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06 mars 2015

Qui de la fausse droite ?

Monsieur Treize se demandant ce qu'il fout sur un blog.
Koltchak, me fait rire, parfois. C’est un blogueur réactionnaire, donc à la droite de la droite. En commentaire à mon dernier billet, il dit : « Il y a des pays européen où la droite existe, mais en France, la droite est morte depuis très longtemps. Oh, il y a bien des machins qui tentent de donner le change, mais aujourd'hui cela ne trompe plus grand monde. D'où le succès actuel du FN, qui compte tenu de son programme et du niveau de ses candidats, ne pourra que les décevoir à son tour. » La vraie droite dit que la droite n’est pas à droite. D’un autre côté, la vraie gauche dit que la gauche n’est pas à gauche.

D’un autre côté (on a beaucoup de côtés, aujourd’hui, c’est normal, on parle de droite et de gauche), il m’arrive de dire que la vraie gauche n’est pas à gauche. C’est vrai, quoi ! Des gens qui proposent d’emprunter plus, donc de donner du pognon à des prêteurs privés, pour relancer ou qui défendent le port du voile donc une religion me paraissent éminemment suspects. D’un autre côté (on est à quatre, heureusement que les centristes ferment leurs gueules, ça nous en ferait cinq), le programme du Front National ne serait pas spécialement renié par les communistes des années 70.

C’est le bordel. Reconnaissons-le.

Dans le billet en question, j’évoquais Alain Juppé qui s’est déclaré pour l’autorisation du port du voile à l’école ou contre l’interdiction ce qui revient au même, convenons-en. C’est évidemment une posture politique. Tout comme la mienne, quand je me déclare opposé au voile. En vérité, en vérité, je vous le dis, je me fous totalement de la religion et de ses signes ostentatoires. A la limite, je pourrais défendre le voile : c’est très pratique pour se moucher quand on est tassés dans le métro et que la dame devant à un voile.

Des commentateurs s’engueulent. Didier Goux et Captain Haka. Je dis qu’ils s’engueulent, c’est pour mettre un peu de piment.

La stratégie d’Alain Juppé va-t-elle lui être bénéfique ? Là est la question. Imaginons qu’il soit le candidat de l’UMP à la présidentielle et soit opposé, au second tour, à Marine Le Pen ou à François Hollande. Il est à peu près sûr de gagner (tout comme Balladur et Jospin étaient sûrs de gagner en 1995 et 2002, j’entends… Tout peut arriver). Disons qu’il a plus de chance de gagner face à François Hollande que Nicolas Sarkozy. Face à Marine Le Pen, c’est plus compliqué : les électeurs de gauche auront un réflexe « républicain » et iront voter pour éjecter le Front National. Par contre, ces électeurs de gauche auront évidemment moins de mal à voter pour Alain Juppé

Mais prenons les choses dans l’ordre et commençons par la primaire de l’UMP. Alain Juppé a-t-il une chance de l’emporter face à Nicolas Sarkozy et aux autres rigoles ? J’aime bien ces billets en mode « Madame Soleil » mais on n’est pas sûrs, à ce stade, qu’ils y participent. Par exemple, il est possible que Nicolas Sarkozy refuse d’aller au combat s’il n’est pas sûr de gagner, il serait totalement ridiculisé pour sa fin de carrière…

Nicolas Sarkozy a annoncé les grandes lignes de son projet. Il semble avoir perdu la main mais ce n’est qu’une opinion personnelle : je ne suis pas très bien placé pour donner mon avis. Les sondages sont mauvais, les sympathisants UMP rejettent la plupart des mesures sauf la défiscalisation des heures supplémentaires mais je doute que ces dernières soient vraiment un facteur de décision (le contexte n’est pas le même qu’en 2008, les électeurs sont toujours d’accord pour gagner du pognon mais leur sécurité « sociale » et celle de leurs proches pourrait devenir plus important que d’accord plus de pognon à ceux qui ont la chance d’avoir beaucoup de boulot).

Il reste favori pour cette primaire, dans les sondages, mais il continue à baisser. C’est ballot. Il apparaitra rapidement (et je reste en mode « Madame Soleil », les sondages se plantent souvent…) aux électeurs qu’Alain Juppé est le plus apte à gagner le second tour. Il reste évidemment à savoir pourquoi ils vont aller voter : pour un candidat ou un programme ? Si Alain Juppé est bien dans une posture, ce que j’espère (mon dieu, le voile à l’université…), c’est évidemment pour faire plus consensuel, plus rassembleur, plus calme… Il dessine le contraire de Nicolas Sarkozy.

Et nous en arrivons surtout au débat entre Didier Goux et Captain Haka dont au sujet duquel je parlais auparavant plus tôt. La question est : pour qui voteront plus facilement les électeurs de droite au premier tour, Marine Le Pen, Alain Juppé ou Nicolas Sarkozy ? J’écarte de ma question les réactionnaires qui ne peuvent pas blairer les deux derniers voire les trois premiers : ils voteront Marine Le Pen plus facilement. J’écarte également les centristes. Il me parait à peu près certains qu’ils se rangeraient plus facilement derrière le maire de Bordeaux. Occupons-nous des autres…

Mais, avant cela, je vais répondre à une question qu’on ne m’a pas posée mais qui aura le mérite d’éclaircir le débat. Les réactionnaires disent fréquemment que Juppé est le candidat de droite préféré de la gauche. Ce n’est pas totalement exact : si on avait le choix entre lui et l’ex, on le choisirait lui. Par contre, mon candidat préféré est largement Nicolas Sarkozy. Outre que cela nous rappellera le bon vieux temps, il me parait beaucoup plus facile à battre par un candidat socdem. Pour le reste, si Alain Juppé vient au pouvoir, il sera obligé de monter un gouvernement et on se retrouvera avec des NKM, Pécresse et autres Bertrand. Or, il n’y a que deux types que je supporte, à droite, Juppé et Baroin… Ou alors quelques gonzesses, mais ça devient sexuel.

Quelle était la question ?

Ah ! Oui ! Au premier tour, en 2017, il est probable que cela soit le bordel à gauche mais que, finalement, Hollande ou Valls pourraient être des candidats faisant l’unanimité « au centre gauche » vu que les autres seront encore plus à la ramasse, selon Madame Soleil. Il pourrait donc très bien faire 25% au premier tour, comme tous les candidats socialistes depuis belle lurette sauf ce brave Jospin en 2002. Le candidat de droite qui fera 25% sera au second tour (ne pinaillez pas pour un ou deux points ni même cinq : je n’ai pas que ça à foutre).  Le combat de l’UMP est donc de piquer des voix au Front National…

Je reprends : si ma tante en avait, on l’appellerait mon oncle, même avec la théorie du genre, et qui de Nicolas Sarkozy ou d’Alain Juppé raflera le plus de voix des électeurs de droite ? Du moins, de ceux qui votent traditionnellement à droite.

Vous avez deux heures.

J’ai mon idée, mais… J’ajoute néanmoins un élément. Je pense qu’ils diront à Nicolas Sarkozy : hé ho mon garçon t’es bien mignon mais tu nous as déjà fait le coup deux fois de chercher des voix à la droite de la droite et on a vu ce que ça donne.


14 novembre 2014

Gauche dans ses bottes

Jacques Etienne est un blogueur de droite. Bien à droite. Ce n’est pas grave, il faut des gens à droite pour que la gauche existe et vice versa. Dans son dernier billet, il traite le cas d’Alain Juppé ce que j’ai fait récemment si ma mémoire est bonne. Le maire de Bordeaux, ancien premier ministre, ancien meilleur d’entre nous, ancien droit dans ses bottes est plébiscité dans les sondages et était récemment à l’honneur dans les Inrocks.

Je suis à peu près d’accord avec Jacques Etienne, que vous devez lire, mais j’aurais formulé cela plus simplement : Alain Juppé est le favori des types de droite auprès des types de gauche parce que c’est le moins pire des types de droite. Vous m’avez suivi ? Il n’est pas un odieux réactionnaire voulant empaler les immigrés avant de les réexpédier chez eux aux frais du destinataire. Il s’est même récemment déclaré pour le mariage des homosexuels. Aussi bien, dans sa prochaine interview, il réclamera qu’il souhaite que la nuit de noce soit télévisée.

Admettons que je sois interrogé par un sondeur : « hé, dis donc, gros, est-ce que tu souhaites qu’Alain Juppé joue un rôle dans l’avenir ? » Certains sondeurs sont très familiers. Ma réponse serait : « heu, ben mon gars, j’vais t’dire : je ne souhaite pas qu’un type de droite joue un rôle dans l’avenir mais si j’avais à souhaiter qu’un type de droite joue un rôle dans l’avenir, je souhaite qu’un type comme Alain Juppé soit celui-là car les autres prétendants probables savoir Mâame Le Pen et M’sieur Sarko me sont franchement antipathiques et me paraissent très dangereux, néanmoins, j’aimerais autant que mon futur poulain ait à affronter ces deux gens lors de la prochaine élection car il me paraitrait assez un probable qu’il puisse battre Juju à un second tour d’une présidentielle ».  Le sondeur se dirait alors : « mais je ne comprends rien à ce que dit le gros, je vais cocher « oui » ».

Il se passe un phénomène relativement incroyable : Alain Juppé nous est devenu sympathique. Je dis « nous » mais je vous laisse savoir qui se cache derrière, je ne sais pas moi-même. En 1997 quand il nous a quitté, on ne pouvait pas le blairer. Il passait pour le type le plus sectaire du monde, le monsieur droit dans ses bottes. Et le temps à passer… Tout d’abord, il y a une certaine compassion. Ce gars-là qui était prévu pour remplacer Jacques Chirac arrivé à expiration est tombé dans des machins judiciaires au sujet desquelles on est en droit de se demander s’il n’a pas payé pour son mentor mais il ne nous viendrait pas à l’esprit de commenter une décision de justice.

M’sieur Jospin fut premier ministre après M’sieur Juppé pour tenir une politique de gauche avec un tas de privatisations. Cinq ans plus tard, il s’est retrouvé éjecté et remplacé par M’sieur Raffarin. Ce dernier a probablement un positionnement politique proche de Juju à savoir ce qu’on pourrait appeler une droite tellement molle qu’il faut les démarrer à la manivelle.

Pourtant, M’sieur Juppé commença à nous manquer. Il aurait dû être le chef de la droite de gouvernement et on a gagné, à la place, un type qui nous expliquait que la route est droite et la pente difficile. Ce n’était objectivement pas le même niveau même si les critères d’établissement des niveaux en politique est relativement floue. Disons que Raffarin est à Juppé ce que Sarkozy était à de Gaulle. A part la coiffure, celle de M’sieur Raffarin est plus fournie.

Après, le grand Chirac a été remplacé par le moins grand Sarkozy et Juju s’est retrouvé ministre. Il y est resté tellement peu de temps qu’il me faut consulter Wikipedia pour me rappeler de quoi. Il était : « Ministre d'État, ministre de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement durables ». Il s’est présenté aux législatives mais n’a pas été élu : il a été viré du gouvernement. Encore une fois, il semblait victime d’une décision injuste même si nous rigolions franchement des déboires de la droite, ce qui est bien humain. En 2010, il est redevenu ministre, «Ministre d'État, ministre de la Défense et des Anciens combattants », puis en 2011, «  Ministre d'État, ministre des Affaires étrangères et européennes ».  Vous savez quoi ? On était presque content parce qu’il nous semblait qu’on avait enfin un type normal au gouvernement, un peu comme si on avait un rempart face à ce qui semblait une espèce de folie collective, à la suite du discours de Grenoble, en 2010 et une UMP qui partait en couilles réactionnaires pour éviter de voir en face qu’elle avait échoué à traverser la crise sereinement alors que l’Allemagne s’en sortait benoîtement.

Enfin, Alain Juppé est maire de Bordeaux. Il a succédé à Jacques Chaban-Delmas qui, même si Alain Delon est très bien coiffé dans Paris brûle, apparait quand même comme un bel exemple de vieux réactionnaire auprès de jeunes cons comme nous (j’avais 8 ans en 1974) alors qu’il passait comme progressiste aux yeux de sa propre majorité, ce qui nous le rapproche d’Alain Juppé, maintenant. D’ailleurs la comparaison est rigolote puisqu’un type réputé moins à droite que lui, Valéry Giscard d’Estaing a été qualifié au deuxième tour en 1974 alors qu’ils étaient les deux candidats de droite. C’est d’autant plus rigolo que Giscard était soutenu par Chirac qui incarnaient aussi la réaconnerie à cette époque (et après).

Je connais un peu Bordeaux, non seulement par la lecture de Desproges qui disait que les Bordelaises étaient girondes  mais aussi pour avoir des relations là-bas, essentiellement professionnelles mais aussi amicales vu qu’à force de bosser dans le même bureau qu’un gros qui venait du coin, les affinités se créent. Toujours est-il que tout le monde m’a dit qu’Alain Juppé était un excellent maire de Bordeaux. Il fait des trucs bien et a eu beaucoup de mal à réparer les conneries de son prédécesseur. Et paf ! J’aurais préféré que Vincent Feltesse soit élu à sa place vu qu’il est de gauche et que c’est un copain (je l’ai vu deux fois et entre militants rosâtres, on se tutoie…).

Voilà comment Alain Juppé peut se retrouver avec une bonne image auprès de types de gauche sans côté le volet « vieux sage » qui est un tantinet rassurant.

Du coup, je ne sais plus ce que je voulais dire à Jacques Etienne. Ah ! Si ! Alain Juppé est de droite.

C’est une manie en France. Les types très à droite disent que les types pas très à droite sont à gauche et les types très à gauche disent que les types pas très à gauche sont à droite. C’est très rigolo. Penons un type au hasard : moi. Je me suis tiré au sort et c’est d’ailleurs bien tout ce que je peux tirer, de nos jours. Les gens de la vraie gauche, celle avec du poil dans les narines, disent que je suis un libéral de droite. Les gens de la vraie droite, celle avec auréoles sous les bras mais pas par transpiration, par manque d’hygiène, disent que je suis l’incarnation des socialo-communistes parachutés par Moscou, le Moscou de la grande époque parce que Poutine, côté communisme, il est un peu mou du genou.

Tout cela est un tantinet grotesque mais on trouve toujours ses adversaires politiques un tantinet grotesque. Ce n’est pas grave. Les gens très à droite et les gens très à gauche pensent qu’une majorité de Français pensent comme eux et qu’ils pourront être élus sur la base de leurs opinions.

Ce n’est pas vrai, nananère.


Sinon, Chaban serait encore président de la République, si toutefois il était resté étanche.

09 septembre 2014

Du mouvement à l'UMP ?

Nicolas Sarkozy a pris sa décision, il parait. Il sera candidat à la présidence de l’UMP. Les autres candidats, comme Hervé Mariton et Bruno Le Maire, peuvent aller se rhabiller. C’est con : j’étais près à soutenir M. Mariton, non pas parce qu’il ne dit pas que des conneries quand il n’est pas dans son rôle d’affreux réactionnaire mais parce qu’il est abonné à mon compte Twitter. C’est le seul cadre de l’UMP. Par contre, j’ai Alain Lambert et François Bayrou, en stock, mais pour Lambert, c’est pour raconter des conneries. Mais je suis hors sujet.

Il parait que Nicolas Sarkozy va changer le nom du parti, y remettre de l’ordre, rétablir les comptes et tout ça. En fait, il va en faire une machine à gagner la présidentielle. La primaire ne va être qu’une formalité, pense-t-il, mais il faut toujours se méfier avec ce genre de pronostic !

Libération fait sa une sur le retour aux affaires de Nicolas Sarkozy, avec la dernière qui vient d’éclore, sans compter le sondage a priori bidon pour faire croire qu’il est le seul à pouvoir battre Marine Le Pen au second tour… Jean-François Copé vient d’annoncer son ralliement ou, plutôt, d’appeler ses supporters de soutenir l’ancien président.  Je ne sais pas si c’est une bonne nouvelle pour ce dernier.

Pendant deux ans, on va assister à un combat entre François Fillon et Nicolas Sarkozy. Je ne crois pas qu’Alain Juppé ira jusqu’au bout.

Quant à Bruno Lemaire et Hervé Mariton, ils semblent bien s’amuser. Bruno Le Maire a écrit dans un bouquin en 2004 : « Je me laissais envahir par la chaleur du bain, la lumière de la lagune qui venait flotter sur les glaces de la porte, le savon de thé vert, et la main de Pauline qui me caressait doucement le sexe. » Mon follower a déclaré récemment : « Moi, dans mes livres, je ne raconte pas comment ma femme me caresse le sexe. Je présente un réel projet. »

C’est dommage : il vendrait plus.




09 juillet 2014

UMP : le naufrage continue

« Faisons peut-être confiance à la jeune génération pour reconstruire l’UMP. C’était la proposition de François Fillon: qu’il y ait un président qui prépare un projet, qui tourne la page du passé, on a commencé avec l’audit hier soir, qui reconstruise, qui prépare les primaires. » Voila ce qu’a déclaré Eric Ciotti et c’était un peu le sens de mon billet d’hier bien que je n’ai pas grand-chose à cirer de ce parti. Il a surtout lancé des salves contre Jean-François Copé et l’a appelé à un peu plus de décence et en le désignant explicitement comme étant le responsable du bordel à l’UMP.

Ce matin, c’est Rachida Dati qui s’est énervée dans Twitter contre François Fillon et Alain Juppé suite aux révélations la concernant parue dans le Canard Enchaîné. Depuis, c’est Nadine Morano qui s’y colle : « L'Ump c'est comme la déculottée du Brésil sauf que c'est nous qui marquons contre notre propre camp. Une gaulliste écœurée. » « Pourquoi cible-t-on Rachida Dati aujourd'hui? On observe une charge contre les soutiens de N Sarkozy » « A l'UMP, nous avons besoin d'un ordre du jour pas uniquement concentré sur les problèmes internes. »

Rachida Dati et Nadine Morano, des « créations » de Nicolas Sarkozy, se rendent-elles compte qu’elles sont foutues si Jean-François Copé et l’ancien président ne peuvent pas revenir ? Et qu'ils ne reviendront pas.

Nous pouvons les féliciter pour leur soutien inconditionnel mais, à un moment, il faut se rendre compte que couler avec le navire ne sert pas à grand-chose.

04 juin 2014

Le connard selon Alain Juppé

"Dans le temps, j'aurais dit que c'était quelqu'un de mal élevé, maintenant je dis que c'est un connard." Voila ce qu'aurait dit Alain Juppé de Laurent Wauquiez selon une copie d'écran de la télévision aimablement mise à disposition des twittos par mon confrère et ami Bembelly...

Vous, je ne sais pas, mais moi, j'aime bien Alain Juppé. Je souhaite qu'il échoue par ce qu'il est de droite mais il me semble être la personne avec le jugement le plus affuté dans ce parti en faillite. Sur ce coup, il me semble que je crois avoir eu l'impression de potentiellement partager un avis assez proche.

Laurent Wauquiez était sur France 3 dimanche midi et le sentiment qui se dégageait n'était pas trop éloigné de ce que peut avoir dit Alain Juppé ou de ce qui ressort des billets de blog de son biographe favori, l'illustre MHPA. Si l'émission n'avait pas été diffusée à l'heure de l'apéro assez dominical pour un dimanche, j'en aurais fait un billet de blog.

Voila ce que retient ma mémoire embrouillée des propos de ce garçon, à propos de la réforme territoriale : le rapprochement de Rhône-Alpes est une excellente idée sauf si elle vient de la gauche.

Dans sa cure de ménage, je suggère à l'UMP de se débarrasser de ce genre d'individus...

27 mai 2014

Explosion rue de Vaugirard

Il y a un blogueur UMP qui m’a fait rire ce matin en disant que l’affaire de l’UMP est sortie hier pour masquer la défaite du PS aux européennes. Comme si l’UMP avait gagné une victoire. J’ai vu aussi des twittos de gauche gueuler contre les socialos qui se moquaient des déboires de l’UMP.

Disons-le franchement : je me moque de ce que je veux et je ne considère ni mes tweets ni mes billets comme suffisamment importants pour m’éviter de dire des bêtises.

La situation à l’UMP me fait aussi rigoler mais, paradoxalement, elle ne me réjouit pas. Le départ de Jean-François Copé va permettre à ce parti de se remettre en ordre de marche avec un scénario proche de ce que j’avais imaginé ce qui n’était d’ailleurs pas compliqué. Jean-François Copé va vite sombrer dans les oubliettes, entrainant avec lui Nicolas Sarkozy, et François Fillon pourra revenir sauf si Alain Juppé décide d’être candidat (il est probablement celui qui a le plus de chance de l’emporter mais aurait près de 80 ans à la fin d’un mandat).

Essayons de prévoir la suite : Jean-Pierre Raffarin va faire le ménage pour empêcher ceux qui continuent à soutenir Copé de donner leur avis tout en préparant sa candidature à la présidence du Sénat. Pendant ce temps, Alain Juppé jouera au vieux sage, rassurant les militants, et François Fillon renforcera son réseau de partisans, les rats n’allant pas tarder à quitter le navire. Ces braves gens ne manqueront pas d’aller draguer les centristes car ils en auront besoin pour gagner en 2017, notamment pour éviter la concurrence au premier tour.

Il reste quelques détails à régler. Tiens ! Christian Jacob ! Comment le faire quitter la présidence du groupe UMP à l’Assemblée ? Il va falloir trouver quelqu’un avec beaucoup de pogne pour maîtriser tout le monde.

Il n’est pas non plus exclu que le congrès de l’UMP aboutisse à une dissolution du parti et à la création d’un nouveau mouvement. L’UMP est en plaine faillite morale, sans projet, sans rien, avec seulement des soupçons de grosse triche pour le financement d’une campagne.

Ce midi, la presse regorge de titres de type : « cette matinée où l’UMP a explosé ».

Jérôme Lavrilleux va servir de fusible mais ça ne suffira pas.

Si j'étais militant UMP, je penserais à ces années de gâchis. Mais je ne suis que sympathisant du PS. J'espère qu'il saura éviter ce gâchis.


21 mars 2014

UMP : l'autre scénario

[Fiction] Quand il eut lu la tribune de Nicolas Sarkozy, Alain Juppé pris immédiatement la décision et sut, par instinct, qu’elle était bonne. Il prit son téléphone et appela François Fillon : « Allo, François, ça va ? Ta femme, les enfants ? » « Oui oui et toi, la campagne pour la mairie se passe bien ? » « La routine. Bon, trêve de babillage. Tu as lu la tribune de l’autre gougnafier ? Ca ne peut plus durer, il est en train de nous mettre hors circuit pour vingt ans, sans compter ton rival, l’autre tartiflette, qui accumule les bourdes. » « Ah ça ! Tu n’avais qu’à me soutenir… » « C’est malin… Bon, voila ce que je te propose… »

Il appela son secrétariat puis passa deux autres coups de téléphone puis se rendit directement à l’aéroport. Dans son pied-à-terre parisien, il travailla longuement.

A 8 heures du matin, il retrouva Michèle Alliot-Marie, François Fillon et Jean-Pierre Raffarin devant le siège de l’UMP. Ensemble, ils se rendirent directement dans le bureau de Jean-François Copé dont ils forcèrent la porte. Alain Juppé s’assit directement dans le fauteuil du Président. Il sourit et dit : « Pauvre Jeff, il n’est pas près de profiter de son fauteuil à nouveau. » En même temps, les deux anciens premiers ministres dirent : « Bon, tu nous expliques ? »

« OK ! Asseyez-vous. Nicolas, qui a sut mener la droite à une belle victoire, par le passé, vient de commettre une lourde erreur. Sa tribune est ridicule, ses comparaisons de la justice et de la police avec la Stasi sont pitoyables. Je comprends son sentiment mais il risque de continuer tant qu’il aura ses casseroles. Il aurait du garder un silence complet et revenir mi 2016. Il aurait eu un boulevard pour être notre candidat. »

François Fillon était au courant depuis l’appel téléphonique de la veille. Les deux autres étaient subjugués. Ils se doutaient bien que s’ils avaient envahi le bureau du président de l’Union pour un Mouvement Populaire, ce n’était pas pour jouer aux billes mais pour le renverser. Par contre, la stratégie d’Alain Juppé devenait claire. Amusé de leur regard, ce dernier continua.

« Oui, vous avez bien compris. Je propose de torpiller Nicolas Sarkozy. Il restera un ami et je l’appellerai pour lui expliquer. La primaire de 2016 lui reste ouverte mais tant qu’il est empêtré dans des affaires judiciaires qui pourraient être très graves, le parti ne sera plus solidaire. Si on est dans ce bureau, maintenant, c’est parce que cette stratégie doit s’accompagner d’un grand changement du parti qui, même si nous tenterons de limiter la casse, commencera par ce qui passera aux yeux du grand public, comme un putsch. »

Michèle Alliot-Marie qui n’avait rien dit jusqu’alors pris la parole : « Alain, je suppose que tu vas nous exposer la suite et que nous aurions l’occasion d’en discuter mais j’ai deux questions à te poser. Avant cela, je tiens à préciser que je partage ton analyse : il n’y a pas d’autre choix que de larguer Jeff et Nico. La première question : pourquoi nous trois ? La deuxième question : pourquoi aujourd’hui, l’avant-veille d’une élection majeure dans laquelle tu es largement impliqué ? »

« Pourquoi maintenant ? Pour qu’on ne parle que de nous demain, samedi et dimanche soir. Si l’UMP remporte une victoire même relative, on ne pourra plus le faire. Enfin, le signal passé pourrait être très positif pour les électeurs si on leur montre qu’il y a quelqu’un à la barre. Tu veux d’autres raisons ? J’en ai besoin pour Bordeaux ! Oh ! Pas la municipale, je ne suis pas inquiet mais pour communauté urbaine. J’ai besoin de montrer que je peux être un chef qui agit. Alors, pourquoi vous trois ? François, c’est évident. Tout le monde sait qu’il a la volonté d’être le candidat en 2017 et il est le dernier chef de la majorité, quand nous étions dans la majorité. Toi et Jean-Pierre, c’est une question d’image auprès des militants. Désolé mais vous êtes, avec moi, les deux derniers vieux crabes de la chiraquie. François, je te laisse expliquer mieux pourquoi j’ai fait appel à toi. »

« T’es gonflé ! Ha ha ! Voila, Alain a très bien compris ma stratégie. J’allais quitter le parti pour en fonder un autre. A vue de nez, la moitié des cadres m’auraient suivi. Peu importe les militants, dans un premier temps. Ils auraient fini par nous rejoindre mais il fallait qu’on développe une offre politique auparavant qui dépasse le vieux : il faut supprimer les 35 heures. L’opération aurait probablement marché. Beaucoup de gens ne supportent plus Jean-François et l’image du parti est mauvaise. Mais, en partant, c’est ma propre image qui aurait pris un coup dans l’aile. Je serais passé pour un diviseur. Alain, tu as compris comment, au fait ? »

« Mettons cela sur le compte de l’instinct. Tu aurais probablement attendu le lendemain du second tour mais tu n’avais pas d’autre choix que de te désolidariser de Nicolas et de l’UMP à cause de toutes ces attaques contre la justice. Tu serais peut-être passé pour le neuneu de service mais tu serais passé pour une espèce de sauveur des valeurs de la République. Mais, comme toujours, tu hésitais. Et il y a toujours un risque, si je puis dire, que l’UMP sorte renforcée de l’élection. C’est aussi pour ça, Michèle, que j’ai décidé d’agir maintenant. Et Jean-Pierre, tu n’as encore rien dit, même pas une de tes conneries habituelles, tu en penses quoi ? »

« Rien. Je crois que vous avez raison. Le chemin de la reconquête passe par la rénovation de l’appareil ».

« Stop ! Alain, continue à nous présenter ton projet. »

« OK… Jean-François et moi allons émettre simultanément deux communiqués de presse  annonçant la vérité, à savoir, pour ma part, que je lui ai demandé de démissionner, de même que Luc et Laurent [NDLR : vice-présidents de l’UMP], et de nommer, auparavant Marc-Philippe [NDLR : cherchez pas, c’est Daubresse, il est un des trois secrétaires généraux du parti] secrétaire général par intérim. Lui, dira en plus qu’il nous demande, à tous les trois, Michèle, Jean-Pierre et moi, d’organiser rapidement un congrès en vue de trouver une nouvelle direction au parti et préparant les prochaines échéances, à savoir les européennes, les régionales et les départementales, puis, la primaire, et l’organisation du parti à l’issue de cette primaire. François émettra un communiqué pour dire « qu’il prend acte et se félicite » tout en annonçant qu’il ne sera pas candidat pour la nouvelle direction du parti. J’aurai annoncé, pour ma part, que je serai candidat. »

« Mouarf ! Tu es sûr de gagner. »

« Je crois, oui, Jean-Pierre. Marc-Philippe fera un communiqué plus solennel expliquant qu’il se met immédiatement au travail pour se mettre en ordre de bataille pour le second tour et pour l’organisation de ce congrès. Sur le thème : je comprends l’importance de la mission qui m’est confiée. »

« Et les raisons annoncées ? »

« J’y viens, Jean-Pierre, arrête de m’interrompre. On va dire la vérité : l’UMP est dans la tourmente et n’a pas réussi à se donner une ligne politique rassembleuse. Jean-François a décidé de soutenir Nicolas Sarkozy alors qu’une stricte neutralité se serait imposée, du genre : « j’ai confiance dans la justice de ce pays ». Je serai grandiloquent, du genre : le parti que j’ai contribué à créer pour soutenir Jacques Chirac ne rempli plus ses missions. J’ai proposé à Jean-François d’en quitter la tête et de nommer une direction temporaire pour permettre de rebattre les cartes, après avoir demandé à François de ne pas être candidat, ce qu’ils ont accepté tous les deux. »

« Mais vous les publiez quand ? »

« Toujours pressée, Michèle ! Dans l'heure. Ils sont prêts. Dans ma sacoche. »

La porte du bureau s’est alors ouverte. Jean-François Copé est entré. Il avait été prévenu par son secrétariat qu’il avait quatre invités surprise. Dans le couloir, il avait imaginé plusieurs scénarios mais quand il vit Alain Juppé assis à place, il comprit immédiatement qu’il n’y en avait plusieurs.

Il n’eut qu’une question : « quand ? »

08 août 2013

Mes personnalités politiques préférées

Pour le redémarrage de son blog, Guillaume dresse la liste des personnalités politiques qu'il préfère. Excellente idée de billet. Je la lui pique ! Je pourrais aussi lui piquer une partie de son introduction mais je vais le dire autrement.

Petit 1 : j’ai horreur de la logique des courants au sein du PS, logique complètement absconse pour toute personne qui n’adhère pas au parti (ni aux parties comme le calbute quand il fait très chaud dans le métro). Ce que l’on retient d’un congrès du PS, c’est soit les batailles internes, soit le nom du type qui a été élu Premier secrétaire, pas le texte des motions…

Petit 2 : je me fous des personnes en tant que telles sauf que je n’oublie pas que ce sont elles qui vont dans les médias et ont en charge de recueillir les suffrages, ce que la gauche, contrairement à la droite, a souvent tendance à oublier. D'ailleurs, je pense que les militants du PS votent pour des motions en fonction de ceux qui les porte et pas de leur contenu. Dans les blogs, je trouve toujours rigolo les analyses des motions par les blogueurs engagés derrière une personne. Ca frise le grotesque.

Trois précisions en préambule :
-         pour faire ma liste, je ne prends pas en compte la ligne politique ! Je vais même citer deux types de droite,
-         pour beaucoup des gens que je cite (tous sauf deux), il y a une histoire personnelle qui fait que je me suis intéressé à elles avant qu'elles ne soient au premier plan au niveau national. Ces anecdotes personnelles n'ayant pas d'intérêt, je ne les raconte pas nécessairement ici.
-         il n'y a pas de hiérarchie dans la liste ci-dessous, sauf pour le premier.

François Hollande

Il y a plein de raisons pour le mettre dans cette liste. Je ne vais en citer que deux.

La première : c'est lui qui a permis le retour de la gauche aux manettes, ce qui est d'autant plus méritoire que personne n'aurait parié sur lui 18 mois avant son élection, sauf peut être des andouilles comme moi (mais j'ai hésité avec Martine Aubry).

La deuxième : je l'ai toujours apprécié pour ce que les militants socialistes pouvaient lui reprocher, comme d'être l'homme du consensus mou... C'est indispensable en politique et c’est avec ça qu’il a gagné la présidentielle.

Ségolène Royal

Mes vieux lecteurs seront peut-être surpris de la trouver là. D'ailleurs, je l'ai presque détestée pendant longtemps (contrairement à son pacte présidentiel que j’ai préféré aux 60 engagements). Un jour, tout a changé. Probablement pendant la primaire. Peut-être avant. L’anecdote de la législative à La Rochelle a renforcé cette impression. Pour moi, elle a été victime d’une injustice, voire d’un manque de respect.

Allez savoir ! Les sentiments, ça ne se discute pas...

Toujours est-il que c'est, actuellement, avec Martine Aubry et, peut-être Julien Dray, la seule personnalité d'envergure au PS qui ne soit pas au gouvernement et qui a des propos qui sonnent juste quand elle cause dans le poste.

C'est elle qui devrait être à la riposte contre la droite. Et ça nous changerait d'une quiche à la tête du PS.

Martine Aubry

Tout en n'y croyant pas, j'ai longtemps rêvé qu'elle succède à Nicolas Sarkozy. A l'époque je disais dans mon blog qu'elle pourrait incarner "la République apaisée".

Je n'oublie pas non plus qu'elle était la première secrétaire du PS pendant le long processus qui a permis au parti de conquérir le pouvoir avec ses alliés. Même si le processus d’accession à la tête du parti n’a pas été très clean, on peut dire qu’elle a fait un bon boulot : elle a fait gagner la gauche, c'est ce qu'on lui demandait...

Marylise Lebranchu

Les raisons de sa présence dans cette liste sont essentiellement personnelles. J'en ai déjà parlé ici et elles viennent du fait que nos familles (et nous…) soient originaire du même patelin. On a un tas de connaissances communes…

Il en découle, par exemple, que c’est la personnalité du PS de référence, pour Loudéac, un peu comme si elle était marraine de la section, alors qu'elle n'habite plus là !

Dans le cadre de son activité au gouvernement, c’est probablement la ministre qui en chie le plus : avec sa double casquette, elle doit se fader les syndicats de fonctionnaires et les élus locaux… Rien que pour ça, elle mérite beaucoup de respect !

Christiane Taubira

Je l’ai détestée, aussi, lui mettant sur le dos la défaite de 2002 mais j’ai appris à la connaître depuis (un de mes copains a milité en même temps qu’elle en Guyane et m’en parle souvent ; d’ailleurs, un jour où il était saoul, je lui ai piqué son portable et j’ai pu récupérer « le 06 » de la ministre)(je l’ai perdu depuis). Elle me semble faire un très bon boulot au ministère mais je ne suis pas persuadé d’avoir moi-même les compétences pour juger de celles d’un ministre, surtout de la justice ! Pourtant, beaucoup ont des avis. Surtout dans les blogs de droite.

C’est une des seules personnalités politiques à pouvoir faire un long discours structuré, avec des références historiques et tout ça, sans consulter ses notes.

Depuis sa nomination, j’adore comme elle sert de punching ball à la droite, cette pauvre droite qui n’a rien à se mettre sous la dent à part taper sur « une femme noire qui incarne le laxisme de la justice avec la gauche au pouvoir ». Je dis cette pauvre droite car elle est en train de se prendre les pieds dans le tapis et donne l’occasion à la gauche de démontrer qu’elle n’a pas échoué uniquement dans les domaines économiques, la gestion de l’immigration, la sécurité… : il y a aussi la justice. On va bientôt pouvoir s’occuper de l’Education… Un type de droite objectif finirait presque par voter à gauche, d'autant que la politique du gouvernement n'est pas spécialement gauchiste...

Ainsi, j’aime bien comment Christiane Taubira répond à la droite.

Tout ça devrait être l’objet de mon billet d’après déjeuner.

Manuel Valls

Lors de l'université d'été du PS, pendant la primaire, je glandais en salle de presse en regardant une interview de Martine Aubry par je ne sais quel journaliste célèbre. Nous étions deux, debout, Valls et moi. Il devait passer après Titine et avait visiblement le trac. Faisant le double de son volume, j’avais envie de le réconforter, presque de lui taper sur l’épaule en lui disant : « c’est pas grave, va, mon gars, c’est une étape à passer dans ta carrière politique. » C’était d’autant plus grotesque qu’il est plus vieux que moi et savait ce qu’il faisait.

C’est important de reconnaître que les raisons qui font qu’on suit des personnages politiques sont grotesques. Beaucoup de militants devraient faire pareil, ça permet de reprendre de l’objectivité à l’heure de faire des choix (voir l’introduction de ce billet : on choisit des gens dans les partis pour faire gagner le parti, pas parce qu’on les aime bien ou qu’on apprécie ses idées, finalement peu différentes des autres mais qu'il ne mettra pas en application, au final, à cause de compromis ou de contraintes extérieures).

Depuis, j’observe son parcours…

Par ailleurs, comme pour François Hollande, je l’apprécie pour des raisons qui font que d’autres ne l’aiment pas. Je me rappelle par exemple de son discours à l’université d’été de la Rochelle, l’année suivante, alors qu’il était ministre. Les militants-socialistes-qui-tweetent-en-se-croyant-plus-intelligents-que-tout-le-monde se foutaient de sa gueule, de la fermeté de son discours. Ils ne se rendaient même pas compte qu’il était normal qu’un ministre de l’intérieur parle de la République, de sécurité,...

Un autre exemple : on évoque souvent les expulsions de Rom : c’est son job. Les recaser ailleurs ne lui revient pas. Il est là pour faire respecter l’ordre sur le territoire de la République. Si on a des reproches à faire à quelqu’un, c’est à François Hollande qui avait promis qu’on n’expulserait personne sans les recaser ailleurs. Autre exemple, j’ai vu des types de droite lui mettre sur le dos les émeutes à Trappes, c’est profondément ridicule et du pur ressort de la posture politique.

Julien Dray

Allez savoir pourquoi, quand il était à l’Assemblée, avant que je ne le connaisse personnellement, c’était déjà un des députés de référence. Depuis, il a rencontré les blogueurs, dont moi au moins trois fois, et a su me séduire d’autant plus facilement que c’était la première personnalité politique de ce niveau que je rencontrais. Tous les chefs socialos que j’ai rencontrés ensuite m’ont aussi parlé d’une anecdote avec Mitterrand. Dray était le premier. Pour les autres, je me foutais de leur gueule.

Néanmoins, j’ai deux raisons supplémentaires de l’apprécier.

La première : c’est le premier homme politique à s’intéresser réellement à un de mes loisirs préférés, le blogage, et à penser que les réseaux sociaux (c’était avant le boum de Twitter) avaient de l’avenir en politique.

La deuxième : encore plus qu’Alain Juppé, je le considère comme victime des affaires judiciaires dans le sens où elles ont eu un impact démesuré sur sa carrière.

Dominique Strauss-Kahn

C’est cette histoire d’affaire judiciaire qui m’y fait penser (à cause de la cassette, quand il était ministre, pas du Sofitel et du Carlton !). Il n’est plus une personnalité politique donc n’en parlons pas mais si j’avais fait ce billet entre 2003 et 2007, il aurait probablement été largement en tête pour la pédagogie qu’il mettait en œuvre. Les personnalités politiques disent souvent qu’il faut faire preuve de pédagogie pour faire passer des mesures ce qui est grotesque : quand une mesure est nulle, elle est nulle. Par contre, DSK avait un réel don, ce qui lui a donné cette impression de « compétence » (comme si, un simple quidam pouvait juger de la compétence d’un ministre, voir ce que je disais à propos de Christiane Taubira et de ses compétences comme Garde des sceaux).

François Baroin

En 1995, je partais pour un week-end faire la fête avec un copain. Je conduisais et c’est avec la radio qu’on a appris que François Baroin était nommé ministre. Vu qu’on a à peu près le même âge (Baroin a un an de plus), 30 ans à l’époque, on rigolait avec mon pote, on partait faire la fête comme des types de 18 ans alors que d’autres allaient être ministre. On ne savait pas encore qu’il allait être viré six mois plus tard… Depuis, je me suis toujours intéressé à ce qu’il a fait.

Avec Alain Juppé (et peut-être Dominique de Villepin mais il a disparu), il est un des représentants de cette droite que j’estime hautement respectable (même si je ne suis pas d’accord politiquement). Je ne comprends d’ailleurs pas qu’il soit redevenu un des ministres de Nicolas Sarkozy. C’est le seul (bizarrement, je considère que Juppé avait sa place dans ce gouvernement, en tant que vieux sage).

Alain Juppé

J’en parlais à l’instant… Je dirais en plus que j’aime bien ce côté vieux sage de la droite qu’il représente. Je dirais aussi, d’une part, que la plupart de mes collègues bordelais de gauche reconnaissent qu’il fait du bon boulot comme maire et, d’autre part, que, comme Julien Dray, il est victime de ses affaires judiciaires.

On va dire que dans les affaires du RPR, il a payé pour d’autres et ça lui a coûté sa carrière puisqu’il était successeur désigné de Jacques Chirac.

Je considère en plus que Nicolas Sarkozy lui a piqué le job ce qui me le rend encore plus sympathique. Il aurait été le dernier rempart contre cette droite insupportable.

Mais aussi

J’aurais pu faire une liste des personnalités politiques que je déteste, il m’aurait suffi de copier l’organigramme de l’UMP.

J’ai probablement oublié du monde et il y en a certains que je n’ai pas cités pour des raisons précises. Par exemple, Jean-Luc Laurent, le président du MRC, aurait eu toute sa place ici (parce que je le connais bien, beaucoup mieux que les autres, mais aussi parce que j’aime bien le travail parlementaire qu’il a fait au moment du Grand Paris non pas sur le fond mais comme il ne fait pas partie du groupe socialo, il mené tout seul l’opposition de gauche au projet ou presque !). Mais il n’est pas connu par l’opinion (de même que Marylise Lebranchu que je cite pourtant)…

Je n’ai évidemment cité personne du Front National puisque je ne peux pas les blairer mais Marine Le Pen mérite une mention spéciale dans un billet sur l'efficacité des personnalités politiques vu que son parti est au top.

Je n’ai cité personne chez les écolos. J’aurais pu citer Cécile Duflot que j’aime bien mais il aurait fallu que je cite tous les ministres que j’aime bien, Benoit Hamon, Michel Sapin, Jean-Yves Le Drian, Najat Vallaud-Belkacem, Stéphane Le Foll, Victorin Lurel, voire Arnaud Montebourg mais, au contraire de beaucoup d’autres, c’est une anecdote personnelle qui fait qu’il me gonfle, voire aussi Jean-Marc Ayrault, mais je trouve qu’il passe mal. A le faire, il aurait fallu que je prenne la liste des élus que j’aime bien comme Bruno Leroux et tant qu’à être objectif que je prenne les lascars de droite, y ajouter Alain Lambert (on est copains de Twitter). Et que j’aille voir plus loin : Anne Hidalgo et Jean-Luc Roméro, par exemple, à la mairie de Paris, de même évidemment que Bertrand Delanoë, Gérard Collomb. J’aurais fini par citer les copains blogueurs élus…

Je n’ai cité personne au Front de Gauche et c’est regrettable. Les militants et cadres devraient se poser des questions. J’espère que des gens comme Pierre Laurent pourront figurer dans cette liste dans quelques années. Jean-Pierre Brard aurait figuré dans cette liste quand il était à l’Assemblée, c’était mon député préféré.

Lecteur, si tu as un blog, à toi de jouer !

28 mai 2013

L'état de l'UMP

Je n’ai pas fait mon billet du jour pour me moquer de l’UMP : c’est mal. Hier, MM. Copé et Fillon ont conclu un accord. Les adhérents voteront pour savoir s’il faut un nouveau vote. Ils vont encore débattre quelques temps à propos du libellé de la question. Finalement, il ne devrait pas y avoir de nouveau vote pour le président de ce parti : les adhérents semblent assez favorables à Jean-François Copé.

Authueil, sympathique blogueur de droite, revient longuement sur ce bordel. Je vais traduire son billet en langage PMA.

Jean-François Copé et François Fillon ont déjà tellement pris dans la gueule qu’ils ne veulent pas recommencer une élection. Basta ! Copé reste à la tête du machin et semble vainqueur mais ce n’est pas évident. Le Conseil Constitutionnel pourrait le mettre sur la paille à cause des comptes de campagne. Bref ! Il est dans la merde et ça fera rigoler les lascars d’en face. En outre, Fillon a obtenu qu’une primaire soit organisée et les sympathisants de l’UMP lui sont probablement favorable.

François Fillon a mis en place sa propre structure pour la primaire, Force Républicaine. Bref, les deux ont des atouts et des handicaps.

« Ce faisant, la droite s'est encore un peu plus discréditée, car tout cet épisode est quand même une belle magouille d'appareil, où les militants sont magnifiquement cocufiés. » Oui ! Hein ! Mes militants dégoutés vont se barrer. De nouveau n’arriveront pas parce qu’elle est trop sous la main de Copé.

J’arrête là la traduction. Je résume : c’est aussi le bordel au PS. Les deux grands partis font n’importe quoi et on a un problème de démocratie.

Il y a un autre événement à l’UMP : la primaire pour les municipales à Paris. Je ne m’y suis pas intéressé. J’ai même découvert hier soir que les votes auraient lieu la semaine prochaine. L'UMP a complètement foiré la communication autour de la primaire.

D'après les sondages, NKM devrait être désignée, peut-être dès le premier tour ce qui lui donnerait une certaine légitimité.

François Baroin est longuement interviewé par l’Express. Comme pour Authueil, je vais traduire dans le langage du blog et résumer.

La défaite de 2012 a montré une vraie fracture entre ceux qui veulent déplacer le centre de gravité vers la droite et ceux qui, comme Alain Juppé, François Fillon, lui et bien d'autres, qui souhaitent conserver l’UMP comme le voulaient les créateurs : l’union du centre et de la droite.

François Baroin estime que plus qu’un glissement vers la droite, il y a un effondrement de la sociale-démocratie avec la naissance d'un nouvel ordre économique mondial, donc un nouvel ordre social. Il constate néanmoins un durcissement de la société et regrettent que certains appellent à manifester contre les institutions.

François Baroin pense que Nicolas Sarkozy devra faire le bilan de son mandat après les Européennes de 2014 et donner, à cette occasion, ses intentions pour 2017.

« Nicolas Sarkozy et François Fillon sont les deux plus solides candidats de l'UMP pour 2017
Je suis incapable de dire qui fera un meilleur candidat. Ce qui est sûr, c'est que ce sont les deux plus solides candidats. Si Nicolas Sarkozy décidait de revenir, ce qui serait en soi un événement politique considérable, cela justifierait que nous nous mettions tous autour d'une table pour nous organiser ».

Ensuite, François Baroin s’en prend assez violemment à Patrick Buisson et Guillaume Peltier et estime qu’ils n’ont aucune légitimité : leur influence est nocive. En cas de second tour à une élection entre le Front National et le Parti Socialiste, il pense qu’il faut faire barrage aux extrêmes.

« Le FN, c'est l'extrême droite, l'ennemi irréductible des gaullistes, donc de l'UMP. Il faut rétablir le barrage établi par Jacques Chirac, qui a eu pour effet de faire éclater le FN en deux. »

François Baroin se livre ensuite à une analyse de la politique de François Hollande sans trop rien dire… Puis tape sur le libéralisme…

Il donne une vague idée de la politique qu’il envisage : travailler plus longtemps et d’avantage sans remettre en cause les 35 heures. « Là aussi, il y a d'autres voies possibles que de s'attaquer aux symboles. »  Mouarf ! Rien !

Je résume le résumé… François Baroin est contre le libéralisme et le durcissement vers la droite de l’UMP mais il ne propose rien. Néanmoins, son analyse de la situation de l’UMP me parait assez bonne. « Nous sommes face à une querelle doctrinale profonde, pourquoi le taire ? »

Dans Twitter, Jean-Pierre Raffarin se réjouit suite à l’accord entre Copé tt Fillon : « Large approbation au comité politique de l'#UMP de la position commune de @francoisfillon et de @jf_cope. » Alain Juppé s’en félicite aussi sur son blog. Il estime que « nous allons pouvoir passer aux choses sérieuses » à savoir clarifier la ligne politique de l’UMP sur trois points : la stratégie économique, la rénovation du modèle social et la refondation de la construction Européenne.

Rien sur la querelle doctrinale profonde !

26 novembre 2012

C'est reparti pour la semaine ?

Même si Jean-Louis Borloo était sur France Inter, l'actualité politique tournait autour de deux sujets, ce week-end : l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes et l'UMP. Je suis arrivé trop tard pour écouter Borloo évoquer son parti concurrent mais à propos de NDDL, il a réussi à ne strictement rien dire. 

Nous connaissons maintenant la stratégie politique de l'UDI : ne rien dire, ne pas se positionner mais en gardant en arrière plan le Grenelle de l'Environnement. Vous n'avez rien compris ? C'est normal...

A l'UMP, c'est clair : tous les médias le constatent : Nicolas Sarkozy est de retour et c'est lui le seul chef. Il a réussi à écarter Juppé en quelques heures et à apparaître le seul capable de maintenir la paix. 

Si j'étais le Juppé en question, je pendrais François Fillon par la main et le pousserait à créer un nouveau parti politique, genre la droite tiède et sérieuse. Il suffirait de deux ou trois mois pour bouffer l'UDI et devenir la première formation politique de droite, obligeant le cadavre de l'UMP à lui manger dans la main. 

Ça aurait au moins le mérite de nous faire rire. 

23 novembre 2012

UMP : dix ans d'erreurs, cinq jours de guerre

Nous en sommes au cinquième jour après le vote à l’UMP. On ne connaît toujours pas le résultat. Alain Juppé va prendre la tête d’une commission « non statutaire » qui devra faire le tri dans tout ça. Evidemment, à gauche, on en rigole, tellement la situation est grotesque et tellement « notre » opposition se décrédibilise. Il n’empêche que c’est lamentable. Olivier Mazerolle est parti en live sur BFMTV, hier : « Faut arrêter de rigoler maintenant. Y a un problème politique majeur. Plus personne ne comprend plus rien à ce parti. Plus personne ne fait confiance à personne dans ce parti. Arrêtons parce que la politique française à la petite semaine, y en a ras le bol. […] J'en ai marre de commenter des inepties ».

Il est en effet tant que tout cela cesse. Je me suis engueulé avec un copain Twittos militant UMP, hier. J’ai twitté un truc du genre : « Tiens ! Pendant les primaires du PS, les lascars de l’UMP demandaient l’égalité du tant de parole. » Mon pote a pété une Durit en tentant de m’expliquer que ce n’est pas mieux chez nous, tentant de m’en faire la démonstration en 140 caractères, amenant des « preuves » totalement hors sujet.

Pourtant si, la situation est mieux chez nous. Il n’y a pas à tenter d’argumenter, c’est une évidence. Le bordel est à l’UMP mais les militants sont désespérés. Il est temps que cela cesse. Je m’engueule avec les gens mais je respecte les militants.

Il y a quelque chose de pourri, à l’UMP. Ce parti a été fait pour soutenir un leader, pour organiser des élections interne dont on connaît le chef à l’avance. Tiens ! J’ai cru rêver, hier, en découvrant qu’il existait une Commission Nationale de Réconciliation. Personne n’a vu en rédigeant les statuts de ce parti que l’abréviation donnerait forcément quelque chose du genre CONAR. C’est délirant.

Je pense qu’Alain Juppé devrait y aller franchement et déclarer : « Avec la commission, nous allons étudier tout ce qui s’est passé, mais je ne vois pas comment nous pourrions échapper à un nouveau vote. » Ou « Nous allons valider l’élection de celui qui nous parait avoir gagné mais en lui donnant une mission formelle, celle d’organiser avant six mois une refonte des statuts et de l’organisation des partis, avec un vote des militants, vote qui sera suivi par un autre, conforme aux nouveaux statuts, pour remettre en place une nouvelle équipe dirigeante. »

La fracture et les tensions sont trop fortes. Il faut que ça cesse, non pas pour assurer la survie du parti, dont je n’ai que faire, mais pour que nous puissions enfin avoir un débat politique serein.

L’UMP semble éclater maintenant mais le problème n’est pas nouveau. Dès la création, les conflits sont apparus :  la rivalité entre Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy n’est-elle pas un peu la même que celle entre Jean-François Copé et François Fillon ?

A mon copain, militant UMP, qui explique que « au PS, vous êtes pareil ». Je vais répondre « Non, on n’a pas eu 10 ans de guerre des chefs, on a eu un passage à vide de quelques mois à partir de fin 2008. » Le PS n’a pas eu 10 ans pendant lesquels les projets politiques étaient préparés par des cabinet de communication travaillant pour le candidat. Le PS a tenu de longs débats entre militants puis entre sympathisants, devant tous les Français. Mais, peu importe.

Le deuxième point qui caractérise le mauvais fonctionnement de l’UMP est l’erreur de casting de 2007. Je vais citer mon copain FalconHill, sympathisant de droite : « J'ai aussi honte de voir que cette UMP met en avant, dans les médias, pour défendre l'indéfendable, des Rachida Dati et des Nadine Morano. Bravo la "victoire" de Copé : elle met l'image de la droite républicaine dans des mains consternantes. » Je lui ai répondu qu’il n’avait pas à avoir honte, il n’est pas à l’UMP et il m’a dit qu’il s’était emporté… Je vais néanmoins compléter ma réponse : ce n’est pas Jean-François Copé qui a mis ces deux personnes en avant mais Nicolas Sarkozy en 2007 et il n’y avait pas qu’elles ! Rappelons-nous de Frédéric Lefebvre, par exemple, puisqu’il a su se racheter une conduite après… Et ces ministres d’ouverture ! Et Claude Guéant, Brice Hortefeux et Henri Guaino ?

Nicolas Sarkozy s’est entouré de personnages proches de lui mais bien éloignés des militants et surtout des sympathisants même s’il a gardé des figures emblématiques de la Chiraquie, telles que Michèle Alliot-Marie puis Alain Juppé pour faire joli. Mais la plupart des personnalités mises en avant  n’avaient rien à voir avec ce qu’attendaient les sympathisants, les électeurs…

Le troisième point qui montre le décalage de l’UMP est ce fameux débat sur l’Islam (ou la laïcité). Je dis ça en toute objectivité (comme un blogueur politique peut l’être, hein !), ayant moi-même soutenu dans ce blog la loi interdisant le port de la Burqa et un tas de trucs bien nauséabonds chez les gauchistes. Je ne nie aucun problème. Mais l’UMP, avec Jean-François Copé à la tête, a fait de ce débat la principale cause Nationale… Comme si les Français n’avaient pas d’autres sources de préoccupation.

L’UMP, en dix ans, s’est montré incapable de bâtir un projet politique débattu devant les militants. Pour l’élection de dimanche dernier, les militants ont eu a voté séparément pour le président du parti, une forte personnalité, et un projet politique. Je suppose qu’aucun français, aucun sympathisant, n’a retenu quoi que ce soit des projets politiques en question qui, de toute manière, seront mis à la sauce du patron, sans nouvelle consultation…

Le Parti Socialiste, après sa défaite de 2007, a commencé par se concentrer sur les échéances électorales suivantes, les municipales. Il s’en est bien tiré. Après, il a travaillé à sa reconstruction. On ne va pas dire que ça n’a pas été tendu et il l’a bien payé aux échéances électorales suivantes. Ensuite, il a travaillé sur son projet politique et son mode de fonctionnement. Je ne suis pas membre du PS mais j’ai pu voir, de loin, le travail dirigé par la patronne du parti. Ensuite, il a débattu devant les Français avec six personnalités qui ont porté leur vision de ce projet. La patronne du parti était candidate « par hasard » (suite au retrait de DSK) mais s’est retiré de la tête du parti pendant qu’elle était candidate. Le Parti Socialiste a gagné les élections Présidentielles.

Bien sûr ! On trouvera des choses à critiquer. Tiens ! Les militants ont voté contre le cumul des mandats mais une partie de cadre à refuser de se l’appliquer. François Hollande a lancé sa campagne en déclarant la finance comme ennemi et on attend toujours de voir…

Il n’empêche que l’UMP procède tout à l’inverse. Elle voudrait que les militants désignent maintenant un leader charismatique qui sera nécessairement candidat aux primaires après avoir éventuellement eu la charge de préparer un projet alors que ce projet a été soumis au vote en même temps que l’élection du chef…

J’invite Alain Juppé à en tirer les conclusions. Ce qui a marché en 2002 par hasard et en 2007 parce que le parti avait un vrai leader ne fonctionnera pas. Si j’étais lui, j’organiserais une nouvelle élection, dans trois mois, en encourageant fortement Jean-François Copé et François Fillon à ne pas y participer. Si j’étais eux, j’accepterais volontiers. Martine Aubry et Ségolène Royal n’ont pas gagné les primaires.

Le bordel de cette semaine sera ainsi vite oublié, les rancœurs seront mises de côté. Je dis ça, je ne dis rien… Ca ne se fera pas. Jean-François Copé sera élu parce qu’il semble être celui le plus habile avec les militants. La fracture dans le parti restera en place. Jean-François Copé sera sous les feux de la rampe et les sympathisants, pour les primaires, seront excédés. François Fillon sera opposé à Xavier Bertrand pour le second tour des primaires et ce dernier gagnera car il aura eu toutes les voix de ceux qui se sont battus pour Jean-François Copé qui auront gardé cette rancœur… Xavier Bertrand sera opposé à François Hollande au second tour de la présidentielle, s’il y parvient.

Par exemple.

10 ans, cinq jours. Je ne sais pas.

Pendant ce temps, continuons à rigoler. J’ai trouvé cette vidéo chez mon copain Pierre. Elle m’a bien amusé et est assez significative du fonctionnement de l’UMP.



21 novembre 2012

Rebondissement à l'UMP !

« Ce mercredi après-midi, Eric Ciotti, Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez ont annoncé qu'il y avait une erreur dans le décompte des votes par correspondance. Le trio demande donc que la Cocoe corrige les résultats et leur attribue la victoire. Pour lui, trois fédérations d'Outre-mer ont été oubliées, or leur réintégration donne leur champion vainqueur. »

Ces braves gens sont incapables d’organiser une élection en interne et revendiquent la possibilité de nous gouverner…

François Fillon demande qu’Alain Juppé assure la Présidence transitoire de l’UMP.

C'est bien la peine que je me fatigue à faire des beaux billets contre Jean-François Copé, moi !

(merci à Gildan pour l’information)

25 juin 2012

L'inventaire lourd à l'UMP

Je dois avouer que je ne comprends pas l’UMP. Je n’ai pas l’habitude de défendre Roselyne Bachelot (pourtant, j’en disais vaguement du bien la semaine dernière) ni Nathalie Kosciusko-Morizet mais elles s’en prennent plein la poire pour oser, l’une demander à « étudier l’inventaire » de l’UMP, l’autre critiquer ouvertement la stratégie de droitisation qui a entrainé l’échec de l’UMP aux dernières élections.

L’UMP ne gagnera pas d’élections si les dirigeants et les militants ne se posent pas de question.

C’est un travail qu’avait fait le Parti Socialiste, en 2002 et 2007 (j’ai oublié 1995…), même s’il s’est fait dans la douleur et même si aucune conclusion formelle n’en a été tirée. A posteriori, maintenant qu’on a gagné, on pourrait même en rigoler, mais ça serait méchant…

On trouvera dans Le Parisien, par exemple, les propos de Madame Bachelot. « "Je suis terrorisée à l'idée qu'on puisse ne pas faire ce travail" de remise en cause. "Il y a des voix - au nom d'affections que je peux comprendre - qui disent: surtout il faut mettre la poussière sous le tapis, qui pensent même que si on avait huit jours de campagne en plus, on aurait gagné cette campagne présidentielle". Elle-même "constate un paysage politique où on a perdu les municipales, le conseil général, les régions, la présidentielle, le Sénat, les législatives. On ne va pas dire qu'il y a un hasard à tout cela". Interrogée sur les responsabilités, Mme Bachelot a observé que Nicolas Sarkozy avait "lui-même dit: +je serai seul comptable de la défaite, je l'assumerai complètement+. Dont acte, c'est lui notre chef, c'est lui qui a choisi la ligne". "Je pense que cette ligne idéologique n'était pas bonne sur le fond, je ne la partage pas, et puis elle a été finalement une erreur sur le résultat", a insisté Mme Bachelot. »

On lira  NKM dans 20minutes, par exemple. « «Je défends tout ce qu'on a fait pendant la campagne», «je suis d'un tempérament loyal et toutes les propositions que j'ai portées au nom de Nicolas Sarkozy, je les revendique». «J'ai regretté, dans la médiatisation de la campagne, on se laisse enfermer dans un discours» de droitisation, a-t-elle dit. «Nous nous sommes laissé caricaturer» »

Les deux ont soutenu le candidat mais regrettent la droitisation. Personnellement, je ne la regrette pas, je m’en fous. Il se trouve que Nicolas Sarkozy a échoué, mais, il faut le reconnaître, de bien moins que ce que laissaient entendre les sondages et que ce l’on pouvait espérer, tant on le voyait comme un repoussoir. Depuis la fin de la primaire des socialos, aucun sondage n’a donné à François Hollande un score inférieur à 52,5% et il a terminé à 51,64% (en 2007, aussi, l’écart s’était resserré sur la fin).

Jean-François Copé se dit choqué par les propos des anciennes ministres. Il fait ce qu’il veut.

Les deux dames ont reçu le soutien de Jean-Pierre Raffarin.

La situation est compliquée. Valérie Pécresse, par exemple, qui soutient François Fillon, critique NKM. Benoist Apparu, proche de Alain Juppé, pense qu’il faut prendre du recul pour analyser « où [ils ont] pêché ».

Je souhaite bien du courage aux électeurs de droite…