20% de la population et ferait passer le PS « dans ces eaux-là ». Avec des votes nominatifs, tous les bénéfices iraient à la droite. Avec des votes sur listes, des majorités seraient impossible à trouver et on aboutirait à des coalitions « autour » de l’UMP.

Je tacle un peu Jean-Luc Mélenchon. Cécile Duflot mériterait aussi une avoinée. C’est Le Point qui s’en charge en expliquant qu’elle fait une Fixation sur Manuel Valls. Encore une fois, elle se coupe complètement des électeurs sans même se rendre compte que tout le bénéfice ira à Jean-Vincent Placé, François de Rugy et Barbara Pompili qui sont favorables à un retour des Verts au gouvernement.

Il n’y a pas que la gauche de la gauche qui ne sache plus s’adresser aux braves gens. Regardez cette copie d’écran de Google News, prise dans l’après-midi. Le premier article parle de Marisol Touraine qui veut rétablir le fond de la loi sur la prostitution. Qu’en pense le peuple ? « Ils nous font chier ». Le deuxième article est au sujet de Manuel Valls qui regrette de ne pas avoir baissé les impôts. Qu’en pense le peuple ? « Il nous prend pour des cons. »

La question est de savoir à qui s’adressent Mmes Duflot et Touraine et MM. Mélenchon et Valls. Aux autres responsables de gauche, aux militants ou aux braves gens ?

Imaginons, par exemple, que Manuel Valls s’adresse au reste de la gauche pour dire « bon ben ho je vais infléchir ma position, ne vous fâchez pas, hein ! ». Est-ce vraiment de gauche de baisser les impôts et donc les moyens de faire une jolie « redistribution » ?

N’est-il pas dans la même situation que Jean-Luc Mélenchon qui prône la politique de l’offre sans s’en rendre compte ?

Remettez-vous !

Il ne sert à rien de s'interroger sur les raisons de la défaite. La gauche et la droite ont toujours perdu les élections locales quand ils étaient au pouvoir depuis quelques années et à chaque législative depuis 1981, sauf en 2007, il y a eu alternance. On a toujours trouvé des analystes en culotte courte qui connaissaient mieux les raisons que les autres.



02 octobre 2013

Va-t-on faire ceinture sur la remontée de bretelles ?

La presse nous annonce que François Hollande devrait profiter du Conseil des ministres pour remonter les bretelles de ses ministres et faire preuve d'autorité. Comme si la presse avait la moindre idée de ce qu'allait dire le président. Qu'importe, il faut bien meubler. L'actualité politique est assez vide aujourd'hui.

Il me semble que Jean-Marc Ayrault a recadré Manuel Valls, hier, à l'assemblée en réponse à une question d'un député UMP. Ils sont bien bêtes, à l'UMP, d'offrir une porte de sortie à la majorité.

Pour ma part, je n'ai pas aimé les propos de Manuel Valls mais il faut bien admettre que plus il se droitise plus l'UMP fait n'importe quoi. C'est un bonheur pour un blogueur de gauche de rechercher "Estrosi" dans Google News quand il n'a pas d'idée de billet.

Quant à Cécile Duflot, c'est en tant que responsable de parti politique qu'elle a dit des conneries à une période où son parti politique est au plus mal. Tiens ! Vous avez vu ? Eva Joly a encore dit des bêtises. Il faudrait qu'elle se rende compte que l'écologie ne peut pas être une orientation politique à elle toute seule.

Le président de la République a-t-il pour vocation de remonter en public les oreilles d'un chef de parti ? Non. À la limite, le premier ministre, en tant que chef de la majorité, pourrait le faire. Pour ma part, je considère que c'est au PS, collectivement, d'envoyer bouler les Verts.

La pauvre Cécile Duflot. La moitié des cadres de son parti lui tombent dessus. Je n'ai pas l'habitude de la défendre mais ils ne se rendent pas compte qu'elle a réussi à faire exister politiquement son parti. 2 députés et un groupe parlementaire, ce n'est pas rien. Eva Joly devrait se rappeler de son score à la présidentielle avant de donner son avis. Elle a rendu son parti ridicule.

Je ne sais pas ce que va faire François Hollande. Si j’avais un blog de droite, je préparerais deux billets. Le premier sur le thème : « C’est tellement le bordel dans ce gouvernement que le président est obligé d’intervenir alors qu’il avait dit qu’il n’interviendrait pas. » Le deuxième sur le thème : « C’est vraiment le bordel dans ce gouvernement et le président n’est pas capable de faire preuve d’autorité. » Comme ça, quels que soient les propos du président, je serais prêt à dégainer…

C’est donc vous dire que le sujet n’a strictement aucun intérêt. Laissons Cécile Duflot faire ce qu’elle a envie, surtout qu’elle a peut-être dit ses bêtises avec l’accord de Hollande pour calmer un peu ses partisans… Va savoir…

22 juin 2012

Une bourde, des élections et un remaniement

L’actualité politique a été riche en événements anodins, hier, avec un léger remaniement ministériel, des élections dans les groupes parlementaires et la sortie de Madame Morano.

Cette dernière inspire mon confrère Yann. Elle a dit : « Me faire passer pour quelqu’un par exemple qui serait raciste, alors que j’ai des amis qui sont justement arabes, et dont ma meilleure amie qui est tchadienne, donc plus noire qu’une arabe, je trouve ça choquant. »

Je vais apporter une correction : je ne crois pas qu’on vous accuse d’être raciste, on vous reproche uniquement les propos que vous tenez. Je ne sais pas trop ce qu’est le racisme qu’on emploie un peu trop facilement. Marcel Le Fiacre, éminent personnage de mon blog bistro, est raciste et ne s’en cache pas. Il se trouve que j’ai moi aussi des copains noirs, dont Tonnégrande, avec qui je passe des soirées au bistro. Mon grand jeu, à une époque, était de provoquer Marcel quand nous étions tous les trois accoudés au comptoir. Il s’agissait de pousser Marcel à critiquer les noirs et à lui rétorquer : « Oui, mais tu es bien avec un noir au comptoir, c’est un copain, non ? » ce à quoi il répondait systématiquement « oui, mais lui il est bien ».

On a tous son bon noir.

Cela étant, si vous voyez un blanc habillé de manière ridicule passer sur le trottoir, vous vous dites : « Tiens ! Un type habillé de manière ridicule. » Si vous voyez un noir habillé de manière ridicule, vous vous dites : « Tiens ! Un noir habillé de manière ridicule. »

Ceci est probablement très raciste.

Il faudrait que Madame Morano apprenne à ne plus être maladroite.

Des élections dans les Groupes parlementaires ?

Je crois bien que j’ai critiqué la réélection de Christian Jacob à la tête du groupe UMP, hier. Mon copain FalconHill me faisait remarquer deux choses en commentaires. La première est qu’il grotesque de maintenir ceux qui sont en poste et qui sont donc à l’origine de la déroute électorale. La deuxième est que le PS avait fait pareil en 2007 et que je ferais mieux de fermer ma gueule, ce en quoi il n’a pas tort.

Bruno Le Roux a été élu à la tête des députés socialos. C’est un proche de Hollande et c’est très bien. Je l’aime bien, lui. J’en parlais hier, je crois. Je l’ai rencontré une fois, à un point presse pendant la campagne de François Hollande. Ca me surprend toujours comment on peut se forger un avis sur une personnalité politique dès qu’on la rencontre…

Claude Bartolone a été élu par les socialos pour être leur candidat à la Présidence de l’Assemblée Nationale. Il sera donc élu vu que les socialos ont la majorité absolue. J’aime bien, finalement, la manière avec laquelle s’est tenue cette élection : ils ne se sont pas engueulés, il n’y a pas de sentiment de division. Bravo donc à Jean Glavany de s’être désisté.

Un petit remaniement

 Ce que j’en retiens, ce matin (j’ai lu les informations pendant notre soirée de blogueurs ce soir). Delphine Batho a quitté son titre de Ministre de la Justice qu’elle partageait avec Christiane Taubira. Elle devient Ministre de l’Ecologie en remplacement de Nicole Bricq. Il y a un nouveau Ministre en charge de l’agroalimentaire.

Pour le reste, je vais me faire aider par la presse.

LES NOUVEAUX ENTRANTS

Thierry Repentin,  « nommé ministre délégué à la formation professionnelle. A 49 ans, ce spécialiste des questions de logement, sénateur de Savoie et ancien secrétaire d'Etat au logement sous Jospin, hérite d'un poste qui n'existait pas dans le premier gouvernement Ayrault […] ». Ainsi, un spécialiste du logement est nommé à la formation professionnelle alors que la ministre du logement, Cécile Duflot ne connaît pas probablement pas plus le sujet que vous et moi…

Anne-Marie Escoffier « devient ministre déléguée à la décentralisation. Sénatrice de l'Aveyron, Mme Escoiffier est membre du Parti radical de gauche, allié au PS. » C’est une spécialiste du domaine mais j’attends d’avoir plus de précisions sur ce poste et de voir ses relations avec Marylise Lebranchu, sa ministre de tutelle…

Guillaume Garot « devient ministre délégué en charge de l'agroalimentaire. A 46 ans, le député-maire de Laval est un proche de Ségolène Royal. C'est la "surprise" de ce remaniement, où il n'était pas attendu. » C’est un poste bidon pour faire plaisir à Ségolène Royal ? Originaire d’un patelin où l’agroalimentaire est très important, je ne peux qu’approuver la création de ce poste. Attendons de voir comment le ministre se écartelé entre celui de l’agriculture et celui du redressement productif…

Hélène Conway « devient ministre déléguée aux Français de l'étranger. » J’ai assez gueulé contre le gouvernement de droite d’avant le 6 mai qui avait créé ce nouveau poste à des fins purement électoraliste pour être perplexe. Je me demande toujours à quoi il sert. Mes copains Louis et Poireau, éminents Français de l’étranger sont invités à m’expliquer.

LES CHANGEMENTS D'AFFECTATION

Nicole Bricq « passe de l'écologie au commerce extérieur. L'ex-sénatrice, plutôt décrite comme une spécialiste des questions d'économie, retrouve un domaine qu'elle connaît et quitte celui de l'écologie, où sa nomination avait surpris. » En gros, ils avaient fait n’importe quoi et réparent leurs conneries.

Delphine Batho prend l’écologie. Elle « était auparavant ministre déléguée à la justice. Egalement proche de Ségolène Royal, Mme Batho, qui n'avait pas de champ de compétence spécifique dans son ancien poste, hérite d'un ministère important. »

Je vais m’attarder un peu sur son cas. D’une part elle m’est très sympathique. Je l’avais rencontrée dans le même contexte que Bruno Le Roux (voir ci-dessus). D’autre part, je n’ai jamais compris ce qu’elle faisait rattachée à Christiane Taubira. Je ne voyais pas comment deux ministresses pouvaient avoir le même intitulé.

Christiane Taubira m’est très sympathique aussi pour une raison idiote. Tonnégrande, mon pote noir de comptoir, l’a très bien connue il y a longtemps, alors qu’il était lui-même engagé en politique en Guyane. J’aurais plein d’anecdote (rien de sexuel, rassurez-vous !) à vous raconter. Toujours est-il que c’est une femme de caractère et qu’on ne la voyait pas partager ses fonctions.

C’était, pour moi, la principale erreur de casting du premier gouvernement…

Le plus amusant dans cette histoire est que Tonnégrande est en relation avec Claude Bartolone, en tant que Président du Conseil Général pour le boulot. Nos prochaines conversations sont assurées…

Yamina Benguigui « perd la charge des Français de l'étranger pour ne conserver que la francophonie. » Mon blog s’appelant « Partageons mon avis », je ne vais pas me priver : je m’en fous.

Dominique Bertinotti, « ministre déléguée à la famille, prend en charge en plus les personnes handicapées. » Pareil.

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25 novembre 2011

En Vert et contre tous

Mon copain Nicolas de l’excellent blog Regarder le Ciel se lance aujourd’hui dans le blogagepolitique et pose un certain nombre de questions auxquelles je vais répondre sur le ton du trou du cul qui croit s’y connaître plus que tout le monde.

« Tout d’abord, je trouve étrange que concernant les négociations entre EELV et les PS sur l’attribution de circonscriptions pour les législatives de juin prochain, on puisse se baser sur les sondages (mauvais) attribués actuellement à Eva Joly, en oubliant les bons scores d’EELV aux dernières élections régionales et européennes. »

C’est une bonne question. Pour ma part, je trouve étrange que EELV ait rendu ses négociations publiques et ridicule qu’on les fasse dès maintenant comme si on s’en foutait des résultats de la Présidentielle. Comme si la candidature d’Eva Joly ne servait à rien.

Pour répondre à sa question, les « petites formations politiques » font régulièrement des bons scores aux régionales et aux européennes que les électeurs ne prennent pas franchement au sérieux et en profitent pour donner des baffes aux deux gros. A la Présidentielle, beaucoup plus de lascars se déplacent (voir les taux d’abstention) pour confier les clés de la boutique à une personne en qui ils ont confiance pour gérer le bordel pendant cinq ans.

A cause de notre constitution devenue grotesque au fil des jours, seule l’élection Présidentielle a une réelle importance.

A regarder le score aux précédentes Présidentielles, Eva Joly devrait faire 2 ou 3%. Le total, avec François Hollande et Jean-Pierre Chevènement, devrait atteindre 30 (plus si on se base sur les sondages mais moins si on se base sur les dernières présidentielles). Le PS envisage de laisser 10% de ses circonscriptions aux Verts, c’est mathématique.

Nicolas aurait pu se poser la question dans l’autre sens : pourquoi le PS se fait-il chier à laisser des circonscriptions à un parti qui lui met des bâtons dans les roues au risque de ne pas pouvoir réunir à lui tout seul la majorité absolue ?

« Ensuite, je suis surpris que l’on rappelle les mauvais scores (encore !)  des candidats écolos aux dernières présidentielles, les choses ont évolué depuis quelques années, l’environnement préoccupe de plus en plus les gens, enfin je crois… »

Pas du tout… D’ailleurs je viens de les rappeler… Qu’on se rappelle la dernière présidentielle… Dans les mois de préparation, on avait Nicolas Hulot qui gesticulait dans tous les sens et avait réussi à faire signer par tous les candidats son pacte pour l’environnement. On se disait que l’écologie rentrait enfin au cœur de la politique française. Tu parles ! Dominique Voynet a fait un score dérisoire à l’élection, les vainqueurs ont gesticulé autour du Grenelle de l’Environnement et plouf.

« Bon, il est vrai que seul Noël Mamère a dépassé les 5%  jusqu’à maintenant à une élection présidentiel… Les écolos aurait-il toujours misé sur le mauvais cheval ? Possible. »

Cette année, ça me parait certains ! Pas les années précédentes. En 2002, Noël Mamère a fait un bon score en partie parce que la campagne des socialos et de Lionel Jospin a été nulle. Moi-même je n’ai pas voté au premier tour… En 2007, Dominique Voynet a fait un mauvais score pour différentes raisons mais aussi parce que les Français ont choisi de « voter utile » en souvenir de 2002.

« Les sondages attribués actuellement à Eva Joly  ne sont-ils pas aussi le résultat du Grenelle de l’environnement ? »

Non. C’est le résultat d’une erreur de casting. Mais, suite à l’épisode Hulot de 2007 que je rappelais et au Grenelle, l’écologie est devenue ridicule d’un point de vue politique…

« Sarkozy n’a-t-il, finalement, pas réussi avec ce Grenelle à faire croire que l’écologie n’avait pas besoin des écologistes ? »

Je ne sais pas. Les électeurs savent que le Grenelle n’a rien donné. Et, je me répète, c’est le comportement de Nicolas Hulot en 2007 qui a tout fait foirer en laissant entendre que l’écologie n’était ni de droite ni de gauche (ce qui est peut-être vrai, la question n’est pas là, mais sa participation à la primaire ont donné un gros doute sur le positionnement politique des Verts).

« Le PS ne profite-t-il pas aussi de cette situation ? » A quel point ? Le PS subit les conneries des Verts dans les médias qui sont tout bénéfice pour l’UMP et laisse des circonscriptions aux écolos… Je n’appelle pas ça « profiter ».

« J’ai l’impression qu’il reste toujours un vaste fossé entre ceux qui ont des convictions écolos et ceux qui veulent faire une politique écologiste, que le terrain d’entente n’a pas encore été trouvé sur ce point même au sein d’EELV. »

C’est un des problèmes des écolos français, plus le sentiment qu’ont une majorité de militants qu’ils ont le monopole de l’écologie mais aussi que l’écologie était une fin en soi…

Vous vous rappelez de l’époque où l’UMP essayait de nous vendre une Taxe Carbone suite au Grenelle. Cécile Duflot avait été reçue à l’Elysée en grande pompe mais, de mémoire, elle trouvait que la taxe n’était pas assez élevée…

Elle avait pourtant oublié que la Taxe Carbone était un impôt sur la consommation qui allait peser sur les plus faibles ; je crois d’ailleurs que c’est Ségolène Royal qui avait été la première personnalité politique à le rappeler.

Quand les écolos croient gagner des victoires politiques de ce type, ils se plantent largement.

Par exemple, la bourse du carbone, mise en place après les accords de Kyoto, est un bon exemple : « Une bourse du carbone est un marché de négociation et d'échange de droits d'émission de gaz à effet de serre (CO2, méthane, protoxyde d'azote…). » Elle revient concrètement
-         d’une part à permettre à certains d’acheter le droit de polluer,
-         d’autre part à confier « aux marchés » la protection de l’environnement.

C’est une erreur grossière et les gens, les électeurs, du moins ceux qui ne s’en foutent pas à peu près autant que de ma première bière, ne sont pas dupe.

« un vaste fossé entre ceux qui ont des convictions écolos et ceux qui veulent faire une politique écologiste » ?

C’est quoi une politique écologique ? Mettre en place un marché de la pollution ? Taxer les plus démunis ?

Une politique, qu’elle soit écologique ou non, se caractérise essentiellement, d’une part, par des lois qui fixe ou enlève des obligations ou des interdits et, d’autre part, par un budget et une politique fiscale.

Aussi, j’ai beaucoup plus confiance pour la sauvegarde de l’environnement en un candidat qui prône une très grande réforme fiscale en début de mandat qu’en un candidat qui veut fermer des centrales nucléaires nous laissant dans l’expectative pour tout le reste…

Tiens ! « Face à la croissance anémiée, à l’industrie diminuée et à la base productive réduite, nous devons engager un nouveau pacte productif avec le pays. Redresser l’industrie française est une nécessité pour relancer l’emploi, accroître le pouvoir d’achat et permettre la transition écologique de notre économie. » Z’avez droit de lire la suite en cliquant sur le lien.

Redresse l’industrie française et contrôler la production de ce que nous consommons tout en limitant les importations et leur coût énergétique me parait bien plus écolo que d’arrêter l’EPR.

Les écolos ont commis une erreur : non seulement, ils ont limité leur communication à la de l’environnement (même s’ils abordent différents sujets, ce n’est pas ce qui est perçu par l’opinion), elle-même réduite, dans cette communication, à la lutte contre la production d’énergie nucléaire, celle-là même qui pourrait nous permettre de développer le transport « propre » et tout ça.

Si les écolos ne sont plus crédibles, aujourd’hui, ne n’est pas de la faute du Parti Socialiste ou de Nicolas Sarkozy et de son Grenelle de l’Environnement.

Ca serait trop facile.

C’est ballot, hein ?

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17 novembre 2011

Le Mox qui tousse

« Y font chier, les écolos ! » telle est la parole prononcée en roulant les « r » par mon gras camarade de comptoir, hier soir, approuvé à l’unanimité des accoudés, à savoir Djibril, le vieux Joël et moi.

Jusqu’à hier matin, 99,9% des électeurs n’avaient jamais entendu parler du Mox. Mon blog a vocation à être pédagogique : Mox veut dire Mélange d’Oxydes. Dans une demi-heure, j’aurai oublié.

Tout ce que l’histoire retiendra de cette affaire c’est une histoire de circonscriptions négociées pour que les écolos ferment leurs gueules et qu’ils n’y arrivent même pas alors qu’ils les ont obtenues, foutant ainsi la grouille au chez leurs alliés.

Fiers de leur gain, ils oublient qu’il y a encore des élections à gagner avant d’entrer au Parlement. François Hollande fait preuve d’une grande fermeté, dans cette affaire, mais quand un môme devient insistant après avoir essuyé un refus, il finit toujours par mériter des baffes.

François Hollande a déclaré à la télé, hier : « Patron, remets-nous ça ! » Ah ! Non, ça c’était moi. Lui, il a dit : « En revanche je veux le rassemblement. Si demain je veux gouverner avec le souci de mettre le plus de Français dans le mouvement, j'ai besoin de la gauche, des écologistes et même, au-delà, de Français qui se retrouvent dans l'action que j'aurai à conduire. »

Si les écolos ne veulent pas être « dans le mouvement », il faudra en prendre acte.

D’autant que le PS pourrait se présenter contre eux dans les quelques circonscriptions qu’il leur reste.

16 novembre 2011

Un peu de sérieux, maintenant ?

Maintenant qu’un accord a été conclu entre le Parti Socialiste et EELV, on commence à voir les choses plus clairement et j’espère que les prochaines semaines vont être l’occasion de calmer le jeu d’autant que François Hollande a annoncé sonéquipe de campagne.

Il reste néanmoins quelques zones d’ombre.

Par exemple, Cécile Duflot a obtenu d’avoir une circonscription gagnable à Paris. Le problème est que le député PS actuel, Danièle Hoffman-Rispal, n’a aucune raison de perdre sa place. Elle n’est pas contente et le fait savoir.

Le parachutage ne me semble pas glorieux. Virer une femme qui a permis au PS de « prendre » cette circonscription ne me semble pas aller dans le bon sens.

Le débat à propos du nucléaire va pouvoir se poursuivre. Les arguments des uns et des autres m’ont fatigué. Des pseudos spécialistes pour ou contre le nucléaire donnent leurs avis dans tous les sens et les démonstrations opposées fleurissent… On va tous s’accorder sur la nécessaire sortie du nucléaire mais sur la difficulté de trouver une alternative. Quant aux arguments financiers, ils me paraissent tous plus ou moins louches.

Il est temps d’avoir une attitude raisonnée. Dans les commentaires de ce billet, un des gugusses s’échauffe et nous explique que « La sortie du nucléaire ET la transition énergétique, peut se faire avec les énergies renouvelables suivantes (par ordre d'importance décroissante) » puis cite une série de proposition, la première étant « La sobriété énergétique. »

Il est temps d’être sérieux. La « sobriété énergétique » n’est pas une énergie renouvelable.

Ainsi, la position retenue au terme de cet accord me parait sérieuse et me plait bien, ce qui est la moindre des choses – n’en débattons pas – puisque je la soutenais.

Dans son dernier billet, mon confrère Sarkofrance tente, un peu comme moi, de tirer quelques conclusions. Il dit ceci : « Que les écolos et les socialistes n’aient pas la même idée sur l’avenir du nucléaire, c’est probable. Honnêtement, je pense que les divergences sont faibles. Les socialistes priorisent davantage l’exigence sociale. Les écolos la survie d’une planète. »

Je suis à peu près d’accord mais j’ajouterais que l’équipe de François Hollande a « priorisé » aussi l’exigence électorale.

Ca commence à bien faire de dire partout ce qu’il faut faire mais ne pas se mettre en position d’accéder au gouvernement. Refuser l’EPR aurait peut-être été une bonne chose, écologiquement et économiquement, mais cette position aurait fait peur à l’électeur à qui on vend le nucléaire depuis 30 ou 40 ans… D’autant qu’on risque fort d’avoir des coupures électrique à répétition, cet hiver.

Il faut maintenant gagner cette élection.

Ce qui est possible « sauf si le conseil fédéral d’EELV désavoue ses négociateurs samedi, la chose est faite et pliée. »

Un refus m’amuserait beaucoup et règlerait le problème de Cécile Duflot et de Danièle Hoffman-Rispal.

10 novembre 2011

Le choix stratégique me rend vert

« Cécile Duflot, secrétaire nationale d'EELV, a affirmé jeudi que "François Hollande et les socialistes sont face au choix stratégique de la rupture avec les écologistes ou d'un partenariat", sur la question de l'arrêt des travaux de l'EPR de Flamanville. »

C’est une dépêcheAFP qui vient de tomber. Désolé de vous ennuyer encore avec ce sujet vu que c’était celui de mon billet d’hier matin.

C’est la fin de la dépêche qui me fait rire.

« Concernant les négociations pour les prochaines législatives, Mme Duflot a redit qu'EELV voulait avoir "un groupe parlementaire (15 députés, ndlr)". "Les écologistes, de manière très modeste, on va dire que c'est 10% du total de la gauche et des écologistes, donc avec 300 députés c'est 30", a-t-elle fait valoir. »

Si je comprends bien Madame Duflot, le « choix stratégique » pour le Parti Socialiste serait d’abandonner non seulement l’EPR et de donner des sièges à l’Assemblée Nationale aux Verts !

Elle apporte quoi, la dame, dans la corbeille de la mariée ? Les 1,7% qu’a fait leur candidate lors de la dernière présidentielle ?

29 juin 2011

La journée des femmes...

Les femmes semblaient à l’honneur dans l’actualité avec la nomination de Christine Lagarde au FMI, la « remontée » d’Eva Joly  dans la primaire EELV et la déclaration de candidature de Martine Aubry. La nomination de la première ne m’intéresse pas. J’attends juste le léger remaniement qui devrait s’en suivre. Je ne sais pas si quelqu’un a compté le nombre de remaniements depuis quelques temps… Ce sont bien Martine Aubry et Eva Joly qui m’intéressent aujourd’hui.

Hier, j’ai passé une journée particulière, consacrée à des séminaires, vous savez, ces réunions où on écoute d’un d’œil et on tweete de l’autre avec le smartphone en attendant un passage intéressant où une intervention à faire. Après avoir fait mes deux billets rapide du matin, je savais, pour la première fois depuis longtemps, que je ne pourrais pas faire d’autres billets de blog de la journée (j’ai supprimé par mégarde l’application que j’utilise sur l’iPhone, en plus) ce qui m’a permis de suivre les informations avec un œil différent par rapport à d’habitude tout en voyant les réactions à mes billets du matin.

La première fut celle de l’inusable Des Pas Perdus qui a backtweeter mon billet à propos de la primaire en ajoutant « Très drôle ». Je maintiens pourtant que je ne vois pas comment un citoyen ayant une conscience politique puisque se déplaçant pour un vote, pourrait vouloir participer à un processus favorisant l’unité, ces fameuses primaires ouvertes même si les autres formations politiques ont refusé d’y participer, puisse ne pas soutenir le candidat issu de cette élection.

La politique n’est pas un jeu. On ne peut pas dire « je soutiens Montebourg ou Aubry mais après je soutiendrai Mélenchon ». Ca n’a  tout simplement pas de sens. Martine Aubry a une bonne chance de gagner cette primaire. Intellectuellement, je ne comprends pas qu’on puisse se déplacer en octobre pour voter pour elle, pour dire qu’elle est la meilleure pour faire gagner la gauche, et ne pas continuer à la soutenir jusqu’au second tour de l’élection présidentielle. Ca me dépasse. Le raisonnement est un peu l’inverse pour Arnaud Montebourg puisqu’il a beaucoup moins de chance de gagner la primaire. Mais si on le soutient maintenant alors qu’il s’engage lui-même, s’il n’est pas élu, à suivre le vainqueur, je ne vois pas comment on peut annoncer avant qu’on ne suivra pas son choix. Tout ça me dépasse.

Soit on s’engage derrière le Front de Gauche soit on s’engage derrière le processus de rassemblement mis en place par le PS. Je veux bien qu’on change d’avis en cours de route mais annoncer maintenant qu’on fait les deux est surréaliste.

Consultant, l’information à 5 heures du matin (dans ces p… de séminaires, on mange très peu, du coup je me suis rattrapé hier soir, d’où un réveil un peu matinal), j’ai du mal à analyser le discours de Madame Aubry. J’ai un peu le même sentiment que Romain (« un discours de candidature intéressant sur le fond mais qui manquait de passion et de pep's ») mais ce n’est pas trop grave, elle a quelques semaines pour décliner ses propositions et séduire l’électeur.

Pour ma part, j’en reste à mon sentiment depuis quelques semaines : seul François Hollande pourra gagner au second tour face à Nicolas Sarkozy. Je suis plus inquiet pour le premier tour.

Mais il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. J’ai lu les tweets de mes copains soutiens de Martine Aubry, hier. Il semblait satisfait. Ca suffit à me rendre satisfait.

Quant aux écolos, j’en reste aussi à mon sentiment depuis quelques semaines : ça me gave. J’aurais aimé voir une force politique représentée par une personnalité politique pour remettre la politique au centre du débat. J’ai toujours considéré que les écolos auraient du avoir pour candidat Cécile Duflot ou Daniel Cohn-Bendit. Ca ne sera pas le cas. Ils se sont donnés le choix entre Eva Joly et Nicolas Hulot, plus deux autres candidats mais j’ai la flemme de retenir leurs noms vu qu’ils sombreront dans l’oubli dès ce soir…

Je n’aime pas ce que représente Nicolas Hulot. Il a fait main basse sur l’écologie pendant l’élection présidentielle de 2007 avec le fameux pacte qu’il a fait signer à tous les candidats importants ce qui a déclenché une forte représentation de l’écologie dans les paroles mais pas dans les actes. Les Grenelle se sont succédés mais je ne sais pas s’il en reste quelque chose. L’écologie politique est morte à ce moment. L’épisode de la taxe carbone est presque le plus drôle puisqu’on a failli se taper un nouvel impôt injuste, dénoncé comme tel par Ségolène Royal.

Avant 2007, je voyais Nicolas Hulot comme quelqu’un de droite, ayant soutenu Jacques Chirac. Peu importe si c’est vrai, c’est l’image qui reste. Je l’avais assez mauvaise de voir une formation politique qui se revendique ouvertement à gauche envisager d’avoir comme représentant aux élections une personnalité semblant à droite.

Aussi, quand j’ai vu que les premières tendance du vote à la primaire écolo laissaient entrevoir une victoire possible de Eva Joly, j’étais assez content. Le dépouillement n’est pas fini (le système électoral est assez étrange chez les écolos, cette année, certains votent par des bulletins « papier » et d’autres par Internet mais les « résultats papiers » sont annoncés avant ceux du vote électronique alors qu’en théorie, il suffit d’appuyer sur un bouton pour les avoir…). Tout pourrait d’ailleurs basculer aujourd’hui (a priori, les partisans de Nicolas Hulot pourraient être plus branchés et enclins à voter par Internet). Le résultat sera connu aujourd’hui à 17 heures ;

J’espère d’ailleurs que Madame Joly sera élue dès le premier tour pour qu’on ne parle plus de Nicolas Hulot…

Ca m’amuse beaucoup de constater que, politiquement, je préfère Eva Joly à son rival pour les raisons évoquées ci-dessus (au moins Eva Joly est une professionnelle de la politique, déjà élue et pas estampillée à droite) tout en pensant qu’il est à peu près sur qu’elle ferait un moins bon score... Je ne suis pas à un paradoxe près.

Sa désignation serait d’ailleurs une très bonne nouvelle pour le Parti Socialiste et pour Martine Aubry.

Je retourne me coucher.


09 février 2011

Cécile Duflot ne veut pas de désistement automatique, moi si !

Je suis tagué par Melclalex à propos de la déclaration de Cécile Duflot : «L'objectif n'est pas de faire élire le plus de socialistes pour prendre des départements. Mais de faire élire le plus d'écologistes. Il n'y aura donc pas de désistement automatique en faveur du PS. Les socialistes ont du mal à s'y habituer, mais c'est comme ça !»

La position de Cécile Duflot risque de faire perdre quelques cantons à la gauche et donc quelques départements.

J’espère que tout repose sur le « automatique » et que la position de chacun sera étudiée au cas par cas.

J’aurais préféré que la position soit inverse : « Il y aura un désistement automatique sauf d’éventuelles exceptions. » L’art de jouer sur les mots ?

Pas nécessairement dans le sens où je comprends très bien que dans un canton comme le mien (non renouvelable, cette fois), on puisse avoir quelques difficultés (le candidat communiste serait soutenu par le PS et le MRC – très fort chez nous – et le candidat des verts partirait tout seul, contre toute la gauche).

Le sujet est néanmoins important et rejoint la « problématique du vote utile », sujet primordial dans mes blogs puisque je reçois plein de commentaires de la gauche de la gauche qui m’expliquent que c’est une vaste connerie et qu’ils ne se laisseront pas piéger.

A mon avis, ils sont à côté de la plaque, d’ailleurs. On ne demande pas à des militants de ne pas voter pour leur candidat, on demande juste aux « électeurs lambda » de se demander s’ils ne feraient pas une connerie en ne votant pas pour le parti majoritaire. En d’autres termes, je ne vais pas demander à mes copains du Front de Gauche de voter pour DSK, je demande à mes copains de bistro, le vieux Joël et Tonnégrande, tentés par Méluche, de réfléchir aux impacts de leur vote dans une perspective de ne pas reproduire 2002… Donc, je continuerai à défendre le vote utile mais je ne m’adresse pas aux militants, juste aux électeurs. Les militants du Front de Gauche (par exemple) sont libres de s’adresser à leurs électeurs potentiels, tentés par le vote utile.

On ne fait pas de la politique pour satisfaire des positions intellectuelles des militants mais pour gagner des élections.

Néanmoins, le « vote utile » est une problématique de premier tour alors que le « désistement » en est une de deuxième. Le candidat de gauche en tête au premier tour « doit » être le seul candidat de gauche au deuxième tour.

La présidentielle de la cinquième république a un dicton : « Au premier tour, on choisit, au deuxième, on élimine. »

Pour les cantonales, c’est pareil. Les partis de gauche doivent se mettre en ordre de bataille pour éliminer les candidats de droite au second tour pour avoir une chance que la majorité départementale soit à gauche, même si ce n’est pas la gauche qu’on voudrait…

Et je dis ça en habitant un des départements qui risque d’être le dernier géré par les communistes après les prochaines élections…

Même si je n’ai pas l’occasion de voter, je suis ainsi avec tous les candidats communistes sortants.

Et je continue à être persuadé que le mode de scrutin pour une partie des élections n'est pas le bon...

10 mars 2010

Cécile Duflot emprunte les méthodes de Sarko

Par Julien

Cecile Duflot a
annoncé avec fracas que les régions présidées par Europe Ecologie n’emprunteront plus auprès de banques avec des filiales dans les “paradis fiscaux“. Au passage, elle égratigne Jean-Paul Huchon. On peut considérer qu’il y a une certaine cohérence de pensée. D’ailleurs, de manière générale il y a des idées de ce parti que j’apprécie beaucoup. Mais sur ce coup, il s’agit d’un effet d’annonce inapplicable, digne de Sarko, qui vise à surfer sur la vague d’impopularité des banques à quelques jours des régionales.

Il faut bien comprendre que lorsque la région Ile-de-France emprunte des centaines de millions d’euros, les banques ne prêtent pas l’argent directement. Elles jouent un rôle d'intermédiaire pour vendre les titres de créances sur les marchés financiers à des investisseurs institutionnels de type fonds de pension. Si elles n’arrivent pas à vendre l’ensemble des titres, elles doivent alors payer le solde de leur poche afin que leur client reçoive le montant désiré. C’est un métier en soi et cela s’appelle la banque d’investissement (ou plus précisément dans ce cas “debt underwriting“, désolé je ne connais pas le terme en français).

Où compte-t-elle donc trouver les milliards de financement dont les régions ont besoin chaque année ? A la Banque Postale ou au Crédit Coopératif comme elle le suggère ? Impossible. Ces banques ne font pas ce métier. C’est comme demander à un producteur de vélo de construire un avion.


Le pearltree de Reversus sur le sujet :

Projet Banques/Paradis fiscaux


01 février 2010

Un PS exemplaire en Languedoc-Roussillon ?

Cecile Duflot a « indiqué dimanche qu'il n'y aurait "aucun problème" pour fusionner la liste Europe Ecologie avec les autres listes de gauche afin de barrer la route à Georges Frêche aux régionales en Languedoc-Roussillon, mais a exhorté le Parti socialiste à clarifier rapidement sa position dans cette région ».

Bravo !

Je crois que le PS se réunira demain matin pour prendre une décision : qu’il le fasse bien. Qu’il montre l’exemple. Qu’il n’impose pas des conditions inadmissibles à Europe Ecologie et au Front de Gauche. C’est lui qui est en tort : il fallait faire le ménage avant.

Et qu’il s’engage à poursuivre le ménage après les élections et à ne pas se limiter au cas de Georges Frêche. Et qu’il se positionne clairement pour le second tour de cette élection régionale.

Cécile Duflot  a dit : « On est dans une vieille logique politique où le Parti socialiste dit et tout le monde doit se mettre en rang derrière. Ca ne peut pas marcher comme ça parce que ça n'est pas sain démocratiquement ». « A partir du moment où l'on change de point de vue, où les instances locales du PS ne sont pas du tout sur les mêmes positions que les instances nationales (...), on va regarder comment ça se passe » « mais, à moins de deux mois de l'élection, rejoindre une dynamique qui fonctionne -en l'occurrence la dynamique d'Europe Ecologie qui est claire politiquement- ce n'est pas non plus quelque chose de nul et de non avenu. Ca s'étudie ».

Elle a raison.

Qu’est-ce qui me prend d’en dire du bien, moi ?

En langage PMA, ça donne : bordel, de toute manière, on n’est pas sûr d’avoir des troupes pour militer sur le terrain et faire campagne pour Hélène Mandroux. Que les instances nationales du PS rencontrent immédiatement les braves gens d’EE et du FdG pour nous mitonner des listes sans avoir d’exigence particulière, avec les socialos du coin opposés à Georges Frêche. L’important n’est pas d’avoir une tête de liste mais de faire barrage à la réélection de Georges Frêche en limitant les dégâts…

L’important n’est pas d’avoir la tête de liste, mais de faire gagner la gauche, la nôtre. Le PS doit être exemplaire en Languedoc-Roussillon : ça facilitera le boulot dans les autres régions...

13 janvier 2010

Biodiversité politique


Lisant le quotidien Métro dans le transport en commun du même métal, à l’affut d’une idée de billet pour mon blog, je tombe sur cet article portant sur les listes Europe Ecologie pour les Régionales. « Cécile Duflot vante sa liste biodiversifiée ». Didier Goux, toujours à la recherche de conneries pour taper dessus, hantant mes heures de blogage, je me proposais alors d’en parler dans le blog pour savoir comment il interpréterait « liste biodiversifiée ». C’est chose faite.

Néanmoins, je me plonge dans la lecture de l’article. On y apprend que « Cécile Duflot s'est entourée de plusieurs figures "d'ouverture" qui composent la liste francilienne pour les régionales, d'Augustin Legrand, porte-parole des Enfants de Don Quichotte, à Robert Lion, ex-président de Greenpeace, en passant par Stéphane Gatignon… maire PCF de Sevran (Seine-Saint-Denis). »

On pensera ce qu’on veut des listes d’ouverture. Pour ma part, je me suis assez moqué de l’ouverture pratiquée par Nicolas Sarkozy qui semble montrer ses limites pour me montrer dubitatif. J’ai, en outre, tendance à penser que la politique doit être pratiquée par des politiciens. Est-ce que je postule pour faire serveur de bistro, moi ? Pourtant, c’est un job que je connais bien.

« Avec le Front de gauche, il y a un souci sur le projet de société, estime ainsi Stéphane Gatignon. Dans de nombreuses villes comme la mienne, on a besoin de redonner espoir à tout le monde. » Ah ! Eternelle thématique ! La gauche qui tape sur la gauche. Tel un justicier, j’interviens aujourd’hui pour défendre mes copains du Front de Gauche après avoir tapé dessus hier quand ils tapaient sur le PS.

Ces élections ne vont pas tarder à être lassantes… Je rappelle que le but est qu’une des formations de gauche dirige chacune des régions, après, il faut bien le rappeler, avoir fusionné les listes entre les deux tours. Soyons pragmatiques, disait l’autre. Il me paraitrait préférable de taper sur l’UMP et la campagne peu propre menée par Valérie Pécresse qui demande à Jean-Paul Huchon, par exemple, de se positionner à propos des joints au lycée. Je vous assure qu’il y a moyen de rigoler, aussi, en parlant politique, programme, ... et en tapant sur la droite, au moins autant qu’en enfonçant les copains. Ce qui n’est pas désagréable, je le conçois : j’ai encore fait un billet ce matin pour engueuler un socialo.

Cela dit, parler de ça ou reprendre une portion de choucroute…

C’est la fin de l’article qui a retenu mon attention. « L'esprit d'ouverture d'Europe Ecologie n'a pas fait que des heureux chez les plus anciens, les Verts ne représentant que la moitié des candidats aux régionales. "C'est l'auberge espagnole, réagit Bernard Chappellier, membre du conseil national du parti écologiste écarté des listes dans le Val-de-Marne et qui dénonce "l'absence de démocratie" dans la désignation des candidats. N'importe qui peut entrer à Europe Ecologie. Que des militants issus de la société civile viennent, c'est une excellente chose. Mais qu'on attire des vieux de la vieille de la politique issus d'autres courants, c'est un problème". »

Je connais Bernard Chappellier. Il habite le Kremlin-Bicêtre et passe souvent à la Comète au point qu’il pourrait se trouver second rôle dans mon blog bistro. Je l’ai connu au moment des élections municipales et cantonales. Nos premiers rapports furent froids. Très froids. Il était candidat aux cantonales mais je soutenais le Conseiller Général sortant. Depuis, grâce à l’action pacificatrice du Grodem local, nous sommes parfaitement réconciliés. J’aime bien quand mes copains de bistro parlent dans le journal.

Surtout quand c’est pour dénoncer leur propre formation politique (que je ne soutiens moi-même pas) qui fait n’importe quoi en espérant rebondir sur des élections européennes. Cécile Duflot voudrait tuer sa propre formation politique ?



05 janvier 2010

Veillons sur les contradictions des écolos

Les écolos Parisiens sont très forts ! Leur chef de file, Cécile Duflot, par exemple, « est un personnage politique assez intéressant, car elle colle complètement à son électorat. Elue verte d'Ile-de-France, elle est très représentative des bobos, qui sont son électorat de base, et notamment de leurs contradictions. » Elle pousse même jusqu’à passer ses vacances au bout du monde et à aller « à Copenhague en train plutôt qu'en avion, pour des raisons de lutte contre le réchauffement climatique et qui, pour être présente sur un plateau télé, revient dare-dare en avion ».

Remercions Authueil de veiller sur les contradictions de ses adversaires politiques en nous faisant ouvrir les yeux sur des stratégies électorales déloyales. Il nous aide, ainsi, à confirmer aux électeurs bobos ou normaux que le seul vote sérieux, pour l’Ile de France, est pour les listes des Socialos conduites par Jean-Paul Huchon (ou éventuellement, celles du Front de Gauche, ce billet n’étant pas un appeau à trolls).