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12 septembre 2014

Vers une fusion UMP - UDI ?

Logo d'entreprise honteusement récupéré par un blogueur abruti.
Il parait que Nicolas Sarkozy veut fusionner l’UMP et l’UDI comme si, s’il est élu président de l’UMP, il aura le moindre pouvoir sur l’autre parti. D’ailleurs, les dirigeants de ce parti commencent à ronchonner.

L’idée d’une primaire entre les partis de droite et de centre-droit a un sens d’autant que le centre droit n’a pas de figure emblématique, à part François Bayrou mais qui n’est pas à l’UDI, de faire un score mémorable, surtout si Jean-Louis Borloo ne revient pas. Présenter un candidat qui ferait 4% au premier tour reviendrait à enterrer ce parti. Les récents sondages donnant le candidat du PS absent au second tour n’ont aucun sens : l’absence du candidat de la droite de gouvernement au second n’est pas une hypothèse à exclure compte tenu de la force du Front National, une candidature unique ce cette droite a donc un sens.

Nicolas Sarkozy ne regarde pas assez dans le rétroviseur. En 1995, Jacques Chirac a gagné l’élection qu’il était sûr de perdre alors qu’il y avait bien une division au sein de la droite avec deux grands partis et deux candidats importants (issus de la même formation, mais un était plus soutenu par les centristes).

En 2002, l’UMP a été créée, en tant que fusion de la droite et du centre droit. La victoire de son candidat n’est due qu’au hasard (ou du moins, au fait que Lionel Jospin ait oublié le premier tour dans sa campagne). En 2007, Nicolas Sarkozy a eu sa victoire avec un centre droit très fort. En 2012, il a perdu alors que le centre droit était faible. Je ne vais pas remonter plus haut et chacun pourra interpréter les résultats comme il l’entend.

Il me parait à peu près évident que chaque formation politique doit occuper son espace politique, les partis devant travailler intelligemment entre eux… Le phénomène est d’ailleurs le même à gauche : elle ne remporte les élections nationales que quand il y a deux partis forts en son sein (et pas plus de deux : voir 2002). Un candidat de gauche ne peut arriver au pouvoir que s’il y a au moins deux candidats de gauche à plus de 10%.

Par ailleurs, depuis la création de l’UMP, ce parti a perdu à peu près toutes les élections locales tant qu’il était au pouvoir…

Cela étant, faites comme vous voulez, hein !


J’aime bien ces tambouilles électorales vu que tout le monde se plante, généralement…

06 novembre 2013

L'occasion manquée de l'Alternative

Mon dieu ! Un nouveau parti centriste a profité d’une journée où j’étais à une conférence pour se créer : l’Alternative. Je n’ai donc pas eu le temps de me foutre de sa gueule en direct. Le nom de ce parti est idiot. D’ailleurs, ce mot est souvent très mal utilisé à un point qu’on oublie comment il devrait être. Par exemple, un sandwich au poulet est une excellente alternative au sandwich jambon fromage. Ou, pour le sandwich, il y a deux alternatives : pâté ou rillettes.

D’après ce dictionnaire, ce mot a trois sens.

Sens 1 : « Situation à laquelle il n'existe que deux solutions possibles. » C’est probablement dans ce sens que nos politiciens ont choisi d’utiliser ce mot. Il n’y a que deux solutions pour le centre : Jean-Louis Borloo ou François Bayrou.

Sens 2 : « Etats opposés qui se succèdent régulièrement. » Ils ont installé une présidence tournante entre Bayrou et Borloo.

Sens 3 : « Solution de remplacement. » Ah ! Je comprends mieux. L’Alternative est destinée à remplacer le PS et l’UMP. Pour un parti qui a vocation à être à la traine de l’UMP, c’est fort ! D’ailleurs, Raffarin a qualifié l’Alternative « d’Equipe B ». Ce n’est pas gentil de sa part. L’équipe B est généralement composée des joueurs qui n’ont pas été retenus pour jouer avec l’équipe principale et qui sont condamnés à jouer dans les divisions inférieurs. Par exemple, l’Alternative aura le droit de concourir pour obtenir la présidence des comités de quartiers en dehors des grandes villes.

L’Alternative ? Amusant comme mot. Il évoque un tas de trucs qui n’ont rien à voir avec la mouvance centriste, bien au contraire : le rock alternatif, Alternatives Economiques, les alter-mondialistes… Le « Modem » était déjà ridicule et ringardisé à l’heure des « box »…

Ce n’est pas grave.

Politiquement, ils ont fait une grosse erreur : ils se situent dans l’opposition de droite donc clairement avec l’UMP. Le positionnement du Modem me paraissait préférable. Par exemple, Jean-François Martins qui est le seul conseiller Modem de Paris a décidé de partir aux municipales sur les listes d’Anne Hidalgo. Il devrait être viré du Modem. Paris est une ville particulière (et dans ce sens, ce n’est pas la seule) : il s’agit de choisir entre l’équipe sortante et une nouvelle équipe. Le choix pour les Parisiens est clair et Monsieur Martins a choisi d’aller avec une des équipes car elle lui semble la meilleure pour gérer ou la plus à même de gagner (ce qui donnera du poids à sa position politique dans la future majorité). Par son positionnement politique, l’Alternative en fait un choix qui se réduit entre la droite et la gauche et où, elle-même, n’est pas une alternative.

L’Alternative se positionne donc explicitement dans l’opposition à la gauche et donc, je me répète, comme allié naturel et exhaustif de l’UMP. C’est une erreur. Une grande partie des électeurs de droite sont exaspérés par l’UMP. Je voyais un sondage, ce matin, où la popularité de ces pauvres Hollande et Ayrault était donné à un plus bas historique (ils doivent être habitués) mais avec seulement 39% des Français qui jugent que l’opposition ferait mieux. En quelque sorte, il n’y a pas d’alternative… L’Alternative se positionne donc dans le camp qui n’en est pas une.

Ils confondent l’allié naturel (les Français comprennent très bien que les centristes s’allient avec la droite pour les municipales) et l’allié exclusif. A part quelques exceptions, l’Alternative ne pourra pas gagner toute seule des élections municipales. Elle recommence donc ce qui a été sa perte depuis les années 80 : être la petite force de droite. Celle a qui on laisse les miettes. Elle aurait du reprendre ce qu’a fait François Bayrou en 2007 et qui lui a très bien réussi (plus de 18% au premier tour, soit autant que Balladur en 1995 et plus que Barre en 1988) mais qui a échoué parce qu’il était tout seul.

Il y a pourtant un sens, quand on n’est pas de gauche, à s’opposer à l’UMP. Par exemple, Jean-François Copé a critiqué Nathalie Kosciusko-Morizet à propos de l’écotaxe, faisant comprendre qu’elle est incompétente, alors qu’elle est la chef de file de l’UMP pour les municipales à Paris et qu’elle devrait recevoir un soutien total et sans réserve de son parti. Que va-t-il passer par la tête des candidats de l’UDI qui ont une chef de file massacrée par la tête de son propre parti et dont les chefs viennent de créer une nouvelle « formation » qui viennent de se lier les mains avec ce parti.

L’occasion ratée. Des incompétents qui n’ont rien compris à la situation politique : les électeurs sont découragés par la gauche au pouvoir mais ne veulent plus de l’UMP.

J’espère pour elle que l’Alternative saura jouer correctement la carte des Européennes où elle a une probabilité non nulle de devenir un des partis forts en France, voire d’arriver en tête en profitant de plusieurs phénomènes :
-         le Front National ne réussit jamais dans ces élections (10% en 2004, 6% en 2009),
-         l’UMP provoque plus de rejet qu’autre chose,
-         le PS pourrait subir un très gros vote de protestation.

Mais tant qu’elle merde et reste associée à l’UMP, l’Alliance ne peut pas nuire au Parti Socialiste.

Ils n’ont rien compris.

Un dernier point : ils ont trouvé un nouveau nom mais n'ont pas réussi à se débarrasser des anciens. C'est une erreur. Le Modem et l'UDI ont toutes les deux une mauvaise image (pour des raisons un peu différentes). Il fallait donc s'en débarrasser.

Ils auraient du créer une véritable nouvelle formation politique, ce à quoi tout le monde s'attendait...

22 juillet 2013

Le vrai visage de l'UDI ?

L’information émeut beaucoup Twitter. Un député-maire UDI, Gilles Bourdouleix, aurait déclaré, à propos des Roms : « Hitler n'en a peut-être pas tué assez ». Ensuite, il a nié et dit qu’il avait dit : « J'ai marmonné: ‘Si c'était Hitler, ils les auraient tués’. »  mais un journaliste aurait tout enregistré.

La direction de l’UDI avec Jean-Louis Borloo, Yves Jégo, Hervé Morin, Jean-Christophe Lagarde se serait réuni et devrait décider de l’exclure si les propos sont exacts.

Gilles Bourdouleix est le président du CNIP (le Centre national des indépendants et des paysans, les anciens RI, Républicains indépendants). En 2007, le parti a soutenu Nicolas Sarkozy mais a rompu les ponts avec l’UMP en 2008. En 2010, il fait alliance avec Debout la République, le parti de Nicolas Dupond-Aignan dans plusieurs régions. En Vendée, il fait alliance avec le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers et l’UMP.

En 2011, il se rapproche avec le Parti chrétien-démocrate de Christine Boutin. En juin 2012, Gilles Bourdouleix rejoint le groupe UDI à l’Assemblée Nationale. En septembre, le CNIP annonce rejoindre l’UDI.

Parmi les personnalités historiques de cette formation, on trouve René Coty, Antoine Pinay, Valéry Giscard d’Estaing… Jean-Marie Le Pen a été élu député sous l’étiquette du CNIP… On y a trouvé Serge Dassault, Raymond Marcellin, Hervé Novelli, Christian Vanneste,…

Gilles Bourdouleix est un membre fondateur de l’UDI dont il est un des vice-présidents. Il voulait être candidat à la présidentielle de 2012 mais n’a pas obtenu les signatures.

Beaucoup de comptes Twitter proche de l’UDI demande sa démission. J’imagine que le parti ne devrait pas avoir trop de remords à le faire. Mais l’UDI est une fédération de partis, regroupant : le CNIP, l’Alliance Centriste de Jean Artuis, la Gauche moderne, le Nouveau Centre, le Parti radical et un tas d’autres trucs.

Si le président du CNIP est exclu de l’UDI, ce parti pourra-t-il y rester ?

C’est le bordel.

N.B. : Je ne commente pas ses propos, je ne sais pas où est la vérité. S'il les a tenus, ils sont effectivement scandaleux.

26 novembre 2012

C'est reparti pour la semaine ?

Même si Jean-Louis Borloo était sur France Inter, l'actualité politique tournait autour de deux sujets, ce week-end : l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes et l'UMP. Je suis arrivé trop tard pour écouter Borloo évoquer son parti concurrent mais à propos de NDDL, il a réussi à ne strictement rien dire. 

Nous connaissons maintenant la stratégie politique de l'UDI : ne rien dire, ne pas se positionner mais en gardant en arrière plan le Grenelle de l'Environnement. Vous n'avez rien compris ? C'est normal...

A l'UMP, c'est clair : tous les médias le constatent : Nicolas Sarkozy est de retour et c'est lui le seul chef. Il a réussi à écarter Juppé en quelques heures et à apparaître le seul capable de maintenir la paix. 

Si j'étais le Juppé en question, je pendrais François Fillon par la main et le pousserait à créer un nouveau parti politique, genre la droite tiède et sérieuse. Il suffirait de deux ou trois mois pour bouffer l'UDI et devenir la première formation politique de droite, obligeant le cadavre de l'UMP à lui manger dans la main. 

Ça aurait au moins le mérite de nous faire rire. 

20 novembre 2012

Premiers départs de l'UMP

Ah ! La première personnalité politique de poids qui l’UMP pour rejoindre l’UDI : Pierre Méhaignerie. Il déclare « Les valeurs et les convictions qui ont été celles de toute ma vie se sont exprimées au sein du CDS, puis de l'UMP. Aujourd'hui, elles ne peuvent plus s'exprimer dans l'organisation actuelle de l'UMP. L'UDI me semble en conséquence le mouvement politique à renforcer. » « Je suis aujourd'hui convaincu qu'il faut résister aux tentations du populisme, de la démagogie et agir dans le cadre d'une force politique capable de porter des valeurs de paix civile, de concorde sociale, de rigueur intellectuelle et morale. »

A 73 ans, l’ancien Ministre (au moins 3 fois, en 77, 88 et 95), ancien Président du Conseil Général d’Ille-et-Vilaine, ancien Président du du CDS (que les plus jeunes et les ivrognes auront oublié) et ancien Secrétaire Général ou Vice-Président (je ne sais plus) de l’UMP (j’en passe), tire sa révérence et ne supporte déjà plus les évolutions de l’UMP.

A qui le tour ?