En salle

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10 septembre 2014

Bercy, beaucoup !

L’actualité est un peu spéciale, aujourd’hui, vu de Bercy. Ou d’ex-Bercy ! Ayant passé une partie de l’après-midi à mettre en service mon iPhone neuf (en remplacement de celui qui a été volé) et surtout à rétablir ma ligne téléphonique, je n’ai suivi qu’en diagonale. Toujours est-il que le premier mail que j’ai reçu avec était pour m’informer de la liaison d’Aurélie Filippetti et d’Arnaud Montebourg. On espère toujours que ce genre de truc est un faxe…

Genre : si Aurélie Filippetti s’est fâchée avec le gouvernement, c’est par soutien à son nouveau mec.

A part ça, Michel Sapin a annoncé de mauvaises nouvelles mais je crois qu’on les connaissait déjà. Même que la France semble moins pire que ses voisins. Si ça peut consoler quelqu’un. Pendant ce temps, Montebourg continue à fustiger la politique du gouvernement, comme s’il n’avait pas été en charge de la politique industrielle pendant plus deux ans.

J’hésitais donc entre ces deux informations à traiter. « La liaison ou les mauvaises nouvelles ? »  me demandais-je en attendant de pouvoir la 4G avec mon nouveau jouet.  Je me suis alors rappelé d’une autre nouvelle du jour : Pierre Moscovici a été nommé commissaire européen, cela a été officialisé aujourd’hui. Il est interviewé dans Les Echos.

Le titre de l’article m’a fait bondir. « Pierre Moscovici : «Nous jugerons la France à l'aune des réformes engagées». »

J’ai lu la moitié, environ, mais je ne peux pas dépasser cette perle : « C’est le président de la Commission européenne qui a réparti les postes. Jean-Claude Juncker a estimé très tôt qu’il était important que ce portefeuille stratégique soit confié à un socialiste. » La crise de rire est trop forte.

Toujours est-il qu’en lisant le titre, je me demandais s’il n’était pas un peu gonflé...

23 février 2014

Aidons François Hollande à préparer le remaniement

Hier, nous avions invité Julien Dray à la Comète, avec les copains blogueurs. Il n’est pas venu. N’y voyons qu’une explication : il prépare le remaniement que va annoncer François Hollande au lendemain des municipales. Le changement de gouvernement semble acquis par la presse même si je me dis que c’est une belle connerie. Je n’arrive d’ailleurs pas à y croire, je le verrais plutôt dans 18 mois.

Le départ de Valérie Treirweiler de l’Elysée a ouvert la porte à un retour de certains proches de François Hollande qu’elle ne pouvait pas piffer, comme Ségolène Royal et Julien Dray. Pépère peut difficilement nommer Ségolène Royal comme première ministresse vu que c’est son ex. A ma connaissance, par contre, il n’a pas couché avec Julien Dray : il pourrait entrer à Matignon. Nous ferons préventivement tous les jeux de mots possibles, tel que : c’est bien, il nous montre le chemin. Moi, j’aime bien Julien Dray même s’il est moins bien coiffé que Jean-Marc Ayrault.

Ne croyant pas au remaniement, je pense que peu de ministre gicleront. On va rentrer dans le détail, poste par poste. Mais, en résumé, doivent partir : Mmes Filippetti et Pellerin et M. Moscovici. Je propose de mettre Ségolène Royal pour remplacer Mosco. Il lui faut un truc important, tant pis si elle n’y connaît que dalle.

Nous ne retiendrons pas de force Mmes Pinel et Touraine. On trouvera bien d’autres gonzesses pour les remplacer, si elles servent à quelque chose. Mme Benguigui par exemple, dont je me fous comme de la première fois où j’ai du m’arrêter pour pisser en rentrant à la maison, a un ministère qui ne sert à rien. Elle pourrait remplacer une des deux.

Les ministères avec un nom con seront renommés. Montebourg aura l’industrie. Point barre. C’est quoi ce ridicule « redressement productif » ?

Quelques ministères seront supprimés. Pas trop, il faut des gens pour faire le job. Mais les trucs inutiles ne servent à rien comme les lapalissades qu'on répète deux fois.

Dans le détail et par ordre alphabétique du prénom.

Alain VIDALIES. Ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement. Je ne vois pas pourquoi le virer. Pour recaser Ayrault.

Anne-Marie ESCOFFIER.  Ministre déléguée auprès de la ministre de la Réforme de l'Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique, chargée de la décentralisation. Pour moi, la décentralisation est incarnée par Marylise Lebranchu. Que Mme Escoffier s’occupe de la fonction publique.

Arnaud MONTEBOURG. Ministre du Redressement productif. Intouchable aussi. Changeons le nom de son gouvernement.

Aurélie FILIPPETTI. Ministre de la Culture et de la Communication. Je ne peux pas la blairer. Dehors !

Benoît HAMON. Ministre délégué auprès du ministre de l'Economie et des Finances, chargé de l'Economie sociale et solidaire et de la Consommation. Il est très bien là. On pourrait peut-être lui filer une promotion. Changeons le nom de son ministère, pour commencer.

Bernard CAZENEUVE. Ministre délégué auprès du ministre de l'Economie et des Finances, chargé du Budget. On pourrait le remplacer par Jérôme Cahuzac. Nan. Je déconne.

Cécile DUFLOT. Ministre de l'Egalité des territoires et du Logement. Elle est écolo et fait le job. On la garde.

Christiane TAUBIRA. Garde des Sceaux, ministre de la Justice. Ah ! Premier cas intéressant. Elle est adorée par la droite et détestée par la gauche. Son remplacement aurait un sens mais ferait hurler. C’est ballot. Bon courage à Pépère. Je souhaite qu’elle reste pour qu’on puisse continuer à se foutre de la gueule des réacs.

Dominique BERTINOTTI. Ministre déléguée auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, chargée de la Famille. Elle me plait bien, elle. Néanmoins, faut-il conserver un ministre de la famille ? Le mariage pour tous est passé et François Hollande ne doit pas avoir envie de déclencher une nouvelle guerre avec les réacs. Il n’empêche qu’il reste du boulot à faire : le droit des beaux-parents et tout ça.

Fleur PELLERIN. Ministre déléguée auprès du ministre du Redressement productif, chargée des Petites et Moyennes Entreprises, de l'Innovation et de l'Economie numérique. Elle, je ne peux pas la blairer. Je ne sais pas pourquoi. Ca date de la campagne pour la présidentielle.

François LAMY. Ministre délégué auprès de la ministre de l'Egalité des territoires et du Logement, chargé de la Ville. On ne sait pas trop ce qu’il fait…

Frédéric CUVILLIER. Ministre délégué auprès du ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie, chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche. Ministère trop large. Laissons lui uniquement les transports. Supprimons « la mer » et foutons la pêche à l’agriculture.

Geneviève FIORASO. Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Je m’en fous.

George PAU-LANGEVIN. Ministre déléguée auprès du ministre de l'Education nationale, chargée de la Réussite éducative. Commençons par renommer son ministère. L’intitulé est grotesque.

Guillaume GAROT. Ministre délégué auprès du ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt, chargé de l'Agroalimentaire. Oui ! Nous avons un ministre qui s’appeler Guillaume Garot. Vous l’ignoriez ? Pareil ! Viré…

Hélène CONWAY-MOURET. Ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée des Français de l'étranger. Mon côté con : ils sont Français ou étranger ? Pourquoi leur faut-il un ministre ? Encore une mode imposée par Nicolas Sarkozy.

Jean-Yves LE DRIAN. Ministre de la Défense. Il est très bien là. En plus, c’est un Breton copain du président…

Kader ARIF. Ministre délégué auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens Combattants. Tiens ! Je l’avais oublié, lui. Ce ministère ne sert à rien à part à remplacer Le Drian pour inaugurer des chrysanthèmes.

Laurent FABIUS. Ministre des Affaires étrangères. Aucune raison de le virer. Il fait le job et est un pilier. Il faut des vieux sages.

Manuel VALLS. Ministre de l'Intérieur. Intouchable ?

Marie-Arlette CARLOTTI. Ministre déléguée auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion. Encore un ministère à virer. Néanmoins, il me semble qu’elle fait un vrai boulot. On n’a qu’à la garder.

Marisol TOURAINE. Ministre des Affaires sociales et de la Santé. Je n’ai jamais réussi à accrocher. Je ne sais pas pourquoi. Je suppose que des Français sont comme moi. D’ailleurs, on leur demanderait qui est le ministre de la santé mais pas des pieds qu’ils ne sauraient pas. On remplace. Je n’ai pas de nom en stock. Faudrait une gonzesse.

Marylise LEBRANCHU. Ministre de la Réforme de l'Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique. On la garde. C’est une loudéacienne. Il n’empêche que je la verrais bien ne plus s’occuper que de la réforme de l’Etat et de la décentralisation. Laissons sa collègue se débrouiller avec la fonction publique.

Michel SAPIN. Ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social. C’est un copain du président. Il est très bien à son poste. On est habitués à le voir expliquer que le chômage évolue positivement dans la négative qui décroit.

Michèle DELAUNAY. Ministre déléguée auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, chargée des Personnes âgées et de l'Autonomie. Tiens ! Elle pourrait remplacer sa chef. Supprimons son ministère dans la foulée. Inaugurer les maisons de retraite n’est pas un job à plein temps…

Najat VALLAUD-BELKACEM. Ministre des Droits des femmes, porte-parole du Gouvernement. Elle est très bien comme porte parole du gouvernement mais comme ministre des gonzesses, elle m’énerve. Supprimons ce ministère.
Nicole BRICQ. Ministre du Commerce extérieur. Encore une avec qui je n’accroche pas.

Pascal CANFIN. Ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé du Développement. Ce n’est pas un écolo, lui ? Il faut donc le garder.

Philippe MARTIN. Ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie. Il vient de commencer.

Pierre MOSCOVICI. Ministre de l'Economie et des Finances. Lui, il doit partir. Il est trop impopulaire dans tous les sens et communique très mal. On va mettre Ségolène Royal à la place. Elle n’y connaît peut-être rien mais il faut bien la caser quelque part ça ne peut être que dans un ministère important.

Stéphane LE FOLL. Ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt. Je ne savais pas qu’on avait un ministre de la forêt. Pourquoi pas un ministre des bocages ou des alpages ? C’est un copain du président. En plus, c’est un ministère dont personne ne veut.

Sylvia PINEL. Ministre de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme. Virée ! Je ne la connais que pour le merdier qu’elle a foutu avec les taxis.

Thierry REPENTIN. Ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé des Affaires européennes. J’avais oublié son existence.

Valérie FOURNEYRON. Ministre des Sports, de la Jeunesse, de l'Education populaire et de la Vie associative. On va la garder mais je ne sais pas trop à quoi ça sert, un ministre des sports.

Victorin LUREL. Ministre des Outre-Mer. Il faut le laisser, lui. J’ai dîné une fois avec lui à la Comète. Il a le gosier en pente.

Vincent PEILLON. Ministre de l'Education nationale. On peut difficilement le virer : il porte une réforme importante en cours.

Yamina BENGUIGUI. Ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée de la Francophonie. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Qui est l’imbécile qui a eu l’idée de ce billet de blog ?


11 avril 2013

Moscovici, maintenant ?

Je vais rebondir sur mon billet de ce matin, déjà obsolète deux heures après sa publication. L’information a fait le tour du web : Valeurs Actuelles prétend que Pierre Moscovici avait eu la confirmation du compte en Suisse de Jérôme Cahuzac dès décembre. Il aurait envoyé une mission en Suisse… Pierre Moscovici a envoyé un démenti formel.

J’étais en train de lire l’article du Point que je mets en lien quand je me suis rendu compte que le titre était différent de celui que j’avais pu lire dans Google News. Du coup, je suis retourné dans Google News et rafraichis l’écran. A 11h36 (11h45 moins 9 minutes), le titre était : « Cahuzac : Pierre Moscovici dément « formellement » avoir su dès… ». A 11h46, le titre était : « Cahuzac : Pierre Moscovici sur la sellette ».

Le résultat d’une recherche de « Moscovici » dans Twitter est « amusant » : différentes informations tournent à une vitesse dingue. 1. « Mosco savait ». 2. « Mosco dément ». 3. « Mosco porte plainte en diffamation ». 4. « La fiancée de Mosco défend son chéri ». 5. « Mosco et son duplex » 6. « Mosco, les bagages, c’est maintenant ».

Pour ma part, j’ai tendance à croire le démenti. Ca aurait été de la folie de couvrir Jérôme Cahuzac en espérant que rien ne fuite (une quinzaine de fonctionnaires auraient été envoyés sur place). Valeurs Actuelles ne voudrait-il pas se faire un coup de publicité ? L’article du Point que je mets en lien est néanmoins à charge.

Pierre Moscovici pourra-t-il tenir ? François Hollande ne sera-t-il pas obligé de « le démissionner », aussi bien avant même que je n’ai terminé la rédaction de ce billet ? Que Pierre Moscovici ait été informé ou pas, à ce stade, est peu important : le doute n’est-il pas trop fort ?

Dès la semaine dernière, la presse (ici Libération…) indiquait que des conseillers de Xavier Bertrand, alors Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, disaient déjà entre les deux tours des élections que Jérôme Cahuzac avait un compte en Suisse.

Si François Hollande « démissionne » Pierre Moscovici, les rumeurs disant qu’il avait été informé vont croitre. Il ne pourra pas démissionner lui-même !

J’imagine la pression au château. Ils doivent tenir. Ils sont pris dans une spirale, tout ça pour avoir nommé au Gouvernement un lascar qui dirigeait une clinique connue pour être une usine à cash.

Tenez bon, les gars !


22 février 2013

La conférence de presse de Pierre Moscovici

Pierre MOSCOVICI a donné une conférence de presse suite à la publication de « mauvaises prévisions » pour l’économie. Je vais vousen donner des extraits que j’ai notés en sténo pour vous occuper pendant que jeserai au bistro. Pardon, à la bibliothèque. Il devrait tenir un blogantisarkozyste, le Mosco.


N.B. : désolé pour les espaces absents. Un bug de l'application iPhone comme hier soir.

L’état

« La Commission table, pourla France, sur un taux de croissance de 0,1 % et un déficit de 3,7 % du PIB en2013. Pour 2014, la Commission prévoit une croissance de 1,2 % et un déficit de3,9 % du PIB, dans un scénario conventionnel n’intégrant pas les mesuresd’économies déjà programmées. »

« La dégradation de lasituation économique est générale. Il ne s’agit pas d’un problème spécifique àla zone euro. Au-delà des frontières européennes, à de rares exceptions prèsdans les pays émergents, les grandes économies se sont également affaisséesfortement en fin d’année, y compris les Etats-Unis et leJapon. » « Au sein de la zone euro, cette dégradation n’est paspropre à la France, bien au contraire. Tous les grands pays de la zone euro ontconnu une baisse de leur PIB au 4e trimestre : - 0,6% en Allemagne, - 0,7% enEspagne, - 0,6% en zone euro, contre - 0,3% pour la France qui s’en sort doncun peu moins mal. »

« La leçon de ces chiffresest simple : la zone euro est sortie de sa crise « existentielle », mais lacrise économique demeure aigüe. » « En ce début d’année 2013, c’estnotre économie réelle
qui reste à l’arrêt. Aujourd’hui,les indicateurs financiers se redressent, les marchés boursiers également. Maisdes facteurs conjoncturels et surtout structurels – les conséquences de lacrise financière sur les finances publiques, l’impact du mouvement dedésendettement des administrations publiques et des ménages… – qui seconjuguent pour peser lourdement sur
nos perspectives de croissance. »

Les causes

« Souvenons-nous de lasituation économique que nous avons trouvée à notre arrivée : la France aaccumulé un lourd déficit de compétitivité depuis 10 ans, avec un déficitrecord du commerce extérieur de 70 milliards d’euros en 2011. Notre déficit decroissance n’est pas une nouveauté : au cours des cinq dernières années, lacroissance a été en moyenne de 0,0 %. Le niveau du chômage est d’autant plusinsupportable qu’il n’a cessé de progresser au cours des cinq dernières années: d’un niveau déjà haut en 2007 à 7,5 %, il n’a cessé d’augmenter pours’établir aujourd’hui au-dessus de 10,0 %. N’oublions pas non plus que lasituation de finances publiques qui nous a été laissée est sérieuse : la dettea augmenté de 600 milliards d’euros entre 2007 et 2012, soit 25 points de PIB. En2010, le déficit public était de plus de 7% du PIB. En 2011, il était encore de5,2% du PIB. »

« Quant aux dépensespubliques, elles ont augmenté de 3,7 points de PIB entre 2007 et 2012. La crisen’explique pas tout : le déficit structurel n’a cessé de se détériorer surcette période.
Bref, notre pays a trop longtempspratiqué la stratégie de la fuite en avant. »

« Les deux derniersquinquennats ont abîmé notre pays. Les réformes indispensables ont été repoussées,nos comptes publics ont été dégradés, notre crédibilité vis-à-vis de nospartenaires européens a été écornée. »

« Derrière le PrésidentFrançois Hollande, l’ensemble du Gouvernement de Jean-Marc Ayrault – et avecJérôme Cahuzac nous sommes évidemment en première ligne – est à la tâche depuisneuf mois pour redresser nos comptes publics et renouer avec la croissance, quisont les deux piliers de la stratégie du Gouvernement. »

« Dans le domaine desfinances publiques, nous n’avons pas fait l’erreur des précédentsgouvernements. Nous nous sommes attelés, sans délai, à la réduction desdéficits. Nous n’avons pas à rougir de notre bilan, bien au contraire, puisquenous avons réalisé, en quelques mois, ce que nos prédécesseurs n’ont pas réussien dix ans. »

Les conséquences

« En mai 2012, nous avonsconstaté une impasse de 10 milliards d’euros pour réaliser les objectifsaffichés. Nous avons alors pris les mesures nécessaires – plus de 7 milliardsde prélèvements et 1,5 milliards de surgel des dépenses – pour ramener cedéficit à 4,5 % du PIB – la Commission dit 4,6 % hors Dexia. Les premierschiffres disponibles montrent que l’exécution budgétaire a été parfaitementtenue en 2012. La Cour des comptes elle-même […] reconnaît qu’ « un effortd’une telle ampleur n’avait pas été réalisé en France depuis 1994 et 1996».

(quand on se rappelle ce que ça avait coûté à Balladur puisà Juppé et à Chirac… Heureusement que les prochaines élections nationales sontdans cinq ans)

« Cet effort est partagéentre des économies de dépenses publiques pour plus de 10 milliards d’euros etune augmentation des prélèvements de 20 milliards d’euros. Cet ajustement,
nous l’avons fait sans pénaliserla croissance. »

« Nous l’avons fait enpréservant le pouvoir d’achat des plus modestes, à travers des mesures dejustice, et c’est ce qui nous permet de mieux résister. »

«  Pour tenir l’objectif de3% en 2014, nous avons déjà décidé un certain nombre de mesures d’économies.L’effort sera partagé entre les différentes administrations publiques, entreles différents agents économiques. »

« Pour y parvenir, vous lesavez et je veux y insister, le Gouvernement a lancé un grand chantier demodernisation de l’action publique. Cette démarche permet l’examen desdifférentes politiques publiques, par les acteurs mêmes de ces politiques en 2013,plus de 40 politiques publiques feront l’objet d’une évaluation, par lesministères en charge, en associant
les différents acteurs et enremettant les usagers au coeur de nos politiques publiques. »

« Tout d’abord, comme nousl’avons annoncé lors du dernier comité des finances locales, un effort de 1,5Md€ en 2014 et 3 Md€ en 2015 est demandé aux collectivités territoriales, soitun doublement de la baisse des dotations de l’Etat. »

« En matière de retraites,le calendrier de la grande conférence sociale devra être respecté. La réformedes retraites de 2010 mise en oeuvre par le Gouvernement Fillon, dont nousavons corrigé les injustices pour les carrières longues, n’a pas assuré lapérennité de notre système de retraites. »

La stratégie de croissance

« Mais une politiqueéconomique ne peut se réduire à une politique de finances publiques. Dans lemême temps, le Gouvernement déploie sa stratégie pour muscler notre économie etrenouer avec une croissance plus forte, plus durable, plus solidaire, plus inclusive.Plus
que jamais, la croissance etl’emploi restent les objectifs de notre politique économique.
Cet objectif de redressement dela croissance et de renversement de la courbe du chômage, nous ne le perdonsjamais de vue. »

« Nous ne le perdons jamaisde vue au niveau européen, car si la France joue et jouera le
jeu des règles communautairesavec bonne foi, elle ne s’est jamais autant impliquée pour promouvoir àBruxelles le débat sur la croissance et le juste rythme des efforts deconsolidation budgétaire. »

«  Tout d’abord,l’amélioration de la situation économique aux Etats-Unis et en Chine vasoutenir l’activité européenne dans les mois qui viennent. Ensuite, nous sommesextrêmement vigilants sur l’impact du rétablissement de nos comptes publics surl’activité économique. »

(là, je coupe les mesures mises en œuvre ou à venir)

Concluons

« Je lisais encore cettesemaine des éditoriaux se demandant si la France n’allait pas devenir lemaillon faible de l’Europe. Rien n’est plus faux ! J’ai au contraire plaisir àconstater que tous ces efforts de réforme, et notre méthode qui privilégie ledialogue social, la concertation, sont salués bien au-delà de nos frontières,par les organisations internationales d’abord,
mais aussi très récemment – c’estsuffisamment rare pour être souligné – par une agence de notation, Standard& Poor’s, qui souligne, je cite, que « pour la première fois depuis denombreuses années, l’amélioration de la compétitivité des entreprisesfrançaises est devenue une priorité politique », et qui envisage en conséquencede relever la perspective de la note
française. »

« Le Gouvernement de Jean-Marc Ayrault est accusé de tous les maux par ses adversaires. Il est accusé d’incompétence, accusé d’insincérité, accusé de laxisme, accusé de ne pas savoir où il va… Il y a beaucoup d’impudeur de la part de ceux qui ontlaissé le pays dans l’état où il se trouve aujourd’hui, à l’endroit de ceux quiont la responsabilité de le redresser et qui font les choix courageux, des choix justes qui ont été trop longtemps différés. »

Et hop !

11 janvier 2013

Moscobourg et Montevici

Pierre Moscovici est interviewé par le Figaro. Arnaud Montebourg est interviewé par les Echos. Comme vous ne lisez pas ces canards, je vais vous donner des extraits des passages les plus intéressants (pour moi… Pour vous, vous n’avez qu’à le lire…).

Mosco :

A propos de l’investissement qu’il faut relancer : « Le logement, la rénovation thermique, les infrastructures de transport et le déploiement du très haut débit ont été identifiés comme nos principales priorités. » Il faudrait le dire plus fort…

A propos des « 75% » : « les raisons de l'exil fiscal ne sont pas dues à un tel dispositif. La fiscalité ne fait pas tout: à l'époque du bouclier fiscal à 50 % de la droite, il y avait pourtant 700 départs par an. » Ben oui…

Juste après : « Et puis, pour retrouver l'attractivité française, nous devons aussi restaurer nos bases fiscales, en renégociant nos conventions internationales. Nous y travaillons. » C’était l’objet de mon billet à propos de Virgin, avant-hier. Encore une fois, le Gouvernement devrait insister plus sur cet aspect dans sa communication.

Plus loin : « Cela dit, il faut aussi que les Européens s'interrogent sur les moyens d'obtenir plus de croissance, comme le FMI et l'OCDE nous y invitent. » Oui…

Vous avez le droit de lire le reste…

Nono :

A propos de Virgin : « La distribution subit elle aussi un choc de rentabilité car la montée du e-commerce amène à un changement de modèle. » C’était aussi au centre de mon billet à propos de Virgin. Je crois que je vais finir par soutenir le Gouvernement… « Certaines entreprises ont su résister car elles proposent un service de terrain personnalisé, d'autres ont tardé ou n'ont pas su le faire, comme Virgin. » Ben oui.

« Nous préparons au ministère l'entrée de notre pays dans la révolution industrielle en cours en soutenant, finançant les innovations, les nouveaux produits, les nouveaux emplois, les nouvelles usines du 21e siècle. » « Les Américains relocalisent leurs activités, l'Asie investit des milliards dans les nouvelles technologies, l'Europe et la France se réveillent. »

« La France est d'ores et déjà la destination numéro un des implantations industrielles en Europe. » Intéressant.

« Nous créons un programme semblable de relocalisation que nous allons confier à une Agence. » Le problème de ce Gouvernement est qu’il communique souvent en tant que pompier de service (surtout Arnaud Montebourg) en oubliant de dire qu’il y a un travail de fond, derrière. Ce qui manquait dans le Gouvernement précédent…

« La question des 35 heures est derrière nous et n'intéresse pas les partenaires sociaux qui préfèrent se consacrer au marché du travail. Nous avons une durée effective du travail plus longue qu'en Allemagne ou qu'au Danemark dont les résultats sont pourtant meilleurs. » Pas inutile de le rappeler.

Vous avez le droit de lire le reste…

20 décembre 2012

Réforme bancaire

La réforme bancaire présentée par Pierre Moscovici, hier, fait étrangement peu parler les blogs politiques. Qu'en dire ? Qu'on aurait voulu plus mais que c'est déjà une avancée ? Malheureusement, le blogueur de gauche ne sait pas être mesuré alors il va parler de renoncement. On ne sait pas à quoi, d'ailleurs. Le blogueur de gauche plus optimiste dira deux choses. Voire trois s'il se permet de rappeler que la plupart des gens ne connaissent rien au fonctionnement d'une banque. 

Je ne plaisante pas. Vous avez déjà étudié la structure capitaliste que de Crédit Agricole SA ? Allez sur les sites boursiers tels que Boursorama. Vous verrez que "CASA" appartient à 56% à une mystérieuse SAS Rue de La Boétie. Le lecteur dépité se rend compte à ce stade que la plus grosse banque Française (ou la troisième, on s'en fout) appartient pour plus de la moitié à un illustre inconnu. Moi, je sais de qui il s'agit, nananère, mais j'ai une excuse : j'ai bossé pour eux. 

Le blogueur de gauche plus optimiste dira deux choses, disais-je. La première est qu'il reste quatre ans et demi de mandat pour faire le reste et qu'on peut bien faire une sieste maintenant. La deuxième est que les textes importants sont à l'étude au niveau européen et qu'on ne peut pas toujours tout faire tout seul sinon la banque Depardieu va s'installer en Belgique. 

Ensuite, il rappellera ce qu'à dit Mosco vini vici : la France est le pays le plus en avance pour ce qui concerne tout ce bordel. 

Enfin, il rappellera aussi que l'essentiel du texte est là pour protéger les plus démunis, avec des trucs comme la limitation des frais d'intervention et des commissions diverses. 

On ne va pas pleurer sur le sort des braves banquiers mais en deux ou trois ans ils ont perdu une part importante de leurs ressources, via ce texte mais aussi la limitation des commissions pour cartes bancaires et les machins dits de Bâle III, sans compter les taux de crédits particulièrement bas.

Que les actionnaires des banques gagnent moins d'argent pourra nous faire rigoler. Nous sommes gauchistes. Il n'empêche que la SAS Rue de la Boétie est la propriété des Caisses Régionales du Crédit Agricole, elles-mêmes, pour faire vite, propriétés des caisses locales, propriétés des clients qui, pour beaucoup, ont des parts sociales. Je traduits : moins le Crédit Agricole y en à gagner des sous, moins moi y en à toucher de l'oseille. 

Par ailleurs, moins une banque gagne de pognon, moins elle peut accorder de crédits pour faire tourner l'économie puis qu'elle est plafonnée par rapport à ses capitaux propres. 

Enfin, moins elles gagnent d'argent moins elles peuvent investir dans l'informatique et donc faire prospérer des informaticiens.

Ce qui me chagrine personnellement. 

15 novembre 2012

Pan dans les banques !

« Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a levé le voile jeudi sur les contours de sa future réforme bancaire et annoncé notamment l'interdiction du trading à haute fréquence, avec ses millions d'ordres passés par ordinateur, et dont l'utilité est très contestée. » Je lis ça sur Boursorama.

Ce matin, dans la blogosphère, on papote de coup de barre à droite de François Hollande. De pire en pire, il voudrait maintenant interdire des instruments boursiers abominables…

La réforme « imposera à chaque banque la création d'une filiale dédiée aux activités de marché qui ne sont pas directement consacrées au financement de l'économie. » Mon dieu ! Voila François Hollande qui poursuit l’application de son projet.

« Pour ses détracteurs, le trading haute fréquence (ou HFT) permet aux grands opérateurs de ce marché de confisquer les meilleurs tarifs, au détriment des investisseurs ordinaires, qui ne sont toujours servis que dans un second temps. »

Horreur ! Voila maintenant la gauche qui voudrait privilégier les investisseurs par rapport aux gentils spéculateurs.

Ou alors Pierre Moscovici vire communiste ?


19 décembre 2011

Vulgarité totale

« Le 2 janvier, nous serons à pied d'oeuvre parce que nous savons que cette bataille sera rude, avec tous ces snipers, avec cette UMP qui prend ses désirs pour des réalités, qui est dans la brutalité absolue, la vulgarité totale. »

Voila ce qu’a déclaré Pierre Moscovici. Mon copain FalconHill pourra toujours soupirer de voir le niveau de la campagne électorale.

Aujourd’hui, d’ailleurs, il reprend Christine Boutin, qui a menacé de balancer une bombe atomique si l’UMP lui mettait des ballons dans les roues dans sa recherche des 500 signatures.

Ca ressemble un peu à du chantage, non ? Bah… Qu’ils se débrouillent.

Voila la copie d’écran d’un site qui se revendique proche de l’UNI (repéré par Romain). « L’Union nationale inter-universitaire (UNI) est une organisation universitaire française, qui accueille des étudiants, des professeurs et des lycéens. Se revendiquant de « la droite universitaire » selon son propre slogan, l'UNI était généralement considérée comme la « déclinaison étudiante de l’UMP » mais elle s'affirme indépendante de l'appareil politique de l'UMP et se revendique comme organisation étudiante de droite et antigrèves. »

Vous pouvez vous-même lire le slogan affiché sur ce site.

Pierre Moscovici a raison. La vulgarité totale.

15 juin 2011

L'ultimatum de Moscovici pour remplacer la compétence de DSK ?

Je ne sais pas s’il y a pire pour un blogueur politique de se lever à 5h30 en se disant qu’il allait faire un billet à propos de Pierre Moscovici et s’apercevoir que le sujet a déjà été brillamment traité par un confrère.

N’allez pas croire que j’étais en manque de Pandaranol ou que je suis obsédé par Mosco, je me réveille souvent très tôt. Cette fois, c’était aux alentours de 5h15 et je rêvassais dans mon lit au sujet de la politique et de ce que j’avais lu dans l’actualité quand « l’ultimatum » m’est revenu dans la tête…

Mais je n’en retenais qu’une chose : « Je soutiendrais le premier candidat qui reprendra tout le projet de Dominique Strauss-Kahn, c’est comme ça. » J’ai trouvé ça gonflé et surréaliste…

Cela dit, je ne sais pas si beaucoup de candidats attendent le soutien de Mosco et si les partisans de DSK vont suivre automatiquement celui qui s’est déclaré chef de file des Kistes par intérim…

En outre, je vais rappeler que ce n’est pas le programme de DSK qui fait qu’il était très populaire, d’ailleurs personne ne sait ce qu’il y a dans le projet, DSK n’étant pas encore candidat… DSK est apparu, avec son rôle au FMI, comme ayant une stature internationale et parallèlement il jouissait d’une réputation « d’homme très compétent ». Il est ainsi devenu le chouchou des Français jusqu’à sa récente mésaventure.

Cette réputation de compétence m’a toujours amusé puisque moi-même c’est ce que je me disais. Il est compétent. Mais cet argument en sa faveur s’était retourné dans mon esprit au moment de la campagne pour la primaire de 2006, alors que je n’étais qu’un jeune blogueur déjà un peu grassouillet.

Je me rappelle d’une discussion avec Mouloud, alors patron des Monts d’Aubrac, aimable brasserie de l’Avenue de Fontainebleau maintenant détruite (ils ont construit à la place un centre commercial dont j’ai beaucoup moins usage qu’un bistro sympathique). Nous discutions des primaires, il m’avait dit « DSK est compétent. » J’avais alors pensé à mes commentateurs qui répondaient la même chose à mes billets en commentaire. « Ah ! Au moins, DSK, il est compétent. »

Qui sommes-nous misérables terriens issus du peuple et des pieds pour juger de la compétence d’un homme politique, en tant que Ministre des Finances ou Président de la République ? Que connaissons de ces jobs pour juger de qui peut avoir les compétences nécessaires pour les exercer ?

Certes, DSK inspire (ou pas) confiance. Certes, il est séduisant (ou pas) quand il cause. Certes, son projet politique nous plait (ou pas). Mais de là à juger de sa compétence...

C’est comme moi, je n’ai absolument compétence, visiblement, pour parler de Pierre Moscovici. Je laisse donc la parole à Romain P. Je me suis bien amusé en lisant son billet.

Quant à moi, c'est la première fois que je fais un billet pour attirer les trolls Moscovicistes. J'espère que j'aurai autant de succès qu'avec les Ségolénistes.

(photo)

09 septembre 2010

Fourre-tout communicatif et fiscal

Quand j’ai vu ce twit de RTL, ce matin, dans le métro, j’ai bondi, écumant de rage, crachant sur mes voisins abasourdis, pissant sur vielle dame qui faisait la manche… Toujours la même manière qu’ont les médias de traiter l’actualité. Le twit (image à gauche, en haut) se lit ainsi : « Ces fumiers d’opérateurs téléphoniques augmentent leurs tarifs » alors que la vraie information est « le gouvernement augmente la TVA au détriment des consommateurs tout en disant qu’il n’est pas là pour augmenter les impôts ».

Je ne vais pas tergiverser sur ce fait divers de communication : ce billet est un fourre-tout. Ainsi l’ai-je décidé et je suis à peu près le seul à décider de la ligne éditoriale de ce blog, mon barman ayant, semble-t-il, un poil dans la main.

Je ne vais pas jeter la pierre à RTL. Il est difficile de faire de la communication en 140 caractères. Les hommes politiques devraient pourtant s’habituer. Par exemple, hier, j’ai voulu retwiter une communication du Parti Socialiste (notre image à gauche). Pierre Moscovici est incapable de faire une phrase qui tienne dans un twit. Les Jospiniens DSKistes devront faire des efforts pour suivre la communication moderne… ce qui ne grandira pas la langue française.

Pour revenir à l’augmentation de la TVA sur les box, j’espère que les gauchistes qui ne vont pas manquer de monter au créneau – les mêmes qui gueulaient contre la baisse de la TVA dans les bistros, comme quoi on n’a pas tous les mêmes priorités – sur le bon sujet : l’augmentation d’une taxe sur la consommation et pas une connerie annexe comme une énième attaque d’Internet par la droite…

Le taux réduit de TVA sur les box a forcément eu une justification, un jour, notamment pour favoriser l’accès des ménages à Internet en haut débit mais toute niche fiscale a une justification. Ben ouais, le taux réduit de la TVA sur les box est une niche fiscale alors que le taux réduit de la TVA sur la restauration permet de rattraper une anomalie : une différence de taxation sur les produits alimentaires entre le Leclerc à côté de chez moi et la Comète, le bistro voisin.

A propos de niches fiscales, « ils » feraient mieux de gueuler contre les projets fiscaux du gouvernement, dont au sujet desquels je ronchonnais déjà hier. Je me cite : « Tiens ! Le débat sur les retraites a masqué la préparation du budget 2011 par le gouvernement et deux informations fortes à propos des niches fiscales et du bouclier du même métal :
  1. les incitations fiscales seront maintenues pour les investissements dans les PME,
  2. les exonérations pour les « investissements verts » seront diminuées.
Traduction en clair : la première mesure favorisera ceux qui sont capables de montages financiers complexes alors que la deuxième lèsera les gens qui travaillent notamment les patrons, artisans qui fabriquent des fenêtres à double vitrage, qui installent des velux ou des panneaux solaires, des ouvriers qui remplacent des chaudières, … »

On n’est jamais mieux cité que par soi-même mais on en sait un peu plus aujourd’hui. Le gouvernement confirme qu’il y aura bien un rabotage des niches fiscales pour 10 milliards (c’est une grosse somme, je la traduits : c’est l’équivalent d’une bière tous les cinq jours pour chaque français, au tarif de la Comète).

On n’a pas fini de rigoler : « Le gouvernement a déjà annoncé qu'il entendait dégager 3,2 milliards d?euros de recettes auprès des assureurs et des mutuelles pour financer la dette sociale. » Ah ! Bien ! Et elles le prennent où, le pognon, les assureurs et les mutuelles ? Sur les cotisations qui augmentent au prétexte d’une baisse de la prise en charge de plein de trucs par la sécu. On tourne souvent en rond dans cette histoire. Je me demande si le système est vraiment très sain.

« Les niches fiscales relatives à l’Outre-Mer seront épargnées » ! Ah ! Les pauvres vont pouvoir se payer une résidence secondaire en Guadeloupe plutôt que de gueuler qu’ils n’arrivent pas à remplacer la chaudière.

« Les niches dont bénéficient "les publics fragiles" et le crédit d'impôt pour l'emploi à domicile seront également préservées, a confirmé M. Baroin. » Oui ! Les gens qui ont les moyens d’avoir des emplois à domicile sont très certainement un public fragile. Alors, les pauvres, vous embauchez quand une bonne à tout faire ?

« Parmi les niches sur la sellette, le ministre a cité "la réduction d’impôt au titre des dons, qui irrigue une partie non négligeable de la politique sociale". » et le financement de l’UMP ?
« François Baroin a une nouvelle fois exclu une "hausse générale des impôts", tant que "Nicolas Sarkozy sera président de la République" car "nous sommes allergiques à toute augmentation d'impôts". » Un peu plus loin : « Cela devra se faire, écrivait-il, "par la suppression de nouvelles niches fiscales et sociales ou, à défaut, par une hausse progressive de la CRDS" ». Vive la cohérence… On augmente ou on n'augmente pas, alors ?

Alors les Internautes vont s’en foutre, gueuler contre la hausse de la TVA sur les box populaires sans se demander si une vraie politique fiscale ne serait pas de baisser la TVA sur les raquettes de Tennis, les vélos, les ballons de foot et autres machins de plein air et fatigants plutôt que sur des machins qui permettent aux mômes de rester des heures devant leurs écrans et de finir joufflus comme des blogueurs kremlinois.
Mais c’est une hausse de l’imposition sur la consommation : vous pouvez tirer.

31 juillet 2010

Bien qu'habitant le Kremlin (Bicêtre), je ne suis pas Moscovite

« En 2002, 82 % des Français ont rejeté ce discours de stigmatisation et d’exclusion. Ce n’est pas pour le voir réapparaître, huit ans après, dans la bouche du président de la République. »

C’est Pierre Moscovici qui le dit dans son dernier billet de blog. Il l’avait twitté, hier, et j’étais tombé dessus en attendant mes camarades pour le Kremlin des Blogs improvisé par Mip. Donc je ne ferai aucun compte rendu (à part qu’on a fini à 2h30…).

Je suis toujours consterné quand je vois un politicien chercher une petite phrase à glisser et se planter lamentablement et broder autour des chiffres.

Je rappellerais uniquement que Lionel Jospin ayant fait 16%, on peut en conclure que 84% des français ont voté contre lui. Quinze jours plus tard, on se précipitait pour voter pour Jacques Chirac, tellement nous avions honte de ce qui était arrivé, ce 21 avril. Quelques mois plus tard, nous avions honte de notre propre vote, d’avoir cédé à une précipitation officiellement républicaine alors qu’il aurait fallu s’abstenir. Tout simplement.

De toute manière, Jean-Marie Le Pen n’aurait pas été élu et tant bien même il aurait été élu, il n’aurait jamais eu une majorité pour gouverner. Nous avons été ridicules, sur ce coup. Cinq ans après, Nicolas Sarkozy gagnait une élection qui était imperdable pour la gauche. Et maintenant, Nicolas Sarkozy est toujours Président de la République, l’insécurité croit tous les jours.

Et Pierre Moscovici s’indigne. « Affirmer un lien de causalité entre immigration et délinquance est ignoble. » Il a probablement raison, c’est ignoble, on attend autre chose d’un Président de la République. Cela dit, j’aimerais bien voir les stats.

En fait, non. Je m’en fous. La gauche doit arrêter de tenir ce genre de discours. On s’en fout de convaincre notre propre camp de l’ignominie d’un Chef de l’Etat : il l’est déjà. Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est aller chercher les 5 ou 6% de voix des retraités qui pourraient être tentés de voter à nouveau pour celui qui est responsable de la sécurité de notre pays depuis 8 ans.

Il a échoué. Et nous, on continue à passer pour des guignols.

Il faut répondre à Nicolas Sarkozy par du concret. Tiens ! Dans son discours, hier, il annonce des « peines planchers » de 30 ans pour les tueurs de flics. Belle annonce ! Comme si un type assez givré pour penser à en dézinguer un autre s’occupait de la durée de la peine qu’il risquait avant de passer à l’acte !

On nous prend pour des guignols et on laisse faire. J’imagine très bien un gars comme l’Hérétique qui n’est pas Sarkozyste mais n’est jamais le dernier à vouloir punir se réjouir de ce type de mesure. Comme si elle allait changer quelque chose.

Il faut rappeler aux français que Nicolas Sarkozy a échoué en matière de sécurité, qu’il nous pond des lois dès qu’un truc se produit mais sans jamais donner les moyens aux forces de l’ordre de faire leur boulot. Au contraire, on leur demande du chiffre, du chiffre, du chiffre, … Alors ils produisent des stats. Un peu plus et on aurait plus de policiers à calculer des indicateurs qu’à patrouiller, sur le terrain.
Et Pierre Moscovici s’offusque, pousse un cri indigné qui ravira la vieille rombière sympathisante qui lira ses propos dans Libération, peinardement assise en terrasse de la Comète parce que le bistro est branché.

Pendant ce temps, l’électeur vieillissant et indécis se dira « ils font chier à gauche, très forts pour dénoncer des conneries mais jamais dans l’action. »

J’en parlais avec un copain au KdB, hier. Il est de la même tendance que Mosco, au PS, je ne vais donc pas dire de qui il s’agit au cas où l’on me lise. J’étais affligé, il ne me laissait pas en placer une, persuadé que l’électeur attend qu’on lui dise : « En 2002, 82 % des Français ont rejeté ce discours de stigmatisation et d’exclusion. Ce n’est pas pour le voir réapparaître, huit ans après, dans la bouche du président de la République. »

Il m’engueulait ! « Mais tu ne connais rien à ce qu’attend l’électeur ! »

Ben si. Et c’est le problème du Jospinien de base, devenu DSKiste par la force des choses. Tellement persuadé de connaître mieux l’électorat que les autres qu’il n’en ouvre pas les yeux.

En 2012, il y a deux tours à franchir. Le temps est venu de sortir les doigts de son cul : on ne gagnera pas une élection en stigmatisant un gugusse en l’accusant de stigmatiser je ne sais quoi. On gagnera une élection en montrant qu’il a échoué et en prouvant que nos propositions sont les meilleures.

Bordel. Si je puis me permettre. Et l'autre : "J’appelle solennellement tous les républicains de ce pays à dénoncer avec la plus grande énergie ces propos, et à s’unir pour combattre ensemble, par delà les différences de sensibilité, les mesures que ces propos pourraient inspirer."

On était au bord du gouffre, on a fait un grand pas...

03 juin 2010

Soyons primaires

L’actualité politique « politicienne » est riche en détails amusants pour en tirer quelques billets. Celui-ci est déclenché par quelques twits hier soir et par deux brèves lue dans un quotidien gratuit, ce matin. Par quoi commencer ?

D’accord ! Les twits d’hier. J’étais accoudé au comptoir de la Comète avec Tonnégrande, ce qui n’est pas une information en soi, et FalconHill, ce qui est plus surprenant. Mon twitter a commencé à s’agiter autour d’une formation : Jean-Pierre Chevènement n’exclut pas d’être candidat en 2012.

C’est le type même d’information qui n’intéresse personne, à part pour savoir qu’il était encore dans la politique. Un peu comme on prend des nouvelles d'un vieil oncle. Elle ne m’a surpris : elle était déjà à peu près dans mon blog depuis vendredi dernier.

N.B.Ce qui me fait rigoler est que l’information était twittée par des braves gens qui voudraient faire des blogs un média alternatif mais ne lisent pas les blogs, juste les dépêches AFP.

Jean-Pierre Chevènement refuse de participer aux primaires du PS, plus exactement « au "simulacre" de primaires organisées par le Parti socialiste à l'automne 2011 pour désigner le candidat de la gauche à la présidentielle 2012. » J’ai entendu la même chose dans les pixels de quelques blogueurs du Parti de Gauche.

« Avec cet "arrangement entre trois des candidats potentiels, il n'y a plus de primaires", a renchéri Jean-Luc Laurent, maire MRC du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) qui ne voit désormais dans ce processus qu'une "désignation d'un candidat socialiste par le PS". »

Ah ! Ca y est ! Je me rappelle pourquoi je m’intéresse à Chevènement : le maire de ma commune est un des principaux cadres du MRC et je lis son blog. Je n’ai pas l’habitude de dire du mal de lui mais…

Je ne sais pas s’il y a un arrangement entre ces trois là, mais je ne vois pas qui d’autre, à gauche, aurait une chance de remporter la Présidentielle puisque c’est bien de ça dont il s’agit. Je suis désolé mais effectivement, ni Chevènement ni Mélenchon n’auraient la moindre chance de remporter ses primaires… mais j’ai du mal à croire en leur chance de passer le premier tour des élections Présidentielles.

Il me semble que les primaires auraient été l’occasion de débattre sérieusement pour poser un projet puis, après l’élection, de réunir toutes les forces de gauche pour aider le candidat à porter un projet devant les Français. Mais non. On a encore une majorité des militants qui pensent que les électeurs vont voter pour un projet. La gauche ne risque pas de récupérer l’Elysée…

Tiens ! J’en viens à la deuxième des deux brèves lues ce matin. Pierre Moscovici proteste aussi contre cet arrangement dénoncé par Jean-Luc Laurent. Par contre, il annonce qu’il sera candidat si DSK ne l’est pas ! Ce n’est pas un arrangement ?

A propos de DSK, la deuxième brève, lue dans le même gratuit… Il parait qu’il serait le candidat du PS à pouvoir battre Nicolas Sarkozy au premier tour des élections. Je rappelle à nos honorables journalistes que le but de l’élection n’est pas d’arriver en tête en tête au premier tour mais au second. Son score du premier tour n’est pas spécialement un atout pour DSK.

Ce sondage mériterait d’ailleurs d’être affiné : on ne connaît pas les forces en présence. Ca risque d’ailleurs d’être rigolo : un candidat Europe Ecologie, un de Cap 21, un du PS, un du MRC et un du Parti de Gauche. Ca en ferait quatre de ma famille politique. Si DSK est le candidat du PS, un tiers des électeurs traditionnels du PS vont voter Mélenchon et un autre tiers sûr que DSK sera en tête, se précipitera pour voter pour Corinne Lepage ou Cécile Duflot pour rappeler au PS que, je cite : « l’environnement, c’est important, nananère. »

Et hop ! On recommence 2002. On va se retrouver avec DSK à 15%... Vive les sondages ! A mon avis, DSK fanfaronne parfois dans les médias mais il y a un risque qu’il ne prendra pas… Moscovici peut donc se préparer à défendre sa candidature. Gérard Collomb aussi, crois-je me rappeler.

D’ailleurs, j’en viens au twit de ce matin. Il parait que François Bayrou va se recentrer. Ce qui veut dire : revenir à droite. Il se rapprocherait de Nicolas Sarkozy. Il faut dire que Dominique de Villepin doit annoncer la création de son parti politique le 19 juin. S’il crée un parti, j’imagine que c’est pour se présenter aux Présidentielles. Nicolas Sarkozy a besoin de Bayrou pour faire de l’ombre à Villepin. Si Bayrou jette l’éponde, Villepin se retrouverait au deuxième tour avec toute la gauche votant pour lui, pour écarter l’actuel Président de la République.

Tout ça n’est que de la politique à la petite semaine comme j’aime. Marine Le Pen aussi, probablement...

Il n’empêche qu’il faudrait voir à ne pas trop faire les cons, à gauche. On a besoin de toutes les forces. Les modalités pour les primaires ne sont pas encore décidées. On peut toujours tout négocier.

Tiens ! Je vais mettre une photo de Bayrou pour faire plaisir à l’Hérétique. J'aurais pu mettre une photo d'Arnaud, c'est son anniversaire ! Que je lui souhaite bon (à part pour ce qui concerne la lecture de ce billet) !

17 novembre 2009

Ségolène Royal et Vincent Peillon sont dans un bateau qui coulent


Je n’ai donné qu’un bref avis sur le machin entre Ségolène Royal et Vincent Peillon, à Dijon, ce week-end. C’était, hop : « Petit 1 : Ségolène Royal n’avait pas à se pointer à une foiridon où elle n’elle n’était pas invitée. Petit 2 : Vincent Peillon aurait du la fermer. » Il est temps que je me reprenne.

Je suis toujours d’accord avec moi-même mais la position de Dedalus m’éclaire un peu. Voilà sa conclusion « L’ambition n'est pas à gauche l'apanage de Ségolène Royal, force est cependant de constater que chez elle cela surpasse tout, au point qu'elle serait prête à lui sacrifier sa famille politique, ses amis et ses convictions. En cela pour le moins elle ressemble étrangement à un certain Nicolas Sarkozy. » Que cela ne vous empêche pas de lire reste…

Poursuivant ma lecture des blogs, je suis tombé sur cet article de Betapolitique qui estime que « elle a raison. Elle pourrait très bien être à nouveau désignée comme candidate lors des primaires compte tenu de la configuration que celles-ci sont en train de prendre au PS. » Car « elle a visiblement mieux compris que quiconque au PS comment fonctionnait son époque : la médiatisation en guise de stratégie, la personnalisation en guise d’idées et l’égoïsme en guise de morale. »

« Si elle reste en effet l’une des meilleures « clientes » politiques des médias, sa crédibilité présidentielle est désormais fortement réduite ».

En fait, il faudrait presque la bloquer maintenant tant il est à peu près évident qu’elle n’a aucune chance de battre Nicolas Sarkozy dans un deuxième tour. D’une part, il a prouvé qu’il était une bête de communication et, d’autre part, ça ne sera pas la première fois qu’un « président sortant » se présente après avoir connu un large creux dans sa cote de popularité. J’ai bien peur que quelques copains blogueurs Ségolistes ne soient pas un peu trop optimistes.

D’ailleurs, on peut même se demander si elle passerait un premier tour ou si elle ne risque pas, plutôt, de subir un remake du 21 avril 2002…

Eternel débat, mais je pense que le PS a d’abord intérêt à se positionner comme force de gauche et pas allié potentiel avec les centristes. On ne va pas refaire le débat ce soir : j’ai mieux à faire.

Dans l’attente, je suis assez d’accord avec Pierre Moscovici. « Rocard-Mitterrand, ça avait du sens et de la gueule. Jospin-Fabius, ça avait du sens et de la gueule. Aujourd'hui, les courants du Parti socialiste, ça n'a ni sens, ni gueule ».

Ce qu’il y a d’amusant c’est que c’est un blogueur Modem, l’Hérétique, qui m’inspire ce billet, alors qu’il évoque tout autre chose. Le PS, à force de se poser les mêmes questions, pourrait très bien brillamment remporter les prochaines régionales car les électeurs ont confiance dans les élus socialos qui gèrent les régions alors qu’ils ne connaissent pas ceux qui semblent effrayer certains militants du PS aujourd’hui, en vue de ces élections : Europe Ecologie.

Je vais donc faire plaisir à l’Hérétique : beaucoup donnent le Modem pour moribond, mais s’il travaillait sans le PS, il pourrait attirer des électeurs de centre droit qui seraient dégoutés de la mainmise de l’UMP sur à peu près tout, voire par le torpillage en cours de la fiscalité locale. A force de vouloir se donner une image à gauche en participants à tous les machins proposés par Vincent Peillon ou Ségolène Royal, le Modem pourrait, par contre, se trouver marginalisé.

Pour ma part, j’aime bien ces calculs d’apothicaire préparatoires à toutes élections et je ne vais pas m’empêcher de continuer à sortir des théories foireuses dans mon blog.

Toujours est-il que si le PS est capable de gagner ces régionales en prouvant qu’avec ses alliés traditionnels il a les personnes les plus compétentes pour diriger des régions, il pourrait en prendre de la graine au niveau national. Et arrêter d’organiser des réunions en dehors du parti pour montrer une cacophonie grotesque et des guéguerres de chefaillons.