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08 novembre 2015

L'opportunisme illustré par Nicolas Hulot à NDDL

Nicolas Hulot n'est pas content et le dit dans Mediapart qui aime bien accueillir tout ce qui est opposé au gouvernement. Il pense que c'est maladroit d'annoncer la reprise des travaux pour l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes juste avant la « COP 21 ». Il fait une tribune. Je vais lui répondre.

« J’ai une exigence, celle de la vérité. Une liberté, celle de mes mots. Une volonté, celle de tout faire pour que la COP21 soit un succès. L’annonce de la reprise des travaux du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes à moins d’un mois du début de la conférence de Paris est pour le moins inopportune. » La vérité est qu'annoncer la reprise après la COP21 aurait été prendre tout le monde pour des cons. Parler de vérité est un scandale et sous-entend que les autres sont des menteurs.

«  Serait-ce lié à des considérations électorales ? » Je te remercie d'admettre enfin que cet aéroport est attendu par la population tant il est indispensable.

« NDDL n’est pas l’alpha et l’oméga de la réussite de la COP21, mais un geste de l’Etat sur ce dossier serait un superbe symbole. Un gage de l’exemplarité du pays qui, en choisissant d’accueillir la COP21, a pris une responsabilité historique. » Certes mais moi aussi je peux raconter n'importe quoi et dire que ce serait un superbe symbole de lancer la construction de cet aéroport beaucoup moins polluant que les autres à l'occasion de la COPmachin et un magnifique signe pour le monde entier de voir la suppression progressive d'un aéroport en centre ville de Nantes, nuisant à la santé physique et mentale de centaines de milliers d'habitants, détruisant l'écosystème du lac de Beaulieu, mettant en danger de mort tous les habitants qui voient les avion défiler au dessus de leur tête, en plein cœur d'une grande métropole.

« Pourquoi s’enfermer dans un choix déraisonnable ? » Oui. Bonne question. Pourquoi s'entêter dans des positions délirantes ? « N’ayons pas peur de le dire : les alternatives n’ont pas été suffisamment considérées par l’Etat et la transparence n’a jamais été la règle sur ce dossier. » C'est tout simplement faux, il y a eu des enquêtes, des études et tout ça. Dire le contraire est du mensonge, très amusant de la part d'un lascar qui commence sa bafouille en disant « ayons une exigence de vérité ».

Je vais néanmoins résumer : il n'y a pas 36000 alternatives. Petit 1 : NDDL. Petit 2 : Nantes Atlantique. Refaire cet aéroport coûterait aussi cher que faire l'autre (il faut détourner une ligne de train) et ne résoudrait pas des problèmes.

« Jamais il n’a été démontré que la construction de ce nouvel aéroport était la meilleure option. » Si, ça l'a été. Et tous ceux qui ont essayé de démontrer le contraire ont été couverts de ridicule.

« Mais, si les conditions d’une remise à plat du projet et de l’étude sérieuse de ses alternatives étaient réunies, menée par des experts indépendants, mobilisant la parole et l’expertise citoyenne, autour d’un comité de concertation accepté par toutes les parties, je n’aurais aucun mal à en accepter les conclusions. Les parties prenantes pourraient aussi s’y engager. » Il se répète un peu le gars, alors je vais insister : comment veux-tu (si je puis me permettre) que l'on trouve un comité de concertation accepté par toutes les parties alors qu'une des parties à une posture purement idéologique.

Je ne critique pas. Les écolos doivent évidemment lutter contre le transport aérien mais ils doivent le faire en bonne intelligence sans refuser systématiquement tous les arguments, coupant court à toute discussion. Le nouvel aéroport sera un des moins polluants au monde ; il ne provoquera pas un accroissement du trafic (du moins, ce n'est pas lui qui le provoquera), il permettra de récupérer des surfaces au cœur de Nantes pour des constructions, limitant ainsi l'étalement urbain, il sera l'occasion de la construction d'une ligne de TGV entre Rennes et Nantes, limitant ainsi l'usage de la voiture, il permettra de préserver des centaines de milliers de brave gens.

Jeter tous ces arguments au nom de la communication politique, parce que c'est bien de cela dont il s'agit est bel et bien du foutage de gueule, de l'opportunisme et tout ça.

Nicolas, tu n'es pas élu. Tu fermes ta gueule et continue à faire ton boulot : gagner de l'argent et de la notoriété en faisant le guignol en hélicoptère.

Au fait, Médiapart est le seul machin à avoir accepté ta bafouille ?

27 décembre 2014

La gare de Notre-Dame-des-Landes

Sur ce schéma, il manque Loudéac, Saint Brieuc et Vannes qui m'intéressent plus. Allez ! On va dire : Vannes, 50 minutes et Loudéac et Saint Brieuc 1h45 !

Il représente le temps de transports en train entre les principales villes de Bretagne et le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes alors que ce transport semblait le "parent pauvre" des présentes présentation du projet, au point d'être critiqué dans le rapport commande par Jean-Marc Ayrault. 

Vous en saurez plus en cliquant là, puis, si vous avez un peu de courage, en lisant le pdf (le rapport date de juillet).

02 septembre 2014

Le coût de l'annulation de Notre-Dame-des-Landes

On le sait (ou pas), j’étais partisan de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. On le devine (ou pas), le remplacement de Jean-Marc Ayrault par Manuel Valls devrait marquer la fin de ce truc, ce qui a été confirmé récemment par Daniel Cohn-Bendit (mais de manière indirecte : à ma connaissance, ce n'est pas lui qui décide).

Terra Eco sort aujourd’hui un article sur le coût de l’abandon du projet.

Le coût du projet était estimé à 556,5 millions d’euros dont 256 millions à la charge de l’Etat. Les opposants avaient lancé des estimations et expliqué que l’aéroport coûterait environ 3 milliards. C’était évidemment n’importe quoi puisqu’ils intégraient au coût la construction d’une ligne de TGV entre Rennes et Nantes. On va donc l’estimer à la louche à environ un milliard, dont la moitié à la charge de l’Etat et le reste à la charge de Vinci.

La Direction Générale de l’aviation civile avait estimé le coût de la réfection de Nantes Atlantique à 825 millions, incluant la perte d’exploitation pendant sa fermeture pour les travaux.

Les experts indépendants mandatés par les opposants à NDDL ont estimé ce coût à « 475,8 millions d’euros […]. Soit plus de deux fois moins que les 825 millions prévus par la DGAC ! » Notons que ça ne fait pas « plus de deux fois moins » mais 60%.

Coupons la poire en deux (comme tous les militants, moi le premier, ils prennent les chiffres qui les arrangent) : le prix devrait être de l’ordre de 600 millions, soit un peu plus que le coût à la charge de l’Etat si NDDL se fait. Si on ajoute que les terrains de NA ne pourront pas être vendus et que Vinci devrait obtenir des compensations, je me demande si l’annulation de NDDL ne sera pas effroyablement cher…


La suite au prochain numéro.

14 avril 2014

Le campagnol terrassa la pelleteuse

Le campagnol amphibie (arvicola sapidus) aura probablement raison de Notre-Dame-des-Landes. Le triton crêté (triturus cristatus) lui prête main forte dans ce débat au cours duquel on aura tout vu mais c’est bien notre campagnol qui est le dernier rempart contre les bulldozers de Vinci. Ces deux bestioles ont toute ma sympathie : je suis un vieux lecteur de La Hulotte et j’aime bien tous ces machins qui occupent nos campagnes. Ces deux machins sont en voie de disparition en France.

Quand j’ai vu que Jean-Marc Ayrault quittait le gouvernement, j’ai fait mon deuil de cet aéroport que j’ai pourtant beaucoup défendu. La nomination de Ségolène Royal au ministère de l’environnement n’a fait que confirmer mon impression (c’est sa région qui avait le plus à perdre du déménagement de l’aéroport, notamment les Deux-Sèvres et la Vienne qui sont très éloignées de Bordeaux).

Sales bêtes.

En fait, j’ai même pensé que Manuel Valls annoncerait la suppression de l’aéroport pour que les écolos restent au gouvernement. J’ai bien fait de ne pas parier.

Comme si la construction d’un aéroport allait sauver ces braves bêtes.

Dans le grotesque, on frise le sublime. Les écolos soutiennent des paysans pendant qu’un sympathique campagnol est victime des pesticides, d’autres bestioles importées, de machins pour dézinguer pour ces mêmes bestioles trop envahissantes et nocives pour les cultures, de l’aménagement des berges, la chasse aux rats,… Tiens ! Voilà un joli PDF. Dans la section « La fragmentation des habitats dans la conservation de l’espèce », on voit que la disparition de ce machin est liée aux écolos ou aux paysans. « On note ainsi la modification des pratiques agricoles conduisant à l’usage de pesticides, au surpiétinement des berges par le bétail ou au drainage et au remblaiement des zones humides. »

Une recherche internet montre subitement un tas d’écolos de salons se mettre à défendre cette bébête dont ils n’avaient jamais entendu parler avant d’avoir épuiser tous les autres arguments contre Notre-Dame-des-Landes.

Ce campagnol est le rêve pour le gouvernement : il donne l’occasion d’arrêter le projet, d’en sortir par le haut. C’est beau.

24 février 2014

NDDL ou la cuisse

« Faute d’avoir tenté de trouver un compromis acceptable par tous sur le dossier épineux de Notre-Dame-des-Landes, le Premier ministre se retrouve lesté d’un boulet qui pourrait à terme lui être politiquement fatal. » La presse se lâche, ce matin, contre Jean-Marc Ayrault suite aux événements à Nantes, samedi. Là, c’est Dominique Garraud, dans la Charente Libre. Je vais lui poser une question : quel compromis peut-il trouver ? D’un côté, il y a des gens qui veulent un aéroport, de l’autre des types qui n’en veulent pas. Quel compromise veut-il ? On ne construit qu’une piste sur les deux ?

La presse évoque une cassure au sein de la majorité et attend que Jean-Marc Ayrault soit viré ou que les écolos soient mis à la porte du gouvernement. Elle ferait mieux d’évoquer le fond du dossier : la construction de cet aéroport est-elle nécessaire ? Quelles sont les conséquences du déménagement de l’aéroport sur l’environnement sont-elles mauvaises ?

La presse pourrait aussi parler des événements de lundi plutôt que de se lancer dans la politique politicienne. Ces événements sont graves et il y a de quoi être inquiet. Ils sont graves car on a dépassé le stade des simples manifestations ou de la guerre des boutons dans le bocage.

L’ami Sarkofrance a fait un billet à ce sujet. Je vous invite à le lire, ainsi que les commentaires. Les opposants sortent de nouveaux arguments :
-         Les Français sont majoritairement contre l’aéroport. Un sondage l’indique. Comme si, sérieusement, les Français pouvaient majoritairement avoir une opinion sur ce truc.
-         Jean-Marc Ayrault est vendu à Vincy. Bonjour le niveau…
-         Les vandales ont été poussés par l’Etat qui a organisé toute la casse. Comme si cela pouvait être son intérêt. C’est d’ailleurs rigolo. Ce sont les mêmes qui disaient que les cathos étaient des casseurs pendant les manifs pour tous.

La vérité est que la plupart des arguments des opposants sont tombés un à un. Le combat est devenu complètement politique. Les opposants n’ont plus rien à cirer de l’aéroport, de ce qu’il pourrait apporter. Ils n’ont plus d’arguments sérieux pour le critiquer. Ils veulent se faire Jean-Marc Ayrault. D’ailleurs, Jean-Luc Mélenchon l’a quasiment avoué.

On se retrouve avec une bande d’andouilles qu’il faut bien qualifier de réactionnaires qui s’oppose par principe à tout nouveau projet.

C’est con…

20 décembre 2013

Notre-Dame-des-Landes : c'est signé !

Le préfet a signé les décrets permettant la construction du nouvel aéroport ! Cela étant, cette information sera très prochainement dans la presse (si ce n'est pas déjà le cas) et tourne dans Twitter.

Alors, pourquoi en fais-je un billet ?

Petit 1 : ça ne fait pas de mal. Aussi bien, je serais le premier (mais à perdre du temps à écrire des conneries, ça ne risque pas).

Petit 2 : mon billet de ce matin était trop long.

Petit 3 : depuis quelques jours, il tourne une rumeur disant que si la signature était annoncée imminente, ce n'était que du bluff. Cette rumeur est une nouvelle intoxication des opposants, une de plus, depuis que je m'intéresse à ce débat. Ca commençait à me fatiguer.

Ce n'est pas une rumeur : l'aéroport va être construit. Nous sommes dans un Etat de droit.

20 novembre 2013

Accord de Bruxelles pour l'aide de l'Etat pour la construction de Notre-Dame-des-Landes

Presse Océan déclare aujourd'hui que les instances européennes ont confirmé que l'aide de l'Etat pour la construction de NDDL est conforme à la réglementation Européenne.

Le montant de la subvention est de 150 millions d'euros soit un montant dérisoire.

Presse Océan rappelle également que l'Europe étudie toujours le respect du machin pour ce qui concerne la réglementation relative à l'environnement.

Cette information est l'occasion de rappeler que le coût de ce projet est essentiellement supporté par un opérateur privé, la collectivité ayant à sa charge cette subvention et les routes d'accès. Si le coût de la construction de l'aéroport dérive, les frais seront à la charge du concessionnaire...

En outre, il ne s'agit pas d'un PPP traditionnel : l'Etat ou les collectivités ne paieront pas un loyer ! Les compagnies aériennes paieront une redevance qui sera évidemment refacturée aux usagers qui bénéficieront de cet aéroport.

07 novembre 2013

Pourquoi je suis pour NDDL

C’est rigolo, de plus en plus de lecteurs de blogs découvrent que je suis favorable à la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Certains m’inventent même des motivations. Il y a bien sûr les traditionnelles andouilles qui pensent que je suis par réflexe Jean-Marc Ayrault. Ils sont amusants : ils ne jugent mes actions que par un éventuel positionnement par rapport au gouvernement alors qu’eux-mêmes sont incapables de penser sans ce prisme. Récemment, une blogueuse a dit que je soutenais parce que je ne voulais pas prendre l’avion.

Je ne soutiens pas NDDL pour des raisons personnelles : j'habite à 8 km d'Orly. En plus, j'ai horreur de prendre l'avion. Je ne le fais que pour des raisons professionnelles et uniquement si le train ne me permet pas de faire l'aller retour dans la journée dans des horaires normaux. Par exemple, je vais parfois à Bordeaux pour des séances (réunion et repas) de six heures. Je peux le faire en avion en partant de chez moi à 7 heures et en étant de retour à 19 heures. Le train me rajouterait trois heures.

Mon premier employeur était une boîte d'informatique de Loudéac. Le patron était une sorte de génie pour estimer le besoin des clients. Il avait en particulier développé un logiciel pour une entreprise d'assemblage de camions personnalisés, qui permettait de commander automatiquement les pièces (du châssis au boulon) en fonction des demandes des clients. Il n'a jamais pu le vendre ailleurs que dans les alentours car il ne pouvait pas aller voir des clients dans la journée. Et des assembleurs de camions, dans le Centre Bretagne, il n’y a en a pas des milliers…

J'ai bossé à Vannes de 1990 à 1993. La boîte d’informatique a fermé quelques années plus tard parce qu'il fallait trois jours pour passer 8 heures chez un de ses clients hors Bretagne. Je me rappelle d’un déplacement à Dijon pour une réunion de deux ou trois heures. C’était avant que le TGV arrive au sud de la Bretagne. Ca avait été épique !

En tant que Parisien, j'ai eu comme fournisseur une société spécialisée dans l'évaluation de la sécurité des systèmes d'information basée à Rennes. Elle a fermée parce qu'elle ne pouvait avoir une clientèle que sur Paris, Rennes et Nantes.

Mon oncle était commercial pour une boîte qui vendait des machines outil pour des abattoirs. Il n’a pas pu finir sa carrière professionnelle car il s'était détruit la santé en voiture à sillonner la France.

Voilà la première raison qui me pousse à être pour la création d'un grand aéroport pour le grand ouest : c'est la seule solution pour des entreprises du grand ouest puissent avoir des débouchés commerciaux en dehors du grand ouest et de la région parisienne.

Je bosse dans une boîte parisienne avec des partenaires à Strasbourg, Lille, Bordeaux, Toulouse et Limoges. Toutes nos réunions doivent avoir lieu dans nos locaux (ce qui m'arrange) parce qu'il est impossible d'organiser des réunions ailleurs.

Voilà ma deuxième raison d'être favorable aux grands aéroports régionaux. Et ceux qui sont contre n'ont pas réellement de contraintes professionnelles ou n'ont pas vécu ça. Tout le développement économique de la France est basé sur Paris voire un axe Lille Marseille.

Il y a eu récemment des événements qui montrent que les Bretons sont inquiets pour le développement économique de leur région. Maintenant, vous prenez une carte du Grand Ouest et vous réfléchissez aux meilleurs endroits pour des aéroports : il en faut à la pointe, près de Brest et de Quimper, parce que ces deux bleds sont au bout du monde. Et il en faut un à proximité de Rennes, Nantes et Vannes, voire Angers.

Des raisons politiques ?

On me dit que je soutiens NDDL par suivisme d'Ayrault. C'est de la connerie, le genre même d'argument que sortent ceux qui n'en ont aucun. Entre 1990 et 1993, quand je bossais à Vannes, je militais déjà pour cet aéroport parce que je voyais les difficultés qu'en causait l'absence à des boîtes comme la mienne.

Il y a une raison politique et une seule : contrer les opposants qui, eux, en ont réellement fait un combat politique et qui n'ont trouvé qu'un seul argument valable depuis un an que je suis le dossier en tant que blog. Cet argument porte sur la circulation de l’eau. Aucun des autres ne tient la route. Pire, il y a des arguments qui frisent le mensonge par omission.

Tiens ! Hier soir, je sortais un article qui expliquait que la construction du nouvel aéroport coûterait moins cher que de remettre aux normes Nantes Atlantique. Automatique, une polémique se lance et on accuse les pouvoirs publics de manipuler les chiffres. Or, ce sont les partisans de NDDL qui manipulent les chiffres : par exemple, ils n’ont absolument pas honte d’ajouter au coût de NDDL celui de la liaison grande vitesse entre Nantes et Rennes, ce qui n’a rien à voir…

Enfin, ils sont très présents sur le web et très organisés. Regardez mon billet d’hier, on trouve plusieurs commentateurs qui arrivent et commencent : « je ne connais pas spécialement le dossier mais en première analyse… » et poursuivent par une argumentation cinglante contre l’aéroport. Ils sont visiblement envoyés par une équipe qui coordonne les ripostes.

Ainsi, ils font de la lutte pour de la lutte et arrivent à casser les arguments un par un en oubliant néanmoins que leurs positions sont tellement connues qu’elles sont facile à casser… Elles étaient d’ailleurs reprises dans le rapport de la commission de conciliation (ou de dialogue).

Je vais donc le résumer : tous les arguments contre la construction de l’aéroport sont mauvais sauf deux. Le premier est le danger que fait courir l’aéroport à l’eau et la nécessité de mettre en œuvre des mesures de compensations. Le deuxième est « l’oubli » d’une liaison ferroviaire genre tram entre Nantes et NDDL (elle viendra plus tard).

Les « anti » sont très forts pour sortir des rapports d’experts (payés par eux pour répondre à leurs besoins) mais ils oublient l’essentiel.

Cet aéroport est indispensable pour le développement économique, voire la survie, de la Bretagne et du Grand Ouest.

Ils détournent le débat sur des questions sans intérêt. Par exemple, tout le monde est d’accord ou presque sur le fait qu’il faille refaire Nantes Atlantique. Il faut refaire l’aérogare et la piste. Comment peuvent-ils penser que les gens vont croire que les coûts globaux ne sont pas du même ordre ?

Ce détournement des débats, ces arguments mensongers sans cesse proférés par des gens dont la plupart ne connaissent rien au dossier, ne sont pas acteurs du développement de l’économie et n’utilisent les transports aériens que pour partir en vacances en Turquie une fois tous les trois ans,… fait qu’on s’éloigne largement d’un débat démocratique sein.

Cette idéologie est nuisible. Et j’insiste sur ce mot, idéologie : dans la mesure où ils balaient tous les arguments, c’est qu’ils n’ont réfléchi à rien. Par exemple, je n’ai pas vu un opposant confirmant les dégâts sur l’environnement de Nantes Atlantique. Au contraire ! Ils les réfutent.

A ce niveau, il n’y a plus à négocier.

Ce niveau de mauvaise foi des opposants est une des raisons qui fait que je suis pour ce nouvel aéroport.

06 novembre 2013

Notre-Dame-des-Landes moins cher que les adaptations de Nantes Atlantique

"Dans son étude rendue publique ce mercredi par la préfecture de Loire-Atlantique, la DGAC estime que pour adapter l'actuel aéroport de Nantes Atlantique, situé au sud-ouest de la ville, à une progression attendue du trafic à 5 puis 9 millions de passagers, les travaux envisagés coûteraient 685 millions d'euros. Il faudrait y ajouter 140 millions de travaux préparatoires et de perte  d'exploitation, soit un total de 825 millions d'euros."

C'est ballot et c'est à lire ici.

30 octobre 2013

NDDL : la DGAC est pour

La Direction générale de l'avion civile "a présenté le 28 octobre 2013 à Nantes l’étude commanditée en avril dernier par la commission du dialogue, constituée pour calmer le jeu suite aux violences entre pro- et anti-NDDL." Ils ont étudié les nuisances sonores si l'ancien aéroport était maintenu. 

"Les avions survolent le centre de Nantes, à forte densité de population, à moins de 400 m de hauteur. Ils survolent aussi, à moins de 300 m d’altitude, le lac de Grandlieu, au sud, site exceptionnel classé en zone Natura 2000. Avec la croissance du trafic, les habitants du centre de Nantes subiraient à terme, aux heures de pointe, le passage d’un avion toutes les deux minutes."

La "zone soumise à de très fortes contraintes d’urbanisme, notamment l’interdiction de construire de nouveaux logements, s’étend significativement. De nombreux terrains, situés en milieu urbain, proche des équipements et bien desservis seraient gelés, en totale contradiction avec les politiques de densification des villes et de lutte contre l’étalement urbain, dans une agglomération où la démographie est particulièrement dynamique."

"L’augmentation du nombre de vols annuels et du nombre de survols de l’agglomération nantaise combinés à une croissance de l’emport moyen conduit à un allongement des courbes de bruit dans les secteurs survolées par les avions à l’atterrissage, c’est-à-dire ceux dans le prolongement de l’axe de la piste en particulier du côté de l’île de Nantes et sur la commune de Saint-Aignan Grand Lieu. A contrario, la modernisation de la flotte et notamment l’amélioration des performances acoustiques des futurs avions au décollage a pour effet de rétrécir les courbes de bruit dans les zones survolées par les avions au décollage."

Si en plus le seul argument en faveur des antis (le progrès technologique qui diminue le bruit) montre que l'aéronautique est une industrie d'avenir...

24 octobre 2013

Notre-Dame-des-Landes : le tarmac est dans le pré

Vendredi 25 octobre, France 3 Pays de la Loire diffusera un documentaire de Thibaut Férié : « Le tarmac est dans le pré ». Il sera suivi d’un débat interactif au cours duquel les internautes pourront réagir sur le compte Twitter et la page Facebook de la chaîne (il sera aussi diffusé sur les sites web de France 3 Pays de la Loire, France 3 Bretagne et FrancetvInfo et disponible en VOD sur le site à partir de 18 heures). Un seul mot d’ordre : #NDDL.

Les thèmes de l’émission :
-         Vrai ou Faux ? Le futur aéroport est-il un vecteur de développement économique ?
-         Les raisons du transfert de l’aéroport sont-elles justifiées ?
-         Le futur aéroport sera-t-il compatible avec les problématiques environnementales ?

L’occasion est bonne, pour moi, pour faire le point à peu de frais :
  1. le projet est essentiel pour soutenir le développement du Grand Ouest,
  2. le projet est d’intérêt général pour 6 millions d’habitants,
  3. c’est un enjeu d’aménagement du territoire,
  4. il est nécessaire pour l’accès aux centres de décision européens,
  5. le transfert est indispensable,
  6. l’opération est réaliste et raisonnée,
  7. l’aéronautique est une industrie d’avenir,
  8. la réalisation est adaptée et anticipée avec le monde agricole,
  9. le transfert est bénéfique pour l’environnement,
  10. il correspond à une vision positive du développement durable.

Je ne vais pas vous recopier toute la propagande officielle : vous pouvez lire par vous-même, de même que les précédents billets que j’ai faits à ce sujet (cliquez sur Notre-Dame-des-Landes en bas de billet). Vous pouvez aussi lire ceci.

Quelques rappels

Contrairement à ce que prétendent les antis, le trafic de Nantes Atlantique est en constante croissance. 42000 personnes en subissent les nuisances sonores. Ils ne seront que 600 à NDDL. NDDL sera bénéfique pour l’emploi, la filière aéronautique, en pleine croissance dans le secteur est un élément clé pour l’emploi. D’une manière générale, c’est l’avenir économique de tout le pays qui se joue là bas.


La nécessité de cet aéroport et ses bienfaits ne devraient même plus être l’objet d’un débat, d’autant que ce dernier ne convaincra plus personne à part le grand public qui attend le développement économique de notre région, de notre pays. L’enjeu est devenu purement idéologique.

« Aujourd'hui, l'aéroport ici; demain, des projets d'infrastructures ferroviaires, routières ou d'autres équipements publics ailleurs. C'est un choix de société qui se pose. » 

Quelques idéologues ne nous imposeront pas quelques cabanes dans le bocage uniquement pour un symbole.

18 septembre 2013

Notre-Dames-des-Landes : feu vert de Bruxelles

La déception sera forte chez les opposants mais les instances européennes ont confirmé que la construction de l'aéroport n'entrait pas en infraction avec la législation européenne, notamment pour ce concerne la protection de l'environnement.

Le dossier reste néanmoins ouvert pour vérifier que les autorités françaises mettent bien en oeuvre toutes leurs promesses, la crainte étant que les travaux soient lancés et que d'éventuelles infractions soient constatées en plus, trop tardivement.

Le directeur général de l'environnement, Karl Falkenberg, a souligné, devant les eurodéputés, membres de la commission des pétitions, le "fort caractère émotionnel" de ce dossier.

13 septembre 2013

Montebourg au dessus des nuages

Des confrères blogueurs sont allés à la présentation de La nouvelle France industrielle par François Hollande et Arnaud Montebourg. Vous pourrez lire un compte rendu chez Melclalex, par exemple. J’en parlerai plus longuement dès que je trouve du temps. Un passage ma frappé dans ce billet. « Personnellement j'ai été bluffé par l'avion électrique présenté par EADS qui devrait voir le jour en 2030 pour remplacer les avions actuels et répondre aux nouvelles normes environnementales prévues pour 2050. Mais d'ici là EADS aura créé un avion de tourisme totalement électrique qui devrait être présenté cette année. »

C’est en effet assez surprenant que ces machins puissent embarquer des batteries assez puissantes pour pouvoir décoller (je suppose qu’en rythme de croisière, des capteurs solaires pourront suffire). Mais faire décoller des gros machins ! Surtout qu’avec le poids des batteries…

Nous allons donc avoir un mode de transport aérien qui n’utilise pas de pétrole et qui ne dégage pas de gaz à effet de serre. C’est magnifique. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : il faudra bien produire de l’énergie et je suppose que le stockage pourrait provoquer des dégâts sur l’environnement.

Il n’empêche que…

Lors des débats à propos de l’Aéroport de Notre-Dame-des-Landes, les opposants avaient un certain nombre d’arguments, dont un, utilisé par ceux qui voulaient tuer le débat : il est idiot d’investir dans les équipements aériens alors que d’ici 30 ou 40 ans, on n’aura plus de pétrole pour faire décoller les avions. L’argument me faisait rigoler : pourquoi les industriels continuaient-ils à investir si l’industrie était morte ?

Par delà ce débat, cette information (des industriels pensent qu’un avion électrique est possible) devrait réjouir les écologistes : on a une sorte de preuve que l’on survivra à l’après pétrole. Mieux ! Il devient assez évident qu’il est préférable d’investir dans ce sens que de compter sur le gaz de schistes.

Vive le progrès !

15 avril 2013

Violences

La France bascule dans la violence. Ca me fait peur. Ce matin, les violences reprenaient à Notre-Dame-des-Landes. D’après Twitter, trois gendarmes auraient été blessés et je ne sais pas combien de manifestants. Mais, ce matin, c’est la radicalisation des propos des opposants au mariage pour tous qui me fait peur. Karl Zéro écrit à sa belle sœur, Frigide Barjot, pour lui demander d’arrêter les frais. 

J’ai envie, quant à moi, d’écrire à tous ces braves gens qui sont venus défendre leur notion de la famille. Votre famille ne bougera pas avec ce texte voté par les deux assemblées. Il passera une dernière fois à l'Assemblée Nationale, le 23 avril, puis le président de la République promulguera la loi. Vous pouvez continuer à manifester, ça ne servira à rien. Il faut vous faire une raison : la bataille est perdue. C'est le jeu de la démocratie. Vous perdrez d'autres batailles puis la droite reviendra au pouvoir et vous pourrez exiger une modification du code civil ce que vous ne ferez pas parce que le mariage pour tous se sera imposé. Dans l’attente, votre famille ne sera pas touchée.

Vous avez bien milité pendant quelques mois. Vous vous êtes senti pousser des ailes. C'est maintenant terminé.

Des prochaines manifestations ne serviront à rien sinon à encourager la violence, violence dont vous serez responsables, contrairement à ce que vous essayez de faire croire, contrairement à ce que les dirigeants de droite essaient de faire croire, comme Jean-Pierre Raffarin, hier midi. Je le croyais républicain. 

J’ai aussi envie de lui écrire.

« Je pense que le gouvernement n'est pas innocent dans la violence aujourd'hui. Est-ce que ce texte était utile dans la France d'aujourd'hui ? La France grignotée par le chômage et les difficultés, dévorée même par cette crise morale, économique et sociale, était-ce nécessaire d'ajouter une rupture sociétale ? Je dis que non. » Quelle rupture ? Celle qui permet aux homosexuels d’avoir les mêmes droits que les hétérosexuels ?

« Quand on annonce 100.000 manifestants et qu'ils sont plus de dix fois cela, c'est violent. Quand on refuse une pétition de 700.000 personnes au Conseil économique, social et environnemental, c'est une violence. » Non, ce n’est pas de la violence. C’est le jeu de la démocratie. M. Raffarin oublie-t-il qu’il a fait partie de Gouvernements contre qui des Français ont manifesté et que les forces de l’ordre comptaient aussi les manifestants avec une autre méthode que les organisateurs ?

« Si le gouvernement ne fait pas un geste d'apaisement, nous verrons se joindre la contestation sociale, la grogne morale et le choc sociétal (...) et il y a un risque extrême de violence dans la société française. Le geste minimal demandé aujourd'hui, c'est le retour au calendrier initialement prévu pour le débat parlementaire. Le gouvernement doit faire un geste pour ne pas être suspect de provocation. » Quel geste ? Le geste, il le fait : il accélère le vote du texte pour qu’il soit fait avant les prochaines manifestations pour éviter des violences complémentaires.

Je regardais les photos des abrutis agressant Caroline Fourest à Nantes, levant la main comme des petits nazillons en peau de fesses. C'est bien de cela dont vous vous voulez être complices ? C’est cela que vous voulez encourager ?

Il y a eu six mois de débat, le texte a été étudié par les deux chambres. Nous sommes en démocratie, la majorité élue a tenu une de ses promesses de campagne et vous voulez vous rendre complices de quelques types d'extrême droite, trop content que vous les laissiez s'exprimer.
Frigide Barjot a déclaré : « Hollande veut du sang, il en aura ! »

Vous dites, Jean-Pierre, que la violence vient du Gouvernement. En disant cela, vous donnez raison à Mme Barjot. En tant qu’ancien Premier Ministre et baron de l’opposition, vous devriez appeler à l’apaisement, au respect des processus démocratiques, au respect de notre République.

J’ai écrit à Jean-Pierre Raffarin, aux manifestants… Il me reste un timbre. Je vais écrire au « zadistes », comme mon copain Bab, ces gens qui s’opposent violemment à l’aéroport de NDDL. Bab, ce matin, avait commencé à raconter la journée en « live ». La semaine dernière, avec quelques blogueurs, nous avons « travaillé » à des évolutions souhaitables. de la Constitution. Bab a joué le jeu. Il a fait une proposition de Constitution.

Bab, tu ne crois pas qu’une Constitution, ça se respecte ? Est-ce qu’un Républicain peut tolérer qu’on envoie des cocktails Molotov contre les forces de l’ordre ?

La République va se retrouver écartelée entre des groupes d’extrême gauche violents et des groupes d’extrême droite violents.

Fatalement, certains combats vont devenir bien moins sympathiques.

10 avril 2013

Notre-Dame-des-Landes : le résumé du rapport

Le rapport de la Commission de dialogue à propos de l’Aéroport du Grand Ouest de Notre-Dame-des-Landes est disponible sur le site internet du Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie, de même que ceux de la commission agricole et de la commission des experts scientifiques.

Ce sont bien trois rapport qui ont été remis.

Les premières dépêches, ce matin, quand j’ai fait mon billet, m’ont amené à minimiser certains points…

Je n’ai pas lu le dernier, celui des experts, à propos de la compensation des zones humides (j’ai essayé mais il est peu trop compliqué...). Pourtant, c’est lui le plus important parce qu’il est celui qui montre qu’il y a du boulot à faire dans ce domaine : les travaux déjà effectués sont insuffisants. Il a donc un paragraphe dans un texte de 15000 signes… Mais c’est le plus important, puisque ce rapport montre que les opposants n’ont pas encore perdu.

J’ai lu les conclusions du deuxième qui porte sur les impacts sur l’agriculture. Je n’en parle pas ici car elles sont presque évidentes. 865 hectares de terres agricoles disparaissent dont 60% détenues par des exploitants qui ont choisi d’arrêter (départs à la retraite ou agriculteurs qui sont candidats à la reprise d’une autre exploitation). Il reste donc des impacts pour une trentaine d’exploitants qui perdent toute ou une partie de leurs terres ou qui auront des problèmes pour partager leurs moyens (matériel,…) avec d’autres. L’impact sur la production globale (lait et viande, essentiellement) de la Communauté de communes est relativement faible. Les surfaces comprises pour la compensation sont sous-estimées.

C’est bien-sûr le rapport de la Commission de dialogue qui m’intéresse et que j’ai lu de fond en comble…

En résumé sommaire…

Je l’ai lu aux aurores et en ai tiré le résumé ci-dessous (14 000 signes…) pendant ma pause déjeuner. Avec un peu de recul, j’en retiens plusieurs choses.

Tout d’abord, les principaux arguments développés par les opposants sont mauvais et seuls ceux que j’ai exposés en préambules sont corrects, à savoir qu’il y a un grand travail à faire pour la « compensation des zones humides » et qu’il y a des impacts pour les agriculteurs : une indemnisation financière même conséquente ne fera pas tout… C’est un des arguments de la commission : les paysans ont le sentiment qu’ils ne sont traités par les pouvoir publics que comme des gestionnaires, pas comme des paysans…

L’aéroport de Nantes Atlantique ne sera pas suffisant pour faire face à l’augmentation du trafic et ne peut pas être transformé : la construction d’un nouvel aéroport est bien souhaitable et sera bénéfique pour l’économie de toute la région. L’emplacement de Notre-Dame-des-Landes est idéal pour différentes raisons.

Au niveau de l’environnement, les impacts du transfert de l’aéroport ont été traités par les opposants que dans un sens à charge. Ils n’ont mesuré que l’impact sur la zone humine et sur la faune et ont fait des erreurs dans l’estimation du reste, allant jusqu’à comparer les nuisances sonores de NDDL à NA alors qu’il n’y a pas de commune mesure. En outre, récupérer une partie de l’espace de NA pour y construire autre chose permettra de lutter contre l’étalement urbain de la métropole de Nantes (les pistes resteront en place pour les besoins d’Airbus). A la limite, le projet serait même bénéfique pour l’agriculture !

En conclusion

Il est dommage que les opposants aient communiqué sur des aspects limites voire carrément faux en laissant en arrière plan les deux points contre le projet : cette fameuse protection des zones humides et les impacts pour les agriculteurs. Un seul exemple : des opposants parlent de dérive possible des coûts. Or, les coûts qui pourraient dériver ne sont pas liés au projet (mais concernent essentiellement des lignes à grande vitesse déjà prévues qui permettront de rapprocher NDDA du reste de la Bretagne) ou seront supportés par le concessionnaire.

La commission les rappelle et démonte le reste.

Pour les agriculteurs, on ne pourra rien faire : tous les projets d’infrastructure en monde rural ont un impact pour les agriculteurs. Les écolos et les centristes défendent le trafic par voie ferrée mais les conséquences d’une ligne pour les agriculteurs et l’environnement sont bien plus importantes que celles d’un aéroport !

A mes yeux, il reste deux points importants :
- la compensation des zones humides,
- le transport en commun par voie ferrée (le « train tram ») entre Nantes et l’Aéroport.

Dans le rapport :

Un vieux projet

Le projet a cinquante ans (avec une pause de vingt ans, quand même !) et tout le monde est d’accord pour dire que c’est ridicule. Dès le départ, en 1963, NDDL a été identifié comme l’emplacement idéal. Les principales critiques des opposants portent sur « le traitement considéré comme lapidaire des zones humides » (voir par ailleurs et le rapport des experts scientifiques).

La commission semble confirmer que ça a été le bordel pour différentes raisons (notamment que la loi sur l’eau est intervenue au cours de l’étude) et que ça a amené le public à remettre en cause des décisions « démocratiques ». Ainsi, la durée du projet a cristallisé les oppositions (lisez le rapport, je ne peux pas résumer ça en trois lignes).

Pourquoi cet aéroport ?

Les opposants remettent en cause son utilité. Certains opposants vont jusqu’à dire qu’il est nuisible dans le sens où il encourage le recours au transport aérien. On se retrouve donc avec deux catégories d’opposants qui ont des visions bien différentes, les premiers pensent que l’aménagement de Nantes Atlantique (NA) est possible et leurs motivations écologiques sont liées uniquement au site de NDDL.

Le rapport rappelle les arguments des uns et des autres.

Dans les faits, les prévisions de croissance de NA faites en 2003 pour évaluer l’utilité de NDDL ont été dépassées. NA a renforcé sa vocation à être, pour les habitants de l’Ouest, une alternative au passage obligé par les aéroports parisiens et la nature du trafic a évolué : 60% de la croissance est expliquée par des « vols européens » (le trafic extra-européen a régressé).

Les motifs des déplacements sont difficiles à évaluer (il y a probablement un tiers de déplacements professionnels, je pensais que c’était beaucoup plus).

Finalement, les perspectives de croissance de la DUP (Déclaration d’Utilité Publique) semblent réalistes.

Si la croissance du nombre de passagers est supérieure aux estimations, la croissance du nombre de vols est inférieure (les avions sont plus gros…). Il semble qu’il n’y ait pas de risque de saturation de la piste de NA. Par contre, l’aérogare arrivera prochaine à saturation. Des travaux importants seront nécessaires. De même, le parking risque de se trouver saturé prochainement.

Le rapport étudie également les impacts au niveau du bruit pour les riverains. Ils plaident évidemment pour NDDL mais les études devraient être refaites. Néanmoins, les arguments des opposants à NDDL ne semblent pas spécialement crédibles puisqu’ils sous-estiment les impacts de NA et surestiment ceux de NDDL…

D’une manière générale, les opposants ont écarté les impacts pour l’environnement (bruit et pollution) de NA mais les partisans les ont peut-être surévalués.

« La commission rappelle que le bruit ne comporte pas qu’une dimension environnementale mais également sociale, notamment de santé publique. Elle saisit cette occasion pour souligner combien la dimension sociale (hormis l’emploi) qui devrait être considérée comme un pilier essentiel du développement durable est occultée dans ce dossier ». Nananère.

La commission a également étudié les aspects liés au risque du survol des zones habitées. Ils ont peut-être surestimés par les partisans mais ne sont pas nuls.

Les solutions alternatives

L’hypothèse d’un réaménagement de NA a été assez peu travaillée au début du projet à cause des arguments ci-dessus (saturation, bruit, …) mais l’a été ensuite, pendant l’enquête d’utilité publique.

Les implantations ailleurs qu’à NDDL, par exemple par l’extension d’autres aéroports, ont été rapidement éliminées pour des raisons visiblement valables. Il y a donc qu’une seule alternative : le réaménagement de NA.

Les coûts de réaménagement de NA, avec la construction d’une piste perpendiculaire pour diminuer les aspects négatifs (bruit, environnement, risques, …) ont été largement sous-évalués par les opposants malgré une étude du Conseil Général (expropriations, déviation de routes et d’une voie ferrée, restructuration de la plateforme, fermeture temporaire de l’aéroport pendant les travaux…). Par ailleurs, ce réaménagement ne résoudrait pas tous les problèmes (voire en créerait d’autres).

En outre, « le gel de terrains situés en milieu urbain, proches des équipements et bien desservis serait en totale contradiction avec la politique nationale et locale de densification des villes et de lutte contre l’étalement urbain. »

La stratégie globale d’aménagement du Grand Ouest

La plupart des organisations consultées (collectivités, organisations patronales et syndicales, CCI) trouvent plein d’arguments pour le nouvel aéroport : ils me semblent évidents. Ce sont les arguments des organismes opposés qui sont intéressants :
-         les conséquences seraient dommageables aux départements du sud de Nantes,
-         certains estiment que NA suffit largement,
-         certains pensent qu’Angers disposerait d’une plus large couverture de territoire que NDDL.

6 à 7 millions de personnes vivent à moins de deux heures de NDDL (7 à 8 en 2030), la croissance de cette région est supérieure à celle du reste de la France et le taux de chômage est inférieur.

De fait de son positionnement à l’extrême ouest de l’Europe, la région est très loin du reste de l’Europe ce qui rend le commerce délicat alors que le potentiel est important, notamment grâce à l’agroalimentaire. 170 000 entreprises se trouveraient à moins de 1h30 de NDDL, permettant des déplacements vers les capitales européennes pour une journée (je reprends d’autant plus volontiers cet argument qu’il était un de mes principaux l’an dernier). L’aéroport favorisera également le tourisme dans la région.

« La Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale (DATAR) est un service du Premier ministre. » (source). Elle estime que Nantes-Saint Nazaire et Rennes ne peuvent prétendre au statut de « Métropole Européenne très diversifiée ». Leur rapprochement serait donc souhaitable et NDDL pourrait y contribuer. L’ouest est éloigné des couloirs d’échange européens et des grandes zones économiques.

Le schéma national des infrastructures de transport (SNIT) de 245 milliards d’Euros sur 25 ans (dont 90 pour l’Etat) est en cours de révision compte tenu qu’on n’a pas de pognon. Il comprend néanmoins les Lignes Grandes Vitesse « Rennes Redon Nantes », « Rennes Brest » et « Rennes Quimper ». Elles réduiront les temps de transport. L’aéroport est situé sur l’axe routier Rennes Nantes (et Nantes Vannes). Un train tram sera bientôt mis en service entre Nantes et Châteaubriant (à mi chemin entre Rennes et Nantes) et une extension vers NDDL devrait être possible (mais n’est pas prévu). Ainsi, le nouvel aéroport se trouve particulièrement bien placé.

Le pôle métropolitain Loire Bretagne (pdf) regroupe des agglomérations ou métropoles de l’Ouest. Samarque un tournant dans la coopération engagée depuis de nombreuses années entre Angers, Brest, Nantes, Rennes et Saint-Nazaire, et qui a permis, outre le renforcement du dialogue entre les partenaires, des actions et réflexions communes en matière de promotion économique, d’accessibilité, d’enseignement supérieur et de recherche, de visibilité internationale et de tourisme urbain et d’affaires. » La coordination de ce pôle avec l’Aéroport et les communes les plus proches semble bordélique.
création, en février 2012, « 

La commission conseille donc de mettre de l’ordre dans ce bordel… Je suis un peu hors sujet mais tout cela crée de l’opposition à NDDL…

Le développement économique

Le potentiel de développement économique lié à NDDL a été peu étudié. Pour les opposants, il n’y a aucun lien entre l’infrastructure et l’aéroport qui pourrait même être négatif pour les villes au sud de Nantes. Pour les partisans, c’est le contraire avec l’ouverture vers l’Europe de nouveaux marchés.

Il est difficile de tirer des conclusions même s’il est évident qu’un développement des exportations est possible.

Néanmoins, les deux régions ont besoin d’attirer de nouvelles entreprises et la proximité d’infrastructure est un atout.

Le déménagement de l’Aéroport aura peu d’impact sur le tissu économique autour de NA, voire un impact positif avec la libération de terrains. Néanmoins, la situation pour les entreprises plus au sud, notamment en Vendée est plus délicate. Indépendamment de l’Aéroport, un nouveau pont au dessus de la Loire semble indispensable pour ancrer le développement économique de la Vendée dans celui du grand ouest (le pont de Cheviré étant déjà saturé).

Le tourisme

Cet aspect a également très peu été évoqué lors de la préparation des travaux ou, plus exactement, seul le tourisme à l’export (les habitants de la région qui vont en vacances ailleurs) a été traité.

Pourtant, le tourisme est un facteur important du développement économique de la région.

Les espaces agricoles

Les organisations agricoles s’estiment toucher à double titre :
-         l’impact de l’aéroport et des infrastructures (routes,…) sur les terres agricoles,
-         les compensations sont également faites à partir des terres agricoles.

Par ailleurs, ils expriment un double dépit ;
-         celui de devoir quitter des terres « historiques ou familiales »
-         celui d’être vus comme des gestionnaires plus que comme des paysans.

Il y a d’autres impacts : la perte d’emploi, la mise en difficulté des exploitations restantes du fait de la disparition de certaines,…

Historiquement, la région n’est pas agricoles (« Des Landes ») et a été rendu cultivable il y a une centaine d’années ce qui n’empêche pas d’avoir pu développer une agriculture performante.

Un périmètre de protection des espaces agricoles et naturels périurbains (PEAN ou PPEANP) a été créé entre Nantes et NDDL pour éviter l’étalement urbain de l’agglomération nantaise. La commission semble penser que les travaux doivent être complétés pour voir comment cet espace pourra être utilisé pour proposer des compensations aux agriculteurs. Le Conseil Général travaille sur le sujet.

L’étalement urbain ne se fera pas au sud de NDDL mais au nord, notamment avec la création d’une zone d’activité à Héric, le logement des nouveaux salariés du secteur, …

La conception de l’Aéroport

Elle est évidemment exemplaire (je dis « évidemment » parce qu’elle respecte les dernières normes et a été optimisée au mieux), un seul point posant problème : le fait d’avoir deux pistes. Cette deuxième piste est bénéfique à l’environnement puisqu’elle permettra de diminuer le « roulage » des avions et donc la pollution. Néanmoins, elle rentre en contradiction avec l’objectif de défense des territoires agricoles et naturels.

Il n’est pas possible de revenir sur cette deuxième piste : elle est contractualisée avec la Communauté de communes de Erdre et Gesdres (une douzaine de communes au nord de l’agglomération de Nantes, avec notamment NDDL et sa voisine Héric).

La commission demande à ce qu’une réduction de l’espace utilisé soit étudiée (par exemple avec la diminution du parking), notamment pendant une première phase d’observation.

Le dispositif aéroportuaire

Un collectif de pilotes a fait quelques critiques sur la configuration des pistes (longueur, parkings d’avions, …).

La desserte de l’aéroport

La desserte par la route est très satisfaisante mais celle par voie ferrée est une des grosses lacunes du projet. Comme je le disais plus haut, la desserte par rail sera possible mais pas nécessairement dans des plannings satisfaisants d’autant que si une nouvelle ligne est créée, elle ne sera pas « rentable » (elle ne rendra service qu’aux usagers de l’aéroport).

Les collectivités envisagent une desserte par bus circulant en zone protégée dans l’agglomération.

La commission considère qu’un travail complémentaire est à mener.

L’impact sur l’emploi

Le nombre d’emploi créé ou transféré est très difficile à estimer.

Le coût de l’aéroport

Le coup de l'aéroport fait l'objet de quelques polémiques. . La collectivité ne devrait pas payer car il s'agit d'un projet commercial. Les estimations ne comprennent pas les aménagements ferroviaires.

Selon les opposants, le risque d’un dérapage est important mais cela n’a aucune importance : il est prévu qu’il soit à la charge du concessionnaire.

Les aménagements ferroviaires concernent pour partie des mises à grande vitesse des lignes Rennes Brest, Rennes Quimper et Rennes Nantes, et ne sont pas spécifique au projet d’aéroport et ne peuvent pas lui être imputés. Il reste bien, par contre, le financement du futur tram train qui reste à étudier.

Enfin, la mise en œuvre des préconisations du rapport pourrait avoir un coût.

NDDL, le retour !

La "commission du dialogue" a rendu son rapport au sujet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Je vais le lire dans la journée et peut-être faire un billet plus détaillé. Le sujet m'avait passionné à la fin de l'an dernier et mon blog avait dépassé des records de commentaires de la part d’opposants au projet.

Ce que dit la presse du rapport Il conseille :
-         de ne pas conserver l'aéroport actuel qui sera vite saturé mais recommande de poursuivre les études pour "prouver" que l'aménagement n'est pas jouable même si Airbus continue à utiliser les pistes,
-         d'évaluer la pertinence de conserver les petits aéroports actuels,
-         de clarifier la desserte en transports en commun,
-         de compenser les espaces naturels et de réduire la surface des parkings.

Sans avoir lu le rapport, cet article m’amène quelques réflexions…

Tout d'abord, l'utilité de NDDL ne semble pas du tout remise en cause. Cette utilité était un des principaux arguments des opposants mais j'en étais arrivé à la conclusion qu'il était indispensable. Je peux donc continuer à "lutter". Ma lutte est évidemment de principe comme celle de la plupart des opposants au projet que j'ai croisés à l'époque. Il y a néanmoins un fait nouveau dans cette opposition : je connais un blogueur opposé à l'aéroport qui est effectivement concerné, Bab. Peut-être arrivera-t-il à me convaincre ?

Ce que je reprochais aux opposants de l'époque (fin 2012...) était que leur lutte était purement politique, une espèce de combat contre le pouvoir en place, au nom du peuple contre la République, ce que je condamne (à mon niveau, hein...). Ils bâtissaient des tonnes d’arguments à charge qui donnaient l’impression qu’ils voulaient masquer une opposition de principe à une décision « de la République ». Personne n'a le droit de prétendre représenter le peuple. Mon billet d'hier soir portait sur la Constitution : « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice. ». Dans ce billet, j'évoquais celui de mon confrère du Cri du Peuple. Il m'a laissé un commentaire (pour me dire qu'il répondra à mon billet) dans lequel il explique que contrairement à beaucoup de camarades du FdG, il est fondamentalement communiste et à ce titre qu'il n'est pas spécialement attaché à la République. Il a une lecture révolutionnaire de la Constitution. J’attends avec impatience ses explications. Je ne sais pas si je suis attaché à la République mais je suis attaché à la démocratie… NDDL est voulu par des gens qui ont été élus et réélus par le peuple.

Trêve de divagations...

A propos des quatre points que je citais et mis en avant par la presse (20minutes, en l'occurrence) ?

L'aéroport actuel

C'était un de mes principaux arguments : aucun opposant n'a fait une étude sérieuse au sujet du coût de son réaménagement. J'ai posé plusieurs fois la question sans avoir la moindre réponse.

A propos des petits aéroports

Je pense également qu'il est judicieux d'envisager des fermetures. Je ne donnerai pas de noms pour ne pas fâcher.

Les transports en commun

Je pense également qu'il faut veiller à la mise en place d'une ligne de tram ou de train directe entre Nantes et l'Aeroport. Qu'on ne refasse pas l'erreur faire à Orly il y a 40 ou 50 ans... La nouvelle ligne doit être "prête" dès l'ouverture de l'aéroport.

La "restitution des surfaces"

S'il est possible de faire en sorte que l'aéroport occupe moins de surface, il faut le faire. Il n'empêche qu'au niveau de l'environnement, il n'occupe que la surface des pistes, de l'aérogare et des parkings. Les autres aires qu'il occupe seront des jachères. Certains arguments me paraissent donc foireux.

Cela étant, ne nous leurrons pas. La zone finira par se couvrir de commerces, d'hôtels, de bureaux, d'entrepôts,... Il me parait bien faux cul de dire qu’on va restituer des surfaces…

03 décembre 2012

Notre Dame de Florange

« Tu serais un ange si au lieu de parler de truc facile tu portais ton regard d'aigle sur une actualité plus concrète et hautement plus intéressante : Florange. Je sais bien que tu n'es pas très fourneaux et que ton expertise c'est l'avion mais quand même on aimerait bien te lire sur le sujet. » Tel est le commentaire laissé à mon billet de ce matin où je me moquais de l’UMP (il y a de quoi faire !).

Je vais donc répondre par un billet au lâche anonyme.

Tout d’abord, je ne suis pas expert en avion. Je connais bien la région en question et j’ai pris très souvent l’avion pour le boulot. J’ai donc un certain nombre de connaissances qui me permettent de déblatérer sur quelques aspects liés à cet aéroport, connaissances que n’ont pas 10% des gens qui vont lutter contre l’aéroport par strict opportunisme politique.

En outre, ce n’est pas à un sombre abruti de déterminer ce qui est intéressant ou pas pour les lecteurs de mon blog.

Je vais néanmoins faire un billet de la plus haute utilité. Voir l’illustration. Florange est situé à côté de Thionville en mi-chemin entre Metz et le Luxembourg. Vous vous en foutez ? Pas moi. Il se développe dans les réseaux sociaux et sur le web en général un tas d’experts dans tous les domaines. J’en parlais dans mon billet d’hier, en citant celui de Gabale. Je suis persuadé que 90% des lascars qui donnent leur avis sur Florange, Mittal, Ayrault, Montebourg,… ne savent pas où est Florange et n’ont aucune connaissance de la « problématique des hauts-fourneaux ». Pourtant, on a vu un tas de gugusses nous parler d’ULCOS alors qu’ils ne savaient absolument pas que ça existait avant vendredi dernier !

Pour ma part, je n’aime pas évoquer, à part par une approche humoristique ou franchement militante, un sujet que je ne connais pas. Je refuse de participer à la désinformation perpétuelle qui oblige les journaux à surenchérir. Tiens ! Le Point a trouvé un expert, ce matin, qui « sait » que Jean-Marc Ayrault a un accord avec Mittal pour sauver des emplois dans une usine de sa circonscription électorale. Je ne sais pas jusqu’où ils ont vont aller mais je trouve le feuilleton de l’UMP plus rigolo.

Je ne vois pas pourquoi je participerais à « une communication négative » à propos du Gouvernement sur un sujet que je ne connais pas du tout. Je ne sais pas ce que M. Ayrault et Mittal se sont dits. Je ne sais pas ce que François Hollande a dit à Arnaud Montebourg. Je ne sais même pas si ce dernier a réellement menacé de démissionner.

Dans son billet d’hier, Gabale dit, à propos de ces gens de gauche éternellement critiques au sujet du Gouvernement : « Ils semblent d’ailleurs avoir un goût si développé du malheur, que rien ne peut trouver grâce à leurs yeux de spécialistes de la généralité. » Ca m’a beaucoup amusé parce que « spécialiste de la généralité » est un peu mon métier. Je me qualifie moi-même d’expert généraliste. Pour faire court, quand on monte un gros projet informatique et que j’en assure le cadrage initial, je m’efforce de prendre en compte l’avis de tout le monde et, surtout, à définir ce qu’est ce « tout le monde » et à mesurer l’avis de ceux que je ne peux pas consulter.

Prenez Notre-Dame-des-Landes. Nous savons que le transport Aérien est polluant. Je ne vais pas faire un billet et pousser cet aspect. On le sait. On sait un tas de trucs. Le pétrole va manquer et donc rendre plus cher le transport aérien. Les paysans vont être expulsés. Les TGV mettent deux heures pour relier Nantes à Paris. Le nouvel aéroport crée des problèmes liés à l’eau et à l’environnement. Le modèle choisi pour le financement n’est pas… un modèle. Toute une littérature a explosé contre Notre-Dame-des-Landes. Tous ces sujets sont repris par les très nombreux argumentaires contre le projet. Par contre, en tant qu'expert généraliste, j'ai vu que certains volets n'ont pas été couverts.  Par exemple, c'était un des sujets que j'évoquais hier, on nous dit qu'il est possible de moderniser l'ancien aéroport ce qui rend le nouveau inutile mais personne ne nous dit combien ça couterait et qui pourrait financer les travaux.

J'ai donc essayé de creuser certains points. Récemment, par exemple, je parlais d'aménagement du territoire. Lisez les commentaires : je me retrouve avec des commentateurs spécialistes qui n'ont aucun argument valable à part me sortir un jargon incompréhensible (il y a un qui parlait "d'exteriorité positive" !) et m'expliquer qu'ils sont spécialistes et que je ne connais rien et devrais fermer ma gueule. Évidemment, ils sont soutenus par des andouilles également opposées au projet. Tout est fait pour museler les partisans du projet ! Il faut faire du politiquement correct et être d'accord avec les écolos. Jean-Luc Mélenchon surfe sur la vague. .

Je pourrais continuer à parler de différentes facettes du projet. Par exemple, j'ai lu que c'était ridicule d'avoir deux pistes et qu'une seule suffirait à absorber le trafic. Du coup, je suis allé voir les publications officielles. J'ai lu. J'ai compris pourquoi il y a deux pistes et je pourrais maintenant défendre ce point et en faire un billet. Je ne vais faire qu'un paragraphe.

Pour des raisons qui m'échappent mais que j'arrive néanmoins à concevoir (je ne suis pas du tout compétent dans ce domaine mais je sais que la portance existe), les avions décollent et atterrissent face au vent. Avoir deux pistes permet d'en réserver une à l'atterrissage et l'autre au décollage et de changer de piste selon les vents dominants. Ainsi, on peut choisir celle pour laquelle l'avion aura moins de distance à parcourir au sol. Ce qui est tout bénéfice pour la consommation, l'environnement et l'usager... Et c'est à force de prendre souvent l'avion à Brest que je réalise à quel point c'est important. Là-bas, l'avion doit parcourir 1,5 km pour rejoindre le bout de la piste avant de s'élancer. C'est chiant.

Revenons à Florange. Je ne sais pas ce qui s'est passé entre Montebourg et Ayrault. A la lecture de la presse, je crois comprendre que François Hollande est intervenu pour empêcher le Ministre du Redressement productif de démissionner.

A propos du fond du dossier, j'aurais préféré qu'on nationalise ce bordel, comme beaucoup de gens à gauche mais je ne suis pas dupe de la capacité à trouver un repreneur potentiel ou de la possibilité pour l'état de gérer une telle entreprise. Ainsi, je suis partagé. Ça devient complètement délirant cette manie qu'ont les internautes d'exiger une position tranchée. J'en suis incapable.

Dans la mesure du possible, j'essaie de faire confiance à un Gouvernement que j'ai contribué à mettre en place et qui a toutes les billes. C'est ainsi que mon patron me fait confiance pour synthétiser les études d'avant projet : il sait que je ne vais pas m’intéresser qu’à notre cœur de métier, l’informatique pour les terminaux à destination du public, mais que je vais faire le tour complet de la boutique. Je fais donc confiance au Gouvernement pour faire ce qu’il faut faire pour Florange : je ne sais même pas si on peut nationaliser partiellement une entreprise…

Par contre, le Gouvernement a une nouvelle fois merdé en termes de communication et ça commence sérieusement à me gaver. Je me fous de savoir si Arnaud Montebourg a failli démissionner mais je trouve ça lamentable que ça fasse la une des journaux. Là, tout donne l’impression que Jean-Marc Ayrault n’a pas consulté son ministre avant d’annoncer sa décision, vendredi soir et qu’il ne s’est pas rendu que de décrédibiliser un membre du Gouvernement revenait à décrédibiliser la totalité. Je ne sais pas si le Premier Ministre va finir par se rendre compte qu’il ne reste plus grand monde pour le défendre.

Mais ça ne m’intéresse pas de participer à la désinformation. Matignon vient de lancer uncommuniqué de presse pour démentir l’accord secret soi-disant révélé par Le Point. Je suppose pourtant que cet article du Point a bien tourné dans Twitter et que les Twittos de gauche s’en sont donné à cœur-joie.

C’est usant.