En salle

Affichage des articles dont le libellé est Crise économique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Crise économique. Afficher tous les articles

24 octobre 2012

Angéla Merkel en slip ?

Désolé pour le titre, c’est Dagrouik qui me le souffle. D’après cet article des Echos, l’économie Allemande serait en très mauvais état et entrerait en récession au second semestre (nous y sommes…).

« Le moral des entrepreneurs allemands s'est contracté pour le sixième mois consécutif selon l'Ifo. Une baisse qui a surpris les économistes. » « Les indicateurs d'activité publiés ce mercredi dressent en effet un tableau particulièrement sombre de la situation économique en Allemagne. » « L'activité dans le secteur privé allemand s'est contractée en octobre pour le sixième mois consécutif, reflétant une probable entrée en récession de la première économie européenne au deuxième semestre. » « Les perspectives d'activité à douze mois n'ont pas été aussi faibles depuis le début de l'année 2009, c'est-à-dire au plus fort de la crise provoquée par la chute de Lehman Brothers. »

Je résume : ça va très mal chez nos voisins qui sont pourtant beaucoup plus fort que nous…

Il serait temps que l’Allemagne et ses dirigeants qu’après avoir appauvri ses propres habitants et ses clients (c’est nous, là…), il serait temps de changer de politique.

18 octobre 2012

Hollande à l'offensive contre Merkel !



« "Hollande adresse des tirs de semonce à Merkel sur l’austérité à la veille du Conseil européen", titre le Guardian. Dans le cadre du projet "Europa" mené conjointement avec cinq autres quotidiens européens […] "pour enquêter sur la situation difficile de l’Europe et discuter des solutions", le quotidien britannique de centre-gauche fait l’ouverture avec une interview du président français François Hollande. »

Ah ! Ca va chier !

Notre Président estime que la Chancelière est trop préoccupée par la situation intérieure de l’Allemagne. Il demande à Berlin de revenir sur son opposition aux décisions formulées par l’Eurogroupe en juin dernier. Il appelle les responsables de la zone euro à agir vite pour abaisser les coûts d’emprunt de l’Espagne et de l’Italie. Il insiste pour que la Grèce soit assurée de rester dans la zone euro. Il expédie sans ménagement la volonté allemande de créer une zone euro fédérale ou une union politique. Finalement, il écarte les fortes critiques allemandes sur les dernières décisions de la BCE qu’il considère comme infondées.

Paf ! (je sais, j’ai quasiment recopié deux paragraphes cet article de Presse Europ, c’est pour vous faire croire que je suis créatif, ce soir).

Le Figaro estime que François Hollande n’est pas en force mais on s’en fout, les allemands vont finir par la virer ou, si elle est remise en place, on pourra se foutre de leur gueule et compter le nombre de travailleurs pauvres tout en constatant l’effondrement de l’économie de l’Europe avec un tas de pauvre qui ne pourront plus manger ou se payer d’iPhone 5.

Notre Président a dit : « We're all taking part in this solidarity. The French, the Germans, just like all the Europeans in the ESM [the eurozone's new rescue fund]. Let's stop thinking that there's only one country who's going to pay for the others. That's false. However, I know the sensitivity of our German friends to the problem of supervision. Whoever pays should control, whoever pays should sanction. I agree. But budgetary union should be completed by a partial mutualisation of debts through Eurobonds. »

Comme vous ne parlez pas très bien anglais, contrairement à François Hollande, je vais traduire : « Mémère nous casse les burnes. Elle veut tout contrôler au prétexte que c’est son pognon. On va lui demander ce qu’en pensent les milliards de travailleurs pauvres en Allemagne. Elle veut contrôler. Ben qu’elle contrôle, de toute manière on s’en bat les couilles, elle va être virée. Elle veut nous foutre des sanctions ? Elle aura des sanctions. Mais la solidarité doit être prioritaire et elle doit accepter la mutualisation partielle des dettes et les machins qui s’appellent Bonds, EuroBonds. »

Le Président a beaucoup d’humour mais il est parfois un peu vulgaire quand il parle le rosbif. Il faut dire qu’il a fait son année d’anglais dans le cadre de ses études dans un bistro de la banlieue sud de Londres qui s’appelait « At the Comet ».

Il y a certaines situations que je n'ose imaginer...

27 octobre 2011

Pessimisme patronal

Laurence Parisot vit-elle dans une autre planète ? « L'économie réelle "commence à être atteinte" par les conséquences de la crise financière, a estimé jeudi la présidente de l'organisation patronale Medef, Laurence Parisot, qui s'est prononcée en faveur d'une hausse de la TVA et d'une baisse des charges. »

Qu’elle souhaite une hausse de la TVA et une baisse des charges, je conçois. Elle est dans son rôle.

Mais dire que la crise financière commence à avoir des conséquences sur l’économie réelle, c’est fort !

C’est quoi pour elle, l’économie réelle ?

Elle devrait fréquenter plus souvent les bistros et voir les gens, les « gens réels ». Elle aurait pu voir la cassure, que j’estime avoir eu lieu vers le milieu du premier semestre 2008. C’est mon économie réelle à moi : plus un chat dans les bistros. Bicêtre, morne plaine…

Ca fait des années qu’on se serre la ceinture, que le nombre de chômeurs augmente, que de plus en plus de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, mais pour Laurence Parisot, la crise commence juste à avoir des conséquences.

Ca promet pour la suite…

Crise de la dette : l'accord pour les nuls

Je suis sûr que vous avez parfaitement compris en quoi consiste l’accord « Européen » passé cette nuit ! Non ? Ah ! Merde. Je comptais sur vous pour m’expliquer… Parcourons ensemble la presse pour tenter de comprendre.

« "Un accord sur un programme global a été conclu", a annoncé le président de l'Union européenne Herman Van Rompuy. »

Ah ! Ca commence bien ! Mais je l’avais oublié, lui… Pourtant, il ne faudrait jamais oublier qu’on a un Président… Tiens ! Je vais illustrer ce billet avec sa photo. On a un président, je le verrais au bistro à boire un canon à côté de moi, je ne le reconnaitrais pas... Il est chauve avec des lunettes. Il est Président du Conseil Général de l'Orne ?

« Les dirigeants européens ont réussi à lever in extremis un blocage portant sur un point central de leur système de défense: l'effacement d'une partie de la dette grecque détenue par les banques créancières du pays. »

Je fais pareil, parfois, quand des gugusses me doivent de l’argent. Comme je sais qu’ils ne pourront jamais rembourser, je fais une croix dessus. Mais je ne leur dis pas pour maintenir la pression. Une fois, il y en a un qui m’avait remboursé deux après alors que j’avais oublié. Il m’a fait un discours, comme quoi c’était un homme d’honneur et tout ça.

Ainsi, les banques ont accepté de s’asseoir sur du pognon qu’elles ne récupéreront jamais après avoir perdu une grande partie de leur valeur. Tiens ! Je vais illustrer ce billet avec le cours de la Société Générale, pour faire joli. J’imagine nos gouvernants fanfaronner sur le fait d’avoir fait plier les banques.

« Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel, la directrice générale du FMI Christine Lagarde et le chef de file des ministres des Finances de la zone euro Jean-Claude Juncker ont dû intervenir personnellement dans la nuit pour trouver un compromis avec les banques, alors que les discussions étaient enlisées. »

Cette phrase est très jolie mais je vais la traduire : il n’y a plus de démocratie, nos dirigeants sont obligés d’aller faire les guignols devant des banquiers comme des simples smicards en milieu de mois s’ils doivent payer le dentiste du marmot.

« En échange de l'effort demandé au secteur bancaire, un accord a été trouvé lors du sommet de mercredi soir pour recapitaliser les établissements qui en auraient besoin. »

Ca veut dire qu’on va leur filer du pognon pour les récompenser des mauvais placements financiers qu’ils ont fait ?

« Concrètement, les besoins ont été chiffrés à 106 milliards d'euros par l'Autorité bancaire européenne (EBA), dans un document mis en ligne mercredi sur son site internet. Toutefois les marchés estiment que les besoins sont nettement supérieurs. Le FMI a lui-même parlé de 200 milliards d'euros. »

Donc personne n’en sait rien.

« Au-delà, les pays de la zone euro ont décidé de démultiplier la puissance de feu de leur Fonds de secours financier pour les pays en difficulté en la portant à 1.000 milliards d'euros dans un premier temps. »

C’est là que ça se corse ! Je suis largué. On n’avait pas de pognon, on se demande s’il ne faut pas de 106 à 200 milliards pour recapitaliser les banques assises sur la dette et on trouve 1000 milliards pour les coller dans un abscons fonds de secours financier.

Ah ! Voila l’explication : « cela consistera à offrir un système d'assurance-crédit aux investisseurs pour les inciter à acheter de la dette publique d'Etats fragiles. Concrètement, le FESF garantira une partie de la dette en cas de défaillance de l'Etat emprunteur. »

Je crois avoir compris : on va garantir aux investisseurs qui viennent de s’asseoir, à notre demande, sur la moitié de leurs créances, les nouveaux prêts qu’ils vont faire tout en ayant aucun pognon pour tenir cette garantie.

C’est un peu comme si le Vieux Jacques se portait caution pour que j’achète un F3 à Bicêtre, non ?

« A ce dispositif serait ajouté un autre mécanisme: un fonds spécial adossé au FMI et accueillant les contributions de pays émergents comme la Chine et la Russie. »

Pourquoi pas, tiens ? Les Chinois ont déjà acheté tous les bars tabacs de banlieue, ils peuvent redoubler d’effort.

« Il n'est pas certain néanmoins que le montant de 1.000 milliards d'euros suffise à rassurer les marchés financiers. Ils attendaient à l'origine le double. »

Je vais les rassurer : on leur a déjà collé une garantie de 1000 milliards qu’on n’a pas, on peut bien leur en filer une deuxième.

Enfin : « M. Berlusconi a apporté à Bruxelles une lettre promettant des réformes, qui a fait "bonne impression", selon le Premier ministre polonais Donald Tusk. »

On peut très certainement lui faire confiance.

Mesdames, Messieurs, quand vous recevrez une lettre d’un huissier à cause d’une créance que vous n’avez pas honorée, vous pouvez lui envoyer une lettre en lui promettant une réforme de votre gestion budgétaire.

Ca fera bonne impression.

14 septembre 2011

Dégradées

Ce n’est pas sans tristesse (si…) que j’apprends ce matin que la Société Générale et le Crédit Agricole ont vu leurs notes dévaluées par Moody’s alors que la BNPP tire son épingle du jeu. Disparitus l’avait prédit dès dimanche.

C’est une phrase de la dépêche qui m’interpelle : « la révision tient à la réévaluation de l'aide que pourraient fournir les pouvoirs publics en cas de crise grave. » Vous avez le droit de lire plusieurs fois pour bien comprendre.

Je vais traduire : les porteurs de cravates de cette honorable société américaine spécialisée dans l’évaluation des machins, nous fait dire qu’en filant du pognon de nos impôts à ces boites, ils pourraient augmenter leurs notes afin de satisfaire les actionnaires.

Notre réponse est unanime : mouarf.

13 septembre 2011

La bourse, on l'envie ?

Enfin une bonne nouvelle ! A l’ouverture de la bourse, ce matin, le Crédit Agricole reprend plus de 4%, suivi de peu par le SG… Le CAC 40, quant à lui, est en légère hausse. Natixis se porte bien et BNPP reprend plus de trois points. Aucune valeur n’est à la ramasse mais notons que Danone perd 0,2%.

On s’en fout, me direz-vous. Oui, mais j’ai un billet à faire, moi !

BNPP est la banque la plus exposée à la dette de la Grèce et ça pourrait chier.

Conseil du jour : quitte à perdre du pognon, achetez des actions BNPP.

Deux solutions : soit tout se casse la gueule et de toute manière votre pognon ne vaudra plus rien autant le dépenser à faire des conneries, soit ça repart et tout ça remonte pour vous faire devenir un vrai petit spéculateur en herbe méritant de la patrie puisqu’avec votre achat, vous aurez contribué à la relance du titre. Monsieur Filliol (le taulier de BNPP) viendra alors en personne vous payer une bière la Comète.

Voila, c’est décidé. Je me lance dans le conseil boursier. Je vais coter Partageons mon avis en bourse pour prouver ma motivation et mes compétences extrême. Il ne vaut absolument rien, sa valeur pourrait ainsi être multipliée par deux assez rapidement.

Par contre, n’achetez pas d’actions de la Société Générale car les mesures correctives que devrait prendre la banque pour se conformer aux normes de Bâle 3 d'ici 2013 pourraient inclure une baisse du taux de distribution des résultats (de 30% environ actuellement à 20%E). Le groupe génère suffisamment de capital pour être en mesure de se conformer aux nouvelles normes Bâle 3. Selon moi, le régulateur français ne devrait pas imposer de mesure contraignante supplémentaire par rapport au comité de Bâle. Un ratio CETier1 minimum compris entre 7% et 8.5% devrait être acceptable

Alors, ça vous en bouche un coin, non ?

Figurez vous que ce paragraphe (aimablement prêté par ma propre banque pour illustrer ce billet) est assez incompréhensible, ce dont on se fout puisque personne n’écoute les conseils mais le pire est que des gugusses arrivent à les écrire sans même se poser de question.

Et ce sont les mêmes qui vont bientôt dégrader les notes de ces banques les faisant plonger dans le rouge, ce qui amènera les clients à s’inquiéter encore plus, donc les cours de bourse à chuter encore et par voie de conséquence les notes à baisser encore. On n’y comprend plus rien.

Donc on s’en fout. On reste calme. On ne se précipite pas à sa banque pour retirer son pognon. On appelle aimablement son banquier pour se foutre de sa gueule car il sera prochainement licencié. Ca lui apprendra à vous avoir pris de haut quand il a refusé de négocier vos frais quand vous vous êtes retrouvé à découvert après avoir du payer une amende à la RATP à cause de votre petit dernier qui avait perdu son ticket.

Pendant ce temps, le peuple Grec, serein, assis sur son tabouret de comptoir se demande néanmoins ce qui va bien lui tomber sur le coin de la gueule.

12 septembre 2011

Crise : tant qu'il reste de la morphine

Avec cette économie qui dégringole, on est un peu comme au chevet d’un malade du cancer en phase terminale. On attend la fin. On sort des histoires glauques de valises de billets pour amuser la galerie, on regarde les cours des banques baisser et le Front National monter. On attend la faillite de la Grèce.

Un état en faillite ? On se demande bien ce que ça veut dire. On ferme les usines. Tout le monde arrête de bosser. Les gens sont virés. Le pays se vide.

Ah ! Non. Ils vont arrêter de rembourser la dette. De toute manière, on n’y croyait plus.

Le G7 s’est réuni ce week-end. Aucune décision marquante n’a été prise, semble-t-il. On attend la réunion des Taxis Bleus.

Du G20, on est vite repartis au G8 puis au G7. La débandade est grande.

Bref, nos banques vont se casser la gueule puisqu’elles avaient spéculé sur la dette de la Grèce. On pourrait s’en foutre mais on leur a quand même filé notre pognon. Les riches vont tout perdre. Les pauvres aussi, mais c’est moins grave.

Alors les banques vont secourir en urgence les banques, leur apporter des capitaux qui viennent d’on ne sait où. Ah ! Si, me rappelle-t-on dans l’oreille. De nos impôts. Si elles coulent, c’est pareil, l’état est garant à hauteur de 60 000 euros (de mémoire, j’ai aussi le montant de 100 000 en tête), ça coûtera moins cher de renflouer les banques. De toute manière, le pognon vient toujours de notre poche.

Alors les banques vont se remettre. Notre dette va augmenter. Les banques vont pouvoir spéculer dessus, jusqu’à la prochaine faillite. L’ultime.

Il restera alors l’Allemagne, toute seule, à agiter les bras, pour faire croire qu’on peut encore sauver quelque chose. Puis, un jour, elle verra qu’elle ne peut plus exporter, qu’elle n’a plus de pognon.

Personne n’admettra que cette faillite est celle du capitalisme.

Pour l’instant, on ne peut que sourire bêtement : « La Bourse de Paris évoluait en forte baisse lundi en début de séance, perdant plus de 3%, plombée par l'effondrement des valeurs bancaires, sur des craintes de faillite de la Grèce.

A 09H06 (07H06 GMT), le CAC 40 lâchait 3,32% à 2.875,90 points. BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale perdaient autour de 10%, sous la menace d'une dégradation de leur note par l'agence Moody's Investors Service, qui doit achever mi-septembre l'examen de leurs notes. »

Tant qu’il reste de la morphine…

19 août 2011

Ne taxons pas les riches d'altruisme

La nouvelle des dernières 48 heures tournent autour de ces riches qui souhaitent être imposés plus lourdement. Nous allons accepter mais pas sans leur rappeler qu’ils ont accepté toutes les mesures de la droite, depuis 2002, pour payer moins d’impôts. Ils ont dîné au Fouquet’s et demandent maintenant une politique totalement inversée.
Ils sont charmants.
Pour un peu qu’ils demandent à ce qu’on augmente les salaires de manière à ce que les braves gens puissent vivre normalement, voire exigent une limitation des loyers, des revenus immobiliers, …

Nous sommes donc d’accord : il faut augmenter les impôts des plus riches.              

Voila donc les gauchistes qui se retrouvent d’accord avec les millionnaires. Les libéraux et autres ras du bulbe qui ont voté pour travailler plus pour gagner plus doivent se retrouver avec le cul joliment percé.

Romain pose la question : le verre est-il à moitié plein ou à moitié vide ? Faut-il se réjouir ou crier à l’imposture ?

Je vais répondre : les deux.

C’est de l’imposture. Nos gentils riches tentent de réagir avant qu’il ne soit trop tard : les bourses s’effondrent à cause de cette histoire de dette (et d’autres saloperies), il est urgent de les stabiliser, donc en limitant les déficits, pour éviter de perdre trop de pognon, pour éviter qu’il ne reste plus rien.

Surtout, on dit toujours qu’il y a deux manières de sortir de la crise : la guerre ou l’inflation. Nous allons tenter d’éviter la première solution, au moins le temps de vérifier qu’à 45 ans, je ne suis plus réserviste et pourrais rester à Paris à rigoler avec les jeunes femmes des soldats partis au front.

Il nous reste la deuxième : l’inflation.

Moi y en a rappeler un principe de base : l’inflation n’y en a pas que les prix qui grimpent. Y en a aussi la valeur du pognon qui baisse bêtement.

Prenons un heureux milliardaire ayant bâti une fortune en travaillant durement à bien placer l’argent hérité de ses parents. S’il est bien placé, son milliard pourrait continuer à valoir un milliard mais, le pauvre, il risque de ne même plus pouvoir acheter une concession à perpétuité dans le cimetière du coin, tant les prix auront augmenté.

Les pauvres, ils s’en foutent, ils iront à la fosse commune. Nous devons faire un effort pour nous mettre à la place des riches qui ont des problèmes qu’on ne soupçonne même pas.

Prenez un type au hasard moi : je suis propriétaire d’un appartement et j’ai quelques liquidités sagement placées. Paf ! Inflation ! Mes liquidités ne vaudront plus rien ce qui prouve que j’ai raison de dépenser une grande partie de ma paie en liquides divers et houblonnés. Tant pis. Je ne pourrais plus payer mes bières et mon abonnement Internet, le forfait de l’iPhone, des voitures de location pour partir en week-end en famille ou le train pour aller chez Poireau. Tant pis. Il me restera mon appartement. Quel que soit sa « valeur financière » (j’ai vu récemment un appartement équivalent à 250 000 euros, on croit rêver, pour 50 m2), il garde une valeur objective : c’est appartement où je peux habiter. J’y suis bien, même si le gros frisé qui doit faire le ménage est une grosse fainéasse.

Ainsi, avec la chute de la bourse et l’inflation, les riches ont beaucoup à perdre alors que les pauvres, ils n’ont que quelques kilos et la vie à perdre s’ils n’arrivent plus à acheter à manger.

Ouais ! Si en plus ils n’ont plus de pognon pour consommer, nos riches, ceux qui ont des usines pour fabriquer des conneries et mes magasins pour nous les vendre, n’arriveront plus à gagner du pognon sur le dos des masses populaires. Ce qui est gênant.

Alors nos riches sont en train de se dire qu’il faut réguler un peu mieux l’économie et que la meilleure solution pour ça, depuis que l’homme est né, est encore l’impôt sur le revenu.

C’est beau.

C’est ce que nous autres, gauchistes en peau de lapin, disons depuis des années, voire des décennies.

Nos milliardaires qui veulent qu’on augmente leurs impôts ont peut-être des postures. Ce n’est peut-être qu’un moyen pour se légitimer, … Ils viennent tout simplement de faire un aveu.

Le verre est-il à moitié plein ou à moitié vide ?

La question n’est pas là. Pour l’instant, il y a juste matière à rigoler.

Les bourses finiront bien par remonter.

07 août 2011

Des solutions pour sortir de la crise

Avec le vieux Jacques qui n’est pas spécialement un observateur avisé de la vie politique mais un charmant camarade d’apéritif nous étions pliés de rire en lisant le Parisien (l’édition papier, mais si, ça existe !) hier midi. Non seulement, le dessin était très drôle (illustration) et nous pouvions aussi nous moquer des actionnaires des sociétés qui ont perdu une fortune en bourse (ils n’avaient qu’à dépenser leur pognon dans les bistros), mais une illustration présentant la dette de tous les pays du monde était étonnante.

Tous les pays du monde sont endettés.

Le vieux Jacques était persuadé que c’était les Chinois qui nous prêtaient de l’oseille mais même pas : ils sont endettés aussi. Avec le vieux, on imaginait que A devait du pognon à B qui en devait à C qui en devait à A…

A qui ces pays doivent de l’argent alors me demande-t-il ?

Ben aux marchés financiers, vieux con.

Mais qu’est-ce qu’on en a foutre, alors ?

Moi ? Rien…

Pour sortir de la crise de la dette, des solutions existent. Les blogueurs en ont plein. Moi, par exemple, je proposais récemment de prendre le pognon où il est. CC, Louis, Elmone et Seb Musset semblent d’accord avec moi.

Melclalex propose une autre solution : faire marcher la planche à billet. Les USA ont une dette de 14 000 milliards de dollars. Qu’ils impriment pour 14 000 milliards de dollars et on n’en parle plus. Qu’on fasse pareil… Et hop ! On rembourse, plus de dette, et on est peinards. Avec un peu de chance il restera un peu de pognon pour payer une tournée au bistro.

Certes, les dommages collatéraux seront terribles : il y aura de l’inflation. Le pognon ne vaudra plus rien. Cela dit, rembourser des enfoirés qui gagnent de l’argent avec la dette avec du pognon qui ne vaut plus rien a un côté jouissif. En fait, que l’argent ne vaille plus rien n’est pas très grave : ça ne fait du mal qu’à ceux qui en ont. Mon dieu ! Nous allons ruiner des riches. Qu’ils se consolent ! Comme on va augmenter leurs impôts, ça leur fera moins de mal.

Les pauvres vont aussi souffrir, certes. Mais quand on n’a rien, on devrait pouvoir assez facilement se passer de la moitié.

C’est mal de dire ça je sais.

Mais ça fait 25 ou 30 ans qu’on nous bassine avec la maîtrise de l’inflation. Il faudrait peut-être commencer par étudier d’autres pistes…

De toute manière, on ne sort d’une vraie crise économique que par la guerre ou l’inflation.

J’ai choisi.

07 juillet 2011

Vers l’éclatement de la bulle « Réseau social » ? Ou l’économie du vent et de la pierre...

Disp, dans son blog geek, expose son point de vue à propos des réseaux sociaux : il y en a trop, c’est le bordel, toutes ses braves sociétés devraient exploser et la « bulle » devrait être plus forte que celle du début des années 2000. La crise va être beaucoup plus grave, tant des sociétés semblent avoir une valorisation beaucoup trop importante.

Je suis d’accord avec lui et en profite pour faire un billet tant l’économie du web est une de mes marottes (pour mes blogs geeks et politiques) mais surtout, depuis quelques jours, je suis passionné par Google Plus.

Je parle souvent de la survalorisation des sociétés Internet. Facebook est valorisée 70 milliards de dollars et a fait un résultat de 500 millions en 2010, soit environ 0,7%. Vous parlez d’un placement ! Une société comme Total a un ratio de 10%. Facebook a 1700 employés. Chaque employé « vaut » donc environ 30 millions d’euros, contre 1 million pour chaque salarié de Total. Il ne s’agit pas de montrer des chiffres qui ne valent pas dire grand-chose, juste d’exposer une énorme disproportion.

C’est à l’image de notre société, ce qu’évoque aussi Seb Musset dans son billet du jour. « Le grand tournant s'opérait au milieu de la dernière décennie du siècle passé : quand l'immobilier remplaça le travail dans la mentalité des possédants. » Ces « sociétés internet » sont des symboles : ce n’est plus le travail qui crée de la valeur mais le capital, la spéculation, et tout un tas de gros mots que je vous laisse chercher… Ben oui, on estime spécule sur la valeur de Facebook parce qu’on spécule sur ce que Facebook pourrait effectivement rapporter. On nous parle de la valeur des données personnelles mais, franchement, qui en a quelque chose à cirer du fait que je passe mes soirées au bistro à boire de la bière ordinaire dans le bistro en bas de chez moi ? Un industriel veut racheter la Comète ou persuader le patron de vendre de la Amstel à la place de la Kronenbourg ?

Du vent.

Nous en sommes là. L’économie du vent et de la pierre.

J’aime bien quand je fais ce genre de billet : quand je commence à le rédiger, je ne sais pas si je vais le diffuser dans le blog geek ou le blog politique.

Facebook n’est pas côté en bourse. Très peu de « réseaux sociaux » sont côtés en bourse. J’imagine que « Mark » n’est pas fou et doit s’activer de le faire au plus vite ou alors que c’est un doux rêveur… Il doit observer le nouveau machin de Google, Google Plus, avec une certaine inquiétude. Google dispose d’un large panel de machins avec un nombre considérable d’abonnés (rien qu’avec Gmail et Youtube). Google se met en rang de marche. Google sort un nouveau truc par jour. Aujourd’hui, c’était un machin pour permettre de poser des questions aux internautes. Dans le blog geek, je titrais mon billet du jour « Google Plus : les briques se mettent en place (dans un joyeux bordel ?) »

Quand on compare Google Plus et Facebook, Facebook apparaît déjà comme étant délicieusement ringard. Les geeks reprochent à Google Plus de ne pas avoir de « pages » pour permettre aux « marques » de « communiquer » ! Bof ! Google gagne de l’argent en envoyant les internautes sur les sites web des entreprises.

Mais Facebook n’est pas coté en bourse. Tout le monde se fout de l’effondrement de Facebook.

Contrairement à Google.

Si le modèle économique de Facebook est réellement du vent et si Facebook se casse réellement la gueule, un Facebook coté en bourse emporterait toutes les entreprises du même secteur dans une chute formidable, on assisterait alors à une crise économique peut-être sans précédent.

Google aurait donc intérêt à ce que Facebook se casse la gueule avant d’être introduit en bourse, tant qu’il n’a qu’une valorisation théorique et pas une valorisation uniquement basée sur la spéculation.

Avec Google Plus, Google aurait-il lancé une vaste opération pour tuer une entreprise, du même secteur, mais pas vraiment concurrente (à part, évidemment, sur le marché de la publicité en ligne) ?

Je ne sais pas.

Toujours est-il que ça m’amuse beaucoup d’imaginer Google partant à la bataille pour sauver l’économie mondiale !

18 janvier 2011

L'ONU prévoit une nouvelle crise économique en 2011

« Dans la partie consacrée à l'Europe du document annuel intitulé "Situation et perspectives de l'économie mondiale 2011", l'ONU estime que les perspectives dans cette région sont "sombres" malgré une faible reprise de la croissance l'année dernière de 1,7%. »


« "Il y a un risque très élevé de retomber (dans une période) de stagnation car trois régions importantes -- le Japon, les Etats-Unis et l'Europe -- n'ont pas encore surmonté totalement toutes les difficultés", a ajouté Heiner Flassbeck, s'inquiétant du fait que ces pays soient en train de retirer les plans de sauvetage en raison de déficits publics faramineux. »

Pas très réjouissant, ce monsieur. Soit on fait des plans de sauvetage et on coule. Soit on ne fait pas de plan de sauvetage et on coule.

20 octobre 2010

Il y a, dans ce pays, comme une fracture sociale

Presque cinq ans de blogs. J’en ai eu des tarés, des cons, des acariâtres, des dépressifs, des ivrognes, des neuneus, … Mais un troll comme j’ai eu hier, j’ai du mal à le qualifier. Fou irait peut-être. Le genre de type heureux de se faire mettre par ceux qu’il défend. Je ne vais citer que deux extraits, mais la conversation fut copieuse, vous pouvez vérifier.

J’étais au bistro, à attendre mes camarades et j’ai pu lui répondre périodiquement pour alimenter la conversation. Merci au Coucou, Disp, Vlad, Nicocerise, MHPA,… qui m’ont accompagné dans cette aventure.

Bienvenue dans le monde des trolls fous.

« Tu as bien raison de perdre tout espoir car les gauchistes comme toi n'auront jamais la moindre petite parcelle de pouvoir en France.
Il sera toujours entre les mains des gens comme moi. Et tu sais pourquoi ? Tout simplement parce que nous sommes plus courageux, plus malins, plus dynamiques, plus intelligents que les gauchos de ton genre. C'est dans la nature des choses.

Même à propos de cette réformette sur les retraites, vous ne parviendrez pas à faire bouger le pouvoir en place d'un iota. Vous n'avez pas encore compris que plus la chienlit progresse et plus Sarko boit du petit lait ? »

Vous me direz qu’il est assez facile de se moquer d’un type qui se prétend courageux mais qui n’ose même pas signer son commentaire, montrant ainsi sa couardise et sa servilité. Un type se prétend intelligent mais on sent l’énervement. L’ultime argument : je suis intelligent, tu es con. C’est dans la nature des choses.

Vous avez raison, ça ne mérite pas qu’on s’attarde. La dernière phrase, par contre, mérite un peu d'attention. « Nicolas Sarkozy boit du petit lait. » Pas du tout. Il est dans la situation de tout Président de la République qui a subi ce genre de contestation : il attend. Soit le mouvement s’essouffle (les vacances arrivent…) soit il finira par céder. Nul ne peut prévoir l’issue des débats. Si c’est vraiment le bordel, il en sera tenu pour responsable et ne sera pas réélu. Il espère probablement avoir un sursaut réactionnaire du peuple qui ne supporte pas les émeutes et le rejoindra en tant que garant de leur sécurité mais ça ne marchera pas. Il a été élu pour redonner du pouvoir d’achat aux gens, on est en pleine crise économique. Sa cote de popularité est non seulement au plus bas mais depuis trente ans, jamais un Président de la République n’a été aussi impopulaire.

Alors, il va reculer. « Mesdames, Messieurs, je vous ai compris ! Une réforme des retraites est nécessaire mais je comprends votre désarroi. Nous allons améliorer le texte pour que toute personne ayant cotisé 41,5 ans puisse partir à la retraite. » Discrètement, il laissera les 67 ans car ceux qui ont commencé à travailler après 23,5 ans ne descendront pas dans la rue… Alors les manifestants feront un baroud d’honneur pour exiger le retour aux 40 ans ou je ne sais quoi. Le mouvement s’essoufflera, Nicolas Sarkozy donnera l’impression d’avoir gagné, les marchés financiers seront rassurés (l’important n’est finalement pas l’âge de la retraite mais éventuellement la durée de cotisation). Enfin, j’en sais rien.

Les marchés financiers ? C’est ce qui motive ce billet, je vais citer à nouveau mon troll.

« Faute de faire -enfin- preuve de rigueur budgétaire, les agences de notation vont nous enlever notre AAA et nous courrons tout droit à la catastrophe. Mais là on passe dans le registre économique et je doute que tu sois en capacité intellectuelle de suivre mes explications. »

Mon canard, je comprends très bien. Outre le fait que je n’ai de leçon à recevoir de personne, c’est la droite au pouvoir qui a dégradé copieusement le budget de la France par une politique inique, multipliant les nouvelles taxes débiles et sans commune mesure avec les avantages fiscaux pour les plus riches.

Il faut que ça cesse.

Alors tant pis si on passe par une catastrophe économique majeure, je doute que Nicolas Sarkozy ou toute autre personnalité politique puisse faire bander les Français avec un projet politique visant à maintenir une notation. Surtout qu’il s’agit de tenir jusqu’aux prochaines échéances électorales.

Je n’ai pas de leçon à recevoir et je m’en fous. La situation se dégrade depuis 40 ans et le pouvoir voudrait nous encourager à continuer dans la même voie. Ils nous avaient promis la moralisation du capitalisme et on en serait rendu à foutre en l’air un modèle social pour satisfaire une agence de notation ?

Mouarf ! Si je puis me permettre.

Finalement, il n’y a pas trente six manières de sortir d’une crise. La guerre, civile ou pas, ou une grosse crise.

Alors il peut bien y avoir une grosse crise économique pendant dix ans. Les paysans continueront à élever des vaches pour nous filer à bouffer. L’inflation va dégénérer. Du coup, la dette ne vaudra plus rien.

Un peu de bordel nous fera du bien.

Sinon quoi ? J’ai vingt ans à bosser avant la retraite. Le pouvoir d’achat va baisser. Le chômage va se maintenir à un niveau très haut. L’immobilier va continuer à flamber. Les tentes de SDF vont fleurir. Les restos du cœur vont prospérer. Les plus démunis ne pourront plus se soigner. L’espérance de vie va baisser. Pire ! La bière deviendra imbuvable.

Et dans vingt ans, on sera dans la même situation. Mais quand on n’aura plus de pantalon à baisser…

AAA ? Mais quelle andouille !

07 octobre 2010

Moi, j'aime bien les riches, ils ont du pognon

Pour faire plaisir à Disparitus, je vais l’aider à sauver la droitosphère. Je dois avouer que je ne fais pas ça uniquement par pur altruisme : je trouve qu’on s’emmerde un peu dans la blogosphère politique, il n’y a que des blogs de gauche. Et des réactionnaires. Il faut relancer quelques blogowares.

J’aurais pu prendre l’Hérétique mais il est officiellement du centre. Il est donc à droite mais pas officiellement.

J’aurais pu prendre FalconHill mais c’est aussi un copain de bistro (et plus !).

Je vais donc prendre (au figuré, hein !) Corto qui est aussi un copain, mais de pas de bistro. De blogs, uniquement. Je suis un peu gêné, je l’ai déjà engueulé la semaine dernière mais les blogs sans les engueulades ne seraient plus les blogs. Ce n’est pas un blogueur politique à plein temps mais il lui arrive de faire des billets politiques. Prenez le dernier, par exemple. Il rentre dans toutes les caricatures possibles de la relation de la gauche avec le pognon.

C’est sur le thème : « les gens de gauche n’aiment pas les riches ». Or, personne à gauche n’a jamais dit ça.

Ah ? Si ! François Hollande. Ca a été une erreur grossière pour différentes raisons, surtout de crédibilité de la part de quelqu’un qui touchait, à l’époque, un salaire de député et des indemnités de Maire de Tulle. On ne savait plus où se foutre ! Les bobos sont partis voter pour François Bayrou, parce que merde, quand même, 4000 euros par mois, il faut quand même être pauvre pour trouver ça beaucoup.

Moi, j’aime bien les riches. Surtout pour aller au bistro avec eux : ils règlent l’addition.

Revenons au billet de Corto. Il rentre dans tous les travers possibles. Avant même la première ligne, car le titre du billet est « Cassons du riche, ça passe mieux ! »

« Hier soir, on demandait à Mélenchon de définir ce qu'était un riche. Bien embêté Méluche, il gagne plus avec ses indemnités parlementaires que ce qu'est, pour lui, un riche. »

Méluche n’avait qu’à répondre qu’il n’en à rien à cirer. Je ne vais pas donner de leçon à Jean-Luc, il est un peu plus doué que moi pour la politique. Néanmoins, le jour où la gauche n’aura plus honte du pognon, une page sera tournée. Tiens ! Je vais militer pour DSK, moi (smiley, les DSKiste, smiley, les antiDSKiste, je m’en fous).

« Qu'on se le dise une bonne fois pour toute, ce n'est pas en piquant le pognon aux riches et en le redistribuant qu'on fera des pauvres nettement moins pauvres. »

Il a parfaitement raison : les pauvres ne seront pas ainsi nettement moins pauvres. D’ailleurs, ce n’est pas en augmentant les impôts des riches pour le redistribuer qu’on fera des riches nettement moins riches. C’est vrai quoi ! Imaginer que je joue au loto et que je gagne 50 millions, si j’en donne 20 millions au Secours Populaire, je ne serais pas moins riche. J’aurais 30 millions et je ne sais pas du tout ce que ça représente. Je sais juste que si je le place à 1% par an, il me reviendra 300 000 euros par an. Je peux bien en refiler la moitié aux impôts, il me restera assez pour payer mes bières à la Comète. Cela dit, je n’aurais pas donné 40% de ma fortune mais 40% de mon revenu.

Mais la question n’est pas là.

« Il est évident, qu'ici, je ne parle pas de l'oisif héritier ou de l'heureux gagnant du Loto. »

Ah ! Pardon. Donc on peut les taxer, merci.

« Les riches auxquels je pense, ils ont bossé pour, ils ont créé de la richesse avec leur travail, leurs entreprises, leurs capitaux, leurs intelligences, leurs savoir-faire. »

Ah ! Corto a oublié un détail : leurs salariés. Des mecs qui vont bosser 41,0 heures par semaine (et pas 35, c’est un mythe, Dagrouik en parlait encore hier), c'est-à-dire exactement autant qu’en 1998 et 1,1 heures de plus qu’à la grande époque des 35 heures ; on se demande bien où est la droite du « travailler plus pour gagner plus », d’ailleurs.

Des salariés. Dans le temps, on a appelait ça des travailleurs parce qu’ils travaillaient. Maintenant, on les appelle des salariés : ils ont la chance d’avoir un salaire.

Je propose une chose : que les riches entrepreneurs (pas les riches rentiers, leur cas est déjà réglé ci-dessus, je vous le rappelle) augmentent les salaires de leurs salariés et qu’on n’en parle plus : j’arrêterais de demander qu’on taxe plus les gros revenus le jour où tous les revenus seront corrects.

Nous sommes plongés dans une crise économique qui frise la quarantaine d’années avec un taux de chômage qui frise la dizaine de pourcents. Une telle pression est mise sur la tronche des pauvres gens qu’ils ne peuvent plus prendre le risque de démissionner pour changer de boulot, qu’ils ne peuvent plus demander une augmentation. Ce chômage est entretenu artificiellement parce qui les salariés ont des sous, ils le dépensent, les cons, et ça crée de l’inflation.

L’inflation c’est quoi. Vous avez deux billets de vingt euros. Vous pouvez acheter un kilo de filet de bœuf à 40 euros le kilo. C’est bizarre, les pauvres ne connaissent pas le prix du filet de bœuf. Vous êtes content. S’il y a une inflation de 10%, le kilo de filet de bœuf passe à 44€ et vous ne pourrez plus l’acheter avec vos deux billets de 20 euros. Le pauvre se dira « Ah ! Merde, ça a augmenté, je vais acheter de la bavette ». Le riche, lui, se dira : « Ah ! Merde, mes 40 euros valent moins cher qu’avant. » Z’avez vu, les gens ? L’inflation est plus mauvaise pour les gens qui ont du pognon que pour les gens qui n’en ont pas. Alors si vous augmentez les salaires des gens qui travaillent, ça va être très mauvais pour les gens qui ont du pognon.

J’en avais discuté une fois avec le vieux Jacques, paix à son foie, qui est à la politique ce que le général Bigeard, paix à son âme, est à la danse classique. Il m’avait dit « Mais non, voyons ! Si on augmente les gens et qu’on réduit le chômage, les gens dépenseront plus, ça sera bon pour l’entreprise et l’économie en général. » Outre le fait que les gens vont faire augmenter les trucs fabriqués à l’étranger, « mais non, Jacques ! Si on fait ça, les prix vont augmenter, il y aura une grosse inflation et la valeur du pognon de ceux qui en ont va baisser. » Les riches vont être emmerdé quoi.

Hop ! Un peu de lecture ! « Le rapport sur l’emploi publié par la Commission Européenne montre que la part des revenus du travail dans la richesse nationale est passée de 69,9% en 1975 à 57,8% en 2008. » La part des revenus du travail a perdu 12%.

C’est ce qu’on veut enrailler.

Je ne sais pas si c’est possible, je n’y connais rien. Toujours est-il que les travailleurs sont tenus à la gorge ce qui provoque une explosion des dépenses publiques. Nicolas Sarkozy, qui n’est pas de gauche, d’ailleurs, a créé une petite vingtaine de taxes nouvelles depuis qu’il est élu. Paf ! La dette. Qui va servir à payer les dépenses publiques, généralement auprès d’entreprises privées, directement ou indirectement (les fonctionnaires dépensent leurs salaires, les bougres), donc enrichir les riches.

Quand on parle de la dette aux blogueurs de droite, il trouve toujours quelques heureux pour dire « Ah ! Oui, les dépenses publiques, c’est mal, c’est un truc de gauche, la dette augmente, on est arrivé à 1500 milliards, tu te rends compte, si on divise par soixante millions de français, ça fait 25 000 euros chacun ».

Moi, je veux bien qu’on divise la dette par 60 millions.

Mais si on pouvait en faire autant avec les produits des entreprises, ça m’arrangerait bien…

On n’en demande pas tant. Juste une meilleure répartition.

Ce n’est pas une question de riche – pas riche. Opposer les gens, c’est bien un truc de droite, ça !

22 juin 2010

Bonne nouvelle, mauvaise nouvelle

Il ne faudrait pas qu’un match de foot nous fasse passer à côté des informations fiscales du moment. Allons voir directement Le Figaro. Nous avons, d’un côté, les recettes fiscales qui s’améliorent, notamment la TVA rapporte 15% de plus que l’an dernier. A priori, c’est bon signe, ça montre que les gens consomment… Ca n’empêchera pas le déficit de se creuser, à cause du grand emprunt.

Je rappelle que la TVA est l’impôt le plus injuste qu’il soit, puisque payé par le consommateur. Mais ne boudons pas notre plaisir.

Nous avons d’un autre côté une baisse des recettes de l’ISF pour la première fois depuis 10 ans. Une partie est expliquée par la chute du CAC40. Plaignons les riches.

L’autre partie est expliquée d’une part par le bouclier fiscal. On va arrêter de les plaindre. Et parce que le bouclier fiscal est inefficace : « l'exode fiscal des grandes fortunes s'est poursuivi, malgré le renforcement du dispositif du bouclier fiscal en 2007 ».

Pendant ce temps, notre gouvernement semble s’orienter vers un gel de trois ans des salaires des fonctionnaires alors qu’on leur annonce une augmentation de leurs cotisations dans le cadre de la réforme des retraites.

La mobilisation de jeudi s’annonce gratinée.

Pendant ce temps « Claude Guéant, secrétaire général de Nicolas Sarkozy, confie ce lundi au Financial Times que de nouvelles mesures d'économies sont en préparation. »

Je pensais qu’il était Secrétaire général de l’Elysée… Cela dit, je me demande au nom de qui il annonce des mesures qui me paraissent du ressort du Gouvernement et du Parlement.

100 000 suppressions de poste de fonctionnaires en trois ans. Tiens ! Je crois que Nicolas Sarkozy avait promis des augmentations de salaires en contrepartie pour ceux qui restent ? Travailler plus pour gagner moins ?

Le « gouvernement prévoit de geler ses dépenses entre 2011 et 2013, de maintenir les transferts vers les collectivités locales et d'augmenter seulement légèrement les dépenses de santé. L'Etat devrait également supprimer les niches fiscales afin de récupérer 5 milliards d'euros par an et créer une nouvelle taxe sur les plus aisés pour lever 3,7 milliards d'euros. »

Ah ! Une nouvelle taxe ! Ca faisait longtemps… Ils ne pourraient pas, plus simplement, créer une nouvelle tranche d’impôts sur le revenu ?

Pendant ce temps, le nombre de bénéficiaire du RSA décolle. « Le ministre des Solidarités actives, Marc-Philippe Daubresse, y voit le signe de la reprise et d'une meilleure organisation des départements. »

J’aime toujours comment « ils » arrivent à tout mettre sur le dos des départements et à présenter comme une bonne nouvelle se qui ressemble à une augmentation de la pauvreté…

26 mai 2010

Concerto pour crise majeure

Avec le nouveau machin de chez Wikio, j’ai appris que mon blog était orienté « économie » à plus de 10% ! Comme quoi, le blogage mène à tout. Dans ma jeunesse, j’ai été très bon en économie. Je me rappelle à l’IUT, en 1984 ou 1985, j’avais eu deux fois la meilleure note de la promotion en dissertation. A l’époque, je n’avais pas de blog et ne parlais pas de bite dans mes devoirs.

La première fois, c’était une analyse de l’impact du dollar fort par rapport au Franc : sur une centaine de gugusse, j’étais le seul à avoir osé dire que c’était très bien. Les 99 autres andouilles avaient pleuré : « Ouin, c’est pas bien, c’est trop cher. ». Moi, je n’en avais rien à cirer. Ca nous replonge dans l’actualité, avec l’Euro qui baisse aussi vite que Tonnégrande baisse son pantalon devant une nouvelle serveuse, dans un bistro.

La deuxième fois, c’était une analyse d’un texte de Lionel Stoléru du temps où il était ministre de Giscard, quelques années avant. Je ne sais plus de quoi ça causait… J’avais oublié cette anecdote jusqu’à l’autre jour, où en feuilletant le Parisien, je suis tombé sur cet article : « Rangé de la politique, l'économiste et ancien secrétaire d'Etat Lionel Stoléru a désormais du temps pour assouvir sa passion de la musique comme chef de l'Orchestre romantique européen (ORE), qui jouit chaque année d'une petite série de concerts à la Salle Gaveau à Paris. »

Il a probablement fait le même virage que moi : il ne comprend plus rien à l’économie.

Tenez ! Il ne se passe bientôt plus un jour sans qu’un pays de l’Union Européenne annonce un plan de rigueur. Je crois bien que la semaine dernière, c’était l’Espagne et la France. Hier, c’était l’Italie et le Royaume Uni. On baisse les charges à donf ! Terminés, les privilèges des élus, les hauts salaires des fonctionnaires. Le foie gras est remplacé par du pâté Hénaff. Je ne sais pas s’il y a assez de pays dans l’UE pour qu’on puisse tenir ce rythme jusqu’à l’été… D’ici que les Allemands s’y mettent…

Il y a un an, au contraire, la mode était aux plans de relance : il fallait dépenser du pognon pour préparer l’économie, y injecter du pognon ou je ne sais quoi ! Le gouvernement nous avait préparé un grand emprunt, annoncé par Nicolas Sarkozy devant le Parlement en grande pompe.

En un an, on est passé des grandes pompes aux tongs.

J’aurais du faire chef d’orchestre.

30 avril 2010

Un peu d'Humanité pour la Grèce

Julien Dray nous donne son point de vue (que je partage globalement, notamment la conclusion) sur la situation en Grèce.

Il nous informe par ailleurs d’une pétition de l’Humanité : « Le peuple grec n’est pas responsable de la faillite de son Etat. C’est pourtant lui que les marchés financiers et les institutions internationales veulent saigner à blanc. Signez notre pétition en ligne.

La Banque centrale européenne a accordé des prêts gigantesques à seulement 1% d’intérêt aux banques qui, à leur tour, les ont prêtés à des taux de 4 à 8%. La Grèce doit elle aussi bénéficier de taux n’excédant pas 1%, sans autres conditions que le maintien des droits sociaux, de l’emploi et des services publics.

Tous les peuples d’Europe sont menacés de plans d’austérité de même nature. L’Union européenne et tous les Etats membres doivent donc se mobiliser pour préserver les chances d’une Europe des peuples. »

Ca va peut être clore une discussion… Merci Rimbus.

Je vous laisse, j’ai une pétition à signer.

T'as pas cent balles ?

J’ai compris pourquoi la France va prêter des sous à la Grèce. Je croyais au départ que c’était par esprit de solidarité naturel, pour aider un peuple dans la mouise totale. Je pensais qu’il y avait quand même un fond de prudence, qu’on était obligés de l’aider pour éviter le risque de plonger avec elle, de torpiller l’Euro.

Non. « En prêtant cet argent à la Grèce à un taux d’environ 5%, après l’avoir emprunté à 3,5%, la France réalise un bénéfice sur ce prêt, de l’ordre de 1,5% de la somme totale, qui ira dans les caisses de l’Etat. »

On va juste gagner de l’oseille dans cette histoire, en prêtant à un taux d’usure (ou presque…) à des gens dans la mouise.

Et les économistes nous expliquent que c’est moral. « D’une part, ces taux d’intérêt sont justifiés par le risque de défaut de paiement, soit le risque que la Grèce n’honore pas ses dettes. D’autre part, «cela relève du "hasard moral": pour les politiques peu rigoureuses [la Grèce a dissimulé l'ampleur de sa dette, NDLR], il faut qu’il y ait un surcoût», assure Mathieu Plane, car sinon les pays peuvent continuer à ignorer leurs responsabilités. Et finalement, ces taux d’intérêt permettent de faire accepter ce prêt risqué par les contribuables français. »

Et finalement, ça serait de notre faute, nous autre, contribuables français…

Presque envie de vomir, moi, ce matin.

La France prendrait un risque « car la crise grecque pourrait empirer et le pays faire défaut, et donc ne pas rembourser une partie de sa dette ».

Le journaliste oublie de préciser les risques à ne pas prêter.

Mais au final, c’est le contribuable grec, français, européen qui prend des risques, qui paye, qui paye, qui paye…

Ce n'est pas MA crise.

29 avril 2010

Crise économique ou crise de rire

« De 540 M€ à 800 M€ de fraudes sur les aides sociales » : tel est le titre du « fait du jour » exposé en deuxième page du Parisien, ce matin, pour faire pleurer la lectrice contre ses affreux qui pompent notre pognon. Le Parisien a oublié de rappeler que les andouilles qui fraudent aux aides sociales aimeraient bien ne pas avoir le faire. Tiens ! Un type qui fraude à la sécu, c’est bien souvent parce qu’il est malade et n’a pas les moyens de se soigner.

Bon, d’accord. C’est mal.

Le journaliste du Parisien a oublié de rappeler que ce pognon représente le vingtième ou le trentième du paquet fiscal généreusement octroyé par Nicolas Sarkozy après son élection. Le journaliste a oublié de rappeler que la fraude fiscale coûte environ 50 milliards par an à l’état. Je vous passe le coût du travail au noir pour la collectivité.

Non. Il faut focaliser sur la fraude.

Ce qui aurait été amusant, c’est que le Parisien titre son fait du jour sur la plongée des bourses hier. La finance s’affole. Vous savez quoi ? Une « agence de notation » a abaissé ses notes de recommandations de quelques pays, signifiant aux investisseurs, je cite : « faut être bien con pour prêter de la tune à ces zozos là, ils ne pourront jamais rembourser ».

Du coup, tout le monde s’affole (sauf moi, hein !). Les marchés plongent. Le CAC 40 n’est pas joli.

« Les attitudes spéculatives actuelles sur les marchés qui visent notamment la Grèce "portent préjudice (...), non plus à des entreprises, à des activités, mais à des Etats, sur la base d'opinions de ce que j'appelle des milices privées, des agences de notation que personne ne connait" a déclaré » Bernard Thibault (dans le Parisien, rendons lui justice).

Je ne crois pas avoir entendu les « agences de notations » gueuler quand les états sont venus au secours des institutions financières, l’an passé, dépensant des milliards pour sauver un système économique qui ne fait qu’engraisser ces institutions financières qui sponsorisent les agences.

Les états vont mal. Les institutions financières les piétinent lamentablement pour les faire rendre gorge. La prochaine fois qu’on sauvera ces institutions financières, je propose qu’on les nationalise par la même occasion.

Ca ne serait que justice, non ?

Non ! Il faut continuer à taper, en une du Parisien, sur la pauvre jeune fille qui fraude la sécu car elle n’a pas les moyens de s’acheter une boite de pilules…