Des collègues blogueurs ont rencontré Séverine Tessier, porte parole
d’Anticor, «
l'association des élus et citoyens contre la corruption ». J’étais d’ailleurs invité à cette rencontre mais comme souvent, je me suis dégonflé.
Je concluais mon billet d’hier par «
Tu vois, c’est l’histoire du dernier sursaut avant la fin de la démocratie. » Dans les commentaires, trois personnes se qualifiant elles-mêmes de droite,
Corto,
Didier Goux et
FalconHill, semblent trouver que j’abuse.
Peut-être. Ca me consolera pas de savoir qu’il existe des vraies dictatures, dans le monde…
Effectivement, on est gouvernés par des gens qui sont élus. Il y a des nouvelles élections en 2012. On pourra toujours voter. Une majorité se prononcera pour un candidat à la présidentielle puis, dans un élan traditionnel de la Cinquième République, une majorité de députés seront issus du même camp que le Président. Ils auront quartier libre pour cinq ans. Perdront quelques élections locales.
Ce matin, le
compte rendu de Dagrouik de l’entretien avec Mme Tessier a resurgi dans mon Reader. Du coup, je me suis replongé dans la lecture de celui de
Vogelsong et celui de
Seb Musset. Du coup, j’ai relu l’analyse de
Sarkofrance. Ces billets étaient sortis le 14 et le 15 juillet (le 14 était férié et le 15, j’ai plus ou moins zappé les blogs) et n’avaient pas émoustillé les quelques neurones qui me restent.
Aujourd’hui, je suis réveillé. Atterré, tant les démonstrations sont implacables. On voit tellement de choses autour de nous, qu’on oublie de tout mettre au bout.
Dans un des ces billets, par exemple, le taulier évoque la libéralisation des jeux en ligne. La femme du ministre qui était en charge du dossier est liée au PMU. Ca n’est qu’un exemple.
Un autre ? Un autre… Dagrouik nous rappelle que le fisc compte 15000 agents en moins depuis 2002… et depuis quelques jours des histoires de fraudes fiscales font la une de la presse, car détectées par elle.
Et pourtant…
Guy Birenbaum, ce matin,
nous rappelle les conflits d’intérêts permanent, y compris au sein des journalistes politiques qui devraient être les premiers à les traquer. Il nous cite l’exemple d’une journaliste qui interviewe Bernard Accoyer, le Président de l’Assemblée Nationale, au sujet des conflits d’intérêts. La journaliste vient d’être nommée Officier de la Légion d’Honneur. Elle est Présidente de l’Association des journalistes parlementaires. «
Elle illustre juste la schizophrénie d’une journaliste (parmi tant d’autres…) qui, questionnant un élu sur les conflits d’intérêts, ne se rend même pas compte qu’elle nage dedans… Jusqu’au cou. »
Les contre-pouvoirs disparaissent.
Nous ne sommes plus vraiment en démocratie.
Lisez les billets que je cite : je ne peux résumer tout en une page. « S. Tessier déclarait très sérieusement à la fin d’un entretien “On ne va pas se mentir, on n’est plus en démocratie” ».
L’affaire Woerth a surgi dans la vie politique avec des espèces de ramifications dans tous les sens. Les micro-partis sont découverts. Un ministre va chercher de l’oseille à Londres, profitant d’un déplacement officiel,…
Le tous pourris revient et Didier Goux ironisera dans les commentaires en me demandant si je découvre la politique.
D’autres vont nous expliquer que ce « tous pourris » profite au Front National alors que Dagrouik nous rappelle que presque toutes les grandes mairies, tenues par le FN, ont sombré dans des scandales divers.
Tout est fait pour détourner les citoyens de la politique. « Sarkozy vise l'abstention en 2012 , dégouter de la politique et faire peur aux vieux anciens pour les convaincre de voter massivement pour lui : retraites […], insécurité […] et autres peurs connexes. »
Que donne la une de la presse ce matin ? La suite de l’affaire Woerth et des tirs sur des policiers, à Grenoble.
Ah ! Un Français a gagné l’étape…
Bravo à Anticor. Bravo aux journaux qui sortent les affaires. Félicitations aux copains blogueurs.