En salle

04 janvier 2012

La fiscalité en campagne

Décidément, la fiscalité semble s’inviter de plus en plus dans la campagne alors que j’aurais eu tendance à penser que ce n’est en aucun cas un thème électoral porteur. Ca me surprendra toujours bien que cela soit un thème majeur du propos de François Hollande dès la sortie de son livre (en 2010 ?) et qu’il ait été remis sur la table l’an dernier par Nicolas Sarkozy qui avait annoncé une grande réforme fiscale pour l’été…

Parlons fiscalité, donc, ça aura au moins l’intérêt de faire chier Didier Goux qu’on n’a d’ailleurs pas vu dans les blogs depuis 48 heures. Peut-être travaille-t-il plus pour gagner plus ?

Deux sujets sont actuellement chauds : la TVA sociale (j’en ai déjà fait deux ou trois billets) et le rapprochement de la CSG et de l’impôt sur le revenu.

La TVA sociale est en train de connaître un rétropédalage assez amusant et le rapprochement de la CSG et de l’impôt sur le revenu est plus débattu en interne, dans le Parti Socialiste. C’est un thème fort du projet de François Hollande mais qui fait débat, François Hollande a annoncé récemment qu’elle ne pourrait se faire que progressivement. Je vais faire court pour ceux qui n’ont pas suivi. La CSG permet de taxer tous les revenus uniformément alors que l’impôt sur le revenu ne permet de taxer qu’une partie des revenus mais de manière progressive. Des mécanismes permettent d’utiliser l’impôt sur le revenu pour inciter à des pratiques, notamment par le biais des niches fiscales, dont la première d’entre elles : le quotient familial. A revenu égal, un foyer paiera beaucoup moins d’impôt en fonction du nombre de personne qui le compose.

La TVA sociale, tant qu’à elle, est faite pour supprimer des cotisations sur le travail pour les remplacer par d’autres, la TVA en l’occurrence, pour diminuer le coût du travail et rendre nos entreprises plus concurrentielles par rapport aux entreprises étrangères.

Voilà les éléments posés…

Nous avons ainsi trois sources de revenus pour, d’une part, l’état et ses dépenses et, d’autre part, la protection sociale.

La première est la taxation des salaires (je devrais parler de cotisation à la place de taxes, d’ailleurs, mais c’est plus clair) avec une partie à la charge de l’employeur et l’autre à la charge du salarié.

La deuxième est la taxation de la cotisation avec la TVA (et un tas de variantes joyeusement inventées par nos gouvernements comme les taxes sur les carburants, sur les abonnements internet, …).

La troisième est la taxation des revenus avec la CSG et l’Impôt sur le Revenu, qui, pour le communs des mortels se traduit par une taxation des revenus des salaires (mais n’oublions pas les autres revenus, il serait temps de penser à une réelle égalité, à l’occasion).

La collectivité a d’autres sources de revenus comme les impôts locaux, l’impôt sur les sociétés et celui sur les successions, celui de solidarité sur la fortune, les droits de mutation, …

La grande réforme fiscale promise par la gauche et les bricolages promis par la gauche ne sont qu’un savant dosage entre ces machins pour tenter de faire face à nos dépenses et en prenant en compte les intérêts et défauts de chaque taxe.

Par exemple, je critique beaucoup la TVA dans mes blogs mais je ne prône jamais sa suppression ! Elle a des avantages, comme celui dont on parle beaucoup actuellement de taxer les importations mais aussi celui de faire payer les étrangers qui viennent consommer chez nous. Elle est invisible donc indolore (ce qui n’est pas qu’un avantage mais la pilule est assez facile à faire avaler).

Rien de neuf dans ce que je dis ici mais il parait utile de rappeler la base parfois.

Voila pour les revenus de la collectivité. Voyons voir les dépenses.

Je m’en vais les classer en trois catégories, pour l’intérêt de mon billet :
-         les machins régaliens de l’état (la sécurité, la justice et tout ça),
-         les autres machins de toutes les collectivités (avec notamment l’éducation qui représente un gros poste mais aussi la culture et un tas de bazars qu’il ne faut pas oublier car ils peuvent être sources de clivages),
-         les dépenses sociales (avec les retraites, la santé et l’indemnisation du chômage et quelques autres bricoles comme la famille).

Je parlais d’un savant dosage à propos des recettes mais pour les dépenses, c’est la même chose. Par exemple, si vous voulez faire une politique pour le logement, soit vous construisez des logements sociaux sur le budget des collectivités (état ou commune, peu importe) soit vous aidez les gens à payer un loyer et vous tombez dans les dépenses sociales « de famille » (avec les aides de la CAF).

Des équilibres ?

Les dépenses sociales sont traditionnellement payées par les cotisations sur le travail et la CSG. Ce sont des règles fortes qui datent pour partie de très longtemps… et pour partie de la création de la CSG (et de la CRDS, sa petite sœur).

Avec les deux projets que j’émettais en début de billet, ce principe fort est remis en cause. La fusion de l’IR et de la CSG ne permettrait plus un tel système et la « TVA sociale » ferait déporter des cotisions sur le travail vers une taxation de la consommation.

Paf ! Foutus en l’air, nos principes !

Pourtant, la création de la CSG en 1990, qui est la principale réforme de la fiscalité que nous ayons eue depuis très longtemps, me parait très bien. Il n’y a en effet aucune raison que toutes les dépenses sociales reposent sur le travail alors que tous les revenus pourraient y être affectés. Autant il est juste que les retraites, par exemple, reposent sur le travail puisqu’elles en sont la continuité, autant faire peser les fonctionnements des hôpitaux sur le seul travail me parait idiot.

Il est temps de poursuivre les vraies réformes, comme la CSG, et quand François Hollande les met en grande priorité de son programme, il a parfaitement raison. On le voit maintenant que le sujet est chaud, mais on le voit souvent. C’était par exemple le cas au moment de la réforme des retraites où la droite nous bassinait avec la nécessité de financer tout ça par plus de travail sans considérer l’équilibre global de toutes les dépenses et de toutes les recettes et les modifications de structure de la société depuis que le système a été mis en place avec notamment la multiplication du travail des femmes et la persistance d’un chômage important mais aussi une augmentation considérables des revenus financiers.

Il est temps de faire cette réforme fiscale !

Pourtant, les résistances sont nombreuses. Gérard Filoche, par exemple, député socialiste et spécialiste du droit du travail et de tout ce qui y touche, en a fait un billet, hier ! Et nous ne sommes pas franchement d’accord même si je retiens bien ses arguments (et en partage un, celui à propos de la loi bidon votée par le parlement pour le financement de la sécu, encore un machin imposé par la droite qui s’imagine qu’une loi inscrite dans la constitution va régler un problème de financement…).

En fait toutes les dépenses sociales, celles issues de la CSG et des cotisations sur le travail, sont, en principe, du ressort des partenaires sociaux (organisations syndicales et partronales) et Gérard Filoche (avec qui je papote à l’occasion dans Twitter parce qu’il a l’intérêt de défendre quelques grands principes, notamment à propos de la durée du travail) ne veut pas que ces équilibres soient remis en cause.

Ainsi, si la TVA sociale voulue par la droite ou la réforme fiscale voulue par la gauche se font, il pourrait y avoir une modification des équilibres des rapports de force entre les partenaires sociaux et l’état.

On n’a pas fini de rigoler.

A titre personnel ?

Je ne serai pas spécialement opposé à un bon coup de pied dans la fourmilière. La modification de la fiscalité doit se faire : gauche et droite sont d’accord (et compte tenu de l’état de nos finances publiques, je vois difficilement comment on peut être contre) mais pas du tout avec les mêmes principes, la droite voulant taxer les gens, la gauche voulant taxer le pognon. En gros…

Et si ça doit bouleverser les relations avec les partenaires sociaux, tant pis…

Objectivement, je ne vois pas pourquoi des syndicats de travailleurs ou de patrons iraient prendre des décisions à propos de la manière de soigner ma chaude-lance… Et ça serait un moyen de remettre en route tout un bazar imbitable…

L'élection se jouera-t-elle sur le net ?

Le débat est lancé par Marc qui pense que non et est repris par GdeC qui est de l’avis opposé : l’élection se jouera-t-elle sur Internet ?  Pour ma part, comme d’habitude, j’ai horreur d’avoir un avis tranché, je vais donc tenter d’ajouter une pierre au moulin des deux camarades tout en abondant franchement dans le sens de GdeC pour deux raisons qui me paraissent essentielles.

La première est que l’élection se joue à 50% des voix plus une. Si l’énergie que l’on peut dépenser sur Internet permet d’avoir cette voix, nous aurons largement mérité de la patrie ! Et on ne peut pas abandonner cette voix…

Le deuxième est la même : comme nous ne pourrons pas avoir la réponse avant plusieurs mois, voire plusieurs années puisqu’il faudra analyser froidement les résultats du scrutin avant de l’avoir, on ne peut pas se permettre d’oublier que la réponse peut être positive…

Je vais rappeler quelques arguments de GdeC (mais vous avez le droit de lire son billet – cette fois seulement, hein ! Smiley et tout ça…). Même si l’impact de nos blogs est quasi nul (personne ne va se persuader de voter pour quelqu’un parce qu’il est abonné à mon blog), Internet a le pouvoir de créer le buzz, positif et surtout négatif.

Après la revue de presse de 7h25 de France Info, ce matin, le journaliste évoquait l’histoire de « la phrase » de François Hollande déposée par l’UMP comme nom de domaine. Faisant partie, à l’extrême marge, des équipes web bataves, j’ai souri bêtement, un peu comme un joueur de tennis qui constate un bon coup de l’adversaire… Il n’empêche que des centaines de milliers de personnes ont entendu ça. J’ignore totalement l’impact sur leur avis. Peut-être vont-ils penser : « Ah mais putain, ils n’ont que ça à faire à l’UMP ? » ou « Bordel, c’est vraiment des débutants au PS ! » ou « Mais on s’en branle ! » voire « Heu… C’est quoi un nom de domaine ? »

Par contre, comme Marc, j’ai blogué pendant l’élection de 2007 et je maintiens que l’impact des blogs est quasiment nul. Et tout ce que je vais baver dans la suite de ce billet, je l’ai déjà dit mais je préfère le marteler à nouveau.

En 2007, les blogueurs ont commis l’erreur de croire en ce qu’il faisait. Par exemple, on avait épluché la prose d’Eric Besson à propos de « Sarkozy l’Américain » et on savait qu’il ne fallait pas qu’il soit président. On avait épluché le programme de Ségolène Royal et on savait que son projet était bien meilleur pour la France que celui de Nicolas Sarkozy qui, au contraire, était particulièrement néfaste (d’ailleurs il est revenu sur une partie des dispositions du paquet fiscal).

Mais on bloguait entre nous et ce n’est que vers début avril quand les sondages commençaient à nous faire désespérer et que les voisins de comptoir et collègue de travail ont commencé à parler de l’élection qu’on a ouvert les yeux.

Pour nous autres, acteurs de la politique sur le web, la campagne pour les présidentielles a commencé fin 2008, avec le congrès de Reims, la création du Front de Gauche, la lutte contre la réforme des retraites et la capacité à mobiliser… avec un tas d’épisodes dont les primaires de cet été… Les copains du Front de Gauche (je prends cet exemple parce que je réponds à GdeC, mais je pourrais multiplier) sont persuadés depuis toujours d’avoir le meilleur programme, ce en quoi ils n’ont pas tout à fait tort, et l’affirment sur leur blog comme si chacun des points était une évidence. Pourtant, il est fort peu probable que leur candidat dépasse les 8 à 10%. Pendant la campagne des primaires, cela a été un de mes chevaux de bataille : il nous faut un candidat capable de gagner l’élection – et nous l’avons ! – pas celui qui exposera le meilleur projet, parce que les électeurs sont infiniment moins politisés que nous.

On en parlait encore, hier, dans le groupe de discussion des leftblogs. Quelqu’un s’interrogeait sur l’impact du machin de François Hollande dans Libération auprès « du peuple ». Quelqu’un a répondu « bah ! le peuple ne lit pas Libé ». Un autre a dit « mais nous sommes le peuple, nous avons lu ».

Ben désolé, nous ne sommes pas « le peuple ».

Je me lève entre 5h et 6h tous les matins. Je me plonge dans l’actualité politique, je lis les blogs politiques. Je pars de chez moi vers 7 heures, à la Comète puis dans le métro, j’étudie les pages « politique » de « la presse populaire » : le Parisien puis un ou deux « gratuits ». Ensuite, je rédige un billet politique (j’y suis !) que je publie avant de me plonger dans le travail. Plusieurs fois dans la journée je consulte les blogs, la presse et surtout ma messagerie personnelle, où je reçois les conversations des leftblogs, les communiqués de presse du PS et les mails de l’équipe web batave.

Je suis plongé dans la politique à longueur de journée. Pas « le peuple », ceux qui prendront une décision un dimanche dans l’isoloir après avoir fait semblant d’étudier des programmes, pour se donner bonne conscience, au cours du mois d’avril.

On peut toujours se vanter de représenter le peuple et de savoir mieux que lui ce qui est bon pour lui : nous ne sommes pas le peuple

Les blogueurs, comme tous les acteurs du web, twittos, veilleurs, … ne doivent pas l’oublier.

Et toi non plus, cher lecteur… Tu es venu sur mon blog hier, tu as souri en lisant mon billet à propos de la TVA sociale mais qu’as-tu fait, après ? En as-tu parlé à des collègues de travail, des amis, … ? Ou t’es-tu satisfait de ta lecture, tu as emmagasiné un peu de bonne humeur de gauche et tu es content ?

N’oublie pas de faire circuler l’information.

Peut-être que les blogs peuvent avoir un impact, ainsi ? Motiver les lecteurs à entrer dans la campagne, leur donner des argumentaires, des sujets de conversation ?

Je n’en sais rien.

Mais je fais mon job. Je fais mes billets, je signale ceux des copains, j’encourage les blogueurs, …

Je ne sais pas si c’est utile mais j’aime bien ça.

J’aime bien aussi résumer mes billets :
-    on ne sait pas si Internet a un impact mais on ne peut pas faire comme s’il n’en avait pas,
-    il faut faire attention à ne pas lui accorder une importance qu’il n’a peut-être pas et oublier la vraie vie.

Je le concède : avec tout ça, on est mal barrés…

N.B. : désolé pour la mise en page hasardeuse et le retard dans la publication du billet. Figurez-vous que la version 9 de Firefox s'est installée automatiquement sur mon PC et çe me fout la merde (la mise en page préparée sous Word avec les liens n'est plus reprise).

03 janvier 2012

L'Elysée lit Libération

Notre équipe d’inspecteur de choc en chef, composée de David, El Camino et Melclalex s’est infiltrée dans la réunion provoquée par Nicolas Sarkozy pour décrypter le courrier adressé par François Hollande aux électeurs, dans Libération. Nous sommes en mesure de vous communiquer le verbatim inventé par mégarde.


Le Président : c’est bon ? Tout le monde est là ? Nadine, ferme la porte, je t’ai dit. Tu dois bien réussir à fermer quelque chose… C’est bon, Roger, commence à nous lire cette bavasse.

Roger, l’Huissier (lit la lettre) : Je suis candidat à l’élection présidentielle pour redonner à la France l’espoir qu’elle a perdu depuis trop d’années.

Le Président : ça ! 14 ans de Mitterrand et 12 de Chirac, on en a perdu du temps. Sont cons les français d’avoir élu ces pingouins.

L’huissier : Les Français souffrent. Ils souffrent dans leurs vies : le chômage est au plus haut parce que la croissance est au plus bas ; la hausse des prix et des taxes ampute leur pouvoir d’achat ;

François Fillon : ah ! Les enfoirés ! Ils ne parlent même pas de la retraite à 60 ans, des 35 heures, …

L’huissier : l’insécurité est partout ;

Claude Guéant : hé ho ! J’y suis pour rien, moi. Faut voir le bordel qu’avaient laissé Michèle et Brice.

Le Président : bon, vous allez la fermer un peu, sinon, on n’est pas rendus au bout.

L’huissier : gnégnégné, leurs emplois s’en vont au gré des fermetures d’usines et des délocalisations industrielles ;

Le Président : ah ben : Je savais que le Montebourg avait gagné la primaire.

L’huissier : pfff, l’école, l’hôpital sont attaqués et n’assurent plus l’égalité entre citoyens ; l’avenir semble bouché pour eux et pour leurs enfants ; la jeunesse se désespère d’être maintenue en lisière de la société. Les Français souffrent aussi dans leur âme collective : la République leur paraît méprisée dans ses valeurs comme dans le fonctionnement de ses institutions,

Le Président : Hé, ho, mais c’est moi qu’il vise, là ! Qu’est-ce que je leur ai fait à ces institutions ?

Claude Guéant : mais non, te fâche pas, ça ne peut pas être toi, tu es le Président.

L’huissier : le pacte social qui les unit est attaqué, le rayonnement de leur pays est atteint et ils voient avec colère la France abaissée, affaiblie, abîmée, «dégradée».

La dépression économique est là, l’angoisse sociale est partout, la confiance nulle part. J’affirme avec netteté où se situent les responsabilités.

Le Président : vous avez vu ? Il va reconnaître, je suis sûr !

L’huissier : Certes, depuis 2008, il y a la crise. Elle est le produit de la mondialisation débridée, de l’arrogance et de la cupidité des élites financières, du libéralisme effréné, sans oublier l’incapacité des dirigeants européens à dominer la spéculation.

Le Président : et voilà, il faut pointer les responsabilités, Angéla n’y échappera pas.

L’huissier : Il y a surtout les politiques injustes et stériles menées depuis dix ans, les fautes économiques et morales de ce dernier quinquennat. Il y a donc la responsabilité personnelle de celui qui est au sommet de l’Etat depuis cinq ans.

Le Président : avec tout ce que je fais pour les français ? Mais quel ingrat !

L’huissier : Un mandat se juge sur ses résultats, une politique sur sa cohérence, un caractère sur sa constance.

Le Président : les résultats sont là, il va se planter, héhé ! J’avais promis la défiscalisation des heures supplémentaires, je l’ai faite !

Jean-François Copé : t’avais pas dit un truc sur le pouvoir d’achat, aussi ?

Le Président : toi, n’en rajoute pas. Si tu tiens vraiment à garder ton poste.

L’huissier : Comme les choses seraient faciles si l’échec devenait une excuse, si l’expérience - même malheureuse - devenait une justification opportune de poursuivre et l’abandon des promesses, une preuve de courage ! Et pourtant, telle est l’ultime contorsion tentée par le président sortant : incapable de trouver une issue à la crise de la zone euro après seize «sommets de la dernière chance» en à peine deux ans, il voudrait qu’on lui laisse encore le temps d’y porter remède, sans qu’il nous indique - hormis la rédaction d’un nouveau traité européen - ce qui serait de nature à le voir réussir là où il a échoué.

Le Président : ben oui, je n’ai pas eu le temps. On va pouvoir utiliser ces propos devant les français, il ignore la charge de travail et les délais pour obtenir un résultat. Héhé…

Nadine Morano : OK, je le tweete : « François Hollande n’est pas à la auteur et ignore les mécanisme internationaux ».

NKM (plongeant dans son iPhone) : Mais enfin ! Tu as encore fait deux fautes. Fais gaffe !

Le Président : bon, ça suffit, hein ! Et vous commencez à me les briser avec votre Twitter, comme si les Français savaient ce que c’est. Ou alors il faudra demander à Hadopi de surveiller ce truc là, voire de l’interdire. Que les Français regardent le journal de TF1 et lisent le Figaro, ça suffit largement à leur information.

L’huissier : Impuissant face à la montée du chômage, le voilà qui convoque une ultime réunion avec les partenaires sociaux pour nous dire qu’il faut traiter avec plus de considération les demandeurs d’emploi. Indifférent aux creusements des inégalités après avoir multiplié les indulgences aux plus fortunés, il annonce, comme pour retrouver une soudaine vertu, qu’il taxera les transactions financières sans nous préciser quand - et comment le pourrait-il dès lors que la décision lui échappe dans son exécution ?

Le Président : oui, bon ben abrège, on n’est pas sur le blog de Pigenel, ici.

L’huissier : OK. Je vais voir. J’en étais où ? Ah ! Oui. Je reprends. La mystification est grossière. Je ne la sous-estime pourtant pas. Une campagne électorale est un moment particulier, où bien des choses peuvent être dites, bien des mensonges proférés, bien des paradoxes présentés comme des vérités de bon sens. J’entends déjà les lieutenants paniqués de Nicolas Sarkozy prétendre que dans la tempête il ne serait pas sage de changer le capitaine.

Alain Juppé : pourtant, peut-on lui donner tort ?

Le Président : je t’ai demandé ton avis, à toi ?

L’huissier : Ce qui prête à sourire quand le navire s’est échoué. Et bientôt, il ne lui restera plus qu’à proclamer qu’il a changé, que les événements l’ont changé, que la fonction l’a changé, que l’échec l’a changé…

Le Président : mais j’ai changé ! Qu’est-ce qu’il faut que je fasse pour qu’ils le comprennent ?

Brice Hortefeux : pourtant, je l’ai bien à la presse, moi.

Le Président : je sais, mon Brice.

L’huissier : Posons d’ores et déjà la bonne question à ce sujet : plutôt que de reconduire un président qui aurait tellement changé, pourquoi ne pas changer de président, tout simplement ?

Le Président : hé ho ! j’ai pas fait mes 10 ans, moi.

L’huissier : C’est cette responsabilité qui m’incombe. Celle de permettre le changement. Un vrai changement. Ce n’est pas ici le lieu d’analyser ce qu’aura été ce quinquennat. Disons simplement que ces cinq années auront été la présidence de la parole et, lui, le président des privilégiés. Voilà la page que je veux tourner. Je mesure la difficulté de la tâche qui m’attend si vous m’accordez votre confiance. Le redressement de nos comptes publics comme celui de notre appareil productif sera long. La reconquête de notre souveraineté financière exigera des efforts considérables et surtout de la justice. Le retour de la confiance appellera une politique qui mobilisera les Français autour de l’avenir : l’éducation, la recherche, la culture, la transition énergétique et écologique.

Le Président : abrège, je t’ai dit !

L’huissier : OK… bon… Je sais aussi nos atouts. Nous sommes un grand pays disposant d’immenses savoir-faire, de remarquables entreprises, d’une recherche féconde, de services publics de grande qualité, d’une démographie dynamique, d’une épargne abondante, d’un attachement profond aux valeurs de la République. Je ne sais pas quoi abréger, moi… Nos ouvriers, nos techniciens, nos ingénieurs, nos chercheurs, nos savants, nos fonctionnaires sont parmi les meilleurs du monde.
 
François Fillon : ben évidement ! Avec toutes les réformes qu’on a faites…

Le Président : laisse-le finir ! Déjà qu’il n’arrive pas à abréger…

L’huissier : La productivité de notre travail est une des plus élevées de toutes les économies développées. Notre vie intellectuelle et artistique demeure une des plus riches et suscite toujours l’admiration des peuples.

Le Président : c’est bien la preuve qu’il ne faut rien changer, non ?

L’huissier : Cent dix jours nous séparent du premier tour de l’élection présidentielle. Ce scrutin interviendra dans un contexte que rarement notre pays aura connu depuis le début de la Ve République. La France a pourtant traversé bien des épreuves en un demi-siècle : des crises économiques, de graves mouvements sociaux, de véritables ruptures civiques aussi. Mais en 2012 le choix que vous aurez à faire sera décisif. Décisif, il le sera pour vous, pour vos enfants, pour l’avenir de votre patrie, pour l’Europe aussi, qui attend et espère entendre à nouveau la voix de la France, une France dont elle a besoin pour retrouver un projet et un destin.

David Douillet : Giscard, destin ?

Le Président : ah ! C’est malin ! Et ne nous rappelle pas ce guignol qui n’a pas réussi à être réélu. Le seul.

L’huissier : Pour la première fois depuis longtemps dans notre histoire nationale, ce choix dépassera, et de loin, les seules questions politiques et partisanes. Comme en 1981, comme en 1958, ce qui est en jeu dans cette élection et dans le choix que feront les Français, c’est plus que la seule élection d’un président, plus que la désignation d’une majorité, plus que l’orientation d’une politique : c’est l’indispensable redressement de la Nation. Ce redressement est possible. Pour le réussir, quatre principes m’inspireront.

Le Président : bon, là, tu abrèges, pour les principes, ça commence à m’énerver, tout ça.

L’huissier : bon, les quatre principes : la vérité, la volonté, la justice et l’espérance.

Le Président : ben ce ne sont que des mots, s’il espère gagner avec ça.

L’huissier : ben, tu m’as dit de couper, mais il y a quelque chose derrière.

François Fillon : bah ! Tant qu’à perdre du temps autant tout écouter.

Le Président : pfff…

L’huissier : La vérité : je ne serai pas le président qui viendra devant vous six mois après son élection pour vous annoncer qu’il doit changer de cap, qui reniera ses promesses faisant mine de découvrir que les caisses sont vides. Les Français sont lucides, ils savent que nous aurons besoin de temps, qu’il faudra faire des efforts à condition qu’ils soient partagés ; mais ils préfèrent des engagements forts sur l’essentiel à un catalogue de propositions.

La volonté : il en faudra pour rétablir les comptes publics, pour relancer la croissance, pour soutenir les emplois. Il en faudra pour redonner confiance aux entrepreneurs, aux salariés, aux fonctionnaires, aux chercheurs. Il en faudra pour réduire les inégalités, répartir différemment les richesses. Il en faudra aussi pour réussir la transition énergétique. Il en faudra surtout pour maîtriser la finance.

La justice : la justice, c’est un impôt équitablement réparti selon les capacités de chacun. La justice, c’est une société qui ne tolère aucun privilège. La justice, c’est ne reconnaître que la seule valeur du mérite. La justice, c’est une école qui accorde la même attention à chaque enfant. La justice, ce sont des soins accessibles à tous. La justice, c’est de pouvoir vivre de son travail. La justice, c’est pouvoir profiter d’un vrai repos après des années de labeur. La justice, c’est vivre en paix et en sécurité partout. La justice, c’est une société qui fait sa place à sa jeunesse.

L’espérance : je veux retrouver le rêve français. Celui qui permet à la génération qui vient de mieux vivre que la nôtre. Celui qui transmet le flambeau du progrès à la jeunesse impatiente, celui qui donne à la Nation sa fierté d’avancer, de dépasser ses intérêts et ses catégories d’âge et de classes pour se donner un destin commun, qui nous élève et nous rassemble. Cette espérance n’est pas vaine. Elle est le fil qui renoue le récit républicain.

Henri Guaino : c’est beau ! J’aurais voulu l’avoir écrit.

Le Président : mais tu aurais pu, mon Guiton ! D’ailleurs, on a une campagne à mener tu vas pouvoir te lâcher. Et essaie de ne pas faire comme la dernière fois, me ressortir des vieux discours, comme si ces clowns de blogueurs n’allaient pas le remarquer. Continue, Roger.

L’huissier : Je sais que beaucoup d’entre vous se demandent si notre pays a encore le choix de son destin ou s’il est condamné à appliquer un programme décidé ailleurs ou dicté par les marchés financiers. Beaucoup doutent de notre capacité collective à décider de notre avenir, et de notre liberté de nous mettre en mouvement selon nos valeurs et notre modèle social. Beaucoup s’interrogent sur la réalité de notre souveraineté.

Le Président : mais qu’est-ce qu’ils ont tous avec cette souveraineté. De toute manière, c’est écrit : je décide tout.

L’huissier : A tous ces Français, je veux dire : oui, nous pouvons, même dans une économie mondialisée, maîtriser notre destin. Nous le pouvons en comptant d’abord sur nos propres forces, et en agissant au niveau de l’Europe, à condition que celle-ci soit réorientée. Ce sera une des responsabilités principales du prochain chef de l’Etat. Nous sommes capables de nous dépasser chaque fois que nous nous mobilisons sur une cause qui nous rend fiers. La France est un grand peuple, capable du meilleur s’il retrouve la confiance en lui, la confiance en l’Etat et en celui qui l’incarne.

Je veux aussi combattre ce scepticisme qui mine la démocratie, lever ce doute qui ronge les esprits quant à notre capacité à vivre ensemble. Je veux rappeler que la gauche et la droite, ce n’est pas la même chose.

Le Président : ah ! Ben, il n’a pas vu quand j’ai fait l’ouverture. J’avais pourtant démontré que la gauche et la droite c’était pareil, mais ces arriérés de socialos ne veulent pas le reconnaître. Tiens ! Il est où Besson ?
François Fillon : Dans son bureau, il tweete et il n’avait plus de batterie pour son iPhone.

L’huissier : Bon, les gars, je peux continuer ? Il peut y avoir des défis incontournables. Il n’y a jamais une seule politique possible pour les relever. Le prétendre est un leurre ; pire, un mensonge. L’élection présidentielle qui vient sera le moment de la confrontation démocratique, celles des idées, des projets, des visions de la France et de l’Europe, des femmes et des hommes aussi.

Roselyne Bachelot : où ça, des hommes ?

Le Président : bon, Roro, reste calme.

L’huissier : je poursuis. Je n’ignore rien des tentations d’électeurs souvent issus des classes populaires pour l’extrême droite.

Eric Besson, enfin arrivé : pourtant, avec tout ce qu’on a fait avec Jean-François, le débat sur l’Islam, et tout ça. Ils sont bien ingrats, ces électeurs, des traitres !

François Fillon : parole de pro.

L’huissier : Ma campagne sera aussi tournée vers eux. Je leur parlerai net.

Le Président : ça tombe bien, moi, je parlerai brut. Pardon, Roger.

L’huissier : J’entends leur colère et leur désarroi. Et je leur démontrerai que l’extrémisme, outre qu’il n’apporterait aucune solution à leurs difficultés, n’est pas digne des valeurs de notre pays. Plus que l’irréalisme des positions économiques du Front national ou l’illusion d’un repli derrière des barrières devenues des barbelés, c’est la violence sociale et la vindicte ethniciste qui menaceraient la République. C’est un des enjeux de ce scrutin.

Le Président : ah ! Il a tout compris, diviser les ethnies pour mieux régner.

François Fillon : heu, ce n’est pas ce qu’il a voulu dire, je crois.

Le Président : Ah ? T’es sûr ?

L’huissier : Enfin, je respecte profondément toutes les candidatures de la gauche comme celle des écologistes.

NKM : Il a du mérite…

L’huissier : Elles peuvent marquer des orientations, affirmer des exigences, ouvrir des alternatives, susciter des débats, mais ce n’est pas faire preuve d’une quelconque prétention hégémonique que de penser qu’il sera difficile pour l’une d’entre elles d’être présente au second tour. Dès lors, il me revient d’incarner l’alternance et de permettre le changement. Rien n’est acquis. Beaucoup va dépendre de la gauche, de son esprit de responsabilité, de son courage, de sa cohérence, de son audace.

Le Président : Si tout dépend de la cohérence de la gauche et de son esprit de responsabilité, je suis encore là pour cinq ans, moi…

L’huissier : Mais aussi de la force de ma propre candidature. J’aurai à affronter la droite accrochée à son pouvoir et liée aux puissances de l’argent, je resterai proche de vous pour porter une grande ambition collective : celle de renouer avec l’esprit de justice et l’idée de progrès.

Jean-François Copé : ah non ! La justice et surtout le progrès et tout ça, c’est nous ! Il n’a pas encore compris ?

Xavier Bertrand : ben, avec toi à la tête du Parti…

François Fillon : bon, ça suffit, tous les deux.

L’huissier : Comme il y a trente et un ans, avec François Mitterrand, si nous savons nous en montrer dignes c’est vers nous que les Français vont se tourner le printemps prochain. C’est vers moi qu’ils porteront leurs suffrages et leur confiance, c’est à moi qu’ils confieront la responsabilité de diriger le pays. J’y suis prêt.

Alain Jupé : confiant, le gugusse !

Le Président : ouais, il en fait un peu trop. Bon, continue, Roger.

L’huissier : ah ben c’est fini.

Le Président : ah… Bon. Qu’est-ce qu’on fait ? Jean-François ?

Jean-François Copé : je vais demander aux jeunes pops de préparer une riposte, reprenant point par point l’argumentation.

Nadine Morano : je vais en faire la promotion dans Twitter. Mieux ! Je vais dézinguer ce texte à coup de 140 caractères. Ils vont voir ce qu’ils vont voir. T’inquiète pas Nico, on est là.

Le Président : justement…

La TVA ne peut avoir de "social" que le nom !

Valérie Pécresse a confirmé dans la presse la mise en œuvre d’une TVA sociale avant l’élection présidentielle.

Je me demande comment une nouvelle taxe peut être sociale ! Ca me rappelle la grande époque du gouvernement Raffarin, où ils nous mettaient le mot « social » à toutes les sauces. Je crois que c’est Jean-Louis Borloo qui avait inventé « la croissance sociale », comme si ça pouvait dire quelque chose.

« L'augmentation de plusieurs points de la TVA est une double faute :

Faute économique, car la France s'enfonce déjà dans la récession et la baisse programmée du pouvoir d'achat des Français va immédiatement entraîner une baisse de la demande et donc une aggravation de la récession et une hausse du chômage.

Faute sociale, car la TVA est un impôt particulièrement injuste qui frappe massivement  ceux qui dépensent la totalité de leur petit revenu et marginalement ceux qui ayant de gros revenus, en épargnent la plus grande part. » (j’aime bien pomper l’argumentaire du Parti Socialiste, ça sent le Sapin...).

Je vais le traduire en langage PMA : d'une part, c'est complètement con d'augmenter les taxes sur la consommation vu que ça va faire baisser cette dernière et nous propulser plus profondément dans la merde et d'autre part, ça commence à bien faire, toutes ces mesures qui ne pénalisent que les couches populaires et moyennes, au grand bénéfice des plus riches des français.

Que nous dit Mme Pécresse ?

« La TVA sociale pour créer de l'emploi en France et pour éviter que des produits importés ne soient vendus chez nous à bas coûts, nous allons la faire et nous allons la faire avant l'élection présidentielle. »

Sujet, verbe, complément ? Un détail… Ca commence bien.

Madame Pécresse est invitée à nous expliquer comment un impôt peut créer de l’emploi (surtout quand il est créé par un gouvernement qui se revendique libéral) ? La TVA sociale va augmenter le coût des produits, donc diminuer la consommation et donc la production… Pour augmenter le chômage ?

Madame Pécresse oublie de préciser que la TVA sociale ne s’applique pas sur les produits importés mais sur tous les produits.

« Nous allons la proposer aux syndicats lors du sommet social" qui doit être réuni le 18 janvier autour du président Nicolas Sarkozy à l'Elysée. »

C’est intéressant de consulter les syndicats sur ce genre de truc qui n’est pas franchement de leur ressort. Il aurait été néanmoins intéressant de consulter les représentants du peuple, au Parlement, lors du vote du budget, avant d’envisager une évolution majeure de notre fiscalité dès le premier mois d’application du budget voté.

Il aurait aussi été intéressant de faire les grandes réformes fiscales dès le début du mandat (mais l’heure était aux cadeaux aux plus riches) et pas dans la précipitation, quatre mois avant des échéances majeures.

Mais qui s’intéresse encore aux désirs des représentants du peuple ? Qui s’intéresse encore aux échéances électorales ?

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A lire aussi chez Seb et chez Stef.

Présidentielles 2012 : la machine est lancée !

Alors que Nicolas Sarkozy commence une campagne de vœux qui s’annonce assez poussive car il n’a d’autre choix que de promettre la rigueur, voire des impôts nouveaux, François Hollande semble commencer la sienne en fanfare et c’est tant mieux !

Le programme a l’air tellement chargé que je ne peux ni le détailler ni l’apprendre par cœur. Les éternels ronchons se plaindront car le programme n’est pas encore diffusé, sans pouvoir comprendre, les andouilles, qu’il faut absolument attendre que Nicolas Sarkozy annonce les premiers éléments du sien.

Je mets en copie, ici, une photo de la couverture de 20 Minutes que j’ai prise dans le métro, ce matin, mais toute la presse semble saluer ce démarrage, Libération – journal objectif qui publie un courrier de Hollande – en tête ! « Ce ne sont ni des voeux teintés de volontarisme, ni une profession de foi bardée de propositions. C’est une déclaration de guerre. Après deux mois de «drôle de campagne» et de grand huit politique en novembre et décembre, François Hollande fait, à peine janvier entamé, une entrée en campagne musclée et concentrée contre Nicolas Sarkozy. »

« La dépression économique est là, l’angoisse sociale est partout, la confiance nulle part. J’affirme les responsabilités», écrit-il, pointant du doigt «celui qui est au sommet de l’Etat depuis cinq ans». «Certes, depuis 2008, il y la crise (...) Il y a surtout les politiques injustes et stériles menées depuis dix ans, les fautes économiques et morales de ce dernier quinquennat», accuse le député de Corrèze.

Chômage, industrie, «République méprisée», Europe: «Comme les choses seraient faciles si l’échec devenait une excuse, si l’expérience, même malheureuse, devenait une justification opportune de poursuivre et si l’abandon des promesses devenait une preuve de courage», martèle Hollande, dénonçant, deux jours après les vœux présidentiels les «ultimes contorsions» de Sarkozy. »

Les choses étaient à dire et elles le sont !

Pendant ce temps, les cadres de l’UMP rament pour tenter de sauver les meubles. Aux dernières nouvelles ils prenaient pour cible PierreMoscovici qui a déclaré : « Ce bilan est terrible pour le président de la République qui devrait, s'il avait la dignité de sa fonction, le conduire en réalité à ne pas se représenter. »

Et paf !
Sébastien Huyghe, député du Nord et secrétaire national de l’UMP s’énerve donc : « La remise en cause de la dignité du chef de l'Etat par François Hollande via son porte-parole n'est pas à la hauteur de ce que les Français sont en droit d'attendre d'un candidat qui souhaite accéder aux plus hautes fonctions de notre pays. » La question n’est pourtant pas de savoir si Pierre Moscovici est à la hauteur d’une fonction qu’il ne brigue pas mais de savoir si Nicolas Sarkozy l’est pour une fonction qu’il occupe déjà. Aussi, je remercie M. Huyghe de nous rappeler que c’est une bonne question.

« Si François Hollande souhaite placer la campagne électorale à ce niveau de bassesse, qu'il ne compte pas sur l'UMP pour le suivre sur ce terrain. »

Mouarf ! M. Huygue souhaite qu’on rappelle lestweets de Nadine Morano ou les mots qui volent haut dans la majorité dont certains membres n’hésitent pas à qualifier Nicolas Sarkozy de Judas et de menteur ?

Le niveau de bassesse… Tiens ! Et l’affaire Karachi, elle est élevée ?

Et les Bretons qui sont tous des cons, comme nous le rappelle Yann qui n’en est pas la moitié d’un mais qui a le bénéfice de l’âge ? « Le pêcheur : En Bretagne, il pleut que sur les cons. Nicolas Sarkozy : Il doit pleuvoir souvent alors. »

Quel niveau de bassesse ? Ces propos sont-ils dignes de quelqu’un qui occupe les plus hautes fonctions ?

Tiens ! Au fait ! Nicolas Sarkozy est en Bretagne, aujourd’hui. Je l’apprends par le blog de Yann et je m’empresse de le relayer ici. Nicolas Sarkozy doit remercier les blogs de gauche. Sans eux, le public ne serait pas averti des déplacements du chef de l’état !

Ben oui, je n’ai rien vu dans la presse aujourd’hui.

Et les unes sont occupées par le lancement de la campagne de François Hollande…

02 janvier 2012

Il nous ment, il nous ment !

Connaissez-vous Eric Brunet ?

Quoi ? Vous ne connaissez pas Eric Brunet ? C’est un journaliste, animateur de télé, chroniqueur, débatteur, … Il écrit des bouquins.

Son dernier en date s’appelle : « Pourquoi Sarko va gagner ? »

Dans son blog, il nous en parle vaguement. Il sort après-demain, je ne vais l’acheter.

Eric Brunet vient d’être décoré de la légion d’honneur.

Rien que pour ça, les électeurs devraient éliminer Nicolas Sarkzoy.

16 semaines pour pilonner

La bonne humeur régnait ce week-end. On attend 2012, 2012 est là ! On espère la fin d’une longue ligne droite à la pente raide… Les vœux de François Hollande semblent avoir eu un accueil bien positif contrairement à, à peu près, tous les autres, donc ceux de Nicolas Sarkozy qui rame méchamment.

Le Chef de l’Etat nous explique qu’il y a urgence à mener une nouvelle politique, que des annonces seront faites prochainement, expliquant ainsi que la politique menée par lui et les siens depuis cinq ans est très mauvaise. On dirait l’exact contraire de ce qu’il faudrait qu’il fasse : nous expliquer que la politique a été la bonne et nous a aidés à mieux sortir de la crise que les autres pays. Dans les blogs, on aurait bien rigolé, en sortant un tas de graphique pour démontrer l’inverse mais le grand public n’aurait rien vu. Là, il démontre à chacun qu’il a échoué, en nous invitant à persévérer dans l’erreur…

Cela dit, il ne faut pas être trop confiants. Nicolas Sarkozy a déjà démontré qu’il était un fin politicien et les français sont majoritairement à droite. La campagne sera très dure. C’est à nous de faire gagner la démocratie en faisant bien comprendre aux électeurs que même s’il n’y a pas un clivage droite – gauche, ce que pensent certains… à droite, il y a bien un clivage entre « le peuple » et une certaine oligarchie et la démocratie n’aura gagné que lors que le peuple sera au pouvoir.

Pour ce faire, il n’y a pas beaucoup de candidats possibles et il y en a un qu’il faut absolument éliminer.

Tous les jours, des affaires surgissent. Je voyais dans Twitter, ce matin, que la presse dévoile un nouveau volet de l’affaire Karachi : selon elle, un homme d’affaire « a affirmé au juge qui enquête sur l'affaire Karachi que Nicolas Sarkozy, ministre du Budget en 1994, avait validé la création d'une société servant à payer des intermédiaires dans des contrats d'armement. »

L’information est en tête de Google News ce dont on pourrait se réjouir (pas de l’information, du fait que la presse en parle massivement !) et, si les blogs et Internet ont quelque chose à faire, dans cette campagne, c’est aussi de rappeler que la personne dont il est question est celle qui va probablement se présenter pour un deuxième mandat et que si l’information est avérée, il faut absolument lui barrer la route.

Il nous reste 16 semaines. Les éléments de programme vont être progressivement et nous allons pouvoir en donner notre vision, nous allons pouvoir défendre notre candidat, quel qu’il soit, nous allons pouvoir critiquer le candidat d’en face. Mes copains de droite, blogueurs ou pas, vont être un peu emmerdés, au départ, mais la machine électorale de la droite va se mettre en marche, progressivement.

A nous de pilonner !

Mais n’oublions pas de sortir des blogs. Il faut lire bien sûr, mais aussi utiliser les arguments glanés sur vos blogs préférés pour alimenter les conversations, à la cantine, à la machine à café, au bistro le soir, en attendant les mômes, le soir, avec les autres parents, après le cours de solfège où que sais-je ?

Et si vous commenciez l’année en montrant cette copie d’écran à vos collègues !

« Vous vous rendez compte, les gars ? Premier jour de travail de 2012 et déjà une affaire à la une ? »