En salle

07 octobre 2012

Harcèlement

Une twittos a cru intelligent de balancer mon identité réelle dans Twitter ce matin alors que je ne la cache même pas. Depuis, elle me harcèle. Voir l'illustration de ce billet.

Il faudra qu'un jour ce genre de connasse se rende compte qu'elle aurait tout intérêt à fermer sa gueule. Sinon, ça reviendrait à expliquer à nous tous, blogueurs anonymes qu'il vaudrait mieux qu'on ferme nos gueules. Et la liberté d'expression sera morte.

Elle n'a pourtant qu'un geste à faire : effacer son tweet. Et un deuxième : présenter des excuses.

C'est délirant ! On a dans la presse plusieurs articles par semaine pour nous présenter les dangers des réseaux sociaux et certains utilisateurs ne les lisent même pas.

Tant pis pour eux. Ils font la une de mon blog.

Quelques likes contre les frais bancaires ?

Quelques entrepreneurs ont réussi à défendre leur cause dans Facebook. Ils ont été réunis par des ministres. "Et si on faisait pareil ?" se sont dit les initiateurs de cette page ! Hop ! On clique, on like !

Quitter le classement des blogs ?

En janvier 2011, le blog Fdesouche a failli remporter la première place du classement Wikio des blogs politiques. Wikio a été remplacé par Ebuzzing et c’est mon copain Melclalex qui en occupe la première place depuis le début de ce mois. Fdesouche avait alors été supprimé du classement et mon blog avait conservé la première place.

A l’époque, j’en avais fait un billet où j’avais écrit : « J'ai immédiatement pensé à un tas de trucs, dont la nécessité de quitter le Wikio, ce qui ne m'enchantait pas : c'est une espèce de jeu, mais je ne peux pas jouer avec tout le monde. Néanmoins, le blog en question est bien plus connu que le mien, je ne pouvais pas remettre sa légitimité en question. »

Récemment, je m’engueulais joyeusement avec Rimbus. J’ai fini par lui dire que je me foutais du Wikio depuis environ deux ans, depuis janvier 2011. Quand je dis ça, les gens ont du mal à y croire mais c’est pourtant la stricte vérité. Et c’est aujourd’hui, en recherchant le billet que j’avais fait à l’époque, que je constate que la date est la même et que c’était peut-être l’élément déclencheur. Ensuite, je m’en suis éloigné de plus en plus. Deux bons copains blogueurs, Jean-Louis et Olivier sont morts peu après et il s’est passé un tas d’événements, dont l’affaire DSK qui a été extrêmement violente dans les blogs, sans compter des engueulades avec des copains très chers pendant la campagne.

Alors les classements de blog, hein ! Autant ça m’amuse de voir mon blog geek traîner dans le classement des blogs high-tech entouré par les plus grands, autant le classement politique me fatigue.

Il n'empêche que ça faisait toujours plaisir de voir les copains socialos en tête. Et j'aime bien ce classement, ce matin j'ai encore fait un billet pour fanfaronner avec les blogs de Loudéac.

Quand Wikio a été remplacé par Ebuzzing, Fdesouche a été automatiquement réintégré comme la plupart des blogs qui avaient quitté Wikio. Progressivement, ce machin a gravi les places. Il est maintenant deuxième et aura probablement prochainement la première place.

Je considère que Fdesouche n’est pas un blog mais un site d’information (ou de désinformation…), tout comme d’ailleurs un blog qui était récemment en première position, « Opposition Républicaine ». Une espèce de pure player. Voyez la première illustration de ce billet, c’est une copie d’écran de la page Fdesouche dans Ebuzzing, une partie avec les derniers billets. Les deux derniers ont exactement 10481 « like » sur Facebook. Pour mes billets, j’oscille entre 0 et 15…

Quand j’ai commencé à écrire ce billet, ils en étaient à 10480. Les deux likes ont été faits en même temps. La probabilité pour que le nombre de like soit identique est presque nulle. Je suppose donc qu’ils utilisent des trucs pour faire leur propre promotion. Peu importe. Ce ne sont pas des blogs. Je pestais déjà contre les blogs de Fillon et de Mélenchon : on ne fait pas le même « blogage ».  Cinq de mes blogs sont bien classés parce que j’entretiens un important réseau de copains, eux-mêmes d’ailleurs souvent bien classés.

Pierre Chappaz est le patron d’Ebuzzing. C’est par ailleurs un militant libéral engagé (il était candidat aux dernières législatives). Il a monté récemment un blog politique. Le 24 septembre, il a lancé un appel pour que les blogs libéraux grimpent dans le classement édité par sa propre société. Son blog est maintenant en 10ème position du classement des blogs politiques. L’illustration à droite est prise de la page de Ebuzzing consacrée à son blog. Elle montre la progression au classement des blogs politiques. Pour vous permettre de comparer, je vais vous mettre, plus bas, l’évolution de mon propre blog. Attention : les échelles – les deux – ne sont pas les mêmes.

Je ne remets rien en cause. Ebuzzing fait ce qu’il veut de ses classements. Ils ont un algorithme qui prend en compte les liens vers les blogs, le nombre de citation dans Twitter et, depuis quelques temps, le nombre de « like » dans Facebook. Ils font ce qu’ils veulent. Melclalex explique dans le billet qu’il a fait pour signaler sa première place qu’il est monté grâce à un gros paquets de « likes » dans Facebook et c’est très bien. Il a fait un billet extraordinaire. Je n’aime pas Fdesouche que je ne considère pas comme un blog mais il est évident qu’ils ont 10 ou 100 fois plus de lecteurs que moi. Sans compter que Marine Le Pen a fait près de 20% aux dernières élections.
Mais je ne me reconnais plus dans ce machin. J’avais trois ou quatre blogs bien classés parce que j’ai un gros réseau de copain blogueur. Je conçois les blogs comme un gigantesque réseau social.

A l’heure où je vous parle, les deux billets de Fdesouche ont obtenu 10484 likes. Il y a des coïncidences douteuses.

Je veux bien des blogueurs réactionnaires dans le classement, je fricote assez souvent avec l’Amiral Woland et Didier Goux pour ne pouvoir ne m’en prendre qu’à moi-même. Je veux bien des blogueurs libéraux. Je veux bien des blogueurs UMP si ça existe. Je veux bien que certains enragent d’avoir vu ce classement squatté par des socialos pendant quatre ans. Je ne déserte pas les urnes sous prétextes que des candidats sont classés à l’extrême droite.

Cette fois, je vais mettre des flèches marron, c’est plus adapté : 10485. Le temps de rédiger un paragraphe et d’appuyer sur la touche F5 pour rafraichir mon écran. Je ne vais pas passer ma matinée à appuyer sur F5.

J’invite Ebuzzing à prendre les décisions qui s’imposent qui pourraient être, par exemple, de faire un classement spécifique pour les blogs qui n’en sont pas et que l’on puisse calmement s’amuser entre particuliers. Je les invite aussi à vérifier les raisons des classements des blogs qui arrivent dans le top 20 histoire de virer d'éventuels tricheurs.

J’invite enfin Pierre Chappaz à compter le nombre de blogs de gauche qui ont fait des liens vers son blog. Voir l’illustration. C’est depuis le 1er septembre. J’ai mis des points rouges. Je crois même en avoir oublié un. Il pourra ensuite apprécier le côté ludique du blogage et du classement de son honorable société qui nous motive parfois pour écrire des bêtises.

Ce matin, j’étais dans mon lit à penser à tout ça. Je me suis dit que pour la première fois depuis longtemps, mon blog n’est pas le premier des leftblogs dans ce machin. Je n’étais plus une espèce de fer de lance, à faire youplaboum et à boire des bières avec les copains. Alors, j’ai envisagé de quitter le machin. Mais comme hier, je faisais un billet à propos des copains blogueurs de gauche qui critiquaient de plus en plus le Gouvernement et le Président de la République en les comparant à des rats qui quittent le navire, je ne peux décemment pas quitter la barque.

Continuons donc à jouer. Faites des liens vers des blogueurs réacs, des blogueurs libéraux. Essayons de trouver des blogueurs proche de l’UMP. Tiens ! Authueil et Koz pourraient faire l’affaire. Il faudrait aussi revigorer nos potes du Front de Gauche, GdC était premier il y a peu. On pourrait même tenter de repérer des blogueurs écolos. On va tenter de repêcher l’Hérétique.

Faites des liens vers les gonzesses, aussi ! La masturbation commence à bien faire.

Des liens, bordel, des liens !

Il y a une quinzaine de jours, j’ai supprimé mon machin qui faisait des RT automatiques de certains copains (il reste @leftblogs et @kremlindesblogs, bien sûr, mais plus rien sur mes comptes perso à part des blogs jeunes qui méritent d’être poussés). Faites pareil.

Supprimez la reprise de vos blogs dans vos pages personnelles de Google+ (créez une page spéciale pour les abonnés). Blogueurs chez Blogger voir l’illustration pour le paramétrage à mettre en place. Faites pareil pour Facebook.
Faites surtout comme vous voulez. Il faut innover. Par exemple, c’est la première fois dans l’histoire de mes blogs que j’ai des flèches qui se croisent et que je mets une double flèche. 10489…

Joli coup.

Et encore un grand bravo à Melclalex !




Je vous laisse, il faut que j'aille niquer Korben et Presse-Citron dans les blogs geeks ! ;-)

Vive les blogs politiques de Loudéac !

En préparant un billet à propos du nouveau classement de blogs, j'ai constaté que sur les 100 premiers, il y en a 4 de Loudéac. L'occasion de saluer mes deux confrères.






06 octobre 2012

Le rêve Français droit dans ses bottes où chient les pigeons

Je me rappelle de ce jour d’octobre 2010 où j’ai commencé à être convaincu que François Hollande pourrait bien être un des seuls, à gauche, à pouvoir gagner la Présidentielle. J’en avais fait un billet. Ca fait deux ans. Il commençait à étaler sa vie privée dans la presse people pour éviter qu’elle ne ressorte pendant la primaire. Un stratège. Il avait eu cette réputation de très grand stratège en 2004, déjà, mais le pataquès du referendum de 2005 l’avait un peu cassée. Fin 2008, il est sorti par la petite porte de la direction du Parti Socialiste. Personne n'y croyait plus.

Au cours de sa préparation pour les primaires, François Hollande, à peu près à cette époque, François Hollande avait sorti un livre avec son projet. Je ne l’ai pas retrouvé. J’en ai retrouvé un autre, « Le rêve Français » que j’ai relu en diagonale, cette semaine.

On y trouve des trucs passionnants comme : « La fiscalité ne doit pas freiner l’envie de créer une entreprise pas plus que le circuit administratif lui-même. » ou « Une part des cotisations patronales devra être transférée sur d’autres impôts » ou encore « déséquilibre ce rapport au détriment des salariés ; par une fiscalité qui touche autant les revenus du travail que du capital. » C’est passionnant.

La campagne pour les primaires s’est poursuivie. Il y a eu l’élimination de Dominique Strauss-Kahn, l’entrée en campagne de Martine Aubry, la très belle campagne d’Arnaud Montebourg. En septembre 2011, juste avant les primaires, il y a donc environ un an, François Hollande avait reçu des blogueurs, dont moi. J’en avais fait un billet de compte-rendu. Son titre était : « j’avais choisi François Hollande, je sais maintenant pourquoi ! » J’avais déjà choisi François Hollande parce que j’étais persuadé qu’il était le seul à pouvoir gagner. Lors de l’entretien, j’avais constaté que j’étais d’accord avec lui à propos de tout (ou presque, je n’étais pas d’accord sur sa vision de la politique du logement). J’écrivais en particulier : « Et contrairement à ce qui s’est passé à l’occasion d’autres rencontres, non seulement j’ai été convaincu mais je me suis rendu compte que, pour beaucoup de points exprimés, non seulement j’étais d’accord mais soit j’avais déjà fait un billet disant la même chose, soit j’avais réfléchi sur le sujet récemment. ». J’écrivais aussi, exemple à l’appui : « Je suis d’accord avec lui. Mon côté « social-démocrate », probablement, celui qui revient à poser calmement les problèmes sans mettre en avant le côté idéologiste de la chose. Nicolas Sarkozy disait souvent qu’il faut être pragmatique. François Hollande ne le dit pas, il l’est. »

François Hollande a gagné les primaires. François Hollande a tenu le discours du Bourget. François Hollande a gagné la Présidentielle (avec moins d’avance qu’on aurait pu le penser).

A la fin de l’été, les copains (je parle des blogueurs et des Twittos) ont commencé à s’impatienter, à trouver que ça n’allait pas assez vite, que les vacances étaient trop longue (vive la gauche…),… Ca m’avait gonflé. Et amusé aussi : ils continuaient à faire des billets pour montrer tout ce qui avait été fait.

Puis est arrivé, cette semaine, l’affaire des pigeons… On a l’impression que les rats quittent le navire. Bruno Roger-Petit a fait un article terrible contre le Gouvernement. Marc Vasseur a fait un billet où il dit : « Tout cela est déjà désespérant car il ne semble y a avoir aucune ligne claire, assumée. Si ce n’est la lutte contre les déficits… Alors oui, aujourd’hui, je me demande si Martine Aubry n’aurait pas été une meilleure solution. Malgré tous les griefs que je puis avoir vis à vis d’elle, au moins avec elle on aurait un discours plus affirmé. Parce que là, il faut se l’avouer ça part en sucette. »

Je vais leur répondre brièvement : François Hollande pratique sa méthode et le projet pour lequel je l’ai choisi (voir les extraits ci-dessus), pour lequel il a été choisi par les sympathisants socialistes (Martine Aubry, malgré tout le respect que j’ai pour elle, n’a pas été choisie ; elle n’a pas à être Premier Ministre maintenant, même si j’avais espéré, à une époque, qu’elle le soit), pour lequel les Français l’ont élu.

C’est la démocratie.

Parmi les copains blogueurs, j’ai l’impression que beaucoup ont perdu leur pragmatisme. Heureusement qu’il reste Gabale (dont je vous invitais à lire le billet, hier) et Romain Blachier (dont je vous invite à lire son billet, aujourd’hui). Aucun des deux, pourtant, n’avait soutenu François Hollande au premier tour de la primaire. Heureusement qu’il reste aussi Juan de Sarkofrance. J’y reviendrai.

A un de mes billets d’hier, mon copain Melclalex (nouveau Number One du bazar, bravo à lui) disait : « vous êtes mignons les gars :) ». Mon copain Pierre, lui, indiquais : « C'est un dur métier que blogueur de gouvernement, je vous plains, les amis, cela oblige à des contorsions, concessions... »

Melclalex se moque de nous parce qu’on soutient coute que coute le Gouvernement, je suppose. Il a raison : je le soutiens. Je ne vais pas abdiquer au bout de quatre mois. Je ne vais pas faire le coup de Bruno RP que je citais plus haut et nous pondre une histoire de « vraie gauche ». François Hollande mène la politique et une méthode pour lesquelles je l’ai choisi.

Basta.

Je vais aussi répondre à Pierre. Outre le fait qu’il me parait normal de faire des concessions, je ne me suis vu aucune contorsion. Il me semble même que je suis à peu près le seul à aller dans le même sens depuis deux ans…

Je vois néanmoins de quoi il veut parler puisque j’ai commencé à taper sur les pigeons…

J’écrivais lundi dans un court billet : « À propos de cette imposition, les libéraux ont beaucoup gueulé ce week-end. Les entrepreneurs sont considérés comme des pigeons. Néanmoins, ils n'ont toujours pas réussi à me convaincre des raisons qu'ils auraient d'échapper à l'impôt. » Un peu plus tard, je critiquais ces startups et l’économie du vent, ce que je fais d’ailleurs depuis belle lurette sur mon blog geek, notamment lorsque des zozos ont commencé à estimer la capitalisation de Facebook, avant son introduction en bourse. Un peu après, je revenais sur la fiscalisation et que la grogne des pigeons était du pipeau : « Quelqu'un va-t-il, oui ou non, monter une entreprise en fonction des impôts qu'il paiera s'il veut la vendre au bout de 5 ou 10 ans ? » Dans ce billet, je citais aussi un passage d’un article de l’Usine Nouvelle : «  A noter toutefois que la mesure ne concernera pas les dirigeants de PME partant à la retraite, ni les "actionnaires réinvestissant une part substantielle de leur gain dans une entreprise", selon le PLF 2013. A priori, le cas d’une star du numérique qui a 35 ans aurait touché le gros lot et qui réinvestirait sa fortune dans des entreprises  passerait entre les gouttes. » Ce qui veut dire, en clair : Messieurs les pigeons, vous ronchonnez pour des conneries, vous ne serez pas taxés.

Le lendemain, je refaisais un billet pour dire à peu près la même chose. Je radote avec l’âge. Vers midi, dans un nouveau billet, je « démontrais » qu’il s’agissait d’une gigantesque manipulation.

Mercredi et jeudi, le Gouvernement a commencé à réagir (en laissant d’ailleurs François Hollande et Jean-Marc Ayrault dans l’ombre : ce n’est pas leur job de régler ce qui reste un détail). Les copains blogueurs et twittos ont commencé à gueuler parce qu’il était trop tard. J’ai fait un billet pour leur dire qu’une intervention plus rapide aurait été impossible et inefficace (et dangereuse vu le risque de faire des gaffes).

En gros, les copains auraient voulu que le « pouvoir » face du Sarkozysme avec des cellules en charge de surveiller mieux les réseaux sociaux, de préparer des ripostes, avec une intervention du Président dans l’urgence, … De faire de la communication… Tout ce qu’ils ont critiqué pendant cinq ans ! Mais le plus drôle, quand les Ministres reçoit les andouilles à la tête des pigeons, les copains l’accusent de faire du Sarkozysme…

Mon copain Sarkofrance a sorti à l’instant sa chronique hebdomadaire, récapitulant la semaine. Elle aurait récapitulé le mois, ça aurait été con d’en faire une chronique hebdomadaire.

Il y dit : « Jeudi soir, Pierre Moscovici et Fleur Pellerin reçoivent quelques représentants. Ils annoncent des allègements. Sur le fond, pas grand chose, juste de quoi rétablir un équilibre, dissocier les entrepreneurs laborieux des quelques millionnaires qui voulaient préserver leur   bonus. » Bien… Il est très posé, ce garçon, ça change un peu des autres. D’ailleurs, il disait, juste avant, à propos des Ministres qui ont géré le dossier : « Ils/Elles se (dé)battent. Redresser, corriger, rétablir sans fustiger, dénoncer, accuser. La tâche est rude. On pourrait donner des leçons comme les autres, mais non. Ayrault est critiqué parce que trop calme. En ex-Sarkofrance, on préfère les troubadours... »

Oui ! Quand les ministres ne font pas trop de bruit, ceux qui critiquaient les troubadours d’avant ne sont pas contents…

Revenons à mes « contorsions ». Hier, dans un premier billet, j’indiquais que je pensais que le Gouvernement avait bien géré cette histoire et je critiquais mes camarades qui parlaient de capitulation. Dans un deuxième billet, je devais d’ailleurs m’en justifier. Je concluais le premier que les blogueurs et twittos étaient parfois un peu trop réactifs… Le deuxième aussi, ou presque : Twitter fait des ravages, les utilisateurs veulent des arguments en urgence et en 140 caractères…

Je n’ai fait aucune contorsion. J’ai dit dès le départ que cette histoire était du vent et je continue à penser que le Gouvernement a très bien tout géré à deux détails près que je n’ai pas évoqué dans le blog.

Le premier : je ne sais pas combien va coûter cette mesure dans le budget. Dans la réalité, je suis persuadé qu’elle coûtera bien moins que si les unes de la presse internationale avaient continué à titrer sur le fait que la France dissuade les entrepreneurs. Les conséquences auraient peut-être même été tragiques, pouvant faire sauter le Gouvernement.

Le deuxième : je reconnais avec plaisir que certains de mes confrères avaient raison, d’une part sur le sentiment de céder face une fronde des réseaux sociaux (mais tout le monde s’en fout et ce sont les entrepreneurs en question qui passent pour grotesque ; ils ont d’ailleurs fait un gros rétropédalage quand ils s’en sont aperçu, en annulant leur manifestation. Laissons à la gauche de la gauche certains procédés…) ; d’autre part sur le caractère assez peu conforme aux traditions de la Républiques, d’organiser une réunion dans un ministère en court-cuitant les « circuits normaux ».

Mais ça reste du pipi de chat.

Je reviens sur les propos de mon copain Pierre : « C'est un dur métier que blogueur de gouvernement, je vous plains, les amis, cela oblige à des contorsions, concessions... » Ce n’est pas un dur métier, il suffit de rester droit dans ses bottes. Des contorsions ? Je crois me rappeler qu’en début de semaine, il gueulait contre le Gouvernement qui allait faire fuir les entrepreneurs et maintenant, il semble regretter que le gouvernement revienne sur une partie de son projet… Belle contorsion…

Je vais aussi revenir sur certains propos de Marc : « Tout cela est déjà désespérant car il ne semble y a avoir aucune ligne claire, assumée. » Je vais simplement conclure (il est temps !) en citant à nouveau ce que disais François Hollande avant même le début de la campagne « officielle » des primaires.

« La fiscalité ne doit pas freiner l’envie de créer une entreprise pas plus que le circuit administratif lui-même. » « déséquilibre ce rapport au détriment des salariés ; par une fiscalité qui touche autant les revenus du travail que du capital. »

La social-démocratie est une sombre histoire d’équilibre.

Toujours est-il que le Gouvernement a bloqué une augmentation de la TVA et a augmenté les impôts des plus riches tout en augmentant l’imposition des revenus des capitaux. A un moment, il faut arrêter de brailler qu’il faut passer plus à gauche. Il faut être élu et mener une politique de gauche.

Tenir un blog politique est assez facile. Il suffit de dire que les Ministres sont incompétents et qu’on serait meilleur qu’eux. Mais les lire est parfois à plier de rire.

J'ai cité certains de mes billets de la semaine, un peu plus haut. J'en ai presque oublié un. Celui où je rappelais que François Hollande a été élu sur des engagements et qu'il les tient. Je ne vais pas l'enfoncer dès le cinquième mois au seul prétexte que je n'aime pas Pierre Moscovici, par exemple...

05 octobre 2012

François Hollande et les territoires

François Hollande a fait ce matin un discours sur un sujet qui me tient à cœur à l’occasion des Etats généraux de la démocratie territoriale organisés par le Sénat : la décentralisation, la réforme de l’état, … La presse ne retient en une que le décalage des élections « Cantonales » et Régionales de 2014 à 2015 mais il y a un tas d’autres trucs.

Ce décalage ?

Il me semblait qu’il avait déjà été annoncé tant c’était évident qu’il allait être fait. Nous avons déjà des Municipales, des Européennes et des Sénatoriales en 2014.

En outre, mettre l’élection d’une partie « grands électeurs » après les sénatoriales ne me parait pas spécialement idiot.

Il faudrait qu’un jour on se décide à mettre les municipales, régionales et « cantonales » tous les cinq ans pour éviter de devoir manipuler le calendrier.

Je mets « cantonales » entre parenthèses car on ne sait pas qu’elle mode de scrutin sera retenu et si les cantons seront conservés (ils ont été supprimés par la réforme territoriale faite par l’UMP au profit de canton plus vastes qui seraient utilisés pour les régionales si la réforme n’est pas annulée).

« Pour les cantonales, il a évoqué un nouveau mode de scrutin fondé sur « deux principes : l'ancrage territorial et la parité ». » A priori les cantons seront maintenus (probablement redécoupés). On élirait deux Conseillers, un homme et une femme ? Parce que pour « faire la parité, il n’y a pas tellement d’autre solution »…

Intercommunalités

Les membres des conseils des communautés de commune et autres agglomérations seraient élus au suffrage universel. Je n’ai pas spécialement d’avis sur la question n’y étant jamais réfléchi mais je me demande si on n’a pas déjà un peu trop d’élections, avec des taux d’abstention record.

La réforme territoriale de la droite avait un seul intérêt : diminuer le nombre de scrutins…

Décentralisation

Un projet de loi passera début 2013. Il me semblait que Marylise Lebranchu l’avait annoncé pour la fin de l’année. On n’est pas pressés, non plus, les élections étant pour 2014.

Les régions

Les politiques de l’emploi, de la formation et des soutiens aux PME leurs seront entièrement déléguées.

Très bien… Je me rappelle avoir dit sur ce blog qu’il fallait d’ailleurs leur déléguer toute la politique économique…

Droit à l'expérimentation des collectivités élargi et assoupli

Pas d’avis…

Normes

« François Hollande a proposé «une méthode nouvelle » pour réduire le nombre de normes réglementaires qui sont imposées aux élus locaux dans la gestion de leur collectivité. « 400.000 normes seraient applicables et on mesure à ce chiffre combien la décentralisation est finalement contournée, détournée, dès lors qu'il y a tant de contraintes qui pèsent sur vos collectivités », a déclaré le chef de l'Etat. »

Très bien ! Je fais vite sur le sujet mais j’espère y revenir bientôt plus longuement (de par mon boulot, le sujet m’intéresse beaucoup).

Les gauchistes vont ronchonner : c’est une mesure libérale.

Libérale ?

C’est rigolo, avec la décentralisation de politiques économiques vers les régions, celles-ci pourront être mises en concurrences.

Pigeons vite mais faut nous expliquer lentement

Gabale doit être comme moi : blogueur de gouvernement, le pauvre. Allez néanmoins lire son billet. Je suis d'accord avec lui et ça me permettra d'éviter d'en faire un nouveau.

Pigeons précisés

Certains billets nécessitent parfois des précisions lorsque des commentaires sont faits dans Twitter. Cette fois, c’est mon ami Marc Vasseur qui semble considéré que j’ai écrit que le Gouvernement avait gagné dans sa bataille contre les entrepreneurs alors que j’ai uniquement écrit que je ne pensais pas qu’on pouvait dire que le gouvernement avait capitulé. Plus précisément, j’ai écrit dans mon billet : « Mes confrères sont déçus de ce qu'ils appellent une capitulation du gouvernement et je ne suis pas tout à fait d'accord. Voire pas du tout. »

Les twittos politiques engagés sont étranges. Ils semblent incapables de considérer la situation à froid. C’est d’autant plus drôle que je dis dans le billet qu’on passe notre temps le nez dans le guidon.

Je vais donc préciser ma pensée en deux points.

Le premier est qu’on n’est pas en guerre contre les entrepreneurs mais contre la crise économique, la dette et tout ce bazar. Je n’ai aucune haine contre les entrepreneurs. Je trouve uniquement qu’ils ont été ridicules avec cette histoire et je l’ai dit dans plusieurs billets où je les appelle « les guignols ». Non seulement, on n’est pas en guerre mais depuis quand pourrait-on appeler « capituler » le simple fait d’accepter de discuter ou de revoir des bricoles. Si le Parlement avait décidé de revoir ce point (la taxation à 60%), personne n’aurait dit que le Gouvernement a capitulé.

Le twittos politique devrait enlever ses œillères qui le poussent à vouloir systématiquement critiquer le Gouvernement.

Le deuxième est que l’important est que l’affaire ne fasse pas trop de bruit dans les médias. D’ailleurs les guignols ont annulé leur manifestation non pas parce qu’ils avaient gagné mais parce qu’ils auraient été ridicules. Vous imaginez les bannières : « Laissez nous les millions gagnés sur le dos des clients et des salariés, on a pris des risques pour ça. » Ils ont arrêté aussi parce qu’un autre mouvement a été lancé par d’autres entrepreneurs (dont @Rosselin dont au sujet duquel je vais être en retard à notre déjeuner si ce billet est trop long) et qu’il aurait trouvé plus de sympathie que l’autre. Des lascars qui manifestent avec une banderole « Laissez nous payer nos impôts » sont plus sympathiques que ceux qui ont « Laissez nous vous enculer. »

Le troisième est qu’il y aura de points plus à cette note que ce que j’avais annoncé.

Le quatrième est qu’on ne sait pas ce qu’il y aura dans le projet de loi final. Je suis même près à parier que ceux qui crient à la capitulation maintenant ne savent même pas ce qu’il y avait dans le projet de loi initial. La réforme fiscale dont Hollande parle depuis avant même la campagne des primaires est belle et bien en marche.

Vous ne pourriez pas arrêter d’ergoter en permanence ?

Je n'ai pas écrit que le Gouvernement avait gagné, j'ai pensé très fort qu'on avait échappé au pire, ce qui n'est pas si mal... Résumer une billet de 3000 signes avec la fin de l'introduction est typique du monde tel qu'il est maintenant : il faut frapper en urgence et dire n'importe quoi en 140 caractères. Tant pis pour la vérité. Tant pis pour l'objectivité. Il faut taper sur le PS : nous avons des blogs et des claviers. Il faut taper. Encore et toujours. Vivement 2017 qu'on retrouve l'opposition.

Pigeons normaux

Le sujet de discussion principal de notre réunion de blogueurs d'hier a bien évidemment été l'affaire des pigeons. Mes confrères sont déçus de ce qu'ils appellent une capitulation du gouvernement et je ne suis pas tout à fait d'accord. Voire pas du tout. 

C'est vrai qu'il parait que je suis un blogueur de gouvernement !

Tout d'abord force est de constater que tout le monde se fout de cette histoire. Depuis 4 ou 5 jours qu'elle est sortie, je n'en ai pas parlé une seule fois dans un bistro (à part hier soir, évidemment !). Hier après-midi, elle n’apparaissait qu’à peine dans Google News et ce matin elle est absente. Pourtant, tant que le texte de loi définitif n’a pas été voté, tout reste une histoire de communication. Nous autres, nous sommes en permanence dans Twitter, dans le groupe de discussion des leftblogs et nous apportons beaucoup d’importance à une histoire qui n’en est pas une.

Un Président normal

Dans cette histoire, on ne parle pas d’une intervention de François Hollande. Je ne sais pas s’il a donné des consignes au gouvernement et je suppose que ces braves gens ont le téléphone, mais il ressort que les Ministres ont été en première ligne. On a tellement vu Nicolas Sarkozy s’agiter, qu’on s’imaginait voir François Hollande faire pareil.

Ce n’est pas son job. Il fixe le cap. Il a décidé de faire une réforme fiscale importante. Nous y voila. Les revenus du capital doivent être imposables au même niveau que les revenus du capital. Et hop !

Les détails seront réglés par les Ministres et le tout sera « arbitré » au Parlement.

Nicolas Sarkozy aurait convoqué tout le monde à l’Elysée pour simuler une négociation avec des décisions déjà prises.

Une capitulation d’opérette

Quand l’affaire a éclaté, avec certains confrères blogueurs, on a dit que c’était une connerie. On a dit que personne ne serait taxé à ce niveau. On a étudié la loi, on a vu qu’il y avait des exonérations, notamment en cas de départ à la retraite du patron ou d’investissement des fonds dans une autre société.

Je ne vais pas dire maintenant que le Gouvernement a capitulé pour supprimer un truc que je prétendais encore hier matin qu’il n’avait aucune importance.

Un Gouvernement à l’écoute

Ben oui. Non seulement, il n’y a aucune capitulation mais des braves gens (que j’appelais hier des connards de pigeons !) soulignent une imperfection dans un texte de loi. Le Gouvernement les invite à en discuter autour d’une table et on leur confirme qu’on veut bien modifier le texte.

Je sais, on n’était pas habitué. Il y a encore un an, le budget était fait à l’Elysée. Le Parlement avait uniquement le droit de changer les virgules ! Pire ! Rappelez-vous le dernier budget… Je caricature à peine : le texte de loi est présenté à l’Assemblée. Les différents organismes signalent que l’hypothèse de croissance retenue est délirante. Le gouvernement dit « ce n’est pas grave, votez quand même, on fera un collectif budgétaire. » Le collectif budgétaire contenait une évolution majeure : le passage du taux inférieur de la TVA de 5,5 à 7% ! Et paf ! A peine voté, on annonce une évolution du taux supérieur de 19,6 à 21,2% (pour après les élections, faut pas déconner non plus).

Aujourd’hui, tout a changé, on discute.

Des pigeons ridicules

Ils ont monté une belle opération de communication avec les réseaux sociaux alors qu’il aurait probablement suffit d’envoyer un SMS à Mosco : « Hé ! On peut se voir, il y a un truc qui ne va pas dans ton machin. »

Evidemment, nous autres, blogueurs, on passe notre temps sur les réseaux sociaux et on est « épatés » de la réussite de la chose tout en étant indignés par la réaction du gouvernement. Pourtant ce n’est qu’un coup d’épée dans l’eau.

Ces guignols ont réussi à se faire passé pour des révolutionnaires des réseaux sociaux, comme ces « indignés » ou ces arabes qui ont fait leur printemps. Très drôle. Mais il se trouve que la seule population qui pourrait être réceptif au message leur est soit très favorables (des entrepreneurs geeks) soit complètement hostile (la gauche de la gauche, toujours guillerette quand le peuple se fait entendre en dehors des urnes).

Des organisations patronales coulées

C’était très amusant de voir Laurence Parisot courir pour tenter de recoller les morceaux, pour récupérer le mouvement. C’est raté. Bilan des courses : le MEDEF et la CGPME sont aux fraises. Les autres négociations ont été reportées, …

Le message est clair : le Gouvernement parle aux gens qui travaillent, qui créent de l’emploi, qui créent de la valeur, pas aux pingouins qui moulinent pour défendre des intérêts indus.

Il va falloir que les organisations patronales arrêtent de se croire en pays conquis, comme avant. Basta.

Trop de vent

En guise de conclusion, je vais juste dire que les blogueurs sont parfois un peu trop réactifs (moi le premier vu le nombre de billets que j’ai fait à ce sujet). Il faudrait qu’on prenne le temps de se poser. Tout ce qui importe sera la budget qui sera voté par le Parlement, voire comment il sera voté, si les parlementaires pourront travailler normalement, …

Et on en tirera une conclusion dans 18 mois, quand les comptes liés au budget en question auront été bouclés.

04 octobre 2012

Tiens ! Revoila du Boutin !

« Il est vraisemblable que si on accepte le mariage homosexuel, on sera amené dans les années à venir à accepter la polygamie » : voila ce qu’a déclaré Christine Boutin sur Europe 1, ce matin. C’est presque ce que j’attends le plus avec ce texte sur le mariage pour tous et l’adoption du même métal. Les nouvelles déclarations de Christine Boutin ! Elle va nous faire rigoler comme pendant le PACS mais à l’époque, on n’avait pas les blogs…

Cela étant, elle est grillée : on apprend aujourd’hui qu’elle aurait touché 800 000 euros de la part de l’UMP pour qu’elle retire sa candidature à la Présidentielle. Je ne sais pas si l’information est vraie et j’ai vu aussi passer le montant de 680 000.

Toujours est-il qu’il serait intéressant de savoir si ce parti a déclaré dans ses comptes de campagne. Remarque, il en faudrait pas invalider la non réélection de Nicolas Sarkozy, non plus (et smiley).

J’espère que les militants de ce parti seront heureux de savoir qu’ils ont dépensé du pognon pour acheter la présence de leur patron au second tour. Pour ma part, je ne peux que rigoler du niveau de panique qu’il a régné à l’UMP à une époque, celle où l’on voyait Marine Le Pen accéder au second tour…

Ils sont mal.

Quant à Madame Boutin, on pourrait se demander si son action militante est bien pour défendre des valeurs ! Ou alors des grosses valeurs…

Après avoir eu je ne sais plus quelle mission à 9600 euros par mois (de mémoire) par Nicolas Sarkozy, la voila qui aurait touché 800 000 euros pour retirer sa candidature.

Et elle vient nous faire une théorie fumeuse à propos du mariage pour tous…