Les sujets sociétaux nous ont bien occupés au cours du
premier semestre, avec le mariage pour tous puis la mort de Clément Méric, l’incarcération
de Nicolas,… Du coup, j’en ai fait des billets de blog. Didier Goux écrit ceci,
dans
son
journal de juin (par ailleurs recommandé dans toutes les bonnes
boulangeries), à mon sujet : «
Il se
passe, je crois, que Nicolas est de plus en plus mal à l'aise vis-à-vis de son
soutien inconditionnel au régime actuel. Il s'y entête (et il n'a pas tort : le
reniement au premier vent contraire n'a rien de spécialement glorieux), mais en
même temps il est assez lucide pour voir que Hollande et sa bande de
branquignols, non seulement se renient tous les jours, mais en plus vont droit
dans le mur. Par compensation, il se rue sur le moindre sujet “sociétal”
(mariage pour tous par exemple), le plus banal fait divers (une échauffourée
entre voyous d'extrême droite et d'extrême gauche qui se termine par la mort de
l'un d'eux), parce qu'il n'y a guère que dans ces domaines marginaux qu'il peut
encore soutenir Hollande et sa clique, dans la mesure où ces sujets ne sont pas
à l'épreuve des faits, mais relèvent de la pure jactance (en français
d'aujourd'hui : du débat d'idées…). Il en remet une couche d'autant plus
épaisse, et qui finit par devenir indigeste, qu'il voit arriver la question de
la réforme des retraites, dont il sait bien – il l'a d'ailleurs dit – qu'elle
va être particulièrement pénible pour les béats de l'hollandisme. »
Il commet quelques erreurs…
Par où commencer ?
Tout d’abord, Hollande et sa bande branguignols ne vont pas
dans le mur. Ils ont fait un tout un paquet de réformes et
la reprise
économique arrive doucement. Je ne suis pas Madame Soleil mais je ne suis
pas non plus une sorte de « décliniste » comme on en voit tant
partout, des andouilles qui souhaitent que le gouvernement se casse la gueule
pour prouver qu’ils avaient raison.
A force de polémiquer sur un tas de conneries, on voit peu
le travail qui est fait. Peut-être que je ne fais pas assez mon job de blogueur
de gouvernement. Par exemple, j’ai très peu parlé de
la loi bancaire
et de ces cent mesures. Je n’ai pas parlé
du
premier bilan semestriel de la BPI. Je ne fais pas mon job. Mais ce genre
de billet n’intéresse pas les lecteurs.
Avec le gouvernement précédent, les annonces se succédaient
mais le boulot ne suivait pas. Maintenant, c’est le contraire…
J’ai fait les critiques que j’avais à faire sur le
gouvernement. Par exemple, de plus en plus le CICE me parait, disons, obscur…
Pour ne pas dire une connerie. Effectivement, la réforme des retraites pourrait
donner à jaser. Néanmoins, la piste d’une augmentation de la CSG semble se
confirmer de jour en jour. Je suis partisan de l’imposition sur le revenu et la
CSG est un impôt sur le revenu. Didier pourra vérifier en lisant les archives
de mon blog.
Certains sujets n’intéressent pas les lecteurs. Par exemple,
je peux bosser pendant deux heures sur la réforme territoriale ou le Grand
Paris, le compteur de visites aimablement fourni par mon hébergeur montre qu’il
y a environ 200 lecteurs. Un billet comme celui d’hier, à propos des vacances
de Valérie Trierweiler finira vers 600. Mon dernier billet à propos de Brétigny
est arrivé à 900.
Cela étant, ce n’est pas l’essentiel des propos de Didier,
je crois.
Les sujets sociétaux
Didier manque singulièrement de recul ce qui est surprenant
de sa part. Je vais prendre deux exemples : Brétigny et la « théorie
du genre ». Je prends ce dernier parce que c’est le sujet du
dernier
billet d’Elooooody et parce que mes billets restent trollés longtemps après
leur publication. Je prends l’autre parce qu’il est récent.
La théorie du genre : elle n’existe pas. Pourtant, les
réactionnaires disent partout que la gauche va obliger son enseignement
à l’école et nier les genres. Selon eux, les instits devraient expliquer aux
enfants qu’ils pourront décider plus tard s’ils sont des garçons ou des filles.
C’est évidemment une immense connerie qui prête à rire, ce que je fais
volontiers avec des billets parodiques, mais il est particulièrement
significatif de la vie politique française : les réactionnaires racontent
n’importe quoi sur la gauche et pousse une droite au pouvoir, droite dont on
voit tous les jours que la gestion est une catastrophe. Il y a dix ans, nous
pouvions lutter avec l’Allemagne. Maintenant, nous sommes à la traine.
Et les responsables sont bien les électeurs de droite et
ceux qui communiquent avec des bêtises. Mon billet de ce matin est encore un
exemple puisque j’y parle d’un commentateur qui explique que le civisme et la
morale sont des valeurs de droite. Dans les réseaux sociaux, le but des
blogueurs est de rétablir certaines vérités.
Pourtant, la réforme territoriale aura bien plus d’impact
sur la vie de tous les jours et le développement économique que les
modifications qui seront faites dans les programmes scolaires pour éviter que
les exercices de mathématiques commencent par « Maman
va au marché et achète deux carottes à 5 francs et 3 courgette à 8 francs.
Pendant ce temps, papa va chez Lidl pour acheter huit bouteilles de Côtes-du-rhône.
Que vont-ils en faire ? ».
Brétigny : on le sait, des rumeurs sont parties pour
dire que des jeunes des banlieues ont dépouillé des cadavres. Les
réactionnaires auraient voulu qu’il soit établi que des hordes de jeune musulmans
se sont précipité pour empêcher les services de sécurité et d’intervenir pour
pouvoir dépouiller les victimes plus longtemps. Ce n’est pas la vérité. Ils ne
peuvent pas répandre leur propagande et leur haine.
C’est ballot ! D’un autre côté, ils devraient plutôt
faire des billets de blogs pour expliquer l’immigration et étudier les impacts
de la présence de la droite et de la gauche au pouvoir, pour que l’on puisse
rigoler. Dans cette étude, ils oublieront probablement que les sans-papiers
sont employés… par des employeurs.
Avec Brétigny, ils se sont rendus ridicules. Avec les autres
affaires aussi. Les gazés des manifs pour tous nous ont bien fait rire. Quand
ils ont fait de Nicolas un martyr, on a bien rigolé aussi ! Ils étaient
mignons, tous ces blogueurs réactionnaires.
A propos de Nicolas, embastillé suite à un contrôle de
police, Didier reprend un de mes propos et dit qu’il a du mal à me le
pardonner. Il a tort. J’ai seulement une phrase qui est mal branlée. Ce qu’il y
a, c’est qu’on n’aurait jamais du parler du Nicolas en question qui a fait
trois semaines de prison après deux refus d’obtempérer, le pauvre. Je connais
des gens qui pensent que les 3 ou 500 connards qui ont foutu le bordel à
Trappes devraient être punis, emprisonnés,… Je suis d’accord ! Augmentons
les impôts en conséquence pour entretenir une caserne avec 2000 policiers dans
chaque ville de banlieue. Et ça n’empêchera rien…
Les réactionnaires devraient oublier que le gouvernement n’est
pas là pour leur faire plaisir. Si les ministres prennent des vacances trop
longues, les blogueurs – je ne parle pas de Didier – vont immédiatement faire
des billets pour les traiter de fainéants.
Pourtant, le boulot ne se fait pas uniquement par les
ministres. Des gens travaillent. Tout prend du temps.
On sait très bien qu’on ne sortira du Sarkozysme en claquant
des doigts. On a cinq ans pour ça.
Le plus drôle, pendant cette période, c'est quand Jacques Etienne s'est fâché avec moi et est venu me descendre en commentaires (non sans faire un billet pour dire qu'en réponse je l'avais insulté) parce que je n'étais pas d'accord avec lui, probablement à propos de l'affaire Méric.
Ce ne sont pas les blogueurs de gouvernement qui sont en difficulté, mais bien les blogueurs d'opposition, (des deux côtés), notamment chez les réacs qui, par définition, ne supportent pas que le monde évolue dans le sens qui n'est pas le leur et qui ne reconnait pas la légitimité des urnes quand la gauche gagne.
Pour en finir à propos des blogs, j'avais fait le calcul, mi juin : 70% des billets des blogs de droite militants sont consacrés à des sujets sociétaux contre 30% à gauche (un peu plus chez moi, mais comme je faisais 3 ou 4 billets par jours, ces derniers mois...).
Sur les 30%, vous enlevez les billets personnels, les critiques idiotes du gouvernement ("oh ! t'as vu ? le chômage il a augmenté à cause de ces cons ?" ou "ah ! la Trierweiler est partie en vacances en Grèce, c'est mal"), il ne reste plus aucun sujet de fond !
Didier, mettez donc vos blogueurs au boulot...