En salle

Affichage des articles dont le libellé est Martine Aubry. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Martine Aubry. Afficher tous les articles

19 septembre 2014

La véritable histoire des stratèges du Parti Socialiste

Fin 2001, François Hollande était premier secrétaire du Parti Socialiste. L’élection présidentielle approchait. Le PS avait un bon résultat à l’issue de la législature avec une vraie diminution du chômage et une belle croissance, liées à de bonnes mesures de gauche, comme la réduction du temps de travail mais aussi la prime pour l’emploi, les emplois-jeunes, la baisse de la TVA, , mais aussi à une bonne conjoncture économique qui s’était néanmoins émoussée, sur la fin, avec l’éclatement de la bulle informatique.

Mais c’est la baisse du temps de travail dont il était le plus content même si elle avait été mal gérée par Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn, car il est évident que le progrès technologique permet de moins travailler et que la mondialisation galopante allait faire que les emplois industriels seraient pour beaucoup délocalisés dans des pays en développement. D’ailleurs, cette mondialisation et la création prochaine de l’Euro allaient avoir des impacts importants sur l’économie et le gouvernement Jospin avait pris des premières mesures radicales pour l’accompagner. Par exemple, il fallait privatiser France Télécom parce que nous connaissons aujourd’hui, la concurrence, le dégroupage,… étaient inéluctables. Ces mesures faisaient grincer, à gauche, évidemment, mais François étaient sûr de lui. D’ailleurs, 13 ans plus tard, on le constate : tout le monde à un mobile voire un smartphone et un accès à internet. Les mesures étaient bonnes.

Mais contestées. Entant que chef du premier parti de la majorité et éminent député, celui qui se ferait appeler volontairement Flamby, aidé par son ami Arnaud Montebourg, pour entretenir une image de bonhommie, les avait fidèlement accompagnées.

Fin 2001, il regardait la présidentielle arriver, quelques mois plus tard. Lionel Jospin était sûr de gagner. Il avait de bons résultats et Jacques Chirac une très mauvaise image. Il savait par ailleurs que, quel que soit le gouvernement, il aurait à continuer à gérer cette mondialisation et qu’il faudrait prendre des mesures très douloureuses. Il fallait que cela soit la droite qui les prenne sinon la gauche serait grillée pour des dizaines d’années et sa propre carrière serait compromise. Car il ne pensait qu’à cela : sa propre carrière et les dix ans qu’il allait passer à l’Elysée, en réformant la France et en laissant un nom dans l’histoire du pays et de l’Europe.

Encore une fois, l’avenir lui a donné raison : la gauche allemande, menée par Gerhard Schroder, a pris ses mesures et est évincée du pouvoir. Pire ! La droite ayant pris le relai, la situation économique du pays s’est bien améliorée mais, en l’absence de la gauche au pouvoir, personne n’a pu mener la politique sociale nécessaire à l’accompagnement des braves gens qui allaient subir les dommages causés par ses réformes.

En laissant Lionel Jospin gagner, il foutait en l’air sa carrière mais aussi tout le progrès social dans le pays. D’ailleurs, c’est Lionel Jospin lui-même qui le lui a dit. C’était un grand homme d’Etat et ne voulait pas laisser le peuple dans la merde. Et supputait déjà que l’image de Gerhard Schroder qui se préparait à faire ces réformes ne serait pas au top !

François Hollande et Lionel Jospin décidèrent alors de perdre la présidentielle. Ils allaient faire une mauvaise campagne, accumuler les bourdes. Mais François Hollande était déjà un fin tacticien électoral. Il savait que Jacques Chirac ne trouverait jamais 20% des électeurs pour passer le premier tour. Même en foirant la campagne, Lionel Jospin était sûr de gagner. Ils décidèrent alors de rencontrer Christiane Taubira et Jean-Pierre Chevènement. Le premier secrétaire du Parti Socialiste les invita a déjeuner au Récamier et leur dit la vérité : voila, nous ne sommes pas sur la même ligne politique mais si on gagne l’élection, la gauche est foutue pour l’avenir quelles que soient les mesures qu’elle pouvait prendre. Il poussa la réflexion dans tous les sens, exposa toutes les réformes possibles, celles qu’allaient faire l’Allemagne et celles qu’envisageaient la gauche de la gauche. Un seul constat : la gauche serait définitivement out et le peuple allait souffrir. Avant même que François le leur suggère, Christiane et Jean-Pierre comprirent. La seule solution pour ne pas gagner l’élection présidentielle était de perdre dès le premier et perdre le premier nécessitait d’avoir moins de voix que le candidat d’extrême droite. Il fallait laisser se disperser les voix de gauche. Christiane et Jean-Pierre seraient donc candidat et on allait laisser croire aux électeurs qu’on s’en foutait, on était sûr de gagner. Moi-même, je ne suis pas allé voter… Ca ne faisait pas un pli dans mon esprit : il y avait un seul candidat de gauche susceptible un bon score au premier tour et il y aurait forcément un candidat de gauche à ce deuxième tour…

La présidentielle de 2002 fut perdue avec brio. La seule anecdote notable de la campagne fût quand ils apprirent que Bruno Mégret serait candidat, en plus de Jean-Marie Le Pen ! Ce dernier, pas fou, savait que s’il était au second tour face à Jacques Chirac, il perdrait nécessairement, ce qui est logique. Un candidat frontiste ne pouvait gagner à un second tour que s’il était opposé à un candidat de gauche. Pire ! S’il passait le premier tour pour perdre un second, les Français comprendraient que le premier tour est important. Jean-Marie Le Pen avait compris la stratégie de Lionel Jospin et décidé d’appliquer la même : disperser son stock d’électeurs. Après sa « victoire », d’ailleurs, il comprit qu’il était grillé définitivement. Il fallait passer le relai à sa fille mais 2007 était trop tôt, il fallait attendre 2012 pour qu’elle soit candidate et prenne de l’expérience. Mais c’est une autre histoire.

François Hollande, soutenu par Lionel Jospin malgré une légère comédie de ce dernier, resta premier secrétaire  du parti et s’occupa de reconquérir les collectivités territoriales avec le succès que l’on connaît. C’était important pour lui, il fallait qu’il représente la gauche qui gagne. Il était resté sur un mauvais résultat, avec la présidentielle de 2002 mais aussi sur un résultat mitigé, aux européennes de 1999. Seules les élections locales lui réussissaient, comme les municipales de 2001 qui vit une victoire inespérée dans certaines villes. La liste qu’il menait était arrivée en tête, certes, mais sur fond de forte division de la droite. Alors, le Parti Socialiste gagna les cantonales et régionales de 2004. Le Parti Socialiste fit un très bon résultat aux européennes, cette année-là. Les élections locales de 2008 se sont correctement déroulées, également. Mais ne brulons pas les étapes.

Restons en 2004. Il y avait le referendum de 2005 à préparer, au sujet du traité européen. Il se foutait royalement de ce traité qu’il ne jugeait ni bon ni mauvais, à part sur la forme. C’est le traité de 1992 qui était mauvais puisqu’il n’incluait qu’un volet économique libéral et rien pour le peuple. D’ailleurs, seuls les Etat compteraient pour la gestion de l’Europe pendant des décennies : la démocratie européenne resterait balbutiante, ce qui, au fond, n’était pas un problème : les peuples n’étaient pas prêts et, au fond, c’est bien à eux que revient la décision ! Néanmoins, il savait que la question européenne diviserait profondément le Parti Socialiste et, surtout, ses militants, la plupart des cadres étant convaincus, comme François Hollande, qu’un parti antieuropéen ne pouvait pas prendre le pouvoir en France. Il eut alors l’idée d’organiser un vote interne : il savait que s’il soutenait le « oui », il serait largement en tête, ce qui est arrivé (59%). Il serait confirmé comme patron du parti malgré les lourds clivages internes.

Il lui fallait organiser le « non » pour ne pas prendre le risque de voir des électrons libres prendre de l’importance. Il a donc invité des amis à lui à prendre la tête des opposants au traités : Arnaud Montebourg (encore lui…), Manuel Valls (et oui !), Jean-Luc Mélenchon (tiens, le voilà) et Laurent Fabius (il fallait un homme de poids). Ils furent rejoints par Henri Emmanuelli mais c’est le hasard...

Vous connaissez la suite pour ce qui concerne ce vote. Hollande a pris la tête du oui de gauche. Sa réputation est clairement faite.

Cela nous pousse à 2006 ou, du moins, à la préparation de la présidentielle de 2007. Le constat était clair : la droite n’avait rien fait ou presque, écorchant les 35 heures, et, surtout, les gérant mal en ne poursuivant pas les travaux – mal – prévus par les lois de Martine Aubry notamment dans le secteur hospitalier. Pour le reste : rien. Tout le travail – de décorticage du droit du travail, il faut bien appeler les choses par leur nom – était à faire. On était dans la même situation qu’en 2002, mais avec une évolution évidente de la société, poussée par les nouvelles technologies et la poursuite de la mondialisation.

Il ne fallait pas que la gauche gagne 2007 sinon, elle serait foutue.

C’est le constat qu’a fait François Hollande devant sa compagne à l’issue d’une sieste crapuleuse (les livres d’histoires sont imprécis à ce sujet mais, au fond, cela ne nous regarde pas). Avec elle, Ségolène Royal, donc !, ils formaient un couple très moderne. Ils ne se sont jamais mariés mais on eut quatre enfants. Ils s’entendaient à merveille sur à peu près tout ! D’ailleurs, ils rigolaient beaucoup d’une jeune maitresse qu’il avait depuis peu, une journaliste à Paris Match…

François Hollande : voila, comment être sûr de perdre cette élection ?
Ségolène Royal : on n’a qu’à présenter une femme, dans ce pays de machos, elle n’aurait aucune chance d’être élue !
FH : oui, tiens ! Excellent ! T’as qu’à y aller...
SR : hé ho, tu crois que j’ai ça à foutre ?
FH : tu ne veux pas que je demande à Valérie, non plus ? Et tu verrais qui ? Martine… Tellement entêtée qu’elle serait capable de se faire élire. Toi tu as une bonne cote. On va organiser tout ça, tu vas voir. On va te créer des comités de soutiens, des réseaux sociaux et tout ça… De toute manière, Fabius et DSK n’ont aucune chance de passer la primaire, Fabius parce qu’il n’en veut pas, il me l’a dit quand on a préparé le vote pour le referendum, et Dominique parce qu’il est encore en plein dans les affaires.
SR : c’est OK ! Mais si je suis élue, on fait quoi ? Et tu passeras pour quoi, toi ? Et ta propre carrière ?
FH : on va faire en sorte que tu ne sois pas élue. Tu vas multiplier les gaffes et je ferai en sorte que le parti ne soit pas clairement derrière toi.
SR : oui, mais ça risque de te griller, tu risques de passer pour responsable de la défaite.
FH : Tu as raison. Trouvons autre chose !
SR : j’y suis ! Tu vas me larguer pour ta journaliste, la petite jeune, tu vas batifoler pendant la campagne, après la défaite, on se sépare et je continuerai à foutre la merde dans le parti, jusqu’au congrès de 2008 parce qu’il faudra bien que tu quittes la direction du parti… T’imagines que Martine gagne le congrès brillamment ? Tu es foutu pour 2012.
FH : OK, mais on tentera de se rabibocher, quand même après, hein ?
SR : ne t’inquiète pas, on verra à l’occasion. Tu auras peut-être encore besoin de Valérie et notre rivalité pourrait avoir des avantages…

Vous connaissez la suite, du moins pour 2006, 2007 et 2008. Notamment 2007 : l’élection était imperdable. Il a fallu la force de Ségolène Royal et de François Hollande pour réussir à la perdre.

Nous voilà fin 2008. 2012 était en ligne de mire mais François Hollande fit un constat : la gauche est malade, surtout la gauche de la gauche. Un candidat socialiste ne peut pas gagner sans une gauche de la gauche forte. Il faut sauver le parti communiste en les intégrant à une force politique modernisée. Pépère eut alors une idée : il appela son copain Jean-Luc Mélenchon. J’ai l’enregistrement de la conversation si vous voulez… Mais passons cet épisode.

En 2009, il y avait une échéance électorale importante : des européennes. François Hollande et Ségolène Royal, et donc leurs soutiens réciproques, ne pouvaient pas tolérer une victoire du Parti Socialiste qui aurait été mise au crédit de Martine Aubry. François Hollande invita alors à déjeuner Daniel Cohn Bendit, Eva Joly, Cécile Duflot et quelques autres. Il leur tint à peu près ce discours : le PS est divisé, les partisans de Ségo ne peuvent pas blairer Aubry, vous faites des listes ouvertes avec des têtes de liste comme Bové et vous avez un boulevard pour être à égalité avec le PS.

Et hop !

Après la réussite de ce nouvel échec du Parti Socialiste, François Hollande commença à préparer 2012, mais pour lui, cette fois ! Si un autre type était élu, à gauche, sa carrière serait terminée. En outre, il apparaissait évident que Nicolas Sarkozy conduisait une mauvaise politique et qu’il ne fallait pas laisser le pays aux mains de ces gens-là. Tant pis ! On a laissé la droite faire des conneries en espérant qu’elles prennent des bonnes mesures mais tout ce qu’elle a fait est de créer le statut d’auto-entrepreneur, signifiant encore plus la fin du salariat.

Dans dix ou vingt ans, il n’y aura plus de salariés ou, du moins, leur nombre aura diminué au profit de travailleurs indépendants de statuts divers, forcément précaires. Il faut préparer la société à cette évolution et, pour se faire, il faut renforcer notre modèle redistributif ce qui nécessite de sortir de la spirale infernale du chômage, de l’aide aux PME et à toutes formes d’entreprise, de statut, susceptibles de travailler auprès de grands groupes aux mains des puissances financières.

Tiens ! « Mon adversaire, c’est la finance » serait un bon truc, non ?

C’est ainsi que raisonnait François Hollande en se rasant.

Il lui restait évidemment une étape à franchir. Il est rapidement apparu, au vu des sondages, que la présidentielle ne serait qu’une formalité, d’autant qu’à l’été 2010, Nicolas Sarkozy a commencé à durcir ses propos, faisant fuir les centristes.

Il restait une formalité : la primaire. Il se mit en campagne : le tour de France pour présenter son projet, la relation avec Valérie Trierweiler, le régime,… Elle n’aurait vraiment été qu’une formalité. Face à Dominique Strauss-Kahn, lui, le social libéral, allait passer pour le gauchiste de service. A mourir de rire… DSK s’était grillé en allant au FMI et s’était grillé pour la présidentielle. Nicolas Sarkozy n’avait pas compris cela et était même persuadé du contraire : Dominique Strauss-Kahn était son pire concurrent. Il a donc organisé sa chute en passant par des intermédiaires Libyens (cette partie de mon récit est outrageusement romancée alors que le reste n’est qu’embelli).

Catastrophe ! Il serait opposé à Martine Aubry et elle pouvait très bien gagner, il lui fallut organiser le deuxième tour, dès le premier. Il a donc choisi lui-même ses copains pour être candidat au premier tour : Ségolène Royal, sa fidèle vaguement compagne, Jean-Michel Baylet, pour montrer l’ouverture, Manuel Valls et Arnaud Montebourg qui pourraient faire leur premières armes dans des ministères le temps de penser à leur propre carrière alors qu’ils sont minoritaires au PS et pour montrer qu’il ratisse large au sein du parti. Il avait réussi son coup : les quatre candidats éliminés au premier tour se sont prononcé pour lui pour le second. Mais, dès le mois de juillet – deux mois après l’affaire DSK – il fallait bien se rendre compte que Martine Aubry ne voulait pas y aller. Comme elle n’avait pas compris la stratégie de pépère, elle organisa elle-même sa propre chute en promettant une augmentation de 30% du budget de la culture. Elle s’en foutait ! Elle aura alors été la femme qui a remis de l’ordre au sein du Parti Socialiste et qui lui a permis de garder le pouvoir.

La campagne pour 2012 pouvait démarrer. François Hollande serait enfin candidat à la présidence de la République, pour sauver la France et était absolument sûr de gagner. Néanmoins, les sondages lui donnaient une telle avance que cela compromettait sa stratégie pour la suite. En effet, si un candidat socialiste était élu avec 60% des voix, il serait obligé de mener une politique franchement de gauche ce qui était en désaccord complet avec ses idées : la quantité de travail allait diminuer tout comme la part de salariés réalisant ce travail. Il fallait relancer l’industrie française et supprimer quelques avantages liés au travail pour permettre de faire fonctionner l’économie et améliorer la redistribution pour ceux qui ne pourraient pas gagner de l’argent avec un travail salarié. Il fallait dépasser l’Allemagne, libéraliser le travail tout en protégeant les êtres humains…

Avec 60%, il était sûr de ne pas pouvoir le faire.

Il eut un coup de génie et a appelé Martine Aubry. De mémoire, il lui a dit : dis donc, Martine, comme tu as la réputation de ne pas pouvoir me blairer, tu ne pourrais pas me faire un coup dans le dos ? Après tout, je t’ai bien rendu service en gagnant la primaire.

Elle répondit (toujours de mémoire) : ah oui, tiens ! J’y pensais ce matin en me rasant. Je me disais que si j’avais gagné, j’aurais du faire un accord électoral foireux avec les écolos. Tu veux que je le fasse pour toi ?
Lui : mouarf ! Extra ! Prévoit des trucs rigolos comme la sortie du nucléaire pour bien faire peur aux Français et tout ça.

Lui-même ajouta deux ou trois conneries dans sa campagne, comme le droit de vote des étrangers aux élections locales. Ca allait souder les gauchistes et donner à la droite l’occasion de s’exciter et ça allait faire hurler François Bayrou.

Tiens ! Le Bayrou ! Dès le début, François Hollande l’a appelé : dis donc, cher homonyme, tu te rends compte que tu feras un petit score. L’autre lui répondit : ben, oui, ça commence à me gaver, tout ça, mais je n’ai pas le choix… mais ça sera la dernière fois sauf si Morin se présente en 2017.
Hollande : j’ai une idée, tu ne fais pas campagne contre moi, je te promets que je vais réellement m’attaquer au problème de la dette, tu me soutiens au second tour pour ce prétexte et, comme l’UMP présentera un candidat contre toi, je m’arrange pour que le PS te soutienne aux législatives.
Bayrou : OK pour le soutien d’entre deux tours, mais rends-moi service. J’en ai ma claque d’être député. Ca n’avance à rien et si le PS me soutient, je serais catalogué à gauche, je ne pourrai plus rien faire au centre. Tu vas t’arranger pour que je sois battu à cause du PS.
Hollande : OK.

Nous voila au 17 mai 2012, le lendemain de l’investiture. François Hollande avait été élu au ras des pâquerettes, comme il le voulait, alors que des sondages le donnaient à 60%, il avait été odieux avec Sarkozy lors de la cérémonie d’investiture.

Il avait réuni sa garde rapprochée dans un des salons de l’Elysée et leur tint se discours : il faut absolument que notre popularité baisse très rapidement pour que l’on puisse avoir les mains libres dès le début. Sur une idée de toi, Ségo, j’ai obtenu de Valérie qu’elle envoie un tweet de soutien à Falorni. Je comprends bien que tu n’aies pas envie de redevenir député et que ta situation serait impossible. Obligée de conquérir la présidence de l’Assemblée avec moi à l’Elysée… Ca aurait été complètement grotesque. Mais je tiens à te remercier. Après, on va nommer un gouvernement de branquignoles, je vais faire des conneries, comme convoquer les journalistes pour mon départ en vacances en TGV et des trucs comme ça. Tiens ! On va mettre Cahuzac ministre du budget, avec toutes les casseroles qu’il a au cul… J’ai appelé Plenel, tiens ! Je lui dois un service à propos d’un épisode pendant la campagne. Sinon, on va mettre Harlem à la tête du PS et quand il aura bien foutu la merde, on le nommera ministre.

Les autres étaient pliés de rire !

Fin 2013, début 2014, la popularité n’était pas encore inscrite durablement au-dessous des vingt pourcents et il y avait un risque pour qu’elle remonte, surtout que la droite était toujours en lambeaux… Le travail avait été pourtant bien fait avec le mariage pour tous qui a fait plaisir aux gauchistes en fâchant les réacs et d’autres mesures comme l’ANI qui avait eu le résultat inverse.

Il fallait frapper fort. La décision de faire un tournant social libéral et de mettre Valls premier ministre après les municipales mais toujours avec un gouvernement de branquignoles, à peu près les mêmes, d’ailleurs, était prise depuis longtemps mais il fallait frapper fort.

Valérie Trierweiler commençait à s’ennuyer à l’Elysée. Pas facile d’être première dame, pas possible de coucher à droite ou à gauche contrairement à son homme. Elle fit une proposition à François Hollande vu qu’elle avait un copain qui bossait pour Closer. La scène aurait tellement été ridicule qu’il fut convaincu dès le début que l’idée était bonne. Il prit soin, alors, de peaufiner le scénario : on va faire un peu de bordel pendant quelques temps, je vais te larguer ! Tiens ! Tu pourrais même sortir un bouquin sur notre histoire, vers la fin de l’été, ça te permettra de gagner un peu d’oseille, en plus, car je ne pourrais plus t’entretenir, avec tes fistons.

Il fallait tenir au plus bas jusqu’à ce que Nicolas Sarkozy annonce officiellement son retour. C’est chose faite. Je peux réécrire l’histoire. Compte tenu du positionnement politique de Hollande, il ne pourra que proposer une politique ultralibérale sur le plan économique et bien à droite pour le reste. L’élection de 2017 serait une formalité : François Hollande passera pour un rempart contre cela et pourra mettre en œuvre la politique qu’il a toujours voulu mener.


Comment tout ce bordel serait-il possible si cette histoire n’était pas rigoureusement exacte ?

08 août 2013

Mes personnalités politiques préférées

Pour le redémarrage de son blog, Guillaume dresse la liste des personnalités politiques qu'il préfère. Excellente idée de billet. Je la lui pique ! Je pourrais aussi lui piquer une partie de son introduction mais je vais le dire autrement.

Petit 1 : j’ai horreur de la logique des courants au sein du PS, logique complètement absconse pour toute personne qui n’adhère pas au parti (ni aux parties comme le calbute quand il fait très chaud dans le métro). Ce que l’on retient d’un congrès du PS, c’est soit les batailles internes, soit le nom du type qui a été élu Premier secrétaire, pas le texte des motions…

Petit 2 : je me fous des personnes en tant que telles sauf que je n’oublie pas que ce sont elles qui vont dans les médias et ont en charge de recueillir les suffrages, ce que la gauche, contrairement à la droite, a souvent tendance à oublier. D'ailleurs, je pense que les militants du PS votent pour des motions en fonction de ceux qui les porte et pas de leur contenu. Dans les blogs, je trouve toujours rigolo les analyses des motions par les blogueurs engagés derrière une personne. Ca frise le grotesque.

Trois précisions en préambule :
-         pour faire ma liste, je ne prends pas en compte la ligne politique ! Je vais même citer deux types de droite,
-         pour beaucoup des gens que je cite (tous sauf deux), il y a une histoire personnelle qui fait que je me suis intéressé à elles avant qu'elles ne soient au premier plan au niveau national. Ces anecdotes personnelles n'ayant pas d'intérêt, je ne les raconte pas nécessairement ici.
-         il n'y a pas de hiérarchie dans la liste ci-dessous, sauf pour le premier.

François Hollande

Il y a plein de raisons pour le mettre dans cette liste. Je ne vais en citer que deux.

La première : c'est lui qui a permis le retour de la gauche aux manettes, ce qui est d'autant plus méritoire que personne n'aurait parié sur lui 18 mois avant son élection, sauf peut être des andouilles comme moi (mais j'ai hésité avec Martine Aubry).

La deuxième : je l'ai toujours apprécié pour ce que les militants socialistes pouvaient lui reprocher, comme d'être l'homme du consensus mou... C'est indispensable en politique et c’est avec ça qu’il a gagné la présidentielle.

Ségolène Royal

Mes vieux lecteurs seront peut-être surpris de la trouver là. D'ailleurs, je l'ai presque détestée pendant longtemps (contrairement à son pacte présidentiel que j’ai préféré aux 60 engagements). Un jour, tout a changé. Probablement pendant la primaire. Peut-être avant. L’anecdote de la législative à La Rochelle a renforcé cette impression. Pour moi, elle a été victime d’une injustice, voire d’un manque de respect.

Allez savoir ! Les sentiments, ça ne se discute pas...

Toujours est-il que c'est, actuellement, avec Martine Aubry et, peut-être Julien Dray, la seule personnalité d'envergure au PS qui ne soit pas au gouvernement et qui a des propos qui sonnent juste quand elle cause dans le poste.

C'est elle qui devrait être à la riposte contre la droite. Et ça nous changerait d'une quiche à la tête du PS.

Martine Aubry

Tout en n'y croyant pas, j'ai longtemps rêvé qu'elle succède à Nicolas Sarkozy. A l'époque je disais dans mon blog qu'elle pourrait incarner "la République apaisée".

Je n'oublie pas non plus qu'elle était la première secrétaire du PS pendant le long processus qui a permis au parti de conquérir le pouvoir avec ses alliés. Même si le processus d’accession à la tête du parti n’a pas été très clean, on peut dire qu’elle a fait un bon boulot : elle a fait gagner la gauche, c'est ce qu'on lui demandait...

Marylise Lebranchu

Les raisons de sa présence dans cette liste sont essentiellement personnelles. J'en ai déjà parlé ici et elles viennent du fait que nos familles (et nous…) soient originaire du même patelin. On a un tas de connaissances communes…

Il en découle, par exemple, que c’est la personnalité du PS de référence, pour Loudéac, un peu comme si elle était marraine de la section, alors qu'elle n'habite plus là !

Dans le cadre de son activité au gouvernement, c’est probablement la ministre qui en chie le plus : avec sa double casquette, elle doit se fader les syndicats de fonctionnaires et les élus locaux… Rien que pour ça, elle mérite beaucoup de respect !

Christiane Taubira

Je l’ai détestée, aussi, lui mettant sur le dos la défaite de 2002 mais j’ai appris à la connaître depuis (un de mes copains a milité en même temps qu’elle en Guyane et m’en parle souvent ; d’ailleurs, un jour où il était saoul, je lui ai piqué son portable et j’ai pu récupérer « le 06 » de la ministre)(je l’ai perdu depuis). Elle me semble faire un très bon boulot au ministère mais je ne suis pas persuadé d’avoir moi-même les compétences pour juger de celles d’un ministre, surtout de la justice ! Pourtant, beaucoup ont des avis. Surtout dans les blogs de droite.

C’est une des seules personnalités politiques à pouvoir faire un long discours structuré, avec des références historiques et tout ça, sans consulter ses notes.

Depuis sa nomination, j’adore comme elle sert de punching ball à la droite, cette pauvre droite qui n’a rien à se mettre sous la dent à part taper sur « une femme noire qui incarne le laxisme de la justice avec la gauche au pouvoir ». Je dis cette pauvre droite car elle est en train de se prendre les pieds dans le tapis et donne l’occasion à la gauche de démontrer qu’elle n’a pas échoué uniquement dans les domaines économiques, la gestion de l’immigration, la sécurité… : il y a aussi la justice. On va bientôt pouvoir s’occuper de l’Education… Un type de droite objectif finirait presque par voter à gauche, d'autant que la politique du gouvernement n'est pas spécialement gauchiste...

Ainsi, j’aime bien comment Christiane Taubira répond à la droite.

Tout ça devrait être l’objet de mon billet d’après déjeuner.

Manuel Valls

Lors de l'université d'été du PS, pendant la primaire, je glandais en salle de presse en regardant une interview de Martine Aubry par je ne sais quel journaliste célèbre. Nous étions deux, debout, Valls et moi. Il devait passer après Titine et avait visiblement le trac. Faisant le double de son volume, j’avais envie de le réconforter, presque de lui taper sur l’épaule en lui disant : « c’est pas grave, va, mon gars, c’est une étape à passer dans ta carrière politique. » C’était d’autant plus grotesque qu’il est plus vieux que moi et savait ce qu’il faisait.

C’est important de reconnaître que les raisons qui font qu’on suit des personnages politiques sont grotesques. Beaucoup de militants devraient faire pareil, ça permet de reprendre de l’objectivité à l’heure de faire des choix (voir l’introduction de ce billet : on choisit des gens dans les partis pour faire gagner le parti, pas parce qu’on les aime bien ou qu’on apprécie ses idées, finalement peu différentes des autres mais qu'il ne mettra pas en application, au final, à cause de compromis ou de contraintes extérieures).

Depuis, j’observe son parcours…

Par ailleurs, comme pour François Hollande, je l’apprécie pour des raisons qui font que d’autres ne l’aiment pas. Je me rappelle par exemple de son discours à l’université d’été de la Rochelle, l’année suivante, alors qu’il était ministre. Les militants-socialistes-qui-tweetent-en-se-croyant-plus-intelligents-que-tout-le-monde se foutaient de sa gueule, de la fermeté de son discours. Ils ne se rendaient même pas compte qu’il était normal qu’un ministre de l’intérieur parle de la République, de sécurité,...

Un autre exemple : on évoque souvent les expulsions de Rom : c’est son job. Les recaser ailleurs ne lui revient pas. Il est là pour faire respecter l’ordre sur le territoire de la République. Si on a des reproches à faire à quelqu’un, c’est à François Hollande qui avait promis qu’on n’expulserait personne sans les recaser ailleurs. Autre exemple, j’ai vu des types de droite lui mettre sur le dos les émeutes à Trappes, c’est profondément ridicule et du pur ressort de la posture politique.

Julien Dray

Allez savoir pourquoi, quand il était à l’Assemblée, avant que je ne le connaisse personnellement, c’était déjà un des députés de référence. Depuis, il a rencontré les blogueurs, dont moi au moins trois fois, et a su me séduire d’autant plus facilement que c’était la première personnalité politique de ce niveau que je rencontrais. Tous les chefs socialos que j’ai rencontrés ensuite m’ont aussi parlé d’une anecdote avec Mitterrand. Dray était le premier. Pour les autres, je me foutais de leur gueule.

Néanmoins, j’ai deux raisons supplémentaires de l’apprécier.

La première : c’est le premier homme politique à s’intéresser réellement à un de mes loisirs préférés, le blogage, et à penser que les réseaux sociaux (c’était avant le boum de Twitter) avaient de l’avenir en politique.

La deuxième : encore plus qu’Alain Juppé, je le considère comme victime des affaires judiciaires dans le sens où elles ont eu un impact démesuré sur sa carrière.

Dominique Strauss-Kahn

C’est cette histoire d’affaire judiciaire qui m’y fait penser (à cause de la cassette, quand il était ministre, pas du Sofitel et du Carlton !). Il n’est plus une personnalité politique donc n’en parlons pas mais si j’avais fait ce billet entre 2003 et 2007, il aurait probablement été largement en tête pour la pédagogie qu’il mettait en œuvre. Les personnalités politiques disent souvent qu’il faut faire preuve de pédagogie pour faire passer des mesures ce qui est grotesque : quand une mesure est nulle, elle est nulle. Par contre, DSK avait un réel don, ce qui lui a donné cette impression de « compétence » (comme si, un simple quidam pouvait juger de la compétence d’un ministre, voir ce que je disais à propos de Christiane Taubira et de ses compétences comme Garde des sceaux).

François Baroin

En 1995, je partais pour un week-end faire la fête avec un copain. Je conduisais et c’est avec la radio qu’on a appris que François Baroin était nommé ministre. Vu qu’on a à peu près le même âge (Baroin a un an de plus), 30 ans à l’époque, on rigolait avec mon pote, on partait faire la fête comme des types de 18 ans alors que d’autres allaient être ministre. On ne savait pas encore qu’il allait être viré six mois plus tard… Depuis, je me suis toujours intéressé à ce qu’il a fait.

Avec Alain Juppé (et peut-être Dominique de Villepin mais il a disparu), il est un des représentants de cette droite que j’estime hautement respectable (même si je ne suis pas d’accord politiquement). Je ne comprends d’ailleurs pas qu’il soit redevenu un des ministres de Nicolas Sarkozy. C’est le seul (bizarrement, je considère que Juppé avait sa place dans ce gouvernement, en tant que vieux sage).

Alain Juppé

J’en parlais à l’instant… Je dirais en plus que j’aime bien ce côté vieux sage de la droite qu’il représente. Je dirais aussi, d’une part, que la plupart de mes collègues bordelais de gauche reconnaissent qu’il fait du bon boulot comme maire et, d’autre part, que, comme Julien Dray, il est victime de ses affaires judiciaires.

On va dire que dans les affaires du RPR, il a payé pour d’autres et ça lui a coûté sa carrière puisqu’il était successeur désigné de Jacques Chirac.

Je considère en plus que Nicolas Sarkozy lui a piqué le job ce qui me le rend encore plus sympathique. Il aurait été le dernier rempart contre cette droite insupportable.

Mais aussi

J’aurais pu faire une liste des personnalités politiques que je déteste, il m’aurait suffi de copier l’organigramme de l’UMP.

J’ai probablement oublié du monde et il y en a certains que je n’ai pas cités pour des raisons précises. Par exemple, Jean-Luc Laurent, le président du MRC, aurait eu toute sa place ici (parce que je le connais bien, beaucoup mieux que les autres, mais aussi parce que j’aime bien le travail parlementaire qu’il a fait au moment du Grand Paris non pas sur le fond mais comme il ne fait pas partie du groupe socialo, il mené tout seul l’opposition de gauche au projet ou presque !). Mais il n’est pas connu par l’opinion (de même que Marylise Lebranchu que je cite pourtant)…

Je n’ai évidemment cité personne du Front National puisque je ne peux pas les blairer mais Marine Le Pen mérite une mention spéciale dans un billet sur l'efficacité des personnalités politiques vu que son parti est au top.

Je n’ai cité personne chez les écolos. J’aurais pu citer Cécile Duflot que j’aime bien mais il aurait fallu que je cite tous les ministres que j’aime bien, Benoit Hamon, Michel Sapin, Jean-Yves Le Drian, Najat Vallaud-Belkacem, Stéphane Le Foll, Victorin Lurel, voire Arnaud Montebourg mais, au contraire de beaucoup d’autres, c’est une anecdote personnelle qui fait qu’il me gonfle, voire aussi Jean-Marc Ayrault, mais je trouve qu’il passe mal. A le faire, il aurait fallu que je prenne la liste des élus que j’aime bien comme Bruno Leroux et tant qu’à être objectif que je prenne les lascars de droite, y ajouter Alain Lambert (on est copains de Twitter). Et que j’aille voir plus loin : Anne Hidalgo et Jean-Luc Roméro, par exemple, à la mairie de Paris, de même évidemment que Bertrand Delanoë, Gérard Collomb. J’aurais fini par citer les copains blogueurs élus…

Je n’ai cité personne au Front de Gauche et c’est regrettable. Les militants et cadres devraient se poser des questions. J’espère que des gens comme Pierre Laurent pourront figurer dans cette liste dans quelques années. Jean-Pierre Brard aurait figuré dans cette liste quand il était à l’Assemblée, c’était mon député préféré.

Lecteur, si tu as un blog, à toi de jouer !

13 septembre 2012

Au revoir, Madame Aubry !

Martine Aubry a annoncé ce matin son départ de la tête du Parti Socialiste dès la fin de la semaine et non à l’occasion du congrès de Toulouse contrairement à ce que je pensais.

Si les conditions sont réunies, selon sa formule préférée.

Au bout de ces quatre ans, on pourra dire qu’elle en a pris plein la gueule. Il y a d’abord eu le congrès de 2008 avec ses terribles accusations, fondés ou infondés, qui ont continué pendant des années à lui être balancées dans la gueule. Il y a eu les affaires, notamment Guérini, qui lui ont plombé ces quatre ans, quelles que soient ses responsabilités. Il y a eu les polémiques sur le pacte de Marrakech puis cette candidature presque « improvisée » et le bordel avec l’histoire DSK. Il y a eu cette dure primaire. Il y a eu ces soupçons de déni de démocratie au sein du PS. Il y a eu toutes ces rumeurs infectes tentant de vous décrédibiliser.

Laissons parler les cons.

Il y a eu tout le reste, notamment la primaire.

Les résultats sont là : le Président de la République et le Premier Ministre sont issus du Parti Socialiste et c’est sous votre direction que cela a été possible.

Bravo Madame !

Et ne partez pas trop loin…

27 août 2012

Parti Socialiste : et maintenant ?

L'Université d'Eté du Parti Socialiste est terminée depuis hier midi. Martine Aubry a prononcé le discours de clôture au cours duquel elle a tourné la page, non pas celle de sa présence à la tête du machin mais de la vie politique.

Page précédente : on a travaillé pour gagner les élections. Toutes.
Page actuelle : on est au pouvoir, il faut bien en faire quelque chose.

Elle a d'ailleurs dessiné la page suivante : il faudra un deuxième mandat pour François Hollande.

Au cours de cette Université d'Eté, j'ai assisté à différents ateliers où j'ai vu différentes personnalités bosser ensemble. Voir Manuel Valls succéder à Benoit Hamon n'avait rien de choquant tout comme voir Gérard Filoche pendre la suite de Michèle Sabban... Comme promis, je reviendrai sur ses ateliers, mais tout ce que semble retenir les médias, aujourd'hui, semble tourner autour de Martine Aubry.

Tiens ! Le journal local que je lisais ce matin disait que les militants n'avaient parlé, dans les « off », uniquement de la bataille entre les deux principaux rivaux à sa succession. On se demande si les médias écoutent bien ce que disent les militants quand ils boivent une bière, sur le port... A la limite, ce qu'espèrent les militants est, contrairement à ce qui est écrit ici ou là, que MartineAubry rempile : personne ne voit Harlem Désir ou Jean-Christophe Cambadélis assurer une présence dans les médias pendant quatre ans en tant que chef du principal parti de la majorité...avec pour principale mission de casser les glandus de l'opposition.

Les commentateurs sont parfois à l'ouest.

Tiens ! Au cours de son discours, Martine Aubry a rendu un vibrant hommage à Ségolène Royal ce qui était assez incongru vu que la plupart des bénévoles travaillant pour l'Université d'Eté du PS avaient probablement soutenu Olivier Falorni !

A la veille du départ de Martin Aubry, cet hommage fera rire le cynique, quand on sait la rivalité entre les deux femmes, notamment au lendemain du congrès de Reims, quand elles ont failli se renvoyer devant les tribunaux avec ces histoires de – vraie ou fausse – tricherie.

Le cynique ferait mieux de ranger sa moquerie dans sa poche : tout le monde s'en fout. D'ailleurs, Martine Aubry a aussi été fort aimable envers deux anciens ennemis, François Hollande et Arnaud Montebourg, ce qu'a bien noté la presse qui voulait souligner l'humour de la future peut-être ex Première Secrétaire ; histoire de faire plaisir à ses lecteurs.

Pourtant, l'heure est bien venue de jouer au bisounours : on est une grande famille, tous unis. De toute manière, le candidat pour 2017 sera probablement François Hollande. Chaque cadre du Parti devra le soutenir jusque 2017 à moins de passer pour un traitre et un gros con, se grillant définitivement pour un avenir politique national. Si François Hollande est réélu, ça ne sert à rien de s'engueuler avant les primaires pour l'élection de 2022,...

Dans son discours, Martine Aubry a dit un tas de chose qui n'a pas été repris dans les médias. J'en relève deux.

La première est qu'elle a donné un rôle au Parti et surtout aux militants. Je ne vais pas m'étendre sur le sujet mais ça me paraît important. Les militants doivent servir d'intermédiaire entre les élus et les électeurs, pour transmettre l'information, dans les deux sens. Au boulot, braves gens...

A priori, vous êtes peinards jusqu'en 2021 sauf si on merde maintenant, tout s'arrêtera en 2017.

Martine Aubry a dit qu'elle voulait un second mandat pour François Hollande. Ce n'est pas gagné. La politique menée doit être en conséquence (sortir de l'insécurité sociale, physique, économique, …) et le PS doit réapprendre à parler aux classes populaires et tout ça (c'est moi qui précise, je ne sais plus exactement ce qu'a dit Mme Aubry).

La deuxième est qu'elle a parlé d'Europe. Ce qui me choque est que les médias disent qu'elle n'a que survolé le sujet.

Elle en a parlé à deux occasions. La première est vers la moitié du discours (environ 1/8ème de la durée de ce dernier), à propos de l'économie, des traités et tout ça. Elle conclut ainsi : « Chers camarades, l'Europe a changé de direction. Il reste beaucoup de combats à mener pour qu'elle redevienne une grande idée et pas seulement un grand marché. Nous mes mènerons. » Bref, lutter contre l'Europe à la Merkozy,...

La dernière est juste avant la conclusion, à propos de ce que doit faire le parti. Je vous recopie ci-dessous (à la main!) un extrait (à partir du script du discours, diffusé aux journalistes au format papier, à la fin du discours, seul le prononcé fait foi et tout ça), ce qui fait qu'au total 20% du discours furent consacrés à l'Europe. Le journaliste qui n'a pas remarqué ça est prié de le réécouter 5 fois.

« Enfin, nous devons européaniser le Parti Socialiste français, autrement dit inscrire notre action dans le cadre européen autant que celui de l'hexagone.

Je le dis comme je le pense car je l'ai constaté : nous pensons, nous proposons, trop souvent franco-français. Que l'on me comprenne bien : il ne s'agit nullement pour nous, socialistes français, de renoncer à ce que oous sommes et à nos valeurs […]. Certainement pas et moins que jamais dans la mondialisation où la tendance au moins disant fait rage. Mais qui peut penser que c'est en restant à Paris que nos analyses et nos réponses se diffuseront au sein de la gauche européenne ? »

Je vais reprendre une bière le tant que vous puissiez ingurgiter tout ça. Je résume néanmoins : tous ceux qui pensent qu'on pourra faire bouger l'Europe en vitupérant pendant des meetings sont des clowns.

« Là aussi, poursuivons le chemin engagé ces dernières années. C'est parce que nous les avons défendues au sein du Parti socialiste Européen que les idées de « juste échange », de croissance socialeécologique ou encore d'intervention directe de la BCE dans la crise des dettes souveraines au point de figurer, désomais, dans les textes de tous les socialistes et et sociaux-démocrates européens. » Je résume : grâce à notre actions, les autres partie de gauche sont sur la même longueur d'onde que nous. A ce stade, elle a rendu hommage à Catherine Trautmann qui a beaucoup bossé pour cela.

« Les élections Européennes auront lieu en 2014 et elles marqueront un rendez-vous majeur dans le combat idéologique et politique contre la droite libérale, conservatrice et autoritaire : donnons-nous l'objectif de bâtir de premier vrai programme commun des socialistes européens, les mêmes objectifs précis et concrets portés par tous nos candidats dans les vingt-sept pays membres de l'Union ! »

Excusez du peu : en fin de discours, Madame Aubry donne la grande orientation du PS au niveau national pour la première année de la future équipe : préparer les élections européennes (juin 2014) pour que les différents partis socialistes et apparentés bossent ensemble pour un programme commun pour le Parlement Européen pour les cinq prochaines années.

On se demande si elle pense à quelqu'un pour faire le boulot...

« Et donnons-nous les moyens d'élire un même candidat pour l'élection du président de la Commission Européenne ». Elle pense à quelqu'un ? « C'est à cela que doit œuvrer, inlassablement le Parti Socialiste pour réorienter l'Europe ».

« C'est avec la même ardeur que nous voulons rénover l'Internationale Socialiste ». Ah ! Voilà du boulot pour Ségolène Royal. Ceux qui la donnaient placardisée, voire ceux dont je parlais en début de billet (les cyniques) peuvent peut-être aller se coucher...

Petit 1 : un programme commun aux européennes.
Petit 2 : un candidat commun des partis de gauche pour la Présidence de la Commission./
Petit 3 : la poursuite du travail au niveau international dans un cadre plus large que l'Europe...

Au boulot !


04 juin 2012

De la marge pour augmenter les impôts !

Martine Aubry a réagi au rapport de l’Inspection Général des Finances que j’évoquais ce matin. Pour rétablir les finances de l’état, il ne suffira pas de réduire les dépenses publiques : il faudra augmenter les impôts et, notamment, ceux supprimés par la droite. « Je ne prends que l'exemple de l'impôt sur la fortune. C'est quand même incroyable que M. Fillon ait fait voter, en plein retour de la crise il y a un an, une division par trois de l'impôt sur la fortune des plus gros patrimoines. »

J’entends les hurlements à droite, je parlais ce matin des propos de Brice Horteux, pourtant, il faut bien constater que ce sont les gouvernements de droite successifs qui ont augmenté le plus les prélèvements obligatoires. Ce billet est illustré par une jolie infographie que j’ai piquée à mon confrère Melclalex qui nous détaille ça sur son blog.

D’ailleurs, à la moindre hausse des prélèvements pour les plus riches, la droite va hurler alors qu’ils ont préparé une hausse de la TVA que, d’ailleurs, seule la victoire de la gauche aux législatives pourra annuler.

Jean-Pierre Raffarin n’a pas arrêté les raffarinades et a déclaré ce matin : « Les législatives sont la dernière station avant les blessures du socialisme pour la France. » Ce sont surtout les blessures du Sarkozysme qu’il faut soigner maintenant.

Tiens ! Il a dit aussi « paye encore les conséquences des 35 heures » ! Toujours les 35 heures. Pourtant la droite au gouvernement depuis 10 ans a eu tout le temps de revenir dessus…

Ainsi, les prélèvements obligatoires n’ont jamais été aussi élevés, en France, sauf peut-être en 1995… quand Nicolas Sarkozy était Ministre du Budget. Il va falloir les augmenter à nouveaux à cause de tout le temps perdu par 10 ans d’une mauvaise politique, 10 ans de cadeaux aux plus riches sur le dos du peuple ou de la dette (ce qui revient au même). 10 ans d’écroulement de l’économie Française.

Ca va cesser bientôt. Les législatives ont commencé.

Le Parti Socialiste et ces alliés devraient gagner 7 circonscriptions des « Français de l’Etranger » sur les 11. Le changement…

09 mai 2012

10 raisons pour nommer Martine Aubry à Matignon

François Hollande est très occupé, il doit préparer des rencontres internationales et un petit déjeuner de blogueurs à l’Elysée. Je propose de l’aider à trouver un Premier Ministre. Ségolène Royal étant occupée, un seul choix s’impose : Martine Aubry. Pourquoi ?

Petit 1 : François Normal est un Président Hollande. Martine Aubry est le chef de la formation politique qui devrait être majoritaire à l’Assemblée Nationale. C’est une tradition républicaine qu’elle soit le nouveau Premier Ministre, d’autant qu’elle aura en charge de mener la campagne pour les législatives.

Petit 2 : C’est une femme. Il en faut. Mettre une femme à ce poste permettra de dégager une place pour un homme à un poste important. Smiley, les filles… On ne peut plus rigoler ? C’est dommage que Martine Aubry ne soit pas homosexuelle ou issue d’une minorité visible, voire les deux.

Petit 3 : Elle le mérite. Elle a toute l’expérience requise, c’est peut-être la personnalité issue du PS qui a le plus d’expérience si on élimine d’emblée quelques vieux crabes de ma connaissance.

Petit 4 : Elle le mérite. C’est elle qui a mis le parti en ordre de marche pour cette élection, c’est elle qui a imposé le système des primaires qui a donné toute la dynamique nécessaire à l’élection de François Hollande. Son prédécesseur n’a aucun mérite et avait laissé le parti dans un bordel monstre.

Petit 5 : C’est elle qui a préparé le projet du Parti Socialiste, elle a toutes les qualités requises pour le mettre en œuvre. Au moins la partie retenue par François Hollande.

Petit 6 : Elle pourra facilement être virée par François Hollande au bout de trois ans pour servir de bouquet missaire (jeu de mot copyright cette feignasse de Balmeyer) afin de préparer sa réélection et redistribuer du pognon quand Martine Aubry aura fini de mener à bien la politique d’austérité. Si François Hollande nomme un proche de lui, comme Jean-Marc Ayrault, il ne pourra pas dire qu’il n’est pas directement responsable de la gestion du pays.

Petit 7 : Martine Aubry incarne maintenant la gauche du Parti Socialiste vue qu’elle soutenait DSK. Sa nomination rassurera les cocos voire les écolos et ils nous foutront un peu la paix pendant quelques semaines.

Petit 8 : C’est une femme de poigne qui incarne l’autorité. Moi-même, je l’ai croisée à l’Université d’Eté du PS et, une fois, à Solférino, je n’avais pas du tout envie de rigoler.

Petit 9 : C’est la fille de Pierre Mauroy, de Pierre Mendès-France, de Pierre Mitterrand voire de Pierre Delors.

Petit 10 : Il faut bien qu’on en fasse quelque chose.

Martine Aubry et François Hollande, tout comme Alain Lambert et Jean Lecanuet, sont cordialement invités au Kremlin des Blogs, demain soir.

17 octobre 2011

Nous avons un candidat !


Beaucoup de copains de gauche parlent, évidemment, de la victoire de François Hollande à la primaire du Parti Socialiste. Je pourrais en citer plusieurs pour bâtir mon billet, mais je ne suis pas une grosse fainéasse, je vais faire mon billet à l’ancienne, à la main.

Je vais quand même citer CC : « A vrai dire, je pense qu'une mouche morte pourrait battre Sarkozy, tellement plus personne ne peut le voir. »

Puisse-t-elle avoir raison !

Mais quitte à prendre des mouches pour exemple, faisons en sorte de ne pas les enculer et d’être tous unis dans une grande force politique, derrière François Hollande ! L’unité est indispensable.

Le PS a tenté de l’organiser avec cette primaire, dont le déroulement est vraiment à saluer !

Le Front de Gauche a choisi de partir au combat sans passer par la case départ et de présenter un candidat. Il fait ce qu’il veut. François Mitterrand a gagné, en 1981, avec un Parti Communiste très fort.

Tout le reste de la gauche socialiste doit maintenant se mettre à la disposition de François Hollande pour ne pas prendre le moindre risque et gagner cette bataille, c’est indispensable, ne serait-ce que pour écarter ceux qui nous gouvernent si mal depuis bien trop longtemps.

Je connais le PS. Les notables qui le composent vont vouloir des places, vont refuser de modifier l’organisation qui a été mise en place après le congrès de Reims. Dagrouik parle des risques qui existent. Martine Aubry a été sans ambigüité dans son allocation d’hier : tous les PS doit être derrière sa Premier Secrétaire et son candidat et redevenir la machine à gagner.

Dagrouik a fait un autre billet (je ne sais pas ce qu’il a bouffé, il en aura fait plus que moi, aujourd’hui). Comme lui et probablement un tas d’autres blogueurs, nous sommes à la disposition de l’équipe Web du PS et de François Hollande !

Pour ma part, je donnerai volontiers des coups de pied au cul de ceux qui ne joueront pas le jeu de l’unité.

Martine Aubry est Première Secrétaire. François Hollande est le candidat.

Qu’ils nous mènent à la victoire !

Aidons-les !

15 octobre 2011

Dimanche, pour donner l'impulsion au futur Président !

Dans cette campagne de folie, je crois que Martine Aubry fait une double erreur en matraquant sans cesse François Hollande (le voila le candidat du système, maintenant, alors que c’est elle la patronne du PS, suspectée imposée là par des barons du PS, candidate en remplacement de Dieu…). D’une part, elle s’adresse à ceux qui connaissent bien le PS alors qu’ils sont déjà convaincus, par un candidat ou par l’autre, et, d’autre part, en le faisant, elle ne s’adresse pas aux Français mais qu’à une partie d’entre eux.

Mais que diable ! Ressenti personnel…

Mais on s’en fout, ça n’est que du ressenti personnel ! Il me tarde d’être demain soir qu’on puisse enterrer une hache de guerre et oublier ces quelques semaines de guéguerre entre potes blogueurs.

François Hollande doit gagner, avec le plus large score possible !

Ce matin, j’ai fait des fouilles archéologiques dans la blogosphère pour tenter de me rappeler quand j’avais basculé, quand j’étais devenu un partisan de François Hollande. Tout ça est bien subjectif… Je me rappelle. Dominique Strauss-Kahn devait gagner. C’était sur ! Je me disais que, effectivement, au second  tour, il laminerait Nicolas Sarkozy. Néanmoins, j’avais un doute à propos du premier tour, le même qu’ont certains, maintenant, ceux à qui je parlais, hier soir, pour leur dire de ne pas oublier le second pour une bête arithmétique électorale, celle-là même, d’ailleurs, sur laquelle je me suis basée pour faire mon billet…

J’étais partisan de Dominique Strauss-Kahn depuis longtemps pour des raisons précises, pas nécessairement pour sa ligne politique mais plus pour cette image qu’il avait réussi à donner, cette image de « compétence » que tout le monde gobait sans avoir le moindre truc pour juger de la compétence d’un dirigeant politique à exercer ses fonctions.

L’icône est tombée depuis.

Parallèlement, j’étais aussi partisan de Martine Aubry qui, somme toute, avait réussi à remettre le parti en ordre de marche malgré cette déchirure de Reims, fin 2008. Les militants avaient élaboré un projet et valider un processus de désignation d’un candidat. J’étais d’ailleurs contre, mais quand je vois le succès de la primaire, aujourd’hui, je ne peux constaté que mon erreur. Je suis resté contre jusqu’à très récemment, d’ailleurs, peut-être jusqu’à la fin de l’été. Mais je suis aussi contre le cancer, contre les accidents de la route, contre la neige qui bloque la circulation et contre les ivrognes qui me cassent les burnes au comptoir.

Quand Dominique Strauss-Kahn a été arrêté, je me suis dit alors que le Parti Socialiste n’avait plus que deux candidats susceptibles de gagner : Martine Aubry et François Hollande. J’avais écarté Ségolène Royal pour un tas de raisons purement électorales (et non pas par haine, comme a semblé le penser Dagrouik mais aussi la plupart des twittos Ségolistes).

Retrouver François Hollande en position de favori est aujourd’hui « banal ». Ce n’était pas le cas avant l’été, c’était incroyable tant il venait de loin, après une très longue campagne, le régime et tout ça. Pourtant, à la réflexion, c’était lui qui avait le plus de légitimité, ayant été pendant onze ans à la tête du parti…

Quelques jours après la chute de DSK, alors que la gauche était en charpie, qu’on s’engueulait avec les féministes, avec les juristes, avec les journalistes, … j’ai définitivement basculé en faveur de François Hollande, le choix était évident.

Alors ce matin, je me suis demandé pourquoi ce choix s’était imposé à mon subconscient. J’étais persuadé que le déclic s’était fait à cette époque. J’ai fouillé. Je ne sais pas si j’ai trouvé, mais je suis tombé un trace…

C’était il y a un an, presque jour pour jour. J’avais fait ce billet pour signaler celui-ci de Philippe Sage. C’est à cette époque que le vent a tourné, général !

Je ne suis pas en train d’étudier des programmes comme des fiches techniques quand j’achète une machine à laver. Cela fait plus d’un an que je suis persuadé que seul François Hollande peut gagner cette putain d’élection.

C’est le mieux préparé.

Il était bien en tête dimanche dernier.

Donnons-lui, demain, l’impulsion nécessaire pour qu’il s’impose aux Français, en mai, comme le seul capable d’être un vrai Président de la République.

14 octobre 2011

Pour une large victoire !

« La seule chose qui est acquise est que seul François Hollande est en position d’obtenir une victoire suffisamment large pour sortir de la primaire en position de force. » Telle est la conclusion du billet de Dedalus que je partage pleinement.

Plein de copains ont fait des billets ce matin et tout ou presque a été dit. J’ai lu ça avec mon iPhone en mangeant mon sandwich au comptoir, alors je n’ai pas noté les arguments, les liens, …

Il y a une semaine, on se demandait presque si François Hollande n’allait pas être élu au premier tour puis on a commencé à se demander si Martine Aubry n’avait pas réussi à créer une dynamique autour de sa campagne. Dimanche soir, les résultats sont tombés. Martine Aubry avait 5% de plus que ce qu’annonçaient, en moyenne, les cinq derniers sondages. François Hollande, quant à lui, avait baissé de 6%

Cette soirée réservait d’autres surprises, les scores de Ségolène Royal et d’Arnaud Montebourg.

Mais dans l’attente, Martine Aubry avait bel et bien réussi à inversé cette dynamique de campagne.

Manuel Valls et Jean-Michel Baylet ont apporté leur soutien à François Hollande, puis, de très belle manière, Ségolène Royal.

Ce matin, c’était Arnaud Montebourg. Peut-être trop tard, je n’en sais rien.

Mais entre temps, il y a eu ce débat à la télé. Il s’est passé quelque chose. Martine Aubry n’a pas sur jouer avec ce retournement de dynamique, elle a continué à agresser François Hollande et chercher point par point a démontrer l’intérêt de ses projets. François Hollande est resté lui-même. Il ne démontre pas l’intérêt de mesures, il montre une vision de la France. Il se positionne en Président de la République.

On me dira que j’abuse, soit ! Mais je sors de table.

Martine Aubry a été peut-être agressive, je ne sais pas. Mais la dynamique s’est à nouveau retournée.

Elle a prouvé, ainsi, qu’elle ne savait pas mener une campagne. Je ne vais pas refaire un réquisitoire sur son incapacité à gagner, c’était l’objet de mon billet d’hier.

Alors, si elle gagne les primaires, elle le fera avec 51% des voix. Mon homonyme Nicolas, pas celui qu’il faudra battre au second tour, le blogueur, me demandait dans Twitter si le reste du PS la suivrait. Je lui ai répondu « oui », il m’a demandé si j’étais sûr. Oui, j’en suis sûr. Pour le reste, je ferai peut-être la gueule en début de semaine mais je me jetterai, ensuite, avec fougue dans la campagne.

Si François Hollande gagne, il peut le faire avec plus de 60% des voix, 70% des voix, même si chacun des électeurs des candidats éliminés au premier tour votent comme leur candidat. Ne rêvons pas.

Il n’empêche qu’avec un beau score, la dynamique sera bel bien lancée pour la victoire en 2012.

Seul François Hollande peut faire un beau score.

« La seule chose qui est acquise est que seul François Hollande est en position d’obtenir une victoire suffisamment large pour sortir de la primaire en position de force. »

Seul François Hollande peut battre Nicolas Sarkozy en mai 2012.

13 octobre 2011

Lettre ouverte à Isidore Poireau

Mon cher Isidore,

Mes confrères Gérard Filoche et Jean-Luc Mélenchon ont écrit une lettre ouverte à Arnaud Montebourg qui ne leur avait rien demandé et qui avait envoyé une lettre ouverte à Martine Aubry et François Hollande. Il faut que je reste à la page : je vais t’envoyer une lettre ouverte, pour répondre à ton billet de blog, écrit avec la finesse et l’élégance qui te caractérisent.

Dans ce billet, tu décris ce qui te pousse à choisir Martine Aubry, maintenant, après avoir soutenu Arnaud Montebourg jusqu’à dimanche dernier. Chacun a les critères de choix qu’il veut et je ne veux pas remettre en question les tiens. Notre ami Melclalex, par exemple, fait un billet où il explique pourquoi il va vraisemblablement choisir François Hollande. Je vais lui piquer sa photo, elle est très jolie. Pas la photo de Melclalex, la photo de nos deux illustres derniers candidats.

Je ne vais donc pas détailler ton choix, juste exposer ce qui explique le commentaire que je te laisse. En effet, dans le billet, tu écris : « Mais sincèrement, je crains avec François Hollande le retour d'un Chirac aux manettes regardant passer les jours. Je ne le sens pas dans l'action, dans le concret, dans les dossiers. »

Madame Aubry a effectivement montré vouloir faire beaucoup bouger le pays ; elle est indubitablement une femme d’action. Elle bouge. Nicolas Sarkozy bouge beaucoup aussi, il a lancé plein de réformes. Dans nos blogs, tout au long de ces quatre longues années, nous nous sommes moqués de son omniprésence et du fait qu’il joue le rôle du Premier Ministre. Nous nous demandions, parfois, où était François Fillon, tant les parlementaires et les ministres semblaient parfois recevoir directement les ordres de Nicolas Sarkozy et des membres de son cabinet.

Voila le commentaire que j’ai laissé (avec un smiley, évidemment, mais sa représentation matérielle, entre nous, est devenue inutile) à ton billet, pris par le temps :  « Ah ! Tu compares donc François Hollande à Jacques Chirac et Martine Aubry à Nicolas Sarkozy. J'ai choisi. »

Martine Aubry ferait indubitablement une bonne Première Ministre. Ce n’est pas ce dont nous avons besoin. La gauche a besoin d’une personne pour gagner la présidentielle, pour créer une dynamique, ensuite, pour gagner les élections législatives, pour que, enfin, une majorité de gauche soit à l’Assemblée Nationale et qu’un Gouvernement de gauche puisse gérer la France et entreprendre les réformes nécessaires à notre pays, selon la vision exposée par le Président de la République pendant sa campagne.

Nous n’avons pas à élire les techniciens qui mettront en musique, selon les circonstances du moment, un projet, qui auront à réagir à des événements d’actualité, à la conjoncture économique, … Nous avons besoin d’un Président de la République, un Président de la République qui préside, qui ne dirige pas.

Je commentais chez la charmante Apolline : « C’est bien de relire la constitution, parfois. Je m’y réfère pour plein de billets ! » Alors, je vais vous permettre de relire la constitution, tout du moins deux petits extraits, que je cite souvent.

« Article 5

Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État.

Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités. »

« Article 20

Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation.

Il dispose de l’administration et de la force armée.

Il est responsable devant le Parlement dans les conditions et suivant les procédures prévues aux articles 49 et 50.

Article 21

Le Premier ministre dirige l’action du Gouvernement. Il est responsable de la Défense nationale. Il assure l’exécution des lois. Sous réserve des dispositions de l’article 13, il exerce le pouvoir réglementaire et nomme aux emplois civils et militaires.

Il peut déléguer certains de ses pouvoirs aux ministres. »

Notre actuel Président de la République dirige clairement l’action du Gouvernement, qui, malheureusement, le permet. Tu proposes de voter pour Martine Aubry parce qu’elle serait la meilleure pour diriger le Gouvernement, ce qui n’est d’ailleurs pas prouvé. Mais ce n’est pas ce que nous cherchons. Nous cherchons un Président de La République.

Tu soutenais un candidat, Arnaud Montebourg, qui voulait une Sixième République, notamment pour éviter le travers ci-dessus, pour que nous ayons réellement un régime parlementaire et plus un régime présidentiel.

Nous n’avons pas besoin d’un Président dirigeant tout le pays à partir d’un bureau du Faubourg Saint-Honoré.

Nous avons besoin d’un Président normal.

Je pense que tu n’as pas fait le bon choix, ou, si tu l’as fait, pas pour les bonnes raisons.

Je vais profiter de tenir ma plume sur le clavier, aspergent avec fougue mon écran de pixels noirs et rouges foncés, pour revenir également sur un autre de tes arguments, sur lequel revient également la douce Estelle dans les commentaires de ton billet.

L’expérience ! « Par exemple, sur le fait qu'elle soit maire de Lille, une grande communauté urbaine et lui simplement maire de Tulle et responsable du département de la Corrèze, zone assez pauvre en problèmes d'urbanismes. Je me laisse penser qu'elle est plus au fait de la situation actuelle. »

Il n’est plus maire de Tulle mais ce n’est qu’une bricole (moi-même je ne l’ai appris que récemment en vérifiant des conneries que j’écrivais à propos du cumul des mandats). Il n’est pas « responsable » d’un département, mais Président d’un Conseil Général. Il préside, quoi. C’est ce dont nous avons besoin.

Ainsi, on pourrait argumenter pendant des heures pour sortir des virgules pour prouver que notre poulain à plus de compétence que l’autre. Moi, ce que je demande à la personne que nous allons désigner, c’est d’être élu, de remporter l’élection Présidentielle.

Alors je vais faire un tableau.


Martine Aubry
François Hollande
Municipales
Lille : 2001 et 2008.
N.B. : 2001 en remplacement de Pierre Mauroy…
Tulle 2001
« Départementales » (cantonales)

2008 : Cantonales gagnées
2008 : Présidence du Conseil Général.
Législatives
1997 : gagné.
2002 : perdu.
N.B. : dans une circonscription réputée imperdable.
N.B. : en 1997, elle est restée trois semaines en poste.
1988 : gagné
1993 : perdu
1997 : gagné
2002 : gagné
2007 : gagné
Européennes

1999 : chef de la liste du PS qui remporte

Nous pourrions faire un zoom sur les gains de leur parti sous leurs directions respectives mais les périodes ne sont pas comparables. Aux Européennes de 1999, par exemple, la liste du PS a fait 22%. En 2004, 29%. En 2009, 16%.

Mon cher Poireau, je n’espère pas faire changer de choix.

Pour moi, pourtant, il ressort que François Hollande a toutes les compétences requises pour exercer le job : gagner les élections, y compris des conditions difficiles, puis, ensuite, Présider le pays.

Je ne vois pas ce qui te permet de penser que Martine Aubry connaît mieux les dossiers nécessaires à la gestion de l’état, alors que François Hollande aura été député pendant 18 ans, travaillant ainsi dans tous les domaines législatifs (Martine Aubry ayant été Ministre pendant cinq ans, dans le domaine du travail).

En mai 2012, nous aurons à élire un Président de la République pour nous représenter, au sommet des institutions.

Qui a le plus d’expérience pour se faire élire ? Qui a le plus d’expérience pour nous représenter ?

Martine Aubry, en tant que « chef » du principal parti politique de la future majorité parlementaire, fera peut-être une excellente Première Ministre.

Mais on verra ça après.

Pour l’instant, cher Isidore, nous devons désigner celui ou celle qui aura le plus de chance de se faire élire en notre nom pour représenter l’ensemble des Français.

Bien à toi,
Ton dévoué,
Nicolas