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07 juillet 2015

Pourquoi Angela Merkel refuse de parler de la dette grecque ?

Cet intéressant article nous explique la cause : pour résumer, elle aurait fait des promesses inconsidérées à ses électeurs (à propos de l'Europe, c'est un peu une manie chez nos chers gouvernants...), leur disant notamment qu'ils n'auront pas à payer pour les Grecs.

Dites, Angela, on ne va pas virer la Grèce de l'Euro, ce qui serait probablement une catastrophe, uniquement pour vous permettre de sauver la face, hein ?

15 décembre 2013

Apprenons la démocratie à Jean-Luc Mélenchon

« Le SPD s'est vendu à Merkel » a déclaré Jean-Luc Mélenchon avec la finesse qui le caractérise suite à l’approbation par le SPD du projet de gouvernement commun en Allemagne. Je ne sais pas si on a vraiment la vocation à commenter les actes démocratiques des partis politiques étrangers.

Je suis d’ailleurs fatigué de ces gens qui ne respectent pas la démocratie. Le parti de Mme Merkel a remporté une large victoire, ce que l’on peut déplorer, avec 47% des voix. Le jour où on verra ça en France… Il est donc logique qu’il soit amené à diriger le pays mais il n’a pas la majorité absolue et est obligée de composer avec le camp d’en face. Ce sont les socdem qui s’y collent.

Imaginons la situation en France. Il y a 577 députés mais je vais arrondir à 600. Imaginons que l’UMP et l’UDI remporte 295 sièges. Ca serait une victoire incroyable pour eux mais ils n’auraient pas la majorité absolue. Imaginons que le PS remporte 150 sièges, les verts 100 et les communistes 55, soit un total de 305. Avec le système électoral Allemand, c’est le parlement qui élit le chancelier. En France, c’est un peu différent mais ça revient au même. Les partis politiques doivent discuter en entre eux pour trouver une base de gouvernement.

Imaginons cette élection du Premier Ministre par le Parlement. Au premier tour, on peut supposer que le chef de l’UMP obtienne 295 voix et celui du PS, 150. Il y a donc un deuxième tour. En toute logique, le candidat du PS gagne le second tour avec 305 voix. Et encore, ce n’est même pas sûr. Il devrait donner des gages à son aile gauche au cours d’une négociation ce qui fait que des députés de cette formation pourraient être amenés à voter pour le candidat de l’UMP…

C’est le jeu démocratique. Prenons une exigence au hasard des communistes, pendant ces négociations : le SMIC à 1700 euros. Un député PS pourrait penser que ça serait une catastrophe pour le pays. Il s’en suivrait en effet une importante inflation et le nombre de smicards augmenteraient. Les classes « moyennes basses » se retrouveraient au SMIC mais les prix augmentant, ils perdraient du pouvoir d’achat. Le candidat de l’UMP pourrait alors dire : hého, je promets d’augmenter légèrement le SMIC et d’aligner le PACS sur le mariage. On trouverait bien 6 députés PS qui préfèreraient voter pour lui que pour le candidat de son propre parti qui aurait ajouté un élément de programme qu’il jugerait catastrophique.

Et ils respecteraient ainsi la démocratie.

Mais le candidat de l’UMP est intelligent (c’est une fiction). Dès le départ, il va voir le candidat du PS et dira : ah ben on est dans la merde. Je ne peux pas réunir une majorité et toi non plus sans générer un gros bordel. Je propose qu’on mette en place une plateforme commune qui répondrait aux votes des gens : 50% pour moi, 25% pour toi. On aurait donc une plateforme qui représenterait 75% de la population. On aura des mécontents à ma droite et à ta gauche mais on resterait largement majoritaire.

C’est ce qui se passe en Allemagne.

C’est aussi ce qui s’est passé en 1988 en France. François Mitterrand avait toute légitimité pour diriger la France puisqu’il venait d’être élu mais il n’avait pas la majorité à l’Assemblée. Le Parti Socialiste avait 47,82% des députés. Les communistes 4,4% et les non inscrits 2,4%. Le Parti Socialiste n’aurait pas été sûr d’avoir une majorité sur tous les textes sans faire de larges concessions aux communistes. Mitterrand a donc dit : hop ! Je vais nommer Rocard et lui demander de faire une majorité d’ouverture. C’est la seule solution qu’il avait pour disposer d’une majorité capable de gouverner durablement. Rocard a donc été voir les centristes et leur a dit : bon les gars, on prend certains d’entre vous au gouvernement et on se met d’accord.

On appelle ça de la démocratie.

N’oublions pas que les communistes avaient pris une belle claque, à l’époque. Tout comme Die Linke, cette fois, et les écolos allemands. La comparaison avec l’Allemagne s’arrêtera là. Le système électoral n’est pas le même. Le PS et les partis qui gravitent autour de lui arrivent à avoir 57% des députés avec 40% des voix. Le Front de Gauche qui a fait 7% des voix arrive avec 1,7% des députés et le Front National qui a fait 13,6% avec 0,35… Si le nombre d’élus était proportionnel aux voix, le total de la gauche ferait un peu moins de 50%. Il n’y aurait pas de majorité… Et vous avez beau retourner les chiffres dans tous les sens, pour qu’un texte passe, il faudrait un accord entre l’UMP et le PS. Le Front de Gauche aurait beau hurler, c’est la démocratie. Ca représente une majeure partie du peuple.

Jean-Luc Mélenchon vocifère. Reprenons son communiqué. « Le SPD s'est vendu à Merkel. Il préfère l'alliance de droite plutôt qu'un accord de gauche. La social-démocratie ne sert plus qu'à épauler l'ordre libéral. Et le PS vient de donner son appui à la candidature de Martin Schulz du SPD allié à Merkel pour la présidence de la Commission européenne. De Merkel à Hollande, c'est la ligne directe ! En France comme en Allemagne, les sociaux-démocrates sont la camisole de force des peuples. Ce monde-là n'est pas le nôtre. L'opposition de gauche en France doit être la relève. »

Nous allons le prendre dans l’autre sens. Madame Merkel a fait un triomphe à cette élection. On peut évidement le regretter et traiter les Allemands de fous mais ça ne fera pas avancer le dossier. Néanmoins, elle n’a pas su ménager son allié traditionnel, les vils libéraux du FDP. Elle doit donc composer et faire une politique moins à droite que ce qui était prévu. C’est donc tout à l’honneur du SPD (et des militants qui ont accepté) de permettre à Madame Merkel de faire une politique moins à droite, avec des points par ailleurs très satisfaisants : instauration d’un SMIC, augmentation des petites retraites, limitation des loyers,… Le ministère de l’économie devrait revenir au président du SPD, Sigmar Gabriel, qui chapeautera en outre la transition énergétique.

Le peuple allemand n’a pas voté pour Die Linke comme le peuple français n’a pas voté pour le Front de Gauche. Le PS soutient un candidat qui pourrait imprimer un retournement à gauche de la politique européenne, Martin Schulz, issu du SPD. Ce monsieur fait campagne en politisant le choix du président de la Commission européenne. « Les grandes forces politiques ont besoin d'une compétition pour confronter leur vision de l'Europe. Il ne faut pas réduire le débat à un affrontement entre pro et anti-européens. Nous devons offrir le choix entre une Europe du centre droit et une Europe du centre gauche, une Europe libérale et une Europe socialiste, pour aider à sa démocratisation. »

Les tractations seront les mêmes, à l’issue des élections Européennes, dans six mois. Il y a deux grandes forces, le PPE (à droite) et le PSE (à gauche). Le PSE ne sera pas capable de gouverner tout seul. M. Schulz devra trouver une coalition, s’il veut devenir le chef de la future Commission.

J’attends de voir le programme du Front de Gauche et les annonces faites Jean-Luc Mélenchon, pour cette élection.

Je suppose qu’il va vociférer contre les technocrates de Bruxelles avec un programme qui ne sera pas audible parce que la gauche de la gauche ne remportera pas se scrutin. Il devrait faire de la politique, de la vraie, celle qui a un impact sur la vie des gens. Il devrait donc soutenir Martin Schulz s’il veut un peu moins d’Europe libérale.

Mais non ! Il va taper sur le PS pour sa propre gloire, voire pour s’assurer un job.


Ce n’est pas de la démocratie.

23 septembre 2013

La baffe qui venait d'Allemagne

La gauche obtient une majorité des sièges au Parlement allemand (319 contre 311, de mémoire) et les méchants libéraux sont éliminés. Les petites formations (écolos, Die Linke,...) baissent et les socio-démocrates se renforcent. Présenté ainsi, c'est beau, hein ! Un peu plus, j'annoncerais la victoire des socialistes...

Pourtant, il s'agit bien d'une victoire de Mme Merkel et d'une baffe pour les socialistes français (Ben oui, ne soyons pas faux culs, on se fout des socialos allemands), notamment les blogueurs frisés bas de poitrine qui annonçaient l'an dernier qu'il fallait attendre la défaite d'Angela Merkel pour réorienter l'Europe. J'ai même dit - à jeun - que les Allemands sauraient rebondir sur la victoire de François Hollande pour réorienter leurs votes !

Le plus drôle est peut-être que la droite est si forte en Allemagne car elle s'appuie sur des mesures prises par la gauche.

C'est une baffe. On sait maintenant que la même politique va être menée en Europe… D’ailleurs, la droite française ne s’y trompe pas.

24 octobre 2012

Angéla Merkel en slip ?

Désolé pour le titre, c’est Dagrouik qui me le souffle. D’après cet article des Echos, l’économie Allemande serait en très mauvais état et entrerait en récession au second semestre (nous y sommes…).

« Le moral des entrepreneurs allemands s'est contracté pour le sixième mois consécutif selon l'Ifo. Une baisse qui a surpris les économistes. » « Les indicateurs d'activité publiés ce mercredi dressent en effet un tableau particulièrement sombre de la situation économique en Allemagne. » « L'activité dans le secteur privé allemand s'est contractée en octobre pour le sixième mois consécutif, reflétant une probable entrée en récession de la première économie européenne au deuxième semestre. » « Les perspectives d'activité à douze mois n'ont pas été aussi faibles depuis le début de l'année 2009, c'est-à-dire au plus fort de la crise provoquée par la chute de Lehman Brothers. »

Je résume : ça va très mal chez nos voisins qui sont pourtant beaucoup plus fort que nous…

Il serait temps que l’Allemagne et ses dirigeants qu’après avoir appauvri ses propres habitants et ses clients (c’est nous, là…), il serait temps de changer de politique.

18 octobre 2012

Hollande à l'offensive contre Merkel !



« "Hollande adresse des tirs de semonce à Merkel sur l’austérité à la veille du Conseil européen", titre le Guardian. Dans le cadre du projet "Europa" mené conjointement avec cinq autres quotidiens européens […] "pour enquêter sur la situation difficile de l’Europe et discuter des solutions", le quotidien britannique de centre-gauche fait l’ouverture avec une interview du président français François Hollande. »

Ah ! Ca va chier !

Notre Président estime que la Chancelière est trop préoccupée par la situation intérieure de l’Allemagne. Il demande à Berlin de revenir sur son opposition aux décisions formulées par l’Eurogroupe en juin dernier. Il appelle les responsables de la zone euro à agir vite pour abaisser les coûts d’emprunt de l’Espagne et de l’Italie. Il insiste pour que la Grèce soit assurée de rester dans la zone euro. Il expédie sans ménagement la volonté allemande de créer une zone euro fédérale ou une union politique. Finalement, il écarte les fortes critiques allemandes sur les dernières décisions de la BCE qu’il considère comme infondées.

Paf ! (je sais, j’ai quasiment recopié deux paragraphes cet article de Presse Europ, c’est pour vous faire croire que je suis créatif, ce soir).

Le Figaro estime que François Hollande n’est pas en force mais on s’en fout, les allemands vont finir par la virer ou, si elle est remise en place, on pourra se foutre de leur gueule et compter le nombre de travailleurs pauvres tout en constatant l’effondrement de l’économie de l’Europe avec un tas de pauvre qui ne pourront plus manger ou se payer d’iPhone 5.

Notre Président a dit : « We're all taking part in this solidarity. The French, the Germans, just like all the Europeans in the ESM [the eurozone's new rescue fund]. Let's stop thinking that there's only one country who's going to pay for the others. That's false. However, I know the sensitivity of our German friends to the problem of supervision. Whoever pays should control, whoever pays should sanction. I agree. But budgetary union should be completed by a partial mutualisation of debts through Eurobonds. »

Comme vous ne parlez pas très bien anglais, contrairement à François Hollande, je vais traduire : « Mémère nous casse les burnes. Elle veut tout contrôler au prétexte que c’est son pognon. On va lui demander ce qu’en pensent les milliards de travailleurs pauvres en Allemagne. Elle veut contrôler. Ben qu’elle contrôle, de toute manière on s’en bat les couilles, elle va être virée. Elle veut nous foutre des sanctions ? Elle aura des sanctions. Mais la solidarité doit être prioritaire et elle doit accepter la mutualisation partielle des dettes et les machins qui s’appellent Bonds, EuroBonds. »

Le Président a beaucoup d’humour mais il est parfois un peu vulgaire quand il parle le rosbif. Il faut dire qu’il a fait son année d’anglais dans le cadre de ses études dans un bistro de la banlieue sud de Londres qui s’appelait « At the Comet ».

Il y a certaines situations que je n'ose imaginer...

04 avril 2012

Angela Merkel commence à voter pour François Hollande ?

« Le pacte de stabilité budgétaire voulu par Angela Merkel pourrait être revu en accord avec François Hollande s'il remporte les présidentielles. La Chancelière allemande, constatant que, selon les sondages, Nicolas Sarkozy serait battu, fait preuve de réalisme. »

Outre le fait qu’elle commence à être persuadée de la victoire de François Hollande, elle vient de valider la démarche du candidat-entrant, à savoir qu’il sera possible de renégocier le pacte de stabilité, comme il s’y est engagé.

Comme quoi, elle a raison de croire aux sondages... et de constater qu'elle ne pourrait plus faire ce qu'elle veut.

Le changement, c'est quand, déjà ?

(merci à MajicWoofy pour l’information)

06 février 2012

Merkozy : une longue histoire d'amour ?

« Si la chancelière a apporté son soutien "sur tous les plans" au président français, leurs rapports n'ont pas toujours été au beau fixe. » Le Nouvel Obs a la bonne idée de revenir sur quatre années de bisbilles et d’incidents diplomatiques alors qu’on a attend avec impatience (heu…) leur interview croisé à la télé.

En juillet 2007, l’Allemagne n’apprécie pas que la France mette son rôle en avant dans la libération des otages alors que les négociations ont été menées au niveau Européen.

Un peu après, « le ministre des Finances [Allemand] reproche à Nicolas Sarkozy de faire des cadeaux fiscaux à ses électeurs plutôt que de respecter le plan d'économies européen. Le chef de l'Etat français s'emporte : "Qu'est-ce qui vous prend de me parler sur ce ton?". Il ne "pardonne" pas à Angela Merkel de ne pas désavouer publiquement son ministre. »

Septembre 2007. « le président français affirme que l'Allemagne doit revenir sur son projet d'abandon total du nucléaire. » Scandale en Allemagne qui ne tolère pas l’ingérence.

Décembre 2007. Nicolas Sarkozy hèle Mme Merkel « "Hé ! Angela ! Viens ici !" avant de se fendre d'un "Hein entre nous, c'est la lune de miel ? Honeymoon ?" Et Angela Merkel de rétorquer sèchement : "Non, non, on coopère, c'est tout". »

Mais 2008. Notre Président « s'adresse à l'époux de la Chancelière en l'appelant M. Merkel, alors que c'est le nom de son premier mari, qu'elle a conservé, même remarié à un M.Sauer. »

La totale est à lire chez Le Nouvel Obs.

07 novembre 2011

6 milliards de baisse d'impôts en Allemagne. Et chez nous ? Une augmentation...

« Alors qu'en France, Nicolas Sarkozy cherche à réaliser 7 milliards d'euros d'économies sans brider la croissance ni accroître son impopularité, en Allemagne, la chancelière Angela Merkel tente de diminuer les impôts d'environ autant. » nous apprend Le Monde.

Voilà la politique ! Comme je le disais dans mon dernier billet, Nicolas Sarkozy parlait d’harmonisation fiscale avec l’Allemagne…

François Fillon a annoncé un poussif plan de nouvelles économies et d’augmentation des impôts. Pendant ce temps, Angela Merkel annonce une forte baisse des impôts !

Un beau coup de pouce aux plus modestes…

« Grâce à une croissance forte en 2010 et très correcte en 2011 (respectivement 3,6 % et sans doute 2,9 %), les rentrées fiscales atteignent un niveau dépassant les prévisions. En 2011, ces recettes devraient atteindre 571,2 milliards d'euros, soit 40 milliards de plus qu'en 2010. »

C’est bien la politique menée chez nous qui est mauvaise.

Il n’y a qu’une seule solution.