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09 novembre 2014

Cette jeune Allemagne

En ce 25ème anniversaire de la chute du mur du Berlin qui fut certainement une excellente chose dans l'histoire de l'Europe, il convient de faire de jolis hommages dans les réseaux sociaux. Il n'empêche qu'au troisième texte qui parle des frontières historiques de l'Allemagne, je dois avouer que tout cela me casse profondément les couilles.

Avant de dénigrer bêtement ce sympathique pays à nos portes, je tiens à préciser que tout cela ne doit pas porter à confusion. Il n'empêche que l'Allemagne (la RFA) a profité de ce bazar pour dominer l'Europe, nos dirigeants ont sauté sur l'occasion pour donner un élan à la construction Européenne et on est bien emmerdés, maintenant.

Je salue néanmoins ces valeurs Allemands de l'Est qui ont eu le courage de dire prout à ces clowns qui les dominaient et de faire tomber un mur qui ne faisait pas joli dans le paysage.

Je salue aussi les élèves allemands qui doivent apprendre l'histoire de leur pays. Les jeunes français ont de la chance. On sait à peu près ce qu'est la France depuis ce brave Clovis et nos frontières sont relativement stables depuis quelques centaines d'années malgré quelques guerres qui ont occupé nos ancêtres.

Mais quand je vois des Français évoquer l'histoire de l'Allemagne par l'intermédiaire de ses frontières historiques, j'ai bien envie de rigoler puisque je n'y connais strictement rien à part que je m'étais documenté sur le sujet à l'été 2013 quand je parlais beaucoup d'histoire sur le blog bistro.

Voila Wikipedia nous dit que : « En tant qu'État-nation, comme dans le sens de la France, l'Allemagne n'existe que depuis 1871. » On ne va pas se moquer d'un peuple frère mais enfin bon, côté histoire, ça n'est pas génial. On va commencer du temps de Charlemagne que l'on va considérer comme Français pour faire les faire chier, les territoires occupés par ces braves gens étaient bien en France. Ceci est évidemment faux puisque le nom de France n'est apparu qu'au 12ème siècle. Il n'empêche que Clovis et Charlemagne sont dans notre histoire, pas vraiment la leur. Je me comprends.

Après ces couillons d'Allemands qui n'en étaient pas encore se sont trouvés plongés dans le Saint Empire Romain Germanique. La suite est absolument incompréhensible avec ces histoires d'empire des Habsbourg, d'Etats divers et variés. L'unification de ce qui deviendra l'Allemagne commencera vers 1850 pour aboutir 20 ans après, un peu comme la réforme territoriale chez nous. 

L'empire Allemand a été proclamé en 1871 avec les frontières dont au sujet desquelles je vais illustrer ce billet, bêtement, qui n'ont rien à voir avec les frontières historiques actuelles depuis 25 ans. Vous me suivez. En plus ils ont proclamé ce truc après nous avoir battu en 1870 et il ne faudrait pas trop fanfaronner avec ces histoires de frontières historiques.

Toujours est-il que l'empire a chuté le 9 novembre 1918. J'espère que vous voyez que ce dimanche est parfaitement choisi pour ce billet à haute teneur pédagogique, vu que nous sommes 96 ans jour pour jour après et que nous allons commémorer dans deux jours les 100 ans du début de la guerre qui aura été terminée 96 ans plus tôt. J'espère que vous m'avez suivi.

Toujours est-il qu'il y a 96 ans moins deux jours, en gros, on a bouleversé les frontières historiques de l'ouest de l'Allemagne qui n'avaient même pas cinquante ans, en leur reprenant l'Alsace et la Lorraine ce qui n'est peut-être pas franchement ce que nous avons fait de mieux, mais tant qu'on peut faire chier les boches, hein !

Il n'empêche qu'un peu plus tôt, en mars, les ruskofs en avaient marre de se battre contre les teutons et leur ont refilé la Finlande, les pays baltes, la Pologne, la Biélorussie et l'Ukraine. Ce n'était pas un empire de pédés de mickeys mais ça n'a pas duré.

Après la guerre de 14, en 18 donc, ils ont perdu une partie, les pauvres, outre ce qu'ils avaient pris en mars, environ 15% dont l'Alsace-Lorraine. Après, c'est encore le bordel, assez dur à suivre. La République de Weimar a merdé côté conservation des frontières et le troisième Reich arriva, ce qui ne fut pas l'épisode le plus glorieux de l'histoire de l'Europe.

Leur nouveau chef n'était pas commode parce que sa maman l'obligeait à manger des épinards alors qu'il n'aimait pas ça et, progressivement, il a commencé à annexer une partie du coin, ce qu'il a amplifié, notamment chez nous, au cours de la guerre suivante. En 1945, on a dit : stop, c'est assez le bordel et on est allé faire du ménage chez eux, bien aidé par d'autres. On avait un peu la queue entre les jambes, quand même.

La RFA finit par être créée en 1949 tout comme la RDA et cela papillonna encore quelques années avant de devenir à peu près stable jusqu'à la chute du mur provoquée par les gens qui poussaient dessus, en 1989.

La réunification de l'Allemagne se fit en 1990, l'année suivante, donc, sur la base de frontières historiques qu'elle n'a jamais eues du tout alors qu'elle n'existait que depuis moins de 120 ans.

C'est ballot.

15 décembre 2013

Apprenons la démocratie à Jean-Luc Mélenchon

« Le SPD s'est vendu à Merkel » a déclaré Jean-Luc Mélenchon avec la finesse qui le caractérise suite à l’approbation par le SPD du projet de gouvernement commun en Allemagne. Je ne sais pas si on a vraiment la vocation à commenter les actes démocratiques des partis politiques étrangers.

Je suis d’ailleurs fatigué de ces gens qui ne respectent pas la démocratie. Le parti de Mme Merkel a remporté une large victoire, ce que l’on peut déplorer, avec 47% des voix. Le jour où on verra ça en France… Il est donc logique qu’il soit amené à diriger le pays mais il n’a pas la majorité absolue et est obligée de composer avec le camp d’en face. Ce sont les socdem qui s’y collent.

Imaginons la situation en France. Il y a 577 députés mais je vais arrondir à 600. Imaginons que l’UMP et l’UDI remporte 295 sièges. Ca serait une victoire incroyable pour eux mais ils n’auraient pas la majorité absolue. Imaginons que le PS remporte 150 sièges, les verts 100 et les communistes 55, soit un total de 305. Avec le système électoral Allemand, c’est le parlement qui élit le chancelier. En France, c’est un peu différent mais ça revient au même. Les partis politiques doivent discuter en entre eux pour trouver une base de gouvernement.

Imaginons cette élection du Premier Ministre par le Parlement. Au premier tour, on peut supposer que le chef de l’UMP obtienne 295 voix et celui du PS, 150. Il y a donc un deuxième tour. En toute logique, le candidat du PS gagne le second tour avec 305 voix. Et encore, ce n’est même pas sûr. Il devrait donner des gages à son aile gauche au cours d’une négociation ce qui fait que des députés de cette formation pourraient être amenés à voter pour le candidat de l’UMP…

C’est le jeu démocratique. Prenons une exigence au hasard des communistes, pendant ces négociations : le SMIC à 1700 euros. Un député PS pourrait penser que ça serait une catastrophe pour le pays. Il s’en suivrait en effet une importante inflation et le nombre de smicards augmenteraient. Les classes « moyennes basses » se retrouveraient au SMIC mais les prix augmentant, ils perdraient du pouvoir d’achat. Le candidat de l’UMP pourrait alors dire : hého, je promets d’augmenter légèrement le SMIC et d’aligner le PACS sur le mariage. On trouverait bien 6 députés PS qui préfèreraient voter pour lui que pour le candidat de son propre parti qui aurait ajouté un élément de programme qu’il jugerait catastrophique.

Et ils respecteraient ainsi la démocratie.

Mais le candidat de l’UMP est intelligent (c’est une fiction). Dès le départ, il va voir le candidat du PS et dira : ah ben on est dans la merde. Je ne peux pas réunir une majorité et toi non plus sans générer un gros bordel. Je propose qu’on mette en place une plateforme commune qui répondrait aux votes des gens : 50% pour moi, 25% pour toi. On aurait donc une plateforme qui représenterait 75% de la population. On aura des mécontents à ma droite et à ta gauche mais on resterait largement majoritaire.

C’est ce qui se passe en Allemagne.

C’est aussi ce qui s’est passé en 1988 en France. François Mitterrand avait toute légitimité pour diriger la France puisqu’il venait d’être élu mais il n’avait pas la majorité à l’Assemblée. Le Parti Socialiste avait 47,82% des députés. Les communistes 4,4% et les non inscrits 2,4%. Le Parti Socialiste n’aurait pas été sûr d’avoir une majorité sur tous les textes sans faire de larges concessions aux communistes. Mitterrand a donc dit : hop ! Je vais nommer Rocard et lui demander de faire une majorité d’ouverture. C’est la seule solution qu’il avait pour disposer d’une majorité capable de gouverner durablement. Rocard a donc été voir les centristes et leur a dit : bon les gars, on prend certains d’entre vous au gouvernement et on se met d’accord.

On appelle ça de la démocratie.

N’oublions pas que les communistes avaient pris une belle claque, à l’époque. Tout comme Die Linke, cette fois, et les écolos allemands. La comparaison avec l’Allemagne s’arrêtera là. Le système électoral n’est pas le même. Le PS et les partis qui gravitent autour de lui arrivent à avoir 57% des députés avec 40% des voix. Le Front de Gauche qui a fait 7% des voix arrive avec 1,7% des députés et le Front National qui a fait 13,6% avec 0,35… Si le nombre d’élus était proportionnel aux voix, le total de la gauche ferait un peu moins de 50%. Il n’y aurait pas de majorité… Et vous avez beau retourner les chiffres dans tous les sens, pour qu’un texte passe, il faudrait un accord entre l’UMP et le PS. Le Front de Gauche aurait beau hurler, c’est la démocratie. Ca représente une majeure partie du peuple.

Jean-Luc Mélenchon vocifère. Reprenons son communiqué. « Le SPD s'est vendu à Merkel. Il préfère l'alliance de droite plutôt qu'un accord de gauche. La social-démocratie ne sert plus qu'à épauler l'ordre libéral. Et le PS vient de donner son appui à la candidature de Martin Schulz du SPD allié à Merkel pour la présidence de la Commission européenne. De Merkel à Hollande, c'est la ligne directe ! En France comme en Allemagne, les sociaux-démocrates sont la camisole de force des peuples. Ce monde-là n'est pas le nôtre. L'opposition de gauche en France doit être la relève. »

Nous allons le prendre dans l’autre sens. Madame Merkel a fait un triomphe à cette élection. On peut évidement le regretter et traiter les Allemands de fous mais ça ne fera pas avancer le dossier. Néanmoins, elle n’a pas su ménager son allié traditionnel, les vils libéraux du FDP. Elle doit donc composer et faire une politique moins à droite que ce qui était prévu. C’est donc tout à l’honneur du SPD (et des militants qui ont accepté) de permettre à Madame Merkel de faire une politique moins à droite, avec des points par ailleurs très satisfaisants : instauration d’un SMIC, augmentation des petites retraites, limitation des loyers,… Le ministère de l’économie devrait revenir au président du SPD, Sigmar Gabriel, qui chapeautera en outre la transition énergétique.

Le peuple allemand n’a pas voté pour Die Linke comme le peuple français n’a pas voté pour le Front de Gauche. Le PS soutient un candidat qui pourrait imprimer un retournement à gauche de la politique européenne, Martin Schulz, issu du SPD. Ce monsieur fait campagne en politisant le choix du président de la Commission européenne. « Les grandes forces politiques ont besoin d'une compétition pour confronter leur vision de l'Europe. Il ne faut pas réduire le débat à un affrontement entre pro et anti-européens. Nous devons offrir le choix entre une Europe du centre droit et une Europe du centre gauche, une Europe libérale et une Europe socialiste, pour aider à sa démocratisation. »

Les tractations seront les mêmes, à l’issue des élections Européennes, dans six mois. Il y a deux grandes forces, le PPE (à droite) et le PSE (à gauche). Le PSE ne sera pas capable de gouverner tout seul. M. Schulz devra trouver une coalition, s’il veut devenir le chef de la future Commission.

J’attends de voir le programme du Front de Gauche et les annonces faites Jean-Luc Mélenchon, pour cette élection.

Je suppose qu’il va vociférer contre les technocrates de Bruxelles avec un programme qui ne sera pas audible parce que la gauche de la gauche ne remportera pas se scrutin. Il devrait faire de la politique, de la vraie, celle qui a un impact sur la vie des gens. Il devrait donc soutenir Martin Schulz s’il veut un peu moins d’Europe libérale.

Mais non ! Il va taper sur le PS pour sa propre gloire, voire pour s’assurer un job.


Ce n’est pas de la démocratie.

23 septembre 2013

La baffe qui venait d'Allemagne

La gauche obtient une majorité des sièges au Parlement allemand (319 contre 311, de mémoire) et les méchants libéraux sont éliminés. Les petites formations (écolos, Die Linke,...) baissent et les socio-démocrates se renforcent. Présenté ainsi, c'est beau, hein ! Un peu plus, j'annoncerais la victoire des socialistes...

Pourtant, il s'agit bien d'une victoire de Mme Merkel et d'une baffe pour les socialistes français (Ben oui, ne soyons pas faux culs, on se fout des socialos allemands), notamment les blogueurs frisés bas de poitrine qui annonçaient l'an dernier qu'il fallait attendre la défaite d'Angela Merkel pour réorienter l'Europe. J'ai même dit - à jeun - que les Allemands sauraient rebondir sur la victoire de François Hollande pour réorienter leurs votes !

Le plus drôle est peut-être que la droite est si forte en Allemagne car elle s'appuie sur des mesures prises par la gauche.

C'est une baffe. On sait maintenant que la même politique va être menée en Europe… D’ailleurs, la droite française ne s’y trompe pas.

04 septembre 2013

La photo de François Hollande

Dans les réseaux sociaux, certaines andouilles rigolent d'une photo de François Hollande prise lors de la rentrée scolaire (il faut reconnaitre que le sourire de Pépère, parfois,...). Certains font croire que l'Elysée a demandé son retrait. L'AFP a démenti sur son blog. Peu importe. Laissons les médiocres faire leurs bêtises.

D'autres photos, elles resteront dans l'histoire, comme celle-ci (que ma transmise Politeeks), avec François Hollande faisant l'accolade au président Allemand, Joachim Gauk

"Faisant implicitement référence à la Syrie, le président français a assuré que leur présence à Oradour-sur-Glane était "la promesse de refuser partout l'inacceptable où il se produit". C'est aussi "la promesse de défendre les droits de l'homme chaque fois qu'ils sont violés près de chez nous et loin d'ici", a-t-il ajouté, alors qu'un débat sur la Syrie avait lieu au Parlement au même moment."

Le titre de cet article est : "A Oradour-sur-Glane, France et Allemagne main dans la main", sans doute (ou alors le journaliste boit) en référence à la photo de François Mitterrand avec Helmut Kohl, à Verdun, en 1984.

Laissons les médiocres polémiquer. Ils ne rentreront pas dans l'histoire.

24 mai 2013

Vive Sozialdemokratie

On lit dans la presse (ici, Libération) que François Hollande a fait l’éloge du modèle Allemand au congrès du SPD. C’est une erreur. Je le sais, j’avais été invité à rédiger une proposition de discours. J’avais écrit : « Chers amis, vous êtes tous vraiment des enculés, vous avez ruiné l’Europe et vous vous êtes ruinés avec des réformes débiles mises en œuvre par cet imbécile de Gerhard Schröder. » Malheureusement, ma version n’a pas été acceptée. Il parait qu’elle aurait été contreproductive électoralement. Nous avons besoin d’aider le SPD à gagner cette prochaine élection de manière à pouvoir envisager sérieusement une modification de la politique de l’Allemagne, seule solution pour que l’on puisse s’en sortir.

Alors, un texte plus consensuel a été fait. Mon confrère Sarkofrance revient sur cette putative ode à Schröder dénoncée par Médiapart.

Quant à moi, c’est l’intégralité du discours qui m’intéresse… Mon côté dort-en-chiant.

« Je mesure l’honneur qui m’est fait de m’exprimer ici, aux côtés de l’ensemble des autorités de la République Fédérale d’Allemagne pour célébrer le 150ème anniversaire du SPD. » Oui ! C’est un déplacement officiel, on ne rigole pas. Je mesure à quel point ma proposition de discours était décalée.

Je vais couper des parties.

« Ma présence est une nouvelle preuve de la force de l’amitié franco-allemande qui nous permet d’évoquer, ensemble, les moments forts de nos histoires nationales. » Ah ! Oui, c’est de la politique.

« Je suis ici aujourd’hui comme Président de la République française, comme un socialiste qui sait ce qu’il doit à la social-démocratie et surtout comme un européen. » C’est beau.

« Car l’histoire du SPD, depuis sa création par Ferdinand Lassalle jusqu’à aujourd’hui est indissociable des grand débats qui ont traversé notre continent. Trois mots, trois valeurs, trois combats traduisent l’apport de la social-démocratie allemande au modèle européen. »

Le premier, c'est la démocratie.

Au moment où le mouvement ouvrier hésitait sur le chemin à suivre, sur la forme à donner à son organisation, sur la conduite à tenir face au régime parlementaire, le SPD a pris une décision majeure : il arrima l’idéal socialiste à l’idée démocratique, il lia l'aspiration à l'égalité à l'exigence de liberté. Il associa le progrès au suffrage universel. 

Cette orientation eut une influence considérable. Elle inspira largement le socialisme en France. Jean JAURES regardait avec admiration un parti qui était devenu en 1912 le groupe parlementaire le plus puissant d’Allemagne. Il imaginait qu’ensemble il serait possible d’empêcher l’éclatement de la guerre. »

« Car l’identité de la social-démocratie, c'est le progrès. » Ca c’est le deuxième, je suppose, il y a une erreur dans la numérotation.

« Au moment où fut fondé le SPD, le progrès c'était « la fixation de salaires minima, l’enseignement gratuit, l’assurance maladie, la liberté d’association, la réduction de la durée du travail, la création de coopératives de production ». Tout cela fut acquis au cours des décennies qui suivirent et largement étendu à l'ensemble du continent européen. »

« Grâce à l'action et à l'influence du SPD, le progrès prit ensuite la forme de la démocratie sociale avec la reconnaissance des droits des salariés à être informés et consultés sur les choix stratégiques des entreprises, avec la culture du compromis pour faire évoluer le droit du travail et avec la négociation entre partenaires sociaux pour faire évoluer l’Etat providence. »

Nous y voila…

« Le progrès, c’est aussi de faire des réformes courageuses pour préserver l’emploi et anticiper les mutations sociales et culturelles comme l’a montré Gerhard Schröder. On ne construit rien de solide en ignorant le réel. »

Tu parles d’une ode…

« Le réalisme c’est le troisième apport de la social-démocratie. » Tiens ! C’est pour cela que je suis a priori social-démocrate et que j’ai choisi Pépère.

« Le réalisme n’est pas le renoncement à l’idéal, mais l’un des moyens les plus sûrs de l’atteindre. Le réformisme ce n’est pas l’acceptation d’une fatalité mais l’affirmation d’une volonté. Le compromis n’est pas un arrangement mais un dépassement. »

« C’est en 1959, à Bad-Godesberg que le grand pas fut franchi, à travers une déclaration, entrée dans l'histoire, et dont l’esprit tient en une idée simple : le marché autant qu'il est nécessaire ; la solidarité autant qu'elle est possible. Et une ambition : être le parti du peuple tout entier. »

« C’est bien le signe de votre indéniable succès. »

« Je leur réponds que tout n'est pas transposable. Nos pays sont différents ; nos histoires ne sont pas interchangeables. Nos cultures politiques syndicales sont singulières. Mais je garde de la social-démocratie le sens du dialogue, la recherche du compromis et la synthèse permanente entre la performance économique et la justice sociale. »

Ben voilà ! Il ne s’agit pas de faire en France la même chose qu’en Allemagne, mais de définir le sens de la social-démocratie…

« C’est cette démarche qui m’inspire pour la construction de l’Europe. Car nous avons une responsabilité particulière, nous, Français et Allemands.

C’est notre amitié qui a permis l’Europe. »

« Dans cette belle œuvre commune, le SPD a pris toute sa part, avec de grandes personnalités qui font  désormais parties du patrimoine politique et intellectuel de l’Europe.

Dès 1969, Willy BRANDT eut l’immense mérite d’engager l’ouverture à l’Est.

Et en 1976, c’est Helmut SCHMIDT qui eut le courage d’imaginer, avec le Président Giscard d’Estaing, le système monétaire européen.

La social-démocratie a fait avancer l’Europe. Mais elle ne l’a pas fait seule. Car l’Europe est une construction qui dépasse les clivages politiques, qui unit les peuples, qui oblige les gouvernements et notamment les nôtres à travailler ensemble.

Nous sommes tous ici les héritiers de cette histoire.

A nous d’être dignes des plus grands moments, comme celui du général de GAULLE et du chancelier ADENAUER signant le traité de l’Elysée le 22 janvier 1963 ; ou l’image du chancelier KOHL et de François MITTERRAND, se donnant la main, sur le champ de bataille de Verdun, le 22 septembre 1984. Et l'instant magique où le mur de BERLIN s'effondra. »

S’il y en a qui a envie pisser maintenant, il peut. Je vais prendre une bière et je reviens.

« L’Europe a besoin de nous. Elle est la première puissance du monde. Mais elle subit une crise qui la fait douter d’elle-même. Et connaît un chômage qui l’éloigne des peuples. L’Europe doit entrainer le monde et non pas le subir. »

 « L’Europe doit désormais faire preuve de la même détermination pour donner priorité à la croissance et offrir à la jeunesse une nouvelle espérance. »

« C’est le rôle des Etats mais aussi des partis politiques que d’y travailler sans relâche. Et je salue tous ces militants qui se dévouent de génération en génération à cette cause qu’est l’Europe. Et à cette belle idée du progrès. Je leur dis de ne jamais se désespérer et d’unir leurs forces face à l’égoïsme, au populisme et au nationalisme. »

« Si je n’avais qu’un seul message à vous transmettre aujourd’hui, un seul mot à vous dire, ce serait celui par lequel j’ai ouvert mon propos et par lequel je veux le clore : unité.

Unie, l’Allemagne est devenue plus forte.

Unies, la France et l’Allemagne feront avancer l’Europe.

Unie, l’Europe sera capable de prolonger son histoire pour porter une grande ambition fondée sur la démocratie, le progrès et la solidarité. »

J’ai coupé des morceaux. Vous pouvez lire l’intégralité du discours trois fois. Vous pouvez imprimer ce billet pour le lire aux cabinets si vous n’avez pas d’iPad. Vous pouvez le lire trois fois. Surtout si vous êtes à gauche et vous imaginez représenter la vraie gauche.

La France et l’Allemagne doivent être unies et c’est la social-démocratie qui est le chemin que nous avons choisi. Faudrait que j’arrête de faire de la politique. C’est le boulot d’Hollande. Il en fait. Il était au machin du parti social-démocrate Allemand.

Je vais conclure à recommandant à mes honorables lecteurs de lire ce billet d’Elie Arié que j’approuve grandement et que je vais résumer : il est temps que ceux qui se prétendent de la vraie gauche cesse de mépriser les peuples.

Nous avons besoin de l’Allemagne et du SPD « pour donner priorité à la croissance et offrir à la jeunesse une nouvelle espérance. »

Tout le reste n’est que de la posture.

Voilà un billet de blog fait à moindre frais.

29 avril 2013

Solution finale

« Mais au bout du compte nous avons tout lieu d'être fiers de notre pays, de son histoire, de ce qu'il a incarné, de ce qu'il incarne encore aux yeux du monde. Car la France n'a jamais cédé à la tentation totalitaire. Elle n'a jamais exterminé un peuple. Elle n'a pas inventé la solution finale, elle n'a pas commis de crime contre l'humanité, ni de génocide. » Nicolas Sarkozy. Discours à Caen, le 9 mars 2007

Aujourd'hui, les Dupont et Dupond de l'UMP, à savoir MM. Copé et Fillon ont sorti un texte commun (la première fois, la presse est en émoi) pour dénoncer la responsabilité personnelle de François Hollande dans « dans la dégradation continue et consternante de la relation franco-allemande ».

Non ! Messieurs ! Jamais personne n'a été aussi insultant envers nos amis Allemands que Nicolas Sarkozy, ce 9 mars 2007, en pleine campagne électorale. Quand on lit ou entend ce genre de propos, on se demande comment certains peuvent encore être fiers d'avoir voté pour lui et donner des leçons, aujourd'hui, de relations franco-allemandes.

(vidéo retrouvée par Melclalex)

Douce Germanie...

Dans cette histoire de socialistes qui critiquent Angela Merkel ou l'Allemagne, la lecture du billet de Sarkofrance me laisse perplexe. Que Ayrault, Sapin et Valls fassent leur boulot de membres du Gouvernement est une chose encore que les propos de Valls envers le président de l'Assemblée Nationale me paraissent très durs... Et ce n'est pas souvent que je défends Bartolone, ici.

On a gueulé pendant la droite pendant cinq ans quand il prenaient pour exemple le fameux modèle Allemand... Je ne vais pas changer d'avis.

Sarkofrance a la bonne idée de rappeler certaines réalités...

« Le modèle allemand a ses limites, ses travers, ses horreurs. [,,,] il n'y a pas de salaire minimum. Environ 4 millions d'Allemands travaillent pour moins de 7 euros de l'heure. Les lois Hartz suivie de 8 années de "Merkelisme" ont achevé une flexibilisation du travail si efficace que les travailleurs pauvres sont légions.

La durée du temps du travail n'est pas plus élevée en Allemagne qu'en France. Le "plein emploi" outre-rhin se paye au prix d'un large travail partiel (22% en 2010, contre 13% en France), en hausse de 30% depuis 10 ans.

L'Allemagne compte davantage de pauvres que la France, soit 16% de sa population. Le niveau de vie moyen y est plus bas qu'en France.

Finalement, qu'importe le modèle allemand. Il n'est pas exportable en France. Le jeu est à somme nulle. L'Allemagne s'en sort parce que ces voisins perdent. »

Il convient de rappeler que c'est un type qui se prétendait de la gauche de là-bas qui a fait toutes les réformes qui ont rendu l'Allemagne ainsi.

La politique économique est parfois une histoire d'équilibre entre la précarité des salariés et le chômage. On ne peut pas non plus tolérer.

Sarkofrance a été gentil. Il n'a pas parlé de démographie.


28 avril 2013

Ich bin ein berliner mais tout de même...

Moquons nous de l'Allemagne. Ils ont une économie en pleine santé avec peu de chômage mais un tas de travailleurs pauvres et une démographie catastrophique. Leur politique a fini par ruiner les salariés Allemands et tous les principaux clients de l'Allemagne : les autres pays Européens. La charge du Parti Socialiste était donc parfaitement justifiée : la politique menée par l'Allemagne l'entraîne droit dans le mur et nous avec. D'ailleurs, la gauche Allemande commence à se réveiller. Ils ont raison, les élections sont dans 6 mois et le parti de Mme Merkel semble bien en tête.

La charge du Parti Socialiste Français contre l'Allemagne et le rétropédalage qui a suivi sont en fait parfaitement réjouissants : la réaction de Jean-Marc Ayrault sonne un peu comme : bon, les gars, vous avez raison mais il ne faut pas le dire.

La presse est réjouissante, ce matin ! Bembelly a trouvé un article reportant un sondage : les Français seraient favorable à la mise en place d'un gouvernement d'union nationale. On ne sait pas pour quoi faire, mais tant pis...

Le Parti Socialiste, avec ce texte « retiré » a réaffirmé sa position et c'est heureux. Elmone le relève : « Si M. Hollande ne peut faire de pressions sur l'Allemagne sans risquer l'incident diplomatique, le PS français a peut être un rôle à jouer. Si besoin avec la gauche allemande (et celle d'autres pays). »

Il a d'autant plus raison qu'Authueil, sympathique blogueur de droite, est furieux. « Proposer une "confrontation" avec l'Allemagne, c'est de la bêtise à l'état pur. Et le pire, c'est que ce n'est pas le délire de quelques apparatchiks idéologisés, c'est relayé par le président de l'Assemblée nationale, numéro 4 de la République française. On vient encore de descendre d'un cran dans la décomposition politique de la gauche française. » Il ferait mieux de s'occuper de la décomposition politique de la droite française.

« Je ne vais pas m'étendre plus loin, mais si Hollande et les socialistes commettent l'erreur de rompre l'axe franco-allemand, ce sera une faute historique, absolument impardonnable ! » Bah ! On peut voir aussi l'inverse. Faut-il poursuivre la relation avec un pays qui pousse toute l'Europe à la ruine, avec une mauvaise politique depuis 20 ans, une mauvaise opposition, un mauvais tout. N'est-il pas temps de chambouler radicalement nos relations et nos approches de l'Europe ?

« On peut penser ce qu'on veut de leurs choix politiques, ne pas les approuver, mais avant de balancer des trucs dignes d'un blog militant de gauche, on analyse un peu et on cherche à comprendre. » Hé ho ! Qu'est-ce qu'il a contre les blogs militants de gauche, lui ? « Dans les attaques socialistes contre l'Allemagne, on ne sent aucune réflexion de fond, juste des propos de café du commerce sur "l'égoïsme" allemand. » Ah ! Qu'est-ce qu'il a contre les bistros ? « Est-ce qu'il y aurait là une stratégie du PS pour sauver la mise l'an prochain, avec le slogan "en votant PS, vous votez contre l'Allemagne et la grosse Angela" ? » Ben pourquoi pas ? Elle va gagner l'élection à la rentrée et on repartira pour quatre ans...

« Le document et les prises de positions montrent clairement que sur le fond, le PS est à sec, faute d'avoir travaillé. On le savait déjà, mais c'est une démonstration éclatante qu'il n'y a plus de pensée politique structurée au Parti socialiste. » Hou ! Et la pensée politique structurée, à droite, elle est où ? Z'avez compris ? Quand la n'est pas d'accord avec un blogueur politique de droite, c'est mal.

« Etre le parti au pouvoir implique de faire attention à ce qu'on écrit, à ce qu'on publie. Et si certains peuvent ne pas vouloir respecter cette règle, il est du rôle du patron de leur faire entrer ça dans le crane, y compris en tapant. On pouvait reprocher beaucoup de choses à Sarkozy et à l'UMP entre 2007 et 2012, mais un truc comme ça ne serait jamais arrivé ! C'est bien d'être pluraliste, démocratique, d'avoir des débats "ouverts et sans tabous", mais quand on est au pouvoir, il faut parfois savoir mettre une sourdine et renvoyer certains débats à des temps ultérieurs (quitte à ce que ça pète à la gueule quand on soulève le tapis, une fois dans l'opposition). » Ben non ! Dans l'annexe, hier, je relevais les propos de Jean Quatremer qui disait que François Hollande ne maitrisait pas la parti. Faut-il lui rappeler que ce n'est pas le rôle du chef de l'Etat d'être le chef du parti majoritaire ?

On peut reprocher beaucoup de choses à Nicolas Sarkozy, notamment le fait qu'un truc comme ça ne soit jamais arrivé et qu'il ait laissé Angela Merkell dicter toute la politique.

Certes, je ne suis pas content du Parti Socialiste. Je trouve qu'il n'est pas assez à l'attaque, contre la droite, pour défendre les projets du gouvernement. Il n'est peut-être pas assez uni mais je ne peux pas lui faire le reproche d'ouvrir sa gueule contre une politique qui représente un des maux de notre société. Je ne peux pas lui critiquer de lancer le débat en son sein, même si un blogueur de droite n'est pas d'accord avec le texte.

Le blogueur de droite n'a pas constaté qu'il y a une légère crise économique et que nous sommes à la limite de la rupture ?

« L'indigence intellectuelle de ce document est sidérante, on est au niveau du tract militant dans une primaire cantonale. » Je n'ai pas vu le document. Mais il ne me semble pas idiot qu'un parti politique sorte des textes politiques militants.

Ich bin ein Berliner disait l'autre. Les Allemands sont nos amis, les Anglais aussi, tiens !

Mais quand est-ce qu'on réfléchit à une politique qui ne soit pas exclusivement centrée sur les intérêts des industriels allemands ?

24 octobre 2012

Angéla Merkel en slip ?

Désolé pour le titre, c’est Dagrouik qui me le souffle. D’après cet article des Echos, l’économie Allemande serait en très mauvais état et entrerait en récession au second semestre (nous y sommes…).

« Le moral des entrepreneurs allemands s'est contracté pour le sixième mois consécutif selon l'Ifo. Une baisse qui a surpris les économistes. » « Les indicateurs d'activité publiés ce mercredi dressent en effet un tableau particulièrement sombre de la situation économique en Allemagne. » « L'activité dans le secteur privé allemand s'est contractée en octobre pour le sixième mois consécutif, reflétant une probable entrée en récession de la première économie européenne au deuxième semestre. » « Les perspectives d'activité à douze mois n'ont pas été aussi faibles depuis le début de l'année 2009, c'est-à-dire au plus fort de la crise provoquée par la chute de Lehman Brothers. »

Je résume : ça va très mal chez nos voisins qui sont pourtant beaucoup plus fort que nous…

Il serait temps que l’Allemagne et ses dirigeants qu’après avoir appauvri ses propres habitants et ses clients (c’est nous, là…), il serait temps de changer de politique.

01 février 2012

L'Allemagne, ce doux modèle...

Madame Merkel, Chère Angela,

Certains confrères blogueurs ont pris la plume pour s’adresser à vous et je tiens à m’associer à leur démarche pour vous apporter mon plus profond soutien et vous exprimer ma joie de vous voir vous intéresser aux affaires de notre beau pays.

Je peux d’ores et déjà vous confirmer que nous approuvons totalement votre vision d’un modèle de société où une très forte production de machines outils permettra de faire travailler beaucoup d’ouvriers et d’afficher des chiffres très flatteurs avec une monnaie très forte pour faire chier les américains mais provoquant ainsi une flambée du prix de l’essence, nous poussant ainsi à une moindre consommation au plus grand bénéfice de l’environnement.

En supprimant une partie du droit du travail, bien aidé par votre prédécesseur qui représente la gauche chez vous, c’est vous dire si la social démocratie française s’apparente ainsi au bolchevisme, en faisant en sortant qu’il n’y ait pas de salaire minimum et de contraintes sur les employeurs, votre machine économique marche à plein tube. Votre population a été très inspirée de se laisser guider vers une grande précarité qui permet aux marchés de s’adapter sans cesse aux attentes du monde financier.

D’ailleurs, les chiffres parlent pour vous ! Pendant que la France augmentait de 60% la création du nombre d’emplois à plein temps, l’Allemagne n’en créait que 1,3 et pendant que vous augmentiez la création de temps partiels de 30%, la France ne faisait que 4%. Grâce à ces mesures, vos entreprises ont toute la souplesse nécessaire pour satisfaire les agences de notation.

2,5 millions ont accepté volontairement du travail à moins de 5 euros de l’heure, ce qui, il faut le convenir, est bien largement suffisant pour balayer les rues, ou tout autre travail indispensable à la société mais ne nécessitant de qualification sérieuse. Un emploi sur 10, dans votre pays, est à moins de 400 euros par mois, sans cotisation salariale ou patronale et donc, logiquement, sans couverture sociale !

Si les Français acceptaient ces conditions, ils pourraient aisément réduire leur taux de chômage. Des ministres de droite ont bien essayé de forcer les assistés du RSA à travailler mais la population composée en majeure partie de fainéants a rué dans les brancards.

D’ailleurs, les Français ne pensent qu’à s’amuser, à baiser, à faire des enfants. Vous vous rendez compte que les femmes ont en moyenne deux enfants en France contre 1,4 chez vous. Les Allemandes sont sérieuses et travaillent alors les Française penchent pour la gaudriole.

Déjà qu’ils ont du mal à payer leurs retraites, les Français font des enfants par millions (en plusieurs fois, hein !) ne s’occupant pas des frais d’éducation et du chômage qui sera créé quand ils arriveront sur le marché du travail. En Allemagne, vous avez choisi de travailler plus vieux pour faciliter l’économie alors qu’en France, un candidat bolchevique propose d’augmenter de 60 000 le nombre de salariés de l’éducation nationale pour compenser les dommages collatéraux de vidages de couilles intempestifs !

Mais nous ne nous laisserons pas faire, chère Angela. Nous forcerons les Français à travailler plus, il parait que ça rend libre !

Je vous remercie donc de vous occuper de la politique française et d’apporter votre plus profond soutien à notre Président qui n’a pas fait exprès d’augmenter la dette de 600 milliards et de permettre au chômage de dépasser la barre des 10% tout en laissant notre commerce international partir en couilles.

Chère Angéla, mon blog vous est acquis. Je défendrai sans relâche vos propositions pour l’avenir de la France. Les Français seront avec vous ! Ils ont bien compris qu’un salaire minimum n’est pas de la justice social puisqu’il pénalise les entreprises qui ne peuvent plus exploiter leurs employés comme ils veulent pour répondre aux besoins de leurs clients. Ils ont bien compris que limiter le temps de travail n’est pas sérieux quand on ne gagne 4 euros de l’heure et qu’une partie de la population est obligée de travailler à temps partiel.

Chère Angéla, nous comptons vraiment pour vous pour sauver notre pays !

Dans l’attente de vous voir présider aux plus hautes fonctions, je vous prie d’agréer l’expression de ma considération distinguée.

Ton Nicolas.

12 janvier 2012

La droite traite les vrais sujets : aujourd'hui, le temps de travail.

Pendant que les blogs de gauche s’amusent à des bêtises (voir notre illustration, disponible par exemple chez Le Pudding, Melclalex et Variae) en répondant à M. Estrosi qui ne fait que raconter la vérité (le Fouquet’s est une vraie brasserie populaire où l’on peut facilement diner pour moins de 80 euros), la droite étudie les vrais sujets, en l’occurrence : le temps de travail.

C’est le cabinet Coe-Rexecode qui s’y colle ! Il est bien connu des blogueurs de gauche qui sont médisants puisqu’ils se permettent, à l’occasion, de se demander si les résultats des études ne sont pas fournis à l’avance par le Medef ou l’Elysée à ce cabinet.

Et qui publie l’étude ? Je vous le donne en mille ! Notre Pravda nationale à nous… Le Figaro. Voir l’autre illustration, à droite, un peu plus bas, si je ne me trompe pas dans la mise en page. Au bout des flèches rouge (je suis très fort en flèches rouge dans Paint), le titre principal et l’éditorial. Tiens ! Je vous rajoute une flèche verte (je suis moins fort qu’en flèches rouges mais je me défends) avec un entrefilet pour nous rappeler que les collectivités locales (majoritairement à gauche) sont responsable du déficit de l’état.

Mais le blogueur de gauche est tenace. Voire un peu vicieux pour embêter les gens de la droite officielle. Je suis allé trainer sur le site Bousier.com et je suis tombé sur cetarticle. Malheureusement, la deuxième phrase m’a plongé dans une crise de rire qui m’a empêché de lire la suite.

Retenez votre souffle.

« Les salariés français sont ceux qui travaillent le moins au sein de l'Union européenne... C'est le constat dressé par le cabinet d'étude Coe-Rexecode qui a demandé à Eurostat de retraiter les données concernant les 27 pays membres, pour dresser un comparatif de la durée effective annuelle du travail. »

Vous avez bien lu : l’obscur cabinet se base sur des chiffres pour produire une étude (c’est ce que j’ai entendu à la radio ce matin) mais demande à l’institution internationale de modifier ses méthodes de calcul… sans doute pour obtenir des résultats proches de ses attentes.

En reprenant mon souffle, après le café, j’en arrive à la conclusion suivante : les salariés à plein temps français travailleraient moins que les salariés à plein temps allemands mais les autres (les non salariés qui travaillent à plein temps et les temps partiels) travaillent beaucoup plus.

Du coup, on n’a absolument aucune idée du nombre d’heures moyen réellement travaillé par chacun et, après une lecture assidue de la presse, on constate que les allemands sont dans une situation tellement mauvaise qu’ils multiplient les temps partiels imposés.

On est dans l’expectative.

Alors le blogueur gauchiste vicieux va chercher l’information dans les Echos, que l’on peut difficilement, comme Bourier.com d’ailleurs, qualifier de gauchiste. Ca tombe bien ! L’édition du jour traite dusujet.

Avec son lot de perles…

« COE-Rexecode juge que l'Allemagne a, malgré une démographie déclinante, réussi son « partage du travail »en encourageant la négociation d'entreprise et le temps partiel. » Je vous livre ma traduction libre de droits. Faites-en bon usage : le partage du travail est donc une nécessité mais négocier le temps partiel entreprise par entreprise permet de mieux enfiler les salariés et de lui imposer des containtes.

« Sans contester l'intérêt des chiffres, l'OFCE ne partage absolument pas les conclusions qu'en tire COE-Rexecode. « Le bilan de la réduction du temps de travail sur l'emploi et la précarité est nettement plus favorable à la France qu'à l'Allemagne », juge l'économiste Mathieu Plane. Il relève que la France a créé 7 % d'emplois de plus que l'Allemagne entre 1999 et 2010 et que le volume total des heures travaillées y a moins baissé qu'outre-Rhin. « La baisse de la durée du travail s'est faite par la durée légale en France, contrairement à l'Allemagne où elle est passée principalement par la hausse du temps partiel, ce qui est une forme plus brutale d'ajustement car souvent subi », analyse-t-il. Même avec de nouveaux chiffres, le débat n'est donc pas prêt de se pacifier... »

Ils ont des bonnes idées, chez COE-Rexecode quand ils font des études pour faire plaisir à la droite et casser le temps de travail. Ca permet à la presse économique de donner des arguments aux blogueurs de gauche pour démontrer que la situation est bien meilleure en France qu’en Allemagne (ce dont on se fout, d’ailleurs, c’est bien une idée de droite de vouloir nous comparer avec un pays qui n’a rien à voir).

Mais le plus rigolo est ce que j’en retiens. L’OFCE conteste les conclusions du cabinet qui conteste les chiffres d’Eurostat.

COE-Rexecode, officine du Medef, seul contre les institutions internationales !

Au chiottes, le cabinet…

07 novembre 2011

6 milliards de baisse d'impôts en Allemagne. Et chez nous ? Une augmentation...

« Alors qu'en France, Nicolas Sarkozy cherche à réaliser 7 milliards d'euros d'économies sans brider la croissance ni accroître son impopularité, en Allemagne, la chancelière Angela Merkel tente de diminuer les impôts d'environ autant. » nous apprend Le Monde.

Voilà la politique ! Comme je le disais dans mon dernier billet, Nicolas Sarkozy parlait d’harmonisation fiscale avec l’Allemagne…

François Fillon a annoncé un poussif plan de nouvelles économies et d’augmentation des impôts. Pendant ce temps, Angela Merkel annonce une forte baisse des impôts !

Un beau coup de pouce aux plus modestes…

« Grâce à une croissance forte en 2010 et très correcte en 2011 (respectivement 3,6 % et sans doute 2,9 %), les rentrées fiscales atteignent un niveau dépassant les prévisions. En 2011, ces recettes devraient atteindre 571,2 milliards d'euros, soit 40 milliards de plus qu'en 2010. »

C’est bien la politique menée chez nous qui est mauvaise.

Il n’y a qu’une seule solution.