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19 septembre 2014

La véritable histoire des stratèges du Parti Socialiste

Fin 2001, François Hollande était premier secrétaire du Parti Socialiste. L’élection présidentielle approchait. Le PS avait un bon résultat à l’issue de la législature avec une vraie diminution du chômage et une belle croissance, liées à de bonnes mesures de gauche, comme la réduction du temps de travail mais aussi la prime pour l’emploi, les emplois-jeunes, la baisse de la TVA, , mais aussi à une bonne conjoncture économique qui s’était néanmoins émoussée, sur la fin, avec l’éclatement de la bulle informatique.

Mais c’est la baisse du temps de travail dont il était le plus content même si elle avait été mal gérée par Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn, car il est évident que le progrès technologique permet de moins travailler et que la mondialisation galopante allait faire que les emplois industriels seraient pour beaucoup délocalisés dans des pays en développement. D’ailleurs, cette mondialisation et la création prochaine de l’Euro allaient avoir des impacts importants sur l’économie et le gouvernement Jospin avait pris des premières mesures radicales pour l’accompagner. Par exemple, il fallait privatiser France Télécom parce que nous connaissons aujourd’hui, la concurrence, le dégroupage,… étaient inéluctables. Ces mesures faisaient grincer, à gauche, évidemment, mais François étaient sûr de lui. D’ailleurs, 13 ans plus tard, on le constate : tout le monde à un mobile voire un smartphone et un accès à internet. Les mesures étaient bonnes.

Mais contestées. Entant que chef du premier parti de la majorité et éminent député, celui qui se ferait appeler volontairement Flamby, aidé par son ami Arnaud Montebourg, pour entretenir une image de bonhommie, les avait fidèlement accompagnées.

Fin 2001, il regardait la présidentielle arriver, quelques mois plus tard. Lionel Jospin était sûr de gagner. Il avait de bons résultats et Jacques Chirac une très mauvaise image. Il savait par ailleurs que, quel que soit le gouvernement, il aurait à continuer à gérer cette mondialisation et qu’il faudrait prendre des mesures très douloureuses. Il fallait que cela soit la droite qui les prenne sinon la gauche serait grillée pour des dizaines d’années et sa propre carrière serait compromise. Car il ne pensait qu’à cela : sa propre carrière et les dix ans qu’il allait passer à l’Elysée, en réformant la France et en laissant un nom dans l’histoire du pays et de l’Europe.

Encore une fois, l’avenir lui a donné raison : la gauche allemande, menée par Gerhard Schroder, a pris ses mesures et est évincée du pouvoir. Pire ! La droite ayant pris le relai, la situation économique du pays s’est bien améliorée mais, en l’absence de la gauche au pouvoir, personne n’a pu mener la politique sociale nécessaire à l’accompagnement des braves gens qui allaient subir les dommages causés par ses réformes.

En laissant Lionel Jospin gagner, il foutait en l’air sa carrière mais aussi tout le progrès social dans le pays. D’ailleurs, c’est Lionel Jospin lui-même qui le lui a dit. C’était un grand homme d’Etat et ne voulait pas laisser le peuple dans la merde. Et supputait déjà que l’image de Gerhard Schroder qui se préparait à faire ces réformes ne serait pas au top !

François Hollande et Lionel Jospin décidèrent alors de perdre la présidentielle. Ils allaient faire une mauvaise campagne, accumuler les bourdes. Mais François Hollande était déjà un fin tacticien électoral. Il savait que Jacques Chirac ne trouverait jamais 20% des électeurs pour passer le premier tour. Même en foirant la campagne, Lionel Jospin était sûr de gagner. Ils décidèrent alors de rencontrer Christiane Taubira et Jean-Pierre Chevènement. Le premier secrétaire du Parti Socialiste les invita a déjeuner au Récamier et leur dit la vérité : voila, nous ne sommes pas sur la même ligne politique mais si on gagne l’élection, la gauche est foutue pour l’avenir quelles que soient les mesures qu’elle pouvait prendre. Il poussa la réflexion dans tous les sens, exposa toutes les réformes possibles, celles qu’allaient faire l’Allemagne et celles qu’envisageaient la gauche de la gauche. Un seul constat : la gauche serait définitivement out et le peuple allait souffrir. Avant même que François le leur suggère, Christiane et Jean-Pierre comprirent. La seule solution pour ne pas gagner l’élection présidentielle était de perdre dès le premier et perdre le premier nécessitait d’avoir moins de voix que le candidat d’extrême droite. Il fallait laisser se disperser les voix de gauche. Christiane et Jean-Pierre seraient donc candidat et on allait laisser croire aux électeurs qu’on s’en foutait, on était sûr de gagner. Moi-même, je ne suis pas allé voter… Ca ne faisait pas un pli dans mon esprit : il y avait un seul candidat de gauche susceptible un bon score au premier tour et il y aurait forcément un candidat de gauche à ce deuxième tour…

La présidentielle de 2002 fut perdue avec brio. La seule anecdote notable de la campagne fût quand ils apprirent que Bruno Mégret serait candidat, en plus de Jean-Marie Le Pen ! Ce dernier, pas fou, savait que s’il était au second tour face à Jacques Chirac, il perdrait nécessairement, ce qui est logique. Un candidat frontiste ne pouvait gagner à un second tour que s’il était opposé à un candidat de gauche. Pire ! S’il passait le premier tour pour perdre un second, les Français comprendraient que le premier tour est important. Jean-Marie Le Pen avait compris la stratégie de Lionel Jospin et décidé d’appliquer la même : disperser son stock d’électeurs. Après sa « victoire », d’ailleurs, il comprit qu’il était grillé définitivement. Il fallait passer le relai à sa fille mais 2007 était trop tôt, il fallait attendre 2012 pour qu’elle soit candidate et prenne de l’expérience. Mais c’est une autre histoire.

François Hollande, soutenu par Lionel Jospin malgré une légère comédie de ce dernier, resta premier secrétaire  du parti et s’occupa de reconquérir les collectivités territoriales avec le succès que l’on connaît. C’était important pour lui, il fallait qu’il représente la gauche qui gagne. Il était resté sur un mauvais résultat, avec la présidentielle de 2002 mais aussi sur un résultat mitigé, aux européennes de 1999. Seules les élections locales lui réussissaient, comme les municipales de 2001 qui vit une victoire inespérée dans certaines villes. La liste qu’il menait était arrivée en tête, certes, mais sur fond de forte division de la droite. Alors, le Parti Socialiste gagna les cantonales et régionales de 2004. Le Parti Socialiste fit un très bon résultat aux européennes, cette année-là. Les élections locales de 2008 se sont correctement déroulées, également. Mais ne brulons pas les étapes.

Restons en 2004. Il y avait le referendum de 2005 à préparer, au sujet du traité européen. Il se foutait royalement de ce traité qu’il ne jugeait ni bon ni mauvais, à part sur la forme. C’est le traité de 1992 qui était mauvais puisqu’il n’incluait qu’un volet économique libéral et rien pour le peuple. D’ailleurs, seuls les Etat compteraient pour la gestion de l’Europe pendant des décennies : la démocratie européenne resterait balbutiante, ce qui, au fond, n’était pas un problème : les peuples n’étaient pas prêts et, au fond, c’est bien à eux que revient la décision ! Néanmoins, il savait que la question européenne diviserait profondément le Parti Socialiste et, surtout, ses militants, la plupart des cadres étant convaincus, comme François Hollande, qu’un parti antieuropéen ne pouvait pas prendre le pouvoir en France. Il eut alors l’idée d’organiser un vote interne : il savait que s’il soutenait le « oui », il serait largement en tête, ce qui est arrivé (59%). Il serait confirmé comme patron du parti malgré les lourds clivages internes.

Il lui fallait organiser le « non » pour ne pas prendre le risque de voir des électrons libres prendre de l’importance. Il a donc invité des amis à lui à prendre la tête des opposants au traités : Arnaud Montebourg (encore lui…), Manuel Valls (et oui !), Jean-Luc Mélenchon (tiens, le voilà) et Laurent Fabius (il fallait un homme de poids). Ils furent rejoints par Henri Emmanuelli mais c’est le hasard...

Vous connaissez la suite pour ce qui concerne ce vote. Hollande a pris la tête du oui de gauche. Sa réputation est clairement faite.

Cela nous pousse à 2006 ou, du moins, à la préparation de la présidentielle de 2007. Le constat était clair : la droite n’avait rien fait ou presque, écorchant les 35 heures, et, surtout, les gérant mal en ne poursuivant pas les travaux – mal – prévus par les lois de Martine Aubry notamment dans le secteur hospitalier. Pour le reste : rien. Tout le travail – de décorticage du droit du travail, il faut bien appeler les choses par leur nom – était à faire. On était dans la même situation qu’en 2002, mais avec une évolution évidente de la société, poussée par les nouvelles technologies et la poursuite de la mondialisation.

Il ne fallait pas que la gauche gagne 2007 sinon, elle serait foutue.

C’est le constat qu’a fait François Hollande devant sa compagne à l’issue d’une sieste crapuleuse (les livres d’histoires sont imprécis à ce sujet mais, au fond, cela ne nous regarde pas). Avec elle, Ségolène Royal, donc !, ils formaient un couple très moderne. Ils ne se sont jamais mariés mais on eut quatre enfants. Ils s’entendaient à merveille sur à peu près tout ! D’ailleurs, ils rigolaient beaucoup d’une jeune maitresse qu’il avait depuis peu, une journaliste à Paris Match…

François Hollande : voila, comment être sûr de perdre cette élection ?
Ségolène Royal : on n’a qu’à présenter une femme, dans ce pays de machos, elle n’aurait aucune chance d’être élue !
FH : oui, tiens ! Excellent ! T’as qu’à y aller...
SR : hé ho, tu crois que j’ai ça à foutre ?
FH : tu ne veux pas que je demande à Valérie, non plus ? Et tu verrais qui ? Martine… Tellement entêtée qu’elle serait capable de se faire élire. Toi tu as une bonne cote. On va organiser tout ça, tu vas voir. On va te créer des comités de soutiens, des réseaux sociaux et tout ça… De toute manière, Fabius et DSK n’ont aucune chance de passer la primaire, Fabius parce qu’il n’en veut pas, il me l’a dit quand on a préparé le vote pour le referendum, et Dominique parce qu’il est encore en plein dans les affaires.
SR : c’est OK ! Mais si je suis élue, on fait quoi ? Et tu passeras pour quoi, toi ? Et ta propre carrière ?
FH : on va faire en sorte que tu ne sois pas élue. Tu vas multiplier les gaffes et je ferai en sorte que le parti ne soit pas clairement derrière toi.
SR : oui, mais ça risque de te griller, tu risques de passer pour responsable de la défaite.
FH : Tu as raison. Trouvons autre chose !
SR : j’y suis ! Tu vas me larguer pour ta journaliste, la petite jeune, tu vas batifoler pendant la campagne, après la défaite, on se sépare et je continuerai à foutre la merde dans le parti, jusqu’au congrès de 2008 parce qu’il faudra bien que tu quittes la direction du parti… T’imagines que Martine gagne le congrès brillamment ? Tu es foutu pour 2012.
FH : OK, mais on tentera de se rabibocher, quand même après, hein ?
SR : ne t’inquiète pas, on verra à l’occasion. Tu auras peut-être encore besoin de Valérie et notre rivalité pourrait avoir des avantages…

Vous connaissez la suite, du moins pour 2006, 2007 et 2008. Notamment 2007 : l’élection était imperdable. Il a fallu la force de Ségolène Royal et de François Hollande pour réussir à la perdre.

Nous voilà fin 2008. 2012 était en ligne de mire mais François Hollande fit un constat : la gauche est malade, surtout la gauche de la gauche. Un candidat socialiste ne peut pas gagner sans une gauche de la gauche forte. Il faut sauver le parti communiste en les intégrant à une force politique modernisée. Pépère eut alors une idée : il appela son copain Jean-Luc Mélenchon. J’ai l’enregistrement de la conversation si vous voulez… Mais passons cet épisode.

En 2009, il y avait une échéance électorale importante : des européennes. François Hollande et Ségolène Royal, et donc leurs soutiens réciproques, ne pouvaient pas tolérer une victoire du Parti Socialiste qui aurait été mise au crédit de Martine Aubry. François Hollande invita alors à déjeuner Daniel Cohn Bendit, Eva Joly, Cécile Duflot et quelques autres. Il leur tint à peu près ce discours : le PS est divisé, les partisans de Ségo ne peuvent pas blairer Aubry, vous faites des listes ouvertes avec des têtes de liste comme Bové et vous avez un boulevard pour être à égalité avec le PS.

Et hop !

Après la réussite de ce nouvel échec du Parti Socialiste, François Hollande commença à préparer 2012, mais pour lui, cette fois ! Si un autre type était élu, à gauche, sa carrière serait terminée. En outre, il apparaissait évident que Nicolas Sarkozy conduisait une mauvaise politique et qu’il ne fallait pas laisser le pays aux mains de ces gens-là. Tant pis ! On a laissé la droite faire des conneries en espérant qu’elles prennent des bonnes mesures mais tout ce qu’elle a fait est de créer le statut d’auto-entrepreneur, signifiant encore plus la fin du salariat.

Dans dix ou vingt ans, il n’y aura plus de salariés ou, du moins, leur nombre aura diminué au profit de travailleurs indépendants de statuts divers, forcément précaires. Il faut préparer la société à cette évolution et, pour se faire, il faut renforcer notre modèle redistributif ce qui nécessite de sortir de la spirale infernale du chômage, de l’aide aux PME et à toutes formes d’entreprise, de statut, susceptibles de travailler auprès de grands groupes aux mains des puissances financières.

Tiens ! « Mon adversaire, c’est la finance » serait un bon truc, non ?

C’est ainsi que raisonnait François Hollande en se rasant.

Il lui restait évidemment une étape à franchir. Il est rapidement apparu, au vu des sondages, que la présidentielle ne serait qu’une formalité, d’autant qu’à l’été 2010, Nicolas Sarkozy a commencé à durcir ses propos, faisant fuir les centristes.

Il restait une formalité : la primaire. Il se mit en campagne : le tour de France pour présenter son projet, la relation avec Valérie Trierweiler, le régime,… Elle n’aurait vraiment été qu’une formalité. Face à Dominique Strauss-Kahn, lui, le social libéral, allait passer pour le gauchiste de service. A mourir de rire… DSK s’était grillé en allant au FMI et s’était grillé pour la présidentielle. Nicolas Sarkozy n’avait pas compris cela et était même persuadé du contraire : Dominique Strauss-Kahn était son pire concurrent. Il a donc organisé sa chute en passant par des intermédiaires Libyens (cette partie de mon récit est outrageusement romancée alors que le reste n’est qu’embelli).

Catastrophe ! Il serait opposé à Martine Aubry et elle pouvait très bien gagner, il lui fallut organiser le deuxième tour, dès le premier. Il a donc choisi lui-même ses copains pour être candidat au premier tour : Ségolène Royal, sa fidèle vaguement compagne, Jean-Michel Baylet, pour montrer l’ouverture, Manuel Valls et Arnaud Montebourg qui pourraient faire leur premières armes dans des ministères le temps de penser à leur propre carrière alors qu’ils sont minoritaires au PS et pour montrer qu’il ratisse large au sein du parti. Il avait réussi son coup : les quatre candidats éliminés au premier tour se sont prononcé pour lui pour le second. Mais, dès le mois de juillet – deux mois après l’affaire DSK – il fallait bien se rendre compte que Martine Aubry ne voulait pas y aller. Comme elle n’avait pas compris la stratégie de pépère, elle organisa elle-même sa propre chute en promettant une augmentation de 30% du budget de la culture. Elle s’en foutait ! Elle aura alors été la femme qui a remis de l’ordre au sein du Parti Socialiste et qui lui a permis de garder le pouvoir.

La campagne pour 2012 pouvait démarrer. François Hollande serait enfin candidat à la présidence de la République, pour sauver la France et était absolument sûr de gagner. Néanmoins, les sondages lui donnaient une telle avance que cela compromettait sa stratégie pour la suite. En effet, si un candidat socialiste était élu avec 60% des voix, il serait obligé de mener une politique franchement de gauche ce qui était en désaccord complet avec ses idées : la quantité de travail allait diminuer tout comme la part de salariés réalisant ce travail. Il fallait relancer l’industrie française et supprimer quelques avantages liés au travail pour permettre de faire fonctionner l’économie et améliorer la redistribution pour ceux qui ne pourraient pas gagner de l’argent avec un travail salarié. Il fallait dépasser l’Allemagne, libéraliser le travail tout en protégeant les êtres humains…

Avec 60%, il était sûr de ne pas pouvoir le faire.

Il eut un coup de génie et a appelé Martine Aubry. De mémoire, il lui a dit : dis donc, Martine, comme tu as la réputation de ne pas pouvoir me blairer, tu ne pourrais pas me faire un coup dans le dos ? Après tout, je t’ai bien rendu service en gagnant la primaire.

Elle répondit (toujours de mémoire) : ah oui, tiens ! J’y pensais ce matin en me rasant. Je me disais que si j’avais gagné, j’aurais du faire un accord électoral foireux avec les écolos. Tu veux que je le fasse pour toi ?
Lui : mouarf ! Extra ! Prévoit des trucs rigolos comme la sortie du nucléaire pour bien faire peur aux Français et tout ça.

Lui-même ajouta deux ou trois conneries dans sa campagne, comme le droit de vote des étrangers aux élections locales. Ca allait souder les gauchistes et donner à la droite l’occasion de s’exciter et ça allait faire hurler François Bayrou.

Tiens ! Le Bayrou ! Dès le début, François Hollande l’a appelé : dis donc, cher homonyme, tu te rends compte que tu feras un petit score. L’autre lui répondit : ben, oui, ça commence à me gaver, tout ça, mais je n’ai pas le choix… mais ça sera la dernière fois sauf si Morin se présente en 2017.
Hollande : j’ai une idée, tu ne fais pas campagne contre moi, je te promets que je vais réellement m’attaquer au problème de la dette, tu me soutiens au second tour pour ce prétexte et, comme l’UMP présentera un candidat contre toi, je m’arrange pour que le PS te soutienne aux législatives.
Bayrou : OK pour le soutien d’entre deux tours, mais rends-moi service. J’en ai ma claque d’être député. Ca n’avance à rien et si le PS me soutient, je serais catalogué à gauche, je ne pourrai plus rien faire au centre. Tu vas t’arranger pour que je sois battu à cause du PS.
Hollande : OK.

Nous voila au 17 mai 2012, le lendemain de l’investiture. François Hollande avait été élu au ras des pâquerettes, comme il le voulait, alors que des sondages le donnaient à 60%, il avait été odieux avec Sarkozy lors de la cérémonie d’investiture.

Il avait réuni sa garde rapprochée dans un des salons de l’Elysée et leur tint se discours : il faut absolument que notre popularité baisse très rapidement pour que l’on puisse avoir les mains libres dès le début. Sur une idée de toi, Ségo, j’ai obtenu de Valérie qu’elle envoie un tweet de soutien à Falorni. Je comprends bien que tu n’aies pas envie de redevenir député et que ta situation serait impossible. Obligée de conquérir la présidence de l’Assemblée avec moi à l’Elysée… Ca aurait été complètement grotesque. Mais je tiens à te remercier. Après, on va nommer un gouvernement de branquignoles, je vais faire des conneries, comme convoquer les journalistes pour mon départ en vacances en TGV et des trucs comme ça. Tiens ! On va mettre Cahuzac ministre du budget, avec toutes les casseroles qu’il a au cul… J’ai appelé Plenel, tiens ! Je lui dois un service à propos d’un épisode pendant la campagne. Sinon, on va mettre Harlem à la tête du PS et quand il aura bien foutu la merde, on le nommera ministre.

Les autres étaient pliés de rire !

Fin 2013, début 2014, la popularité n’était pas encore inscrite durablement au-dessous des vingt pourcents et il y avait un risque pour qu’elle remonte, surtout que la droite était toujours en lambeaux… Le travail avait été pourtant bien fait avec le mariage pour tous qui a fait plaisir aux gauchistes en fâchant les réacs et d’autres mesures comme l’ANI qui avait eu le résultat inverse.

Il fallait frapper fort. La décision de faire un tournant social libéral et de mettre Valls premier ministre après les municipales mais toujours avec un gouvernement de branquignoles, à peu près les mêmes, d’ailleurs, était prise depuis longtemps mais il fallait frapper fort.

Valérie Trierweiler commençait à s’ennuyer à l’Elysée. Pas facile d’être première dame, pas possible de coucher à droite ou à gauche contrairement à son homme. Elle fit une proposition à François Hollande vu qu’elle avait un copain qui bossait pour Closer. La scène aurait tellement été ridicule qu’il fut convaincu dès le début que l’idée était bonne. Il prit soin, alors, de peaufiner le scénario : on va faire un peu de bordel pendant quelques temps, je vais te larguer ! Tiens ! Tu pourrais même sortir un bouquin sur notre histoire, vers la fin de l’été, ça te permettra de gagner un peu d’oseille, en plus, car je ne pourrais plus t’entretenir, avec tes fistons.

Il fallait tenir au plus bas jusqu’à ce que Nicolas Sarkozy annonce officiellement son retour. C’est chose faite. Je peux réécrire l’histoire. Compte tenu du positionnement politique de Hollande, il ne pourra que proposer une politique ultralibérale sur le plan économique et bien à droite pour le reste. L’élection de 2017 serait une formalité : François Hollande passera pour un rempart contre cela et pourra mettre en œuvre la politique qu’il a toujours voulu mener.


Comment tout ce bordel serait-il possible si cette histoire n’était pas rigoureusement exacte ?

10 septembre 2014

Bercy, beaucoup !

L’actualité est un peu spéciale, aujourd’hui, vu de Bercy. Ou d’ex-Bercy ! Ayant passé une partie de l’après-midi à mettre en service mon iPhone neuf (en remplacement de celui qui a été volé) et surtout à rétablir ma ligne téléphonique, je n’ai suivi qu’en diagonale. Toujours est-il que le premier mail que j’ai reçu avec était pour m’informer de la liaison d’Aurélie Filippetti et d’Arnaud Montebourg. On espère toujours que ce genre de truc est un faxe…

Genre : si Aurélie Filippetti s’est fâchée avec le gouvernement, c’est par soutien à son nouveau mec.

A part ça, Michel Sapin a annoncé de mauvaises nouvelles mais je crois qu’on les connaissait déjà. Même que la France semble moins pire que ses voisins. Si ça peut consoler quelqu’un. Pendant ce temps, Montebourg continue à fustiger la politique du gouvernement, comme s’il n’avait pas été en charge de la politique industrielle pendant plus deux ans.

J’hésitais donc entre ces deux informations à traiter. « La liaison ou les mauvaises nouvelles ? »  me demandais-je en attendant de pouvoir la 4G avec mon nouveau jouet.  Je me suis alors rappelé d’une autre nouvelle du jour : Pierre Moscovici a été nommé commissaire européen, cela a été officialisé aujourd’hui. Il est interviewé dans Les Echos.

Le titre de l’article m’a fait bondir. « Pierre Moscovici : «Nous jugerons la France à l'aune des réformes engagées». »

J’ai lu la moitié, environ, mais je ne peux pas dépasser cette perle : « C’est le président de la Commission européenne qui a réparti les postes. Jean-Claude Juncker a estimé très tôt qu’il était important que ce portefeuille stratégique soit confié à un socialiste. » La crise de rire est trop forte.

Toujours est-il qu’en lisant le titre, je me demandais s’il n’était pas un peu gonflé...

18 septembre 2013

Créer son entreprise en 45 minutes

https://www.guichet-entreprises.fr/ vient d'être lancé par Sylvia Pinel et Arnaud Montebourg et permet de faire toutes les démarches administratives pour la création de son entreprise en 45 minutes !

"Le service guichet-entreprises.fr a été conçu en plaçant le créateur au cœur de la formalité et pour l’accompagner tout au long de ses démarches administratives. Il lui apporte des informations adaptées et actualisées pour son projet professionnel et l’exercice de sa future activité. Toutes les démarches de la création (immatriculation, demandes d’autorisation, dépôt de dossier…) sont maintenant accessibles à une seule adresse, avec un seul identifiant. Le service guichet-entreprises.fr permet également aux créateurs d’entreprise de suivre le traitement de son dossier."

"Un seul espace pour créer votre entreprise : la démarche de création d’entreprise est entièrement disponible en ligne, y compris pour demander et obtenir les autorisations nécessaires à l’exercice de votre activité. L’ergonomie est entièrement pensée en fonction du parcours du créateur."

13 septembre 2013

Montebourg in the cloud

Hier, François Hollande et Arnaud Montebourg doivent annoncer un grand plan pour l'industrie avec un paquet de mesures. Parmi elles, il y a l'informatique en nuage, le "cloud computing". Vous ne savez pas ce que c'est ? Pas grave, je suis là. Je vais vous expliquer. Mais ce qui m’intéresse plus est de savoir comment l’Etat compte soutenir cette industrie numérique du futur…

Je vais donc parler de cloud ou de nuage mais je dois préciser que je ne sais pas ce qu’a prévu le Gouvernement. Pour tout vous dire, j’avais préparé ce billet avant mais c’est en cherchant le titre de mon précédent billet (« Montebourg au dessus des nuages ») que je me suis rappelé de celui-ci (« Montebourg in the cloud »).

L'informatique en nuage ?

Le particulier commence à savoir ce dont il s'agit. Il prend ses photos avec son smartphone et les retrouve sur son ordinateur sans rien faire : les photos sont rangées dans le Cloud. Souvent, il ne sait même pas ce qu'il fait. Il range ses photos dans des albums de Facebook sans se rendre compte qu'elles seront stockées dans les serveurs du géant.

Pour une entreprise, c'est moins clair. Dans une boîte, on a deux types de logiciels. Ceux de bureautique et ceux liés à la profession. Par exemple, un cabinet d'experts comptables aura un logiciel de comptabilité en plus de ses suites bureautiques.

Les PC de chacun des comptables auront ce logiciel et les données relatives à la comptabilité des clients seront stockées sur un serveur. Ce serveur lui coûte très cher. Il est obligé d'en avoir un de secours en cas de panne, il faut qu'il fasse des sauvegardes, qu'il stocke ces sauvegardes ailleurs, en cas d'incendie,...

La première idée du cloud est là : les données ne sont plus stockées sur serveur dans l'entreprise mais sur les serveurs d'une entreprise spécialisée, un hébergeur.

On appelle ça le nuage parce qu'on ne sait pas trop où sont les serveurs, que plusieurs serveurs sont connectés entre eux sur des lieux différents pour des raisons de sécurité.

L'informatique, c'était simple. On avait des PC avec les logiciels et des serveurs.  Avec le développement des technologies liées à internet, les logiciels sont installés sur les serveurs. Les utilisateurs se connectent aux applications via le navigateur internet. C'est beaucoup plus simple pour l'entreprise. Elle n'a plus de logiciels installés sur les PC, de mises à jour à effectuer, de licences individuelles à acquérir ! Un poste de travail tombe en panne ? La secrétaire du patron fonce à l'hypermarché du coin et en achète un pour 500 euros.

Tiens ! Je parlais de logiciels et je parle maintenant d'application. Ne faites gaffe, c'est le progrès. Cela mérite un aparté. On parle souvent d’application à propos de ce qu’on charge sur son smartphone mais c’est presque un abus de langage. Une application est un logiciel appliqué aux besoins d’un client. Par exemple, quand vous installez un logiciel de messagerie, vous saisissez votre adresse mail, votre mot de passe et d’autres cochonneries comme une formule de politesse qui s’affichera en bas de tous les mails que vous rédigerez. Vous ajouterez des destinataires au carnet d’adresse… C’est une application.

Trève d’aparté. C'est la deuxième idée du cloud : les applications ne sont pas installées sur des serveurs de l'entreprise mais des serveurs de sociétés spécialisées.

Rien de révolutionnaire me direz-vous ? Ben si ! Les sociétés rechignent à venir au cloud car les patrons ont peut du progrès qu'ils ne maîtrisent pas. Ils craignent aussi pour la sécurité des données du client et de l'entreprise qui deviennent accessibles par internet. Ils ont peur de ne pas tout maîtriser, de ne pas avoir de CD de sauvegarde, d'informaticien stagiaire sous la main...

Les professionnels (c'est-à-dire ceux qui gagnent du pognon en vendant ça…) estiment que le gain est de l’ordre de 80% pour une entreprise pour ce qui concerne l’exploitation des logiciels (en comptant les mètres carrés pour héberger le serveur, le coffre ignifugé pour les sauvegardes, le temps passé,…).

Le SaaS

Derrière le cloud, il y a une troisième idée à creuser. Le SaaS (Software as a Service). C'est un machin assez ancien qu'on utilise tous les jours sans le savoir mais encore peu utilisé dans le monde de l'entreprise.

Reprenons notre patron de cabinet d'expert comptable. Pourquoi s'embêterait-il à acheter un hébergement, des logiciels, à installer ses applications… s’il peut trouver un service clé en main ? S’il peut payer une redevance pour l’utilisation d’un logiciel hébergé sur un serveur « dans le nuage » plutôt que du logiciel et des informaticiens pour le mettre en œuvre ? C’est l’idée du SaaS. L’éditeur de logiciel ne vend plus des licences mais un service complet aux entreprises : la possibilité d’utiliser une application hébergée par ses soins.

C’est un truc que le particulier fait tous les jours dans le domaine grand public (d’ailleurs, je parlais de logiciel de messagerie. En fait, ils disparaissent progressivement. Pour accéder à ta messagerie, tu te connectes à orange.fr ou gmail.com, tu n’as pas de logiciel installé sur ton PC) mais qui est encore rare dans le domaine professionnel, notamment pour ce qui concerne les logiciels spécifiques à une profession.

Je ne sais pas si le SaaS est dans le cœur de cible des projets du gouvernement mais il me parait un axe majeur de développement. Et un risque fort de plantage majestueux si les éditeurs de logiciels français n’y vont pas.

Pourquoi n’iraient-ils pas ?

Parce qu’elles sont comme vous et moi : elles n’ont pas que ça à foutre. Les ingénieurs ont la tête dans le guidon et les commerciaux n’ont pas « de besoin », ils doivent répondre aux exigences du moment des clients. Les patrons ne peuvent donc pas nécessairement dégager un budget, du temps de ses ingénieurs, … pour entretenir une veille technologique, développer une offre, acheter des serveurs,…

En outre, l’hébergement est un métier spécifique qui est bien loin de celui de développeur informatique. Il faut du matériel, des locaux mais surtout une très forte disponibilité, donc une surveillance 24 heures sur 24, des très bonnes performances,…

Tiens ! Je vais lancer une vacherie personnelle. Toutes les boites d’informatiques avec qui je bosse actuellement qui se sont lancées dans l’hébergement, le SaaS, se sont plantées : je connais le métier bien plus qu’eux… Quand je dis « je », c’est une façon de parler : mon employeur héberge ses propres serveurs depuis 40 ou 50 ans et ils fonctionnent de jour comme de nuit, sinon vous auriez des problèmes pour payer vos notes de bistro.

Le SaaS est donc en priorité destiné aux petites entreprises qui n’ont pas les moyens d’héberger leurs propres serveurs. Or, les éditeurs de logiciels spécifiques pour les petites boites n’ont pas, non plus, les moyens de développer une offre. Compliqué, tout ça. D’autant qu’ils vont vous jurer le contraire et dire que c’est aussi pour les grandes boites. Vaste débat. Je n’ai pas à me positionner.

Que peut faire l’Etat ?

Il a déjà aidé financière deux entreprises françaises, Cloudwatt et Numergy, à investir dans le cloud mais je ne crois pas spécialement que de telles interventions de l’Etat sauveront l’industrie française. Je ne crois pas que son rôle soit d’investir dans l’industrie.

Ce projet de développement d’un cloud à la Française avait été lancé par le gouvernement de droite et concrétisé par la gauche. On va dire que cette dernière n’avait pas d’autre choix. Je vous passe les noms de ces sociétés qui me paraissent idiots pour symboliser le cloud français, je trouve crétin d’aider des filiales de grands groupes français (Orange, SFR, Bull,…) et de laisser de côté des acteurs importants et français du domaine comme OVH et Gandi, bien connus dans notre monde de blogueurs.

Je ne sais pas ce que prévoit exactement le gouvernement même si je suppose que ces deux boites seront le fer de lance de la stratégie pour développer un cloud tricolore…

Etre exemplaire

Dans les stratégies d’équipement informatique de l’Etat et des collectivités territoriales (surtout elles, d’ailleurs), l’Etat peut privilégier le cloud et le SaaS (surtout qu’ils permettent des économies non négligeables). Pourquoi les municipalités, par exemple, n’utiliseraient pas d’application en SaaS dans le cloud pour gérer leur comptabilité ?

Favoriser les infrastructures

Je suppose que cela sera traité indépendamment du chantier « nuage ». Il n’empêche que favoriser le cloud nécessite un internet qui fonctionne ce qui n’est pas nécessairement le cas partout (hier après-midi, internet de fonctionnait pas chez un opérateur dans la partie nord du Kremlin-Bicêtre, aux portes de Paris).

Aider les industriels à se structurer

Pour développer leurs activités commerciales, les industriels n’ont pas d’autre choix que de travailler ensemble, essentiellement pour deux raisons que je vais détailler ci-après. On distinguera deux types d’industriels : les hébergeurs et les éditeurs SaaS (qui sous-traiteront l’hébergement).

L’Etat peut donc les aider à s’asseoir autour d’une table pour les aider à assurer la promotion du cloud, promotion nécessaire parce que les gens (patrons de PME), ne comprennent rien à tout ça. Je viens de faire un billet pour comparer les offres online de Microsoft et Google, c’est à se les arracher.

Cette promotion doit avoir un volet permettant de rassurer les gens en question. Il faut donc une grosse dose de normalisation :
-         sécurité de l’accès aux données pour vérifier que le piratage est impossible,
-         sécurité physique des données pour assurer qu’elles ne seront perdues en cas de catastrophe nucléaire ou d’autres incidents plus mineurs.

Cette promotion doit aussi être orientée vers les éditeurs de logiciel (notamment pour le SaaS) : hé ho, les gars, on y va ! Sinon, on va être grillés, d’autres vont prendre la place !

Je suppose que ces normes existent mais il faut les renforcer en permanence (c’est de l’intérêt des industriels français de montrer qu’ils sont les plus exigeants). L’Etat français peut probablement les soutenir.

Ces  normes doivent être accompagnées d’un dispositif de certification ou d’agrément et d’audit. Il faut donc des cabinets spécialisés qui vérifient que les industriels respectent bien les normes ci-dessus. L’Etat peut les soutenir (pour ma part, j’aime bien que ces contrôles soient de la responsabilité de l’Etat mais je ne tiens pas à me faire tomber dessus par des libéraux).

Enfin, il n’est pas concevable de concevoir des trucs purement Français. Les processus (normes et certifications) doivent être établis, au minimum, à l’échelle Européenne. Paf ! Intervention de l’Etat. Dans ce cadre international, il faut aussi penser autres pays, notamment les USA avec qui on a commencé un accord de libre échange. Cette fois, c’est bien l’Etat, notamment en tant que co-décideur pour l’avenir, qui a son rôle à jouer.

Et n’oubliez pas que si vous faites héberger vos données aux Etats-Unis, vous êtes soumis au Patriot Act qui autorise les services de sécurité de ce pays à lire vos données…

Concluons !

Le cloud est probablement l’avenir et le gouvernement a bien raison de lancer ce projet ! Par contre, il n’est pas évident que le cloud crée beaucoup d’emplois en France d’autant qu’il me semble qu’il vaudrait mieux que les serveurs soient hébergés dans des pays très froids…

Je pense que le pognon à gagner – pardon ! Les emplois à créer – est plus dans les services utilisant le cloud, principalement les services aux entreprises (on pense trop aux services grand public mais les marchés ont déjà été pris).

Et c’est le SaaS.

On y passe !

Montebourg au dessus des nuages

Des confrères blogueurs sont allés à la présentation de La nouvelle France industrielle par François Hollande et Arnaud Montebourg. Vous pourrez lire un compte rendu chez Melclalex, par exemple. J’en parlerai plus longuement dès que je trouve du temps. Un passage ma frappé dans ce billet. « Personnellement j'ai été bluffé par l'avion électrique présenté par EADS qui devrait voir le jour en 2030 pour remplacer les avions actuels et répondre aux nouvelles normes environnementales prévues pour 2050. Mais d'ici là EADS aura créé un avion de tourisme totalement électrique qui devrait être présenté cette année. »

C’est en effet assez surprenant que ces machins puissent embarquer des batteries assez puissantes pour pouvoir décoller (je suppose qu’en rythme de croisière, des capteurs solaires pourront suffire). Mais faire décoller des gros machins ! Surtout qu’avec le poids des batteries…

Nous allons donc avoir un mode de transport aérien qui n’utilise pas de pétrole et qui ne dégage pas de gaz à effet de serre. C’est magnifique. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : il faudra bien produire de l’énergie et je suppose que le stockage pourrait provoquer des dégâts sur l’environnement.

Il n’empêche que…

Lors des débats à propos de l’Aéroport de Notre-Dame-des-Landes, les opposants avaient un certain nombre d’arguments, dont un, utilisé par ceux qui voulaient tuer le débat : il est idiot d’investir dans les équipements aériens alors que d’ici 30 ou 40 ans, on n’aura plus de pétrole pour faire décoller les avions. L’argument me faisait rigoler : pourquoi les industriels continuaient-ils à investir si l’industrie était morte ?

Par delà ce débat, cette information (des industriels pensent qu’un avion électrique est possible) devrait réjouir les écologistes : on a une sorte de preuve que l’on survivra à l’après pétrole. Mieux ! Il devient assez évident qu’il est préférable d’investir dans ce sens que de compter sur le gaz de schistes.

Vive le progrès !

12 juillet 2013

Vive le gaz de schiste ?

Cette polémique à propos du gaz de Schiste commence à me les brouter sérieusement comme à peu près tous les sujets liés à l’environnement. Elle a à nouveau éclaté suite à des propos d’Arnaud Montebourg – les mêmes qu’il tient depuis longtemps – et des imbéciles élus qui se disent dans la majorité ont immédiatement exigé sa démission : qu’ils se taisent.

Pour ma part, je ne suis pas scientifique mais blogueur politique dubitatif. Pour l’instant, on suppute que l’extraction du gaz de mes deux par fracturation hydraulique est réellement très mauvaise pour l’environnement. Je suis un blogueur politique dubitatif mais de gouvernement : il a interdit l’extraction par fracturation hydraulique et c’est très bien.

Je ne suis pas scientifique et je n’ai pas que ça à foutre : je lis les arguments des anti et des pro. Je ne sais pas qui croire et, franchement, je n’ai envie de croire personne. Je ne suis pas spécialement pour le principe de précaution, un machin qui a été inventé par la droite pour se donner bonne figure. Il n’empêche qu’il n’y a pas le feu au lac et, avec le pragmatisme qui me catégorise, j’aurais tendance à dire : faut voir. Continuons les études avant de commencer la poursuite de l’inexorable destruction de la planète…

Le gaz de schiste, c’est caca.

C’est un machin, quand on l’utilise pour cuire des nouilles, faire avancer une voiture ou mettre de la pression pour pouvoir tirer des bières,… Ca produit du CO2 et un tas d’immondice qui ne servent à rien à part sauf à participer à la photosynthèse pour produire de l’orge, sympathique ingrédient de base de la bière que l’on vient de tirer.

Du coup, on rejette un paquet de CO2 dans l’air. Il s’entasse bêtement en hauteur. Ca fait « effet de serre ». Ca génère le réchauffement climatique qui donne si soif. D’ailleurs, je soupçonne le lobby des producteurs de bière de s’être associé avec celui des extracteurs de gaz… Tout cela a un côté « cercle vicieux ».

Un peu de sérieux.

L’utilisation du gaz de schiste est mauvaise comme l’utilisation de toutes les énergies fossiles et en plus ce n’est même pas une énergie renouvelable. Il faut que l’essentiel des dépenses de recherche soient orientées vers des machins renouvelables et non polluant.

Le gaz de schiste, c’est caca mais…

Quand tous les autres pays autour de nous auront commencé à extraire du gaz de schiste et poursuivront la pollution de l’air avec une nouvelle saloperie, ça nous fera une belle jambe de ne pas participer à la destruction de la planète. A peu près tous les pays du monde rejettent un maximum de saloperie dans l’air ricanant doucement de tout ce qui est mis en place pour leur faire payer leurs saloperies.

Et quand la droite reviendra au pouvoir, en 2017, 2022, 2027 ou 2032, elle autorisera l’extraction en question, on aura l’air malin d’avoir sauvé le monde cinq ans (ou plus)…

Tiens ! Aparté. Ils m’ont encore gonflé avec leur fiscalité écologique. Je suis contre, nananère. De toute manière, c’est le consommateur final qui paye. En gros, la fiscalité écologique, c’est : OK, tu payes et tu as le droit de détruire la planète. A trop défendre la fiscalité machin, on finit par se transformer en gauchiste en peau de lapin. Voire en affreux libéral en organisant un marché du droit à polluer. Si un machin pollue, il faut le supprimer, quand c’est possible, pas le taxer. Amen.

Le gaz de schiste, c’est miam-miam.

Imaginez un peu qu’on trouve une solution pour extraire le gaz de schiste sans polluer, détruire les nappes phréatiques et tout ça, voire avec des avantages, peut-être une solution pour guérir la cirrhose du foie, … Le bonheur ! On n’aura plus besoin d’importer du pétrole à des méchants étrangers et le litre de carburant pour la bagnole reviendra à un euro.

Certes, comme c’est moins cher, on prendra plus la voiture et on fera moins d’effort pour économiser le chauffage. On polluera plus. C’est mal.

Imaginez qu’un habile parti politique dise aux électeurs : « bon ben l’environnement, ça commence à bien faire, on peut produire de l’essence – ou de l’équivalent – qui vous reviendra à un euro le litre tout en remettant en ordre la balance commercial en arrêtant de dépenser des sous à l’étranger et en faisant marcher une nouvelle industrie chez nous. Votez pour moi car en plus je rase gratis. » On aura l’air malin à dire : « hé ho, c’est mal, faisez pas les cons ».

Le gaz de schiste, c’est heu…

En lisant ce billet, vous vous direz : ah ! Ca y est, le gros est devenu fou. Non seulement, il utilise des gros mots mais en plus il vire réactionnaire, libéral et tout ça. Pas du tout. Le gros, il lit l’adversaire également bedonnant. Je ne crois pas spécialement son argumentaire mais je retourne le principe de précaution : avec ou sans nous, l’exploitation du gaz de schiste se fera parce qu’un jour les français vont élire des gens qui seront favorables à son exploitation.

On peut toujours siffloter discrètement en l’air pour faire mine de rien mais les électeurs finiront par se dire qu’on ne remplacera pas le pétrole et le nucléaire avec des éoliennes parce que des politiciens que nous pourrons toujours qualifier de poujadistes, ce qui ne changera rien, vont le leur dire.

Le gaz de schiste vu par François Hollande.

C’était le 14 septembre 2012 à la Conférence environnementale. Le texte du discours est sur le site de l’Elysée. Oui, je redeviens parfaitement sérieux. « Mais soyons clairs, dans l'état actuel de nos connaissances, personne, je dis bien personne, ne peut affirmer que l'exploitation des gaz et huile de schiste par fracturation hydraulique, seule technique aujourd'hui connue, est exempte de risques lourds pour la santé et pour l'environnement. »

Il l’a rappelé lors de sa conférence de presse du 13 novembre. Cette technique d’extraction restera interdite. « En revanche sur les autres techniques, je laisse les entreprises, les chercheurs travailler et je prendrai mes responsabilités le moment venu si une technique apparaît,  aujourd'hui, il n'y a aucune autre technique que celle qui est condamnée c'est çà dire la fracturation hydraulique. »

Le gaz de schiste, vu par moi.

L’exploitation du gaz de schiste se fera. Je l’ai déjà dit mais la gauche ne sera pas éternellement au pouvoir. Il est donc de notre responsabilité de faire en sorte qu’elle se fasse bien, donc avec une méthode d’extraction pas trop destructrice.

Toujours est-il que l’espèce de polémique qu’ont déclenchée les propos de Montebourg me navre. Que Jean-Vincent Placé dise des conneries, ce n’est pas très grave, on est habitué et c’est lui qui se décrédibilise. Mais j’invite tous les autres guignols à maitriser leurs propos. C’est quand même simple : le gouvernement travaille à la transition énergétique et refuse la fracturation hydraulique pour l’extraction du gaz de schiste. Montebourg n’a rien dit de contraire à tout cela.

Ce qu’on retiendra de cette semaine ? Un faux couac gouvernemental avec un recadrage bidon d’un ministre et le merdier à l’UMP.

Pourtant, Romain nous rappelle qu’il y a eu aussi : la loi sur le cumul des mandats, les mesures pour l’égalité entre les hommes et les femmes, le plan d’investissement de 12 milliards (je n’en ai même pas fait un billet, tiens !, tellement tout le reste m’énerve, les mesures de simplification administrative, l’accord sur la PAC, l’avant-projet de loi sur le commerce et il en oublie, l’andouille !

Arrêtez de déconner !  

Et arrêtez de communiquer à propos de l'environnement : c'est totalement contreproductif électoralement. Foutez-vous ça dans le crane. Les gens sont inquiets pour l'avenir et vous leur expliquez que les autres pays vont avoir une source d'énergie pas chère qu'on interdit chez nous ! Inconscients...

(illustration)

03 mai 2013

Expliquons aux journalistes libéraux et geeks ce qu'est la politique

L’affaire Dailymotion m’amuse parce qu’elle génère beaucoup de discussions ou d’interrogations voire de colère, chez Homer. Je ne l’ai pas évoquée dans ce blog parce que mon avis est partagé : je l’ai exprimé sur l’annexe. Néanmoins, pour répondre à Homer, j’ai fait une recherche dans Google News et suis tombé sur cet article du Journal du Net : « DailyMotion : Montebourg se prend pour Colbert mais a surtout explosé le seuil de Peter » ! Vous connaissez le principe de Peter ? « Tout employé tend à s'élever à son niveau d'incompétence maximal ».

L’occasion de donner des baffes à un pseudo-journaliste libéral qui en mérite beaucoup.

Que dit le JDN ? « Arnaud Montebourg -qui n'a aucune compétence pour décider de la stratégie de la start-up- compromet l'avenir de DailyMotion. Après les 75% et les Pigeons, on plombe un peu plus l'image de l'écosystème numérique français à l'échelle planétaire. »

Arnaud Montebourg n’a aucune compétence pour l’avenir d’une startup, certes. Mais il a en charge la politique industrielle de la France et le journaliste n’a aucune compétence dans ce domaine, visiblement.

Je vais lui répondre brièvement avant de rentrer dans le détail : je me fous de DailyMotion qui emploie quelques centaines de personnes dont une partie aux US. Les emplois créés peuvent être détruits. Les mecs auront à leur CV : « a travaillé chez DailyMotion » et trouveront un job dans les dix minutes. Il n’empêche si DailyMotion n’est plus une société française, nous en aurions encore moins à cirer et Arnaud Montebourg n’aurait plus son mot à dire.

La question posée est : DailyMotion doit-elle rester une entreprise Française ? La question n’est pas quel est l’avenir de DailyMotion. Notre monde est malheureusement libéral et on se fout de l’avenir des entreprises…

Il se trouve que l’Etat est l’actionnaire majoritaire de France Télécom et que l’Etat actionnaire a décidé que DailyMotion devait rester dans le giron du groupe Orange. Un libéral pourra s’indigner de voir un Etat être actionnaire d’une société concurrentielle (mais avec des missions de service public) mais devra admettre que les actionnaires ont aussi leur mot à dire.

On lit un peu de tout ! On parle de protectionnisme ou de chose comme ça. Le protectionnisme est « bloquer les frontières à l’importation », pas à l’exportation des capitaux. Le signal est simple : les sociétés qui se montent en France ne sont pas destinées à rapporter du pognon à des actionnaires étrangers, surtout quand leur développement a été rendu possible par les capitaux d’une entreprise dont l’Etat est actionnaire majoritaire.

Ils devront trouver un autre modèle de développement.

Que dit le JDN ?

« Les Français se débrouilleront seuls. Ils n’ont besoin de personne pour créer une entreprise de taille mondiale dans l’internet. » Certes ! Mais je ne vois pas l’intérêt pour les Français de développer une entreprise américaine de taille mondiale dans l’internet. Le journaliste aurait-il atteint le principe de Peter pour son propre boulot. C’est facile de traiter un ministre d’incompétent..

« Aucune société internet française n’a atteint la taille mondiale, à l’exception de Critéo, qui y est parvenu … en allant s’installer aux Etats-Unis. » La question est toujours la même : quel est l’intérêt d’avoir des sociétés Françaises si elles s’installent à l’étranger, à part éventuellement, pour les actionnaires de cette société.

« On peut gloser à l’infini au café du e-commerce sur la bonne stratégie pour DailyMotion, sur l’avenir de Yahoo, et sur l’intérêt stratégique de leur rapprochement. Mais je ne vois toujours pas en quoi Arnaud Montebourg et les hauts fonctionnaires qui l’entourent sont plus qualifiés que les impétrants concernés pour le savoir. » Tiens ! Mon bichon (engueuler un type crée de la proximité…). On se fout de la compétence, de DailyMotion s’il n’est plus français ou de Yahoo : il s’agit de la politique industrielle de la France et du rôle de l’Etat actionnaire. Votre libéralisme de pacotille pourra rester sur votre oreille pour être fumé plus tard.

« Arnaud Montebourg plaide pour le patriotisme économique. A première vue, c’est sympathique (c’est là que réside le bénéfice politique, chacun étant enclin -moi le premier- à entonner la Marseillaise à la première occasion. Que voulez-vous, depuis toujours, la politique marche à l’émotion plutôt qu’à la raison). » Et le journalisme, il marche à la raison ?

« Malheureusement, il se trompe de siècle. Cette notion n’a plus beaucoup de sens dans l’économie mondialisée ou le moindre stylo est le résultat de matières premières et d’assemblage d’objets réalisés aux quatre coins du monde. Quelle est la nationalité de Renault aujourd’hui ? Quand on voit la constitution de son capital, les marques du groupe, la tête des dirigeants et l’implantation de ses usines, un non averti aurait du mal à le dire… » Oui, mon bichon, mais quand on voit l’Etat de Renault (qui est l’actionnaire principal ?) et de l’industrie français, on peut aussi se poser des questions sur l’économie mondialisée…

« DailyMotion restera une société française. So what ? Nous serons le roi du cimetière des start-ups qui ont loupé le coche de l’internationalisation, mais ce seront nos start-ups et notre cimetière ! Na ! C’est le degré 0 de la stratégie économique, mais Arnaud Montebourg est cohérent. » Le degré 0 de l’analyse est de considérer qu’on a quelque chose à foutre de DailyMotion s’il n’est plus Français alors que cette société a été développée en partie avec des capitaux publics ?

Ils sont mignons, les libéraux ! Au départ, ils veulent du pognon public pour développer leurs sociétés. Ils viennent chez nous parce qu’on est bien gentils, puis ils veulent récupérer leurs billes en se vendant à l’étranger ?

« Il avait prévenu. Son programme c’est la « démondialisation ». Il a donc « démondialisé DailyMotion. Vive le Minitel ! » » Il insiste, le gars ! Alors moi aussi… Personne n’a démondialisé DailyMotion, on a empêché une boite américaine sans le moindre intérêt de mettre le grappin sur un de nos fleurons dont on aurait que faire s’il n’était plus Français.

« DailyMotion a manqué une opportunité, qui ne se représentera peut être pas, de devenir un acteur mondial de la vidéo internet, un secteur en pleine expansion mais très couteux en capitaux et d’ores et déjà dominé par un autre acteur, YouTube qui bénéficie lui du soutien de son acquéreur, Google. C’eut été un brillant succès d’origine française que de lui opposer un DailyMotion soutenu par Yahoo. Une réussite pour tout l’écosystème numérique français. Un formidable encouragement pour les jeunes entrepreneurs français et les investisseurs du monde entier de faire confiance aux start-ups françaises. »

On en revient toujours au même débat qu’à l’époque des pigeons : aucun entrepreneur ne monte une boite en pensant la revendre à l’étranger.

« Mais non. Un certain Arnaud Montebourg, éphémère Ministre du Redressement productif, a préféré faire un coup politique de communication en donnant un coup de menton. Se donner -croit-il- le beau rôle du défenseur des intérêts français. » Ben oui, c’est pour ça qu’il est au poste, presque par la volonté du peuple même si la popularité de Pépère n’est pas au top.

« La brutalité de son intervention aura des conséquences néfastes qui n’interviendront que plus tard, du fait du découragement de certains investisseurs et acquéreurs potentiels étrangers qui écarteront la France d’emblée, ou de l'échec éventuel de DailyMotion, si Orange ne parvient pas à remplacer Yahoo et à l'internationaliser. » Je me fous des acquéreurs étrangers. Quant aux investisseurs, je rappelle à l’aimable journaliste qu’ils ne sont pas tarés : DailyMotion appartenait (appartient ?) à 100% à une entreprise française dont l’Etat est l’actionnaire principal et qu’il peut donc faire à peu près ce qu’il veut…

« Ce sera sans doute au contribuable français de régler l’addition. Arnaud Montebourg le forcera à investir l’argent que Yahoo n’a pas pu mettre pour assurer son développement. » Dans la mesure où c’est une société qui appartient majoritaire à l’Etat, le contribuable français a déjà payé la note.

« Je fais le pari qu’Orange finira par trouver un autre acquéreur investisseur qui remplacera Yahoo, sans doute dans de moins bonnes conditions du fait de ce pataquès qui décrédibilise Orange. » Si tu n’es pas inquiet, pourquoi viens-tu nous faire une pendule ? Décrédibiliser Orange ? Ah ! Ce n’est plus l’Etat français ? Je ne comprends plus rien.

« Mais cette fois ci Arnaud Montebourg ne dira rien car il a déjà engrangé son petit bénéfice politique sur le dos de DailyMotion. » Quel bénéfice politique ? Tout le monde se fout de DailyMotion ! Montebourg a fait son job, point barre.

« Après les 75%, les Pigeons, et les moultes rodomontades xénophobes et inefficaces d’Arnaud Montebourg (Florange, Goodyear, Petroplus…), ce Gouvernement continue un magnifique parcours pour ridiculiser la France à l’échelle planétaire. » Le JDN roule pour l’UMP, maintenant… On est bien. Mon bichon, la France est ridiculisée par dix ans de politique de droite qui a détruit une grande partie de son industrie.

Il est tout simplement temps que les politiques reprennent les choses en main. N’en déplaise à un journaliste miteux d’origine libéral et peut-être spécialiste dans les nouvelles technos qui se croit autorisé à insulter des dirigeants politiques.

11 janvier 2013

Moscobourg et Montevici

Pierre Moscovici est interviewé par le Figaro. Arnaud Montebourg est interviewé par les Echos. Comme vous ne lisez pas ces canards, je vais vous donner des extraits des passages les plus intéressants (pour moi… Pour vous, vous n’avez qu’à le lire…).

Mosco :

A propos de l’investissement qu’il faut relancer : « Le logement, la rénovation thermique, les infrastructures de transport et le déploiement du très haut débit ont été identifiés comme nos principales priorités. » Il faudrait le dire plus fort…

A propos des « 75% » : « les raisons de l'exil fiscal ne sont pas dues à un tel dispositif. La fiscalité ne fait pas tout: à l'époque du bouclier fiscal à 50 % de la droite, il y avait pourtant 700 départs par an. » Ben oui…

Juste après : « Et puis, pour retrouver l'attractivité française, nous devons aussi restaurer nos bases fiscales, en renégociant nos conventions internationales. Nous y travaillons. » C’était l’objet de mon billet à propos de Virgin, avant-hier. Encore une fois, le Gouvernement devrait insister plus sur cet aspect dans sa communication.

Plus loin : « Cela dit, il faut aussi que les Européens s'interrogent sur les moyens d'obtenir plus de croissance, comme le FMI et l'OCDE nous y invitent. » Oui…

Vous avez le droit de lire le reste…

Nono :

A propos de Virgin : « La distribution subit elle aussi un choc de rentabilité car la montée du e-commerce amène à un changement de modèle. » C’était aussi au centre de mon billet à propos de Virgin. Je crois que je vais finir par soutenir le Gouvernement… « Certaines entreprises ont su résister car elles proposent un service de terrain personnalisé, d'autres ont tardé ou n'ont pas su le faire, comme Virgin. » Ben oui.

« Nous préparons au ministère l'entrée de notre pays dans la révolution industrielle en cours en soutenant, finançant les innovations, les nouveaux produits, les nouveaux emplois, les nouvelles usines du 21e siècle. » « Les Américains relocalisent leurs activités, l'Asie investit des milliards dans les nouvelles technologies, l'Europe et la France se réveillent. »

« La France est d'ores et déjà la destination numéro un des implantations industrielles en Europe. » Intéressant.

« Nous créons un programme semblable de relocalisation que nous allons confier à une Agence. » Le problème de ce Gouvernement est qu’il communique souvent en tant que pompier de service (surtout Arnaud Montebourg) en oubliant de dire qu’il y a un travail de fond, derrière. Ce qui manquait dans le Gouvernement précédent…

« La question des 35 heures est derrière nous et n'intéresse pas les partenaires sociaux qui préfèrent se consacrer au marché du travail. Nous avons une durée effective du travail plus longue qu'en Allemagne ou qu'au Danemark dont les résultats sont pourtant meilleurs. » Pas inutile de le rappeler.

Vous avez le droit de lire le reste…

01 décembre 2012

Florange : à moitié vide ou à moitié plein ?

Quoi qu’on en dise, l’action du Gouvernement, la pression mise sur Mittal, a permis la sauvegarde de 650 emplois. Mon confrère Melclalex nous en dit plus et David résume. « L'accord entre l'Etat et le sidérurgiste Mittal a été trouvé hier soir. Chacune des parties aura l'honneur sauf. Mittal voit s'éloigner une nationalisation. L'intervention de l'Etat permet de sauvegarder l'emploi et le site industriel. » « La nationalisation prenait le pari d'un risque industriel pour le site de Florange. Il valait donc mieux trouver un accord satisfaisant pour la pérennité du site industriel et pour l'emploi. »

Mais il dit aussi : « La nationalisation comme arme ultime était sans doute un leurre. Et je ne comprends pas que le syndicat CFDT et son propre parole local Edouard Martin se sentent "trahis". L'emploi est sauvé. »

Je suis comme lui, je ne comprends pas. Deux confrères blogueurs semblent également critiquer cette action, Isabelle et Elmone.

Ce dernier titre : « le gouvernement fait marche arrière ». Heu… Pour parler crument, le Gouvernement avait menacé Mittal de nationaliser s’il ne bougeait pas ses fesses. Mittal les a bougées.

« Car enfin quel est le message envoyé aux prédateurs financiers comme Mr MITTAL ? C'est le suivant : continuez à faire des OPA hostiles en France, continuez à licencier et à délocaliser. » C’est invraisemblable ! Les emplois n’ont pas été supprimés.

« Dans le pire des cas, vous n'aurez qu'une menace de nationalisation. Menace qui sera vite retirée en cas de promesse de votre part de ne pas faire de plan social (durant combien de mois d'ailleurs ?) » « Vous aviez dit capitalisme moral M. Hollande ? » Pourquoi faire des procès d’intention ?

Quant à elle, Isabelle titre : « Montebourg, le dernier des socialistes ? » Elle semble penser que « Matignon » a trahi Montebourg qui aurait fait des efforts pour rien. C’est complètement délirant : les efforts de Montebourg ont payé, Mittal ne fermera pas son bordel et ne licenciera pas les 650 personnes grâce à son action. Certes, ce n'est pas la solution préconisée par Arnaud Montebourg qui a été privilégiée mais est-ce le rôle de l'état de faire tourner des usines en attendant un repreneur potentiel ?

« La France a besoin de créativité, plus que jamais, au niveau politique : Arnaud Montebourg a voulu le changement en appliquant de nouvelles méthodes, en inversant le rapport de forces entre ces requins de nos économies et l'Etat mais tout ceci était sans compter un gouvernement vieillot, qui n'a de cesse d'appliquer de vieilles méthodes, des méthodes qui nous ont conduit là où nous en sommes... » A mon avis, les vieilles méthodes résident dans la nationalisation (qu’est-ce qu’on aurait fait de l’acier produit ?), pas dans le fait de faire plier un industriel. C’est probablement une des premières fois que ça arrive !

« Je me souviens de Montebourg pendant les primaires, cette fougue que semble moquer le gouvernement actuel était synonyme de renouveau, et d'espoir, de vrais changements, quelle déception pour nous, et sans doute pour Montebourg également... Laisser Montebourg l'emporter sur ce dossier eut été donné l'impression que la gauche gouverne en France, un signal qui eut été dangereux pour notre économie, n'est-ce pas ? » Mais Montebourg, comme tout le Gouvernement et tous les Français, ont gagné ! Montebourg l’a emporté : les emplois sont sauvés. Ce n’est peut-être pas la solution préférée de Montebourg qui l’a emporté, mais le résultat de son action est bien là.

Le Gouvernement n’est pas un lapin de six semaines. Il « suivra avec "vigilance" le respect des engagements a déclaré à l'AFP le ministre de l'économie, Pierre Moscovici, en déplacement à Abidjan, saluant un "accord solide" et "global". »

Où les ronchons vont-ils chercher l’inspiration ? « L'UMP, par la voix de Jean-François Copé, a affirmé vendredi soir que "les multiples revirements du gouvernement" sur Florange sont "très inquiétants et donnent le sentiment d'une forme d'improvisation au sommet de l'Etat". "La situation de Florange, qui n'est pas réglée ce soir, rappelle avec gravité à François Hollande que notre industrie a besoin de réformes de structures", affirme Jean-François Copé dans un communiqué après les déclarations du premier ministre sur Florange. »

Ah ben voila ? ;-)

Jean-François Copé ferait mieux de rappeler les promesses de Nicolas Sarkozy non tenues.